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Point de presse de M. Sol Zanetti, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de santé et services sociaux, et M. David Birnbaum, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires autochtones

Version finale

Le vendredi 14 février 2020, 13 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Treize heures trois minutes)

La Modératrice : Bonjour. Merci beaucoup d'être présents à ce point de presse. Prendront la parole, tout d'abord, le chef de l'APNQL, Ghislain Picard, suivi d'un représentant des familles, dont Pierre-Paul Niquay, Thérèse Dubé. Ensuite, il y aura M. David Birnbaum du Parti libéral du Québec et Sol Zanetti de Québec solidaire. Merci beaucoup.

M. Picard (Ghislain) :Merci beaucoup. (S'exprime dans une langue autochtone). Écoutez, extrêmement privilégié d'être devant vous aujourd'hui et surtout d'être accompagné par finalement une représentation quand même assez limitée d'une situation qui prévaut chez plusieurs nations à l'échelle du Québec, une situation préoccupante et qui a d'ailleurs fait l'objet de recommandations précises dans le rapport spécifique au Québec de l'enquête nationale sur les femmes et jeunes filles autochtones assassinées et disparues et, plus précisément, les appels à la justice n° 20 et 21, qui touchent les enfants disparus ou décédés ou enlevés. Et, écoutez, c'est une longue histoire et les familles qui sont avec nous qui sont principalement de la nation... qui sont de la nation attikamek, comme je le disais, sont représentatives d'autres situations qui touchent d'autres nations et qui ont été relevées dans le contexte des témoignages devant l'enquête nationale sur les femmes et jeunes filles autochtones assassinées et disparues.

Rapidement, le contexte. Le gouvernement a reçu, comme nous tous, le rapport de l'enquête nationale en juin dernier. Le gouvernement de la CAQ a promis de réagir rapidement. On a été informés qu'il y avait un processus qui serait rapidement mis en branle pour passer à la mise en oeuvre rapidement. Par la suite, bien, il y a eu un peu ce projet de loi qui touche la pharmacie qui est à l'étude... qui était à l'étude lors de la dernière session, le projet de loi n° 31, et auquel on a inséré un certain nombre d'amendements qui touchent... qui visent à répondre aux appels à la justice n° 20 et 21.

Écoutez, je tiens aussi, à ce moment-ci, à remercier MM. Birnbaum et Zanetti, respectivement du Parti libéral et de Québec solidaire, qui... sans eux, finalement, on n'aurait pas été mis au courant de ce processus-là. Et donc tout s'est produit très rapidement dans les semaines précédant la fin de la session de l'année 2019, la dernière session de l'Assemblée nationale. Et entre-temps, bien, il y a eu évidemment des processus assez expéditifs pour permettre à ces familles-là et plusieurs autres de se consulter et de voir quel serait le meilleur véhicule pour répondre à leurs attentes. Et je pense que tout le monde a jugé qu'être inséré comme accessoire dans un projet de loi comme celui sur la pharmacie n'était pas le meilleur véhicule, et principalement dû au fait que les familles trouvaient que ça n'apportait pas la dignité nécessaire devant les drames que ces familles-là ont vécus; on peut reculer jusqu'à 40, 50 ans.

Donc, c'est la raison pour laquelle nous sommes ici, comme Assemblée des Premières Nations, d'abord en soutien aux familles mais aussi pour insister devant le gouvernement qu'il y a une belle opportunité aujourd'hui, pour le gouvernement de M. Legault, de passer de la parole aux gestes, de passer des excuses du 2 octobre à un premier geste concret qui démontre sa sincérité. Et on ne demande pas grand-chose, là. On demande, les familles demandent un projet de loi qui soit distinct et qui réponde amplement à leurs attentes parce que les amendements qui sont proposés dans l'actuel projet de loi ne vont pas assez loin, selon les familles, et ça, je pense que c'est aussi quelque chose qui mérite d'être compris.

Donc, à ma connaissance, jusqu'à maintenant, la position reste maintenue du côté des familles. Et la demande, c'est vraiment d'avoir un projet de loi distinct, qui soit conforme à leurs attentes et qui soit conforme également aux appels à la justice de l'enquête nationale. Je vais passer la parole maintenant aux représentants des familles.

M. Niquay (Pierre-Paul) : O.K. Bonjour. Pierre-Paul Niquay, de la nation attikamek, membre du regroupement des familles attikameks ayant des enfants disparus, enlevés.

Nous, on veut respecter les autorités qui ont été... les structures d'autorité qui ont été mises en place. Nos chefs constituent nos porte-parole, et l'APNQL, qui représente officiellement... ils sont des interlocuteurs très valables pour les gouvernements.

Concernant le projet de loi n° 31, il y a... les amendements qui ont été rajoutés dans le mois de novembre, nous les avons lus, étudiés, et ça ne nous convient pas. Donc, on demande au gouvernement qu'il y ait une loi distincte, dans sa forme et son contenu, puis ça, c'est en respect de la dignité des enfants qu'on a perdus, qui sont disparus, qui sont enlevés. Et pour la nation attikamek, il y a 32 familles concernées pour 47 enfants disparus.

Maintenant, il y a d'autres premières nations, comme les Innus, les Cris, les Algonquins qui, eux aussi, ont des enfants disparus. Aujourd'hui, on ne veut pas parler pour eux parce qu'ils ont les habiletés, la majorité, les connaissances et les compétences, ils ont leur propre histoire, c'est eux qui doivent prendre parole et affirmer leurs besoins, mais je crois qu'on converge tous vers le même sens, c'est qu'il y a une nécessité. Et c'est l'histoire qui nous invite, qui invite à nouveau le gouvernement à corriger des erreurs qu'eux ne l'ont pas fait, mais les prédécesseurs. Et on est dans l'ère de la réconciliation, et les gouvernements ont tout à gagner, notre confiance, on est ouverts de ce côté-là. Donc, c'est dans ces termes-là que je vais passer la parole à Mme Thérèse Dubé.

Mme Dubé (Thérèse) : (S'exprime dans une langue autochtone).

M. Birnbaum : Vous venez d'entendre les paroles du grand chef Picard ainsi que deux représentants des familles attikameks, et il nous semble que la voie est claire. Nous étions, ce matin, en interpellation avec la ministre responsable des Affaires autochtones, et voilà une des questions primordiales qui faisait sujet de plusieurs de nos interventions. Et nous avons dit, au nom des familles autour de nous, qu'il y a une solution à la portée, une solution qui va prendre le temps que ça va prendre. On parle d'une situation déchirante des enfants disparus ou décédés, et les familles qui n'ont pas juste à vivre leur deuil, ils continuent de ne pas avoir accès à l'information sur le sort de leurs propres enfants. Il y avait une solution de proposée, j'espère, en bonne foi, avec des amendements dans une loi sur les pharmaciens. Vous entendez clairement, et c'est notre avis aussi, que c'est un processus qui n'était pas à la taille, c'est des amendements qui ne répondent pas aux questions suffisamment de ces familles. Donc, il y a une option à la portée de ce gouvernement, c'est-à-dire d'écouter les gens autour de nous, de retirer ces amendements mal ficelés et de déposer sans délai un projet de loi désigné à résoudre ce problème, un projet de loi qui va, cette fois-ci, assujettir à une consultation digne et respectueuse, qui va donner le temps à la Protectrice du citoyen de commenter, comme il faut, sur les amendements et au processus parlementaire de faire son chemin.

Et voilà une solution qui va être digne des excuses prononcées par le premier ministre le 2 octobre, et la solution qui est évidente... je continue à avoir de l'espoir, la ministre responsable, ce matin, n'avait pas l'air d'être prête à écouter le monde autour de nous, mais on ne lâche pas et on s'attend à ce que ces amendements soient retirés et qu'un projet de loi, comme je dis, uniquement désigné à ce problème soit abordé dans un bref délai. Merci.

M. Zanetti : Notre position, à Québec solidaire, elle est claire. Nous, on appuie ces revendications-là de faire un projet de loi qui est distinct pour cet enjeu-là, le mécanisme, d'avoir accès... qui permettrait aux familles d'avoir accès à l'information concernant leur enfant disparu, enlevé. Et il n'y a aucun obstacle bureaucratique, technocratique, de forme à faire ça, tout se peut. Le projet de loi, là, si les gens de la commission consentent, on peut enlever les choses qui font problème. Il peut y avoir un autre projet de loi déposé. Il n'y a aucun obstacle technique à ces revendications-là. Ces revendications-là ne coûtent rien, elles ne coûtent absolument rien. Et ce que je pense qui doit cheminer chez la ministre D'Amours en ce moment, c'est l'idée que la façon de faire les choses, le moyen est aussi important que le résultat du projet de loi. De dire : Ah! mais, on a fait un petit pas, c'est bien, ça va arriver rapidement... Le moyen, la façon de faire, la façon de consulter est tout aussi important, et c'est ça qu'il faut qui passe, je pense, comme message aujourd'hui.

La Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et qui... donc, la Commission Viens mais aussi l'ENFFADA recommandent l'application, là, cette déclaration-là dit qu'il faut qu'il y ait une consultation des peuples autochtones en amont sur les sujets qui les concernent. Alors, c'est ce qu'on veut. Un projet de loi distinct, qui va être élaboré avec les autochtones du Québec, là, il va aller très rapidement. Ce qui prend du temps, c'est quand on ne consulte pas puis qu'après ça il faut réparer les choses qu'on a faites sans connaître le sujet.

Quand on était sur le projet de loi n° 31, sur la commission, là, j'y étais avec M. Birnbaum aussi, ils nous ont amené les amendements, puis là on s'est fait présenter ça un jour, puis là on a contacté nos contacts à l'APNQL et ailleurs, puis on a dit : Mais qu'est-ce que vous en pensez? Qu'est-ce que vous en pensez? Personne n'a eu le temps d'analyser ça. Puis là tout le monde a dit : Bien, écoutez, ça a l'air d'être un bon pas, on est pressé, on va embarquer là-dedans. Mais, après analyse, comme de raison, bien, les gens se sont rendu compte qu'il y a des choses qui ne marchaient pas là-dedans.

Donc, il faut prendre le temps de faire les choses comme il faut. Il faut prendre le temps de faire les choses dignement et de façon respectueuse, puis c'est le message qu'on est venus livrer ici aujourd'hui. Je vous remercie.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va prendre les questions sur le sujet en premier, après ça vous pourrez posez vos questions d'actualité. On comprend, pour cette fois-ci, que d'avoir M. Picard est pertinent pour l'actualité. Merci.

M. Larin (Vincent) : Moi, j'aurais une question pour M. Picard peut-être. Je comprends que vous faites valoir que c'est important de consulter en amont les Premières Nations dans le cadre d'un projet de loi. Peut-être nous exprimer, mais clairement, qu'est-ce que permettrait justement le projet de loi distinct dans ce cas-ci. Puis, deuxièmement, vous avez mentionné, entre autres, que... ça a été aussi mentionné par la ministre que l'amendement répondait aux appels à la justice 20, 21. Est-ce que vous vous attendez à ce que tous les appels à la justice ou une majorité soient répondus dans un seul projet de loi?

M. Picard (Ghislain) : Non, parce qu'il y a, de toute évidence, des cas extrêmement précis et spécifiques, et je pense que ça prend une démarche pour en faire une analyse un peu plus approfondie. Mais la chose que je dirais, c'est que la ministre et ses collègues se mettent à la place des familles qui sont ici ce matin et comprennent qu'il est extrêmement important... je veux dire, la dignité humaine, là, ça n'a pas de prix et je pense que c'est important qu'on puisse faire valoir uniquement ce principe-là comme point de départ. Et c'est là que... Écoutez, je suis extrêmement préoccupé, frustré, à la limite, là, d'une démarche, comme l'expliquait M. Zanetti un peu plus tôt, là, qui nous a pris de court tout le monde, à un tel point qu'il n'y a pas eu les analyses nécessaires de notre côté. Et, en parlant d'analyses, bien, avec le peu de temps qu'on avait, on a quand même réussi à faire valoir que des amendements à l'intérieur de la loi... du projet de loi n° 31, Loi sur la pharmacie, faut-il le répéter, ne sont pas... ne vont pas assez loin.

Un exemple que j'aimerais citer, c'est juste sur la question de l'accompagnement. Pendant toute la durée des audiences de l'enquête nationale, même de la commission Viens, c'est un volet qui était vraiment incontournable, comment on fait en sorte d'accompagner des familles qui ont des témoignages à livrer parce que c'est extrêmement lourd et émotif comme démarche. Donc, il y a uniquement cet aspect-là qui n'est pas contenu dans les amendements qui sont à l'étude en ce moment.

Donc, on pourrait... on aurait l'opportunité d'avoir un projet de loi qui soit beaucoup plus complet et qui sera beaucoup plus complet à la lumière de ce que les communautés consultées et les familles consultées auront apporté, je dirais, comme information. Donc, c'est des aspects qui, à mes yeux, là, n'ont pas été complétés jusqu'à maintenant, et on a encore le temps de le faire.

M. Larin (Vincent) : Si vous permettez, je vais demander... je reprendrais la métaphore qui a été exposée par Mme D'Amours ce matin, de dire : On n'a pas besoin de faire la marche tout d'un... de traverser la rue tout d'un coup. On fait un premier pas avec ces amendements-là. Selon vous, c'est important, justement, que tout le processus se fasse publiquement et en un seul... d'une seule shot, là, je pourrais dire?

M. Picard (Ghislain) : Bien, écoutez, on va prendre la métaphore de notre point de vue à nous. Il y a eu des excuses qui ont été prononcées, qui ont été solennelles, qui ont été acceptées le 2 octobre dernier. Et le gouvernement Legault aujourd'hui a une belle opportunité de passer des excuses à un premier acte, qui serait celui de proposer, pour la dignité des familles qui sont ici ce matin, un geste hautement significatif et qui va venir, justement, non seulement, je dirais, offrir un peu de l'énergie à une relation politique qui est loin d'être l'idéal en ce moment et de poser un geste qui va, j'en suis sûr, non seulement pour les familles qui sont ici ce matin, mais pour l'ensemble des familles qui sont directement concernées, un geste qui va être applaudi. C'est ça qu'on demande.

M. Laforest (Alain) : Grand Chef, bonjour. Grand Chef, je ferais un lien entre le blocus puis ce qui se passe actuellement. Il y a eu des excuses d'Ottawa, il y a eu des excuses de Québec. Est-ce que les gouvernements manquent de sensibilité, encore et trop, à l'égard des autochtones?

M. Picard (Ghislain) : Non, bien, écoutez, là, le regard des gouvernements est juste... est à court de la réalité et, pour moi, bon, ce qui se passe sur la côte Ouest en ce moment... Et, je veux dire, il faut faire le lien avec ce qu'on discute ce matin. Et, pour moi, je pense que, quelque part, on l'a dit souvent depuis hier, depuis les 48 dernières heures, c'est que, pour le premier ministre canadien, il n'y a pas de relation plus importante que celle avec les peuples autochtones, mais on peut-u, une fois pour toutes, vraiment compléter le portrait puis regarder un peu de la façon que se présentent les choses de notre perspective? C'est que, quelque part, là où on fait fausse route, c'est qu'il semble toujours y avoir une primauté des valeurs canadiennes, des lois canadiennes. Tout le monde parle du respect de l'État de droit ici, et encore faut-il que le respect soit réciproque, que le respect puisse également s'exprimer du côté du gouvernement canadien à l'endroit de trop nombreuses décisions de la Cour suprême, qui viennent justement renforcer la revendication actuelle des des Wet'suwet'en.

M. Laforest (Alain) : Donc, il y a encore une rivière qui vous sépare.

M. Picard (Ghislain) : Un fleuve. Il y a énormément de terrain à couvrir. Je pense qu'au-delà des excuses qui sont prononcées de façon périodique, il y a les gestes aussi qui sont à poser. C'est vrai pour la situation qui nous préoccupe ce matin comme c'est vrai pour la situation qui est à l'autre bout du pays, mais qui a également des incidences ici, comme on le sait, parce que ce qui se passe en B.C. pourrait très bien se passer n'importe où au Québec aujourd'hui.

M. Laforest (Alain) : Le blocus, vous le cautionnez?

M. Picard (Ghislain) :Tout à fait, oui. Écoutez, ça prend malheureusement, malheureusement, des rappels à l'ordre de temps à autre, et c'est... Écoutez, les peuples que nous représentons vivent dans l'adversité, sont confortables dans l'adversité parce qu'on dirait qu'il y a toujours un retour à cette triste réalité là, de temps à autre, pour... On souhaite toujours que les gouvernements soient rappelés à l'ordre sur leurs obligations.

Mme Richer (Jocelyne) : Oui, bonjour. Jocelyne Richer, LaPresse canadienne. Pour M. Picard, aussi : Est-ce que vous craignez que la situation se dégrade encore ou si vous anticipez une solution à court terme? Comment vous voyez la suite des choses?

M. Picard (Ghislain) : Bien, la première condition, c'est que ça prend du courage politique. Il y a des premiers ministres, notamment celui de la Colombie-Britannique, M. Horgan, qui en a fait une belle démonstration, se disant disposé à rencontrer les chefs héréditaires de la nation wet'suwet'en. Et donc on va garder espoir qu'il puisse y avoir un terrain d'entente.

Et ce qui est entendu, et ce que j'entends aujourd'hui, c'est que, bon, encore une fois, on met les nations autochtones au pied du mur en disant que les nations autochtones doivent se compromettre, mais ce n'est pas vraiment dans la mentalité des nations qui sont directement touchées ni dans les nations qui les appuient aujourd'hui.

Donc, on va souhaiter qu'il puisse y avoir, quelque part, une porte de sortie, mais il faudra comprendre qu'il y a une vigilance extrême du côté des Wet'suwet'en comme des nations qui les appuient, et il faudra qu'on aille au-delà de la sincérité des paroles.

Mme Richer (Jocelyne) : Est-ce que ce serait une erreur de demander à la police d'intervenir pour faire appliquer les injonctions?

M. Picard (Ghislain) : Excusez-moi, je n'ai pas compris.

Mme Richer (Jocelyne) : Est-ce que ce serait une erreur politique de demander à la police d'intervenir pour appliquer les injonctions?

M. Picard (Ghislain) : Bien, tout à fait. Écoutez, cette année, en 2020, c'est 30 ans depuis la crise d'Oka. On sait comment on peut également faciliter et encourager l'escalade. Et, dans ce cas-ci, s'il y a une intervention forcée, qui n'est d'ailleurs pas encouragée par le premier ministre du Québec, c'est très possible que ça puisse dégénérer parce qu'aujourd'hui la mobilisation est telle qu'il y a des gestes qui sont posés un peu partout à travers le pays. Je doute qu'il y ait un recul à ce stade-ci, à moins qu'il y ait vraiment une démonstration politique d'une volonté d'aller vers des solutions qui seront acceptables.

Mme Richer (Jocelyne) : Est-ce que, selon vous, le premier ministre Trudeau est le seul intervenant politique qui a l'ascendant nécessaire pour trouver une solution à cette impasse?

M. Picard (Ghislain) : C'est tous les gouvernements.

Mme Richer (Jocelyne) : Tous les gouvernements.

M. Picard (Ghislain) : Il n'appartient pas uniquement au gouvernement fédéral. Je sais que, depuis trois jours maintenant, tout le monde se lance la balle, mais c'est une responsabilité qui est collective à tous les gouvernements provinciaux, territoriaux et le gouvernement fédéral.

M. Dion (Mathieu) : Bonjour. Mathieu Dion, de Radio-Canada. M. Picard, juste pour revenir là-dessus, M. Trudeau ne reviendra pas de son voyage pour faire partie des discussions là-dessus, est-ce que vous avez pleinement confiance en Mme Bennett pour mener la discussion et en arriver à une certaine entente?

M. Picard (Ghislain) : Bien, écoutez, c'est le premier, je dirais, test véritable pour la ministre, hein? On sait que Mme Bennett est devenue ministre responsable de la relation politique entre la couronne et les Premières Nations, les peuples autochtones. Donc, ça confirmait, à mon avis, l'intention du gouvernement fédéral de vraiment rendre un peu plus spécifique cet aspect-là de la relation politique. Moi, écoutez, je pense que c'est tout le gouvernement finalement qui est interpelé. Il ne faut pas diminuer ou chercher à négliger l'importance du dossier qui nous préoccupe actuellement.

C'est quand même assez ironique que M. Trudeau soit en campagne internationale pour essayer d'aller chercher un siège au niveau du Conseil de sécurité de l'ONU alors qu'au Canada, bien, on n'a même pas rien trouvé pour garantir la sécurité de milliers de femmes autochtones. Et c'est là que, des fois, là, entre ce que fait le gouvernement et ce qui se passe au niveau domestique, là, il n'y a pas de logique. Et c'est vrai aussi pour le dossier qui nous touche parce qu'encore une fois, là, dans ce cas-ci, la nation wetʼsuwetʼen, mais plusieurs autres nations se retrouvent confrontées à un vide politique en ce qui concerne les solutions à trouver pour, je dirais, des questions hautement préoccupantes liées au territoire et aux ressources, notamment.

M. Dion (Mathieu) : J'ai envie de vous poser la question parce que l'impact sur la population se fait de plus en sentir — on l'a vu dans les dernières heures avec Via Rail, qui annule ses voyages pour l'ensemble du Canada : Ne pensez-vous pas que ça va peut-être même nuire au message, de façon plus globale, des autochtones, dans les prochains mois, cette situation-là qui est utilisée aujourd'hui?

M. Picard (Ghislain) : Bien, écoutez, il faut sans doute faire la comparaison entre la légitimité des gestes qui sont posés aujourd'hui, et on a fait le même exercice, il y a 30 ans, avec Oka, et il y a quelque chose qui n'a jamais, jamais, jamais été remis en question, c'est la nécessité d'une solidarité des peuples autochtones envers les nations qui étaient au front à ce moment-là. C'est encore vrai aujourd'hui.

Et ce qu'il faut sans doute noter ici, et c'est extrêmement, extrêmement important, c'est que la mobilisation est encore beaucoup plus présente chez les jeunes autochtones qui ont déjà manifesté, je dirais, leur impatience par rapport à la lenteur des processus politiques, là, qui donnent très, très peu... pas assez de résultats probants. Donc, pour moi, là, c'est... On l'a vu avec Idle No More en 2012‑2013. Donc, c'est des mouvements qui sont beaucoup plus populaires à la base et qui, en plus, sont soutenus par les dirigeants du côté autochtone.

La Modératrice : On va passer en anglais.

Mme Fletcher (Raquel) : Can we just start with some of the opening statements? I don't know who went first, I think, Mr. Birnbaum, if you could just start with why we are here today, what you're pushing for.

Des voix : ...

Mme Fletcher (Raquel) : It doesn't matter, whoever wants to go first.

M. Birnbaum : Yes. You'll surely want to hear from the «grand chef» as well. You have, before you, families who've been touched by tragedies, and their tragedies are one of the key subjects in the two reports, both federal and provincial, that talk about access to services in an equitable fashion for our First Nations and Inuit communities.

And, one of the things they talk about, as one of the key injustices to be corrected, is simple access to information for families who've had children taken away from them, for families who might have lost children and still, many years later, don't know the full story.

This Government chose, in a rather quick and poorly organized fashion, to address this real priority through amendments in a law about pharmacies. What you have here today, and it's not the first time it's been expressed, is... Grand Chief of the Assembly of First Nations of Québec and Labrador, families of the Attikamek community directly concerned, you also have «la Protectrice du citoyen», you have all three parties of the opposition at the National Assembly noting very clearly that this is the wrong way to go.

We had, at my request, a two hour debate with the Minister responsible for Indigenous Affairs this morning, and this subject, which is so central to the notion of nation to nation discussions and moving forward in meaningful dialogue, that it's absolutely the right place to have things done correctly. And you have all the key players, most centrally the families, telling the minister and thus telling the Premier of Québec that you are not doing this in a proper fashion and that there is a clear and evident solution, which is to remove these amendments, deposit a law, a bill designated to deal with this specific situation, go through the proper process of consultation with the families, with experts, with partners in this National Assembly involved, and come to a dignified, meaningful and effective solution.

So, you have a first test, here. Extremely disappointed that the minister basically said no, not only to the Official Opposition, but to the Grand Chief and the families today. It's not too late. We expect, in the coming days, and hope, in the coming days that the Premier of Québec, in what he prides himself as his pragmatic fashion, will understand that there's a solution available, and that is to immediately remove these amendments and deal with this serious, profoundly humane problem in a humane and effective fashion.

Mme Fletcher (Raquel) : Can we hear from some of the families? I know, Mr. Picard, you want to speak, so I don't know who wants to go first.

M. Picard (Ghislain) : Well, I think Mr. Birnbaum has said probably everything that needs to be said about, you know, the reason why we're here this morning along with the families. And again, as we've seen too many times in the past, we're sort of caught in a situation where, you know, we're being informed at the eleventh hour that there's a process currently taking place. And thankfully, in this case, we were informed by the opposition, we're very appreciative that… the fact that, you know, they rang the bell and said : Well, maybe it's something that would be of interest to First Nations. So, and I take you back to December, just the last few days and few weeks before the recess, before the holidays, and, if it hadn't been for the opposition, you know, we wouldn't have been aware of what was going on, so... And, again, preventing us from adequately consulting with the families, which is something that we took the time to do. And, based on those consultations, the families said : Well, the Government is missing the point.

You know, to be an accessory to a bill like 31, which has nothing to do with, you know, the drama and the emotions that they have gone through, and the tragedies, you know, it's totally inadequate. So, the families said : What we want... And this is supported, by the way, by Mme Rinfret, who is the Protectrice du citoyen, who stated in a letter, on December 20th to Minister... the ministers responsible, including Mme D'Amours, that it's totally unacceptable. And the Government must seriously consider a specific bill to address the issues of these families.

So, we're just in support of what has been expressed to us, which is very, you know… more than logical that, you know, the Government should be proceeding in this manner. And, you know, the first and foremost condition is the dignity for these families and the situations that they've lived. So, that's where we're at, and what I would add as well is, you know, a specific bill would give us the opportunity to address the shortcomings of the amendments as suggested in Bill 31.

Mme Fletcher (Raquel) : Do you, any of the families, speak English?

M. Picard (Ghislain) : Non.

Mme Fletcher (Raquel) : No? In French, then?

Une voix : I would say something after, if you want.

Mme Fletcher (Raquel) : OK. Is there a spokesperson I... Je peux poser mes questions en français si quelqu'un veut répondre.

Une voix : ...elle peut poser ses questions en français.

M. Niquay (Pierre-Paul) : Un bon français, s'il vous plaît.

Mme Fletcher (Raquel) : O.K., parfait. Pouvez-vous juste vous présenter pour les caméras?

M. Niquay (Pierre-Paul) : Pierre-Paul Niquay, de la nation attikamek, membre du regroupement des familles attikameks ayant des enfants disparus.

Mme Fletcher (Raquel) : Et madame?

Mme Dubé (Thérèse) : Thérèse Dubé de Manawan. Je fais partie de la famille des enfants disparus.

Mme Fletcher (Raquel) : Peut-être vous pouvez commencer par parler de vos histoires personnelles, puis pourquoi vous êtes ici aujourd'hui.

M. Niquay (Pierre-Paul) : Pourquoi...

Mme Fletcher (Raquel) : Pourquoi vous êtes ici aujourd'hui?

M. Niquay (Pierre-Paul) : O.K. Dans notre famille, il y a... j'ai deux frères, un qui était né en 1959, l'autre... non, en 1957, l'autre en 1958. Les deux, à des moments différents, ont été évacués vers un service... bien, c'est un centre hospitalier. Quelques jours, à peine quelques semaines plus tard, on a informé mes parents que les enfants étaient décédés. Ils n'ont jamais pu voir le corps ni le cercueil. Et aujourd'hui, on veut connaître la vérité. Est-ce qu'il y a eu réellement décès? Et j'ai eu des certificats de sépulture. Toutefois, on m'a écrit une lettre me disant qu'il était impossible d'identifier le lieu exact où ils auraient été inhumés.

Ce n'est pas facile à le vivre, mais je garde espoir qu'aidé d'autres familles, des chefs, des assemblées des chefs et des gouvernements... Tu sais, je demande simplement, tu sais, de la bonne volonté, du coeur pour qu'on puisse connaître la vérité. On a le droit de connaître la vérité sur où est... Puis je ne suis pas... On a plusieurs familles qui sont dans des situations presque semblables, là, mais classiques : les enfants sont évacués vers des centres hospitaliers; ensuite de ça, on annonce aux parents que leur enfant est décédé; ils n'ont pas vu le corps, pas vu de cercueil. Quelques familles ont reçu des certificats de décès, des actes de décès, mais on remet en doute parce que ça soulève trop de questions. Donc...

Mme Dubé (Thérèse) : Je vais vous montrer la photo de mes parents quand Violetta est née. Puis aujourd'hui, c'est la photo de ma mère âgée de 87 ans maintenant. Et moi, je voudrais vous dire que je suis ici parce que nous avons perdu aussi ma soeur suite à sa naissance. Nous avons eu des certificats, des papiers de l'hôpital, mais il y a les codes qu'on ne comprend pas encore, les codes de diagnostic. On voulait... On veut aller plus loin, on veut trouver la vérité. Puis ma mère est avec nous autres. Elle ne pouvait pas être présente ici, parce qu'elle est malade, et nous voulons l'aider à trouver la vérité.

Puis, comme je disais tantôt, mon souhait le plus... Bien, ce que je veux, ce qu'on veut, c'est que nos dirigeants nous aident. On veut que Mme D'Amours travaille avec nos dirigeants. On veut que la loi n° 31 change, on ne veut pas la loi comme telle, qui est écrite sur papier. C'est pour ça que je suis venue ici pour appuyer les familles ayant des enfants disparus. «Meegwetch».

Mme Fletcher (Raquel) : Merci beaucoup.

Journaliste : «Meegwetch». Merci beaucoup d'avoir partagé ça avec nous. Je ne sais pas, M. Niquay, Mme Dubé, si vous voulez juste nous dire leurs noms, le nom de votre soeur puis le nom... c'était un frère ou deux frères, pardon?

M. Niquay (Pierre-Paul) : Un frère, 1957, Paul-Émile Niquay, et 1958, Joseph-Jean Antonio. Puis je vais rajouter quelque chose. Dans ces années-là, naître avec un petit handicap physique pouvait nous mener vers des hôpitaux, là, pour des enfants qui avaient des besoins spéciaux. Je suis né avec un pied bot puis, quand j'y pense, là, aujourd'hui, je tremble parce peut-être que j'e n'aurais pas été ici, devant vous, pour témoigner, accompagner les autres familles. Heureusement, il y a eu un bon médecin, on a eu un bon hôpital et mes parents m'ont visité régulièrement parce qu'ils avaient déjà perdu deux enfants. Donc, Dieu merci, je suis presque normal, mais j'ai un pied bot qui est parfois douloureux, là, mais beaucoup moins douloureux que la perte des deux frères, là.

Mme Dubé (Thérèse) : Violetta, ma soeur, elle a été baptisée à l'Hôpital d'Amos au nom de Violetta Dubé. Les certificats que nous avons reçus disaient que mes parents étaient présents, alors que c'était faux.

Journaliste : Est-ce que je peux vous demander... Je ne sais pas, j'imagine, peut-être que vous avez livré vos témoignages pendant la commission fédérale. Quel genre de suivi ou quel genre d'accompagnement vous avez eu du gouvernement du Québec depuis ce temps-là pour peut-être vous aider justement à retrouver ces documents-là?

Mme Dubé (Thérèse) : Nous n'avons pas reçu encore d'aide, d'accompagnement. Nous y avons été par nous-mêmes avec l'aide des enfants... Je ne sais pas comment qu'on appelle ça, mais c'est avec la famille des enfants disparus, là, Québec, je ne sais pas exactement le nom. C'est eux autres qui nous ont aidés à nous déplacer pour aller faire nos recherches nous autres mêmes.

Journaliste : Puis ce matin, la ministre D'Amours a dit qu'elle faisait ça, elle voulait ajouter cet amendement-là pour que ça aille plus vite, pour que vous puissiez avoir des réponses plus vite. Qu'est-ce que vous pensez de cet argument-là?

M. Niquay (Pierre-Paul) : Très vertueux comme argument. On ne peut rien contre. Toutefois, on aurait souhaité être informés puis être consultés, et c'est ce qu'on souhaite toujours. Puis avoir l'accompagnement de nos leaders. Ils ont beaucoup de... C'est des anciens routiers. Ils connaissent bien les rouages des gouvernements et ils ont de la sagesse et beaucoup de patience; parfois, on dit un peu trop.

Donc, vous posiez la question : Quel accompagnement qu'on a reçu de Québec? Évidemment, il y a eu l'unité québécoise de liaison à l'intention des familles qui avait été mise en place. Les argents viennent du ministère de la Justice du Canada, qui ont été donnés au ministère de la Justice du Québec. Et l'UQLIF, il fait le lien avec les familles. L'UQLIF a été appelée à communiquer, donner des renseignements, là, sur les... ce qui avait pu être recueilli lors de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Mais l'accompagnement, on en a eu plus de l'enquête nationale. Ça, ça a été fort apprécié et ça a été fort salutaire.

Et aujourd'hui, on n'a presque pas de ressources, puis on aurait besoin... on est fatigués et on aurait besoin d'un accompagnement juridique. Et vous savez combien ils sont onéreux, les frais juridiques, les frais d'avocat. Et il le faut, tu sais, ce sont des professionnels. Évidemment, là, on va avoir besoin des médecins qui sont retraités qui connaissent les anciennes cotes de diagnostics.

La Modératrice : Merci beaucoup. On vous demanderait peut-être de faire des suivis individuels pour clore le point de presse. Ça va faire plaisir aux familles de vous parler. Puis merci beaucoup.

Journaliste : Oui, je vais avoir des questions en anglais pour M. Birnbaum et...

M. Flamand (Réginald) : Moi, j'aurais quelque chose à ajouter. Dernièrement, lors d'une... ils appellent ça un dialogue pour la vie, c'est une conférence destinée aux gens, tu sais, pour la prévention du suicide. Puis les gens de la communauté de Manawan ont quand même trouvé une personne qui ressemblait beaucoup à un de nos... d'un membre de notre famille. Donc, on s'est approché de lui, on lui a posé la question : Quel est ton nom? Parce qu'il y avait une ressemblance frappante d'un de mes cousins. Donc, ma mère, ici, à côté, puis ma tante en arrière me disaient, l'autre fois, qu'elle avait perdu le frère de ma mère, du nom de Maxime Ottawa. Puis il est né le 31... 1954... oui, 1954, je crois, un mois de février ou bien un mois de janvier...

Une voix : Janvier.

M. Flamand (Réginald) : Janvier. Et donc on a fait passer un test d'ADN avec le médico-légal de la SQ. Ça s'est avéré négatif. Mais nous, dans notre impression, je crois qu'il y avait une concordance dans les dates de naissance puis dans le certificat que M. Rich aurait reçu. Son nom, c'est Andrew Rich maintenant, il habite à Sheshatshit, au Labrador. Je ne sais pas s'il avait été déplacé par train à partir d'ici, de Québec, jusque là-bas. Donc, on s'est dit : C'est notre oncle, parce que tout... juste l'approche avec lui, c'était vraiment frappant, là, tu sais, c'était vraiment touchant aussi, tu sais, contact humain, là, et il y avait une connexion, là, vraiment, là. Et, lorsqu'on a eu la réponse, tout le monde était déçu, mais on va le refaire encore parce qu'on ne sait pas ce qui s'est passé avec, tu sais, tout ce qui se passe, tu sais. Dans chaque pays, tu sais, il y a des... on ne veut pas mettre à terre quelqu'un qui est déjà debout, donc, mais nous autres, ce qu'on veut faire, c'est vraiment revérifier avec le monsieur, recommencer les tests d'ADN. Merci.

La Modératrice : C'est quoi votre nom, monsieur?

M. Flamand (Réginald) : Mon nom est Réginald Flamand. Ma mère s'appelle Cécile Ottawa Flamand, Cécile Jacqueline Flamand Ottawa.

La Modératrice : Merci beaucoup.

Mme Fletcher (Raquel) : Can we just... in English, on the blockades, quickly?

La Modératrice : OK. Really quickly, please.

Mme Fletcher (Raquel) : OK, yes. M. Picard, do you think...

M. Picard (Ghislain) : Do I support? Yes.

Mme Fletcher (Raquel) : What is a... Do you think there is a peaceful way to end these blockades?

M. Picard (Ghislain) : Well, to me, you know, it's all in the hands of all parties involved, you know, as much our side, and it is true for governments as well. And, I've been hearing, over the last three days, you know, just this back and forth between the provinces and the federal government. To me, it's a responsibility for all because it is more than a regional issue, as some premiers have stated.

You know, the Wet'suwet'en is just a reflection of many other situations across the country, especially true for B.C. and Québec because, from a geopolitical point of view, the two provinces are the same when it comes to land and resources. So, to me, it just... I think, somewhere, governments should have been aware that there was a potential for this to happen. And, you know, why wait for it? I think that's the question that needs to be addressed, and, for me, governments... you know, nobody will deny that Mr. Trudeau has, you know, done well on many fronts, including, you know, the water issue, and, you know, boiling advisory in many communities, but there is still, I guess, many situations that need to be addressed, even on the water front, but where they have really sort of loss ground, it's in terms of addressing these very outstanding and key issues regarding lands and resources.

You know, we have wall-to-wall Supreme Court decisions for the last 50 years when it comes to lands, resources and aboriginal title, but yet we seem to be caught up in a situation where the courts will say : Well, this is what we see. Yes, there is aboriginal title, but, at the end of the day, they say : Well, people, the parties should go back to the table. So it's like a... it becomes a vicious cycle and that's what needs to be addressed.

So, to me, Wetʼsuwetʼen will have their own internal discussions as to how they want to see this situation end, but I think the governments as well. We have to look at themselves in the mirror and say : Well, where have we failed? Where can we do better, in terms of a process that would be fair and just for indigenous people?

Mme Fletcher (Raquel) : Are you personally involved or have you been asked to help?

M. Picard (Ghislain) : No, no. As I said, it really… it's a Wetʼsuwetʼen issue, we respect that, we respect their authority and they'll have their discussions, and I understand the clans have already agreed to meet, and then the next step would be a meeting with Premier Horgan.

Mme Fletcher (Raquel) : Merci beaucoup, tout le monde.

La Modératrice : Merci beaucoup.

(Fin à 13 h 52)

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