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Point de presse de M. Simon Jolin-Barrette, leader parlementaire du gouvernement, M. Marc Tanguay, leader parlementaire de l’opposition officielle, M. Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire du deuxième groupe d’opposition et M. Martin Ouellet, leader parlementaire du troisième groupe d’opposition

Version finale

Le mardi 17 mars 2020, 8 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures trente-deux minutes)

M. Jolin-Barrette : Alors, bonjour à tous. Aujourd'hui, je suis accompagné des leaders des groupes d'opposition. Dans un premier temps, on souhaite vous informer que l'Assemblée nationale va être suspendue jusqu'au 21 avril, de façon à faire en sorte qu'on puisse se concentrer pour limiter la propagation du COVID-19. Donc, c'était important pour les parlementaires de donner l'exemple et de suivre les consignes qui ont été données par le président du Conseil du trésor et par le gouvernement, de faire en sorte le plus possible d'éviter les contacts et de travailler à partir de la maison.

Il y a un autre élément qui est important pour les parlementaires, c'est qu'ils doivent être disponibles pour leur population dans chacune de leur circonscription. Vous savez, les 125 élus de l'Assemblée nationale sont là pour accompagner, aider, répondre aux questions de leurs concitoyens. Alors, ils seront disponibles, que ce soit par téléphone ou par courriel, dans leur circonscription.

On s'est entendu aujourd'hui pour suspendre les travaux parlementaires jusqu'au 21 avril, en adoptant certains éléments essentiels pour les prochains jours, notamment l'adoption des crédits supplémentaires à hauteur de 2,6 milliards. Ça, c'est de l'argent qui va pouvoir être décaissé à court terme pour les différentes mesures du gouvernement d'ici le 31 mars prochain. On a besoin de cet argent-là pour notamment payer les garderies, faire en sorte de donner les salaires dans le réseau de la santé, alors toute mesure rapide. Également, on s'est entendus pour adopter le budget relativement... pour la stabilité économique. On reviendra fort probablement avec une mise à jour économique au cours des prochains jours.

On va adopter également le projet de loi n° 31, qui était rendu à l'adoption finale, qui permet aux pharmaciens de faire davantage d'actes. Dans le cadre du COVID-19, c'est important que les pharmaciens soient outillés avec les pouvoirs nécessaires pour pouvoir réaliser certains actes. Le projet de loi n° 43, également, sur les infirmières praticiennes, qui leur donne également certains pouvoirs aussi qui vont être utiles lors de la pandémie; ainsi que le projet de loi n° 41, qui est un omnibus budgétaire, qui a plusieurs mesures en matière d'investissement; et le projet de loi n° 48 sur les taxes foncières agricoles, qui avait une nécessité d'être adopté avant une certaine date pour que ça puisse rentrer en vigueur.

Alors, vous avez vu, le gouvernement propose une gradation des mesures en matière de santé publique. On demande à la population de les respecter et de les appliquer également aux voyageurs qui arrivent. Le gouvernement et l'ensemble des parlementaires québécois prennent la situation très au sérieux. On déploie toutes les mesures. Et d'ailleurs je tiens à remercier l'ensemble de mes collègues leaders parlementaires, les députés des oppositions également, ceux du gouvernement aussi, mais pour leur grande collaboration la fin de semaine dernière et hier. On a réussi à s'entendre, et je crois que ça démontre tout le professionnalisme qu'ils exercent dans leur cadre de leurs fonctions. Et surtout je les remercie parce que, dans une situation comme celle-ci, le Parlement doit pouvoir fonctionner et s'entendre, ce que nous avons fait hier. Alors, je leur dis un grand merci, et ils ont été à la hauteur de leurs fonctions, et je tiens à les remercier sincèrement. Merci.

M. Tanguay : Merci. Alors, rapidement, je n'ai pas l'intention de faire une longue déclaration. Je fais miens tous les propos prononcés par le leader du gouvernement. Dans le contexte actuel, situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles.

Je tiens, moi également, à saluer et à remercier mes collègues les trois leaders. Nous avons eu l'occasion d'avoir quand même plusieurs échanges, qui nous a menés aujourd'hui à ce qui sera une procédure qui est, je pense, tout à fait adaptée et nécessaire à la situation. L'important pour nous, de l'opposition officielle, était de donner à notre gouvernement tous les moyens, les outils, tant pour les employés de l'État, mais également les ressources financières, les coudées franches pour faire face à cette situation.

Alors, bien évidemment, ça a nécessité des compromis de part et d'autre. Je tiens donc à remercier et saluer mes trois collègues, et c'est en ce sens-là que, ce matin, nous allons travailler, vous le voyez, à l'Assemblée nationale, nous allons travailler à effectifs réduits tant au niveau du personnel qu'au niveau des députés, de manière à assumer et à assurer le quorum. Il y aura des échanges qui nous permettront, donc, de parler quelques instants sur le budget, sur les mesures budgétaires et sur les mesures de santé, mais je suis, honnêtement, particulièrement fier ce matin d'être dans l'action, de pouvoir participer. Et nous, comme députés, on a un devoir d'exemplarité, exemplarité par le comportement que l'on a devant vous aujourd'hui, unis devant cette adversité, et faire en sorte également... d'exemplarité... d'être prêt de nos gens, disponibles et faire en sorte que l'on puisse répondre aux besoins de la population. C'est ce qu'on fait ce matin. Alors, voilà, merci beaucoup.

M. Nadeau-Dubois : Bien, à mon tour de, d'abord, remercier les trois autres leaders parlementaires à l'Assemblée nationale. Nous avons travaillé pas mal toute la journée hier, les quatre, ensemble, pour arriver à ce plan de match, un plan de match qui va permettre au gouvernement d'avoir tous les fonds nécessaires, tous les outils nécessaires pour faire face à la crise. Je veux les remercier, les saluer de ce travail-là. Je trouve qu'on a très bien travaillé ensemble, et c'est une belle démonstration de la force de la démocratie québécoise.

La force d'une démocratie, on ne la mesure pas dans les temps où ça va bien, on la mesure dans les temps où il y a des défis, dans les temps difficiles, et le fait que l'ensemble des partis politiques se soient entendus aussi rapidement pour suspendre les travaux de l'Assemblée, pour adopter en bloc une série de mesures qui vont aider le gouvernement, ça démontre, je pense, la force et la santé de la démocratie québécoise. Je pense qu'on est fiers, les quatre, d'être ici devant vous aujourd'hui, et je pense que les Québécois et les Québécoises ont raison d'être fiers aujourd'hui de leur Assemblée nationale qui s'unit et qui travaille ensemble.

La raison pour laquelle on suspend l'Assemblée nationale, ce n'est pas pour faire peur au monde, c'est pour donner l'exemple. C'est pour faire la démonstration, par nos gestes, que, quand la Santé publique donne des directives, ce n'est pas optionnel, qu'il faut les respecter, et c'est ce que l'Assemblée va faire en suspendant ses travaux jusqu'au 21 avril. Aujourd'hui, les quatre partis politiques sont unis dans un même objectif, celui de mener la bataille contre la pandémie, et j'espère que c'est un présage du comportement qu'auront les Québécois et les Québécoises eux-mêmes dans les prochaines semaines. On s'attend à ce que les Québécois et les Québécoises aussi soient unis dans cette bataille-là. Merci.

M. Ouellet : Donc, à mon tour de prendre la parole. Je vais faire écho à mes collègues leaders. Effectivement, on a travaillé beaucoup en collaboration ces derniers temps, même très tardivement hier soir, pour arriver à une entente, ce matin, qui permet au gouvernement d'avoir, entre les mains, les moyens d'agir au nom de l'État du Québec, les moyens financiers, mais les moyens humains aussi pour faire face à cette pandémie.

Évidemment, Simon, tout à l'heure, a fait état des projets de loi qui seront adoptés, des sommes qui seront affectées, de quelle façon le gouvernement du Québec aura entre ses mains les moyens de faire face à cette pandémie, mais je tiens à souligner, et c'est important pour le Parti québécois de démontrer notre immense collaboration pour la suite des choses.

Donc, à l'intérieur de la motion, ce matin, qui sera déposée, vous allez voir aussi qu'on a insisté pour que le gouvernement travaille avec les 125 députés. Donc, à l'intérieur de la motion, vous allez voir qu'il y aura des mécanismes pour s'assurer que l'information issue du gouvernement soit diffusée rapidement, de l'information fiable, et qu'on puisse déjà, dans les 125 circonscriptions, être des relais d'information pour s'assurer de participer tous à cet effort pour faire face à la pandémie.

La deuxième chose qu'on a fait inscrire, le premier ministre avait déjà commencé à le faire, c'est-à-dire de tenir des rencontres avec les autres chefs des oppositions. On a demandé, à savoir, que ça continue. C'est important que le premier ministre puisse échanger avec les chefs d'opposition pour nous donner un peu l'agenda et nous donner un peu la suite des actions.

Donc, le Parti québécois est heureux d'avoir participé à cet effort de collaboration. Ensemble, en solidarité et en humanité, j'invite les Québécois et Québécoises à adopter toutes les mesures que le gouvernement mettra de l'avant pour nous sécuriser, oui, mais pour faire face à cette crise. Merci.

Le Modérateur : M. Bovet.

M. Bovet (Sébastien) : Bonjour, messieurs. M. Jolin-Barrette ou d'autres leaders, qu'est-ce qui se serait passé, en particulier sur les crédits du gouvernement, qu'est-ce qui se serait passé si jamais vous n'aviez pas adopté les crédits provisoires jusqu'au mois de septembre? Qu'est-ce que ça aurait eu comme effet sur les activités du gouvernement?

M. Jolin-Barrette : En fait, la semaine dernière lorsqu'on a déposé le budget, les règles font en sorte qu'on adopte le quart des crédits budgétaires, donc ça nous permet de fonctionner en fonction d'un certain nombre de mois.

Ce qu'on a fait, ce qui était prioritaire aussi présentement, c'est pour l'année 2019‑2020 qui se termine le 31 mars, c'était les crédits supplémentaires, qui est de l'argent qui est disponible maintenant et qui permet d'investir directement dans l'économie. Donc, le président du Conseil du trésor avait annoncé 2,1 milliards la semaine dernière. Ce matin, on rajoute 500 millions qui vont être décaissés dès cette semaine, en fait dès le 31 mars prochain, qui répondent au besoin de liquidités du gouvernement du Québec. Alors, cette écriture-là va permettre de dépenser l'argent tout de suite.

Pour ce qui est des crédits réguliers, nous reviendrons plus tard, en avril ou en mai, pour permettre à l'État d'avoir 100 % de son budget. Actuellement, on fonctionne avec 25 % plus les crédits supplémentaires. Cela étant dit, la Loi sur l'administration publique permet au gouvernement, par le biais de l'article 51, d'autoriser certaines dépenses, et, si nécessité il y a, nous utiliserons l'article 51, si l'Assemblée était suspendue au-delà.

M. Bovet (Sébastien) : Vous ouvrez la porte à ma prochaine question. Jusqu'à maintenant, c'est suspendu jusqu'au 21 avril. Est-ce que vous contemplez la possibilité d'ajourner jusqu'au mois de septembre, plus longtemps, finalement, que le 21 avril?

M. Jolin-Barrette : À ce stade-ci, non. Nous reprendrons nos travaux le 21 avril. Par contre, nous avons prévu, dans la disposition, une mécanique qui fait en sorte que, sur l'avis des quatre leaders conjointement, nous pourrions aviser le président de l'Assemblée nationale de suspendre, pour une période plus longue que le 21 avril, l'Assemblée nationale.

À ce stade-ci, on n'en est pas là. On a décidé de prendre quelques semaines, justement, pour s'assurer de donner l'exemple, que les gens travaillent de la maison, que les députés aussi soient disponibles sur le terrain, dans leur comté, dans leur circonscription, pour gérer cette crise-là, notamment être en relation avec leurs concitoyens. Alors, ce qui est prévu maintenant, c'est de revenir le 21 avril.

M. Laforest (Alain) : Bonjour, messieurs. J'aurai une question. Vous m'excuserez, M. Jolin-Barrette, je vais la poser aux oppositions, qu'on n'a pas entendues beaucoup. Quelle est, pour vous, la priorité du gouvernement pour les prochaines semaines?

M. Tanguay : Je pense qu'honnêtement la réaction du gouvernement est très bonne. La priorité du gouvernement, évidemment, c'est de faire en sorte de s'occuper de notre monde, faire en sorte que les gens soient renseignés, de faire en sorte également qu'il y ait un plan sur place. Et on entend beaucoup parler, entre autres, oui, le premier ministre, M. Arruda également, qu'on a découvert, qui est rassurant, qui a un plan de match, et faire en sorte que, de façon responsable, tout un chacun, et nous y participons, ait un devoir d'exemplarité en donnant l'exemple, le pourquoi de la suspension des travaux jusqu'au 21 avril.

Alors, pour répondre à votre question, je pense que, honnêtement, c'est de continuer à bien répondre aux questions des citoyens, de mettre en place les mesures qui seront le gage de notre succès, à savoir, la diminution des cas et faire en sorte que les soins soient apportés dans les meilleures conditions. Alors, voilà la priorité.

M. Nadeau-Dubois : Je pense que la priorité, jusqu'à maintenant, elle a été claire, ça a été la santé publique et ça doit rester la priorité de toutes les priorités. Cependant, juste en dessous, il doit y avoir, selon Québec solidaire, la sécurité économique des gens. Il va y avoir des mesures d'aide aux entreprises, et c'est bien. Nous, on souhaite que personne ne soit oublié dans les mesures qui vont être annoncées dans les prochains jours, qu'on parle des travailleurs autonomes, qu'on parle des plus vulnérables, qu'on parle des travailleurs, travailleuses dans le secteur communautaire, dans le secteur de la culture. Il y a énormément de gens qui vont voir leurs revenus diminuer dans les prochaines semaines. Le gouvernement doit leur venir en aide. Le gouvernement nous dit qu'il travaille là-dessus, et c'est une très bonne chose.

On va être là pour collaborer, on va être là pour donner nos idées. Mais donc, pour Québec solidaire, juste en dessous de la santé publique, c'est la question de la sécurité économique, l'appui financier à beaucoup de nos concitoyens, concitoyennes qui vont vivre les conséquences économiques de cette crise-là.

M. Ouellet : Je serai très bref. Je suis d'accord avec le leader du PLQ et de Québec solidaire, la santé publique demeure la première priorité. La sécurité économique demeure aussi une priorité sous-adjacente. On s'attend de notre premier ministre que l'information soit disponible et accessible à tous. C'est ce qui va faire la différence dans le degré des mesures qui seront annoncées prochainement. Donc, ce qu'on s'attend, c'est qu'on continue de travailler de la même façon. M. Arruda fait un travail exceptionnel de santé publique en expliquant les causes, mais aussi en ordonnant des gestes à poser.

Donc, on s'attend à ce que le gouvernement continue dans la même lignée, et assurément, pour le Parti québécois, nous serons avec le gouvernement pour s'assurer que ces mesures, lorsqu'elles sont adoptées, répondent et, s'il faut les modifier, on sera les relais des préoccupations des travailleurs, des entreprises, des citoyens pour y apporter rapidement des modifications. Merci.

Mme Crête (Mylène) : Oui. Moi, je voulais savoir... à Ottawa, la période de suspension des travaux a été déterminée parce qu'il y avait trois semaines de relâche parlementaire plus, bon, 14 jours d'isolement. Donc, comment est-ce que vous avez déterminé la durée de la suspension ici, à Québec?

M. Jolin-Barrette : Bien, en fait, vous savez, d'ici la période de suspension des travaux, il y a une semaine de circonscription qui est prévue autour, là, du 11 avril, donc la semaine de Pâques. Donc, d'ici là, il y avait trois semaines. Donc, on suspend, dans le fond, jusqu'au 9, plus la semaine de circonscription.

C'est un délai qui est raisonnable, parce qu'au cours des deux prochaines semaines, on demande aux gens de travailler de la maison, tout ça, et on veut que les députés soient présents dans leurs circonscriptions. Alors, c'est pour ça qu'on a fixé ça. Il y a toujours un mécanisme de... Enfin, on revient le 21 avril, à moins qu'on s'entende tous les quatre. Si la Santé publique requiert qu'il y ait des mesures qui soient, on prendra les actions en conséquence.

M. Lavallée (Hugo) : Oui, bonjour à tous. J'aimerais vous entendre sur la décision du gouvernement fédéral de laisser la frontière ouverte aux Américains. On a entendu...

M. Jolin-Barrette : Là-dessus, M. Lavallée, aujourd'hui, on fait un point de presse sur les travaux parlementaires. Pour toute...

M. Lavallée (Hugo) : Mais j'aimerais entendre les oppositions...

M. Jolin-Barrette : Non, mais sur toute question associée à cela aujourd'hui... Le point de presse est pour les travaux parlementaires. Alors, vous pourrez poser vos questions aux oppositions dans un autre forum.

M. Nadeau-Dubois : Puis on sera disponibles pour y répondre. C'est juste que ce matin, ce n'est pas l'objectif.

M. Bergeron (Patrice) : Patrice Bergeron, La Presse canadienne. Bonjour à vous tous. Vous avez dit que vous avez dû faire des compromis. Quels sont les compromis que vous avez dû faire?

M. Jolin-Barrette : Vous savez, l'entente que nous avons, c'est une entente qui est satisfaisante de part et d'autre. Les oppositions ont très bien compris l'urgence et la nécessité d'adopter certains projets de loi, notamment celui sur les infirmières, celui sur les pharmaciens, les questions budgétaires aussi, d'avoir 2,6 milliards disponibles. Alors, on s'est entendus sur l'essentiel, et je les remercie pour leur compréhension et leur collaboration là-dedans.

M. Bergeron (Patrice) : Juste une question technique. L'article 51, est-ce que ça vous permettrait, par exemple, de débloquer des crédits pour un ministère pour lequel on n'avait pas prévu de débloquer des crédits ou...

M. Jolin-Barrette : En fait, l'article 51 est assez large. Ça permet à l'État québécois d'agir en situation de crise. Mais, vous avez vu, on a ordonné l'urgence sanitaire qui donne des pouvoirs particuliers à la ministre de la Santé, notamment la semaine dernière, justement pour faire en sorte qu'elle puisse dépenser des sommes pour répondre à cette urgence-là.

Alors, on a ce mécanisme-là actuellement et on n'utilise pas encore l'article 51. On a le 2,6 milliards pour l'instant. Alors, ça fait partie des différentes mesures que nous utilisons présentement.

M. Gagnon (Marc-André) : Question très brève pour les partis d'opposition, parce que le temps file, là. Vous avez parlé de compromis. Avez-vous des exemples de compromis?

M. Tanguay : Bien, je pense que... Honnêtement, je pense que la réponse du leader du gouvernement est très bonne. Je pense qu'il faut s'axer sur l'entente qui est là ce matin, tel qu'il a été énuméré par Simon Jolin-Barrette.

Alors, je vous dirais que, très rapidement, sur les fondamentaux, là, il y a eu un commun accord. Maintenant, il s'agit d'une procédure... pas exceptionnelle, extraordinaire, et il a fallu discuter beaucoup également de l'aspect procédure.

Mais, sur le fond des choses, axons-nous sur ce sur quoi porte l'entente, puis c'est une bonne entente.

M. Nadeau-Dubois : Je peux peut-être ajouter... À partir du moment où les oppositions renoncent à utiliser leur droit de parole sur des projets de loi, en soi, c'est déjà un compromis. Donc, il y a ici un effort de tout le monde, un effort de tout le monde qui est tout à fait normal dans les circonstances, c'est-à-dire, on reconnaît qu'il y a une urgence et on agit en conséquence.

Souvent, les commentateurs, puis je pense aussi beaucoup de citoyens et de citoyennes, se disent : Ah! les politiciens, les députés, ça ne fait rien que se chicaner, ce monde-là. C'est vrai que ça nous arrive de nous chicaner. Là, aujourd'hui, on a la démonstration que, quand ça compte vraiment, on est capables de travailler ensemble, de mettre nos allégeances partisanes de côté puis de travailler pour le bien commun. Je pense que, ça aussi, c'est montrer l'exemple puis c'est envoyer le message que, dans les prochaines semaines, on s'attend aussi des Québécois puis des Québécoises à ce qu'ils mettent leurs différences de côté pour travailler ensemble dans un même objectif.

M. Ouellet : Peut-être juste pour terminer, l'exemple des discussions que nous avons eues, Gabriel en fait mention... Il n'y a plus de période de questions, il n'y a plus de rôle de contrôleur des oppositions, donc on met fin au budget. Il restait du temps de débat. Et donc le leader du gouvernement nous a proposé rapidement à ce que, lorsqu'il y aura la mise à jour économique, le temps qu'il nous restait pour débattre du budget serait débattu lors de la mise à jour économique et que nous aurions du temps aussi en commission parlementaire, un cinq heures, pour poser des questions sur cette mise à jour.

Donc, c'est le gens de compromis entre les droits des oppositions et la volonté du gouvernement d'avoir entre les mains les moyens de travailler. On a réussi à trouver un juste équilibre et, là-dessus, on est tous satisfaits. Merci.

Le Modérateur : Fanny.

Mme Lévesque (Fanny) : Dans les crédits qui vont être adoptés, est-ce qu'il y a déjà une enveloppe, est-ce qu'il y a déjà un crédit COVID-19 ou quelque chose vraiment dédié à la COVID spécifiquement?

M. Jolin-Barrette : Bien, en fait, dans le 2,6 milliards qui va être adopté aujourd'hui, ça faisait suite à des mesures qui avaient été annoncées au mois de novembre dernier, notamment, et qui a été... Et, dans le cadre de ces mesures-là, c'est de l'argent, beaucoup, qui retorunait dans les poches des Québécois pour donner de l'espace fiscal.

Mais notamment le président du Conseil du trésor a ajouté hier 500 millions de dollars qui est spécifiquement pour le COVID, pour répondre à toutes les dépenses de l'État québécois. Tout à l'heure, je vous disais, d'entrée de jeu, les garderies, vous savez, on ouvre les garderies, on paie les garderies pour tous les employés du réseau de la santé, services policiers, services incendies, même chose aussi pour les dépenses supplémentaires en matière de santé, on va pouvoir prendre ça là-dedans. Ça fait que, oui, les crédits supplémentaires, il y a un 500 millions qui a été injecté hier justement pour ça, et les autres mesures fiscales qui sont dans les crédits supplémentaires aussi vont servir à décaisser de l'argent dès maintenant pour stimuler l'économie puis répondre à certaines dépenses.

Mme Lévesque (Fanny) : Pour les projets de loi sur les pharmaciens, entre autres, comme vous disiez, là, à quel moment leurs pouvoirs vont être effectifs, par exemple, leurs nouveaux...

M. Jolin-Barrette : Pour les pharmaciens et les infirmières?

Mme Lévesque (Fanny) : Oui.

M. Jolin-Barrette : Bien, en fait, pour les pharmaciens et les infirmières, ça peut être assez rapidement. Il y a nécessité, parfois, dans certaines situations, d'avoir un cadre réglementaire, mais tout ça peut se faire en accéléré.

L'idée de ces deux projets de loi, c'est vraiment d'outiller l'ensemble des professionnels de la santé pour leur permettre de faire des actes précis aussi. Je vous donne un exemple : pour des suivis de grossesse, les infirmières pourraient le faire maintenant avec IPS. Alors, c'était vraiment important de les adopter.

M. Lacroix (Louis) : Juste une question très courte. Vous avez parlé d'une mise à jour économique possible. Si jamais il y'a une mise à jour économique, ce serait quand, et est-ce qu'il faut rappeler la Chambre à ce moment-là?

M. Jolin-Barrette : Dans le cadre de la mise à jour économique, je ne peux pas vous dire ça va être à quel moment. Ça va être au cours des prochains mois. Là, on est en train de stabiliser la situation. Le ministre des Finances a annoncé des mesures hier pour les travailleurs avec mon collègue du Travail. Ça sera au cours des prochains mois, et, lorsque la mise à jour économique sera déposée, conformément à l'entente que nous avons, il y aura étude au salon bleu, il y aura débat au salon bleu et il y aura débat en commission parlementaire.

Mme Senay (Cathy) : About the budget allocations, you're basically speeding up the adoption today. $500 million are dedicated for the fight against COVID-19. What are the measures that you really want to kick in?

M. Jolin-Barrette : Well, the «président du Conseil du trésor» will be able to answer specifically on that, but, for example, it's for kindergarten or for all the money that we will put in health, in health care for all the workers. So it's a lot of measures right now that we are voting today, that will help the action of the Government to be able to make some expenses right now.

Mme Senay (Cathy) : For the Opposition parties, there are bills that you'll adopt today, and you were against those bills, for example, pharmacists, including indigenous people that had to find people that had disappeared, and they were against the fact that it was including them in that bill. So, basically, you're saying : Democracy first?

M. Tanguay : No. First of all, for instance, you're mentioning Bill 31, we were in favor of Bill 31. We were in favor of adopting, for many months ago, Bill 31. With respect to the sections regarding the people that...

Une voix : ...

M. Tanguay : Absolutely. It's going to be set aside. So it's not going to be included in the bill that we will be adopting today.

Mme Senay (Cathy) : So, basically, it was important for you to send a strong message to citizens.

M. Nadeau-Dubois : Well, you know, people sometime talk about politicians, you know, arguing against each other and fighting against each other. I think today we are demonstrating that, when the circumstances are extraordinary, we are able to work together toward a common goal. And I think it's a strong message that we're sending to the population, that that's what we're all expecting from Quebeckers in the next weeks, in the next months, that we all work together in our fight against that pandemic.

Le Modérateur : Raquel.

Mme Fletcher (Raquel) : Mr. Jolin-Barrette, I also have a question about the $500 million. Where exactly is that money coming from?

M. Jolin-Barrette : Well, it comes from of the year of 2019‑2020. So it's money that was available, but we have to...

Mme Fletcher (Raquel) : ...

M. Jolin-Barrette : No, 2019 and 2020. From the year that will end in March 31, in two weeks. So that money has to go out from the pocket of the Government before March 21st because that was money that was available. That's why we put $500 million more yesterday to be able to make the check the quickest as possible.

Mme Fletcher (Raquel) : So just to be clear, this is money that was... you had a surplus, you had this money in the bank, and now you're just using it for this crisis. You're not borrowing this money.

M. Jolin-Barrette : No. That's money that is available, but we need to adopt some credits right now to... before that the year ends to be able to give that money.

Mme Fletcher (Raquel) : OK. And I am also wondering… Mr. Nadeau-Dubois mentioned working together. Can I also get your reaction to that because, you know, you're going to start at 9 :00 here, finish at 10 :30? That's the fastest that, you know, anyone has ever seen the National Assembly work.

M. Jolin-Barrette : Well, I will say...

M. Tanguay : Be careful.

Des voix : Ha, ha, ha!

M. Jolin-Barrette : When we want, we can. I think that resumes the feeling that we have today. But, one thing for sure, it's really... I'm really thankful to the Opposition parties for their attitude that they had on the last weekend, and yesterday, and this morning. I think that's a good message that they send to the population, that we can work together. And I hope we'll be back on April 21st to see them, and work together, and to continue to work like that.

M. Tanguay : You know, very rapidly, when, on every side, there's a will, there's a way.

Mme Fletcher (Raquel) : Merci beaucoup.

Des voix : Merci.

(Fin à 8 h 57)