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Point de presse de M. Pierre Arcand, chef de l’opposition officielle

Version finale

Le mardi 28 janvier 2020, 13 h

Hall du 1er étage, hôtel du Parlement

(Treize heures huit minutes)

M. Arcand : Merci infiniment. Écoutez, au cours de la dernière année, François Legault a misé sur les structures plutôt que sur les gens. Dans le cas des maternelles quatre ans, la gouvernance des commissions scolaires, il en a beaucoup parlé, mais ce sont des enseignants dont on manque actuellement dans les classes. À la commission scolaire de Montréal, par exemple, 29 classes n'ont pas d'enseignant titulaire. Alors, je n'ai pas besoin de vous dire jusqu'à quel point, actuellement, c'est très insécurisant. Et moi, à mon bureau de comté, je reçois beaucoup d'appels à cet effet-là.

Pendant ce temps, nous avons un ministre de l'Éducation dont la priorité est de jouer actuellement dans les structures. Les parents, les enfants, ce sont des enseignants qu'ils veulent, et c'est donc des enseignants dont le Québec a besoin.

Au niveau de la santé, qui est également un dossier qui touche énormément les gens, c'est actuellement un dossier sur lequel nous avons senti que le gouvernement avait peu d'intérêt pour plusieurs éléments qui touchent la santé. Le projet de loi pour donner plus de pouvoirs aux pharmaciens en est un bel exemple. La ministre a demandé la collaboration des oppositions. C'est ce que nous avons fait, conscients que cette loi devait être en fonction avant la saison de la grippe. Nous avons tous collaboré. L'étude du projet de loi est terminée, pourtant il n'est pas appelé. Pourquoi? Parce que la ministre McCann n'a pas pris soin d'abord de consulter les pharmaciens.

On connaît le dossier de l'aide médicale à mourir, un dossier où les parlementaires ont toujours travaillé de manière concertée en raison de la sensibilité de ce dossier. Encore une fois, la ministre de la Santé a choisi de ne pas consulter. Au cours des derniers jours, elle a réalisé que ce n'était pas la voie à suivre dans ce dossier. C'était pourtant clair qu'une consultation était essentielle.

Dans le domaine de la santé, on a vu également que les cliniques d'hiver sont loin d'être un succès. Pourtant, l'automne dernier, la ministre McCann  nous avait promis d'agir, et on attend toujours.

Quand on regarde tous ces dossiers, ce sont évidemment les gens qui subissent les conséquences de son inaction. Agir sans consulter, ça semble une tendance lourde de la part de ce gouvernement.

Je rappellerais la gestion du dossier de l'immigration par le ministre Jolin-Barrette. Il a tenté de faire passer une réforme inhumaine qui aurait privé le Québec de talents alors que nous sommes en pleine pénurie de main-d'oeuvre. On a vu encore une fois, la semaine dernière, ce manque de sensibilité. Dans le dossier du parrainage des réfugiés, il n'a rien fait pour régler la situation.

En économie, François Legault nous promettait d'être un champion. Il promettait de créer des milliers d'emplois payants. La semaine dernière, l'usine de Mega Bloks a annoncé qu'elle fermait ses portes. 600 emplois perdus, 600 familles concernées et affectées par cette décision.

Au cours de la dernière année, la CAQ s'est lancée dans un sprint. François Legault a voulu tout faire en même temps. Mais évidemment, un sprint, ce n'est pas toujours la meilleure chose quand on sent d'ailleurs que l'équipe de M. Legault commence à manquer de souffle.

Comme opposition officielle, nous serons présents pour défendre les intérêts des gens. Ils sont besoin d'enseignants, ils ont besoin d'infirmières. Leurs priorités ne sont certainement pas des changements de structures. Et, au cours de la prochaine session, mon équipe sera présente pour rappeler au gouvernement que ce doit être l'humain d'abord. Alors, voilà, merci.

Le Modérateur : On va y aller avec les questions. Jocelyne Richer.

Mme Richer (Jocelyne) : Bonjour, M. Arcand.

M. Arcand : Bonjour.

Mme Richer (Jocelyne) : Au cours des prochains mois, il y a une bonne partie de l'énergie et du temps des membres de votre caucus qui sera canalisée dans la course au leadership, ce sera la même chose au Parti québécois. Est-ce que ça ne veut pas dire qu'il y aura une espèce de carte blanche donnée au gouvernement pour faire à peu près tout ce qu'il veut durant la prochaine session?

M. Arcand : Bien, je n'ai pas besoin de vous dire, Mme Richer, que nous serons présents. Nos députés, ça, même s'il y a une course à la chefferie, les députés seront présents, seront présents en commission parlementaire, vont également, bien sûr, participer à cette course-là.

Mais, encore une fois, je peux vous dire que les dossiers actuellement nous semblent particulièrement importants, et comme vous le savez, et ça, c'est le message que les députés vont passer, c'est que nous, on croit véritablement qu'il faut qu'on commence à poser encore davantage de questions qui sont centrées sur les humains et, encore une fois, démontrer que ce gouvernement-là est pas mal plus préoccupé par les structures que par les gens. Alors, on aura des gens qui vont participer à la campagne, mais on aura beaucoup de gens également au Parlement, ne vous inquiétez pas.

Mme Richer (Jocelyne) : Mais est-ce que vous convenez que, de votre part, ça demandera beaucoup plus d'énergie, de discipline pour vous assurer de la présence des députés en commission, à la période des questions, etc., et pour mener à bien les dossiers et interpeller le gouvernement?

M. Arcand : Oui. Moi, j'ai fait d'ailleurs un premier rappel, lors de la réunion que nous avons eue hier, au début de la réunion, pour leur rappeler jusqu'à quel point il était important d'avoir de la discipline et de se donner, d'ici la fin du mois de mai jusqu'à la mi-juin, en tout cas, toute l'énergie possible pour faire face à nos différents défis qui sont devant nous.

Le Modérateur : Pierre-Olivier Zappa, TVA.

M. Zappa (Pierre-Olivier) : Bonjour, M. Arcand.

M. Arcand : Bonjour.

M. Zappa (Pierre-Olivier) : J'aimerais avoir votre réaction à la sortie de la Fédération des femmes du Québec, aujourd'hui, qui invite à réfléchir sur la légalité de l'hétérosexualité.

M. Arcand : Bien, écoutez, disons, Mme David, notre porte-parole en cette matière, a eu l'occasion de s'exprimer sur ces questions-là, mais il est clair que le contenant a eu préséance sur le contenu dans ce dossier-là.

M. Zappa (Pierre-Olivier) : Qu'est-ce que vous voulez dire?

M. Arcand : Bien, dans le sens qu'on a voulu faire quelque chose de spectaculaire, d'après moi, puis je ne suis pas sûr que ce sont les mots qui devaient nécessairement être employés.

M. Zappa (Pierre-Olivier) : La Fédération des femmes organise un grand forum à Montréal en mars prochain. Dans un des ateliers, on va interdire l'accès aux femmes blanches, puisqu'il s'agit d'un atelier portant sur la discrimination des femmes racisées. Est-ce qu'en 2020 la fédération, qui représente toutes les femmes du Québec, selon vous, est bien avisée d'interdire l'accès à des femmes blanches à une activité?

M. Arcand : Bien, moi, si j'étais à leur place, j'essaierais de faire une réflexion parce qu'actuellement il y a beaucoup de provocations, plusieurs des interventions ne semblent pas être consensuelles du tout. Alors, si j'étais à leur place, je réfléchirais comme il faut sur la suite des choses.

M. Zappa (Pierre-Olivier) : En terminant, est-ce que Mme Bouchard, selon vous, doit rester en poste dans cette institution? C'est une institution depuis 1966 au Québec.

M. Arcand : Oui, bien, écoutez, ce sera son choix, et on verra la suite des choses. Mais il est clair que ça fait plusieurs... à plusieurs reprises il y a eu des interventions qui, entre vous et moi, sont hautement douteuses actuellement.

M. Zappa (Pierre-Olivier) : Merci.

M. Arcand : Merci.

Le Modérateur : Mylène Crête.

Mme Crête (Mylène) : Bonjour, M. Arcand. Vous avez nommé plusieurs priorités en ouverture. Donc, sur quoi est-ce que vous voulez... ou vous pensez que vous pouvez vraiment faire des gains comme opposition officielle?

M. Arcand : Vous savez, pour la première fois depuis fort longtemps, au Québec, un gouvernement obtient un mandat avec une situation budgétaire exceptionnelle. Je pense, depuis Jean Lesage, ça n'était pas arrivé au Québec. Et donc la CAQ, ça fait déjà plus d'un an, maintenant, presque un an et demi qu'ils sont au pouvoir, et ce gouvernement-là ne peut plus prétendre, là, que tous les problèmes qui existent, là, c'est la faute des libéraux.

Nous, ce qu'on a remarqué, c'est que le gouvernement a dépensé beaucoup dans des structures et n'a pas dépensé dans des mesures qui ont pu aider les gens de la façon du... compte tenu surtout de l'immensité des budgets qu'ils ont hérités.

Alors, en ce sens-là, nous, on va être là à la défense des citoyens et on va poser les questions que les citoyens du Québec, qui sont victimes un peu de ce qui se passe actuellement, que ce soit sur la question de la pénurie de main-d'oeuvre, que ce soit en matière de santé, et ainsi de suite... on va poser les questions que les citoyens poseraient au gouvernement.

Mme Crête (Mylène) : Vous avez dit «dépensé sur les structures». Avez-vous des exemples concrets?

M. Arcand : Bien, écoutez, toute l'histoire des maternelles quatre ans, des grands projets de maisons des aînés, et ainsi de suite, je veux dire, l'histoire des commissions scolaires, les débats interminables sur la question des commissions scolaires, alors que les enjeux véritables au Québec, c'est les enjeux...

D'abord, encore une fois, on a vu les statistiques en santé. Il y a un problème encore plus sérieux qu'il y a un an, en matière de santé, au niveau des urgences, des attentes dans les urgences, des services aux gens. Alors là, carrément, il y a un enjeu de ce côté-là. Également, la pénurie de main-d'oeuvre est loin d'être réglée, particulièrement dans le secteur de l'éducation. Même chose au niveau des entreprises. On nous avait promis que le Québec allait être un endroit absolument... dans lequel nous aurions des investissements considérables. Je n'ai pas vu grand-chose, au cours des derniers temps, qui démontre que le Québec, là, sur le plan des investissements, est vraiment dans une direction extraordinaire.

Alors, moi, je pense qu'on va surtout poser les questions sur le vécu des gens, et que le gouvernement réponde pour améliorer la santé et l'éducation en particulier.

Le Modérateur : Mathieu Dion, Radio-Canada.

M. Dion (Mathieu) : Bonjour, M. Arcand.

M. Arcand : Bonjour.

M. Dion (Mathieu) : Quand les couteaux volent bas dans une course à la chefferie, un peu comme on l'a vu en début de semaine, qu'est-ce que ça cause dans le caucus?

M. Arcand : Écoutez, j'ai eu l'occasion de faire le point hier sur ça...

M. Dion (Mathieu) : Mais vous avez passé deux jours ensemble, là.

M. Arcand : Oui, on a passé deux jours, puis, vous avez vu, les députés sont présents, et des gens dans les deux camps qui se côtoient au caucus, là, et il y a donc une course qui existe. Cette course-là doit se faire avec le plus de civilité possible. J'ai eu l'occasion de le dire hier, encore une fois, que, si ça devient un peu trop intense, il est clair que, comme chef, je vais intervenir et je vais mettre de la discipline là-dedans.

M. Dion (Mathieu) : Sur la Fédération des femmes du Québec, le gouvernement finance en partie cet organisme-là. Est-ce que le gouvernement devrait exiger quelque chose envers la fédération, des excuses, ou quoi que ce soit, ou même retirer son financement dans un contexte comme celui-là? Qu'est-ce que doit faire le gouvernement, puisque le gouvernement finance la fédération?

M. Arcand : Oui. Bien, écoutez, je pense qu'il y a des questions qui doivent être posées, mais j'imagine que la fédération a quand même un conseil qui existe. Je pense qu'il y a des questions qui devraient d'abord être posées à ce groupe-là, au conseil, et, par la suite, on verra la suite des choses. Mais, pour l'instant, je ne réclame rien de particulier, sinon que je trouve que l'intervention a été véritablement pas très correcte.

M. Dion (Mathieu) : Sur Québec solidaire, qui menace de faire son barrage politique s'il y a GNL, s'il y a le troisième lien, est-ce que c'est constructif de faire un barrage politique au sein des travaux parlementaires pour faire avancer ses idées?

M. Arcand : Bien, c'est-à-dire qu'on peut faire un certain barrage, lorsqu'on est contre certaines lois, c'est-à-dire un barrage dans le sens que nous permettent les travaux parlementaires. Ce sont des choses qui se font de façon régulière. Maintenant, je ne sais pas qu'est-ce qu'ils veulent dire par «un barrage parlementaire», au-delà de ce qui est permis actuellement dans les règlements de l'Assemblée nationale.

M. Dion (Mathieu) : Vous ne pourriez pas les appuyer, par exemple?

M. Arcand : Bien, on les a appuyés. Remarquez bien que dans le projet de loi n° 34, par exemple, sur les tarifs d'hydroélectricité, on était d'accord. On a voté contre ce projet de loi. Ce bâillon-là a été fait avec... alors que les trois partis d'opposition étaient unanimes contre ce projet de loi là. Et évidemment il est fort possible, j'imagine, que le gouvernement va se servir de ça aussi pour peut-être d'autres bâillons dans l'avenir. On verra.

Le Modérateur : Geneviève Lajoie, Journal de Québec.

M. Arcand : Bonjour.

Mme Lajoie (Geneviève) : Bonjour. Je voudrais renchérir sur ce que mon collègue a dit : Mais est-ce que vous pourriez, vous aussi, contribuer à ralentir les travaux de l'Assemblée nationale, si des décisions du gouvernement, notamment en matière d'environnement... C'est quand même une des priorités du Parti libéral. Si le gouvernement, donc, ne répondait pas à vos attentes, en matière d'environnement, est-ce que vous pourriez joindre QS là-dessus?

M. Arcand : Écoutez, d'abord, premièrement, vous savez, il y a une démocratie qui existe au Québec. Jusqu'à preuve du contraire, nous avons un régime parlementaire qui existe. La population a choisi d'élire un gouvernement qui est majoritaire. Et donc, à partir du moment où on élit un gouvernement majoritaire, lorsqu'on n'est pas d'accord avec ce gouvernement-là, comme opposition, on tente de changer les choses, on lui pose des questions, on essaie, évidemment, d'avoir l'opinion publique de notre côté pour faire fléchir le gouvernement. C'est la façon dont les choses se font depuis toujours, et nous allons continuer à le faire. Mais je ne vois pas en quoi... qu'est-ce que ça veut dire de façon très concrète, là, un barrage parlementaire, au-delà de ce que nous avons déjà fait par le passé. Je ne vois pas où ils veulent en venir exactement.

Mme Lajoie (Geneviève) : Donc, vous ne pensez pas que c'est une bonne idée?

M. Arcand : Bien, encore une fois, je ne sais pas qu'est-ce qu'ils veulent dire par ça, je...

Mme Lajoie (Geneviève) : Bien, les députés de l'Assemblée nationale ont du temps de parole, par exemple, ont la possibilité de s'opposer au dépôt d'une motion.

M. Arcand : Oui, oui, et ça, on l'a fait.

Journaliste : Ça, c'est des choses qui existent dans la démocratie à l'heure actuelle.

M. Arcand : Oui, oui, oui, exactement, puis ça a déjà été fait par le passé, et on appelle ça souvent un filibuster. C'est le terme qui est employé. Alors ça, ça existe au niveau parlementaire. Mais je ne vois pas, au-delà de ce qui est fait traditionnellement, qu'est-ce qu'on peut faire de plus de ce côté-là.

Mme Lajoie (Geneviève) : Sur la Fédération des femmes, est-ce que vous accordez, en ce moment et en regard des dernières sorties publiques, là, de la présidente, encore de la crédibilité et de l'importance à ce groupe?

M. Arcand : Bien, c'est-à-dire que, théoriquement, la Fédération des femmes devrait normalement être le porte-parole des femmes du Québec. Clairement, les dernières choses que j'ai vues de cette fédération-là vont la marginaliser passablement. Alors, je pense qu'encore une fois c'est aux gens qui la dirigent de vraiment...

Journaliste : Donc, selon vous, est-ce que la Fédération des femmes actuellement représente les femmes du Québec?

M. Arcand : Écoutez, je crois qu'actuellement c'est un organisme qui m'apparaît être plutôt marginal.

Le Modérateur : Martine... Ah! Louis Lacroix, Cogeco.

M. Lacroix (Louis) : Bonjour, M. Arcand.

M. Arcand : Bonjour.

M. Lacroix (Louis) : Sur ce que vous avez dit sur le filibuster, je veux juste reprendre votre prémisse, vous dites : Il y a un gouvernement qui est démocratiquement élu, donc la population a voté pour eux, ils ont une certaine légitimité, si on veut, de passer des lois, évidemment. Est-ce que filibuster, dans ce contexte-là, c'est démocratique, c'est-à-dire de faire de l'obstruction systématique dans des projets de loi, par exemple, qui sont présentés dûment par le gouvernement, avec lesquels un parti n'est pas d'accord? Ce qu'on appelle «filibuster», est-ce que c'est démocratique? Est-ce que ça représente bien la démocratie?

M. Arcand : Bien, c'est-à-dire que ça fait partie des choses que l'on peut faire, et, à partir du moment où c'est légal, ça fait partie de la démocratie. Mais, encore une fois, comme parti politique, n'oublions jamais qu'on doit aussi, de notre côté, avoir l'appui de la population. Il faut toujours avoir l'appui de la population le plus possible dans tout ce qu'on fait. Et donc je ne crois pas... En tout cas, en ce qui nous concerne, au fil des années, il y a eu des moments où on était au gouvernement, d'autres moments où on était dans l'opposition, je crois qu'on a exercé avec, je dirais, le plus de rigueur possible notre rôle de parlementaire et je ne pense pas qu'on peut nous accuser, nous, en tout cas, en ce qui nous concerne, d'avoir véritablement bloqué un Parlement au fil des années.

M. Lacroix (Louis) : Le p.l. n° 21 avait été adopté sous bâillon, il y avait eu de l'opposition assez forte de la part des députés, qui avaient utilisé tout le temps de parole disponible, etc., de sorte qu'il a manqué de temps, à la toute fin, pour que le gouvernement puisse l'adopter selon les règles, et donc on a imposé le bâillon. Et, quand on regarde l'adhésion de la population à la Loi sur la laïcité, on dépasse le 65 %. Alors, comment vous pouvez concilier ce que vous dites, il faut avoir l'appui de la population, et le fait qu'il y a eu de l'obstruction en Chambre sur un projet de loi comme celui-là?

M. Arcand : Bien, d'abord, premièrement, si vous me parlez de ce projet de loi là, si ma mémoire me... bien, je ne crois pas qu'on a passé des mois en commission parlementaire sur ça. Il y a eu des consultations qui ont été faites. Il faudrait que je regarde mes notes, là, mais je pense que l'article par article de ce projet de loi là a débuté en mai, si ma mémoire est bonne, et donc on n'a pas passé des mois à faire ça. Le gouvernement, pour des raisons qui sont les siennes, a décidé, dès le mois de juin, de passer un bâillon sur ces questions-là, même deux bâillons parce qu'il y avait un autre enjeu également qu'il voulait régler, mais je ne crois pas que nous avons agi de façon irresponsable dans ce dossier-là.

M. Lacroix (Louis) : Donc, compte tenu de l'adhésion de la population, ce projet de loi là, il aurait été mal avisé d'un parti politique de filibuster. Je comprends ça?

M. Arcand : Bien, c'est-à-dire de filibuster de façon infinie, clairement. Mais, encore une fois, je pense que ça fait partie de notre rôle quand même de faire savoir... lorsqu'on n'est pas d'accord avec un projet de loi, de faire savoir qu'on est contre et donc d'utiliser certaines des méthodes qui sont permises par les règlements de l'Assemblée nationale.

M. Lacroix (Louis) : Merci.

Le Modérateur : Martine Biron, Radio-Canada.

Mme Biron (Martine) : Bonjour, M. Arcand.

M. Arcand : Bonjour.

Mme Biron (Martine) : À la lumière de ce que vous avez dit dans le préambule, là, concernant l'état des finances publiques, comment est-ce que vous entrevoyez les négociations dans le secteur public?

M. Arcand : Ah! écoutez, il est clair que le gouvernement a présenté des offres, déjà. C'est sûr que ces offres vont devoir être bonifiées, on est certains de ça. Maintenant, moi, encore une fois... nous allons voir ce que le gouvernement a à faire.

Nous, on a également... une des choses qui nous apparaît importante... On aura l'occasion de le dire bientôt parce qu'il y a des choses qui vont concerner les gens de la fonction publique, on va en parler très bientôt lorsqu'on va faire nos demandes au niveau du prochain budget. Alors, je pense que le gouvernement doit agir avec rigueur.

Il y a quelque chose qui m'apparaît important, actuellement, c'est qu'évidemment, au niveau des finances publiques, on a une situation, je dirais, qui permet aux gens d'être un petit peu plus exigeants qu'ils l'ont été par le passé. Tout est une question de mesure et tout est une question de négociation.

Mme Biron (Martine) : Bon, je vais vous demander de préciser un petit peu plus parce que c'est une chaise que vous avez occupée, le Conseil du trésor, ça fait que vous savez un peu comment ça fonctionne. Est-ce que vous trouvez... Vous dites : On peut comprendre que les syndicats soient un petit peu plus exigeants. Est-ce que vous trouvez que la fonction publique devrait avoir un peu plus que la part du gâteau de base, là? Vous avez vu les offres sur la table, là. Vous êtes où par rapport... Est-ce que vous vous attendez à des négociations très difficiles?

M. Arcand : Bien, écoutez, c'est difficile pour moi de répondre à cette question-là parce que...

Mme Biron (Martine) : Bien, vous voyez comment le gouvernement traite avec les syndicats, vous voyez un peu l'approche. Comment est-ce que vous voyez ce portrait-là?

M. Arcand : Bien, moi, je pense qu'une des problématiques, c'est que le gouvernement est victime un peu de certains de ses engagements. Moi, là où je vois certains enjeux, c'est lorsque le gouvernement va dire : Bien, il y a telle classe d'employés que je vais privilégier, par exemple, hein, lorsqu'il parle des...

Mme Biron (Martine) : Bien, parlons des... Appelons les choses, comme... par leur nom, là, c'est-à-dire, on parle des préposés aux bénéficiaires, des enseignants. Est-ce que vous avez l'impression que le gouvernement est sur le point de reculer, se fait tirer l'oreille? Est-ce que vous pensez que ça va être tendu, qu'il y en a qui vont être jaloux?

M. Arcand : Je pense que ça va être tendu parce qu'avec les syndicats, de façon générale, ils n'aiment pas nécessairement avoir deux classes de citoyens qui exercent le même type de fonctions. M. Legault s'est déjà commis au fait de dire : Écoutez, il y a certains enseignants qui vont en avoir plus que d'autres, et ainsi de suite. Alors, c'est sûr qu'à partir du moment où on entre dans ça ça risque, avec les syndicats, d'être un peu plus tendu. Maintenant, comme je vous le dis, dans ce dossier-là, on va agir, nous, de façon responsable et on va surveiller ça de près. S'il y a des choses qui nous apparaissent incorrectes, on les dénoncera. Mais, pour l'instant, on va les laisser négocier.

Mme Biron (Martine) : Est-ce que vous pensez que d'autres groupes que ceux qu'on connaît présentement, comme les préposés aux bénéficiaires, infirmières ou profs, devraient bénéficier d'aménagements supplémentaires ou...

M. Arcand : Bien, d'abord, vous savez, Mme Biron, tout le monde nous demande des aménagements particuliers. Je tiens à vous rappeler qu'on avait réglé une grande partie des négociations. Moi, j'ai eu affaire aux ingénieurs de l'État, à un moment donné, qui demandaient certains aménagements particuliers. J'ai eu affaire à d'autres groupes, également, qui exigeaient ce genre de chose là. Alors, oui, le gouvernement a une certaine marge de manoeuvre pour faire en sorte de satisfaire, parce qu'il y a beaucoup de syndicats, comme vous le savez. Mais, encore une fois, il faut... il y a des éléments dans ça qui, sur le plan syndical, sont difficilement applicables.

Mme Biron (Martine) : Mais est-ce que le gouvernement n'est pas dans une situation où il y a une marge de manoeuvre beaucoup plus grande que vous, vous aviez quand vous étiez au gouvernement?

M. Arcand : Certainement. Il y a une très grande marge de manoeuvre, mais, encore une fois, plusieurs des enjeux, souvent les plus difficiles, ce n'est pas des enjeux nécessairement monétaires. Il y a souvent des enjeux de principes également qui sont probablement les plus difficiles, d'ailleurs, à négocier très souvent.

Mme Biron (Martine) : Alors, vous vous attendez finalement à...

M. Arcand : Je m'attends à ce que ce soient des négociations solides. C'est le moins qu'on puisse dire.

Le Modérateur : Philip Authier, The Gazette.

M. Authier (Philip) : Good day, sir.

M. Arcand : Hi!

M. Authier (Philip) : (Interruption) Pardon me. It's the little cough left over from Christmas. I wanted to ask you, is the Government playing sort of a... with what you just said to Martine, playing a dangerous game, in the comments Mr. Legault made to the effect that, in the public sector, certain people might get more money? I believe he talked about the «préposés» and teachers who would be entitled to a higher kind of a wage increase than the rest. This kind of two-tier system, is that a dangerous thing for the Government?

M. Arcand : I think it's a dangerous thing because I think that what's happening right now is that, unless I am completely wrong... Generally speaking, unions do not like to have different classes of citizens, let's say, or employees. So, I would say that this is... You know, you can make some accommodations. In every collective agreement that I've negotiated, people have asked for special clauses, generally speaking, but, at the end of the day, there are certain sets of principle that you have to defend. And the unions generally don't want to change their position on this.

M. Authier (Philip) : They're offering less than inflation to the...

M. Arcand : That's a first offer.

M. Authier (Philip) : Yes. How do you think that's going to wash?

M. Arcand : Well, I think they're going to have to give more eventually.

M. Authier (Philip) : O.K. Last question. The session starts next Tuesday... resumes. What do you expect in that session? Do you think that the tone between your party and the Government will improve? It was a pretty poisoned atmosphere in November and December, here, as you recall. And what are your expectations of the session?

M. Arcand : Well, we hope that we're going to have discussions that are going to be... I don't know if it's the proper word, civilized discussions. And of course, we are concentrating our efforts on the citizens more than ever. I think that, right now, what we're coming up with is a Government that has a lot of money, budget surpluses that are extraordinary, and the public doesn't see those investments the way they should see it according to us. So the questions that we're going to ask in this session are going to be based on the comments that we get in our offices, when we travel around the province, from citizens who are really asking some of the questions with regard, of course, of healthcare services, education, shortage of labour, all those issues that have not really been resolved, in many ways, by the Government. I think these are the kind of questions we are going to ask the Government, of course. But we will try to make sure that, you know, the tone at the National Assembly will be polite.

Le Modérateur : Cathy Senay, CBC.

Mme Senay (Cathy) : Good afternoon.

M. Arcand : Hi.

Mme Senay (Cathy) : Hi. I don't know if you followed Marylène Lévesque's murder, last week, the sex worker.

M. Arcand : Yes.

Mme Senay (Cathy) : There is this investigation that will be done by Parole Board members and also the correctional service. But now, ex-Parole Board members are saying that, in the last few years, like 2016, 2017, many members, Parole Board members with lots of experience have been left out and have been replaced by the ones that don't have lots of experience. What are your expectations with this whole investigation and this murder?

M. Arcand : Well, when you have a serious case like this, I think it's the role of our institutions to make sure that, you know, the decisions that are being made are decisions that are being made in the best way possible. And clearly, in that particular case, there were a lot of problems, from what we can see. So my only comment on this is that it's up to the people who are involved in those institutions to really clean up their act.

Mme Senay (Cathy) : The Québec Federation of women, the fact that the president wrote this on Twitter, which is a confused message... I mean, how do you react regarding this organization? It should give an example, or is this worrisome?

M. Arcand : It's... I mean, we've been accustomed, in the last few months, by a few strange messages from the president of the federation. We, of course, don't agree with that. We think that, you know, they should revisit the kind of statements they have made in the last few months, and it's up to them to really come up to and represent the large majority of women in Québec. And what we have seen I don't think represents the large majority of women in Québec.

Le Modérateur : Rachel Fletcher, de Global.

Mme Fletcher (Raquel) : Good afternoon. I wanted to ask you about the recycling crisis which is ongoing. And the Premier now is going to make some sort of announcement, we know, later this week, with the Environment Minister. Do you think that they are not acting quickly enough?

M. Arcand : Well, you know, this crisis that we've been having... and I've experienced that in the field of environment, for example, you know, we need the technology, we need to have a better technology to eventually take care of our own recycling, generally speaking. So, basically, this is what we need to do. So, the Government, with the Green fund, for example, that we have, has lots of money. Money is not an issue to settle this because with the Green fund there's a lot... They need to find the right technology, the right entrepreneurs to really settle this problem and not send our wastes to other countries. I think it's up to us to find the solutions, and the government has to work fast on this.

Mme Fletcher (Raquel) : Heading into this next session, what are your top priorities?

M. Arcand : In the next session, again, we are going to talk about what the citizens of Québec are experiencing on a daily basis, and specially those who are vulnerable, senior people in emergency rooms, people who have... entrepreneurs who have problems finding the right workers, all of those things. And, of course, our students right now, in many classes in Québec, who do not have a full time teacher, right now, there's some statistics that are being coming up and seem to indicate that this problem not only is under control... But it's increasing right now, from what I can see.

Mme Fletcher (Raquel) : I don't hear you mentioning the environment, though, in those priorities.

M. Arcand : Yes, we are going to talk also about the environment for sure because this is an issue. But, in the case, before asking the question, the Government has been saying to us : We are going to have the best plan in the world. You know, it was almost a commitment from Mr. Legault. So we'll see what he comes up with and we will certainly react when his plan comes. OK?

Mme Fletcher (Raquel) : Merci.

M. Arcand : Thank you.

Le Modérateur : Rapidement. Louis Lacroix.

M. Lacroix (Louis) : Peut-être une petite dernière question pour la route, M. Arcand. À votre avis, qu'est-ce que le gouvernement Legault devrait faire avec la participation du gouvernement, en fait, dans la CSeries? Parce que, là, est-ce qu'on doit réinvestir dans la société en commandite? Est-ce qu'on doit vendre les 16 point quelques pour cent des parts qu'on a dans cette société-là? À votre avis, il faut faire quoi?

M. Arcand : Bien, moi, je dois vous dire que, dans ce dossier-là, premièrement, je trouve ça un peu ironique. Je vous rappelle, parce que j'étais là dans les débats, en 2014, tout le monde nous a dit : N'investissez pas du côté des avions, là, parce que là, là, ça n'a pas de bon sens. Vous auriez dû investir... M. Legault était le premier à nous dire : Vous devez investir dans la grande compagnie Bombardier et non pas seulement dans la CSeries.

De façon assez bizarre, l'argent qui a été mis, à l'époque, dans la CSeries... Le problème, actuellement, de la CSeries ou du Airbus 220, c'est un problème de croissance actuellement. Alors là... et Bombardier, qui a des problèmes dans sa compagnie générale, bien là, veut se retirer parce qu'ils n'ont pas les fonds actuellement. Alors là, la question, c'est : Est-ce qu'Airbus seulement va mettre de l'argent? Est-ce que le gouvernement devrait en mettre?, etc. C'est ce que je comprends actuellement du dossier.

Moi, je vous dis, je ne connais pas assez le dossier en détail pour dire est-ce que le gouvernement doit investir, de quelle façon il doit investir, et ainsi de suite. Moi, ce que je vous dis simplement par rapport à ça, c'est que ce qui est prioritaire, c'est de protéger les emplois dans le secteur aéronautique. C'est une grappe industrielle qui demeure fondamentale dans la région de Montréal, et donc que le gouvernement prenne les meilleures décisions pour protéger les emplois.

M. Lacroix (Louis) : Mais, rajouter de l'argent là-dedans, est-ce que, vous, ça vous choquerait? Vous dites : C'est un problème de croissance. C'est vrai que les commandes ont... bon, j'allais dire explosé, le terme est fort, là...

M. Arcand : Bien, écoutez, comme je vous dis, le gouvernement...

M. Lacroix (Louis) : ...mais ont augmenté.

M. Arcand : Oui. Le gouvernement devra regarder la situation puis devra négocier éventuellement avec Airbus là-dessus. Parce que la pire affaire qui pourrait arriver, c'est qu'Airbus dise : Bien, écoutez, vous savez... On est dans une situation où, si le gouvernement ne fait rien, Airbus peut dire demain matin : Bon, je vais aller construire mes avions ailleurs. Ou encore, si le gouvernement fait quelque chose, ça va dépendre de quelles conditions on parle, et ainsi de suite. Alors, M. Fitzgibbon, j'ai cru voir, nous a promis une réponse dans les 10 jours. Alors, on va voir de quelle façon il va s'organiser et on réagira à ce moment-là.

M. Lacroix (Louis) : Mais je comprends que, pour vous, si le gouvernement... selon les conditions, évidemment, là, mais vous ne voyez pas d'obstacle à ce que le gouvernement prenne une décision d'injecter de l'argent dans cette compagnie-là.

M. Arcand : Écoutez, je pense qu'il faut rester ouvert. Comme je vous le dis, je ne connais pas le dossier. C'est sûr qu'il y a déjà eu beaucoup d'argent dans Bombardier. Avant d'en mettre d'autre, il va falloir, évidemment, regarder la situation. Je pense que c'est une négociation que M. Legault et M. Fitzgibbon devront avoir avec les gens d'Airbus là-dessus. Maintenant...

M. Lacroix (Louis) : Mais vous n'êtes pas fermé à l'idée?

M. Arcand : Bien, écoutez, on va voir de quelle façon. Je pense que ce qui est important, je vous le dis, en bout de ligne, c'est de protéger les emplois à Montréal puis le secteur de l'aéronautique.

Le Modérateur : Merci beaucoup à tous.

M. Arcand : Merci.

(Fin à 13 h 43)

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