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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre

Situation au Québec quant à la COVID-19

Version finale

Le lundi 11 mai 2020, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures trois minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour à tous. Bienvenue à cette conférence de presse pour faire le point sur la situation au Québec quant à la COVID-19. Le premier ministre du Québec, M. François Legault, est accompagné aujourd'hui du directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda.

Donc, M. Legault, à vous la parole.

M. Legault : Oui. Bonjour, tout le monde. Avant de vous donner le bilan de la journée, je veux revenir sur ce que j'appellerais l'évolution des consignes. On le sait, la pandémie évolue, le contrôle de la situation évolue, donc c'est normal que les consignes évoluent. Ce n'est pas parce qu'on change d'idée, c'est parce qu'on s'adapte, puis je vais vous donner quelques exemples. Quand on a, au début, vu que la pandémie s'accélérait, on a fermé, entre autres, les commerces, les écoles, les services de garde. Maintenant qu'on voit qu'en région, donc à l'extérieur du Grand Montréal, la situation se stabilise, est plus sous contrôle, bien, on réouvre les commerces, les écoles, les services de garde.

Je vous donne un autre exemple : les proches aidants. Au début, surtout avec les problèmes qu'on avait dans les CHSLD, on a refusé aux proches aidants d'aller visiter leurs parents, par exemple, parce qu'on voulait limiter la propagation du virus. Bon, là, il est arrivé un phénomène, après deux mois, c'est un peu normal, il s'est créé beaucoup d'anxiété chez certaines personnes en résidence. Il y en a même qui refusaient de manger parce qu'ils étaient habitués de voir, de temps à autre, leurs enfants. Donc, dans la balance des inconvénients, on a évolué, la situation a évolué, puis on a décidé de donner accès aux proches aidants pour aller voir les résidents. Donc, la situation a évolué.

Autre exemple : les personnes de 70 ans. Vous vous rappellerez qu'au début même on parlait, justement, des personnes de 70 ans, on leur disait de ne pas sortir. Après, on a dit : Bien, faites attention, faites faire vos courses, votre épicerie par quelqu'un d'autre. Et on a mis en place des consignes comme le deux mètres. Et la Santé publique, de façon très indépendante, a décidé que maintenant, c'était correct, c'était acceptable que les personnes de 60-69 ans reprennent leurs activités régulières tout en maintenant le deux mètres, là, qui commence à être pas mal dans la tête des gens. Donc, la situation évolue, on s'adapte.

Là, il y a des gens... j'entends des gens qui disent : On retourne des enfants dans les écoles primaires en région, mais on n'a pas le droit de faire des rassemblements familiaux, c'est quoi la différence? Bien, la différence, c'est qu'il faut y aller graduellement. Si on recommence tout en même temps, à tout permettre, bien là, il va y avoir plus de risques de propagation. Donc, éventuellement, je l'espère, le plus vite possible, on va repermettre les rassemblements familiaux, mais pour l'instant on dit : On réouvre les écoles, c'est important, les écoles, c'est un service essentiel pour les enfants, mais on n'est pas rendus aux rassemblements familiaux parce que ça ferait trop de déconfinement en personne... en même temps, c'est-à-dire.

Donc, c'est ça, là, ce n'est pas une question de changer d'idée, c'est une question d'y aller graduellement, c'est une question de s'adapter, de regarder aussi l'évolution de la pandémie dans chaque coin du Québec. La situation n'est pas la même, selon qu'on est à Montréal ou à l'extérieur de Montréal, donc on s'adapte. Et puis je vous annonce une chose : dans les prochaines semaines, on va continuer d'adapter les consignes et de les faire évoluer.

Donc, ceci étant dit, le bilan de la journée d'hier. On a eu hier 85 décès, donc on est à un total de 3 013. Donc, mes pensées vont, bien sûr, aux familles, aux proches de ces victimes. Juste pour vous montrer un peu comment la situation est différente à Montréal d'à l'extérieur de Montréal, sur les 85 décès, il y en a 82 qui sont dans la grande région de Montréal. Donc, on voit vraiment, là, que, d'un côté, la situation est très difficile, de l'autre côté, la situation est plus facile. On a maintenant 38 469 cas, c'est une augmentation de 748. Compte tenu, là... je vais y revenir tantôt, mais de l'augmentation importante des tests, c'est quand même une diminution.

Il faut aussi rappeler qu'on a au moins 9 700 personnes, parmi ces 38 000, qui sont guéries. Donc, comme on vous a déjà expliqué, on ne teste pas toutes les personnes qui sont guéries parce qu'on préfère se concentrer sur les personnes qui ont des symptômes, mais on en a au moins 9 700 qui sont guéries. Dans nos hôpitaux, on avait hier 1 838 personnes hospitalisées, c'est une augmentation de sept, 193 personnes aux soins intensifs, c'est une diminution de six.

L'autre question que j'entends beaucoup, puis, bon, je lisais un peu ce que les gens écrivent, j'ai parlé à beaucoup de monde en fin de semaine, évidemment, la question que tout le monde se demande, c'est : Pourquoi on a plus de décès au Québec qu'à d'autres endroits dans le monde? Moi, je dirais qu'il y a trois grandes raisons.

Première raison, la relâche scolaire. La relâche scolaire québécoise est arrivée au pire moment. Donc, on a beaucoup de Québécois qui sont allés en voyage, ont eu le virus, sont revenus, ont transféré le virus, ont donné le virus à quelqu'un d'autre, qui l'a donné à quelqu'un d'autre, qui l'a donné à quelqu'un d'autre. Et donc c'est ce départ-là qui ne nous aide pas. Ça, c'est la première raison.

Deuxième raison, c'est qu'au Québec, puis ça a toujours été le cas, même quand il y a des grandes chaleurs, on déclare tous les décès associés à une maladie, un virus. Donc, on est réputés pour déclarer… Et puis, même, par association, quand quelqu'un décède dans un CHSLD, s'il est associé à quelqu'un qui avait la COVID, bien, il est calculé comme COVID. Ce n'est pas le cas partout dans le monde.

Et la troisième raison, puis là on est tous responsables, les gouvernements, là, puis je n'essaie pas de nier et puis de me défiler, mais on était mal préparés dans nos CHSLD.

D'abord, il y a une question puis un enjeu de société. On a, au Québec, beaucoup plus de personnes âgées dans les centres de soins de longue durée, toutes proportions gardées, qu'ailleurs dans le monde. C'est un choix de société qu'on a fait. Beaucoup de nos parents, nos grands-parents aboutissent dans les CHSLD, plus au Québec qu'ailleurs. Bon, est-ce qu'il faudra revoir ça? C'est sûrement quelque chose sur lequel il faudra se pencher.

Deuxièmement, bien, les gens étaient mal payés dans les CHSLD. Donc, dans les CHSLD privés, on parlait de 13 $ de l'heure. Dans les CHSLD publics, on parlait de 21 $ de l'heure. Donc, ce n'est pas des salaires très élevés. Résultat, des courses, beaucoup de personnel à temps partiel et du personnel qui s'est promené d'un CHSLD, donc, d'un centre à l'autre. Donc, ça a mené évidemment… parce qu'il y avait du personnel peut-être un peu moins qualifié qui ont eu le virus puis qui l'ont amené dans plusieurs résidences.

Donc, de ce côté-là, on a tout un mea culpa à faire, là, tous les gouvernements. Puis encore une fois je ne veux pas blâmer les autres, là. Je prends ma part de responsabilité. Mais on était mal préparés dans nos centres de soins de longue durée, et puis c'est une des raisons pourquoi on a plus de décès.

Vous l'avez vu, vendredi ou en fin de semaine, l'Institut national de la santé publique a rendu publiques deux études, deux prévisions, là. D'abord, je le précise, ce n'est pas moi, ce n'est pas le gouvernement qui a décidé de la date puis l'heure de la publication des études. Je sais que des gens ont dit : Bien, pourquoi un vendredi après-midi? Bon, est-ce qu'ils auraient dû attendre au lundi matin, là? Il y aurait peut-être des gens qui auraient dit : Bien là, pourquoi vous retenez des études pendant trois jours? Bon, bref, ils les ont sorties au moment où les études étaient prêtes.

Ces deux études-là arrivent aux mêmes conclusions, d'abord, bonne puis une mauvaise nouvelle. En région, à l'extérieur du Grand Montréal, la situation est sous contrôle. Donc ça, c'est une conclusion importante pour la suite des choses. Par contre, à Montréal, la situation n'est pas sous contrôle, est inquiétante. Puis là-dessus, je veux être très clair, là, on est tous inquiets de la situation à Montréal, moi le premier. Donc, il n'y en a pas des plus inquiets puis des moins inquiets, là, on est tous inquiets.

Puis, quand on regarde les prévisions de l'INSPQ, bien, on voit que s'il y avait déconfinement, il y aurait un risque majeur, là, d'explosion des cas, des hospitalisations. Donc, c'est pour ça qu'on a pris la décision que les commerces, les écoles, les services de garde n'ouvriront pas dans la grande région de Montréal avant le 25 mai et ce n'est pas impossible que ça soit même repoussé plus tard. Puis, ce n'est pas impossible que les écoles, on décide, dans le Grand Montréal, de seulement les réouvrir en septembre. Mais, on va suivre la science, on va suivre les résultats, on ne prendra pas de risque. Et si la situation n'est pas sous contrôle à Montréal, on va repousser l'ouverture des commerces, des écoles, des services de garde. On est tous d'accord avec ça. Que ça soit les spécialistes du fédéral ou les spécialistes du provincial ou du municipal, on est tous inquiets de Montréal, puis on suit la situation de très près.

Bon, maintenant, pour envisager éventuellement de déconfiner, une des clés, c'est de faire plus de tests. Bon, on a réussi, à peu près en une semaine, de passer de 6 000 tests par jour à 10 000 tests par jour, mais, ce n'est pas assez, il faut augmenter plus que ça. Et c'est pour ça qu'on a adopté, en fin de semaine, un décret pour demander à certains groupes de professionnels, comme, par exemple, les dentistes, les hygiénistes dentaires de pouvoir faire des prélèvements, donc faire des tests. Donc, on va avoir plus de monde pour être capable de faire des tests. Donc, on pense que, dans les prochains jours, on va être capables d'augmenter le nombre de tests et puis de bien suivre la situation autant en région, où on veut être certains que ça reste sous contrôle, qu'à Montréal, où on veut voir si la situation finit par s'améliorer.

Bon, évidemment, le grand défi qu'on a, en particulier à Montréal, c'est le personnel. Je suis content de voir… Il y a quelques centaines d'employés qui ont recommencé à revenir dans le réseau au cours des derniers jours. On espère que ça va se poursuivre. Puis je lance encore un appel. Tous ceux qui ont fini leur quarantaine, tous ceux qui ont eu le virus puis que, là, ils ont passé le temps qu'ils devaient passer à s'isoler, s'il vous plaît, revenez parce qu'on a, dans le réseau, des gens fatigués, des gens qui ont besoin de repos, puis donc on a besoin de renfort.

Bon, vous dire aussi, du côté des soldats, on est rendus à 780 soldats dans les CHSLD. Bien, pas tous dans les CHSLD. Je pense qu'il y en a peut-être 200, là, qui supervisent à l'extérieur des CHSLD. Mais, quand même, ça vient donner un bon coup de main. Puis je veux dire merci à l'armée canadienne. Je sais qu'ils veulent augmenter ce nombre-là à 1 350. C'est bienvenu, évidemment.

Mes remerciements du jour, c'est pour tous ceux qui ont organisé les deux grandes fêtes, samedi soir puis dimanche soir. J'ai écouté les deux, là, En direct de l'univers, à Radio-Canada, samedi soir, et puis Une chance qu'on s'a, dimanche, hier soir, à TVA et à Télé-Québec. Ça fait du bien. Ça fait du bien de voir nos grands : Céline Dion, Ginette Reno, Jean-Pierre Ferland, Claude Dubois, j'en oublie, Gilles Vigneault. Je suis content de le voir en forme. J'étais content aussi… J'ai trouvé très drôle Marc Labrèche en Luis Mariano. Ça a fait ma soirée samedi soir. Et tous les groupes de jeunes aussi, que, peut-être, moi personnellement, je connais un petit peu moins, mais, je pense, ça a fait du bien aux jeunes de voir des groupes de jeunes puis ça a montré qu'on a de la relève puis qu'on a du talent au Québec. Donc, merci à tous les artistes de nous avoir fait du bien. Une chance qu'on vous a.

Une nouvelle pour vous aussi. On vient juste de me donner le chiffre. Vous savez, hier soir, il y avait une collecte de dons pour Les Petits Frères, là, pour ceux qui s'occupent des personnes âgées qui sont seules et pour les organismes qui s'occupent de violence conjugale. Les Québécois, là, m'impressionnent toujours, 2 millions qui ont été ramassés, 2 millions qui ont été donnés par les Québécois pour ces deux causes, là. Merci à tous les Québécois pour, encore une fois, votre grande générosité.

En terminant, un message peut-être pour les personnes qui sont à l'extérieur de Montréal. J'ai entendu aussi beaucoup, en fin de semaine, des gens qui n'habitent pas dans le Grand Montréal qui ont peur que des gens de Montréal descendent dans leur région. Bon, d'abord, c'est important de le dire, là, si on reste à deux mètres, comme on le fait actuellement, il n'y a pas de danger que quelqu'un de Montréal vienne infecter. S'il y a trop de mouvements puis il y a trop de gens de Montréal qui vont dans les régions, on n'hésitera pas, avec le Dr Arruda, à mettre des consignes pour empêcher, là, ces mouvements-là. Mais franchement, moi, je ne veux pas que les Québécois commencent à se chicaner puis à se diviser entre Montréal puis le reste du Québec, là. On est tous ensemble dans le même bateau. On doit tous se serrer les coudes, à deux mètres, tous les Québécois ensemble.

Donc, je remercie beaucoup tous les Québécois pour leur solidarité. Je compte sur vous. Merci beaucoup.

Now a few words in English. Good afternoon. Last weekend, the INSPQ published two studies that show the situation in Montréal remains very fragile. That's why we've delayed the reopening to May the 25th and we'll proceed on May the 25th only if all conditions are met. The two studies also show that the situation is under control outside of Montréal. That's why we reopen businesses and we are reopening, this week, schools.

Regarding the staffing situation in our health system, we already have some reinforcements incoming, but we still need more. As such, I ask health workers who tested positive and have, since then, recovered, please, come back. We need you.

In closing, everybody must continue to keep their distances. I'm counting on you all. Thank you.

Le Modérateur : Merci, M. le premier ministre. Alors, pour la période des questions en français, nous allons débuter aujourd'hui avec Marco Bélair du journal Le Devoir. Bon retour.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Bonjour, M. le premier ministre. Bonjour, Dr Arruda. M. Legault, vous êtes un politicien, un homme politique aguerri. Vous savez qu'une des plus vieilles pratiques dans le manuel du politicien lorsqu'on veut qu'une nouvelle soit peu couverte, c'est de la dévoiler un vendredi après-midi. Comment avez-vous réagi, vous, à la parution de deux études importantes par l'INSPQ vendredi dernier en fin d'après-midi?

M. Legault : Bon, bien, d'abord, j'en ai pris connaissance vendredi après-midi moi aussi. Donc, ce n'est pas le gouvernement, là, qui a décidé de publier à ce moment-là. C'est indépendant, l'INSPQ. Ils ont décidé parce qu'ils étaient prêts à publier vendredi après-midi. Comme je le disais tantôt, s'ils avaient retenu l'étude jusqu'à lundi, il y a des gens qui auraient dit : Pourquoi ils ont retenu une étude pendant trois jours? C'est l'INSPQ, là, qui ne font pas de politique, qui ont des scientifiques, des experts, puis ils étaient prêts à publier vendredi puis ils ont publié vendredi. Puis ce n'est peut-être pas idéal. C'est pour ça qu'on a discuté avec le Dr Arruda de faire peut-être une séance d'explication dans les prochains jours pour que vous puissiez poser toutes vos questions, là. Mais moi, je l'ai feuilletée vendredi après-midi puis je l'ai lue en fin de semaine, mais je ne l'ai pas eue avant vous autres.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Donc, je comprends que l'INSPQ agit en toute indépendance. Elle ne s'arrime pas au gouvernement pour déterminer le calendrier de ses parutions. M. Arruda, acquiescez-vous à la demande du Parti québécois d'indiquer publiquement si les recommandations que vous faites sont suivies intégralement, partiellement ou aucunement par le gouvernement?

M. Arruda (Horacio) : Bien, jusqu'à maintenant, toutes les recommandations que j'ai faites ont été suivies. Je pense qu'elles ont été suivies. Il y a eu des discussions. Il y a des scénarios qui sont analysés. Vous comprendrez, ici, là, qu'actuellement on est dans une situation complètement nouvelle, émergente. De la littérature qui indique toutes les décisions à prendre... ne sont pas nécessairement là. Mais, à date, les recommandations qu'on a faites, elles ont été suivies. L'institut peut nous donner des éléments, c'est clair. Puis après ça nous... Ils font ce qu'on appelle une analyse de risque, et la gestion du risque, elle est prise par les décideurs, c'est-à-dire, moi, comme directeur national, qui va balancer des autres facteurs. Mais, à date, j'ai exercé mon rôle de santé publique de façon tout à fait libre.

Le Modérateur : Merci. Maintenant, au tour d'Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Bonjour à vous deux. Ce matin, plusieurs écoliers sont retournés en classe, des professeurs, des éducatrices. J'aimerais savoir combien de tests il va se faire aujourd'hui, puis il y en avait combien pour la Communauté métropolitaine de Montréal, et surtout combien pour l'extérieur.

M. Arruda (Horacio) : Bien, écoutez, les tests ont été divisés en catégories. Je vais vous parler de la perspective communautaire, si vous me permettez, là, pas celle qui est en lien avec les milieux de soins, puis etc., parce qu'on une capacité de 14 000 tests, ça fluctue. Les week-ends, ça a tendance à diminuer un peu parce que les personnes sont moins au rendez-vous, mais, en termes communautaires, ce qu'on vise dans la région métropolitaine, dans Montréal, c'est 3000 tests associés à ce que j'appellerais des interventions communautaires dans la région métropolitaine, plus... Ça, c'est 3000 pour Montréal, plus 80 % dans la CMM vont être dans la région de Montréal, donc des tests qu'on a actuellement.

Le Modérateur : En sous-question.

M. Bossé (Olivier) : On a vu des directions d'école, des professeurs, prendre la température des élèves avant d'entrer ce matin. Est-ce que c'est utile, nécessaire? Et est-ce qu'on va voir une séparation entre les écoles privées, les écoles publiques, pour la gestion du virus dans les prochaines semaines, vous pensez?

M. Arruda (Horacio) : Écoutez, le protocole qu'on applique, nous, ne recommandait pas nécessairement la prise de température à moins qu'un enfant démontre des signes évidents de température, a l'air moche, et etc., parce que la prise de température n'est pas un indicateur nécessairement que c'est ça.

Et, deuxièmement, il y a beaucoup de débats autour de ça au point de vue scientifique. C'est sûr que dans les aéroports, on va le pratiquer comme méthode de «screening», là, mais les évaluations scientifiques n'ont pas été là. Ce n'est pas... ça ne nuit pas comme tel, mais je pense que c'est plus la surveillance des symptômes comme tels qui va être l'enjeu. Puis quelqu'un peut-être complètement asymptomatique puis on le sait, là, qu'il pourrait être porteur. Donc la prise de température n'est pas quelque chose qui est absolument recommandé.

Le Modérateur : Merci. Prochaine question, Hugo Lavallée, Radio-Canada.

M. Lavallée (Hugo) : Oui, bonjour, M. le premier ministre. Je comprends que vous avez pris connaissance des nouvelles projections de la santé publique, donc, publiées vendredi. Je comprends aussi que vous n'allez pas prendre de décision si c'est trop risqué. Mais, à la lumière des conclusions qui sont quand même assez inquiétantes, on parle d'un nombre d'hospitalisations qui pourrait bondir cet été à Montréal, de décès hors CHSLD augmentés significativement aussi, pourquoi ne pas tout de suite, là, suspendre cette idée de rouvrir commerces et écoles le 25 mai, dire, écoutez, là, on met cette date-là sur pause, en attente? Cette idée-là ne se mettra pas nécessairement en place parce qu'il y a beaucoup de gens qui, voyant venir cette échéance-là, sont très inquiets, se demandent si on ne prend pas des risques inutiles, s'il n'y a pas une pression qui s'exerce justement pour accélérer le déconfinement. Pourquoi ne pas mettre justement tout ça sur pause dans le contexte?

M. Legault : Bien, l'objectif de mettre des dates potentielles, c'est de donner la chance aux gens de se préparer. Ce n'est pas simple, réouvrir une école, ce n'est pas simple, réouvrir un commerce, donc on veut donner un calendrier tentatif. Je sais, d'ailleurs, que d'autres secteurs, les restaurants, le tourisme et les hôtels, les salles de spectacle aimeraient ça, avoir des dates potentielles, mais ces dates-là semblent plus loin. Donc, on ne pense pas pour l'instant que ça vaille la peine de déposer un calendrier. Mais pour les écoles, les commerces, on pensait que c'était une bonne idée que les gens se préparent.

Encore une fois, on va suivre la situation, effectivement, que ça soit les études de l'INSPQ ou que ça soit… Parce qu'on a pris la décision avant même ces études-là, donc tous les chiffres que nous donne le Dr Arruda… Pour l'instant, la situation n'est pas sous contrôle à Montréal. La situation est inquiétante, puis il n'est pas question de réouvrir les commerces, les écoles, les services de garderie avant le 25, puis c'est possible que ça soit repoussé après le 25 si la situation ne s'améliore pas.

M. Lavallée (Hugo) : Oui. Je vous ai bien entendu réitérer l'indépendance totale de la Santé publique. N'empêche qu'il y a beaucoup de voix qui se sont élevées ces derniers jours pour réclamer peut-être une plus grande apparence d'indépendance. On vous voit ici, tous les jours, assis un à côté de l'autre. Des fois, la ligne n'est pas tout à fait claire entre quelle est la recommandation de la Santé publique, quelle est la décision du gouvernement. Il y a des partis d'opposition qui appellent à des conférences de presse séparées, par exemple. Est-ce qu'il n'y aurait pas lieu, justement, de distinguer plus clairement dans le message, dans les communications, ce qui vient de la Santé publique, ce qui vient du gouvernement?

M. Legault : Bon, d'abord, moi, ce que je vous dis, là, c'est que la Santé publique est indépendante. O.K.? Là, ça, c'est clair. Moi, je vous le dis, le Dr Arruda vous le dit. Bon, il y a peut-être un groupe d'opposition qui ne croit pas ça, là, mais, bon, moi, je pense qu'il y a une utilité qu'on soit les deux en même temps ici. Parce que certaines de vos questions, vous le voyez depuis le début, c'est plus à moi d'y répondre, mais il y a d'autres questions qui sont très techniques, là. Moi, je ne suis pas un médecin, je ne suis pas un spécialiste de la santé publique, donc il y a des questions que vous posez… Je pense, pour vous autres aussi, c'est plus efficace d'avoir les deux en même temps.

Le Modérateur : Merci beaucoup. Maintenant, au tour de Louis Lacroix, Cogeco Nouvelles.

M. Lacroix (Louis) : M. le premier ministre, bonjour. Dr Arruda. M. Legault, on a l'impression que vous avez une grande hésitation à confiner davantage la région de Montréal. Parce que durant toute la crise on a isolé les régions, mais on n'a jamais isolé la région de Montréal. On a laissé les déplacements, tout ça, alors que ça avait été évoqué en début de pandémie, là, autour de la mi-mars, il avait été question que peut-être on pourrait le faire, même dans certains quartiers, etc. Qu'est-ce qui vous empêche d'être plus sévères avec les gens de Montréal, alors que la pandémie, elle est là-bas? Vous n'arrêtez pas de le dire vous-même, M. Arruda le dit également. M. Arruda a même dit : Ailleurs au Québec, c'est le paradis, les problèmes sont à Montréal. On a l'impression qu'il y a juste à Montréal qu'il n'y a pas de confinement régional.

M. Legault : Bien, écoutez, j'ai essayé de l'expliquer tantôt, je peux réessayer, là. D'abord, à tous les jours, incluant ce matin, j'ai demandé au Dr Arruda : Pensez-vous que ça serait une bonne idée de confiner la grande région de Montréal? La Santé publique me dit : Pour l'instant, non.

Donc, il faut se fier à la science, premièrement. Deuxièmement, il y a peut-être un mois, à peu près, là, on a fermé certaines régions. Donc, ce que ça voulait dire aussi, c'est que les gens de Montréal n'avaient pas le droit d'aller dans les régions comme au nord du Québec. Donc, on a fermé le Québec en deux. Là, on pense aujourd'hui que ce n'est pas nécessaire, mais comme je le disais tantôt, ça va évoluer puis ça se peut que la Santé publique me dise, demain ou dans une semaine : Bien, ça serait peut-être mieux de confiner Montréal, mais on suit les indications de la Santé publique.

Il y a des inconvénients aussi à fermer les régions. Il y a des gens qui ont de la parenté, du monde qui vivent dans des régions différentes, qui veulent se rencontrer tout en respectant le deux mètres. Donc, moi, je pense aussi, avec la règle du deux mètres qui est de plus en plus en place, je ne pense pas qu'on devrait avoir peur, quand on est en région, de recevoir quelqu'un de Montréal.

Puis même, éventuellement, avec le tourisme international qui va baisser beaucoup dans les prochaines années, j'espère que les gens de Montréal vont être bienvenus en Gaspésie, vont être bienvenus dans les Laurentides, bienvenus en Estrie, tout en maintenant des consignes comme la distance de deux mètres. On est un peuple.

M. Lacroix (Louis) : Bien, je vais utiliser mon ricochet pour aller vers M. Arruda.

M. Legault : C'est utile qu'on soit les deux en même temps.

M. Lacroix (Louis) : M. Arruda, vous avez été sévère, vendredi, dans vos propos à l'égard des gens de Montréal en disant : Là, il faut respecter les règles, sinon on va vous taper les fesses, là. M. Legault dit : On vous a posé la question, vous avez dit que pour l'instant, il ne faut pas confiner Montréal. Qu'est-ce que ça prendrait pour qu'on le fasse et pourquoi ne pas confiner certains secteurs plus chauds de la ville de Montréal pour empêcher qu'il y ait une transmission à l'extérieur de ces quartiers-là?

M. Arruda (Horacio) : Bien, il y a des effets au confinement. Premièrement, il faut comprendre que, quand on parle de Montréal, il y a Montréal, il y a Laval, puis il y a la Rive-Sud puis la Rive-Nord, hein? C'est un tout sociétal, si vous me permettez. Je ne sais pas si vous comprenez, il y a beaucoup de flots de personnes entre ces régions. Là, on n'est pas en train de comparer comme la Gaspésie puis les autres régions, comme, périphériques. Il y a comme un tout... société. Les indicateurs, premièrement, il faut aussi comprendre que la situation est fragile. C'est surtout en CHSLD puis dans les résidences de personnes âgées où la situation se fait. Il y a de la transmission communautaire, c'est sûr, mais on est à un R0 qui est à un, c'est-à-dire qu'on est à la limite du un, c'est-à-dire qu'il n'y a pas une amplification dans la communauté actuellement. Si on déconfinait, hein, le 25, il faudrait surveiller.

Puis je voudrais aussi dire, là, que les scénarios, c'est un élément très important dans notre prise de décision. Il y a énormément d'incertitudes dans les scénarios, selon les modèles qu'on met à l'intérieur, mais ça nous donne une idée de ce que ça pourrait avoir l'air et ça ne tient pas compte des autres mesures qu'on mettrait en place, s'il y avait le déconfinement, qui est de la recherche de cas et contacts pour essayer de rediminuer.

Ce que je peux juste vous dire par rapport à ça, c'est que ça va être les six critères, là, de l'OMS qui vont nous servir. Indépendamment que le scénario soit là ou pas, si les hospitalisations ne chutent pas, si on démontre qu'il y a une transmission active puis qu'on n'est plus capables de la contrôler, si les hôpitaux sont en surcharge, on ne déconfinera pas.

Mais pour confiner la CMM, disons, là, il faudrait qu'on démontre qu'il y a véritablement une transmission active. Vous allez dire : Bien... Vous dites : c'est fragile. Il y a un R1, on n'est pas en train de monter comme ça. Les hospitalisations sont stables, les soins intensifs commencent à peine à descendre. On n'est pas aux critères de déconfinement, mais on n'est pas non plus aux critères d'un confinement total.

Le Modérateur : Merci. Geneviève Lajoie, Journal de Québec, Journal de Montréal.

Mme Lajoie (Geneviève) : Bonjour. M. Legault, vous avez été félicité beaucoup, depuis le début, pour vos efforts de communication puis votre transparence. Ça a été salué par tous, mais on sent quand même un changement depuis quelque temps.

Vous dites que vous avez pris connaissance des prévisions de l'INSPQ vendredi, mais pourquoi vous n'avez pas senti le besoin de parler à la population dans ces circonstances-là, avec les nouveaux décès qui se comptent encore par centaines? Ça a inquiété tout le monde. Ça a paru vendredi soir, ça a inquiété tout le monde. Pourquoi, jusqu'à maintenant, vous n'aviez pas cru bon de vous adresser aux Québécois, là, durant cette période-là?

M. Legault : Bien, écoutez, je rencontre les Québécois, via vous autres, là, trois fois par semaine. Donc, quand même, ce n'est pas négligeable.

Les résultats de l'étude de l'INSPQ confirmaient ce qu'on disait déjà dans les points de presse précédents, c'est-à-dire que la situation est sous contrôle en région, mais pas dans la grande région de Montréal. Puis ça allait dans le sens de l'annonce qu'on avait déjà faite, de repousser l'ouverture des commerces, des écoles puis des services de garde à Montréal à au moins le 25 mai. Donc, il n'y avait pas une nouveauté spéciale avec ces études.

Mme Lajoie (Geneviève) : Vous avez parlé de la situation préoccupante parce qu'il y a un manque de personnel criant, là, notamment à Montréal, dans le personnel soignant. Là, il y a des militaires. Vous avez dit : Maintenant on est rendu à 780 militaires dans les CHSLD. Mais ces militaires-là, j'imagine qu'ils ne resteront pas des années non plus. Ils sont là pour combien de temps et qu'est-ce qui va arriver après?

M. Legault : Bon, ça fait partie des discussions qu'on a avec l'armée canadienne, là, parce qu'ils ont un fonctionnement, eux autres, où quelqu'un, quand il vient aider dans une tâche comme ça, habituellement, c'est pour une période de 28 jours, puis après ils quittent, là. Donc, il y en a qui sont déjà là depuis une semaine, deux semaines. Donc, c'est une des inquiétudes qu'on a, effectivement. On aimerait ça les garder jusqu'à temps que la crise soit terminée. Donc, ça fait partie des discussions qu'on a avec l'armée canadienne.

Mais, comme je le disais tantôt, moi, ce que je souhaite, c'est que, parmi les plus de 11 000 employés, là, qui sont absents, qu'il y en ait une partie, qu'il y en ait des milliers qui reviennent, parce que leur quarantaine est terminée, parce qu'ils peuvent revenir travailler puis... des gens qui sont infirmières, préposés, qui ont des qualifications supérieures aux soldats, finalement.

Le Modérateur : Prochaine question, Patrice Bergeron, LaPresse canadienne.

M. Bergeron (Patrice) : Bonjour à vous deux. Ma première question est pour le Dr Arruda. Donc, vous nous confirmez que vous n'aviez aucune des données de l'INSPQ lorsqu'il a été recommandé de repousser le déconfinement de Montréal? Et, par ailleurs, on aimerait vous entendre davantage sur l'analyse, les conclusions que vous tirez de ces projections-là.

M. Arruda (Horacio) : Bon, il faut comprendre que moi, j'avais vu des travaux initiaux. Mais, de toute façon, je tiens à vous dire que la décision qu'on a prise pour le report, à Montréal, au 25 mai n'est pas associée seulement au scénario. Le scénario venait confirmer le RO puis le R1 à l'extérieur. C'est basé sur les données épidémiologiques que l'on recueille.

Puis, si vous me permettez, j'aimerais quand même spécifier quelque chose qui est très important, puis on va s'assurer pour que vous ayez ce graphique-là régulièrement. Les décès, là, quand on vous a dit, en fin de semaine, qu'il y avait 140 quelque décès, là, c'est des décès qui ont été déclarés cette journée-là. Mais, quand vous les regardez, il y en a que ça datait du début avril, qui n'avaient pas été mis dans le système pour toutes sortes des raisons, détails, SP3, confirmation, de telle sorte que la courbe des décès... Puis ça, on va s'organiser pour que vous les ayez, là.

Dans les faits, dans la journée d'hier, du 10, il y a eu 12 décès; il y en a eu 27, le 9; 12, le 8, puis ça va jusqu'au 12 mars, des nombres de décès qui apparaissent en rétrospective, de telle sorte que la courbe des décès, elle monte ici. La zone grisée ici, elle correspond, puis là vous ne voyez peut-être pas bien, mais la zone grisée ici, puis on s'organisera pour que vous ayez le rapport demain, là, la zone grisée ici correspond à des données qui vont probablement rentrer dans les prochains jours, de telle sorte que la courbe de décès, elle a déjà une tendance à la baisse.

Mais donc, ce que je veux vous dire, c'est que les scénarios, on les avait déjà vus, on en avait déjà discuté, il y a des modèles qui servent aux hospitalisations, puis etc. Elles tiennent compte de certaines données mais ne tiennent pas compte des interventions de déconfinement qu'on pourrait faire. Ce qu'elles démontrent, c'est comment est-ce que le comportement... Voyez-vous, à l'extérieur du Québec, quoi qu'on fasse, scénario pessimiste, pessimiste, à cause du R0 qui est très bas puis du phénomène... que ça soit un scénario pessimiste ou optimiste, on est aplati, il n'y a pas de problème.

À Montréal, c'est fragile. Tout dépendamment du changement de distanciation sociale, juste un 10 % de moins de distanciation sociale, on a un effet important sur la courbe. Ça vient nous montrer aussi que la collaboration de la population... Quand on dit : On déconfine certains secteurs, ça ne veut pas dire que tout le monde peut se mettre à circuler de la même façon. Ça fait que c'est ça que les courbes nous indiquent en termes d'interprétation.

Les courbes vont être mises à jour, selon ce qu'on nous a dit, une fois par semaine, parce que ça prend quand même des données de la dernière semaine pour être capable d'avoir un scénario qui varie suffisamment. Ce que je vous propose, parce que ça n'a pas été une question planifiée, ou etc., on les avait vues, ils les publient, on l'a fait avec un scénario antérieurement, on pourra faire un briefing technique pour vous expliquer le scénario, les forces et les faiblesses, avec les auteurs, éventuellement, qui pourront vous donner l'interprétation de ça qui est très compliquée.

Le Modérateur : En sous-question.

M. Bergeron (Patrice) : En sous-question, pour M. le premier ministre. Étant donné que le Québec est encore dans le peloton de tête en nombre de cas par 100 000 habitants et aussi en nombre de morts, est-ce que c'est encore possible de dire aux Québécois et plus spécifiquement aux Montréalais : Ça va bien aller?

M. Legault : Bien, écoutez, on voit que dans les régions ça va mieux, et puis on pense qu'avec les efforts de distanciation puis le confinement qui a lieu à Montréal, on le voyait avec les graphiques, que la situation est au moins stable à Montréal, puis on espère que ça va s'améliorer. Puis, bon, quand on regarde la courbe dans les pays qui ont commencé la crise à peu près un mois avant nous, bien, c'est assez amélioré. Donc, moi, je suis confiant que, dans les prochaines semaines — est-ce que ça va être une, deux, trois, quatre, cinq semaines? — bien, que la situation va s'améliorer, que ça va bien aller, et éventuellement à Montréal.

Le Modérateur : Alain Laforest, TVA Nouvelles.

M. Laforest (Alain) : Bonjour à vous. M. le premier ministre. Mes deux questions vont s'adresser au Dr Arruda. Vous avez parlé des décès, Dr Arruda. J'aimerais ça avoir une ventilation, là, par rapport aux endroits, là, parce qu'il y en a eu quand même 200 en fin de semaine, vous dites que c'est étalé pour plusieurs jours, et 85 aujourd'hui, là. Ils sont survenus où, ces décès-là? Dans la population générale ou dans les résidences pour personnes âgées?

M. Arruda (Horacio) : La grande majorité, ce sont des gens qui vivaient en CHSLD. Je pourrais vous donner... Attendez, je vais regarder les chiffres, ici, là, 54,3… Bien, ça, c'est-u le cumulatif ou vous voulez savoir ceux d'hier?

M. Laforest (Alain) : En fin de semaine puis aujourd'hui.

M. Arruda (Horacio) : En fin de semaine? Bien, je vais vous dire les dernières journées, là, une seconde. Dans les dernières 24 heures, 50 % venaient des CHSLD, 12,1 % étaient à l'hôpital, 7,7 % à domicile, 4,4 % en RI, 23,1 % en RPA et puis 3 % qui sont inconnus encore pour le moment parce que lieu n'a pas été saisi.

M. Laforest (Alain) : Quand vous êtes allé à Montréal vendredi, Dr Arruda, est-ce que vous étiez au fait de l'étude de l'INSPQ?

M. Arruda (Horacio) : Si j'étais au fait de l'étude de l'INSPQ? Comme je vous l'ai dit, j'étais au fait des versions préliminaires, là, mais je n'étais pas au fait...

M. Laforest (Alain) : Vous saviez qu'on allait annoncer qu'il allait y avoir 150 morts.

M. Arruda (Horacio) : Je savais qu'ils allaient publier leur scénario. Et puis 150 morts, c'est une question, dans le scénario, plus difficile, là. Mais la raison pour laquelle je suis allé à Montréal le vendredi, c'est qu'on lançait le nouveau programme de dépistage dans Montréal-Nord avec des méthodes nouvelles, avec autobus, puis etc. Et je voulais être avec les directeurs de santé publique de la communauté montréalaise métropolitaine parce que c'était une nouvelle intervention qu'on faisait dans la communauté.

M. Laforest (Alain) : Vous aviez connaissance de cette étude-là?

M. Arruda (Horacio) : Je n'avais pas vu la dernière version, la dernière version finale comme telle, mais j'avais connaissance qu'ils allaient publier l'étude, effectivement, comme on avait dit que dorénavant, au lieu d'utiliser des scénarios que nous avions, ici, faits antérieurement avec une autre méthode, ça allait être celle que l'institut allait mettre en place.

Le Modérateur : Tommy Chouinard, LaPresse.

M. Chouinard (Tommy) : Bonjour. Bon, là, est-ce qu'on joue sur les mots, ici, là, à savoir, là, s'il y avait des travaux préliminaires de faits, là, les chiffres, dans le fond, vous saviez ce qu'il en était à peu près, là. Puis le premier ministre, j'imagine, a été informé de ça minimalement, là.

M. Legault : Bien, nous…

M. Chouinard (Tommy) : M. le premier ministre, vous hochez de la tête. Je veux bien le comprendre. Vous n'étiez pas au courant du tout, du tout de même les travaux préliminaires ou quoi que ce soit?

M. Arruda (Horacio) : Les décisions qu'on a prises sur le déconfinement étaient basées sur les indicateurs du nombre de cas, de ce qui se passait au niveau hospitalier, les soins intensifs, etc., puis de l'information qu'il y avait de l'activité intense à Montréal-Nord. Ce n'était pas en lien avec les scénarios. Ce n'est pas le scénario qui est venu décider de faire du déconfinement.

M. Chouinard (Tommy) : J'aimerais qu'on aborde la question de Montréal parce que vous avez annoncé qu'il y a déjà, donc, plus de dépistage qui se fait à Montréal. C'est quoi, le diagnostic de ce qui se passe à Montréal précisément? Est-ce qu'on parle tout le... Vous avez évoqué, M. le premier ministre, également, les deux mondes, les CHSLD versus la population en général, mais là qu'en est-il du résultat des tests que vous avez faits pour mesurer l'état de la contagion à Montréal? Qu'en est-il?

M. Arruda (Horacio) : Bien, écoutez, je veux juste vous dire que je peux vous dire qu'il y a des tests qui sont faits actuellement, mais l'analyse de tous ces tests-là par des gens de Montréal pour me dire : Bon, bien, tant de cas, c'est des contacts asymptomatiques de cas de gens qui ont été des travailleurs de la santé qui ont travaillé dans tel milieu, je n'ai pas cette information-là encore, ça va venir au cours des prochains jours.

Le Modérateur : Merci. On va maintenant...

M. Chouinard (Tommy) : ...un aperçu de ce qui en est, de la transmission communautaire à Montréal, au-delà de ce qui se passe dans les CHSLD?

M. Arruda (Horacio) : C'est-à-dire, ce que j'ai comme information, c'est qu'il y a de la transmission probablement plus active dans les quartiers chauds, comme, notamment, la région de... mais il y en avait eu dans Côte-des-Neiges, dans la région de Montréal-Nord, comme tel. Mais, si vous me dites par rapport aux tests qui ont été faits au cours des derniers cinq jours, le détail analytique, ça, je ne l'ai pas. Mais on sait que, de par le fait que le nombre de cas est plus concentré à certains territoires avec des zones chaudes que vous pouvez voir sur les cartes de Montréal, il y a probablement là de la transmission active. Mais est-ce que c'est de la transmission active acquise dans la communauté ou des foyers associés à des gens qui travaillent dans le milieu de la santé ou autre? C'est ça que je n'ai pas comme détail.

Le Modérateur : Merci. Donc, c'est ce qui complète pour les questions en français. So, we'll switch in English with Cathy Senay, CBC News.

Mme Senay (Cathy) : Good afternoon. Québec is the hardest hit province by the COVID-19 virus, and Prime Minister Justin Trudeau, on Saturday... and has repeated that today he's worried about his own riding, Papineau, in Montréal, and he said also that Canadians across the country will be very careful looking at what all orders of government are doing and that, if they are taking their decisions too quick and that force Canadians to go back to lockdown again, well, you'll have to live with the consequences. You don't want to play that role, now that the ROC is watching you for many weeks, Mr. Legault.

M. Legault : First, I want to say there's nobody who's more worried than I am about the Montréalsituation. That's why we've decided to postpone the opening of the retail business, schools in Montréal, the great region of Montréal. So, of course, we worry. We all worry about the Montréalsituation.

Mme Senay (Cathy) : Concerning... The mayor of Côte-Saint-Luc says that he's going to... well, he's going to go ahead and make some laws, such as requiring building owners and condo boards to install sanitizing stations and require people to wear a mask in elevators and in common areas because he thinks the province is not acting quickly enough to prepare for the lifting of confinement measures in the Montréal areas. What do you say about this, the fact, like, that the mayor of Côte-Saint-Luc will have its own laws because the province is not going quickly enough for him?

M. Arruda (Horacio) : OK. Look, look, I say that even Côte-Saint-Luc is part of Montréal. In fact, we did recommend and we are recommending strongly that masks be wear if somebody cannot respect the two meters, and, if you go to stores where you are going to be in interaction with people and probably there is... not be able to be two meters, that we will recommend the «couvre-visage». So I think that perhaps the mayor is also thinking that we are not recommending it; we are strongly recommending it.

Last Friday, when I was outside, even if I try to have the two meters, there were a lot of journalists, they were all together, so I wear a mask. When I'm going outside, now, I'm wearing a mask if I think I will be somewhere where I'm going to be in contact.

It's clear, the first thing is distanciation, which is the first thing, but it's going to be part of, I would say, a new «étiquette respiratoire». We ask people to cough here; now, they can have a mask and cough inside of the mask. But still, I will repeat it again, you use a mask, you have to wash your hands also. That's something like this.

Le Modérateur : C'est possible pour vous de répéter en français votre réponse sur cette dernière question comme elle était importante, là? Vous dites qu'il faut recommander fortement, donc...

M. Arruda (Horacio) : Dans les faits, il faut comprendre que le maire de Côte-Saint-Luc à l'impression que je ne recommande pas le port du masque à l'extérieur, là. Je veux être bien au clair... Bon, d'ailleurs, Côte-Saint-Luc, c'est à l'intérieur de Montréal. Mais pour tout, pour tout, même à l'extérieur de Montréal, là où les gens peuvent penser qu'il n'y aurait... qu'il pourrait y avoir une période où ils n'auraient pas à avoir le deux mètres de distance, ils peuvent porter un masque. D'ailleurs, je pense que vous le savez, c'est pour protéger les autres et ne pas se protéger soi-même. Donc, ça va faire partie de la nouvelle étiquette respiratoire que, plutôt que de tousser dans son coude, on porte un masque, tout simplement.

Si on va à l'extérieur, si on pense que, dans certaines périodes, on ne sera pas capable de respecter le deux mètres... C'est sûr que, si on croise quelqu'un rapidement, le risque est faible, mais pourquoi pas ne pas porter un masque? Bien le porter, bien entendu, là, ce n'est pas le porter au menton ou à l'extérieur parce que ça ne sert pas à ce moment-là. Mais ne pas oublier non plus de se laver les mains.

Donc, on recommande fortement l'utilisation du couvre-visage actuellement, dans le contexte où on commence à déconfiner, où le virus va être là pour un petit bout de temps au Québec, jusqu'à tant qu'on ait trouvé un vaccin ou qu'il disparaisse par lui-même, ce qui est peu probable.

Le Modérateur : Merci. So next question, Phil Authier, Montreal Gazette.

M. Authier (Philip) : Good day. Just a follow up on Mr. Laforest's question. A lot of people in Montréal had a very stressful weekend, they were very worried, there were a lot of scary headlines and scary stories about the spike from the... in cases and deaths, as a result of the institute's study. Now, you said you were aware of the preliminary data, you knew that they were going to publish them Friday, you said that in French.

M. Arruda (Horacio) : I knew that it was going to be published soon. If Friday or when exactly, I didn't know it, but...

M. Authier (Philip) : So you had a whole news conference in Montréal, a whole event. Why did you not discuss those numbers at that time? Why would you hold back that information at that time, when you knew how dramatic those numbers were?

M. Arruda (Horacio) : OK. First of all, I didn't want to make people get anxious by not telling anything. The objective of my press conference in Montréal, last Friday, was about the new screening aspects of this, and I was not aware... and I just want to make sure that... I was not aware that this was going to be so explosive as data. Because also, I would say, we already had decided to postpone the 25th of April to 25th of May, at least, because of other reasons, and, probably, I didn't realize that this schema, which was the worst scenario, would be interpreted as what is going to happen. Because, in fact, it's only based on a scenario if we do «deconfine» but don't put in place the different sequences. So, it's only on the Saturday, when I saw the press, that I realized that that was focusing.

And I just want to say also, which is very important, that even if we declare 142 people dying, last Saturday, those ones were dying from the beginning of April. So it was not as today, it's not nine... 85 cases that was there yesterday, that was in fact six cases that were there yesterday. Because they all are distributed to, I would say, 1st of April till of the end. And for that, we're going to make publishing, and that would be great for you to have the people who died. When it's declared 100, you will see that that's not 100 on the last days, but it's supposed going back earlier because of the declaration time.

Le Modérateur : Je m'excuse...

M. Authier (Philip) : There is criticism of you, Premier, of letting the whole weekend go by without those numbers floating out there. Should you have responded sooner to calm people's fears as a result of those numbers, Premier?

M. Legault :OK, first every day, we show the figures, the new figures, the updated figures. So, if we look at results, we give you 100% of the information. Now, we're talking about projections. Projections if we open the retail business, if we open schools in Montréal, then the INSPQ, they say it will be an explosive if we open. So, it just confirms that we took the right decision to postpone the opening of the retail business and schools in Montréal. So, just confirm that we took the right decision.

And we still have two weeks in front of us and if the situation is not getting better in the next two weeks, we'll postpone the opening of May the 25th. So, it means that the scenario that was shown by INSPQ will never happen. It was only a scenario if we decide to open, which is not the case.

M. Arruda (Horacio) : And if you don't mind, I may add, please, if we decide to open with no other measures in sight, it's clear in the data. And you know, the problem of those graphics and probably of those scenarios with no «mise en contexte» by the experts to explain the limits and was does that mean. So, and I think there's going to be, I just want to announce, there's going to be new scenarios because there are made, I would say, once a week, what is... almost once a week.

Next time, I think it is going to be… if you are OK with this, we could have a technical briefing for you to understand what does that mean, because this is important issues, especially to calculate the R0 and R1 is important. But for the projections, there is too much hypothesis with no action that makes it... it could happen, that thing, like we have «aplatir la courbe» before, and it's clear we will never let things go up that way.

M. Legault : O.K. Peut-être pour répéter en français ce que j'ai dit en anglais, depuis le début, là, puis jusqu'à ce jour, toutes les informations sur les résultats, que ça soit le nombre de cas, les hospitalisations, les décès, toute l'information qu'on a, on divulgue cette information-là. Ce qu'on a eu dans le rapport de l'INSPQ, vendredi soir, c'est un scénario où on examinait ce qui arriverait si on ouvrait les commerces de détail, les écoles et les services de garde à Montréal. On venait nous dire : Si vous ouvrez, à Montréal, les commerces de détail, les écoles puis les services de garde, il va y avoir une explosion du nombre de cas, d'hospitalisations puis de décès.

Donc, c'est venu confirmer qu'on avait pris la bonne décision de reporter ces ouvertures au 25 mai. Donc, l'INSPQ est venu, dans le fond, dire : Vous avez bien fait de prendre cette décision. Mais ce qui est important de dire, c'est que le scénario qui a été déposé par l'INSPQ n'arrivera jamais. Il n'arrivera pas parce qu'on a décidé de ne pas ouvrir les commerces puis les écoles. Puis on ne les ouvrira pas, les commerces puis les écoles, le 25 mai si la situation est comme ça. Donc, le scénario, là, c'est un scénario hypothétique. C'est une affaire qui n'arrivera jamais.

Le Modérateur : Merci. Et, pour le bénéfice de tous, un pas de recul peut-être aussi pour Dr Arruda, vous disiez que vous n'aviez pas appréhendé l'ampleur de la réaction vendredi.

M. Arruda (Horacio) : Oui. Dans les faits, écoutez, ce que je disais, c'était que les gens ont réagi beaucoup au scénario, et ça a créé énormément d'inquiétude. Moi, quand je suis allé en point de presse vendredi, là, je savais que l'institut allait publier des choses. D'ailleurs, il y a plusieurs graphiques à l'intérieur de celles-là, puis je ne savais pas lequel qui allait nécessairement ressortir parce qu'il y a différents scénarios. Il y en a un qui démontre que, comme Montréal est très fragile, si on appliquait un déconfinement sans mesures de contrôle a posteriori, parce que, quand on dit déconfinement, c'est qu'on déconfine, puis là on laisse les gens circuler en quantité sans qu'on intervienne sur les éclosions, sans qu'on fasse des tests de dépistage, puis etc., on se retrouve vers une extension très importante. Je n'ai pas réalisé, que…

Un, moi, l'objectif du point de presse de vendredi était d'expliquer le nouveau programme de dépistage dans la région métropolitaine. Je suis allé à Saint-Michel. Je suis allé voir un endroit pour itinérants. Je suis allé à Laval voir les centres de dépistage. Donc, je ne suis pas revenu là-dessus. Ce n'est que le samedi que j'ai vu que ça avait créé énormément d'inquiétude.

Et je tiens aussi à dire… Tantôt, je ne sais pas si je l'ai dit pour la courbe des décès? En français, je l'ai dit? O.K. Parfait.

Le Modérateur : C'est bien. Merci. Samuel Pouliot, CTV News.

M. Pouliot (Samuel) : Hi. What is the Government's plan to increase testing for asymptomatic people who want to test, like, for example, the CHSLD workers?

M. Arruda (Horacio) : It will depend on the capacity. It's clear, actually, we are going where there are symptoms. And, I would say, if there is a case, we will test asymptomatic people around the case, and in the… if it's a big, big, big CHSLD, it could be around two stairs or one stair, depending where is the hot zone and, actually, we would like to test probably close contacts, asymptomatic, of cases... to be able to do that. And when there's going to be... and there is an issue to test everybody asymptomatic because we have to repeat and repeat and repeat, but this is...That's going to be part of the analysis we are going to do when we are going to have more capacity.

Le Modérateur : Next question.

M. Pouliot (Samuel) : OK. And you said earlier that one of the reasons for our number of deaths is high in Québec is because our method of counting is different. Why don't we use the same method as everywhere else to compare and to be... the same level too?

M. Arruda (Horacio) : I think that's a good question because, in fact, it's better if we've got the same definition to compare in numbers. But, in fact, we wanted to be like, I will say, when we call it «liens épidémiologiques», we confirm them because, if you have the disease, your test is positive, I've got almost the same symptoms, but I have not been tested. We are not waiting for having the test, we are taking that I am a case too. So in other provinces, and it depends, they call it probable cases, they don't count it. They only will report on confirmed cases. That's a different strategy. But because we want to have, I would say, a different picture, and I don't know... I don't want a different picture, or more, I would say «proche» of the reality, we decided to count them.

It's like, I would say, I did give always that example, people who die from heat waves, we decided, if somebody has deceased and probably there is a relationship with heat waves, we are going to count it as a case, and other provinces will wait before the coroner is going to do a report. That will take months.

M. Legault : And I would add that some specialists, what they say is that when we'll use the method that is called excess deaths, which is to compare the real number of deaths to the average of the same months, the preceding years, we'll be closer to reality in Québec than in other countries, because of that, because we declare truly all the deaths that are associated with the COVID-19.

Le Modérateur : Thank you. And now, two quick last questions from Raquel Fletcher, Global News. We're seeing outbreaks in neighbourhoods like Parc-Extension, Montréal North, Verdun. What is the strategy for containing those outbreaks so it doesn't spread to other neighborhoods?

M. Arruda (Horacio) : It's going to be the search and contain approach. It's looking to have those outbreaks identified by case catching, making sure that the contacts are aware, put them in quarantine, and follow up with them if they develop some symptoms, and make a specific inquiry to know exactly where the cases have been through to detect others, and put them also in quarantine, and don't let people who have been in contact with them free on the field.

Le Modérateur : Thank you. And, as a very last question, McGill and Université de Montréal have announced they will teach online in the fall. Is that a sign that all schools should be virtual in the fall?

M. Legault : No. I think we'll look at the situation. We hope that there'll be some teaching that will be done physically in universities, and colleges, and schools, but we cannot confirm if it will be possible today. So, probably during the summer, we'll have announcements to make.

Le Modérateur : So thank you very much.C'est ce qui complète pour cette conférence de presse. À bientôt.

M. Legault : Merci, tout le monde.

(Fin à 14 h 4)

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