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Point de presse de Mme Manon Massé, cheffe du deuxième groupe d’opposition, et M. Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire du deuxième groupe d’opposition

Version finale

Le lundi 16 septembre 2019, 13 h

Parvis de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Treize heures cinq minutes)

Mme Massé : Alors donc, bonjour, tout le monde. Dans les derniers jours, on a dévoilé nos deux premières priorités du caucus solidaire pour l'automne, c'est-à-dire l'indépendance et la lutte aux changements climatiques.

Aujourd'hui, on vous annonce la troisième grande priorité de l'automne pour Québec solidaire, c'est-à-dire la lutte aux inégalités économiques. François Legault nous répète, depuis un an, que l'économie va bien, qu'on est en pleine croissance, que la croissance profite vraiment et que tout va bien. Le salaire minimum actuellement ne permet toujours pas cependant à des milliers de Québécois et Québécoises de joindre les deux bouts. La classe moyenne travaille plus d'heures que jamais, elle prend son temps à courir après sa queue, elle n'a même pas le temps d'en profiter.

Dans les 35 dernières années, vous savez, le revenu du 1 % des plus riches au Québec, c'est... leurs revenus ont doublé. Leur salaire a augmenté de près de 200 000 $, alors qu'au contraire le revenu moyen de 90 % de la population, lui, dans la même période de temps, a augmenté d'à peine 5 000 $. Derrière ces chiffres, rappelons-nous, il y a des gens. Il y a des gens qui sont laissés derrière systématiquement. Il y a des gens qui vivent à longueur d'année cette injustice économique où la richesse se concentre dans les mains, je pourrais même dire dans les poches, des gens qui sont en haut de l'échelle.

La justice économique, à Québec solidaire, ça passe par quoi? Premièrement, il faut absolument resserrer les disparités de salaires scandaleuses entre le bas de l'échelle et le haut de l'échelle. On ne peut pas avoir une croissance qui ne profite toujours qu'aux mêmes poches, qu'aux mêmes personnes. Ça ne se peut pas. Ce n'est pas une vision solidaire des choses.

Deuxièmement, il faut soutenir les 400 000 travailleurs et travailleuses du service public. Ils se sont serré la ceinture pendant des années, ils méritent qu'enfin on reconnaisse leur travail. Et finalement talonner le gouvernement pour que le gouvernement se tienne debout face aux multinationales 2.0, toute la question de l'économie numérique. Il faut que notre gouvernement se tienne debout face à cette économie, face à ces entreprises qui, à leur tour, en mettent pas mal plein leurs poches.

Donc, une économie qui marche, c'est une économie qui, pour Québec solidaire, une économie qui marche pour tout le monde. On n'est pas seulement plus riches quand on a plus d'argent, on est plus riche quand notre coiffeuse gagne mieux sa vie, quand notre garagiste gagne mieux sa vie, quand nos voisins et voisines arrivent à joindre les deux bouts. C'est pour eux et pour elles qu'à Québec solidaire on va se battre cet automne.

M. Nadeau-Dubois : Merci, Manon. Concrètement, il y a trois principaux chevaux de bataille qui vont être ceux du caucus de Québec solidaire cet automne en matière d'économie.

Premièrement, on va demander au gouvernement Legault d'agir sur les salaires. Il se crée de la richesse au Québec actuellement, c'est vrai, oui, mais cette création de richesse doit bénéficier à tout le monde, Manon l'a bien dit, pas seulement au haut de l'échelle. Les Québécois et les Québécoises travaillent fort, ce n'est pas ça le problème. Ils travaillent même plus que jamais, mais les fruits de leur travail sont trop souvent accaparés par le haut de l'échelle.

Et le dernier exemple qu'on a eu récemment, dans le cas de Couche-Tard, les profits de Couche-Tard ont atteint près de 2 milliards de dollars US l'an dernier. Ça, c'est une augmentation de 10 %. Mais qui crée la richesse chez Couche-Tard? Bien, justement, c'est les milliers de travailleurs et de travailleuses qui travaillent sur le plancher des magasins. Et qui en profite? Bien, ce n'est pas eux. En 2017, le P.D.G. de Couche-Tard a gagné 373 fois le salaire de son employé moyen. Mais ce n'était pas assez parce que l'an dernier, il a gagné 9,4 millions, et ça, c'est 400 fois le salaire de son employé moyen, 400 fois. Cette tendance-là, on l'a remarque partout. J'ai pris l'exemple de Couche-Tard, mais dans trop de grandes entreprises, c'est une situation qui se répète. Les salaires augmentent tranquillement ces temps-ci, oui, c'est vrai, mais en haut de l'échelle, ils explosent, ces salaires. Et pour des centaines de milliers de Québécois et de Québécoises, le salaire reste encore en bas de 15 $ de l'heure.

En campagne, M. Legault a promis des bonnes jobs, mais ce qu'on découvre depuis son élection, c'est qu'en fait il gouverne comme M. Bouchard gouverne Couche-Tard, c'est-à-dire servir les patrons d'abord.

Nous, on pense que les Québécois et les Québécoises sont dus pour un retour d'ascenseur avec, bien sûr, un salaire minimum à 15 $ de l'heure, mais aussi une limite, un salaire maximum imposé aux salaires des grands P.D.G.

Deuxièmement, le secteur public. Cet automne, nous allons démasquer la supercherie caquiste parce qu'il n'y a rien de nouveau dans la vision économique du gouvernement Legault. C'est le retour de la ligne dure de l'ADQ. Quand le premier ministre dit que les surplus, ce n'est pas pour les syndicats puis que les syndicats ne toucheront pas à ça, bien, il n'est pas en train de parler des dirigeants syndicaux, là. Ce qu'il est en train de dire, c'est que les orthophonistes, les intervenantes en garderie, les techniciens en radiologie, les employés de nos parcs nationaux, les inspecteurs du ministère de l'Environnement, que toutes ces personnes-là ne méritent pas qu'on les aide. Bref, quand François Legault dit ça, il parle des 400 000 personnes qui permettent à l'État québécois de fonctionner puis de donner des services à la population.

Maintenant que les coffres sont pleins, maintenant qu'il a des surplus, François Legault est en train d'abandonner les victimes de l'austérité libérale. Bien, nous, on va les défendre.

Troisièmement, Québec solidaire va défendre l'économie d'ici contre les multinationales 2.0, qui font du profit au Québec, mais qui ne redonnent rien aux Québécois puis aux Québécoises. Et ça, pourtant, c'est la responsabilité du gouvernement du Québec, inverser cette tendance-là, faire en sorte que notre économie fonctionne pour les gens d'ici, pas pour les actionnaires de la Silicon Valley. Le rôle du gouvernement du Québec devrait être de se tenir debout contre les géants de l'économie numérique que sont Uber, Airbnb et les GAFAM, tant d'autres. Québec solidaire va le répéter, ça, tout au long de la session. Vous allez nous entendre, toute notre équipe de députés va le répéter à chaque occasion, il faut que François Legault ramène à l'ordre les multinationales 2.0. Ça, ce serait une attitude nationaliste.

Voilà le portrait. Les gens ne seront pas surpris, indépendance, lutte aux changements climatiques, justice sociale, les gens vont reconnaître Québec solidaire tout l'automne, un Québec vert, un Québec juste, un Québec libre, c'est ça, le Québec qu'on va défendre.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va prendre les questions au micro, s'il vous plaît, ça va faciliter le travail de nos amis de la télédiffusion, et vous concentrer sur une question, une sous-question. Merci.

Journaliste : Bonjour. Je comprends qu'on parle d'indépendance, on parle de lutte aux changements climatiques. Quand on regarde votre menu, on peut se demander derrière qui vous allez vous ranger pour l'élection fédérale. Est-ce que ce sera les Verts? Est-ce que ce sera le Bloc, est-ce que ce sera le NPD?

Mme Massé : Je vais le répéter, ça fait plusieurs fois qu'on le redit, et c'est clair depuis le printemps dernier ou l'automne...

Une voix : ...

Mme Massé : ...depuis le printemps dernier et, je dirais, c'est l'attitude de Québec solidaire depuis notre création, Québec solidaire ne s'occupe pas de l'élection fédérale. Les citoyens et citoyennes feront leur choix, Québec solidaire ne s'en mêlera pas, alors pas plus aujourd'hui que pour la suite des choses.

Journaliste : Ni auprès de vos militants?

Mme Massé : Ni auprès de nos militants. Nos militants sont des citoyens qui feront leur choix.

Journaliste : Et puis concernant cette fameuse journée du 27 septembre, il y a le Parti québécois qui dit, vous auriez peut-être dû vous concerter, finalement, avant de présenter votre proposition aux médias. Vous répondez quoi à ça? Est-ce qu'il y aurait eu plus de chances, finalement, de rallier tout le monde à la cause?

Mme Massé : Bien, écoutez, pour nous, l'idée de lancer une idée, ce n'est pas mauvais en soi. Je pense que le Parti québécois fait ça régulièrement lui aussi, là, de lancer des idées.

Ceci étant dit, quand on a rencontré les jeunes hier matin, les jeunes nous ont interpelés pour dire : Écoutez, la journée du 27 septembre n'est pas une journée ordinaire, et, dans ce sens-là, bien, on aimerait qu'il se passe... que le Québec entier soit dans la rue. Et il y en avait plusieurs d'entre eux, là, qui étaient derrière lors du point de presse hier, lorsqu'on a annoncé cette proposition de tendre la main à nos collègues parlementaires pour lever les travaux durant le 27, et ils étaient heureux de cette proposition-là.

Alors, moi, je pense qu'on a encore confiance que cet échange-là... On va continuer notre discussion, parce que, dans les faits, c'est ça que les jeunes souhaitent.

M. Lacroix (Louis) : Bonjour. Le micro est donc bien bas.

Mme Massé : C'est vous qui est grand.

M. Lacroix (Louis) : Vous avez parlé beaucoup des négociations dans la fonction publique. M. Legault, comme vous l'avez mentionné tout à l'heure a dit que les gens ne devaient pas s'attendre à des augmentations plus élevées que l'inflation au Québec. Est-ce que c'est suffisamment généreux, à votre avis? Vous feriez quoi, vous, dans un cas comme celui-là? Quelle serait la base de négociation que vous auriez avec les employés de l'État?

Mme Massé : Bien, écoutez, il y a deux choses que j'ai envie de dire là-dessus. Premièrement, par définition, la négociation, c'est un espace où on discute des choses. Le premier ministre Legault nous a habitués, dans les derniers mois, à toujours envoyer un signal aux syndicats qu'ils en demandent trop. Pourtant, je me souviens très bien de la CAQ dans l'opposition qui trouvait que les libéraux des dernières années avaient opéré des coupes inacceptables dans les services publics, que les gens vivaient des impacts dans notre réseau de services publics.

Alors, s'ils commencent en disant : Bien, dans le fond, voilà... Et en le disant dans l'espace public, pas en discutant... que le Conseil du trésor discute avec ses employés. Dans l'espace public, le premier ministre dit : On arrête ça là, ça va être ça, je pense que ce n'est pas respectueux de ce que peut s'attendre le peuple québécois.

M. Lacroix (Louis) : Mais ceci étant, sauf votre respect, Mme Massé, je vais vous demander... Vous, là, si vous étiez à la place du gouvernement, c'est ce que vous aimeriez, là. Je comprends que tous les partis qui sont dans l'opposition aimeraient être à la place du gouvernement. Vous offririez quoi à la fonction publique en partant? M. Legault a fixé la barre à l'inflation. On tourne, quoi, 1,8 %, 2 %, là. Vous, ce serait quoi?

Mme Massé : Écoutez, premièrement, là, on n'est pas là actuellement à Québec solidaire pour dire où est-ce qu'on mettrait la barre. Ce que je vous dis, c'est que nous, on reconnaît que, dans les 15 dernières années, mais particulièrement les quatre dernières, nos services publics, les gens qui prennent soin de nos gens, ces gens-là ont payé cher l'austérité, et je pense qu'à un moment donné on leur doit quelque chose. Ils prennent soin de notre monde.

M. Lacroix (Louis) : Donc, ce serait plus haut, ce que je comprends... Parce que j'essaie de décoder, là. Ce serait plus haut que le 2 %, là.

Mme Massé : Bien, je ne commencerais pas à le dire publiquement. J'irais m'asseoir avec mes employés, c'est ça, la première chose que je ferais.

M. Lacroix (Louis) : O.K. Qu'est-ce que vous avez pensé de la chanson de la chanson de M. Trudeau qui a été obligé d'avoir...

Mme Massé : Gabriel va vous la chanter.

M. Lacroix (Louis) : Allez-y donc.

M. Nadeau-Dubois : J'aimerais ça la chanter, j'aurais de la difficulté. Non, mais on va essayer de ne pas s'embarquer dans les potins de campagne, d'une campagne qui n'est pas la nôtre, mais on a trouvé ça bien rigolo, je ne vous le cacherai pas.

M. Lacroix (Louis) : Non, mais trouvez-vous que c'est un manque de respect pour les Québécois francophones?

M. Nadeau-Dubois : Ce n'est pas fort, disons ça comme ça.

M. Lacroix (Louis) : Vous n'avez pas d'autres commentaires que ça?

M. Nadeau-Dubois : On va essayer de prendre des bonnes habitudes au début de la campagne électorale fédérale puisqu'on a un mandat fort qui est appuyé par tout le caucus, par Manon et moi, de ne pas s'ingérer dans la campagne fédérale. Ça fait qu'on va essayer de prendre des bonnes habitudes puis on va se contenter de dire pour le moment qu'on n'a pas trouvé ça très élégant.

M. Lacroix (Louis) : Bien, je vais juste... pas très élégant...

La Modératrice : Merci beaucoup, M. Lacroix.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que vous l'avez entendue, la chanson? Est-ce que vous la comprenez? Est-ce que vous comprenez le message en français?

M. Nadeau-Dubois : Oui. Je peux vous dire que, quand je l'ai écoutée, je ne l'ai pas compris, puis quand je l'ai lu, non plus.

La Modératrice : M. Pilon-Larose. M. Laforest.

M. Laforest (Alain) : Vous qui voulez faire de l'indépendance, est-ce que vous trouvez ça respectueux?

M. Nadeau-Dubois : Ce n'est pas fort. Ce n'est pas fort. Disons ça comme ça, ce n'est pas fort. Ce n'est pas... c'est vraiment... On en rit, mais ce n'est pas drôle, au fond. Ce n'est vraiment pas... Comme parti indépendantiste, de voir une aussi pauvre qualité de la langue, on n'a pas trouvé ça très fort.

M. Laforest (Alain) : Revenons aux déclarations.

M. Nadeau-Dubois : Regardez, là, je fais des gros efforts pour vous, M. Laforest.

M. Laforest (Alain) : Vous le faites pour vos membres et vous le faites pour le Québec, là. Vous voulez être un parti indépendantiste, vous représentez une opinion, vous venez de l'exprimer.

M. Bérubé a dit ce matin que vous faisiez de l'opportunisme politique sur l'environnement.

Mme Massé : Écoutez, je pense que c'est sa façon de voir les choses. Personnellement, je vous dirais puis je le réitère, vous étiez là hier matin, les jeunes nous ont demandé de faire du 27 septembre 2019, à l'appel de Greta Thunberg, la Journée mondiale pour le climat. Alors, je pense qu'on a tendu la main... en fait, ce n'est pas un opportunisme, on s'est fait l'écho de ce souhaitent les jeunes du Québec.

M. Laforest (Alain) : Est-ce que l'environnement, il y a juste Québec solidaire qui défend ça, ici, à l'Assemblée?

Mme Massé : Je n'ai jamais dit ça, et plus qu'on va être nombreux à le faire, on va être les plus heureux. Et d'ailleurs c'est pourquoi, depuis des semaines et semaines, on ne cesse de faire des propositions. On veut que ça change.

M. Nadeau-Dubois : D'ailleurs, peut-être ajouter sur la question que nous, on n'a pas lancé la serviette encore sur cette proposition de lever les travaux le 27 septembre prochain. Et, au courant de la semaine, on va déposer une motion pour relancer l'idée et on va tendre à nouveau la main aux autres formations politiques pour qu'on aille de l'avant, parce que ce n'est pas une question du Parti québécois ou de Québec solidaire, c'est une question que, si c'est une demande qui nous vient de la jeunesse, on pense qu'il faut aller, tous ensemble, peu importe le parti, dans la rue, les écouter le 27 septembre prochain.

Journaliste : Mais s'il n'y a pas de travaux, allez-vous... plutôt, s'il y a des travaux finalement, allez-vous vous y présenter ou tous les députés seront à la marche?

M. Nadeau-Dubois : On va attendre de voir s'il y a des travaux ou non puis, selon l'entente qu'on aura ou pas avec les autres partis, on prendra nos décisions. Mais c'est sûr que notre objectif, à ce stade-ci, c'est d'être le plus nombreux possible du caucus à participer aux différentes manifestations.

Journaliste : Sur les négociations dans le secteur public, donc François Legault dit : Il ne faut pas s'attendre à plus que l'inflation. Puis on vous a posé la question, mais je n'arrive pas à décoder finalement, c'est quoi, votre plancher, là, pour ces travailleurs qui, vous dites, ont fait les frais des années d'austérité. Ils doivent s'attendre à avoir au moins quel plancher salarial, là, dans ces négociations-là?

Mme Massé : Ce que je répondais à M. Laforest, c'est de dire : Moi, là, c'est avec ces gens-là que j'irais m'asseoir. Mais de la posture que nous sommes, ce qu'on voit, c'est que ces gens-là ont payé le fort prix de leurs conditions de travail. Quand on entend que le secteur public, soit au niveau de la santé, de l'éducation, même au niveau, Gabriel le mentionnait, des ministères et tout ça, les gens sont en burn-out parce que la charge de travail est trop grande, je me dis, il y a quelque chose qui ne va pas, il faut améliorer les conditions de travail.

Alors, vous, vous me parlez d'un plancher salarial. Moi, je vous dis, c'est les conditions de travail de ces gens-là qu'il faut améliorer, mais on s'assoirait avec eux autres pour en parler. Ce qu'on voit, nous, là où on on a les pieds, ce que ces gens-là vivent de leur côté, il me semble que c'est la job d'une négociation de dire... ce qu'on souhaite, c'est que M. Legault reconnaisse que ces gens-là, ce n'est pas des syndicats, ce sont des Québécois et des Québécoises qui sont au service public de la population.

Journaliste : Et comment se passent, à ce moment-ci, les négociations avec votre syndicat d'employés? Est-ce que vous pensez avoir une convention collective bientôt? Y a-tu des points qui achoppent?

M. Nadeau-Dubois : Les discussions ont commencé, mais les négociations, à proprement parler, n'ont pas député, ne serait-ce que — n'ont pas débuté et non pas député — n'ont pas débuté parce qu'il y a un travail de consultation, de part et d'autre, pour établir une manière de négocier ensemble un protocole de négociation. Donc, il n'y a pas de négociation de commencée, mais le climat de travail est excellent, le climat de dialogue avec le syndicat récemment créé est excellent, on est vraiment en collaboration. Ce n'est pas surprenant. On est un parti qui a, disons, des préjugés favorables au mouvement syndical. Donc, ça va très bien, on est en discussion, les négociations devraient s'entamer dans les prochaines semaines, prochains mois.

Journaliste : Donc, vous espérez une convention collective quand?

M. Nadeau-Dubois : On est en train de discuter du protocole, du cadre de négociation. Donc, c'est prématuré, à ce stade-ci, de savoir quand on pourra avoir une entente, mais je suis convaincu que les choses vont bien se dérouler.

Journaliste : Bonjour. Sur les négociations avec les employés de l'État, expliquez-moi ce que vous voulez dire par : il faut améliorer les conditions de travail des employés de l'État. Par exemple?

Mme Massé : Bien, par exemple, lorsqu'on regarde comment... les impacts qu'ont eus, dans la fonction publique, les coupures du gouvernement Couillard et antérieurement de M. Charest, ça a eu des impacts directement... Je vous donne un exemple précis que j'ai vu lorsque je suis allée à Rimouski. Les gens au niveau de la santé maintenant ont des dizaines, voire même 100, 150 kilomètres qu'ils doivent faire pour répondre aux nouvelles mesures de concentration, j'ai envie de dire, des services publics dans les différentes régions du Québec. L'employé, là, alors que, dans les faits, il a juste 24... bien, même pas, dans une journée de travail, il n'y a pas 24 heures, doit maintenant, à cause de la restructuration de M. Barrette, doit maintenant faire plusieurs kilomètres, ce qui n'était pas le cas avant.

Entre vous et moi, quand vous avez une famille, quand vous avez des enfants à l'école, quand vous avez des responsabilités, parce que vous avez des parents desquels vous devez vous occuper, bref vous avez une vie et que, par les coupures faites dans le secteur public de cet ancien gouvernement là, vous en assumez malheureusement les impacts, bien, ça finit par être extrêmement démobilisant. On l'entendait encore au caucus hier, les gens dans les régions, la fonction publique dans les régions sont victimes de ces coupures-là. Ils en vivent, des impacts, au quotidien. Alors, voilà un exemple très précis. Quand votre charge de travail augmente de façon... Puis ça, là, tu sais, on a entendu beaucoup des préposés, des infirmières, mais ce n'est pas que ça. Au niveau de l'environnement, le nombre d'inspecteurs au niveau de la qualité de l'eau a diminué, et donc la charge pour ceux qui restent a augmenté.

Alors, c'est ça qu'on veut que la prochaine négociation tienne en compte, c'est les impacts majeurs qu'a eu lieu les coupes de l'austérité libérale.

Journaliste : Vous avez parlé tout à l'heure de l'ADQ comme si la CAQ revenait à sa base adéquiste. Qu'est-ce que vous voulez dire par là?

M. Nadeau-Dubois : Bien, l'ADQ s'est fait connaître au Québec avec un discours extrêmement dur contre la fonction publique. L'ADQ s'est inscrite dans le paysage politique au Québec en pointant du doigt les gens qui travaillent dans les services publics et en les pointant du doigt comme étant un fardeau pour la société, des gens qui en demandent trop puis qui n'en font pas assez. Ça, c'était il y a plus d'une dizaine d'années.

Depuis, il y a eu mesures d'austérité par-dessus mesures d'austérité qui ont fait diminuer les conditions de travail puis fait diminuer la qualité des services. Après 10 ans, là, ce dont on s'attend d'un gouvernement qui parle du changement, c'est qu'il répare les erreurs libérales, pas qu'il les aggrave. Et là ce que M. Legault nous dit, c'est : Ça va continuer, puis vous n'en aurez pas plus, puis vous allez rester dans les mauvaises conditions avec des salaires pitoyables, souvent d'ailleurs inférieurs à ceux du secteur privé ou du secteur municipal. Il devrait faire l'inverse, il devrait être en train de réparer <les mesures... >les impacts des mesures d'austérité, pas abandonner les victimes de l'austérité libérale.

Et ce discours qui dit : Les fonctionnaires, là, ils en ont bien assez, puis qu'ils se débrouillent avec ce qu'ils ont, ce discours-là, qui est, je dirais, le sous-texte de ce que M. Legault dit, on croirait entendre l'ADQ. Tu sais, c'est des relents adéquistes dans le projet de la CAQ, et ça dévoile la vraie nature de la CAQ, qui a tenté de se présenter aux électeurs du Québec comme un parti de centre, comme un parti modéré. Là, ce qu'on découvre, c'est que c'est la bonne vieille droite adéquiste qui tape sur la tête des fonctionnaires.

La Modératrice : On va passer en anglais, s'il vous plaît.

Journaliste : Actually, I would like to follow up on this question, because like the tone that Premier Legault used a few days ago, saying : Well, no, like, they... The surpluses are not for them, the message has to be clear. We have our promises to fulfill.

So do you have the impression that now we... the session is resuming tomorrow, and the first year is almost over, and we can see the true colors of Premier Legault? How do you explain this?

M. Nadeau-Dubois : On that specific issue, I think it's exactly the case. We see a government that was supposed to be a government of change reenacting exactly the same scenario that we've been seeing since 15 years in Québec, which is cutting in public services, undermining the working conditions of the people in the public sector, and it's exactly the same discourse. What Mr. Legault said when he said : It's not for the unions, no, Mr. Couillard could have said that and Mr. Charest could have said that. It's exactly the same logic.

So there is nothing new about that, and it's very bad news for people in Québec that expect to have better public services in the next years, because you cannot have good public services if people that work there have bad working conditions.

Journaliste : Which is the case for you at this point?

M. Nadeau-Dubois : Well, let's take another example, let's talk about the people working in the direction de la protection de la jeunesse. We have heard unbelievable testimonies from those people saying that their workload has been increasing and increasing over the years with less means to do their job, so... and we have met those workers during the summer. They were doing a tour to reach out to the Members of the National Assembly and they told us : We have more and more job, but we have less and less means to do it.

So it's no wonder we see mistakes and we see problems when the resources are being cut and cut year after year, negotiation after negotiation. And Mr. Legault is saying : You know what? In the public sector, it's going to be business as usual. That's the precise opposite of change.

Journaliste : But Mr. Legault knew exactly what he was doing in sending that message.

M. Nadeau-Dubois : Of course, he knows what he is doing. He is taking out again the old song of saying that the unions want too much and that he's not going to give them. It's the exact same neoliberal discourse we've been hearing here, in the National Assembly, since 15 years.

Journaliste : And the inflation rate, this is what he said, that he would not go higher than this. What would you think is re right level to go to?

M. Nadeau-Dubois : I think Manon said it perfectly, they deserve more than that, but they also deserve a fair negotiation which means getting... sit at the table to discuss about their working conditions, and it's a lack of respect from Mr. Legault, so soon in the negotiation process, say that he's not going to give them one dollar more than the inflation.

Journaliste : And about the electoral reform — that would be my last question — how do you react as a new MNA, and the promise a year... in spring 2018 was so clear, and now it has become like unclear, a total unclear situation.

M. Nadeau-Dubois : I agree with you.

Journaliste : So, I mean, how do you react regarding this?

M. Nadeau-Dubois : I think, Mr. Legault has to ask himself a very clear question. In the history of Québec politics, there is a very long list of politicians that have betrayed their promise to do an electoral reform. This list is very long. Mr. Legault has to choose. Does he want his name to be at the bottom of that list or no?

La Modératrice : Maya.

Mme Johnson (Maya) : Hello. How do you respond to the PQ's accusations that you are exploiting the environment issue, hijacking what's happening right now for you own political game?

M. Nadeau-Dubois : It's, I would say, a sad reaction. We are just here... we were doing the exact opposite in fact; we are putting ourselves at the service of this movement. So it's the precise opposite of instrumentalization. We are dedicating ourselves to serve that movement, which is a movement of a whole generation asking for change in matters of climate change. So we are doing the opposite. And we are not throwing the towel yet. We will keep reaching out to the other political parties all week long. We will put forward a motion in the next days to try to build that consensus around action on climate change. And it's not our idea, it's an idea we've heard from the young people in the streets that told us yesterday : You have to unite yourselves. The political parties have to work together. We're just answering their demand, and I really hope that all the political parties are going to do the same.

Mme Johnson (Maya) :As for September 27th, the fact that François Paradis has invited Greta Thunberg to come to the National Assembly is not satisfactory to you?

M. Nadeau-Dubois : What? If it's satisfactory or not?

Mme Johnson (Maya) : It's not satisfactory to you? It's not enough?

M. Nadeau-Dubois : It's a good step. It's a good step to have the young Greta Thunberg here to talk to the elected officials, but also to the population of the region of Québec to talk about her vision. And, yes, it's a thing that we think... We think it's a good thing, and we're going to be there to listen to her, and we're going to be very proud to have her with us here.

Mme Johnson (Maya) : But you criticize the Premier for not reaching out to her directly.

M. Nadeau-Dubois : Oh! That was a reaction to a specific question about the fact that he said he was not going to invite Greta Thunberg to meet him personally. And, when I said that, and I totally abide by my own comments, it's that... you know, I think if Greta Thunberg was a 65 years old businessman, François Legault would have run to meet her, and it's not the case right now.

Journaliste : Good afternoon. I have a question specifically for Mme Massé, because you said in French that the message that Mr. Legault had was to the unions and you said : It's not the... These aren't unions, these are employees, these are Quebeckers. What did you mean by that?

Mme Massé : It's what Gabriel just said. What Mr. Legault... The words that he uses, it's the same old language about the unions. It seems like the unions are not good, are a bad thing. What I told to him : It's unions, it's not the workers. Yes, of course, unions are very important, but I mean, when he say unions are not Quebeckers — that's what he said, I think so — we say : Oh! Wow! Stop! These people who work there are Quebeckers and they are Quebeckers who work for other Quebeckers. So you have to respect them and bring their conditions a little bit better for them.

Journaliste : You also spoke about putting a ceiling or a cap on salaries for CEOs and, I assume, other managers. What would that accomplish exactly?

M. Nadeau-Dubois : That's a policy proposal that we've put forward in the past, especially during the last election campaign, and our proposal was very pragmatic and simple. We think there should be a maximum ratio between the smallest salary and the biggest salary in one organization. We think that ratio should be of one to 10 in public organizations such as Hydro-Québec or the Caisse de dépôt et de placement du Québec, and in the private sector we think that that ratio should be from one to 30 for private companies that receive public money only.

So we think that, when the public gives money to a business, to a company, they can put conditions, and one of these conditions should be that, when we invest in you, that money has to be used to create good jobs in Québec for Québec workers, not to give unbelievable salaries and bonuses to CEOs and high-ranking bosses.

So that's our specific proposal, and one of the main goals of that proposal, one of the immediate effects would be to create an incentive for the highest-paid executives in those organizations to raise the salary of their own employees. That's the advantage of a ratio system. You say : If you want to have a... If you want to raise your salary from 50%, well, all of your employees have to follow you in that raise of 50%.

Journaliste : Are you speaking about Bombardier in particular?

M. Nadeau-Dubois : Well, you know, we gave this policy a nickname, which was the «Bombardier clause», because we think Bombardier is exactly the type of affair that justifies to put those kinds of boundaries. When we give the money of the taxpayers to a company, that money should be used to create jobs in Québec, not to give millions and millions of dollars to CEOs.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va clore...

Journaliste : One more question, because the Government is preparing a legislation to get rid of school boards. I'm just wondering where you stand on that idea.

M. Nadeau-Dubois : School boards certainly can be... They can be better, of course. But one thing I know is that everywhere where those school boards were abolished, for example in New Brunswick, at the end, they were forced to put them in place again, because it's not, contrary to a lot of what people think, it's not a bureaucracy thing, it's a way to organize the resources for the schools and to make sure that the resources are distributed equally between the schools. So what we are waiting for is for mechanisms that will reach those objectives and we think school boards do the job right now.

La Modératrice :Merci beaucoup.

M. Nadeau-Dubois : Thank you.

(Fin à 13 h 40)

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