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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre, et M. Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Situation au Québec quant à la COVID-19

Version finale

Le mardi 20 avril 2021, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures six minutes)

Le Modérateur : Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue à ce point de presse du premier ministre du Québec, François Legault, du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, et du directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda. M. le premier ministre, sans tarder, la parole est à vous.

M. Legault : Oui. Bonjour, tout le monde. Écoutez, comme vous l'avez vu au cours des derniers jours, des dernières semaines, on a mis en place des mesures que certains trouvent très dures puis, je le sais, sont difficiles à vivre, surtout après un an. Mais, heureusement, quand on se compare avec ce qu'on voit, par exemple, en Ontario, on peut dire que nos mesures fonctionnent pour l'instant. Pour l'instant, la situation est toujours fragile. Il faut être très prudent.

Puis je veux revenir à ce qui se passe en Ontario pour que tout le monde comprenne. Au Québec, on a actuellement 694 patients COVID hospitalisés. En Ontario, ils sont rendus à 2 360. L'Ontario, c'est 1,7 fois la population du Québec. Donc, on voit que la situation est très grave. On atteint les capacités limites dans les hôpitaux en Ontario. On a des discussions. Je parle avec Doug Ford régulièrement. Mais il faut rester très prudent parce que, dans certaines régions, nous aussi, on approche la capacité limite. Je veux vous parler, bien sûr, des trois régions qui sont les plus inquiétantes : Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches et Outaouais.

Bon, d'abord, Capitale-Nationale, comme on l'a vu depuis le début de la pandémie, il y a toujours d'abord une augmentation de cas, ensuite une augmentation d'hospitalisations puis ensuite une augmentation des décès. On voit que la situation se stabilise, sur le nombre de cas, dans la Capitale-Nationale, mais on voit que ça continue à augmenter du côté des hospitalisations puis des décès. On voit… Depuis seulement deux jours, il y a eu une augmentation nette à Québec de 15 hospitalisations, puis il y a eu six nouveaux décès juste dans les deux derniers jours, donc. Puis, quand on se rappelle la montée du nombre de cas des dernières semaines, malheureusement, on peut penser qu'on va continuer à avoir des augmentations de ce côté-là.

En Chaudière-Appalaches, même chose, on voit, là, depuis deux jours, sept hospitalisations nettes de plus, six décès de plus dans Chaudière-Appalaches. Évidemment, le problème le plus grave est en Beauce. En Beauce, on a été obligés de transférer cinq patients, au cours des derniers jours, de l'hôpital Saint-Georges-de-Beauce à l'Hôtel-Dieu de Lévis. Et puis, dans toute la région Chaudière-Appalaches, on est vraiment proche de la capacité maximale, là, pour le nombre de patients dans les hôpitaux.

En Outaouais, bon, d'abord, le nombre de cas se stabilise, mais il est encore très élevé. Quand on regarde les taux de tests positifs... Pour vous donner un ordre de grandeur, la moyenne au Québec, c'est 3,7 % des tests qui sont positifs. En Outaouais, hier, c'était 10,9 %. Donc, c'est la région qui a le taux de tests positifs le plus élevé. Déjà, bon, on le sait depuis plusieurs années, la capacité hospitalière est limitée en Outaouais. C'est pour ça qu'on va construire un nouvel hôpital. On a été obligé de transférer des patients vers les Laurentides. Donc, là aussi, c'est vraiment proche de la limite, là, hospitalière dans la région de l'Outaouais.

Donc, je vous annonce, malheureusement, qu'on va être obligés de prolonger les mesures d'urgence dans ces trois régions, Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches et Outaouais, pour une autre semaine, donc jusqu'au lundi 3 mai. Bon, évidemment, ce que ça veut dire, c'est : couvre-feu, 8 heures, commerces non essentiels fermés et toutes les écoles fermées. On regarde, par contre, la situation de très proche.

Et je peux dire aux parents, là : On comprend très bien qu'au primaire c'est très difficile, l'enseignement à distance, pour des enfants du primaire. Donc, la première chose... dès qu'on va avoir repris le contrôle de la situation, la première chose qui va être ouverte dans ces trois régions là, bien, ça va être les écoles primaires. Mais actuellement, bien, on le sait, il y a de la contamination, il y a de la contagion dans les écoles. Même si les enfants eux-mêmes sont peut-être moins à risque, ça a un impact sur la famille puis sur la contamination, contagion communautaire. Donc, on ne peut pas, pour l'instant, ouvrir les écoles primaires.

Montréal et Laval, on voit que le nombre d'hospitalisations puis le nombre de cas restent très élevés, mais stables, de façon surprenante. On pourrait penser... Puis, quand on regarde à peu près partout ce qui se passe ailleurs dans le monde, ce sont les grandes villes, les plus grandes villes, où il y a le plus de contagion. Mais pour l'instant, là aussi, nos mesures fonctionnent. Puis je comprends que Montréal et Laval, on a vu des réactions depuis qu'on a annoncé dimanche, il y a une dizaine de jours, le couvre-feu à 8 heures.

Évidemment, ce n'est pas idéal, là. On comprend tous que ce n'est pas le fun d'être obligé de rentrer à la maison à 8 heures. Mais, pour l'instant, il reste que c'est presque difficile à comprendre comment ça se fait que les cas puis les hospitalisations se sont stabilisés à Montréal et Laval, mais il ne faut pas exclure dans les prochains jours, dans les prochaines semaines qu'il y ait une explosion de cas à Montréal puis à Laval. C'est pour ça que l'oncontinue de suivre la situation de très, très proche.

Bon, dans les autres régions, ça reste à des niveaux sous contrôle. Mais, encore une fois, il faut être prudent partout, dans toutes les régions du Québec, parce que ça peut prendre quelques jours pour exploser, surtout avec les variants, là, qui sont beaucoup plus contagieux. Puis c'est important, là, puis je veux le répéter, il y a toutes sortes de choses qui ont été dites sur les jeunes, il reste que, quand on regarde le nombre de cas chez les moins de 60 ans puis qu'on se compare avec le «peak» du mois d'avril l'année passée, 2020, on a deux fois plus de cas de personnes de moins de 60 ans. Le ministre de la Santé me disait qu'il faudrait dire «jeunes adultes» parce qu'on ne parle pas nécessairement juste des très jeunes. Mais, si vous regardez par exemple hier, dans l'ensemble du Québec, il y a eu 77 nouvelles hospitalisations, il y en a eu 35 que c'étaient des personnes entre 45 et 64 ans, il y en a eu 10 que c'étaient des personnes entre 18 et 44 ans, puis il y en a eu deux que c'étaient des personnes entre zéro et 17 ans.

Donc, on le voit, là, c'est évident depuis quelques semaines qu'il y a une augmentation du nombre de jeunes à l'hôpital. Bon, vous avez vu ce matin dans les médias cette jeune femme de 24 ans, cette jeune mère qui est à l'Hôtel-Dieu de Québec depuis trois semaines. Elle ne peut pas manger, elle ne peut pas marcher, et pourtant elle a 24 ans. Donc, il faut rester, tout le monde, très prudent.

Bon, la bonne nouvelle, c'est que la Santé puis toute l'équipe de vaccination fait un travail extraordinaire. Je suis content. Je regarde ça presque d'heure en heure. À part la Saskatchewan, on est la province qui a vacciné le plus grand pourcentage de la population avec une dose, donc ça veut dire que notre système de vaccination fonctionne bien. Bon, cette semaine, on a eu une mauvaise nouvelle, Ottawa nous a annoncé que, malheureusement, on va avoir moins de Moderna, mais ensuite on va avoir plus de Pfizer, donc on va pouvoir reprendre à partir de la semaine prochaine un rythme plus soutenu.

Bonne nouvelle aussi : je vous annonce qu'à compter de demain matin le vaccin AstraZeneca sera disponible pour toutes les personnes de 45 ans et plus. Donc, si vous avez 45 ans et plus, dépêchez-vous, demain matin, à aller vous enregistrer. Vous allez pouvoir vous faire vacciner. Puis, je répète, très important, puis on a eu le O.K. de la Santé publique, le vaccin AstraZeneca est très sécuritaire et très efficace.

On continue aussi à vacciner les travailleurs essentiels comme les enseignantes, les éducatrices. Puis, cette semaine, je pense, c'est jeudi, Christian Dubé va annoncer, là, comment on va fonctionner pour les personnes handicapées, les proches aidants. Ce n'est pas simple, là, parce qu'évidemment on ne veut pas commencer à faire des enquêtes puis savoir si c'est vrai. Donc, Christian va expliquer ça jeudi. Donc, on va aussi les faire passer devant les autres.

Puis, parlant de ça, je veux quand même revenir... Parce que j'entends beaucoup de personnes dire : Pourquoi vous n'ouvrez pas à tout le monde? Bien, parce qu'on a fait le choix, au Québec, de commencer par les personnes qui étaient le plus à risque, qui étaient le plus vulnérables. Donc, c'est un choix qu'on fait, puis ça ne nous empêche pas d'être efficaces, là. Oui, ça peut arriver qu'à certains endroits il n'y ait pas de file d'attente et qu'il y ait des places de disponibles. Mais il reste qu'au total on vaccine plus que dans les autres provinces, puis ça nous permet de respecter un ordre et puis de commencer par ceux qui sont le plus à risque.

Donc, je termine en vous disant qu'évidemment l'espoir, c'est la vaccination. C'est notre passeport vers la liberté, la liberté de revoir nos amis, nos proches. Il y a encore des semaines difficiles d'ici à ce qu'on ait une majorité de la population du Québec qui soit vaccinée. Donc, s'il vous plaît, soyez prudents. Quand vous avez des symptômes, allez vous faire dépister. On nous dit que la moitié n'y vont pas quand ils ont des symptômes, là. C'est important, par solidarité, d'aller vous faire dépister. Puis, quand c'est votre tour de vous faire vacciner, bien, allez vous faire vacciner. C'est comme ça qu'on va se donner un bel été. Merci. Je compte sur vous.

Good afternoon, everyone. Over the past weeks, we've imposed tough restrictions to contain the third wave, but we see that those restrictions seem to be working and we see that Quebeckers are not giving up the fight on the virus. I cannot thank you enough for this. With what's happening in Ontario, we see how fragile the situation is. We're not immune to this in Québec, but, for the moment, we're able to resist. We have to stay very careful.

We still have three regions where the situation is worrying : Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches and Outaouais. The number of new cases is stabilizing, but hospitalizations are increasing. This why I'm announcing that the special emergency measures will continue until May 3rd in these three regions.

I know how difficult school at home is for the children, but there's a risk that we'll exceed our limit in hospitals. So, we must do everything we can to reduce our contacts. And I can guaranty that the first thing we'll reopen will be primary schools.

In Montréal and Laval, we're still resisting better than expected, but the situation is very fragile. So, we must maintain the restrictions. Elsewhere in Québec, we're monitoring the situation very closely.

The good news is that vaccination continues to accelerate, and we'll now offer the AstraZeneca vaccine to people age 45 and over. I invite you to take this very efficient and safe vaccine.

So, the vaccine is the way to regain our freedom, but that will only happen when a majority of Quebeckers are vaccinated. We have to resist until then to have a great summer. I'm counting on you all. Thank you.

Le Modérateur : Merci. Nous allons amorcer la période des questions avec Maxime Denis, Noovo.

M. Denis (Maxime) : Bonjour, messieurs. M. Legault, quand vous dites que la moitié qui ont des symptômes n'y vont pas, est-ce que c'est comme ça qu'on peut expliquer la stabilité des cas à Montréal et Laval? C'est tout simplement que les gens n'y vont pas, se faire tester?

M. Legault : Non, parce qu'on voit une stabilité du nombre d'hospitalisations. Donc, si les gens devenaient vraiment malades, ils se rendraient à l'hôpital. Puis on voit que c'est stable du côté des hospitalisations.

M. Denis (Maxime) : Le maire d'Ottawa, Jim Watson, demande à lever les barrages avec le Québec parce que, oui, ça crée des bouchons de circulation assez importants. Pour les gens de l'Outaouais, les gens de Gatineau, qu'est-ce que vous avez à dire, vous? Est-ce que vous... C'est quoi, votre réponse à ça?

M. Legault : Bien, écoutez, quand vous regardez le taux de contagion en Ontario, le nombre de cas, le nombre d'hospitalisations, la situation est plus grave en Ontario qu'au Québec. Donc, c'est surtout nous, là, qui tenons à garder ces mesures-là, s'assurer que les gens de l'Ontario ne viennent pas ajouter à la contagion à Gatineau puis à différents endroits au Québec, là.

Le Modérateur : Patrice Bergeron, LaPresse canadienne.

M. Bergeron (Patrice) : Bonjour à vous trois. Concernant la vaccination, donc, on décide pour le groupe d'âge, maintenant, de plus de 45 ans. Est-ce qu'on décide que ce soit... à 45 ans plutôt que 40 ans ou 42, est-ce que c'est des raisons sanitaires ou des questions de disponibilité de vaccins par exemple?

M. Arruda (Horacio) : L'âge de 45 ans, là, il a été fixé par nos experts du CIQ, du comité d'immunisation du Québec. Et la raison pour laquelle l'âge est choisi et peut différer d'un territoire à l'autre, c'est en fonction de l'incidence de la maladie et de la situation épidémiologique. Ça fait que c'est pourquoi... Donc, dans le fond, si vous avez une incidence très élevée, les bénéfices de la vaccination peuvent être encore présents à un âge plus bas. Donc, c'est pour ça qu'il y a un âge qui a été choisi au Québec, c'est le 45 ans. Et c'est en lien aussi avec nos données épidémiologiques, nos données d'hospitalisation aux soins intensifs, etc. C'est vraiment à cet âge-là qu'on remarque une augmentation importante. Mais ça demeure des vaccins sécuritaires, je pense, comme tel. Vous savez que le Royaume-Uni l'a utilisé à 30 ans, comme tel. Mais nous, on l'utilise en fonction de notre épidémiologie.

M. Bergeron (Patrice) : Par ailleurs, M. Legault, question peut-être... Ah! allez-y, M. Dubé.

M. Dubé : Horacio, si vous permettez, contrairement aux semaines précédentes, là, ici, ce qui est important, c'est l'âge et non l'année de naissance. Je veux le préciser, là, il faut avoir un 45 ans fait pour se qualifier.

M. Bergeron (Patrice) : M. Legault, par ailleurs, question plus politique. Le budget, donc, a été déposé hier. Vous l'avez vu. Donc, la fameuse question de la hausse des transferts de santé du fédéral, bon, vous n'avez pas obtenu gain de cause là-dessus. Est-ce qu'à terme ce problème de financement là va poser un risque sur la pérennité du système de santé, sur la qualité des soins ou sur le panier de soins qui est offert au Québec?

M. Legault : Bien, c'est certain que c'est le problème le plus grave de toutes les provinces puis les territoires actuellement, le problème financier le plus important. Vous le savez, on demande 28 milliards récurrents de plus pour l'ensemble des provinces. Donc, pour le Québec, c'est 6 milliards de plus. Bon, évidemment, vous avez remarqué que ça ressemble pas mal au déficit récurrent du gouvernement du Québec. Donc, ça veut dire que le gouvernement fédéral ne vient pas, en tout cas, avec les transferts, nous aider à régler un problème majeur.

Par contre, il y a un montant qui, la première année, va être d'à peu près 680 millions, puis va monter jusqu'à 1,8 milliard récurrent, pour les frais de garde, pour les services de garderie qu'on a déjà au Québec. Bon, on sait qu'on a un réseau à compléter, mais il reste que, bon, on peut dire que, dans le 6 milliards qui nous manque, là, bien, il y a une partie, 680 millions cette année puis 1,8 milliard en 2025, qui peut nous aider à régler une partie, une petite partie de notre problème financier. J'étais content de voir que, même si le gouvernement fédéral ne se mêle pas de ses affaires encore, au moins ça va être fait sans conditions. Donc, on va pouvoir avoir une pleine compensation.

Le Modérateur : Isabelle Porter, Le Devoir.

Mme Porter (Isabelle) : Oui. Concernant AstraZeneca, on a beaucoup entendu parler du fait que les femmes étaient davantage à risque de faire des thromboses. Pourquoi ne pas donner des directives différenciées pour les femmes et les hommes? Et puis qu'est-ce que vous pouvez peut-être dire aux femmes plus jeunes, là, par rapport à ça, pour les rassurer? Puis est-ce qu'il y a des choses qu'elles peuvent faire pour se protéger si elles se font vacciner au AstraZeneca?

M. Arruda (Horacio) : Les experts, quand on regarde les données, là, ont démontré qu'en haut de 45 ans, là, il n'y avait pas nécessairement de ségrégation de sexe à faire comme tel. C'est vrai qu'il y a eu des cas chez des femmes plus jeunes dans certains pays comme tels. Mais actuellement, on n'a pas de recommandation différenciée par le sexe.

Les mesures que les femmes peuvent prendre, bien, ce sont, un, se faire vacciner, surtout quand il y a, à mon avis, beaucoup de circulation. Donc, ça demeure, surtout à cet âge-là, un vaccin sécuritaire. Puis c'est, bien entendu, ajouter les autres mesures qui sont nécessaires, là, il y a quatre mesures importantes, hein, je vais les répéter encore ad vitam aeternam : le port du masque, la distanciation de deux mètres, le lavage des mains, et maintenant on ajoute la vaccination.

Mme Porter (Isabelle) : Sinon, concernant les variants, on nous répète depuis des semaines que les variants sont beaucoup plus dangereux. Il y a des experts qui disent qu'il ne faut plus parler de deux mètres avec les variants mais de trois mètres. Quand est-ce qu'on va avoir des directives claires sur les gestes barrières en ce qui a trait aux variants? Par exemple, est-ce que c'est encore sécuritaire de prendre l'autobus ou le métro à l'heure de pointe avec les variants? C'est un exemple parmi d'autres, mais est-ce qu'on va avoir une mise à jour à ce sujet-là bientôt?

M. Arruda (Horacio) : On va suivre la littérature par rapport à cet élément-là. Il faut comprendre que déjà le respect de deux mètres, c'est tout un défi dans notre société comme telle. Si on avait des indices comme quoi il faut absolument le faire, je pense que la mesure de deux mètres, du port du masque, comme on a mis aussi à l'extérieur, si on est à possibilité moins de deux mètres, pour le moment semble être quelque chose qui fonctionne. Mais il faut dire qu'on a surtout du variant UK au Québec, on n'a pas encore eu beaucoup de brésilien ou autre, mais c'est des choses qu'on va surveiller de très près par rapport aux expériences internationales sur la base, je vous dirais, des données probantes.

Le Modérateur : Louis Lacroix, Cogeco Nouvelles.

M. Lacroix (Louis) : Bonjour, M. le premier ministre, M. le ministre de la Santé, Dr Arruda. Il y a de plus en plus d'experts qui, face à des éclosions qui surviennent dans des CHSLD, demandent à ce que la deuxième dose de vaccin soit donnée de façon plus rapide dans les CHSLD, les RPA, par exemple, ressources intermédiaires pour essayer de faire en sorte qu'il n'y ait pas une hécatombe comme on avait connue dans les autres vagues dans les CHSLD. Est-ce que c'est quelque chose que vous envisagez?

M. Dubé : Bien, premièrement, je veux m'assurer, là... Puis merci pour la question, M. Lacroix, là. Je veux rassurer tout le monde, on va respecter notre échéancier de donner la deuxième dose à l'intérieur du délai de 112 jours tel qu'on l'a promis. Ça, c'est la première chose.

Deuxième chose, c'est que ce qui a pu peut-être inquiéter les gens, c'est qu'on a eu des retards dans Moderna, et Moderna était un des deux ARN qui étaient prévus pour les CHSLD. Alors là, on est en discussion avec la Santé publique, mais, je pense, ça va se confirmer dans les prochaines heures, qu'on peut faire une alternance entre le Moderna et le Pfizer pour être capables de pallier au manque de Moderna qu'on a à court terme pour s'assurer justement qu'on respecte le délai.

Alors, ce que je voudrais... Puis je veux dire le mot «rassurant», là, parce qu'il est important, pour nous… Puis je vais le dire, là, au plus tard le 8 mai, toutes les personnes des CHSLD vont avoir reçu leur deuxième dose, ce qui nous permet d'être à l'intérieur de nos délais. Et, lorsqu'on aura terminé avec les CHSLD, à ce moment-là, on pourra passer dans les autres résidences. Mais on va respecter notre engagement malgré le petit pépin qu'on a eu avec Moderna.

M. Lacroix (Louis) : Merci. Ma deuxième question est pour M. Legault. Hier, Ottawa a annoncé un programme pancanadien de services de garde qui est calqué sur celui du Québec. Mme Freeland a annoncé qu'il allait y avoir une compensation pour le Québec. Mais il n'en demeure pas moins que ça, vous l'avez souligné tout à l'heure, demeure un empiétement dans les compétences des provinces. Est-ce que vous avez l'intention de contester quand même ce programme-là ou est-ce que le fait d'avoir justement une compensation fait en sorte que, pour vous, c'est correct qu'on reçoive de l'argent, même si Ottawa vient marcher dans les platebandes des provinces?

M. Legault : Bon, d'abord, Eric Girard a parlé avec Chrystia Freeland puis il a eu la confirmation qu'il y aurait une pleine compensation sans conditions. Donc, ça, c'est la bonne nouvelle. Évidemment, on va continuer de dénoncer cette habitude, cette mauvaise habitude, de Justin Trudeau, de vouloir centraliser, de jouer au papa avec les provinces. C'est vrai pour les CHSLD, c'est vrai... Quoiqu'il a décidé de reporter ça pour ne pas faire de trouble pour l'instant, mais cette mauvaise habitude de centraliser… Je pense qu'il devrait respecter les compétences des provinces, des territoires.

M. Lacroix (Louis) : …de contester?

M. Legault : Pas pour l'instant.

Le Modérateur : Marc-André Gagnon, Le Journal de Québec.

M. Gagnon (Marc-André) : Bonjour. Première question pour Dr Arruda. Il y a quelques semaines, à peu près un mois, vous avez indiqué ici même qu'une personne qui a déjà eu la COVID est considérée comme étant immunisée après avoir reçu une seule dose de vaccin. Donc, autrement dit, pas besoin d'un deuxième rendez-vous pour une deuxième dose dans ces cas-là. Or, dans le contexte actuel de rareté, comme il y en a plusieurs qui sont asymptomatiques, pourquoi ne pas procéder systématiquement à un test sérologique, par exemple, lorsque les gens font des prises de sang ou donnent du sang, pour, autrement dit, économiser des doses?

M. Arruda (Horacio) : Il faut comprendre que la relation entre la protection et la sérologie n'est pas toujours indiquée, là. Je veux dire, je ne sais pas si vous me comprenez, on peut avoir une sérologie qui va être négative puis on est protégé quand même. Mais, tout simplement, c'est qu'on pense que les personnes… On sait qu'il y a des cas de réinfection. On sait qu'actuellement la recommandation de nos experts d'immunisation, c'est de donner une dose et non pas deux parce que la maladie fait état de première dose. Et puis, si on veut maintenir, aussi, leur protection, puis éviter qu'ils se réinfectent, puis qu'ils retransmettent, c'est la chose qui est faite. Et, comme je vous dis, faire des sérologies, là, dans plusieurs programmes, on s'est rendu compte que, souvent, de faire des sérologies pour économiser des doses, c'est encore plus coûteux en termes de sérologie, de traitement et pour un bénéfice qui est marginal.

M. Gagnon (Marc-André) : Concernant les personnes atteintes de maladies chroniques, les médias, les pharmaciens puis même le ministère de la Santé, là, selon ce que je voyais sur sa page Facebook, sont encore inondés de témoignages de gens pour qui ce n'est pas encore possible de prendre rendez-vous via Clic Santé. Donc, à partir de quand est-ce qu'ils pourront prendre rendez-vous sur Clic Santé, est-ce que c'est dans une semaine, dans deux semaines? À partir de quand ils pourront réserver une plage de vaccination, je dis bien, donc, en pharmacie? Puis, pourquoi ne pas les prioriser avec l'AstraZeneca?

M. Dubé : Bien, écoutez, je vais répondre en deux temps, là. La première chose, c'est que... beaucoup, beaucoup d'empathie. Puis on les a lues, toutes les questions qui ont été là-dessus, M. Gagnon, puis c'est pour ça que... Commençons par profiter de la bonne nouvelle. Le fait d'avoir un Pfizer additionnel, qui est en livraison importante à compter de la première semaine de mai, nous a menés à se rasseoir avec la Santé publique puis regarder comment on pourrait élargir le groupe qui répond à cette question-là.

Donc, vous savez, on a traité, vraiment, les maladies chroniques graves, qui étaient traitées à l'hôpital. Ça, c'est ce qu'on a annoncé il y a une semaine. Bon, suite aux demandes des maladies chroniques, mais, je dirais qui ne sont pas traitées à l'hôpital... Puis je vais additionner aussi une autre catégorie, c'est-à-dire les personnes handicapées, que ce soit intellectuel ou que ce soit physique. On va tout clarifier ça jeudi. Parce que la bonne nouvelle que je donnerais aujourd'hui, c'est qu'avec les Pfizer supplémentaires, on va annoncer ça jeudi, là, je veux qu'on soit bien clair quand on va faire l'annonce, la liste va être détaillée sur notre site web, et les gens, à partir de jeudi, on va donner une date précise où les gens peuvent commencer les rendez-vous.

Donc, la bonne nouvelle aujourd'hui, c'est qu'on a des vaccins supplémentaires de Pfizer. On va s'organiser pour élargir la catégorie de maladies chroniques, de handicapés physiques ou intellectuels. Et la bonne nouvelle, c'est qu'à partir de jeudi, là, lorsqu'on fera l'annonce, bien, on va être capable de prioriser ces gens-là avant la population. Parce qu'en théorie, quand on avait fait l'annonce la semaine passée, ils faisaient partie de la population. Là, ce qu'on va leur donner, c'est une priorité par rapport à la population avant d'élargir à la pleine base. Ça fait que c'est une bonne nouvelle. Et on peut le faire grâce aux vaccins supplémentaires de Pfizer qu'on reçoit à compter du 3 mai.

M. Gagnon (Marc-André) : ...en pharmacie, juste pour préciser?

M. Dubé : Pas nécessairement en pharmacie. On va pouvoir élargir, justement, où ils vont pouvoir le recevoir. Ça fait qu'on a pris cette décision-là ce matin, là, il nous reste à préparer toutes les choses, ça fait que j'aimerais mieux qu'on prenne le temps jeudi de l'expliquer comme il faut, puis on fera un point de presse particulier sur ce point-là. Parce qu'on a beaucoup d'empathie, on a eu beaucoup de demandes pour ça, puis on va trouver la bonne façon de répondre à la population là-dessus.

Le Modérateur : Véronique Prince, Radio-Canada.

Mme Prince (Véronique) : Oui. Bonjour à vous trois. Je vais continuer là-dessus, en fait. Est-ce que, donc, vous convenez que c'est très flou, la catégorie qui a été mise en place par le comité, là?

M. Dubé : Je ne dirais pas qu'elle est floue, mais elle était limitée en raison du nombre de vaccins, Mme Prince. Ce qu'il faut dire, c'est que... Je vous donne un ordre de grandeur, là. On avait dit, à cause... Bon, c'est toujours le problème, c'est : Combien de vaccins qu'on a puis est-ce qu'on peut faire une catégorie spécifique? La catégorie spécifique, elle était la catégorie n° 8 telle qu'expliquée par la Santé publique. Et ça, c'était vraiment ceux qui avaient un service important à l'hôpital, c'était ça qui était l'essentiel de la catégorie.

Et je le répète, maintenant qu'on a plus de vaccins, bien, au lieu de passer après la catégorie 8 et 9, hein — 8, c'est nos maladies chroniques, puis 9, c'est nos services essentiels — bien là, on se dit... Vu qu'on a ajouté un nombre important, là, c'est presque 1 million de vaccins et plus, là, c'est 230 000 de plus par semaine pendant quatre semaines, au mois de mai, là, ça fait 920 000 vaccins, ces 920 000 vaccins là, avant de les rouvrir à la population en général, on va venir préciser qu'est-ce qu'on va faire dans les maladies chroniques, donc on va ajouter des maladies chroniques, très important, puis, deux, on va ajouter aussi des handicapés physiques ou intellectuels. Donc, ça va être plus précis, mais ça va être encore plus grand. Alors, c'est ça qu'est la bonne nouvelle qu'on pourra clarifier jeudi, mais on va le faire juste une fois, puis ça va être clair.

Mme Prince (Véronique) : Je voudrais aussi revenir sur une question de ma collègue Isabelle. Comment on se protège, actuellement, du variant brésilien en Colombie-Britannique? Parce que, là, il y a des gens qui commencent à planifier leurs vacances d'été, et comme ils se disent : Peut-être qu'on ne pourra pas aller aux États-Unis ou à l'étranger, bien, à ce moment-là, on va voyager au Canada. Alors, est-ce qu'il y a des mesures pour empêcher des gens de la Colombie-Britannique de venir ici et vice versa?

M. Arruda (Horacio) : Bien, on l'a dit, actuellement, la recommandation n'est pas de faire des voyages non essentiels vers ces provinces, autant eux vers nous que nous vers eux. Et je tiens à vous dire qu'on a des discussions actuellement à avoir avec le fédéral, là, et notamment en interprovincial, pour justement éviter l'importation de ces variants qui peuvent... qui sont plus préoccupants, là, notamment le brésilien. Ça fait que moi, je pense que la meilleure protection, là, ce que je peux vous dire, c'est de ne pas y aller.

Mme Prince (Véronique) : ...suivent pas toujours les recommandations.

M. Arruda (Horacio) : Non, vous avez raison. Mais là, à ce moment-là, il va falloir qu'on voie est-ce qu'on va y mettre certains éléments de contrôle pour le voyagement, là, surtout si la situation continue à flamber comme elle flambe actuellement en B.C. ou dans les autres provinces. Ça fait que moi, je pense qu'on a ces discussions-là avec les directeurs de santé publique des autres provinces. Ça fait que je pense qu'on va devoir se positionner là-dessus assez rapidement en termes de mesures. Là, on a fait des contrôles terrestres entre l'Ontario et nous, mais l'avion est aussi un mode de transport plus rapide. Je pense qu'il faut qu'on regarde des mesures de contrôle qui pourraient être faites soit par des tests soit carrément en contrôle si jamais la situation se détériore trop.

Le Modérateur : Tommy Chouinard, LaPresse.

M. Chouinard (Tommy) : Oui. Bonjour. D'abord, sur l'âge d'admissibilité au vaccin d'AstraZeneca, bon, il y a des provinces qui ont choisi 40 ans, nous, on y va à 45. Je veux bien comprendre. D'abord, un, où est l'avis du comité d'immunisation? Parce que, là, on ne l'a pas vu puis on fait une annonce à ce sujet-là. Deux, est-ce que... juste bien comprendre, parce que, là, on ne l'a pas, on ne le sait pas, donc, puis, deuxièmement, les raisons exactes pourquoi certaines provinces y vont pour le 40, puis nous, on n'y va pas pour le 40.

M. Arruda (Horacio) : Je vais y aller. L'avis va sortir cet après-midi, du CIQ, là. On l'a eu, bien entendu, sous embargo, là. La raison pour laquelle... C'est les experts qui ont décidé que c'est à 45 ans francs… C'est-à-dire, quand vous avez 45 ans et plus, vous pouvez avoir l'AstraZeneca. Et c'est basé sur l'analyse de risque, des bénéfices versus le potentiel risque de coagulation ou de problèmes de coagulopathie.

Avec l'incidence qu'on a actuellement au Québec, quand on regarde nos données de quels sont les groupes d'âge qui se font hospitaliser ou qui vont aux soins intensifs, la limite de 45 semble être le chiffre pour le Québec. Si nous étions en Ontario, par exemple, avec une incidence beaucoup plus élevée, à ce moment-là, le risque d'être hospitalisé et d'avoir des complications, d'aller aux soins intensifs est augmenté, et, à ce moment-là, le rapport bénéfice-effet n'est pas le même.

Ça fait que, nous, en allant à 45... Puis il faut aussi prendre en considération le nombre de doses, mais nous, là, notre «timeline», c'est 45 en fonction de l'épidémiologie aujourd'hui. Si on se retrouvait dans une situation où il y aurait augmentation importante de l'incidence, on pourrait arriver à une décision d'aller plus bas, mais c'est véritablement un calcul de risque. Et ça varie d'un territoire à l'autre.

M. Dubé : ...en profiter pour que les Québécois savent ce qu'on offre à compter de demain matin, là, il ne nous reste juste un petit peu moins que 200 000 doses d'AstraZeneca partout au Québec. Et les deux catégories qui viennent de s'ajouter, c'est-à-dire celle de 50 à 55 et de 45 à 50, comptent plus de 600 000 personnes qui n'ont pas été vaccinées. Alors, si j'ajoute ceux qui sont encore de notre population cible, à peu près un autre 200 000, c'est à peu près 800 000 personnes qui pourraient aller utiliser l'Astra. Ça fait que, je vous dirais, à compter de demain matin, là, levez-vous de bonne heure parce que ça va être actif sur les sites de rendez-vous, parce que c'est à peu près 800 000 personnes pour 200 000 vaccins.

M. Chouinard (Tommy) : M. le premier ministre, que concluez-vous du jugement sur la loi 21?

M. Legault : Bien, je suis déçu du jugement. Je le trouve illogique. Actuellement, c'est comme si la laïcité puis les valeurs, ça s'appliquait de façon différente aux anglophones qu'aux francophones. Donc, au Québec, on protège les droits des anglophones de recevoir des services en anglais, mais là c'est rendu que ça viendrait protéger des valeurs différentes pour les anglophones puis les francophones. Moi, je pense qu'au Québec tous les Québécois et pour tous les Québécois il doit y avoir des valeurs communes. Et je ne comprends pas le jugement. Puis il va peut-être, nous autres, se poser... il va falloir peut-être, nous autres, de poser des questions, là, sur pourquoi les droits des anglophones au Québec d'avoir des commissions scolaires ou des services de santé en anglais vient avoir un impact sur nos valeurs communes.

Le Modérateur : Alain Laforest, TVA Nouvelles.

M. Laforest (Alain) : M. le premier ministre, M. le ministre de la Santé, Dr Arruda. Je vais vous poser une question à vous, Dr Arruda : Si 49 % des écoles au Québec ne passent pas le test de la ventilation, est-ce qu'elles sont sécuritaires?

M. Arruda (Horacio) : Est-ce qu'elles sont sécuritaires? Je pense que ça dépend, là, de... Il n'y a pas seulement la ventilation qui est un facteur qui permet de protéger les jeunes. C'est un facteur. Je pense que ce qui est visé, c'est d'améliorer, notamment, l'indicateur du nombre de ppm. Mais avec les mesures qu'on met en place, on le sait, on le sait, les écoles, ici comme ailleurs dans le monde, c'est un milieu où il y a des la transmission parce qu'il y a des contacts étroits entre les élèves, puis etc. Mais je vous dirais que ce n'est pas le facteur principal. Je ne veux pas dire que ce n'est pas important. Et je vous dirais aussi que le bénéfice de ça va être aussi d'améliorer la qualité de l'air de façon générale dans les écoles. Mais je pense qu'actuellement de priver les élèves d'une présence à l'école aurait des impacts beaucoup plus négatifs que la genèse de cas qui pourraient survenir, puis qu'il y a des moyens de prévention mis en place.

M. Laforest (Alain) : M. le premier ministre, vous en avez parlé en ouverture et vous avez fait état, là, de l'explosion des cas en Ontario. Est-ce que vous avez une garantie du fédéral qu'il n'y aura pas de transfert de vaccins vers l'Ontario, compte tenu de l'explosion? Et où vous en êtes rendu dans votre réflexion pour aider Doug Ford? On sait que, pour le personnel de la santé, ce n'est pas possible, là, mais est-ce qu'il y a quelque chose qui est en train de se préparer?

M. Legault : Bon, d'abord, M. Trudeau a répété à plusieurs reprises que la répartition des vaccins entre les provinces se ferait strictement au prorata de la population. Donc, il n'y a pas de raison de croire qu'il y aurait un changement de ce côté-là. Deuxièmement, bien, vous savez, on est serrés, surtout du côté des infirmières, déjà, au Québec. Oui, j'ai eu des discussions avec Doug Ford au cours des derniers jours, là, mais je vais garder quand même ces discussions-là privées. Pour l'instant, là, il n'est pas prévu d'envoyer des infirmières en Ontario.

Le Modérateur : François Carabin, Métro.

M. Carabin (François) : Bonjour, messieurs. Je reviens avec une autre question sur AstraZeneca pour M. Dubé. Cette fin de semaine, à Montréal, il y a un quart des doses disponibles qui ont été administrées. Donc, quel rôle, au-delà de la vie du cycle, là, est-ce que ça a joué, le manque de popularité, dans une certaine tranche de la population, d'AstraZeneca dans la décision que vous prenez aujourd'hui?

M. Dubé : Bien, premièrement, c'est un bon point, mais la décision du CIQ n'a rien à voir avec nous, là, avec le ministère comme tel, je veux vous rassurer. Mais ce qui est arrivé avec la catégorie de 55 ans et plus, plus on vaccinait des gens… On a commencé il y a 10 jours. On avait 411 000 vaccins. Alors, c'est sûr que, d'une petite tranche de population d'à peu près 600 000 personnes à la base… Donc, les 55 à 60 ans, avaient déjà été vaccinés, par exemple, ailleurs, des fois, dans des CHSLD, dans des lieux de travail, des travailleurs de la santé.

Donc, on se rapprochait de plus en plus de notre zone cible, c'est-à-dire que, chaque tranche d'âge, comme vous le savez, on vise 75 % de la population. Alors, ça devenait un peu se battre contre nous-mêmes d'essayer de convaincre des gens qui sont déjà convaincus, parce que ce qui nous restait, là, c'était vraiment la couche supérieure du 55 ans et plus. Alors, c'est pour ça qu'aujourd'hui je suis clair avec les Québécois que, là, maintenant, on rouvre deux nouvelles catégories, hein, qui vont passer avant la population en général, parce que l'AstraZeneca est disponible. Donc, ce qui nous reste de ces personnes-là qui ne s'étaient pas fait vacciner, ils ont encore le temps de le faire, mais là c'est 600 000 personnes de plus qui vont être disponibles, qui vont pouvoir profiter de cette opportunité-là.

Donc, je pense qu'on était rendus là. C'est pour ça qu'on l'avait demandé à la Santé publique. D'ailleurs, je dois vous dire, on n'est pas la seule province qui faisait cette demande-là, là. L'Ontario faisait la même demande, la Colombie-Britannique aussi. Alors, aujourd'hui, moi, je suis très heureux. Puis surtout, d'avoir deux catégories d'âge… C'est-à-dire qu'on est, disons, raisonnablement certains qu'il va y avoir beaucoup d'appétit pour ça, parce qu'on l'a vu qu'avec une tranche d'âge on en a déjà passé la moitié, plus que la moitié.

M. Carabin (François) : Merci. Ma deuxième question s'adresse à Dr Arruda. On l'a évoqué un peu plus tôt, on vous a même posé la question indirectement, Montréal et Laval, ça va bien, c'est stable, c'est-à-dire, là. M. Legault répète que c'est un peu difficile à expliquer. Est-ce que vous, vous avez des pistes de... bien, en fait, c'est-à-dire des pistes pour nous guider dans cette réponse-là?

M. Arruda (Horacio) : Bien, je pense qu'il faut quand même faire valoir que le Québec, même si les gens ont eu l'impression qu'on fait beaucoup d'allègements, c'est quand même des mesures assez importantes, des couvre-feux, je vous dirais, là, par rapport à ce qui est déjà... quand on se compare avec d'autres régions. Donc, ça, je pense, ça a été un élément.

La région métropolitaine est une région aussi où les gens ont connu une première vague très, très, très intense. Puis c'est arrivé entre la première puis la deuxième. Il y a eu, à un moment donné, dans la deuxième, dans les régions qui avaient été moins touchées, une augmentation plus rapide.

Bon, je pense qu'il n'y a pas un seul facteur qui explique ça. Il y a un facteur qui est associé... Bon, il y a une vaccination qui a lieu un petit peu en avance par rapport aux autres, mais ce n'est peut-être pas suffisant pour expliquer ça. C'est probablement le comportement des individus, la quantité de contacts sociaux, un excellent traçage qui est fait actuellement dans la région métropolitaine, très intense. Donc, c'est une série de facteurs.

Mais, comme on vous le dit... Moi, je suis content, là. Je peux vous dire qu'à chaque matin, quand on reçoit nos données, là, on regarde, avec peur, est-ce qu'on est en train de commencer à monter, parce qu'on voit ce qui se passe à côté en Ontario. Ça fait que, moi, ce que je recommande aux gens, c'est de ne pas lâcher, et il faut qu'on continue nos efforts jusqu'à tant qu'on ait suffisamment de gens vaccinés, là, pour ne pas se retrouver dans une situation, je vous dirais, complètement déstabilisée comme vit l'Ontario, puis ça peut aller très vite.

Le Modérateur : Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : M. Dubé, juste pour être sûr, là, l'AstraZeneca, demain matin, c'est sur rendez-vous dans les grands centres de vaccination, rendez-vous en ligne, donc on parle à minuit, à 6 heures, parce que, là, quand vous dites qu'il y a 800 000 personnes pour 200 000 vaccins, ça va…

M. Dubé : Bien, c'est pour ça que je le mentionne. Premièrement, on va continuer de faire la version hybride, c'est-à-dire avec rendez-vous et sans rendez-vous, parce qu'on a bien vu, avec ce qui s'est passé depuis 10 jours, que les gens appréciaient beaucoup avoir la flexibilité de se rendre rapidement. C'est sûr que… Puis on vous avertit, dans le sans rendez-vous, il va y avoir des files d'attente, ça, c'est certain, mais c'est le choix. Moi, j'inviterais les gens, là, à compter de tôt demain matin, de prendre les rendez-vous. Les plages vont être ouvertes à compter probablement de minuit, comme on fait habituellement le soir. Alors, je vous dirais de profiter de cette opportunité-là, mais on va être avec et sans rendez-vous, les deux.

M. Bossé (Olivier) : M. Legault, vous dites qu'on n'aura pas moins de vaccins avec ce qui se passe en Ontario. Pour l'instant, on ne veut pas envoyer d'infirmières. Est-ce qu'on pourrait recevoir des patients? C'est quoi, la teneur… Je comprends que c'est des discussions privées avec M. Ford, mais c'est quoi, la teneur des demandes en ce moment? Parce qu'effectivement ils sont dans le trouble, là.

M. Legault : Bien, je préfère garder les discussions en privé.

M. Bossé (Olivier) : Mais il y a quand même… Est-ce qu'on pourrait recevoir des patients de l'Ontario?

M. Legault : Pas pour l'instant, pas pour l'instant.

Le Modérateur : Bien essayé. Alors, maintenant, on passe aux questions en anglais avec Philip Authier, The Gazette.

M. Authier (Philip) : Good afternoon.

Le Modérateur : Vous pouvez y aller, M. Authier. On vous entend très bien.

M. Authier (Philip) : Merci, M. le président. I'm just wandering, with the situations… with the restrictions for Ontario and Québec, Premier, have you given some thoughts to closing or barring air travel from other canadian provinces into Québec airports?

M. Legault : We have discussions between ourselves, including between Doug Ford and myself, about traveling between provinces. I was happy to hear, a few minutes ago, that the federal Government decided that the measures for international flights would be on until the end of May. Of course, we worry about flights coming from countries like India and Brazil. So I have discussions with Doug Ford and with the federal Government to be sure that international flights' measures… quarantine... that the quarantine is really respected. And also we're looking at the possibility of maybe doing more for on ground travelers. Is that the way we say that? On ground travelers, yes.

M. Authier (Philip) : OK, thank you. And, with the situation in Montréal and Laval seeming stable, is it impossible or are you ruling out or are you considering moving the curfew back there to 9 :30 p.m.?

M. Legault : Not for now, but, of course, the situation is stable, so it's still very high, the number of cases and the number of hospitalizations is still very high. We don't exclude anything for the next few weeks. If it's possible to put the curfew in Montréal, Laval at 9 :30 p.m., we'll do so, but right now we think that the situation is too fragile to change the 8 :00 p.m. curfew.

Le Modérateur : Raquel Fletcher, Global.

Mme Fletcher (Raquel) : Good afternoon.

M. Legault : Good afternoon.

Mme Fletcher (Raquel) : My first question is again about people who are chronically ill. As you, yourself, mentioned, we have received a number of calls and e-mails from people as well as their family members who say they are being shunted from doctor to specialist to pharmacist and back and they're being turned away at vaccination centres. They tell us that it's a mess and that just recently they also sent people to watch a video in French to explain what appears to be a very complicated system. However, that video is not being translated in English. Can you just address what seems to be very complicated for some reason?

M. Dubé : Well, first, I think the first reason why people were unhappy is there were not that many people on that initial list that we published last weekend. I think, as I mentioned earlier, the good news with more vaccines, especially with Pfizer that will be received as of May 3rd, we have, in conjunction with discussions with Public Health, to increase the number of people that will be allowed to have those vaccines in the coming weeks. And to make sure that we're very clear, and we have a lot of empathy for those people, either on the side of chronical diseases or on disabled, whether it's intellectual or physical disable, we will clarify all those positions and we'll make a very clear announcement on Thursday. So, I just ask for your patience. But given the good news and the reassurance that we got from Pfizer that those additional vaccines will be available as of May 3rd, we will put some additional appointments on Thursday, and I will explain that in details on Thursday.

Mme Fletcher (Raquel) : Thank you. My second question is for Premier Legault. You said in French that you are concerned about the judgment on Bill 21 because it gives different rules to English Quebeckers as opposed to French Quebeckers. The judgment did uphold most of Bill 21. What is the concern that you have that English school boards will be exempt? Is that really that big of a deal?

M. Legault : First, I don't see any relationship between the language and values, including secularism. So, I don't understand why a judge said that anglophones in English school boards can have different values than the other Quebeckers. I think we cannot divide Québec in two, we need one Québec with one set of common values.

Le Modérateur : Merci. Nous passons maintenant à Cathy Senay, de CBC.

Mme Senay (Cathy) : I just would like to go back to AstraZeneca and the fact that the magic number in Québec 45 years old. Can you go back to this explanation? And what do you say to women taking the birth control pill?

M. Arruda (Horacio) : In fact, we know that — for the second question — women who are taking the birth pill, especially if they smoke, there is a higher risk of some clots, and women are always at higher risk because of a hormonal process. But I think that the risk of getting the disease actually from COVID-19 and even having clots is higher probably than, I would say, the risk with AstraZeneca.

To the age issue, it has been recommended specifically by our experts in immunization, and they are taking into account the epidemiology and the incidence rate which is going on here, in Québec. If we compare to Ontario and other provinces, there is a higher rate, actually they have more cases everyday than we do here in Québec. And balancing the risks-benefits of the vaccine against the possibility of having clots, the age, and in relation also with hospitalizations that have been identified in Québec, is 45. If things change, if our epidemiology gets worse, we could lower the age. But actually, based on the information we have, our specific epidemiology, it is 45 years old, exactly, when you get… you're 45 years old and older.

Mme Senay (Cathy) : And regarding the emergency temporary measures, when you announced them, it was to start on April 1st and it was supposed to last the week following Easter, about 10 days. Now you have to renew those measures, and it will be, like, a month next week, Monday next week. What is wrong?

M. Legault : Unfortunately, the situation in hospitals in those three regions is very worrying. Right now, the number of people hospitalized increases everyday. So, unfortunately, we have no choice but to put and take all measures to reduce the number of contacts including for children. But as soon as we'll have the OK from Public Health, we'll open first the primary schools. I understand very clearly that it's tough to have this kind of training, distance, for these young people.

Le Modérateur : Merci. Angela MacKenzie, CTV.

Mme MacKenzie (Angela) :This is for Minister Dubé. You touched on this in French earlier, there are calls to give second doses to seniors in the CHSLDs. Some of the options that doctors are asking for either to redirect Moderna from pharmacies or to approve giving Pfizer to someone who had Moderna as a first shot. Are any of these options on the table?

M. Dubé : Yes, but we are just waiting the final approval from Public Health to make sure that we can do the substitution. But I don't think that will be a problem, because our issue right now is the late arrival of some Moderna. So, to make sure that we make the engagement of respecting the 112 days, we might need to do a switch, but those are two ARN vaccines. So we're just waiting for Public Health to give us the OK, but I think that will be alright.

Mme MacKenzie (Angela) : Are you looking at all at having it sooner than 112 days, that second shot?

M. Dubé :We would love to do so. If we have this OK of substitution, the sooner the better, we can do it. I just said we're committed to the 112, but in any cases, when we get into that CHSLD, we'll try to make it within the 112.

Le Modérateur : C'est ce qui met fin au point de presse. Merci beaucoup. Bon après-midi.

(Fin à 13 h 59)

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