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Point de presse de M. Alexandre Leduc, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de travail et M. Sol Zanetti, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de santé et services sociaux

Version finale

Le mercredi 3 juin 2020, 8 h 30

Salle Louis-Hippolyte-La Fontaine (RC.184), hôtel du Parlement

(Huit heures trente-deux minutes)

La Modératrice : Bonjour, bienvenue à ce point de presse de Québec solidaire. Prendont la parole, tout d'abord, M. Sol Zanetti, responsable solidaire en matière de santé et de services sociaux, suivi d'Alexandre Leduc, responsable solidaire en matière de travail. On va prendre vos questions juste après.

M. Zanetti : Oui. Bonjour, tout le monde. Alors, aujourd'hui, je voudrais parler de la question de la formation expresse des préposés aux bénéficiaires. On sait que, bon, nous, on avait fait cette proposition-là en début de crise, et de former de façon plus accélérée les préposés, de leur donner des bonnes conditions de travail. On est vraiment contents que ça ait été mis sur pied. Et je pense que ce que montre le succès de ce recrutement-là de 42 000 personnes qui se sont inscrites à la formation, là, c'est une chose. Quand il y a des bonnes conditions de travail, il n'y en a pas, de pénurie de main-d'oeuvre.

Et là le problème, c'est qu'on n'a pas amélioré les conditions de travail partout. C'est très inégal. Le résultat auquel on peut s'attendre, c'est qu'il y a des secteurs qui vont tomber en pénurie. Dans ma circonscription, il y a une résidence intermédiaire dont les préposés aux bénéficiaires sont moins bien payés que cette formation-là, et il y en a, là, déjà cinq sur 17 qui ont démissionné pour aller suivre la formation et pour aller bénéficier de ces conditions-là, desquels on se réjouit par ailleurs, O.K.? Sauf que, là, l'affaire, c'est que... c'est... il faut qu'on donne des bonnes conditions à ces gens-là sans qu'ils soient obligés de démissionner pour aller suivre une autre formation. Il faut qu'on donne des conditions à tous les PAB de ce secteur-là pour faire en sorte qu'on n'ait pas... on ne crée pas un nouveau problème, qu'on ne fasse pas juste déplacer le problème. Alors, ça, c'est le problème.

Je parle des RI, des résidences intermédiaires, mais on pourrait aussi parler d'autres secteurs publics où les conditions de travail ne sont pas très bonnes depuis longtemps, entre autres par rapport à l'éducation à l'enfance. Combien de personnes, là, qui, en plus, là, ils se demandent s'ils vont rouvrir leurs services de garde? Ils vont peut-être décider : Ah! bien, tiens, je ne le rouvrai pas, je vais aller là. Puis là ça va créer des problèmes en cascade sur tout le reste de la société, sur tout le reste des parents qui veulent aller travailler. Et puis là je pourrais faire le tour de plein d'autres secteurs de la société québécoise où il manque de monde puis où... parce que les gens n'ont pas des bonnes conditions. Mais, bon, je n'en ferai pas le tour, mais, bref, là, on a un nouveau problème, qui est un problème, en fait, qui était là depuis longtemps, mais, pour éviter de l'accentuer, il faut que les conditions, elles soient bonnes pour tout le monde dans ces secteurs-là.

Alors, je vais laisser la parole à mon collègue Alexandre puis revenir pour les questions après.

M. Leduc : Merci, Sol. Très heureux de revenir dans cette enceinte de la démocratie et de vous revoir. Bonjour, tout le monde. Vous l'avez vu dans les médias ce matin, je vais déposer tantôt un projet de loi sur le droit à la déconnexion. C'est quelque chose qui nous semble plus important que jamais, pour une très simple raison : ces petits bidules sur lesquels nous sommes tous en train de travailler ont pris une place énorme dans nos vies, et ce n'est pas quelque chose qui va disparaître, au contraire. Et, avec la pandémie, avec le télétravail, la question de la déconnexion se pose plus que jamais parce que de plus en plus de personnes qui ont expérimenté pour la première fois le télétravail — bon, peut-être pas dans un contexte idéal, avec la garderie fermée, mais quand même — réalisent qu'on se pose de plus en plus la question : Suis-je au travail? Suis-je à la maison? Est-ce que c'est un peu des deux tout le temps?

Alors, la rupture qui se fait normalement quand on quitte le travail en voiture, en métro, à pied, entre la période du travail et la période de repos, la période de temps libre, est de plus en plus floue avec le télétravail. Et c'est pourquoi on pense que le droit à la déconnexion doit revenir dans le débat actuel au Québec, ce pour quoi on dépose un projet de loi aujourd'hui, pour s'assurer qu'on ait cette conversation-là au Québec, que les employés sachent que ce droit existe. Notamment en France, il est déjà enchâssé dans la loi en France, existe ailleurs aussi. Puis il faut aussi que les employeurs se posent des questions, maintenant parce que ce qu'on vise, dans le fond, c'est un changement de culture.

Moi-même, je suis un député, je suis un employeur de quelques attachés politiques et je dois même commencer à me poser des questions, souvent. Est-ce que le texto que je vais envoyer, est-ce que l'appel que je vais faire, le courriel que je vais envoyer à 19 heures, à 21 heures, est-ce qu'il est vraiment urgent? Est-ce que c'est vraiment essentiel que je l'envoie ce soir pour une réponse immédiate?

Et cette culture-là, on espère qu'elle change. On entend de plus en plus que, dans certaines entreprises, elle commence à changer, mais visiblement, avec le tournant qui s'en vient du télétravail, le ministre Dubé en a lui-même parlé, il étudie ça pour la fonction publique, pour envoyer de plus en plus de fonctionnaires à la maison. Ça coûte moins cher d'espace à louer, bien sûr, à acheter les immeubles, etc. On comprend la logique financière derrière, mais est-ce qu'on n'est pas en train de se magasiner encore plus de problèmes de burn-out, de santé mentale, d'épuisement professionnel à moyen, long terme si ne s'accompagne pas avec le télétravail une question de déconnexion, un véritable droit de déconnexion? Et c'est là-dessus qu'on veut venir intervenir avec le projet de loi qu'on va déposer aujourd'hui. Merci.

M. Bellerose (Patrick) : Pouvez-vous résumer ce que ça signifie, ce droit à la déconnexion? Est-ce que c'est une interdiction de contacter l'employé entre 19 heures et 21 heures, 9 heures, ou c'est...

M. Leduc : Tout d'abord, il faut préciser que des réalités de milieu de travail, il en existe des centaines, des milliers, qui sont différentes l'une à partir de l'autre, tout dépendamment du secteur, tout dépendamment de l'entreprise. Est-ce qu'on est au service à la clientèle? Est-ce qu'on est dans un bureau? Est-ce qu'on est dans une usine? Donc, ce n'est pas un droit qui est uniforme et qui s'applique de la même manière d'un secteur à l'autre, ce pour quoi l'approche, je pense, qu'il faut toujours favoriser, c'est une approche de flexibilité, qui s'adapte d'une situation à l'autre.

Donc, pour répondre plus précisément à votre question, est-ce que ça veut dire qu'il faut arrêter d'envoyer un courriel après les heures normales de travail? Moi, je vous dirais que s'il y a une urgence puis si, dans une situation, il y a une urgence, bien l'urgence, elle est encore là. Le réflexe qu'il faut commencer à se poser par rapport aux employeurs, c'est : Est-ce vraiment urgent? Et souvent, quand on est en position d'autorité, un employeur, on fait l'économie de cette question-là et on envoie directement notre requête, et on peut être fâché si notre employé n'y répond pas immédiatement ou dans les minutes qui ont suivi. Ça fait que c'est vraiment cette culture-là qu'on vise à changer avec le projet de loi.

M. Laforest (Alain) : M. Zanetti, j'aimerais ça revenir sur le plan du gouvernement, là, au niveau de... on sait qu'on a atteint 47 000, hier, on va traverser le 50 000 aujourd'hui. Est-ce qu'on est en train d'assister à un téléthon?

M. Zanetti : Un téléthon? C'est-à-dire?

M. Laforest (Alain) : Bien, un téléthon de recrutement, là. C'est comme Gagnant à vie, là.

M. Zanetti : Bien, je pense que les conditions qui sont données, elles sont bonnes et c'est une bonne chose, là. Ça nous montre que le problème de pénurie était causé par des mauvaises conditions de travail, là. Et ça, c'est quelque chose qui a été entretenu depuis longtemps par le gouvernement actuel, pas le gouvernement... les gouvernements précédents aussi.

Donc, moi, je peux juste me dire, bien, s'il y a tant de monde qui sont intéressés, alors pourquoi est-ce qu'on ne donne pas des meilleures conditions de travail dans les autres domaines cruciaux où est-ce qu'il manque du monde? Donc, je pense qu'en ce moment avec la crise, en plus, sanitaire qu'on connaît, on ne peut que se réjouir que les gens veuillent aller faire cette formation-là puis servir les aînés.

Maintenant, la question, c'est qu'il ne faut pas qu'on crée d'autres problèmes ailleurs, il faut qu'on augmente les conditions ailleurs aussi.

M. Lavallée (Hugo) : Mais, quand vous parlez d'ailleurs, est-ce que vous parlez juste des ressources intermédiaires ou de tous les secteurs d'activité économique, du genre rehausser le salaire minimum, là, comme vous avez déjà prôné?

M. Zanetti : Bien oui. La question, c'est que les RI, c'est plus... c'est un... c'est quelque chose qui les inquiète à plus court terme parce qu'ils ont déjà des préposés aux bénéficiaires. Des fois, les préposés aux bénéficiaires qui n'ont pas toute la formation complète et puis, donc, qui vont aller s'inscrire là, et puis ils ont des salaires moins élevés, donc, pour le même travail, ils se disent : Tant qu'à faire la même affaire, aussi bien le faire avec de meilleures conditions, ce qui est un réflexe tout à fait normal.

Puis c'est parce qu'on veut engendrer, hein... On veut être attractif qu'on fait, ça, et je pense que ça, c'est une bonne chose. Maintenant, il faut s'attendre à ce que, oui, partout, là il y a des services, bien, il y a des gens qui vont y penser à deux fois, reconsidérer. Puis on va peut-être, si on maintient des mauvaises conditions, créer des pénuries dans ces secteurs-là.

Donc, oui, ça passe effectivement par l'augmentation du salaire minimum. Mais, dans le fond, ce qu'il faut se demander, c'est... Il faut s'attarder aux inégalités sociales puis regarder partout là où il y a des services essentiels avec des gens qui ne sont pas payés cher... bien, il faut s'attendre à ce qu'on crée des problèmes.

M. Bergeron (Patrice) : Mais, M. Zanetti, tout à l'heure, donc, on parlait du fait qu'on pourrait leur imposer un décret, ce qui avait déjà été... ce qui a été demandé par des syndicats d'ailleurs pour tout ce qui est le secteur des RPA, où il y a des préposés aux bénéficiaires aussi. Mais, en ce qui a trait maintenant à égaliser les conditions de travail, ça veut dire qu'on donnerait à tout le monde 20 quelques dollars de l'heure pour être certains qu'il n'y ait pas de pénurie nulle part? J'ai du mal à vous suivre là-dessus, là.

M. Zanetti : Bien, c'est qu'il faut qu'il y ait des bonnes conditions partout pour les mêmes secteurs d'emploi. Sinon, on ne va pas vraiment régler le problème, on va juste le déplacer. C'est ça qu'on dit.

M. Bellerose (Patrick) : Est-ce que c'est 26 $ partout? Est-ce que c'est 26 $ pour un préposé en RI, en résidence pour aînés privée?

M. Zanetti : Bien, je ne veux pas avancer de chiffres, là. Moi, je trouve que les conditions qui sont données là, elles sont bonnes. Les bonnes conditions attirent du monde. C'est un bon résultat. C'est les résultats que collectivement on veut tous. Alors, c'est parfait.

Maintenant, l'affaire, c'est que, si on ne donne pas la même chose à tout le monde pour le même type d'emploi, bien, on va créer des pénuries.

M. Laforest (Alain) : Qu'est-ce qu'on fait avec les infirmières auxiliaires, qui vont se retrouver au même salaire que les préposés aux bénéficiaires?

M. Zanetti : Bien, alors là, il faut que... C'est... Il faut revoir la rémunération, peut-être, là. Il faut se dire...

M. Laforest (Alain) : ...tout le monde monte.

M. Zanetti : Bien, il faut que tous ceux qui sont plus bas et qui font un service similaire ou essentiel, ils soient augmentés. À moins qu'on veuille qu'ils quittent leur emploi, là.

M. Laforest (Alain) : Je ne parle pas de ceux qui sont plus bas. Les infirmières auxiliaires, là, elles sont déjà dans le réseau, elles ont déjà un salaire. Mais, en montant les préposés aux bénéficiaires à 26 $ l'heure, ils viennent gagner presque le même salaire que les infirmières auxiliaires puis ils n'ont pas les mêmes tâches, les mêmes responsabilités, là. Est-ce qu'on doit les hausser aussi?

M. Zanetti : Bien, il faut négocier ça avec eux autres.

M. Bergeron (Patrice) : Vous avez évoqué tout à l'heure, donc, le cas des services de garde, par exemple. Donc, là encore, on pourrait à peu près l'équivalent du salaire des préposés aux bénéficiaires pour être certains que les gens ne partent pas de leurs services de garde pour aller travailler comme préposés aux bénéficiaires, c'est ça? Donc, 26 $ ou...

M. Zanetti : Bien, je ne veux pas avancer un chiffre, là. Ces choses-là doivent être vues, tu sais, avec l'ensemble des informations puis en négociant avec les acteurs du milieu. Mais le principe sur lequel j'insiste, c'est qu'il faut s'attaquer à cette question-là de la rémunération dans d'autres secteurs, sinon on va déplacer le problème de pénurie qu'on avait puis on ne sera pas plus avancés.

La Modératrice : Une dernière en français s'il vous plaît.

M. Lavallée (Hugo) : Les bonnes conditions de travail pour les préposés, c'est parce qu'il y a un besoin spécifique qui est urgent, jugé prioritaire par le gouvernement. Si on se met à donner des hausses de salaire à tout le monde, est-ce que ça ne vient pas annuler l'effet de priorisation qu'on veut donner là où il y a une urgence? Parce qu'on va se buter au même problème, de dire : Bien là, on ne peut pas se permettre d'augmenter les masses salariales à ce point-là. Donc, on ne peut pas augmenter un, parce que là, on augmenterait tout le monde. C'est un peu ce qui bloquait les hausses de salaire aux préposés ces dernières années.

M. Zanetti : Bien, c'est un gros problème, puis la source de ce problème-là, c'est les inégalités qui étaient importantes au Québec ces années-ci puis qui le sont encore. Puis là, on voit juste les conséquences de ça dans des moments de pénurie puis de crise sanitaire extrême.

Alors, l'idée, c'est de dire : Comment on va regarder ça? Effectivement, il faut prendre tout en compte. C'est une question très complexe. Je n'ai pas la prétention de pouvoir la régler en disant : Ah! lui, il doit gagner tant, lui doit gagner tant, lui doit gagner tant. Mais il faut certainement que le gouvernement s'affaire à ça puis qu'il regarde aussi quels sont les secteurs qui, en ce moment, souffrent le plus de ces inégalités-là et sont le plus susceptibles de se voir vider de leur personnel pour aller travailler dans les CHSLD.

La Modératrice : On va continuer en anglais, s'il vous plaît.

M. Laforest (Alain) : 1 % d'augmentation pour les employés de l'État, ça représente combien, savez-vous?

M. Zanetti : Là, je ne veux pas rentrer dans les détails de chiffres, ce n'était pas l'objet de mon point de presse ce matin.

M. Laforest (Alain) : Non, mais c'est parce que vous réclamez des hausses, donc, en bout de ligne, c'est tout une question d'argent. L'État a une capacité x de payer.

M. Zanetti : Bien, c'est vrai puis...

M. Laforest (Alain) : 1 %, c'est combien, le savez-vous?

M. Zanetti : ...puis il peut augmenter ses revenus. Il y a plein... Tu sais, c'est un problème beaucoup plus complexe que la question de dire : Lui, il doit gagner ça, on doit faire ça comme ça, mettre tant d'argent. L'idée, c'est de dire : Si on manque de revenus, il faut les augmenter. Et puis après ça, il faut créer de la justice puis de l'équité. Sinon, qu'est-ce qui va arriver? On va juste déplacer le problème au lieu de le régler. Ça fait que ça, c'est... personne ne peut...

La Modératrice : Merci beaucoup. On va passer en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Good morning. I was wondering about the fact that it's... the number of people that are interested in giving their names, filling the application to become orderlies, it's a success if we look at the numbers. It's about 55 000, even more at this point. It's more than five times than what we were... that the Premier was expecting, so how do you see this? How do you understand the interest suddenly to become and orderly?

M. Zanetti : Yes. It's quite simple. When you give good conditions, good work conditions, you have people who want to do the job. And previously, we had a huge lack of working people, of people ready to do this task. Why? Because there was... their conditions were not good. So, right now, we see that you give good conditions, you have people who want to do it. So, when there are other essential fields, essential work that has to be done, you have to give good conditions, and you will get people.

Mme Senay (Cathy) : What is the ripple effect you expect with other professions, such as some nurses that are not having the same salary, that are not given the same salary, or any other professions, or other orderlies, because some unions are saying that now it creates different classes of orderlies. So, what is the ripple effect you expect to see?

M. Zanetti : Well, if we don't raise the work conditions of other people in the system right now, there... we might just move the problem from a place to another, and we will create another lack of people there. So, that's a problem.

Mme Senay (Cathy) : Can I ask you about... This afternoon, you know, about the bill that will be tabled about how to revamp the economy, it's going to be very, very important to basically revamp the Québec economy. And Mr Dubé and Mr Girard, they said, a few weeks ago, that they want to accelerate things giving out contracts. Being the critique for Public Security, what's the challenges you see ahead when you really want to speed things and you know the society, Quebeckers want you, as a Government, to speed things up?

M. Leduc : The danger is quite clear, it's to have another UPAC show again. This history might repeat itself again. We might be very prudent about that, we understant the urgency, we understand the will to go faster, but there's always a manner and a way to go faster, but by respecting prudence measures that will ensure that... not people will profit from this situation, as they did in the past years.

Mme Senay (Cathy) : So, as a critique, what do you say to the Government, and what do you say to Quebeckers?

M. Leduc : I say to Quebeckers, first, we might start to be prudent ourselves, look around, if we see things, report things, if we see them, to UPAC, to Police, etc. To the Government, I say yes, I understand your hurry, but be sure that we are going to check you, as the Oppositions, on how you are going to manage things, how you are going to respect basic rules for giving out contracts, etc. We are going to check that very, very carefully, with my colleague Vincent Marissal as well, and we need to be sure that this period of time, which is special because we want to go fast, we want to boost our economy quickly, we need to be very prudent on how we do it to no repeat the same history again.

La Modératrice : Dernière question.

Mme Senay (Cathy) : Because it's going to be... well, you know, after a war...

M. Leduc : Yes, le plan Marshall, Marshall Plan.

Mme Senay (Cathy) : ...so much the economy and, like, the rules, the contracting rules are basically, I'm not sure, that, you know, are followed that much, thoroughly, so, I mean, in this hurry, as you said, the rules are as not as important.

M. Leduc : There is a danger that they want to just take them out in a way to go faster, but it's not a good idea, we need to respect the rules we have taken... we have put in place in the… «à la suite de»... following up the Charbonneau Commission, all those in recent years, we need not to make a step back, we need to be strong about those critics, those rules. We need to have a discussion as well on a much broader team about the environment, for example. So, all these contracts, we are going to put out, all those projects, we are going to try to move faster, are they helping the environment or are they not? This needs to be another criteria we need to have on the pile of criteria we already have concerning the respect of the rules we have following Mme Charbonneau's commission. So, environment is going to be a big issue here as well.

La Modératrice : Merci beaucoup.

M. Lavallée (Hugo) : Pouvez-vous répéter en français, sur les contrats?

M. Leduc : Alors, la question des contrats qui seront rapidement mis sur la table, on l'imagine, dans les prochains jours, dans les prochaines semaines, pour accélérer l'économie, redémarrer l'économie, on comprend la hâte du gouvernement, on la partage dans une bonne mesure, cependant, on est là, les Québécois sont là, l'UPAC est là pour continuer à vérifier que les règles vont être respectées en matière d'émission de contrat. Et on veut aussi, nous autres, faire en sorte que le débat sur l'environnement s'intègre dans ces discussions-là, dans ces critères-là, même potentiellement à savoir : Est-ce que les projets faramineux qu'on risque de mettre de l'avant, les grands investissements vont être respectueux de l'environnement, vont aider à gagner la bataille contre les changements climatiques? C'est le genre de chose qu'on va regarder dans les prochaines semaines, mon collègue Marissal...

M. Lavallée (Hugo) : ...on parle de l'attribution de contrat...

M. Leduc : Bien sûr, la tentation peut être forte de dire : Il faut accélérer le pas et laisser de côté toutes les règles qu'on avait adoptées suite à la commission Charbonneau, et autres. Donc, nous, on pense qu'il faut le garder, il faut être vigilant. Il faut garder la discipline qu'on avait réussi à avoir, du moins, de manière alléguée jusqu'à date, aujourd'hui. Il faut la maintenir, il ne faut pas reculer sur ce point-là dans les prochaines semaines.

La Modératrice : Merci beaucoup.

M. Leduc : Bonne journée, tout le monde.

(Fin à 8 h 51)

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