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Point de presse de M. André Fortin, leader parlementaire de l’opposition officielle, et M. Carlos J. Leitão, porte-parole de l’opposition officielle en matière de lutte contre les changements climatiques

Version finale

Le jeudi 21 octobre 2021, 8 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures quarante-cinq minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour et bienvenue au point de presse de l'opposition officielle, en compagnie d'André Fortin, leader de notre formation politique, ainsi que M. Carlos Leitão, porte-parole en matière de finances. M. Fortin, à vous la parole.

M. Fortin : Merci. Merci, François. Bonjour, tout le monde, et merci d'être là. On a deux sujets qu'on aimerait aborder, d'entrée de jeu, avec vous ce matin.

D'abord, la question des primes aux infirmières. Il y a quelque temps, le premier ministre nous a dit qu'il mettait de l'avant une véritable révolution dans le milieu de la santé en offrant des primes à l'attraction et à la rétention des infirmières dans le milieu de la santé.

Au cours des dernières heures, on a appris que ces primes-là étaient conditionnelles à ce qu'il n'y ait aucune absence sans solde. Disons que, comme mesure d'attraction, comme mesure de rétention, ça mérite d'être repensé. Des absences peuvent être totalement justifiées de la part d'infirmières, de professionnels de la santé, que ce soit pour des raisons familiales, que ce soit pour des raisons de décès dans la famille, que ce soit pour de raisons médicales, que ce soit pour des raisons de santé mentale. De dire à des infirmières : Vous allez aux funérailles de votre père, vous allez faire un suivi de grossesse et vous allez perdre des primes qui vous ont été offertes pour vous attirer dans le réseau. De dire à des infirmières : Vous faites... vous refusez de faire un quart, deux quarts de temps supplémentaire obligatoire, vous allez devoir rembourser ces primes-là, honnêtement, c'est une politique qui doit être revue, là. C'est une politique d'attraction... ça devait être une politique d'attraction. Aujourd'hui, on voit que ça pourrait être beaucoup, beaucoup mieux ficelé de la part du gouvernement.

Le deuxième sujet qu'on aimerait aborder, c'est celui du coût de la vie. On le voit, là, le coût de la vie augmente de façon fulgurante à plusieurs niveaux, que ce soit le coût de l'essence, que ce soit le coût de l'épicerie, que ce soit le coût du logement, que ce soit les tarifs d'Hydro-Québec, ce qui est entièrement de la juridiction gouvernementale. Mardi, François Legault nous a dit dans son discours : Nous, ça nous préoccupe, le coût de la vie. Bien, mercredi matin, son ministre a réaffirmé qu'il ne toucherait pas à l'augmentation des tarifs d'Hydro-Québec.

Pour nous, le gouvernement, après avoir proposé et adopté par bâillon son projet de loi sur les tarifs d'Hydro-Québec, a une responsabilité ici parce qu'il a lié lui-même l'inflation aux tarifs d'Hydro-Québec. Et l'inflation, là, vous le voyez ces jours-ci, elle n'est pas à la veille de diminuer. Alors, je vais laisser mon... je vais permettre à mon collègue de vous parler à ce sujet-là puisqu'il est, comme vous le savez, là, un expert en la matière.

M. Leitão : Merci, André. Alors, bonjour, tout le monde. Bon, tu as très bien résumé la situation. Le coût de la vie est maintenant très élevé. Hier, on a appris 5,1 % taux d'inflation au Québec, plus élevé, d'ailleurs, que chez nos voisins.

Et j'ai bien l'impression que cela va continuer. Les économistes, vous allez réunir deux économistes, vous allez avoir trois opinions différentes. Tout le monde parle d'un phénomène transitoire, donc temporaire. Mais attention, le transitoire risque d'être pas mal plus long que ce qu'on pense.

Et puis, s'il y a certains éléments que, oui, bon, les choses finiront par se rétablir, les «microchips» dont on manque maintenant beaucoup vont finir par être produits, les conteneurs dans les navires, bon, ça finira par se régler aussi, mais il y a d'autres éléments dans la poussée récente de l'inflation qui, quand même, me laissent assez préoccupé quant à l'avenir. Ne serait-ce que, particulièrement au Québec, un facteur qui est très québécois, c'est la pénurie de main-d'oeuvre, et donc, cela aussi contribue ou peut contribuer à alimenter les pressions inflationnistes.

Donc, nous sommes dans un nouveau monde, un nouveau monde où l'économie est pas mal différente de celle prépandémie et où l'inflation qui n'est toujours pas facile à prévoir, là, maintenant, ça devient vraiment, vraiment difficile à prévoir. Alors, dans un tel contexte, de lier les tarifs d'hydroélectricité au taux d'inflation, ce n'était toujours pas une bonne idée, et on l'avait dit en 2019, là. Maintenant, c'est encore pire. Voilà, je resterais ici s'il y a des...

Le Modérateur : On va passer à la période de questions, s'il vous plaît.

M. Lacroix (Louis) : ...vous qui êtes un spécialiste, là, vous avez été ministre des Finances, vous êtes spécialiste d'économie, un économiste reconnu. Quand on voit ce qui s'est passé au cours de la dernière année et demie, bon, évidemment, les finances publiques sont minées par les investissements qu'on a faits pour combattre la pandémie, les sommes d'argent très importantes qu'on doit mettre dans le réseau pour payer davantage les infirmières, pour les attirer, les primes, etc. qu'on est en train de mettre, on peut ajouter à ça ce qu'on a donné de façon supplémentaire également aux PAB, qu'on a donné aux enseignants, etc., est-ce que c'est possible de continuer à gérer les finances sans augmentation des impôts? Parce que je veux bien croire, là, qu'on veut aller chercher davantage d'argent, notamment pour le système de santé, dans les transferts avec Ottawa, mais vous avez joué dans ce club-là, puis vous savez qu'on n'aura pas ce qu'on demande. Alors, est-ce que c'est possible de ne pas augmenter les impôts et de continuer à investir de la façon dont on le fait?

M. Leitão : Je vous dirais deux choses. D'abord, au Québec, on avait une très bonne marge de manoeuvre quand la pandémie a éclaté et qu'on a eu tous ces ajustements qu'on a dû faire, les dépenses publiques énormes qu'on a dû absorber. Vous vous rappellerez peut-être que, dans le budget de mars 2020, juste avant le budget, moi, j'avais dit, ici ou là-bas, j'avais dit : Écoutez, pour la santé, «whatever it takes». Donc, on avait les marges de manoeuvre.

Je pense qu'on les a encore un peu de ces marges de manoeuvre là grâce en grande partie aux transferts fédéraux. Je pense que M. Legault devrait avoir... même s'il trouve que le gouvernement fédéral est un gouvernement dangereux, il devrait quand même se garder une petite gêne. D'ailleurs, il le répète souvent à l'Assemblée nationale, x millions du fédéral pour ci et pour ça. Donc, les transferts fédéraux ont vraiment absorbé aussi une bonne partie de ces coûts.

Mais là, pour répondre à votre question, là, quand on regarde maintenant l'avenir, bon, on ne peut pas continuer dans cette même direction là. C'est pour ça que j'ai très hâte à la mise à jour économique qui s'en vient dans quelques semaines, pour que le gouvernement mette à jour son cadre financier à moyen terme. Parce que, oui, comme vous, je suis très curieux de voir comment ils vont gérer cette situation-là.

M. Lacroix (Louis) : Juste pour bien comprendre, là, vous dites : On ne peut pas continuer comme ça. Est-ce qu'à votre avis il va falloir éventuellement qu'on augmente les impôts pour être capables de ramener du nouvel argent dans le système? Est-ce que c'est ça que vous dites?

M. Leitão : Il va falloir qu'on choisisse. Il va falloir que l'État choisisse quelles sont ses priorités, pas que l'État choisisse où mettre... où dépenser la plupart... la vaste majorité de cette marge de manoeuvre, qu'il a toujours. Est-ce que c'est la santé et l'éducation? Si c'est ça, «fine», on peut en discuter, mais alors qu'est-ce qui se passe avec tout le reste de l'appareil étatique? C'est ça, la... Excusez-moi?

M. Lachance (Nicolas) : Ça serait quoi, votre priorité, on est à un an des élections? Ça serait quoi?

M. Leitão : Je ne suis pas au gouvernement maintenant. C'est à eux à...

M. Lachance (Nicolas) : ...demander le pouvoir dans un an?

M. Leitão : C'est ça. Et, dans ce contexte-là, dans ce contexte-là... parce qu'il ne faut pas non plus... vous comprendrez... Vous m'excuserez, je ne vais pas commencer à dévoiler non plus quelle est notre plateforme un an avant l'élection. On va quand même...

Mais l'État doit être capable de choisir. Et, pour choisir, l'État doit se donner quelques priorités, deux, trois. On ne peut pas avoir 10 000 priorités, là, ça ne marche pas. Donc, on doit choisir quelles sont nos priorités et les montants substantiels qu'on doit investir dans ces priorités-là.

Pour le reste, il va falloir que l'État s'ajuste, il va falloir que... Est-ce qu'il faut chercher de nouvelles sources de revenus? Moi, je pense, ce n'est pas nécessairement la chose à faire. Je ne pense pas que ça soit nécessairement souhaitable. Ce n'est pas souhaitable du tout d'augmenter davantage le fardeau fiscal des Québécois. Alors, il faut aller chercher d'autres types de revenus. Comment? Il faut que la croissance économique soit au rendez-vous. Pour que la croissance économique soit au rendez-vous, il y a toute une série de facteurs, dont la main-d'oeuvre.

Mme Prince (Véronique) : Mais, M. Leitão, vous parlez d'un nouveau cycle, de nouvelle économie, et tout ça. Ça ne vous donne pas le goût de retourner dans le secteur financier, vous?

M. Leitão : Je suis très bien à l'Assemblée nationale. Écoutez, je savais dans quoi je m'embarquais en 2014. Je suis très content du choix que j'ai fait en 2014. Et je suis toujours là.

Mme Prince (Véronique) : Allez-vous faire le même choix cette année... bien, en 2022?

M. Leitão : Regardez, vous m'avez déjà... je pense, c'est trois ou quatre fois, vous m'avez envoyé à Ottawa. Je suis toujours là. Je suis toujours là. Juste entre nous. Juste entre nous.

M. Laforest (Alain) : ...vous dites vous restez ou je pars... Ça peut se régler ce matin...

M. Leitão : Et je pense que vous allez poser la question souvent.

M. Laforest (Alain) : Vous restez ou vous partez?

M. Leitão : Vous allez poser la question souvent. Ce n'est pas pertinent.

Mme Prince (Véronique) : Vous seriez plus utile dans le secteur financier, compte tenu, justement, du fait qu'on est dans une économie...

M. Leitão : Moi, je suis très utile à l'Assemblée nationale. Et c'est là où je vais rester jusqu'au moment où je ne resterai plus.

M. Lecavalier (Charles) : Sur la poussée inflationniste, sur le coût de la vie, M. Legault, hier, a dit que sa solution pour les Québécois qui sont aux prises avec des factures plus élevées pour l'épicerie, pour le logement, c'est de remettre davantage d'argent dans leurs poches, là, je le cite. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui que la solution passe par une baisse… en tout cas, je ne sais pas exactement comment il le voit dans sa tête, mais par, disons, une marge de manoeuvre financière plus importante pour les citoyens?

M. Leitão : Comme j'ai dit tantôt, je pense que d'augmenter le fardeau fiscal, on ne va pas faire ça. On est déjà trop… très… trop taxé. On ne va pas faire ça. Est-ce qu'on veut réduire davantage ce fardeau fiscal? Il faut faire attention. Est-ce que l'État peut vraiment se priver de revenus? Moi, je ne suis pas sûr de cela. Ça ne veut pas dire que l'État ne devrait pas penser à des moyens de soutenir les personnes, surtout celles à plus bas revenu, qui sont vraiment celles qui sont frappées de plein fouet par l'augmentation du coût de la vie. Ce sont les personnes avec les salaires le plus bas, les plus précaires, qui, vraiment, avec 5 % d'augmentation, l'inflation, là, c'est elles qui souffrent le plus. Donc, à mon avis, l'État devrait repenser sa politique sociale pour mieux cibler son aide, qui est déjà substantielle, vers les personnes qui en ont vraiment besoin. Alors, on voit un peu en Europe certains exemples de cela, soit du gouvernement français, que ce soit au gouvernement portugais qui a ajouté des choses semblables. Ou des paiements directs aux citoyens, ciblés. Ce n'est pas nécessairement des montants très élevés, mais… un 50 $ par…

M. Lecavalier (Charles) : Mais je comprends que le Parti libéral s'opposerait à une baisse d'impôt par…

M. Leitão : L'impôt sur le revenu, je ne pense pas que ce soit nécessaire de le baisser. Je ne veux pas l'augmenter, mais ce ne serait pas nécessaire, non plus, de le baisser.

M. Lacroix (Louis) : Mais, en 2014, c'est ça que vous aviez fait, quand vous étiez ministre des Finances, de faire des choix dans… des choix financiers. Puis ça n'a pas été très populaire sur le plan politique.

M. Leitão : Mais ça… l'histoire jugera de cela, M. Lacroix. Le… mais les choix ont été faits. Donc, il fallait faire des choix. On a fait les choix. Je dirai seulement ceci : D'abord, je suis toujours… les choix qu'on a faits, on les a faits, là, je ne peux pas me défiler de ça. Mais on a fait exactement ce qu'on a dit qu'on allait faire. Ce n'est pas… ça n'aurait pas dû être une surprise pour personne ce qu'on a fait en 2014-2015. On avait dit exactement ce qu'on a fait.

M. Lachance (Nicolas) : …rebondir là-dessus. Vous dites : Il faudrait que le gouvernement fasse deux ou trois choix principaux. Ça veut dire c'est quoi pour le reste? Ça serait l'austérité pour les autres?

M. Leitão : Pour le reste, il faudra s'ajuster. Il faudra voir comment… quelle est la meilleure façon de livrer le soutien aux citoyens. Comme je vous ai dit, je pense que des… par exemple, un exemple, je n'ai pas réfléchi ça avec mes collègues, donc ça sort comme ça, mais ça va. Au Québec, nous avons le crédit d'impôt solidarité. C'est un héritage libéral. Un gouvernement libéral qui l'avait fait avant. Et qui, vraiment, est une méthode, à mon avis, très efficace, de transférer des fonds aux familles qui en ont plus besoin. Est-ce qu'on pourrait, par exemple, regarder de bonifier le CIS, le crédit d'impôt solidarité? Moi, je pense que oui. Pour le reste des choses, il va falloir que l'État prenne ses décisions quant au reste de la machinerie gouvernementale.

M. Lacroix (Louis) : Il va faire un peu ce que vous aviez fait en 2014. C'était une erreur, vous pensez, en 2014?

M. Leitão : Non, non, non, pas une erreur, la situation est très différente. En 2014, quand nous avons pris le pouvoir, on avait un déficit élevé et non seulement… O.K. On ne va pas refaire l'histoire, là, mais si on a le temps, mais le déficit s'en allait en augmentant. Donc, en politique fiscale, le seul atout qu'un État a, c'est sa crédibilité de faire ce que tu as dit que tu vas aller faire, et c'est exactement ce qu'on a fait en 2014. Il fallait maintenir notre crédibilité pour garder notre cote de crédit, pour pouvoir continuer à avoir accès aux marchés financiers, ce qui s'est passé. Un jour, l'histoire, là, on se parlera, M. Lacroix, autour d'un café, je vous parlerai des coups de téléphone que j'ai dû faire, en 2014, avec nos amis des agences de crédit parce qu'ils voulaient vraiment nous décoter.

Donc, la situation, aujourd'hui, on n'est pas dans ces zones-là, aujourd'hui, on a des marges de manoeuvre, la dette a beaucoup baissé. Donc, le gouvernement, maintenant, n'a pas besoin de prendre les mesures que nous avons prises en 2014.

Le Modérateur : Une dernière en français, s'il vous plaît.

M. Laforest (Alain) : …j'aimerais ça vous entendre là-dessus… est-ce que vous avez l'impression qu'on va avoir une image un peu… et aller directement…

M. Fortin : Bien, je trouve que votre image est un peu forte, là, honnêtement, mais pour… mettez-vous dans la peau d'une infirmière deux secondes, là. Elle s'est fait recruter, on l'a appelé, on lui a demandé si elle voulait revenir dans le réseau de la santé, on lui a dit : Si tu reviens, tu vas avoir une prime de 12 000 $, 15 000 $, 18 000 $. Elle a dit : Bonne idée, je vais embarquer, je vais me prêter à l'exercice. Je vais changer ma profession, mon occupation, je vais revenir à la profession d'infirmière, je vais revenir au réseau public. Et là elle apprend, quelques semaines plus tard, que tout ça est conditionnel au fait qu'elle ne peut pas avoir un suivi de grossesse, qu'elle ne peut pas s'absenter pour des raisons familiales, des raisons de santé mentale, des raisons tout à fait légitimes pour quelques journées. Moi, je me poserais des questions par rapport à la sincérité du gouvernement à vraiment attirer davantage de professionnelles.

On le sait, je pense, tout le monde le sait qu'on en a besoin, mais aujourd'hui, en 2021, on ne peut pas traiter des employés comme ça, on doit les traiter avec respect, on doit les traiter avec honnêteté. On doit leur expliquer exactement les conditions de travail qu'elles vont avoir. Et le gouvernement, il y a matière à se poser la question : Est-ce qu'ils ont été complètement honnêtes avec les infirmières qui ont déjà signé en bas de la page?

Des voix :

Mme Prince (Véronique) : C'est un cadeau empoisonné, dans le fond? C'est ça?

M. Fortin : Je pense que le gouvernement a besoin de revoir cette politique-là. Tous les employeurs au Québec ont une obligation de traiter les employés avec respect, tous les employeurs au Québec ont une obligation d'offrir des congés sans solde pour des raisons qui sont tout à fait valables, comme l'absence pour des raisons de décès familial, comme les suivis de grossesse. Le gouvernement a la même obligation envers ses professionnelles de la santé. Et si la priorité numéro un du gouvernement, comme il nous l'a dit dans son discours, l'autre jour, M. Legault nous a dit essentiellement que sa première priorité, c'était de ramener des professionnelles vers le réseau public, bien, on doit avoir des meilleures conditions de travail que celles qui sont ce matin dans le journal.

Le Modérateur : On va devoir passer en anglais, s'il vous plaît.

M. Lachance (Nicolas) : …la police de Montréal serait intervenue auprès de la mafia, ça fait que de leur demander de l'aide pour régler les problèmes de violence dans les rues de Montréal, baisser la tension. Qu'est-ce que vous pensez de ça, que la police demande l'aide de la mafia?

M. Fortin : C'est peut-être particulier. Mais de faire un appel à l'ensemble des citoyens, de faire un appel à l'ensemble des acteurs à Montréal, je pense que tout le monde doit prendre conscience du fait que les Montréalais sont inquiets de leur sécurité ces jours-ci. Mon collègue Frantz Benjamin a fait état d'une fusillade à quelques maisons de chez lui. Alors, il y a une véritable inquiétude dans la population, de relayer cette inquiétude-là à tout le monde, de s'assurer que tout le monde en fait le maximum… Moi, je n'ai aucun problème avec le fait que la police de Montréal demande à tout le monde de faire attention ces jours-ci, de faire…

Journaliste : Même à la mafia, là?

M. Fortin :Mais peu importe de qui il s'agit, là, il doit y avoir une conscience envers la sécurité du public, ces jours-ci. Je pense que c'est le devoir de tout le monde, qu'on soit un policier, qu'on soit au gouvernement, qu'on soit impliqué dans des situations comme celle-là ou autre, tout le monde a un devoir parce qu'il y a des Montréalais qui ne se sentent pas en sécurité chez eux en ce moment.

Le Modérateur : Merci. Il faut absolument…

Mme Prince (Véronique) : …peut-être une dernière sur les garderies. Aujourd'hui, le gouvernement veut annoncer 37 000 places. Je sais que vous n'êtes pas le porte-parole, là, mais est-ce que, dans les conditions actuelles, c'est réaliste de penser qu'on aurait la création de 37 000 places rapidement?

M. Fortin : Moi, j'ai entendu le ministre de la Famille au cours des dernières années nous promettre des milliers de places en début de mandat, ce n'est jamais arrivé, je l'ai entendu, à la mi-mandat, nous promettre des milliers de places, ce n'est jamais arrivé. Aujourd'hui, il nous promet 37 000 places, je pense que le fardeau de la preuve est sur lui.

Le Modérateur : En anglais, s'il vous plaît.

Mme Senay (Cathy) : I would like to go in that direction too for my first question. With this announcement of a bill and an action plan, that should be, according to the CAQ, the most important reorganization of day care services since the creation of CPEs in the 1990s. So, what are your expectations? Because you wanted the law to make it obligatory, mandatory to offer like a single rate for all parent's day care services.

M. Fortin : Yes. We'll take a look at the bill we'll have to see exactly what's in the bill and how the Government is approaching this whole thing. But the CAQ's track record on creating day care spaces right now, it is quite meager, to be honest with you. The Minister of Family Affairs, at the beginning of his mandate, promised to create thousands and thousands of day care spots and he failed at it. At mid-mandate he said : Well, I didn't really understand the network, now I get a better idea of how it works. I'm going to create thousands and thousands of day care spots. He still hasn't done that, now he's promising to do it again. I think the onus is on him to prove to Quebeckers that he can do that with the very limited time he has left.

Mme Senay (Cathy) : How can we get there? I mean, like, there's such an important shortage of educators, so even though they want to create that many spaces.

M. Fortin : Well, that's the thing with every Government announcement these days. Whether it's on health care, like the Parti québécois did this morning, whether it's on daycare services, the Government cannot simply say : I'm going to invest money and it's going to work. The paradigm is different, the paradigm has shifted now. You have to come up with a very viable strategy on how to attract human resources, whether it's a day care network or anywhere else. So, until we see an HR strategy, an attraction strategy for professionals in the daycare system, there are still going to be questions as to whether his plan can work. And it's the exact same thing the Government is doing with health care this morning.

When you have a strategy to bring back health care professionals, but all the sudden you start imposing conditions left, right and centre, they start realizing that maybe it's not what they signed on for, it's not going to be as productive or as useful as it should be. We want the Government to succeed in this, but they need a true HR strategy behind any investment that they're making these days.

Mme Fletcher (Raquel) : Just to make sure that I understand that correctly, are you saying because there are so many open jobs that, you know, people can kind of go wherever they want, that that's why the paradigm is changing, they're choosing where the best conditions are being offered?

M. Fortin : I'm going to give you a very specific example. Minister Carmant announced a few weeks or a while back $100 million dollars for mental health services. Now, we're realizing that there's only about 1 500 Quebeckers who had access to those mental health resources. You can announce all the money you want these days, but if you do not have a very specific plan on attraction and retention of human resources, you will not be able to spend that money. So, any investment that's made has to come with a human resources strategy, or else it's a very perilous exercise with very little chance of succeeding. It's... We're not in the world of five, 10 years ago, where you could simply say : Here, I'm putting additional money on health care, I'm putting additional money on day care, I'm putting additional money on education. It has to come with a human resource strategy, and I don't think the Government has quite realized that up to this point in many of its announcements.

Mme MacKenzie (Angela) : I just wanted to ask you also about Romane Bonnier she still being killed the other day, and we now know it was a femicide. When you found that out, what went through your mind?

M. Fortin : Every time we hear about a feminicide in Québec, it pulls at our heartstrings. It's something that the Government has know for a while, obviously all year... this year... it is a major issue. It is a reminder that we do need to invest and have the appropriate resources for women to turn towards. But I think, like every Quebecker, when you hear of an additional feminicide, you try to think : Could it have been prevented? Could the Government have done more? What's the resources that this person could have used, should have used, should have been made available to them? I think those are the questions a lot of people are asking this morning.

Mme MacKenzie (Angela) : Is there anything else you would like to see happen at the Government level? Because there have been a number of announcements this year...

M. Fortin : It think it's a sense of urgency around it that to me needs to be adjusted from the Government. It took weeks, and weeks, and weeks to get the Government to... or months and months for Government to come up with its strategy on additional spaces for women shelters. It took months and months. And, even during their budget, the Finance Minister said : Well, I was... never really had any representation on this. If it's an issue, we'll do more.

I think what's really lacking from Government is the sense of urgency, because there are women who are suffering and who don't know where to turn. There are women who are in unsafe places and who don't have the resources in their community, or the resources are full right now. So, really, what I'd like to see is a sense of urgency and a sense of : We'll do everything we can as quickly as we can so that those resources are available.

Le Modérateur :Merci beaucoup.

(Fin à 9 h 8)

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