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Point de presse de M. André Fortin, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé et services sociaux

Version finale

Le vendredi 5 juin 2020, 8 h 30

Salle Louis-Hippolyte-La Fontaine (RC.184), hôtel du Parlement

(Huit heures cinquante minutes)

M. Fortin : Bon matin. Bon matin à tous. Merci, merci d'être là.

Deux sujets ce matin dont on voulait parler avec vous, notamment, surtout en matière de santé.

On apprend ce matin dans les pages de la Gazette que 24 000 patients ont vu leur chirurgie de cancer reportée au cours des derniers mois. Je pense qu'au début de la crise tout le monde pouvait comprendre la nécessité de faire la chose, mais ce qu'on apprend également dans les pages de la Gazette, c'est qu'il n'y a toujours pas de plan compréhensif au gouvernement pour rattraper ces chirurgies-là.

Alors, si on se met dans la peau, là, ce matin des 24 000 patients, de leurs familles, qui ne savent toujours pas quand ils vont avoir accès à cette chirurgie, qui ne savent toujours pas l'étendue de la progression du cancer, qui ne savent toujours pas s'ils vont pouvoir avoir accès aux soins dont ils ont besoin, il y a des questions qui se posent.

La ministre de la Santé doit arriver aujourd'hui avec un plan compréhensif, avec un plan détaillé pour que tous ces gens-là, au Québec, qui sont inquiets à propos de leur état de santé, à propos de l'état de santé de leurs proches, puissent savoir quand, comment, où ils vont avoir accès à ces chirurgies-là.

Deuxième point par rapport à la santé. Il y a quelques semaines, la ministre de la Santé s'est présentée devant vous et a détaillé les détails ou a présenté les détails de On vous écoute, qui est essentiellement une adresse courriel où les gens peuvent envoyer leurs préoccupations par rapport à ce qu'ils voient dans le réseau de la santé, notamment les employés, les bénévoles, les gens qui sont sur place, soit dans les hôpitaux, dans les CHSLD ou ailleurs dans le réseau.

Ce qu'on apprend ce matin, c'est que cette adresse courriel là, elle est envoyée au ministère et que les réponses qu'on donne aux gens, bien, c'est essentiellement : Ce n'est pas de la juridiction du ministère. On ne peut pas rien faire, c'est aux établissements à prendre acte et à prendre les décisions. Mais la ministre de la Santé elle-même avait demandé aux gens : Envoyez-nous votre information, dites-nous ce qui se passe, on va le régler.

Alors, on ne peut pas, d'un côté, dire aux employés du réseau de la santé : L'omerta est finie, envoyez-nous ce que vous savez, et, de l'autre côté, dire : Bien, on ne le réglera pas parce que c'est aux établissements à le faire, ce n'est pas à nous.

Il y a un enjeu, là. La ministre de la Santé doit prendre ses responsabilités. Quand on est ministre responsable d'un dossier, on est responsable de ce qui se passe dans les établissements du gouvernement du Québec. Alors, on ne peut pas simplement dire ou simplement offrir comme réponse : C'est aux établissements, nous, on s'en lave les mains. La ministre elle-même, si elle voulait de l'information, c'est parce qu'elle doit la corriger.

M. Laforest (Alain) : C'est du grand n'importe quoi, là.

M. Fortin : Bien, c'est de la politique spectacle de la part de la ministre de la Santé. Honnêtement, si elle n'avait pas l'intention de corriger ce qui lui est présenté... Et il y a des enjeux de base qui lui sont présentés, là, des enjeux qu'on connaît tous, qu'on sait tous. Mais aujourd'hui on lui rapporte : dans tel établissement, à tel moment, il y a du déplacement de personnel d'une zone chaude à une zone froide, et la réponse même du ministère de la Santé, c'est : Ce n'est pas à nous de le corriger. C'est à eux de le corriger, et on s'attend à ce que ça soit fait. Les gens qui rapportent cette information-là, ils le font pour que le ministère prenne action.

M. Laforest (Alain) : Un mot sur Bombardier. Est-ce qu'on doit financer à nouveau? Est-ce qu'on doit inviter les dirigeants à venir? Là, c'est l'hécatombe.

M. Fortin : Bien, c'est... En fait, ce n'est pas une mauvaise idée d'inviter les gens de Bombardier à venir s'expliquer sur la situation actuelle, à venir nous dire s'il y a lieu de prendre action de la part du gouvernement, comment on peut aider les employés à se replacer ailleurs.

Mais de bien comprendre la situation actuelle de Bombardier, je pense que ce serait de l'information qui serait utile pour beaucoup de Québécois, pour beaucoup d'entre nous, pour beaucoup de décideurs publics également. Je pense qu'on nous doit ça, du côté de Bombardier, au minimum, là, une explication sur ce qui se passe à l'intérieur de l'entreprise et les raisons pour lesquelles ils prennent cette décision-là aujourd'hui.

Mme Crête (Mylène) : Vous avez beaucoup de critiques envers le projet de loi n° 61. Or, l'ancien candidat à la direction du Parti libéral du Québec, Alexandre Cusson, dit que ça pourrait être un bel héritage si ça réussit à réduire la bureaucratie tout en maintenant les évaluations environnementales, en tout cas, les consultations en amont. Qu'est-ce que vous pensez de son propos?

M. Fortin : Bien, comme ancien élu municipal, je peux comprendre la position de M. Cusson. Tout le monde veut voir des projets avancer plus vite. Tout le monde, dès qu'on parle d'un projet, là, c'est parce qu'on a déjà identifié un besoin et qu'on veut le combler.

Là où on a un enjeu avec le projet de loi n° 61, c'est dans le comment on va y arriver. Le gouvernement nous demande essentiellement un chèque en blanc et nous dit : On veut procéder avec tel, tel, tel projet, mais on ne sait pas quelles balises environnementales il va y avoir, on ne sait pas comment on va négocier avec les gens à propos des expropriations. Le gouvernement s'approprie toutes sortes de pouvoirs, et il y a des choses dans le projet de loi n° 61 qui n'ont pas leur raison d'être. L'état d'urgence sanitaire, entre autres, là, il n'y a pas de raison d'avoir ça à perpétuité comme on le demande dans le projet de loi n° 61.

Alors, l'objectif général du projet de loi n° 61, s'il est d'aider à la relance économique du Québec à travers des projets bien spécifiques, on peut comprendre. Mais c'est dans la façon de faire du projet de loi... alors il y aura nécessairement, là, des négociations avec le gouvernement. S'ils veulent avancer avec ce projet de loi, il y a des choses sur lesquelles on va devoir se parler.

M. Lavallée (Hugo) : ...philosophie du ministère de l'Environnement, là, où on dit : Il faut aider, là, les promoteurs...

M. Fortin : Bien, le ministère de l'Environnement doit travailler avec les promoteurs à trouver des solutions. Alors, de ce côté-là, je pense que ce sera bien vu, mais, en même temps, il y a des exigences environnementales par-dessus lesquelles on ne peut jamais passer. Il y a une raison pour laquelle ces exigences environnementales sont là. Si on peut aider les promoteurs à trouver des solutions, plutôt que simplement leur dire : Bien, ce que vous proposez ne fonctionne pas, parce qu'on a les experts au ministère de l'Environnement, faisons-le. Mais d'accélérer des processus environnementaux, d'outrepasser certaines réglementations qui sont très clairement établies, certaines étapes des processus environnementaux, on ne peut pas faire ça.

M. Bellerose (Patrick) : ...état actuel des choses, vous voteriez contre le projet de loi n° 61? M. Legault... pas de bâillon, donc... c'est l'opposition officielle qui...

M. Fortin : Bien, on aura des négociations. On a entendu que le gouvernement était ouvert à parler de certains aspects du projet de loi n° 61. Dans sa forme actuelle, on a des enjeux majeurs avec le projet de loi n° 61, on en a parlé hier. De simplement vouloir outrepasser, là, certaines des recommandations qui ont été adoptées, de la commission Charbonneau, nous, ça ne fait pas notre affaire. De vouloir exproprier des gens sans processus clair, ça ne fait fait pas notre affaire. D'aller tellement vite dans des processus environnementaux que nécessairement il y a des étapes qui vont sauter, ça ne fait pas notre affaire. De déclarer l'état d'urgence sanitaire à perpétuité sans avoir à le justifier, parce qu'aujourd'hui, il est justifié, l'état d'urgence sanitaire, mais de dire qu'on en aura besoin pour deux ans, on ne peut pas dire ça aujourd'hui.

Alors, il y a des enjeux, dans le projet de loi n° 61, qui font en sorte qu'aujourd'hui on aurait beaucoup de difficulté à l'adopter. Mais on est ouverts à une négociation, à des pourparlers avec le gouvernement.

M. Bergeron (Patrice) : M. Fortin, concernant toujours les enjeux en santé, là, votre portefeuille de critique, vous avez parlé, donc, de la liste d'attente des chirurgies, vous avez parlé du site On vous écoute. Mme McCann se lève souvent en Chambre et puis donne des réponses rassurantes, mais est-ce qu'elle règle les problèmes? Est-ce que, depuis le début de cette pandémie-là, Mme McCann règle les problèmes puis ce qui arrive ou est-ce qu'elle est toujours en train de courir après des urgences sans rien régler?

M. Fortin : Bien, on a l'impression qu'elle veut régler les problèmes. Quand on entend Mme McCann parler, on entend son discours, et je la connais, là, je ne peux pas concevoir qu'elle est satisfaite, ce matin, en entendant qu'il y a 24 000 patients sur la liste de chirurgies et qu'il n'y a toujours pas de plan qui est adopté, il n'y a toujours pas d'orientation précise.   Là où il y a un réel enjeu, c'est qu'on dirait qu'il y a «disconnect» total entre ce que la ministre dit et ce qui se passe dans le réseau de la santé. La ministre a peut-être de bonnes intentions, mais soit elle prend des directives et elles ne se rendent pas dans le quotidien des travailleurs de la santé ou soit elle prend des orientations et elle ne fait pas le suivi nécessaire pour s'assurer, un peu comme la ligne On vous écoute, que ce qu'elle met de l'avant est réellement adopté par son ministère. Mais c'est elle qui a la responsabilité. Ça ne revient pas aux différents établissements, ça ne revient pas au sous-ministre. La responsabilité ministérielle engage la ministre de la Santé. On s'attend à ce qu'elle s'assure que tout ce qu'elle dit se fasse dans le réseau, ce qui, en ce moment, n'est pas fait.

M. Bellerose (Patrick) : ...Québec demande maintenant aux gens qui se sont présentés pour être préposés aux bénéficiaires de s'engager à travailler au moins un an. Est-ce qu'on aurait dû faire ça dès le début?

M. Fortin : On aurait probablement dû le faire dès le début, ça aurait simplifié la tâche de beaucoup de gens qui, peut-être, vont devoir passer, quoi, 80 000 personnes en entrevue au cours des prochains jours, mais c'est une mesure qui est appropriée parce qu'on parle de rémunérer les gens pendant la formation, on parle de leur offrir un salaire plus que convenable pendant la période de formation. Alors, de demander un engagement de la part de ces personnes-là à travailler un an dans le réseau de la santé, ça nous apparaît logique. Est-ce que ça aurait pu être fait plus tôt? Probablement que ça nous aurait sauvé des maux de tête et ça aurait sauvé des maux de tête aux gens qui devront faire tout le processus d'entrevue.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Vous avez proposé déposer un projet de loi pour obliger certains ratios dans le réseau de la santé. Est-ce qu'on devrait embaucher davantage que 10 000 préposés aux bénéficiaires?

M. Fortin : Bien, c'est un peu là notre proposition. Le premier ministre Legault, la semaine dernière, hein, ça fait une semaine et quelques jours, là, nous disait : On ne peut pas adopter les ratios parce que ça demanderait 20 000 personnes additionnelles dans le réseau de la santé. Là, aujourd'hui, il y en a 80 000, personnes, qui veulent travailler dans le réseau de la santé. Alors, il n'y a plus de raison de dire : On ne procédera pas avec les ratios. Le premier ministre a tout ce qu'il faut devant lui pour procéder avec des ratios pour s'assurer des conditions travail optimales pour nos professionnels en santé, mais s'assurer également des soins optimaux non seulement dans les CHSLD, mais que ce soit dans nos milieux hospitaliers ou ailleurs également, là. Donc, il ne manque rien en ce moment pour procéder avec les ratios. Le grand enjeu qui semblait faire hésiter le gouvernement, il est réglé.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Donc, est-ce que je comprends que vous l'invitez à embaucher 20 000 préposés aux bénéficiaires plutôt que 10 000?

M. Fortin :Bien, il n'y a plus de raison. En ce moment, là, si la seule raison que le gouvernement mettait de l'avant, c'était le manque de personnel, s'il n'y a plus de raison de ne pas procéder avec des ratios, on demande au gouvernement de s'assurer d'aller de l'avant avec ça, de voir à ce que les salles d'urgence, les CHSLD, les unités de soin général dans les hôpitaux soient... bien, que tous les besoins soient comblés et que les professionnels de la santé qui y opèrent soient en nombre suffisant. Est-ce que c'est 20 000? C'est l'estimation du premier ministre, mais, aujourd'hui, ce qu'on sait, c'est qu'il y a assez de personnel qui s'offre au réseau de la santé pour arriver avec des ratios sécuritaires.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Mais selon vos estimations à vous, il faudrait en embaucher plus de 10 000?

M. Fortin : Oui.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Bien, le chiffre de 20 000, est-ce qu'il apparaît crédible, là, est-ce que...

M. Fortin : C'est une question d'organisation du travail, ça va avec la question du temps partiel, temps plein. Ce qu'on sait, c'est qu'il y a assez de gens aujourd'hui qui veulent travailler dans le réseau de la santé, s'ils sont bien rémunérés, pour aller de l'avant. Encore là, il y a des enjeux de rémunération, parce que si on parle de bien rémunérer les gens dans les CHSLD, on sait qu'il y en a assez pour faire des ratios dans les CHSLD. Est-ce qu'il y en a assez qui voudront travailler dans les hôpitaux avec un salaire qui n'est pas celui qui est offert dans les CHSLD? Ça, c'est un autre enjeu.

Alors, dans toute cette question-là, ce que le gouvernement vient faire, c'est dire : On peut avoir plus de gens dans nos CHSLD. Mais, si on est incapables, par le fait même, si on est incapables d'avoir assez de personnel dans nos hôpitaux, si on est incapables d'avoir assez de personnel dans les CHSLD privés, si on est incapables d'avoir assez de personnel dans les soins à domicile, dans les ressources intermédiaires, bien, l'enjeu, il est encore là, ils ne pourront pas régler la question des ratios. Alors, il faut aller un peu plus loin que ce qui est proposé en ce moment par le gouvernement.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que le Québec a les moyens, si on voulait y aller, par exemple, à 20 000, là? Est-ce que vous croyez que le Québec a les moyens de se payer ça?

M. Fortin : Oui. Bien, c'est un choix de société. Nous, on pense que le Québec a les moyens et doit aller de l'avant avec le fait de doter nos hôpitaux, nos CHSLD, mais également tous les soins qui sont donnés par des professionnels, là, de doter ces services-là d'un nombre de professionnels appropriés pour que les Québécois aient les soins dont ils ont besoin. C'est ça qu'il vient faire, le projet de loi ratios. Alors, est-ce que le gouvernement a les moyens? C'est un choix de société. On demande au gouvernement de s'engager dans ce sens-là.

M. Lacroix (Louis) : Donc, vous dites : Dans la vie, on fait des choix. Si c'est un choix de société, on s'en va vers ça, mais on laisse tomber quoi? Parce qu'éventuellement il va falloir balancer le budget, puis l'argent, il ne tombe pas des arbres. Alors, on laisse tomber quoi pour favoriser cette mesure-là?

M. Fortin : Oui. Bien, nous, ce qu'on dit, c'est qu'aujourd'hui, là... Et l'estimation du coût des projets ratios était d'environ 350 millions de dollars, initialement. Maintenant, avec le fait que le gouvernement augmente les salaires dans certains secteurs, ça peut varier, j'en conviens, mais nous, ce qu'on dit, c'est que les ratios, là, ça doit être en haut de la liste parce que ce sont... Des ratios, ce que ça veut dire, c'est de donner des bons services aux Québécois, s'assurer des conditions de travail sécuritaires, s'assurer qu'il n'y a plus jamais un préposé ou une infirmière pour 108, 125, 176 patients dans un établissement, mais...

M. Lacroix (Louis) : Je comprends ça, mais on laisse tomber quoi dans un budget? Quand tu dis : O.K., parfait, on favorise ça parce que maintenant, c'est ça qui est important... Il faut équilibrer le budget éventuellement, alors qu'est-ce qu'on fait pour l'équilibrer?

M. Fortin : Mais vous verrez tout ça dans notre cadre financier préélectoral, je n'en ai aucun doute.

Une voix : O.K., d'accord...

M. Fortin :Je vous remercie.

Mme Senay (Cathy) : ...

M. Fortin : Oh! pardon. I'm sorry.

Mme Senay (Cathy) : Sorry to jump in.

M. Fortin : No, no, no, I'm sorry.

Mme Senay (Cathy) :Bombardier. What is your reaction about the fact that now Bombardier is cutting 2,500 jobs and 1,500 in Québec, in Montréal, after all the Government has done for this company?

M. Fortin : Well, Bombardier is operating in the same environment as everybody else, right? And if you look at the global environment in Québec, 20 % of businesses in Québec have laid off 100 % of their employees. So it's a hard context for... it's a difficult context for everybody right now and Bombardier is no different than anyone else.

But I think it would be useful and it would be a good idea to have the CEO of Bombardier, to have its «dirigeants»... I forget... its board of directors or its presidents and vice presidents here, at the Assembly so that we can all understand what is happening with this company, why it has to lay off so many people, and what Government can do.

And that is really... the main thing, right now, is : What can Government do for all these employees who are losing their jobs? We're in a different context than when other companies had to lay off people and the Premier just basically said : Well, it's a good economic context, people will find other jobs. Right now, it's a difficult economic context. So how can we really understand the needs of these people and what is Government proposing in order to make sure that they don't fall between the cracks?

Mme Senay (Cathy) : So this question, what the Government can do for you, will be there for months. Like, it's a question that the Government will have to ask itself for months...

M. Fortin : Yes.

Mme Senay (Cathy) : Because now you have the employment rate that came out for May. In April, the unemployment rate in Québec was 17 %. Now it's 13.7 %. So how do you see this? There is hope or it's just because the Québec is reopening its businesses in other sectors?

M. Fortin : Well, I think you heard it this week, Government is proposing a partial plan to relaunch the economy, right? An infrastructure plan isn't a plan to relaunch the economy, it's a plan to relaunch part of the economy. But there is still all these small business across Québec who will not survive this, who will have to lay off employees permanently.

And we can talk about the construction sector, we can talk about the aeronautic sector, but we have to look at it as a whole. And the Government of Québec right now has not come out with any solutions for small and medium businesses and their employees as to how these people will find employment in the coming months. You cannot ask somebody who works in a restaurant, somebody who works in the hotel sector to go work in construction. They simply don't have that training. So we have to find solutions that are not just infrastructure based, but that also can apply to everybody in various sectors across Québec.

Journaliste : So Bill 61 is...

M. Fortin : It's a partial solution. Everybody wants infrastructure projects to go ahead, but they don't address the needs of everybody who's lost their employment right now. You can't ask a waiter or a waitress, you can't ask somebody who works in the hotel sector to go work on the REM line, it's simply not going to work. We have to find other solutions, and that's why we're asking the Government to have immediate help for small businesses to survive this crisis.

M. Verville (Jean-Vincent) : The unemployment stats have been released today from Stats Canada, which are as high as 13,7 %. And considering the fact that the CAQ has said that they would give guidelines for restaurants to open... they haven't done so far, are they taking too long?

M. Fortin : It's a public health question. To be quite honest with you, there's a reason why Public Health shut down many sectors of the economy to start with, but you can't reopen everything at once either. Unfortunately, there are some sectors that are harder to reopen. Gyms, restaurants and other parts of the economy are suffering more than others, because it's taking longer for them to be able to reopen. But at the same time, it has to be done gradually. I think everybody in Québec will be very happy to get back to some sense of normalcy, people who've lost their employment temporarily will be happy to get back, but there are some of these businesses that simply will not make it through, whether it's because it's taken a long time or because some of the guidelines are very restrictive and make it so that companies will have a hard time even breaking even. So, that's why we're asking the Government to come out with very tangible help for small business, which it has failed to do so far.

M. Verville (Jean-Vincent) : But they don't even have their guidelines to open. I mean, why does it take so long? Is it normal, as summer camps are opening, and everything? So, why? Is it normal that it takes so much time to give guidelines?

M. Fortin : I think that's been... a generalized criticism of Government is that, when they come out with the announcement, they come out with the guidelines as well. A lot of people said they were caught off-guards. Even the municipalities were caught off-guards when Government announced : O.K., you can reopen your parks. But they did that on a Saturday, without providing real guidelines. So, having some sort of «prévisibilité», or reliability, or knowing what's coming ahead, and even have Public Health at one point say : O.K., we've established the guidelines, we expect you to be able to reopen in a certain time, would help businesses just better prepare for when they can fully reopen.

M. Authier (Philip) : What will it take for you to support Bill 61?

M. Fortin : Well, there are and there will be negotiations. There are parts of Bill 61 which, obviously, when we first looked at the bill, were completely unacceptable. Having a permanent state of sanitary emergency which allows the Minister of Health to have all sorts of powers to give contracts without any checks and balances is certainly part of the Bill that we don't understand why it's necessary, we feel that it's government going above and beyond the authority it can and should have.

And at the same time, for the rest of the bill, I mean, the objective of the bill itself, if the single objective of the bill is to help kick-start a part of the Québec economy, we're in agreement with the objective, but the way... Government's going about it, with seemingly very little concerns about the environmental process, is a big part of why we're opposed to the current standing of the bill. So, we'll have to have discussions with the Government and see where we stand at the end of those discussions. Thank you.

Le Modérateur : Merci.

(Fin à 9 h 10)

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