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Point de presse de M. Pascal Bérubé, député de Matane-Matapédia, et M. Martin Ouellet, député de René-Lévesque

Version finale

Le mercredi 14 octobre 2020, 13 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Treize heures deux minutes)

Le Modérateur : Donc, bonjour. Bienvenue à ce deuxième point de presse du Parti québécois. Vont s'adresser à vous aujourd'hui M. Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois, M. Pascal Bérubé ainsi que M. Martin Ouellet. La parole est à vous, M. Plamondon.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Alors, j'ai été très heureux de pouvoir rencontrer finalement en personne l'extraordinaire équipe de députés du Parti québécois. Ça a été une rencontre qui s'est déroulée sous le signe de la relance, sous le signe d'un esprit très positif. Donc, je ne peux que remercier les députés pour leur accueil.

Vous avez posé cette question très régulièrement, à savoir qui occuperait les rôles d'officiers, et j'ai le plaisir de vous annoncer que Pascal Bérubé a accepté de continuer à titre de chef parlementaire. C'est une demande que je lui ai faite et je suis très heureux de sa réponse. Il a toute ma confiance. Au poste de leader parlementaire, Martin Ouellet a également accepté de continuer. Et, au poste de whip et président du caucus, Harold LeBel a également décidé d'accepter mon invitation à continuer.

Donc, c'est l'identité des trois officiers, et c'est cette annonce-là que je fais aujourd'hui, puis c'est le fruit de discussions à l'interne entre les députés. Donc, plutôt que d'imposer, on a eu une discussion ensemble, à quel endroit chacun se voyait, quelle était la meilleure manière de continuer l'excellent travail, puis je l'ai dit souvent durant la course, des députés. On en est venus à cette conclusion-là en consensus, puis j'en suis très heureux.

Je souligne le rôle de notre équipe parlementaire et le rôle que je me donnerai dans le contexte de pandémie parce que c'est ce qui va nous occuper au cours des prochains jours. Je réitère à nouveau l'importance, pour le Parti québécois et pour moi, comme chef, de la transparence et de l'enjeu lorsque la population perd confiance. On a besoin de garder le lien de confiance avec la population à titre de gouvernement, les élus. C'est très important pour pouvoir se sortir de la pandémie de manière la plus rapidement possible et d'éviter, donc, des décès.

Et ce qu'on constate, c'est que le Parti québécois a joué un rôle important… Notamment, on a demandé et on continue à le demander, une enquête publique et indépendante sur les décès dans les CHSLD. Je souligne qu'on est maintenant à plus de 5 000 signatures, en quelques jours seulement, de Québécois qui disent : On veut une enquête indépendante sur ce sujet-là. C'est important parce que, pour l'avenir, on ne veut pas que ce genre de situation là se reproduise. Et, oui, la population a le droit de savoir, puis on a le droit d'avoir des experts indépendants qui se penchent sur comment on va faire mieux la prochaine fois. Et c'est le cas ailleurs dans le monde. Donc, pourquoi ne pas le faire ici?

On est également toujours en attente d'obtenir les avis de la Santé publique. Si on veut maintenir la confiance entre la population et le gouvernement, la Santé publique doit donner l'information. On doit pouvoir savoir quelles sont les recommandations, et donc, ultimement, séparer le politique de la science, parce que, dans plusieurs dossiers en ce moment, on constate qu'en tout cas c'est difficile à suivre, ce qui est politique et ce qui est scientifique. Et nous, dans la perspective de s'assurer qu'il y a de la confiance, que les gens adhèrent — l'adhésion, c'est directement relié à la confiance — on ne lâchera pas ce morceau-là et on va continuer de demander des comptes, de demander une transparence.

Donc, voilà les sujets de discussion qu'on a couverts ce matin, qui est le fruit de notre travail en ce premier avant-midi de caucus.

Le Modérateur : M. Bérubé va faire une courte allocution.

M. Bérubé : Bonjour, tout le monde. Je m'ennuyais un peu de vous depuis jeudi dernier.

Écoutez, j'ai accepté de reconsidérer ma décision d'être le chef parlementaire de notre formation politique suite à des discussions avec notre nouveau chef. L'idée, c'est toujours d'être utile à ma famille politique. L'équipe considère que j'ai bien fait le travail. Bien sûr, tout n'est pas parfait, mais je vais continuer avec la même fougue, la même combativité, la même rigueur que vous me connaissez à être le bras parlementaire de cette nouvelle chefferie, évidemment en étroite collaboration avec le chef, qui sera présent chaque jour où on siégera.

Alors, c'est moi qui adresserai les questions au premier ministre et qui jouera un rôle important pour assurer la cohérence et la cohésion de l'opposition de l'aile parlementaire. Je suis convaincu que notre action porte des fruits, notamment dans la pandémie, et de plus en plus de citoyens se tournent vers nous pour obtenir des réponses, et on sent une progression de l'appui de l'opinion publique à l'égard de notre action politique, et on a de grands espoirs pour le début de 2021.

Alors, la même équipe, avec mon collègue Martin Ouellet, que j'avais choisi comme leader, qui s'est avéré être un excellent choix, on va travailler pour que chacun de nos points de presse, de nos questions, de nos motions, de nos idées également puissent avoir une résonance à l'Assemblée nationale. Alors, j'ai accepté de relever le défi à nouveau, évidemment avec un rôle plus en mineur parce qu'on a un chef qui va occuper à la fois l'espace national et un espace ici aussi. Alors, mon rôle sera véritablement de coordonner l'aile parlementaire pour que ce que vous entendez et ce que vous voyez soit le plus pertinent possible pour les citoyens du Québec.

Alors, c'est l'engagement que je prends à nouveau, ce qui n'était pas prévu. Mais, quand je vous dis que je veux être utile à ma famille politique, c'est aussi de répondre aux défis, et le chef m'a proposé ce défi. On a conclu ça dimanche. Alors, ça me fait plaisir. Et alors on va se revoir assez souvent. Et puis j'espère que les Québécois comprendront qu'on est aussi engagés à leur protection de la santé, de leur économie puis de leur liberté que ne l'est le gouvernement du Québec, mais qu'on pose des questions qui n'ont pas de réponses. Et, en l'absence de réponses claires du gouvernement, les gens vont les chercher ailleurs. Si on veut créer de l'adhésion, il faut partager l'information. Et vous serez d'accord avec moi que le plus de données sont disponibles, le mieux c'est pour la compréhension de tout le monde.

Alors, je vous remercie. Et, si je suis bien l'ordre de présentation, j'ai l'impression que c'est mon collègue leader parlementaire, mon voisin d'en face, à Baie-Comeau, qui va venir dire quelques mots.

Le Modérateur : Exactement. M. Ouellet, la parole est à vous.

M. Ouellet : Merci. Donc, à mon tour de vous saluer. Je tiens à dire que j'ai accepté l'offre de Paul d'être leader parlementaire pour cette deuxième partie du mandat. Donc, merci, Paul, de ta confiance. Je pense que l'équipe parlementaire du Parti québécois a extrêmement bien travaillé dans les deux premières années par les questions qu'on a posées, les motions unanimes que nous avons obtenues, mais surtout par le ton et la façon dont on a questionné le gouvernement pour obtenir les réponses. C'est le même genre d'approche que je vais continuer avec Paul.

Évidemment, on aura des communications directes et fréquentes, considérant le fait que, comme chef, il sera, oui, des fois, à l'Assemblée nationale, mais aussi en train de parler à la population. Donc, pour moi, ça va être important de porter les priorités, le ton et l'intensité de mon chef ici, à l'Assemblée nationale. Et ce matin, avec les collègues députés, je me suis assuré que nous soyons encore cette grande équipe, unie, aiguillée, aiguisée, qui saura poser les bonnes questions et qui sera celle qui fera les meilleures propositions pour aider le gouvernement à trancher dans ce moment difficile qui est la gestion de la pandémie. Donc, merci, Paul, pour cette confiance.

Et je tiens à dire aussi que le fait qu'on a nommé aussi Harold comme président de caucus et whip, ça fait partie de cette cohésion que nous avions lors de la dernière année et que nous aurons encore pour la suite. Alors, effectivement, c'est un excellent choix d'avoir Harold avec nous, un homme de terrain, un homme de coeur, un homme qui est capable de nous souder, qui est capable de nous écouter et qui est capable de nous amener à élever notre jeu et d'être dans de très bonnes dispositions pour faire notre travail.

Donc, merci, Paul, pour cette confiance. Ça va me faire plaisir de participer à travailler avec toi. Merci.

Le Modérateur : Merci beaucoup. On va passer aux questions.

Mme Gamache (Valérie) : M. St-Pierre Plamondon, vous dites : C'est un caucus sous le signe de la relance. Pourtant, vous nous présentez essentiellement la même équipe. Pourquoi ne pas avoir fait de place, par exemple, à une femme au sein de cette nouvelle gouvernance du parti en Chambre?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Première chose, pourquoi, si, tout au long de la course, j'ai dit que l'aile parlementaire faisait de l'excellent travail, ne pas continuer à faire de l'excellent travail? Deuxième chose, j'ai dit ce matin que, pour moi, c'était essentiel de consulter l'équipe. Puis la question qu'on s'est posée en groupe, c'est qui veut faire quoi, qui va être utile où. Puis c'est quand même un privilège que les gens qui ont fait un excellent travail acceptent à nouveau de servir, acceptent mon invitation. Et mon point de vue là-dessus, c'est qu'il y a des choses qui doivent changer puis il y a un renouveau qui s'en vient au Parti québécois. Mais, lorsque j'ai dit, tout au long de la campagne, que l'aile parlementaire avait fait de l'excellent travail, je le pensais. Et ça va continuer parce que les gens qui faisaient cet excellent travail là seront toujours en poste, et ça, ça a été décidé en groupe, de concert. Donc, voilà.

M. Lacroix (Louis) : Avez-vous proposé le poste de chef parlementaire à M. Gaudreault?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ça a été discuté en équipe puis…

M. Lacroix (Louis) : Ma question, c'est : Est-ce que vous avez proposé ce poste-là à M. Gaudreault?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je n'ai pas fait de proposition formelle. Je me suis fié à l'équipe. Donc, l'important, pour moi, c'est de permettre à l'équipe de se prononcer sur qui, à leur avis, ferait le meilleur travail puis qu'elle était la volonté de l'équipe, et l'équipe a répondu avec la formation qui fonctionne déjà très, très bien, et c'est logique. Donc, je me range avec l'équipe.

M. Chouinard (Tommy) :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est ça. Ce matin, c'était ça, le sujet. C'est pour ça que ce matin, aux questions que vous aviez sur ce sujet-là, je ne pouvais pas répondre.

M. Chouinard (Tommy) : M. Bérubé a dit que, dimanche, ça a été serré.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, sauf que ce n'était pas… On a commencé les discussions sur la gestion parce qu'il y a plusieurs postes à nommer. Et il n'y avait aucune confirmation tant que tout le monde ne s'était pas exprimé. Tout le monde a eu la parole ce matin. Tout le monde, chaque député s'est exprimé sur ses volontés, sur là où il se voyait. Donc, on a eu une discussion qui était franche, et c'est pour ça que c'est seulement ce midi que vous avez ces réponses-là.

M. Lacroix (Louis) : Si on comprend bien, dans la mécanique et dans la façon dont ça s'est passé, le poste de chef parlementaire a été déterminé avant, donc, dimanche, selon ce qu'a dit M. Bérubé?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui. Non, mais, attention, il y a eu des rencontres parce que je devais parler aux officiers sur l'état du budget, les postes à combler. Donc, on a eu une rencontre globale. On a commencé à discuter de ça, mais il n'y avait pas de confirmation d'absolument rien. Et c'est ce matin… Puis c'est pour ça que j'attendais, je voulais parler à chacun des députés.

M. Lacroix (Louis) : Mais là M. Bérubé a dit : Ça s'est décidé dimanche.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, vas-y, si tu veux.

M. Bérubé : Dimanche, le chef avait une certaine vision de ce que ça pouvait être, mais c'est avalisé par le caucus, toujours. Il faut arriver avec des propositions. Alors, c'est vraiment ce matin que le caucus a avalisé cette décision-là. Mais évidemment il faut valider l'intérêt de tous. Le mien a été validé, confirmé ce matin par le caucus par le même processus par lequel j'avais été nommé en octobre 2018. C'était le caucus. C'était dans l'appartement de Sylvain Gaudreault, je m'en souviens comme si c'était hier, et là ça s'est fait en caucus. Donc, j'ai confirmé ce matin.

M. Lacroix (Louis) : O.K. Alors, vous n'avez pas fait, en clair, de proposition à M. Gaudreault pour qu'il occupe le poste de chef parlementaire. C'est ce que je comprends? Je ne vous parle pas de ce qui s'est passé ce matin, là, mais, pour le poste de chef, vous avez décidé ça, que c'était M. Bérubé hier… dimanche plutôt, et donc vous n'avez pas offert ce poste-là d'aucune façon à M. Gaudreault. C'est ça qu'on comprend?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : J'ai décidé de laisser du temps à M. Gaudreault et de ne pas mettre de pression parce que ma priorité, par rapport à Sylvain Gaudreault, que je respecte et qui a mené une bonne course, c'est qu'il ait tout l'espace et le temps qu'il désire. Mais j'insiste sur le fait que Sylvain s'est exprimé ce matin, chacun des députés se sont exprimés, et qu'on a pris une décision en groupe. Et je suis très fier de cette décision-là parce que ce que ça dit, c'est que les députés qui ont servi puis qui ont fait une différence positive au cours des dernières années veulent continuer, sont toujours motivés. Et donc, pour moi, c'est une forme d'accueil que je prends très positivement.

M. Chouinard (Tommy) : Quel est le rôle de M. Gaudreault?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Donc, on ne s'est pas rendus là. On a ouvert la parole à chacun sur comment chacun pouvait prendre sa place, mais je me donne définitivement… C'est parce qu'à court terme on avait ces postes-là à combler. Ça, c'est normal. Mais ensuite, sur le rôle de chacun, j'ai réitéré ce matin que je serais toujours ouvert à la participation de chacun et que, donc, la porte était ouverte, mais on n'a pas à se précipiter sur chaque aspect du rôle de chacun. On avait des devoirs à faire ce matin. Dans une période de temps, somme toute, courte, on a réussi. Et là il y a d'autres étapes. Il va y avoir d'autres annonces, évidemment. Mais là on y va étape par étape. C'est une première étape importante.

M. Bellerose (Patrick) : On comprend que, pour l'instant, de M. Gaudreault, il y a un certain froid, quand même.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, pas du tout. En fait, je lui ai témoigné ce matin du respect que j'avais pour lui, du fait qu'autant que lui, une course de neuf mois à la direction, ça crée des émotions, ça crée une fatigue très légitime. Mais je lui ai réitéré que j'ai beaucoup de respect et que je serai toujours équitable demain, dans une semaine, dans un mois, parce que, sur le plan humain, indépendamment des politiques publiques, sur le plan humain, une course de neuf mois, c'est énorme. C'est énorme.

Donc, ça a été un échange vraiment... Je suis content d'avoir pu lui dire ça en personne. Et ce n'est que les trois premières heures dans lesquelles j'ai pu parler au député, là. Vous imaginez évidemment qu'on en a pour des jours et des jours à se parler puis à faire avancer d'autres dossiers. Puis vos questions sont légitimes, là, mais je ne peux pas aller plus vite que le temps qui m'est imparti pour faire avancer les responsabilités, les dossiers, les postes. Il y a beaucoup, beaucoup de travail à faire.

Mme Crête (Mylène) : M. St-Pierre Plamondon, il y a trois députés, Sylvain Gaudreault, Véronique Hivon, Joël Arseneau, qui ont reconnu le racisme systémique. Est-ce qu'ils vont devoir se rallier à votre position?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ce matin, on en a discuté. J'ai laissé la parole à tous sur cette question-là. La position du Parti québécois, c'est celle que j'ai exprimée, à savoir qu'il y a du racisme institutionnel. On a eu peu de temps pour échanger les différents points de vue qu'on peut avoir sur ce sujet-là, mais on s'est entendus sur l'essentiel. J'ai demandé aux députés qu'on se mette d'accord sur le fait que le racisme institutionnel, ou peu importe comment on le qualifie, vis-à-vis les autochtones doit cesser, et je leur ai dit : Je vous demande, indépendamment des différentes terminologies qu'on peut utiliser, qu'on n'ait pas entre nous une guerre de mots, une guerre de terminologie, puis je vous demande simplement qu'on se mette d'accord sur le fait qu'on veut agir puis on veut que ça cesse.

Et je demande aux Québécois la même chose, honnêtement. On peut avoir une guerre de mots qui va durer pendant trois, quatre mois encore. Si c'est une excuse pour ne pas agir, on est dans l'erreur. Ce n'est pas un enjeu de terminologie et de sémantique. C'est un enjeu qui se vérifie. Moi, je pense que le terme «institutionnel», premièrement, remet en question la Loi sur les Indiens. Et je trouve ça incroyable qu'une motion ait été rejetée par la CAQ, qui demandait qu'on abolisse cette loi-là. Ça veut dire que le nationalisme de la CAQ, quand c'est le temps de remettre en question des institutions fédérales qui, depuis des siècles, causent un préjudice aux peuples autochtones, il y a un problème à ce niveau-là.

Donc, on va continuer d'être dans l'action puis on va continuer… On a fait une motion sur la sécurisation culturelle, unanime. Tu fais bien de le mentionner. On va continuer d'être dans l'action. La position du parti, c'est qu'il y a du racisme institutionnel et du racisme en général. On a fait déjà plusieurs démarches pour lutter contre le racisme, et ça va continuer. Et je demande à tous les Québécois, comme nous, on va le faire, au Parti québécois, de s'unir au lieu de se déchirer. Unissons-nous sur le résultat, sur l'objectif, c'est-à-dire l'abolition de la Loi sur les Indiens puis une remise en question de ce qui se passe dans certaines institutions québécoises pour que ce qui s'est produit ne se reproduise plus jamais.

Mme Gamache (Valérie) : Quelle est la différence entre du racisme dans les institutions versus du racisme dans le système? Quelle est la fine différence que vous voyez?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : La question est très bonne parce que je vous posais la question : Mais quel est le système? Le système, c'est un mot qu'on utilisait à l'époque du communisme, là. On peut parler de système de transport en commun, mais quel est le système dans une société? La question est au coeur de l'enjeu. Lorsqu'on parle d'une institution, on peut parler des services de santé. On la définit, l'institution, et ensuite on se dit : Qu'est-ce qui se passe dans cette institution-là? Est-ce que la structure, les règlements, est-ce qu'il y a d'autres facteurs pourraient amener une personne raisonnable à avoir des comportements discriminatoires? Ça, c'est précis et ça amènera, donc, des solutions précises.

Lorsqu'on dit qu'au contraire ce n'est pas important d'en faire un diagnostic, l'important, c'est que le système, de manière inconsciente, et c'est la définition de la commission des droits de la personne, le mot «inconscient», donc, de manière diffuse, le système fait quelque chose, ça rend le diagnostic très difficile. Et donc les solutions aussi originales et questionnables que la loi que Justin Trudeau a passée, où est-ce que là on va commencer à faire des programmes en fonction de la couleur de peau, moi, je pense que c'est d'accentuer dans la population la notion de race.

Au contraire, on doit s'unir contre le racisme. Et je pense que, dans le cas des autochtones, on a un cas tout à fait particulier parce que ce sont des nations. Elles sont reconnues comme telles et elles sont prises dans un cadre juridique qui, de l'avis de tous les experts, crée un apartheid, une ségrégation qui a des conséquences sociales puis qui crée, dans l'ensemble de la population québécoise, toutes sortes de situations qui n'existeraient pas si ce n'était pas de ce cadre-là.

Maintenant, je dis, à travers cette définition du mot «institutionnel», que, comme Québécois, évidemment qu'on va se remettre en question, évidemment qu'il y a des faits à trouver autour des événements qu'on a connus à Joliette, mais on va s'assurer que, s'il y a un enjeu dans une institution, bien, qu'on va faire le diagnostic puis on va agir également.

M. Bergeron (Patrice) : M. Bérubé, une seconde. M. Bérubé, dites-nous donc, voir, quels sont les motifs qui ont fait que vous avez changé votre décision, que vous avez décidé d'accepter. Vous avez dû réfléchir à des raisons, des arguments qui vous permettaient d'accepter, donc, ce retour, là, comme chef parlementaire.

M. Bérubé : Notre nouveau chef a un enthousiasme contagieux et très convaincant. Alors, s'il est capable de me faire changer d'idée, je pense qu'il est capable de convaincre bien des Québécois à nous suivre. Écoutez, c'est le sens du devoir qui me guide. Je suis au Parti québécois depuis 25 ans. C'est totalement désintéressé. Je suis assez d'accord avec Brian Myles, qui le dit dans Le Devoir hier, l'idée, c'est d'aider l'équipe. Et, si mon équipe considère que je peux les aider, tant mieux, puis je vais le faire, mais j'ai besoin de leur aide aussi.

Évidemment, c'est ingrat, être celui qui pose des questions au premier ministre. Ça l'était beaucoup au printemps. Ça l'est moins maintenant. Je vais tout faire pour mettre en valeur nos propositions et poser les questions importantes. Donc, la tâche ne sera plus tout à fait la même. Donc, par exemple, je ne siège plus à l'exécutif national, je ne suis plus le porte-parole national. Mon rôle est vraiment celui de l'aile parlementaire. Donc, je vais beaucoup travailler à mettre en valeur les députés. Et ça allège ma tâche, mais ça ne va certainement pas changer mon attitude en Chambre.

Alors, il me l'a proposé. J'ai passé la fin de semaine à y réfléchir. Ça a été testé avec le caucus. Ils trouvent que c'est une bonne idée, alors d'attaque…

M. Bossé (Olivier) : Mais là vous allez être plus porte-parole du chef?

M. Bérubé : Porte-parole du parti. Le chef, vous allez voir qu'il travaille en étroite collégialité. Alors, ça va être des positions communes, mais évidemment avec un leadership assumé. Écoutez, Paul a remporté avec une majorité très claire, 56 % des voix, avec un programme, et tout le monde a compris ça. Donc, c'est certainement que ça va inspirer l'action. Mais en même temps je ne vous cacherais pas qu'il y a une grande complicité sur les idées entre Paul et moi. Sur à peu près tous les thèmes, on a la même position. Puis je ne vois pas encore le thème avec lequel on n'aurait pas la même position. Donc, ça va faire un bon duo, je pense.

M. Bellerose (Patrick) : Est-ce que le ton va changer en Chambre?

M. Bérubé : Le mien?

M. Bellerose (Patrick) : Depuis deux ans, vous parlez d'opposition de proposition, de collaboration...

M. Bérubé : Bon, ça ne réjouira pas les caquistes, là, cette annonce-là, là, du nouveau chef, je vous le dis. Bien, ce n'est pas seulement le ton, c'est les thèmes qu'on a choisis. Je veux dire, quand, au printemps, on a été les premiers à parler du masque à Montréal, les premiers à demander qu'on sépare le politique de la santé publique, les premiers à demander qu'on rende publics les avis, et je pourrais vous en nommer plein d'autres comme ça, puis les autres oppositions ont suivi, je pense qu'on posait les questions les plus pertinentes.

Donc, en ce qui me concerne, ce n'est pas tellement le ton, mais c'est la pertinence et la justesse de nos interventions. Vous savez, on n'a pas énormément de visibilité puis on doit... On est en concurrence avec d'autres formations politiques puis d'autres cycles de nouvelles. Je pense qu'on a bien tiré notre épingle du jeu. Et je suis convaincu que vous allez voir, au cours des prochaines semaines puis au début de l'année 2021, une progression du Parti québécois. J'ai des raisons de le croire.

M. Bossé (Olivier) : M. St-Pierre Plamondon, avez-vous offert un poste d'officier ou d'officière, devrais-je dire, à Mme Hivon?

Le Modérateur : Ça va être la dernièrne question en français.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : …à nouveau, on a laissé la parole à tout le monde ce matin. Puis j'ai fait trois rondes de téléphones, puis ce n'est pas une question d'offrir un poste. Ce n'est pas comme si j'ai agi à l'aveuglette, en offrant des postes un par un et en ne se parlant pas, là. Donc, ça a été des rondes de téléphones, les unes après les autres, où est-ce qu'on a identifié les motivations de chacun et le rôle que chacun voulait jouer, et chacun est motivé à jouer un rôle. Puis je ne peux pas tout vous donner les rôles ensemble. C'est impossible. Ce matin, c'est les trois premières annonces. Il y aura d'autres annonces subséquentes. Mais Mme Hivon, Véronique, comme tous les autres… sont motivés. Et c'est davantage, pour moi, une question de donner un rôle que les gens demandent puis qui correspond à la volonté des autres députés également. Donc, on l'a fait en équipe. Je n'ai pas procédé à coup d'offres un par un, comme ça. Ce n'est pas du tout comme ça que ça s'est passé.

M. Bellerose (Patrick) : Sur la question de votre salaire, juste une précision, est-ce que votre parti est en difficulté?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Sur la question de…

M. Bellerose (Patrick) : Sur la question de votre salaire, est-ce que le parti est en difficultés financières, de dégager une marge de manoeuvre pour pouvoir...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : En fait, on n'est pas en période... on n'est pas en difficultés financières. Je vous confirme que plusieurs facteurs font en sorte qu'en ce moment le Parti québécois a des finances qui permettent des ajouts. Et je compte également, puis je l'ai dit durant la course, tout faire en sorte pour que le financement du Parti québécois permette de faire davantage d'initiatives.

Donc, une de mes missions comme chef, c'est l'adhésion de membres et de militants. Mais, en ce moment, puis vous l'avez vu sur mes médias sociaux, je parle beaucoup aux gens de financement parce que qu'est-ce qu'on dit à la population, c'est que le Parti québécois est de retour : esprit d'aventure, renouveau. On a maintenant besoin, pour tous ceux qui sont d'accord avec un nationalisme qui est assumé puis qui se distingue de la CAQ… parce que nous, on va jusqu'au bout des raisonnements, puis on fait des demandes, puis on ne tourne pas autour du pot : d'accord avec le projet de pays, d'accord avec une lutte aux changements climatiques qui est aussi crédible qu'ambitieuse. Je dis aux gens : Si vous êtes d'accord, faites un don.

Donc, il faut calculer aussi qu'au cours des prochains mois le Parti québécois va connaître une impulsion, et ça va se traduire également sur le plan financier, ce qui permet des options nouvelles.

Le Modérateur : On passe en anglais. Désolé, on passe en anglais. Il faut passer en anglais, je suis désolé. On a un point de presse demain. On posera cette question-là demain. On passe en anglais. On va y aller…

M. Chouinard (Tommy) : Non, mais juste une précision là-dessus parce que… juste ça, là, on parlait des finances, mais la dette du Parti québécois, elle est toujours là, non?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Pardon?

M. Chouinard (Tommy) : ...savoir si la dette était effacée. Il me semble que c'était assez...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Les chiffres ont vraiment évolué, au cours des derniers mois, dans la bonne direction. Donc, les ratios changent. Je n'ai pas à divulguer… Puis je n'ai pas tous les chiffres, là, mais c'est important de dire que la santé financière du Parti québécois, elle est là en ce moment. Ça, c'est un fait.

Le Modérateur : En anglais.

Mme Fletcher (Raquel) : Enchantée. Je m'appelle Raquel Fletcher, de Global News.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bonjour.

Mme Fletcher (Raquel) : I know that you were already asked this question this morning, but I just want to make sure I understand. Why is it that you're not asking one of your MNAs to step down so that you can have a seat in the National Assembly?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : I don't even see why I would do that. So I have a good team of MPs and they are capable of doing an excellent job, as they have demonstrated over the past two years. So I said during the race, and I said it numerous times, that it is a good thing to have a leader that will be here Tuesday, Wednesday, Thursday, but has the flexibility to go out there, and meet people, and take initiatives that would not be possible if I'm here doing the job of a «député». So it makes sense to keep that flexibility and it makes sense to me to keep our team together.

Mme Fletcher (Raquel) : Can you tell us what your strategy is, why you'll be… You're working on the ground, but you won't have the same visibility as you would have if you were sitting in the National Assembly. So you have an advantage, but you also have a major point against you, right?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : I don't see it as major because what's going to happen is that a «point de presse», as we have right now, I'm going to be doing that every single day. You'll see me a lot. So the odds that it becomes a major issue seem, to me, very low. And I have a team that has experience, and we're on the same page. We will do everything so that our message comes through. So, we'll see. Like, there's a wait-and-see approach in all that. But the bottom line is I don't see any reason, any fact that would prevent me, as a leader of the Parti québécois, to send our message and to be very present in the media.

Mme Fletcher (Raquel) : On the issue of racism, the Viens Commission uses the term «systemic racism». Why are you rejecting that term and using «institutional racism»?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Because I believe that «systemic» is a very broad term, and it leads to things like Justin Trudeau saying : Systemic racism is everywhere all the time, and we need to fight it everywhere. Racism is sometimes a reason for inequalities, but inequalities are not all the by-product of racism. Sometimes, social or economic inequalities are not related to racism. And I believe that we're better off using the term «institutional» so that we look in each institution what's actually going on, so that we come up with solutions that are connected with the diagnosis rather than to say it's out there, in the system, and then we have measures that are disconnected with the problems we want to solve.

That is, in the case of First Nations, though, I have to say, the main problem is «la Loi sur les Indiens». The Indian Act shouldn't exist in 2020. It shouldn't be there. And the Federal Government can cry, Justin Trudeau can do all sorts of theater pieces to say that he's sorry and he cares, it has never been abolished and it has to change. There is no reason for that. And that is an institution, that is a State being explicitly segregationist, doing a form of apartheid. It's not acceptable. It has to change. And it's not under our power because we are not independent. But, let me tell you, and I said that during the race, when we become independent, the first thing we will do is break that law and negotiate nation to nation with each First Nation. And that's a way to come to justice. That's a way to break colonialism. That's a way to break a federal State that has done nothing concretely, except talking, and talking, and talking. The Indian Act needs to be abolished.

Mme Fletcher (Raquel) : So it's the federal institutions that are racist, not the provincial institutions?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Well, of course, you can't say it's one or the other. It doesn't mean that we will not look into what's happening in our hospitals, for instance. We have to do that. And a hospital is an institution. So we will look at whether the institution, the way it's structured can induce a form of racism that needs to be… So it's not one or the other, but we have to be honest and say where it comes from is the Indian Act. It's a large part of the problem and it has consequences everywhere afterward. So, if we don't say that and we treat it as a problem that is only within Québec's power, within the power of this National Assembly, we're making a big mistake because we don't have the power to break that law right now because we're not sovereign. We do not have the power to make our own laws.

Le Modérateur : Merci beaucoup.

Mme Senay (Cathy) : I have just one question.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Une question, oui.

Mme Senay (Cathy) : It's just that because, when you're referring to institutions and racism in institutions, Mr. Legault did just that when he offered his apologies to Joyce Echaquan's loved ones and the community. The Atikamekw community listed institutions where there is racism, and we have to condemn this. So how do you feel to be on the same page than Premier Legault?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : No, I don't think it's on the same page. My position is that we have measures to fight racism. My position is that racism can be individual and institutional, and that we need to go and look at what's the state of some institutions, such as hospitals. So I don't think I'm exactly at the same page as Mr. Legault.

Mme Senay (Cathy) : Well, I'll doublecheck because Mr. Legault talked about this in his speech with… Joyce Echaquan's death. He listed there is racism in justice, there is racism in police, there is racism with jobs, in housing…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Did he use, like, institutional racism, like…

Mme Senay (Cathy) : He listed institutions.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : I will need to look up… Honestly, I do not have a personal knowledge of that, but we can look it up and talk about it later.

Mme Senay (Cathy) : C'est bon.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : O.K.? Parfait. Merci.

(Fin à 13 h 33)

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