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Point de presse de M. Amir Khadir, député de Mercier

Version finale

Le mercredi 6 avril 2011, 11 h 43

Salle Bernard-Lalonde (1.131), Hôtel du Parlement

(Onze heures quarante-quatre minutes)

M. Khadir: Bonjour, tout le monde. Le ministre de la Santé, aujourd'hui, a reconnu, en Chambre, suite à une question que je lui ai posée, qu'il y avait un problème avec la survenue en grand nombre de cancers dans le petit village de Shannon, qui est à proximité de la base militaire canadienne de Valcartier. Il y a tout près de 500 cas qui ont été répertoriés par les citoyens. Les citoyens sont en cour, poursuivant la Défense nationale et deux entreprises polluantes, c'est-à-dire SNC et General Dynamics, pour établir une relation entre la présence d'un solvant, un polluant dans leur eau, le TCE, et la survenue de ces cancers.
Maintenant, j'ai demandé également au ministre, je l'ai prié de presser les autorités de Santé publique à instituer une enquête indépendante. Indépendante, pourquoi? Parce que les citoyens de la municipalité de Shannon, ces citoyens qui sont victimes de cancer en grand nombre, ont perdu confiance dans le Département de santé publique régional de la Capitale nationale. Pourquoi? Parce que d'abord le TCE avait été détecté dès le début des années quatre-vingt-dix; un article du Soleil en fait foi au cours des récentes semaines. SNC-Lavalin et la Défense nationale ne jugent pas bon d'avertir les autorités compétentes. La DSP régionale est mise au courant dès 1998 au moins. Maintenant, les citoyens ont la preuve, par le droit d'accès à l'information, qu'il y a eu une rencontre entre ces autorités, c'est-à-dire les autorités de la base, les gens de SNC et également les autorités de santé publique, puis ils ont jugé bon de ne pas révéler l'information à la population de Shannon, malgré le fait que les niveaux détectés, jusqu'à 90, environ, microgrammes par décilitre, je crois, dépassaient la limite de 50 - la limite aujourd'hui, en passant, est de 5 - dépassaient même la limite de l'époque et pouvaient représenter un danger pour la population.
Il y a un médecin de Shannon, le Dr Juneau, un docteur excessivement responsable et consciencieux, qui a été surpris du nombre élevé de cancers qu'il a observés, notamment le cancer du cerveau. On sait maintenant qu'il y en a à Shannon sept fois plus que la moyenne québécoise. Illustré, ici: ça, c'est Shannon, en bleu, puis la moyenne québécoise est en rouge ici. Alors, ce médecin est allé voir les autorités de la DSP dès 2001, à plusieurs reprises ensuite pour demander enquête. La DSP n'a pas jugé bon... a répondu qu'on n'avait pas assez d'argent, que l'enquête ne serait pas assez forte, qu'on ne pourrait pas tirer de conclusions.
Dix ans plus tard, finalement, le ministre reconnaît aujourd'hui... La DSP a même écrit une lettre le 14 mars dernier, une lettre à l'avocat des victimes de cancer de Shannon, M. Vallières, pour dire: Écoutez, donnez-nous l'information, là, on s'intéresse, on veut faire enquête. Nous, notre surprise, et c'est la raison pour laquelle les gens de Shannon ont perdu confiance, c'est que, quatre jours après cette lettre, où la DSP reconnaît qu'elle veut s'intéresser puis elle veut enquêter, donc, alors même qu'elle n'a pas encore commencé à faire enquête, elle demande des dossiers, quatre jours après, la DSP, utilisant l'argent des contribuables, émet un communiqué, le 18 mars, en plein procès, pour prétendre - dans le premier paragraphe - que les différentes autorités de santé publique, dont la DSP régionale de la Capitale-Nationale ne peut conclure qu'il y a plus de cancers dans la population de Shannon que dans la population du Québec.
Là, c'est très troublant. Vous comprendrez que la DSP, qui n'a pas encore fait enquête, qui reconnaît, quatre jours avant, qu'elle veut avoir l'information pour savoir ce qu'il en est, ne peut pas vraiment tirer de conclusions et ne doit pas se permettre publiquement de semer le doute alors qu'il y a une cause en cours puis tirer des conclusions, qu'elle n'est pas autorisée à le faire parce qu'elle n'a pas fait enquête.
Donc, pour ces raisons-là, nous avons perdu confiance dans la capacité de la DSP régionale de mener une enquête véritablement indépendante. Elle est dans une situation compromettante. Nous supplions... en fait, je supplie, en lieu et place, les citoyens de Shannon qui sont venus me voir à plusieurs reprises, le regroupement des citoyens de Shannon, pour demander... Au-delà des cancers, là, au-delà de la cause en cours, au-delà du TCE, parce que tous les cancers ne seront pas explicables uniquement par ce solvant, les citoyens de Shannon ont besoin de savoir pourquoi il y a tant de cancers chez eux, quelles sont les causes, pour pouvoir les prévenir. Merci de votre attention.

Une voix: ...des questions.

Journaliste: M. Khadir, est-ce que c'est...

M. Khadir: Sur ce sujet?

Journaliste: Non, moi, c'est sur un autre sujet.

Journaliste: Moi aussi, c'est sur un autre sujet.

Mme Bryan-Baynes (Elysia): Moi, c'est... Mine is on this.

M. Khadir: Oh! O.K.

Mme Bryan-Baynes (Elysia): So, what are your concerns about... of... Oh!

Une voix: O.K. Ah! c'est sur ce sujet.

Journaliste: Excuse-moi. Vas-y.

Mme Bryan-Baynes (Elysia): ...sujet. Is that O.K.?

M. Khadir: Yes please.

Une voix: Sur le sujet, oui.

Mme Bryan-Baynes (Elysia): What are your concerns about the way Public Health has been handling the case of Shannon?

M. Khadir: Our concern is that the Public Health, which has delayed for more than ten years responding to the request, for example, of a doctor of Shannon who was very concerned to see so many cancers observed in Shannon... In just a locality of under... a small zone of two square miles of a small locality near the military base of Valcartier, more than 500 cases of cancer have occurred during the last 30 years. For example, for the cases of brain cancer, it's six more times... the 17 cases are six times more than the expected rate. So, this doctor went and told on and on to the Public Health officers to do an investigation, an epidemiologic case finding, case identifying epidemiologic investigation. They didn't do so.
Even on the 14th of March, they were sending a letter to the lawyer of the victims of cancer saying them: O.K., we're going to do an investigation now, provide us the information you've got. But, just four days later, publicly, they emit a press release in the midst of the case in the front of court, pretending that there is no more cases of cancer in Shannon than anywhere else in Québec. How, if they haven't done the investigation, could they pretend so? Because, by doing so, they're providing ammunition to the army and to the companies who have polluted to defend themselves in front of the victims.

Mme Bryan-Baynes (Elysia): But the matter is before the court right now.

M. Khadir: Yes.

Mme Bryan-Baynes (Elysia): What do you want the Health minister to do... seeing it? There's a court...

M. Khadir: First, to forbid that the Public Health authorities provide ammunition or, when they're not... they don't have the proofs to conclude to anything, to go there and say there is no more cases of cancer. They cannot say that. They cannot say there are more, but they can't say also that there are not more, there are not more cases of cancer. They should just silent, do their investigation, and provide us with the right information;
Second, because of the fact they have delayed so long, they have lost the confidence of the population of Shannon. What the population ask the minister? To set up an independent committee of investigation with experts from the Public Health but also from the victims to see what is the reason for so many cases of cancer that are observed in Shannon.

Mme Bryan-Baynes (Elysia): ...in many cases, in the first while, the lawyers for the Government were saying that the levels there would not cause that much...

M. Khadir: No. This is, scientifically, completely wrong. The power of a scientific investigation depends, of course, of the denominator, but it depends also on the nominator. Even if you have a small denominator, if you have a strong number of cases, if you have a strong nominator, your results can be important. That's why actually the DSP now, the Public Health recognizes that it is worthy of investigation. Because, even if the population is small, if the number of cases of cancer are important, you have a strong case at least to investigate. And they haven't done so. That's the job they should have done, the job that the victims have done by themselves. Public authorities should have done that case finding, retracing, instead of just consulting the registry of cancers, which goes just by locality and which doesn't track people over their life, what should have been done and what, for example, the Center for disease control always does in investigations related, for example, by outbreaks of infectious disease.

M. Robitaille (Antoine): Vous venez d'appuyer la motion qui condamne le financement par le fédéral du projet du Bas-Churchill. Est-ce que vous demandez au NPD de changer sa position sur ce sujet-là?

M. Khadir: Je ne connais pas la position du NPD. Quelle est la position... Ils sont favorables...

M. Robitaille (Antoine) : Oui.

M. Khadir: ...à l'entente entre le gouvernement canadien et...

Une voix: C'est ça.

M. Khadir: Bien, c'est déplorable de donner aux conservateurs... Ce que je dis à nos amis du NPD: Ce que font les conservateurs, ce n'est pas dans le but de rendre justice à la population de Terre-Neuve, c'est vraiment une politique, je dirais, électoraliste de bas étage, c'est de la mesquinerie habituelle du gouvernement conservateur, du gouvernement Harper.
Maintenant, à long terme, je l'ai dit en Chambre, Québec solidaire est pour des rapports égalitaires, des rapports justes entre les peuples et les nations. Alors, un gouvernement de Québec solidaire à la tête du Québec, un pays indépendant, établirait des relations très justes de nation à nation, à la fois avec des autochtones, à la fois avec le Canada et à la fois avec des provinces canadiennes.
Donc, nous, on serait prêts à regarder. Par exemple, il faut regarder l'entente conclue à une époque où Terre-Neuve était très, très pauvre, l'entente entre Hydro-Québec sur Churchill Falls mais également le Labrador, il faut le mettre dans... Tu sais, il faut mettre dans la balance l'ensemble des choses et, de peuple à peuple, de nation à nation, dans le respect de nos droits, essayer de négocier une entente juste pour les deux peuples.
Ceci étant dit, actuellement, ce qui est en cause, c'est l'utilisation des fonds publics par le gouvernement Harper pour de l'électoralisme pur. Ça, c'est tout à fait condamnable. Et je suis d'accord avec la motion qui a été votée aujourd'hui en Chambre.

M. Robitaille (Antoine): Le NPD, notamment les candidats Mulcair et Boulerice...

M. Khadir: Devraient se joindre à nous dans ça, devraient se joindre à nous, tout en réclamant que les rapports entre le Québec et le reste du Canada, le rapport entre le Québec et Terre-Neuve soit basé sur des principes justes. Et j'ai rappelé également, Monsieur...

Une voix: Robitaille.

M. Khadir: ...M. Robitaille, que malheureusement le gouvernement actuel du Québec et son opposition officielle sont très mal placés pour donner des leçons au NPD, au gouvernement conservateur, à qui que ce soit dans ce dossier-là, parce que c'est trop facile, une motion en Chambre. Quand ils sont au pouvoir, c'est là qu'ils doivent agir pour préserver les intérêts du Québec, notamment en matière de richesses naturelles. Taïeb Moalla, maintenant.

M. Moalla (Taïeb): Merci. M. Khadir, tout à l'heure, M. Deltell a dit que le chanteur Cantat n'était pas le bienvenu au Québec. Il a essayé de faire passer une motion dans ce sens, mais le gouvernement n'a pas accepté qu'on débatte de ça. Est-ce que vous croyez que M. Cantat a payé sa dette envers la société puis là on passe à autre chose, ou bien qu'il n'est effectivement pas le bienvenu au Québec?

M. Khadir: Nous, on croit en une justice qui est réhabilitatrice, en une justice qui n'est pas revancharde, en une justice qui doit ne pas faire de différence envers les citoyens, qu'ils soient célèbres, des stars ou des simples citoyens. Maintenant, je fonde l'espoir que le système judiciaire français et, je pense... c'est de quel...

Une voix: ...

M. Khadir: ...bon, enfin, d'un autre pays européen, où ce crime a été commis, ont fait leur travail, que M. Cantat a payé sa dette à la société et a, donc, purgé sa peine. Il a le droit d'être réhabilité. Est-ce qu'à la place de M. Mouawad j'aurais fait ce choix artistique? Ça, ça peut se discuter. M. Deltell a son opinion peut-être là-dessus. Moi, j'ai la mienne. Maintenant, je pense que ça, c'est un autre débat.
Le gouvernement canadien doit traiter ce citoyen qui a purgé sa peine de la même manière que tout le monde. Nous, on n'est pas en faveur de lyncher les gens sur la place publique, là, parce que, même quand ils ont commis les pires crimes...
Et, fait à noter, si l'ADQ pense que les criminels ne doivent pas être bienvenus au Canada, il y a des gens, par exemple des dirigeants israéliens comme Netanyahou, qui ont commis de graves crimes contre l'humanité en bafouant les droits des peuples palestiniens, en bombardant sur leurs maisons des femmes et des enfants. Peut-être qu'on pourrait ensemble voir à une motion qui empêche des personnes en position d'autorité et de pouvoir comme M. Netanyahou, qui n'ont pas encore subi leur procès, de, eux, ne pas leur laisser... entrer au Canada.

M. Moalla (Taïeb): Vous avez parlé de lynchage sur la place publique. Trouvez-vous que ce que M. Deltell a essayé de faire, c'est une sorte de lynchage, un peu, là, ou...

M. Khadir: Bien, si on suit cette logique, là, sur le plan intellectuel, sur le plan public, oui, c'est un lynchage, pas physique mais, disons, de réputation.
Merci beaucoup.

(Fin à 11 h 57)

 

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