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Point de presse de M. Harold LeBel, porte-parole du deuxième groupe d’opposition pour les aînés et les proches aidants

Version finale

Le mercredi 5 décembre 2018, 11 h 39

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Onze heures quarante minutes)

M. LeBel : Bien, je veux intervenir aujourd'hui concernant le rapport de la Protectrice du citoyen concernant l'état de situation dans nos CHSLD. C'est une situation qu'on connaît depuis longtemps. On parle souvent de la condition de vie de nos aînés dans les CHSLD. La protectrice est venue juste comme en rajouter puis elle nous a expliqué qu'effectivement on vit des gros problèmes.

Je me rappelle quand on avait déposé la loi sur la maltraitance, moi, j'avais beaucoup travaillé sur un type de maltraitance qui est la maltraitance organisationnelle. Puis la ministre du temps, elle ne voulait rien savoir de ça, elle disait que ça n'existait pas. Mais c'est ce que la protectrice vient nous dire, c'est qu'il y a des aînés qui sont maltraités, puis c'est effectivement par rapport à un cas de maltraitance organisationnelle. Puis il y a des solutions, les solutions sont là : mettre à jour les ratios personnel-patients, valoriser les métiers exercés dans les CHSLD, meilleure formation du personnel dans les CHSLD.

Et là ce qu'on voit de la ministre, on nous ramène... puis je suis vraiment désolé de tout ça, elle nous ramène la même solution que l'autre gouvernement... c'est-à-dire qu'on va faire des visites. On va encore retourner voir les CHSLD. Je ne sais pas combien ça fait de députés libéraux qui ont fait des visites puis des tournées de CHSLD, voir les bonnes pratiques, des forums, puis là on recommence encore cette patente-là, de faire tournées de ministres puis de députés dans les CHSLD pour aller voir. C'est assez, d'aller voir, là. Il faut investir, il faut mettre de l'argent dans le réseau, c'est clair, puis on aurait dû le faire dans la mise à jour économique qu'on a faite la semaine passée. On aurait dû investir de l'argent dans le réseau et donner de l'air au réseau des CHSLD. Puis on a vu aujourd'hui dans le CIUSSS, là, pour le maintien à domicile, c'est encore la même chose, c'est encore les aînés qui paient le prix du sous-financement des services de santé.

Et, bon, la ministre vient de nous dire qu'il n'y en aura pas, de coupes, qu'elle va mettre de l'argent. Elle dit au réseau : Allez-y, donnez le service, puis envoyez-nous la facture, on va payer. Mais, s'ils voulaient payer, pourquoi qu'ils ne l'ont pas tout de suite... mettre de l'argent dans la mise à jour économique, donner le signal au réseau qu'il y a de l'argent disponible pour qu'on donne de l'air puis qu'on donne des services aux aînés du Québec?

Actuellement, on a une ministre des Aînés qui est versée sur la proche aidance, puis c'est bien correct, puis on va participer avec elle sur une politique nationale des proches aidants, puis on va travailler avec elle, comme on a travaillé avec l'autre ministre dans le passé sur la maltraitance. Elle, c'est les aînés puis c'est la maltraitance qu'elle voulait travailler, puis on a travaillé avec elle pour... Mais ce que je trouve dommage, c'est : pendant qu'elle va travailler sur les proches aidants, comme l'autre ministre pendant qu'elle travaillait sur la maltraitance, il reste encore qu'on a une société vieillissante puis qu'on ne s'occupe pas assez de nos aînés, et c'est ça, un gros problème.

Dans ma région, moi, dans le Bas-Saint-Laurent, il y a une personne sur quatre qui a 65 ans et plus. La société doit s'adapter au vieillissement de la population, puis on ne se donne pas une vision large de ça, ce qu'on appelle un problème, mais qui n'est pas un problème. C'est bon que les gens puissent vieillir le plus longtemps possible, mais la société doit s'adapter, et on ne se donne pas cette vision plus large, les aînés qui sont actifs, les aînés qui veulent faire encore de la formation, les aînés qui veulent demeurer dans leurs villages, les aînés qui veulent avoir des habitations qui ont du bon sens. On ne se donne pas cette vision large, et c'est dommage parce que, dans 10 ans, le Québec va être arrivé à ça, à une personne sur quatre de 65 ans et plus, et on ne se prépare pas. On va travailler sur les proches aidants comme on a travaillé sur la maltraitance, mais on ne se donne pas une vision plus large, et ça donne des résultats comme on a là dans nos CHSLD, dans nos services aux aînés.

Ça fait que, moi, ce que je demande, c'est qu'on se donne une vision plus large, qu'on intervienne d'une façon urgente en mettant de l'argent dans le réseau, puis en donnant le signal très clair au réseau qu'il y a de l'argent disponible, avec des montants, puis que ça soit très clair, qu'on intervienne de façon urgente, mais aussi qu'on se donne une vision plus large de comment le Québec doit s'adapter au vieillissement de la population.

Nous autres, on revendiquait, avec les groupes, des états généraux sur l'adaptation de la société au vieillissement de la population, sur les conditions de vie de nos aînés, et je pense qu'on est rendus là. Il va falloir y arriver un jour, mettre tout le monde autour de la table, tout le monde, les syndicats, les patrons, le monde de l'éducation, le monde de la santé, tout le monde autour de la table, les municipalités, le monde des transports, puis qu'on discute comment on va adapter la société québécoise au vieillissement de la population pour faire en sorte que... Tu sais, on a déjà eu une loi pour mourir dans la dignité, bien là, il faut se donner un plan pour bien vieillir dans la dignité au Québec.

M. Cormier (François) : En même temps, là vous dites qu'il faut des états généraux puis vous dites en même temps que les solutions, elles sont là, puis on devrait mettre de l'argent. Pourquoi, des états généraux, c'est nécessaire, là? Si on connaît les solutions, là, est-ce qu'on ne peut pas y aller directement?

M. LeBel : Non, ce que je dis, c'est que, par rapport à la problématique dans nos CHSLD, on connaît les solutions. Il faut intervenir rapidement, on est capables de le faire.

Ce que je dis, moi, c'est que, quand on parle du vieillissement de la population au Québec, c'est plus large. Il y a la santé, mais plus large, il faut adapter notre monde rural. Il y a des grands quartiers dans nos villes où les aînés ne peuvent pas sortir, puis surtout en hiver, ils sont isolés, puis ça crée des problèmes. Les aînés qui n'ont pas accès à des épiceries... Il y a un gros problème de transport. Tu sais, le dossier des aînés, c'est beaucoup plus large que juste la santé.

La santé, il faut intervenir de façon urgente, il y a des gens qui souffrent, tu sais, ils sont maltraités. Il faut intervenir, on est capables de le faire. Mais est-ce qu'on serait capables de s'arrêter... puis les proches aidants aussi, mais est-ce qu'on serait capables de s'arrêter puis réfléchir à une société qui va s'adapter à un phénomène qu'on connaît qui est le vieillissement de la population? Il me semble qu'on devrait être capables de faire ça, et ça, à mon avis, comme les groupes l'ont revendiqué, ça passerait par des états généraux sur le vieillissement de la population.

M. Cormier (François) : Quand vous dites que le gouvernement devait envoyer le signal qu'il y avait de l'argent, le gouvernement précédent a déjà envoyé le signal qu'il y avait de l'argent, le problème qu'il y avait, c'est qu'il n'y avait pas de monde. Donc, il pouvait embaucher des gens, l'argent était là pour embaucher les gens, mais il n'y avait pas le monde à être embauché. Alors, est-ce que ce n'est pas ça, le problème? C'est qu'on n'a pas suffisamment de personnel disponible. Même si on met les projets ratios de l'avant, il n'y a pas suffisamment de gens.

M. LeBel : Bien, c'est un cercle vicieux. Il n'y a pas d'argent, le réseau souffre, le réseau n'est pas capable de livrer. Et les gens qui regardent ça, qui voudraient aller dans ces métiers-là, qui voudraient aller servir puis être proches des aînés dans le réseau, quand ils regardent ça, ils ne veulent pas y aller parce qu'ils voient bien que c'est très difficile. Il faut mettre de l'argent, donner de l'air au réseau, valoriser le personnel qui est là, et là ensuite les gens vont venir, ils vont s'intéresser à ces métiers-là.

Là, actuellement, c'est... tu sais, c'est tout... On s'en parle tous, là. Tout le monde, on dit : Ah! moi, j'espère de ne pas finir dans un CHSLD. On se dit ça, tout le monde, autour de... Puis les gens qui voudraient aller dans ces métiers-là, ils entendent ça aussi. Il faut mettre de l'argent dans le réseau, il faut mettre de l'argent, il faut donner de l'air à ceux qui livrent ces services-là, et on va attirer du personnel, j'en suis convaincu. Mais il faut que ce métier-là soit valorisé puis il faut que le réseau ait les moyens de livrer les services.

M. Cormier (François) : Dernière question. Est-ce que ce n'est pas une erreur que vous faites de mettre en contradiction les intentions de Mme Blais sur les proches aidants puis ce qu'on a besoin dans le réseau? Parce qu'en même temps pour combler ce qui ne se fait pas dans le réseau en ce moment, c'est souvent les proches aidants qui vont donner le bain, qui vont donner à manger, qui vont coiffer, qui vont faire...

M. LeBel : Bien, je ne mets pas en contradiction les choses, là. Moi, je veux travailler pour une vraie politique nationale de la proche aidance, là, c'est sûr, puis je vais être là, comme on l'a fait sur la maltraitance. Je ne mets pas ça en contradiction. Il faut y arriver, il faut avoir une vraie politique, puis je suis avec la ministre là-dessus. Ce que je dis, c'est que ne faisons pas que ça, regardons ce qu'il y a autour. Puis ce qu'il y a autour, par rapport au vieillissement de la population, il y a beaucoup de choses à regarder.

On a travaillé sur la maltraitance avec l'ancien gouvernement puis on a fait ça ensemble, l'ensemble des partis politiques, parce qu'on voulait que les aînés ne soient pas maltraités au Québec, puis on a fait des avancées. On va le faire aussi avec les proches aidants. Puis je suis comme vous, je sais que les proches aidants... une chance qu'il y a des proches aidants, souvent, pour garder les gens à domicile, prendre soin des aînés et des gens malades. On va travailler là-dessus.

Ce que je dis : Ne faisons pas l'erreur de ne travailler que là-dessus puis en se disant que ça, ça va tout régler les problèmes des aînés. Ce n'est pas vrai. On a une population vieillissante, je l'ai dit. Puis moi, je le sens plus que les autres parce que, dans ma région, je le dis, une sur quatre, 65 ans et plus. Au Québec, on va arriver à ça dans 10 ans. Ça fait que moi, là, je le sens, cette situation-là. Dans les municipalités, la moitié de la population a 65 ans et plus dans le monde rural. Il y a quelque chose, là, qu'il faut travailler, et c'est là-dessus que je dis : Il faudrait avoir une vision plus large aussi. Mais ça ne me met pas en contradiction avec ce que la ministre veut faire pour les proches aidants, au contraire. Merci.

(Fin à 11 h 48)

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