Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Point de presse de M. Joël Arseneau, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de santé, et M. Martin Ouellet, porte-parole du troisième groupe d’opposition pour le Conseil du trésor et en matière de stratégie numérique

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Point de presse de M. Joël Arseneau, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de santé, et M. Martin Ouellet, porte-parole du troisième groupe d’opposition pour le Conseil du trésor et en matière de stratégie numérique

Version finale

Le jeudi 20 août 2020, 9 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures neuf minutes)

M. Arseneau : Bonjour, mesdames et messieurs. Alors, aujourd'hui, c'est un rendez-vous important, c'est notre première rencontre avec le nouveau ministre de la Santé. On aura six heures d'étude des crédits avec M. Dubé, donc, évidemment, ça sera l'occasion non seulement de revenir sur les grandes étapes de la pandémie qu'on a vécues, mais des décisions des derniers jours également.

On sait que le gouvernement a déposé un plan d'action pour la deuxième vague, qui fait aussi le bilan partiel des ratés de la première vague. Plusieurs des propositions qui ont été déposées correspondent à celles qu'on avait faites dès les mois de mars, avril et mai. Donc, on s'en satisfait, mais pour ce qui est des moyens, pour ce qui est des ressources qui sont déployées sur le terrain, on a encore de nombreuses questions à poser au ministre.

On a également appris hier que le gouvernement souhaite un peu tourner la page sur la première vague en confiant à la Commissaire à la santé et au bien-être le soin d'examiner la façon dont les services ont été rendus dans le secteur de la Santé pendant la première vague. Alors, quand le gouvernement dit que le fin mot, aujourd'hui, c'est l'imputabilité, on voit qu'en décidant de déférer ce dossier-là à la Commissaire à la santé et au bien-être, bien, lui-même ne se sent plus imputable puisque la commissaire dépend, donc est sous la gouverne, du ministre lui-même.

On aurait évidemment… et on souhaite toujours une commission d'enquête indépendante. D'ailleurs, le premier ministre lui-même aime beaucoup se comparer à l'Ontario. L'Ontario, qui a un bilan beaucoup moins catastrophique que le nôtre dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées, a pourtant décider d'instituer une commission d'enquête indépendante, dont le résultat, les conclusions sont prévues pour le mois d'avril prochain, alors que, du côté du Québec, bien, on attendra des résultats en septembre prochain, donc on reporte très, très loin dans le temps des conclusions qui pourraient être beaucoup plus importantes… enfin, significatives pour améliorer les choses plus rapidement.

Ce qui est dommage dans le mandat qui a été donné à la commissaire, c'est qu'on pense qu'elle ne disposera pas des moyens suffisants pour aller au fond des choses; notamment elle n'a pas le pouvoir de contrainte et d'entendre des témoins. On dit que si elle le demande, on lui accordera. On dit même que si elle recommande une commission d'enquête indépendante, on pourrait considérer cette option-là. Or, ça nous reporte très, très loin dans le temps, alors que ce qui est important, je pense, pour les victimes, pour les familles des victimes, c'est d'aller au fond des choses rapidement, de pouvoir entendre ceux qui ont été confrontés au système de santé tel qu'il fonctionne plutôt que de voir le système de santé, là, avec la commissaire, examiner leur propre travail et l'apprécier entre eux. C'est ce qu'il faut craindre de la mesure qui a été annoncée par le ministre et le gouvernement hier.

Aujourd'hui, il sera également question, donc, d'autres sujets qui continuent de préoccuper la population au-delà de la pandémie. L'accès aux services de santé notamment a été dans l'actualité pendant la dernière année et demie. Le gouvernement a planché sur certains projets de loi, celui, par exemple, qui permettrait de décloisonner la profession des IPS. On est actuellement à l'étude des règlements, et ce qu'on craint, c'est que les règlements viennent contraindre encore la profession, alors que la loi visait plutôt à ouvrir la profession à des actes de diagnostic, par exemple, augmenter, donc, le pouvoir et les responsabilités des IPS, qui est largement inférieur à ce qu'on voit du côté des infirmières praticiennes spécialisées ailleurs au Canada. On est encore en retard là-dessus. Donc, on veut questionner le gouvernement et le nouveau ministre sur sa volonté réelle de décloisonner les professions pour améliorer l'accès aux services de santé.

Toute la question de la santé mentale est aussi extrêmement importante, et d'autant plus dans cette situation d'urgence sanitaire parce qu'on sait que plusieurs services... On a fait le délestage, en fait, de services dans le système de santé et les services sociaux ont lourdement écopé. Là, on voit une tentative du gouvernement de réduire les listes d'attente, mais quelle est la qualité des services qui est véritablement offerte? L'écho qu'on a du terrain, là, c'est que les gens qui ont été déployés, par exemple, des services sociaux vers les hôpitaux ou les CHSLD, reviennent à leur poste régulier et sont absolument débordés, ne peuvent pas faire un travail adéquat. En fait, ils sont déjà à bout de souffle, et ça, on le voyait encore dans certaines coupures de presse de ce matin. Les gens se demandent sur le terrain si les mesures qui ont été annoncées vont permettre de changer véritablement la donne pour faire face à la deuxième vague non seulement en santé, mais également en services sociaux. Alors, on questionnera le gouvernement là-dessus.

Pour ce qui est des promesses ou des engagements du ministère, par exemple, en ce qui concerne la fécondation in vitro ou le remboursement des appareils respiratoires pour l'apnée du sommeil, on se demande où sont rendus ces dossiers.

Je conclurais en parlant d'un tout autre sujet, mais je voulais mentionner quand même que les crédits permettent parfois d'obtenir des résultats. Je voulais mentionner que, dans l'étude des crédits sur les transports évidemment le transport aérien a été abordé, c'est fort important pour les régions, et le ministre s'est quand même engagé à maintenir un programme de réduction des tarifs aériens qui est important pour l'accès aux services aériens en région. Il a également envisagé la possibilité de prolonger l'aide d'urgence aux transporteurs parce que la pandémie n'est pas terminée et on aura sans doute besoin de maintenir les services essentiels aériens dans certaines régions. Et puis il a également parlé, là, d'un pacte de non-concurrence avec le transporteur Air Canada. On a hâte d'en savoir davantage.

Sur ce, je vais laisser la parole à mon collègue, Martin Ouellet.

M. Ouellet : Merci. Bon matin, tout le monde. Sur un autre canal de l'Assemblée nationale, si la santé vous intéresse, mais les finances et l'économie du Québec et notamment le Conseil du trésor vous intéressent aussi, on aura des crédits hyperintéressants aujourd'hui, d'autant plus qu'hier on a appris plusieurs choses, notamment par rapport à la volonté du gouvernement de mettre sur pied un nouveau projet de loi, et ils ont annoncé la fin, la mort du projet de loi n° 61. C'est quand même particulier considérant que le gouvernement du Québec, le premier ministre en chef, a fait la tournée du Québec pendant tout l'été pour casser du sucre sur les oppositions en disant que son projet de loi n° 61 était essentiel et primordial pour relancer l'économie du Québec et qu'il en avait besoin. Or, de retour ici, à l'Assemblée nationale, la première chose qu'on apprend, c'est : la nouvelle présidente du Conseil du trésor décide de mettre la hache dans le projet de loi n° 61 et nous proposer une nouvelle mouture qu'on verra assurément dès le début de l'automne. C'est ce qu'elle nous a confirmé hier soir.

À ce sujet, hier, on a questionné effectivement la nouvelle présidente du Conseil du trésor pour comprendre quelle était la réflexion derrière la sélection des différents projets parce qu'à notre avis plusieurs projets qui étaient déjà sélectionnés dans la première mouture du projet de loi n° 61 n'avaient pas besoin de toutes ces dispositions-là et de tout de cet armagédon d'armes nécessaires pour aller de l'avant plus rapidement. Et on a rapidement compris que, bien, il y a un peu de politique qui s'est faite avec le projet de loi n° 61, notamment dans les choix des projets.

J'ai posé la question à la SQI. Ça, la SQI, c'est l'organisation qui s'occupe de mettre de l'avant des projets d'infrastructure. Puis j'ai demandé au président-directeur général de la SQI : Est-ce que vous avez soumis une liste de projets avec lesquels vous aviez besoin de ces dispositions dans le projet de loi n° 61? Il nous a dit oui. J'ai posé la question : Est-ce que tous les projets qui sont dans le projet de loi n° 61 avaient besoin de ces dispositions? La réponse était non. Et, lorsque j'ai posé la question à la présidente du Conseil du trésor, à savoir est-ce que tous les projets ciblés, identifiés par la SQI comme étant nécessaires à aller de l'avant avec les dispositions du projet de loi n° 61 se sont retrouvés dans la liste, la réponse, c'est non.

Donc, politiquement, au-delà du fait que le gouvernement veut accélérer certains projets, il faut voir une manoeuvre politique et probablement une manoeuvre électorale d'avoir mis dans cette liste des engagements que le gouvernement de la CAQ n'arrivera pas à livrer, pas juste à cause de la pandémie mais à cause de l'organisation de leurs travaux, l'organisation ou le fonctionnement du gouvernement. Et donc ce nouveau projet de loi là qui sera présenté, pour nous, on a réussi à obtenir de la présidente du Conseil du trésor l'opportunité de discuter de la pertinence de chacun de ces projets-là par rapport aux dispositions qu'ils auront besoin dans le projet de loi.

Donc, on n'avait pas fait l'arbitrage lors du n° 61 à savoir pourquoi tel projet et l'autre projet avaient été mis à l'intérieur et pourquoi d'autres ne s'y trouvaient pas. Mais, cette fois-ci, pour la prochaine mouture, la présidente du Conseil du trésor devrait nous indiquer, pour chacun des projets, quelle disposition est nécessaire, et c'est là qu'on va comprendre pourquoi le gouvernement, au-delà du fait qu'il veut accélérer ses projets, il lui tient à coeur d'aller plus vite dans ses engagements électoraux.

En terminant, crédits en Économie aujourd'hui aussi avec le ministre de l'Économie. Hier, on a appris effectivement que le ministre a clairement identifié qu'il était intéressé lui-même, je vous dirais, comme ministre de l'Économie, à mettre Investissement Québec sur le banc… sur la ligne de départ pour prendre une prise de participation dans le Cirque du Soleil. Des discussions avaient lieu avant la transaction. M. Fitzgibbon nous a dit qu'ils étaient au courant des tractations et qu'ils regardaient d'un bon oeil la façon dont la transaction aurait pu se développer, et que si effectivement la Caisse de dépôt n'était pas intéressée à aller de l'avant, lui, avec Investissement Québec, serait intéressé à aller de l'avant.

Cela étant dit, on a d'autres projets à jaser avec le ministre de l'Économie. Il y a d'autres projets qui demandent l'intervention de l'État ou qui demandent, du moins, que l'État s'y intéresse. Alors, on va voir de quelle façon le ministre de l'Économie va vouloir intervenir. Il y en a plusieurs, je ne veux pas vous les dévoiler — mais certains sont déjà dans les médias — mais on a fait une recherche exhaustive sur quel projet le Québec mériterait l'attention et de quelle façon l'attention du Québec, par le ministre Fitzgibbon, va se concrétiser en le maintien d'emploi.

M. Laforest (Alain) : Question sur le cirque. Compte tenu des déclarations de Pierre Fitzgibbon hier, à votre connaissance, est-ce que Charles Emond de la Caisse de dépôt et Eric Girard des Finances ont menti devant les élus, qu'ils n'étaient pas au courant, qu'ils ont été avertis la veille de la transaction?

M. Ouellet : Oui, lorsque j'ai posé la question à M. Fitzgibbon, s'il y avait eu des discussions avant la transaction, il a été très transparent, il a dit : Oui, on en a parlé, j'ai parlé avec M. Sabia, j'ai parlé, après ça, avec M. Emond. C'était fluide dans les discussions. Parce que M. Fitzgibbon nous expliquait que, pour lui, c'était important de discuter avec la caisse pour connaître sa stratégie, ses moyens d'intervention pour être certain d'être complémentaire si la caisse y était ou tout simplement prendre la place de la caisse si la caisse ne décidait pas d'y aller.

Est-ce que M. Fitzgibbon a été clair, à savoir qu'il a été avisé avant ce que M. Emond a dit pour la date de la transaction? Il n'a pas été jusque-là, mais ce qu'on sait, c'est que M. Fitzgibbon nous a annoncé qu'il y avait une liste de 20, 25 entreprises qui regardent.

M. Laforest (Alain) : Mais votre compréhension, ce n'est pas, lors des crédits avec Charles Emond qu'Eric Girard n'était pas au courant et qu'il n'y a pas eu de discussion entre Charles Emond, qui était responsable du dossier sous le joug de Michael Sabia, il n'y a pas eu de discussion avec le gouvernement, alors que notre impression, hier, après les déclarations de Pierre Fitzgibbon, c'est qu'au moins il y a quelqu'un au gouvernement qui était au courant qu'il se passait quelque chose.

M. Ouellet : Absolument.

M. Laforest (Alain) : Est-ce que c'est ça que vous avez compris?

M. Ouellet : Moi, c'est ce que j'ai compris.

M. Laforest (Alain) : Donc, il y a quelqu'un qui n'a pas dit la vérité ou il y a quelqu'un qui… C'est ça que j'essaie de comprendre, selon votre point de vue, là.

M. Ouellet : La véritable question… Puis c'est ce que M. Emond nous a dit, quand on a procédé à l'annonce de la transaction, on a avisé le gouvernement 24 heures avant. Mais est-ce qu'il y a eu des discussions entre le gouvernement et la Caisse de dépôt sur le Cirque du Soleil avant l'annonce de la transaction? M. Fitzgibbon a été clair, la réponse, c'est oui. Il lui parlait constamment.

M. Laforest (Alain) : M. Girard a dit non, lui.

M. Ouellet : Oui, pour ce qui est de lui-même, M. Girard, mais M. Fitzgibbon a dit lui qu'il lui parlait. Alors, est-ce que M. Girard était autour de la table lors des discussions? Je ne sais pas, je n'étais pas là, mais M. Fitzgibbon a été clair : Je parle régulièrement à M. Emond. On échange pour comprendre les prises de position de la caisse, à quel endroit ils sont. Et, moi, à titre de mandarin de l'État avec le ministre de l'Économie, est-ce que je peux être capable d'intervenir avec Investissement Québec? C'est le genre de discussion qu'ils ont.

M. Laforest (Alain) : Ça vous dit quoi, tout ça?

M. Ouellet : Pardon?

M. Laforest (Alain) : Ça vous dit quoi, tout ça?

M. Ouellet : Bien, ça veut dire que la caisse, et Investissement Québec, et le ministre de l'Économie travaillent en étroite collaboration. Et ce que ça me dit... Puis j'ai posé la question aussi à M. Emond, j'ai dit : Écoutez, lorsque M. Legault vous a nommé, il a dû vous parler de son nationalisme économique, il a dû vous identifier ses intentions, ses intérêts à travers différents projets possibles, ça a dû teinter votre jugement, ça a dû vous amener à avoir une... pas une pression indue, mais, sachant que le premier ministre veut ça, comme dirigeant numéro un de la caisse, ça a dû teinter votre jugement. Tu sais, c'est ça qu'on cherche à savoir. Est-ce que c'est la caisse indépendamment qui a pris une décision ou c'est la caisse, avec les tractations du gouvernement ou avec les discussions… ont compris que le gouvernement du Québec voulait que la caisse soit présente dans le Cirque du Soleil?

M. Bergeron (Patrice) : Est-ce que voyez d'un bon oeil le fait qu'Investissement Québec pourrait embarquer et que le cirque pourrait revenir dans un giron québécois, considérant aussi que, selon les décisions ou les documents judiciaires, ce serait peut-être déjà trop tard, non, pour déposer une offre, là?

M. Ouellet : Bien, ce qu'on a compris hier, ce que M. Fitzgibbon nous a expliqué hier, c'est qu'évidemment ceux qui ont acheté, c'étaient des créanciers, mais ce n'est pas des opérateurs en tant que tels. Donc, le pari qu'il faut, c'est que tôt ou tard ils auront besoin d'opérateurs, de gens crédibles, de gens outillés, de gens compétents dans le domaine, et qu'ils auraient probablement besoin d'aide pour aller de l'avant pour continuer à faire progresser le cirque, qui était en bonne progression avant cette pandémie. Ça ouvre donc la porte à un nouvel actionnariat avec un nouveau membre, et, oui, M. Fitzgibbon nous a dit hier que ça l'intéresserait. Je veux dire, au final, il nous a dit que, si la caisse n'y était pas allée, il y serait allé avec Investissement Québec. Donc, hier, je pense que M. Fitzgibbon a été très clair et très transparent. Pour lui, le Cirque du Soleil représente un actif important que le Québec devait garder. Là, on l'échappe. Est-ce qu'il pourrait y avoir une opportunité pour le Québec de se repositionner? La réponse, je pense que c'est oui. Mais est-ce que le Québec sera présent, et à quelle hauteur? Je n'ai pas encore la réponse ça.

M. Bergeron (Patrice) : Concernant le p.l. n° 61, juste pour revenir sur cet enjeu-là, tout à l'heure, l'opposition officielle a dit qu'elle était ouverte à un p.l. nouvelle mouture n° 61, mais seulement pour des projets... les seuls projets qui ont été identifiés où il y a vraiment des problèmes d'obstacles réglementaires, d'expropriations, pour faciliter... Parce qu'elle dit qu'il y a un très petit nombre de projets qui pourraient être accélérés et qui devraient être accélérés.

Est-ce que vous êtes d'accord aussi avec cette forme-là, qui pourrait être un p.l. n° 61, mais beaucoup limité sur sa portée, seulement sur quelques projets qui doivent débloquer parce qu'il y a trop de limitations?

M. Ouellet : Absolument. Je ne suis pas en train de dire que je suis d'accord avec l'opposition officielle, ce que je suis en train de dire, c'est que, pour nous, ça a toujours été fondamental. Si on a besoin d'accélérer des projets, on veut comprendre lesquels, pourquoi et comment. Et, si on est capables... Et c'est ce que j'ai réussi à obtenir de la ministre LeBel hier soir, c'est que, dans la liste des projets, ils vont nous dire : Bien, dans ce projet-là, on a besoin de telle disposition. Et là ils vont nous convaincre de la véracité et de la nécessité d'adopter telle et telle disposition, ce qu'ils n'ont pas fait.

Alors, nous, ce qu'on veut enlever de cette fameuse liste, c'est les promesses électorales caquistes qu'ils ne sont pas capables de livrer, qu'ils veulent livrer avec ce projet de loi là. Et l'exemple qu'on a démontré hier… J'ai pris l'exemple de ma maison des aînés à Baie-Comeau. J'ai lu à la présidente du Conseil du trésor hier que les terrains étaient déjà en possession de la ville, que les papiers allaient être signés avec le CISSS—Côte-Nord. Donc, je n'ai pas besoin d'un p.l. n° 61 pour l'environnement ni pour l'expropriation, alors que ma maison des aînés se retrouve dans ce projet de loi pour bénéficier de mesures d'accélération. Donc, on veut tasser la politique, puis on veut s'assurer que les véritables projets qui nécessitent des moyens puissent être identifiés.

Mais il y a une place où est-ce que je loge comme l'opposition officielle, c'est qu'on a besoin aussi de ressources supplémentaires. Lorsqu'on a rencontré les différents syndicats du gouvernement, ils nous ont dit : Dans le cas des expropriations, si on peut faire plus vite, ce n'est pas une question de loi, c'est une question d'avoir des ressources supplémentaires pour faire le travail. Et c'est ça qui fait que, présentement, ça manque. Donc, oui, on peut aller de l'avant avec l'économie pour accélérer certains projets si on identifie bien quels sont les projets, quelles sont les dispositions qui sont nécessaires, qu'on met des mécanismes de contrôle et de protection, mais si on n'a pas de ressources supplémentaires, je pense qu'on rate la cible.

Mme Gamache (Valérie) : M. Arseneau, concernant le miniremaniement aujourd'hui, avez-vous l'impression que le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine sont mis de côté carrément par le gouvernement?

M. Arseneau : Ah! Le remaniement ministériel d'aujourd'hui, c'est un rendez-vous raté. Et, depuis plus d'un an, on demande au gouvernement de respecter les régions pour ce qu'elles sont... et qu'elles sont différentes, et elles ont des besoins différents, et qu'un seul ministre n'a pas la capacité de les couvrir toutes, et d'être à l'écoute de leurs besoins, et de livrer la marchandise. On le voit depuis plus d'un an.

L'occasion était idéale, puisqu'on faisait ce miniremaniement, de considérer la région de la Gaspésie et des Îles comme une région à part, celle du Bas-Saint-Laurent, également, et toute la région, là, de Chaudière-Appalaches. Cette décision-là nous laisse perplexes. On ne comprend pas pourquoi le premier ministre s'obstine à mettre ensemble des régions qui sont d'une si grande étendue, avec des besoins si différents, sous la responsabilité d'une seule ministre, qui visiblement ne peut pas... et ce n'est pas une question de capacité ou de compétences personnelles, c'est qu'on lui en demande trop. Et pourtant, la logique qu'on présente aujourd'hui, c'est de dire : Le ministre de la Santé en aura plein les bras, on va le remplacer, le ministre de l'Économie en aura plein les bras, on va le remplacer. La ministre Proulx en a déjà plein les bras avec les trois régions, on devait lui donner un appui, ce qu'on évite de faire, et c'est extrêmement malheureux.

Mme Gamache (Valérie) : Et pourquoi, selon vous, on vous oublie comme ça? Est-ce qu'il y a une raison?

M. Arseneau : Bien, il faut demander au premier ministre. Je ne sais pas pourquoi il s'obstine à ne pas entendre le cri des régions. Beaucoup d'élus locaux ont appuyé notre demande, également. Alors, moi, je ne peux pas lui prêter des intentions. Je regrette ces décisions malheureuses qui laissent un peu la Gaspésie, l'Est du Québec, en général, en plan.

M. Laforest (Alain) : ...vous êtes poli. On vous abandonne?

M. Arseneau : Bien, on reste polis, oui. On reste dans un mode constructif. On continue de proposer au gouvernement de se mettre à l'écoute des régions, puis on en tire certaines conclusions, à l'effet qu'il porte peu attention aux besoins de notre région. Et on pense que les citoyens aussi vont tirer les mêmes conclusions. Cela dit, on n'a pas le pouvoir d'influencer davantage le premier ministre que de lui demander, avec insistance, qu'il corrige le tir, hein?

M. Laforest (Alain) : Est-ce qu'elle fait son travail?

M. Arseneau : Elle fait son travail au mieux, mais c'est mission impossible pour Mme Proulx de couvrir trois régions aussi différentes avec le temps qu'elle a et les responsabilités qu'on lui impose, tout simplement.

Mme Gamache (Valérie) : Les autres partis d'opposition parlent d'une démarche électoraliste. Pour vous, est-ce que c'est électoraliste, ce miniremaniement-là, qu'on s'attarde à des régions limitrophes de Montréal?

M. Arseneau : Bien, en fait, le calendrier électoral, il est connu. Les élections de déroulent à date fixe. On va commencer la troisième année de mandat. Le gouvernement — je pense que l'analyse est juste — veut s'assurer de pouvoir être à l'écoute de certaines régions qu'il veut conserver… ou veut augmenter son score électoral. Bon, on peut en tirer certaines conclusions pour ce qui est de l'Est du Québec, oui.

M. Bergeron (Patrice) : Est-ce que vous me permettez de revenir sur une partie de votre allocution?

M. Arseneau : Oui.

M. Bergeron (Patrice) : En santé, tout à l'heure, vous avez dit que la commissaire en santé n'aura pas l'indépendance nécessaire parce qu'elle relève du ministre. Expliquez-vous. Vous craignez donc qu'elle ne puisse pas aller aussi loin dans ses conclusions? Expliquez-vous.

M. Arseneau : Oui. Bien, en fait, la raison... On compare, en fait, et on ne juge aucunement, là, les qualités de Mme Castonguay ou ses compétences, mais le rôle qu'elle doit exercer, c'est en soutien au gouvernement et au ministre dans l'évaluation de la performance du système de santé. Ce qui manque cruellement, c'est des pouvoirs de contraindre des témoins à venir se prononcer sur non seulement les aspects administratifs et de gestion du réseau, mais également sur, par exemple, les décisions politiques qui ont été prises ou encore sur ce que les citoyens, eux-mêmes, ont pu vivre durant la période de la pandémie.

En réalité, ce qu'on craint, c'est que ce soit une enquête qui se déroule entre les quatre murs d'un bureau, et donc qu'on consulte beaucoup de documents, mais qu'on n'écoute pas les gens qui ont vécu de près les drames qui se sont déroulés pendant toute la période de la pandémie et qu'on ne questionne pas les hauts gestionnaires et les politiques sur les décisions qui ont été prises en amont. Merci.

Le Modérateur : Merci...

Mme Fletcher (Raquel) : ...

M. Arseneau : Oh! OK, about the Cabinet shuffle?

Mme Fletcher (Raquel) : Yes.

M. Arseneau : All right. I think the Government is missing a good opportunity to reshuffle the Cabinet and separate the regions that… following the last election. The Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine region with the Lower St. Lawrence and the Chaudière-Appalaches are way too different and way too wide to be under the responsibility of just one single person. We've been asking the Government for the past year to shuffle the Cabinet to give each region their own minister, regional minister, as it was in the past. And we have a problem understanding how they can say that Minister Dubé will be too busy to take care of his own region, or Mr. Fitzgibbon will be very busy also, so we're giving his responsibility to Mrs. Proulx. And when it comes to Marie-Eve Proulx in all of the Eastern part of Québec, we don't seem to pay attention, and that's very regrettable.

Mme Fletcher (Raquel) : Thank you.

M. Arseneau : Thank you.

(Fin à 9 h 32)

Participants


Document(s) associé(s)