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Conférence de presse de M. Joël Arseneau, chef du troisième groupe d’opposition, et M. Martin Ouellet, leader parlementaire du troisième groupe d’opposition

Version finale

Le jeudi 27 janvier 2022, 9 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Neuf heures une minute)

M. Arseneau : Alors, merci beaucoup. Bonjour à tout le monde. C'est le début de la session parlementaire la semaine prochaine, l'occasion pour les députés du Parti québécois de se rencontrer à l'occasion de notre caucus présessionnel. Alors, évidemment, je suis accompagné de notre chef, Paul St-Pierre Plamondon, du leader, également, des travaux parlementaires, Martin Ouellet. Donc, on va planifier notre session.

Et vous ne serez pas surpris aujourd'hui que l'on vous parle de santé, parce qu'évidemment on est encore en pandémie après deux ans et on sait que la faiblesse du réseau de la santé fait en sorte que ça se prolonge et ça se prolonge encore. Notre système de santé ne tient plus qu'à un fil. On en fait tous le constat. Il y a du délestage de façon incroyable depuis déjà plusieurs mois, plusieurs semaines — ça s'est accentué — l'accès aux services de première ligne qui est diminué. Il y a cette incapacité de répondre aux besoins à travers le Québec même dans les services de base qui ont fermé au cours des derniers mois. On peut nommer Senneterre. On peut nommer Matane. On peut nommer l'Outaouais également. Évidemment, la surcharge de travail du personnel est, en fait, inacceptable à l'heure actuelle, le temps supplémentaire obligatoire.

Donc, ce qu'on constate, c'est que les années de réforme centralisatrice des libéraux nous font payer un lourd tribut à l'heure actuelle pour l'ensemble de la société, mais aussi l'immobilisme du gouvernement de la CAQ, qui font en sorte que le système n'a jamais été aussi faible, qu'on est au bord du gouffre.

Et aujourd'hui ce qu'on veut réitérer, c'est qu'il a des éléments fondamentaux pour le Parti québécois qui doivent être considérés lorsqu'on regarde le système de santé. L'accès aux soins de première ligne doit être revu. Les soins à domicile, c'est fondamental. Il faut implanter une gestion de proximité, décentraliser, accentuer l'imputabilité, également, des gestionnaires. Le bien-être des travailleurs du réseau, c'est fondamental pour le Parti québécois. La Santé publique indépendante, il faut y arriver dans les plus brefs délais. L'importance des organismes communautaires également, en complémentarité avec le réseau, il faut valoriser leurs efforts.

Donc, il ne suffit plus de dire aux travailleurs de la santé qu'ils sont bienveillants, que ce sont nos anges gardiens. Il faut passer à l'action avec donc des mesures concrètes, véritablement valoriser leur travail, notamment. Actuellement, les Québécois paient un prix très élevé pour la faiblesse de notre système de santé. C'est la raison pour laquelle on a des propositions à vous présenter, certaines qu'on veut réitérer. Et, sur ce, je laisse la parole à Paul.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Merci, Joël. Alors, bien, premièrement, content de vous revoir. Il est peut-être trop tard pour souhaiter bonne année, mais je le pense quand même. On est très contents d'être de retour dans le mode de fonctionnement démocratique qui est celui de l'Assemblée nationale.

On veut vous parler de santé ce matin, parce que, pour une majorité de Québécoises et Québécois, la vraie question, c'est : Une fois Omicron terminé, est-ce qu'on a un système de santé capable de faire face à d'autres vagues, à d'autres situations? C'est une source d'inquiétude qui est légitime.

Et on vous présente donc ce matin un document intitulé Redresser le réseau de santé, les 12 travaux du Parti québécois. Vous connaissez les 12 travaux d'Astérix, les 12 travaux d'Hercule. Mais on a voulu aller à l'essentiel. Évidemment, dans le cadre de la campagne électorale, on présentera un plan qui est encore plus étoffé, mais on a voulu aller à l'essentiel de mesures qui sont connues, qui ont été répétées par des experts pendant des années et des années, qui sont défendues par le Parti québécois depuis des années et des années, sans que ni la CAQ ni le Parti libéral du Québec ne fassent quoi que ce soit.

Avant de vous présenter ces 12 mesures-là, il y a une 13e mesure ou une 13e réalité qu'on doit nommer et qu'on oublie trop souvent, alors que c'est probablement la plus importante d'entre toutes. Souvent, en politique québécoise, on agit comme si le Québec était un pays et comme si on contrôlait les budgets en matière de santé. La vérité, c'est que la CAQ, avec les autres provinces canadiennes, ont fait des demandes au fédéral et que notre demande à titre de… Le gouvernement du Québec demande 6 milliards par année, venant du fédéral, qui devraient être dans nos budgets de santé mais que le fédéral n'octroie plus. La proportion du financement en provenance du fédéral en matière de santé a diminué substantiellement au cours des dernières années, et toutes les provinces canadiennes sont d'accord sur le fait que le fédéral sous-finance la santé. Mais, pour autant, ce sont de l'argent payé par les Québécoises et Québécois mais qui ne nous revient pas en matière de santé.

Je suis obligé d'insister là-dessus avant de présenter les 12 mesures, là, parce que s'il nous manque 6 milliards dans le système, je regrette, mais ça a une conséquence quelque part, donc on ne peut pas faire semblant que tout va bien puis que c'est juste une question de trouver des solutions. Oui, on va… nous, on est en mode solution, on va vous en présenter, mais il manque 6 milliards de dollars, et ça, il faut le nommer. Et vous connaissez notre position, notre solution à ce niveau-là, c'est de cesser de faire affaire avec un gouvernement qui n'est pas le nôtre et qui n'a pas nos priorités à coeur.

Ensuite vient la tentation, lorsque ça ne va pas très bien, comme en ce moment dans le système de santé, de s'accrocher à des slogans, à des bébelles puis à des artifices : Voir un médecin en moins de 15 minutes, un médecin par personne, garantie qu'on va vous trouver un médecin de famille pour toutes les familles, des promesses, des slogans, là. Nous, on y va plutôt avec des solutions qui ont été nommées par des gens qui connaissent ça, donc des changements faisables, rigoureux, qui ne sont pas des slogans mais qui auront un impact réel, tangible sur la manière dont fonctionne notre système de santé.

Je vous les nomme, ces 12 mesures-là. Certaines sont nouvelles, mais, pour la plupart, ce sont des choses qu'on a entendues au cours des dernières années, c'est simplement que la CAQ n'a pas agi. Puis d'ailleurs, on regarde la performance de la CAQ au gouvernement, non seulement il n'a pas agi, mais on a vu le réseau se détériorer dans son ensemble, Omicron ou pas, là. Les ajustements sont minimes et sont inefficaces. La preuve, c'est que ce matin on apprend que, pour ce qui est du privé en matière de santé, bien, les mesures qui ont été annoncées par la CAQ, soit par incompétence, ils n'ont pas réalisé que ça n'allait pas avoir lieu, parce que les clauses contractuelles permettaient… faisaient en sorte qu'il n'y aurait pas de changement dans la place du privé au niveau des infirmières, ou soit ils le savaient puis ils nous ont fait croire que c'était pourtant possible, alors que ce n'était pas possible de réduire la part du privé dans le fonctionnement du système public. Nous, on est très clairs, il faut l'abolir, ça fait partie des 12 mesures.

Donc, je vous les nomme ces 12 mesures-là. Dans un premier temps, donner davantage d'autonomie aux 200 000 professionnels de la santé autres que les médecins. Combien de fois on l'a répété? On a une seule clinique de superinfirmières, alors qu'on pourrait étendre le modèle. Plusieurs groupes de professionnels de la santé disent : On pourrait en faire plus. Puis c'est toujours la timidité, les demi-mesures. On doit accepter la contribution précieuse de toutes les catégories, les groupes de professionnels de la santé.

Deuxième mesure : faire des CLSC de véritables centres de santé de proximité dotés, comme je vous disais, d'infirmières spécialisées et d'équipes multidisciplinaires, donc, pour donner une première ligne aux Québécoises et aux Québécois. Revaloriser la première ligne à travers le CLSC.

Troisième élément : financer massivement les organismes communautaires qui ont un rôle essentiel à jouer sur la santé physique et la santé mentale de nos gens. Donc, on réitère qu'on veut du financement à la mission, à la hauteur de 460 millions de dollars par année.

Quatrième mesure : permettre aux personnes aînées ainsi que celles qui vivent avec une déficience ou un trouble du spectre de l'autisme d'obtenir des soins à domicile répondant réellement à leurs besoins. C'est une annonce qu'on a déjà faite. C'est une chose qu'on devrait faire tout de suite et maintenant.

Cinquième élément : régionaliser et simplifier le système de santé en décentralisant les décisions et les services. On en a parlé souvent, mais la centralisation à outrance, notamment sous l'égide du Dr Barrette a des conséquences qu'on a vues de toutes sortes de manières durant la pandémie.

Sixième élément : revoir le mode de rémunération des médecins de famille pour instaurer une formule de rémunération hybride. Combien de fois est-ce qu'on en a discuté, mais qui a eu le courage politique de véritablement mettre en oeuvre ces mesures-là? On est toujours en attente.

Septième élément : étendre les heures d'ouverture des blocs opératoires pour rattraper les retards liés au délestage. Donc, ça, c'est une nouveauté en termes de s'adapter à la pandémie. Mais, si on envoie tout au privé puis qu'on pense que le privé est une solution, bien, on va se retrouver dans les mêmes dynamiques que pour les infirmières. Il faut étendre ce que le public est capable de faire.

Huitième élément : abolir le recours aux agences de placement privées et réintégrer les travailleurs dans un réseau public plus humain. Donc, ce que proposait le Parti québécois, qui aurait fonctionné, c'est de tout simplement abolir les agences privées, et donc l'incitatif pour revenir dans le réseau public, il est indéniable, à ce moment-là, et prendre des mesures fortes pour que la qualité du milieu de travail soit transformée dans le réseau public. Encore une fois, la CAQ y va d'opérations de communication et de demi-mesures. Est-ce que ça fonctionne? La réponse, c'est non. Puis à chaque fois on nous présente ça comme des moments historiques puis de grandes révolutions. Ce n'est que de la poudre aux yeux.

Neuvième élément : abolir le temps supplémentaire obligatoire et implanter un système de gestion autonome des horaires. C'est quelque chose qu'on a répété à plusieurs reprises.

Dixième proposition : adopter une loi pour mettre en oeuvre des ratios de professionnels en soins versus patients, qui sont sécuritaires. Combien de fois est-ce qu'on a dit ça?

Onzième élément : rehausser les cohortes, dans les métiers en santé, en fonction des besoins. Puis ça, c'est un élément qui est moins discuté, mais on réitère que les besoins en infirmières, en médecins, bien, doivent être liés à nos décisions de combien de jeunes futurs médecins, futures infirmières, futurs pharmaciens, combien de jeunes étudiants on admet dans ces cohortes-là. Ça semble évident, mais ce n'est pas le cas en ce moment.

Et dernier élément, douzième élément : revoir la Loi sur la santé publique afin d'assurer une complète indépendance au directeur national de santé publique, ce qui signifie assurer la pleine transparence de tous les avis scientifiques dans les communications. Ça fait près de deux ans qu'on répète ça.

Donc, ce qu'on a à dire ce matin, au Parti québécois, pendant que d'autres partis d'opposition augmentent les décibels puis cherchent par tous les moyens d'attirer l'attention avec des slogans, des logos puis de la poudre aux yeux, c'est : l'intelligence dans les politiques publiques, c'est important, la rigueur, c'est important. Et ça fait des années que des experts, en dehors de la politique, il y a des experts qui apportent cette rigueur-là et cette intelligence-là dans des propositions qui sont faisables, concrètes, mais pour lesquelles la CAQ et le Parti libéral du Québec n'ont aucun intérêt.

Et c'est là qu'intervient le Parti québécois. Nous, en temps de pandémie, on demeure constructifs, rigoureux et on dit aux gens, un peu comme une bouffée d'air frais : Il y a des solutions, c'est une question de volonté politique puis de se faire confiance également. Avec un bémol, il manque 6 milliards de dollars dans notre système de santé, qui est retenu par Ottawa. Et la CAQ a fait cette demande-là et obtenu un autre refus de la part du fédéral comme dans la très grande majorité de ses demandes auprès d'Ottawa. C'est un enjeu et c'est pour ça que je suis indépendantiste.

Là-dessus, on va prendre les questions.

Le Modérateur : Merci. Nous en sommes maintenant aux questions. Donc, nous allons commencer avec Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Le gouvernement du Parti québécois de 2012 à 2014 n'a-t-il rien à voir avec l'état du système actuel?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, c'est un gouvernement minoritaire, qui n'a pas eu un plein mandat. Plusieurs des projets proposés par le Parti québécois à l'époque n'ont pas pu voir le jour faute de soutien et faute de temps, faute de soutien des oppositions. Parce que c'est ça, le lot d'un gouvernement minoritaire.

Et force est de constater que, de 2003 à 2018, le Parti libéral du Québec s'est lancé dans des réformes où le privé, l'affaiblissement du réseau public, la centralisation et la dévalorisation des gens dans le système ont eu des impacts importants. Maintenant, quand j'entends la CAQ se servir de ce constat-là sous les libéraux pour excuser leur inaction pendant maintenant quatre ans, là, il y a des limites. On pouvait prendre ça après un an de gouvernance, des explications en fonction des gouvernements libéraux précédents.

Nous, on dit : Il faut agir maintenant. Il n'y a pas d'excuse pour ne pas agir maintenant. Et un gouvernement du Parti québécois, dès le jour 1 de son élection, avec des gens compétents, honnêtes, engagés pour des raisons nobles, pour des causes, vont agir sur-le-champ, avec des solutions rigoureuses qui existent déjà, mais qui ne correspondent pas à l'idéologie de la CAQ et du Parti libéral.

M. Bossé (Olivier) : L'image est sympathique, là, mais je suis sûr que vous avez regardé Ciné-cadeau encore cette année.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : J'adore Ciné-cadeau.

M. Bossé (Olivier) : Je le savais.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : D'ailleurs, j'ai insisté pour Astérix, mais on m'a dit : Peut-être qu'Astérix n'a pas beaucoup de liens... Donc, on s'en est tenus aux 12 travaux du Parti québécois, mais, oui, je suis un fan.

M. Bossé (Olivier) : Mais vous savez que c'était pour séparer, donc, les humains des dieux. Est-ce que c'est des travaux impossibles? Est-ce que c'est impossible de faire ça?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est justement ça, mon message, et notre message, ce matin. C'est dévalorisant pour les Québécoises et les Québécois lorsqu'on constate que notre système de santé est aussi mal en point. On se sent mal pour les gens qui sont dans le système. On aimerait ça faire de quoi. Puis il y a de quoi être découragé des fois.

Puis, nous, contrairement à d'autres, on arrive avec des solutions en disant : Non, on est capables. Évidemment, s'il y a un palier de gouvernement qui retient 6 milliards par année… Évidemment que le défi est rendu très difficile par une structure politique qu'on dénonce constamment. Mais, indépendamment de cette problématique-là, il y a bel et bien 12 travaux qu'on peut entreprendre, qui vont faire en sorte qu'on voit une différence rapidement, et c'est basé sur des experts.

Et d'ailleurs j'en profite pour dire qu'aujourd'hui on a invité Joanne Liu puis on a invité Kim Lavoie pour nous parler puis discuter de d'autres solutions ou d'ajustements dans notre plan, parce que nous, au Parti québécois, on n'a pas peur de parler aux experts puis on n'a pas peur de la science. On aime avoir les meilleures pratiques puis les proposer aux Québécoises et Québécois.

Donc, mon message, au contraire, c'est : Oui, c'est un défi, mais il faut avoir une mentalité un peu de Gaulois et ne pas avoir peur de ces défis-là, tout simplement les relever un par un. On vous en donne 12, aujourd'hui, des solutions, puis nous, on a le goût de les relever, puis nous, on voit ça positivement. On pense qu'on est capables.

Le Modérateur : Alez Boissonneault, Radio-Canada.

M. Boissonneault (Alex) : Bonjour, messieurs. Parlant de la Loi sur la Santé publique puis l'indépendance de la Santé publique, aujourd'hui, on a une conférence de presse du Dr Boileau. D'abord, est-ce que ça vous satisfait? Qu'est-ce que vous pensez du fait qu'on ait une conférence de presse séparée? Et qu'est-ce que vous vous attendez de cette conférence de presse là?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Premièrement, c'est important de rappeler que le Parti québécois a été le premier parti à demander à ce que la Santé publique soit indépendante du politique. Et ça remonte à avril 2020. Donc, on est heureux de voir ce premier pas-là.

Maintenant, justement, soyons rigoureux. Qu'est-ce que ça veut dire, en termes d'indépendance, si le premier ministre, il nous dit : Ce ne sera pas toujours le cas, lorsque le politique requiert que les deux parlent d'une seule voix à travers le premier ministre, je vais vous arranger ça? Je veux dire, avant de conclure qu'on est bel et bien devant une Santé publique indépendante, là, prenons un pas de recul. Est-ce qu'on est heureux de voir que le Dr Boileau fait ce pas en avant, de nous parler de science, et non pas du programme électoral de la CAQ, lors d'un point de presse? On en est heureux. Mais, pour des questions de rigueur, ce qu'on demande, c'est que ce soit systématiquement le cas, et non pas au gré des humeurs et des intérêts du premier ministre et de la CAQ. Et ça, ça me semble évident.

Deuxième point, est-ce que quoi que ce soit a changé au niveau de la proximité politique? L'indépendance, là, si on parle de l'indépendance judiciaire, par exemple, c'est bel et bien le fait qu'on ne relève pas d'un autre pouvoir, que notre rémunération puis nos décisions ne relèvent pas de l'approbation d'autrui. Ce qu'on a constaté dans la structure de la cellule de crise, c'est que, bel et bien, le directeur de santé publique relève de facto du ministère, et du gouvernement, et donc du premier ministre. Ce n'est pas normal que ce soit le premier ministre qui nous dise ce que la Santé publique voudrait nous dire. Et c'est pourtant toujours le cas. François Legault commence toujours en disant : Bonne nouvelle, ce matin, la Santé publique nous dit que. Pourquoi elle n'est pas capable de nous parler toute seule, de manière autonome, la Santé publique? Ce sont des scientifiques compétents, qui ont, entre vous et moi, beaucoup plus de compétence que le gouvernement actuel, là, en matière de gestion de pandémie et de science. Qu'ils nous parlent de manière autonome et qu'on arrive, réellement, à l'indépendance.

M. Boissonneault (Alex) : Et, dans un autre ordre d'idée, j'aurais aimé ça, vous entendre sur la contribution santé aussi, sur la position du Parti québécois, puis si vous allez appuyer ou pas le gouvernement dans sa démarche de faire adopter un projet de loi là-dessus cette session.

M. Arseneau : Bien, écoutez, le fardeau de la preuve repose sur le gouvernement. Il a lancé, visiblement, cette initiative-là pour faire taire les critiques à son endroit dans cette gestion chaotique du début de l'année en pandémie. Il n'a pas fait la preuve que cette mesure-là serait efficace pour en sortir.

Alors, nous, ce qu'on va faire aujourd'hui, Paul l'a mentionné, on va approfondir la question avec Mmes Lavoie et Liu pour justement pouvoir déterminer si cette mesure-là est susceptible d'aider les Québécois à sortir de la pandémie et on avisera ensuite, quand on verra le projet de loi, justement, parce qu'il y a des enjeux, évidemment, juridiques, il y a des enjeux d'éthique, il y a des enjeux d'équité, également, que l'on va devoir regarder avant de se prononcer.

M. Boissonneault (Alex) : Juste pour être bien clair, ça serait peut-être une sous-question, là, est-ce que vous êtes d'accord avec le principe de faire payer davantage les non-vaccinés en raison de la place qu'ils occupent en ce moment dans le réseau?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Nous, au Parti québécois, on veut que les mesures soient en fonction de sortir de la crise sanitaire. Puis on veut que ce soit basé sur une démonstration scientifique ou rigoureuse que c'est logique de faire une mesure ou pas.

En ce moment, on n'a aucun avis de Santé publique, aucune expertise au soutien d'une mesure qui me semble davantage punitive que dans la perspective de sortir de la pandémie. Donc, c'est pour ça qu'on prend le temps d'écouter des experts, qu'on va prendre le temps de lire le projet de loi pour voir exactement c'est quoi, puis on prendra position. Mais Joël souligne que le fardeau de la preuve, il revient au gouvernement, de nous démontrer qu'il n'a pas fait ça parce que des sondages internes lui disaient que ce serait populaire, mais qu'il a fait ça parce que la Santé publique lui recommandait. À date, je n'ai aucune indication que la Santé publique a recommandé une telle mesure.

Le Modérateur : Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Vous avez parlé de rigueur et d'intelligence. En étant rigoureux, il coûte combien, votre plan, puis ça prend combien de gens pour combler?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Notre plan va être dévoilé au cours des prochains mois en prévision de la campagne électorale. Ce matin, ce n'est pas le plan complet qu'on dévoile. Ce qu'on dévoile, c'est l'existence, de manière récurrente, de solutions qui sont disponibles et que la CAQ refuse d'appliquer.

M. Laforest (Alain) : Mais, dans ces solutions-là, la plupart ont déjà été avancées, là. Il y a… C'est des solutions qui ont été avancées par tous les partis politiques, là.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Exactement. Donc, comment…

M. Laforest (Alain) : Moi, je vous demande : Vous avez dû avoir… Vous devez avoir une idée, ça va coûter combien?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : On va déposer ça en bonne et due forme.

M. Laforest (Alain) : Avec un budget de 44 milliards, est-ce que ça prend de l'argent supplémentaire? Puis est-ce qu'on a le personnel pour pouvoir répondre à vos 12 travaux?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien sûr. Et ça, on va tout déposer ça dans un plan qui est beaucoup plus volumineux. Ce qu'on a ce matin, c'est le rappel, comme vous le dites, que certaines mesures sont prônées au Québec depuis des années, et c'est l'inaction ou l'incompétence du gouvernement actuel qui n'a pas bougé par rapport à des solutions disponibles, concrètes et qui auraient un impact immédiat sur notre système de santé.

Donc, ce sont nos 12 travaux. Mais, pour ce qui est du plan, vous avez raison, ça doit être chiffré. Ça va être plus volumineux que ça. Et ça, ce sera déposé en prévision de la campagne électorale.

M. Laforest (Alain) : Qu'est-ce que vous pensez du «convoi de la liberté»? Avez-vous des craintes? Pensez-vous que ça va changer quelque chose? Pensez-vous que c'est juste pour attiser la haine?

M. Arseneau : Bien, écoutez, on voit que c'est mené par certains libertariens de l'Ouest du pays. Ils contestent… la contestation des mesures concernant la vaccination pour traverser la frontière canalise, évidemment, un certain courant antivaccin. Nous, on croit encore que c'est à travers la vaccination du plus grand nombre qu'on va sortir de la pandémie. Donc, ce mouvement-là ne nous fait pas avancer vers un retour à la normalité.

Le Modérateur : Hugo Pilon-Larose, La Presse+.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Bonjour. Selon une étude de l'Université de Sherbrooke, les deux tiers des adultes non vaccinés présentement au Québec adhèrent à une théorie du complot. Est-ce que, pour vous, ces gens-là menacent l'intégrité du réseau de la santé dans votre volonté de le redresser? Et comment souhaitez-vous... comptez-vous les convaincre de recevoir un vaccin s'ils sont déconnectés du réel?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, nous, on se fie à la Santé publique. C'est à la Santé publique de nous donner les avenues les plus porteuses pour augmenter le taux de vaccination, mais disons également qu'il n'y a pas que ce sujet-là qui est déterminant en ce moment, c'est pour ça qu'on vous parle du système de santé. Si notre système de santé n'est pas fait pour pouvoir s'adapter à des vagues de pandémie et qu'il y a la possibilité qu'il y ait des vagues subséquentes, bien, il y a des sujets urgents sur lesquels on doit et on peut travailler, notamment l'état du système de santé. Donc, je pense qu'il faut considérer toutes les variables qui nous permettent de sortir de la crise, puis on pense que c'est à la Santé publique d'arriver avec des recommandations indépendantes qui ne sont non pas fondées sur les sondages internes de la CAQ, mais sur la science de la gestion de la pandémie.

Rappelons également que les Québécois ont collaboré depuis le début de la crise, taux de vaccination, un des plus élevés au monde, une population qui a collaboré avec... parmi les mesures les plus restrictives au monde. Donc, on peut se donner... En termes de collaboration de la population, on doit constater qu'au Québec il y a eu une très bonne collaboration. En échange, est-ce qu'on peut, sur le plan politique, faire quelque chose pour que le système de santé soit à la hauteur des attentes et des défis? Il me semble que c'est une priorité.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Votre collègue, Lorraine Richard, a annoncé très récemment qu'elle ne se représentera pas aux prochaines élections. À ce stade-ci, alors qu'on entame la dernière session parlementaire avant l'élection, avez-vous reçu l'assurance de vos autres députés qu'ils seront de la ligne de départ?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, en fait, c'est notre première rencontre en personne, donc on n'est pas rendus à ces annonces-là. Ce que je peux dire, c'est que ça travaille très bien puis que l'esprit d'équipe est très, très soudé en ce moment, et il y aura un moment pour chaque annonce.

Le Modérateur : Marc-André Gagnon, Le Journal de Québec.

M. Gagnon (Marc-André) : Bonjour. Pour faire du millage un peu sur la question de mon collègue, il reste que la période des fêtes, c'est généralement le temps pour des élus, à la veille d'une année électorale, de réfléchir à savoir s'ils vont se représenter ou pas. Est-ce que vous avez eu l'assurance, quand même, disons, de vétérans, là, comme Sylvain Gaudreault ou Véronique Hivon, qu'ils vont se représenter, qu'ils seront sur les rangs cet automne? Si je vous nomme ces deux cas là, là.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Comme je vous dis, avec Omicron, ce qui est arrivé, c'est que c'est la première fois qu'on se voit en personne depuis plusieurs semaines.

M. Gagnon (Marc-André) :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, non, mais il y a des moments où est-ce qu'on commence le travail d'équipe puis qu'on se rencontre en personne. Un caucus présessionnel, là, c'est exactement ça. Et je vous rappelle qu'on a une série d'annonces qu'on a ordonnées, notamment, avec quatre nouvelles candidatures, dont, je les nomme, là, Pierre Nantel, Alexis Deschênes, Stéphane Handfield, Aïcha Van Dun. On est en train de bâtir l'équipe. On a une séquence d'annonces...

M. Gagnon (Marc-André) : Bien, moi, je vous parle des membres de votre caucus. On va juste vider la question, là : Est-ce que vous avez l'assurance que les membres actuels de votre caucus seront de nouveau sur les rangs cet automne?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : On fera ces annonces-là en temps et lieu.

M. Gagnon (Marc-André) : Vous n'avez pas eu cette discussion-là avec vos… avec les membres de votre caucus encore?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Comme pour les candidatures, comme pour la question de Marie-Victorin, comme pour plein d'autres questions, on a notre séquence d'annonces et on fera ces annonces-là en temps et lieu.

M. Gagnon (Marc-André) : O.K. On va changer de sujet dans ce cas-là. Bon, vous avez certainement vu le changement de cap du Parti libéral dans le dossier du troisième lien. Alors, c'est quand même eux qui ont mis sur pied le bureau de projet, qui ont injecté les premiers millions dans ce projet lorsqu'ils étaient au pouvoir. On sait que Québec solidaire, en tout cas, à tout le moins, avant les fêtes, nous disait qu'ils étaient parlables pour un troisième lien dédié…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Avec des transports en commun, je pense.

M. Gagnon (Marc-André) : …dédié uniquement au transport en commun. Donc, bien, deux choses : Qu'est-ce que vous pensez du changement de cap du Parti libéral, puis là quelle sera, vous, votre position claire, là, sur ce dossier-là?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ça nous place, en effet, dans la situation où est-ce qu'on est le seul parti à avoir été constant sur cet enjeu-là, et je le réitérerai. J'ai utilisé toutes sortes de qualificatifs, je pense, j'ai même parlé de quasi-délire, pour parler de ce tunnel-là. Aujourd'hui, je vous dirais, c'est un projet que je qualifierais de gnochon. C'est un mot que ma grand-mère utilisait. Mais c'est injustifiable et tellement peu intelligent, avec les besoins qu'on a en infrastructure, pour la santé, pour l'éducation, pour les transports collectifs et les infrastructures de la ville de Québec, c'est injustifiable que de dépenser entre 10 et 15 milliards. Parce que, quand on nous dit 10, rappelons-nous c'est quoi, un dépassement de coût, là, on sera probablement plus autour de 15 milliards. Injustifiable de dépenser cette somme-là compte tenu des besoins ailleurs. Et…

M. Gagnon (Marc-André) : Donc, vous pensez comme le Parti libéral? Qu'est-ce qui vous distingue?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, c'est-à-dire que c'est le Parti libéral qui pense comme nous. Parce que le Parti libéral a eu quatre positions différentes au cours des dernières années. Nous, on a toujours la même position. Je vous répète ce que j'ai dit il y a un an, il y a un an et demi, ce qu'on a dit, bien, à travers tous nos porte-parole. Ce n'est pas un bon projet, c'est injustifiable, et on va arriver avec des propositions qui sont beaucoup plus structurantes pour la ville de Québec, mais également beaucoup plus respectueuses du fait que ces milliards-là, ils manquent pour les infrastructures en santé, en éducation, en transport à travers le Québec, mais plus particulièrement aussi dans la ville de Québec.

Le Modérateur : Caroline Plante, LaPresse canadienne.

Mme Plante (Caroline) : Bonjour. Ça fait plusieurs, plusieurs années, là, que le système de santé est mal en point. Est-ce qu'il ne faudrait pas aller chercher les meilleures pratiques ailleurs, peut-être au Canada? Et est-ce que vous êtes capable de nommer une province qui vous a inspiré pendant la pandémie?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, premièrement, est-ce qu'il faut aller chercher les meilleures pratiques? Oui, et ce qu'on fait, c'est… on consulte des experts. Maintenant, c'est un peu ça, le piège, lorsqu'on est saisi d'un aspect qui fonctionne moins bien, qui ne fonctionne pas bien. Comme, en ce moment, on prend conscience à quel point notre système de santé est fragile, mal en point. C'est tentant d'aller chercher dans une juridiction voisine quelque chose juste parce que ça permet d'alimenter le cycle médiatique, un peu comme on a fait avec les maternelles quatre ans. Ah! les maternelles quatre ans, tout d'un coup, c'est la solution miracle. On n'évalue pas le coût par enfant. On n'évalue pas que notre système de CPE est étudié partout dans le monde comme étant un modèle. On fait juste trouver un truc, un lapin de son chapeau, puis dire : Regardez, là, nous, c'est ça, notre bébelle.

Ce matin, ce n'est pas ça, nous, qu'on fait. Nous, on dit : Si on regarde la littérature, les interventions à travers les dernières années, puis on se concentre sur l'essentiel, il y a 12 choses qu'on peut faire. Puis je pourrai, si, vraiment, vous voulez les rattacher par rapport… parce qu'il y a des choses qui ont été prises en Europe, mais on les a testées, on ne les a juste pas prises comme un lapin dans un chapeau, là. Il y en a qui sont inspirées de d'autres juridictions.

Mais, au final, nous, ce qu'on constate, c'est que la combinaison libérale-caquiste a fait en sorte que plusieurs solutions qui donnent une chance à notre réseau public ont été écartées par ces deux gouvernements là, alors que la solution, elle est là, elle existe et elle est confirmée par des gens qui connaissent ça. Donc, on a voulu aujourd'hui se concentrer sur l'essentiel. Après quoi, ultérieurement, on présentera un plan chiffré et complet.

Mme Plante (Caroline) : Est-ce qu'on peut s'inspirer d'une autre province? Vous ne répondez pas vraiment à la question.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien sûr, provinces, pays…

Mme Plante (Caroline) : Est-ce qu'il y a quelque chose que vous, vous avez vu ailleurs au Canada, qui s'est fait dans les dernières années, qui est inspirant?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui. En fait, il y a des éléments là-dedans qui, à l'origine…

Prends le mode de rémunération des médecins. On est une des seules provinces canadiennes à fonctionner à l'acte. Puis le débat sur le mode de rémunération des médecins, moi, depuis que je suis en âge de suivre la politique, on lit là-dessus. Mais ça, c'est un exemple de quelque chose qui se fait ailleurs qu'on ne fait pas au Québec, puis c'est un peu inexplicable. Le décloisonnement des professions, quand on regarde le modèle ontarien, le rôle des infirmières, des pharmaciens n'est pas encadré de la même manière qu'au Québec.

Donc, évidemment, on regarde les autres juridictions. Mais, nous, ce sur quoi on veut insister ce matin, c'est qu'on ne va pas piger au hasard dans d'autres juridictions. On constate que ça fait plus d'une décennie que certaines solutions sont disponibles, mais, pour des raisons idéologiques, pour des raisons de similarités idéologiques entre les libéraux et la CAQ, il n'y a pas d'ouverture à ces solutions-là. C'est là-dessus que, nous, on dit : Donnez-nous le ballon, puis on va faire ces 12 travaux là, et rapidement on verra une différence.

Mme Plante (Caroline) : Puis sur la taxe santé, rapidement, est-ce que vous pensez que la Santé publique et le Dr Boileau doit se prononcer sur la taxe santé, et qu'est-ce que ça ajouterait au débat?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, oui, parce que ce qu'on veut savoir, ultimement, c'est si, du point de vue de la Santé publique, il y a une quelconque utilité à cette mesure-là. Et si la Santé publique, un peu comme pour le couvre-feu, refuse de signer, ne signe pas d'avis de santé publique en disant : Nous, on recommande ça, bien, on pourra en déduire que la CAQ, devant le chaos, là, qu'on a vécu durant le temps des fêtes, a jugé bon de consulter ses sondages internes et de prendre une des mesures les plus populaires pour changer le sujet. Mais ça, c'est à la Santé publique, qui devrait être indépendante, de nous dire si c'est une mesure qui a une quelconque efficacité ou non. Dans l'intervalle, nous, on a choisi de consulter certains experts, aujourd'hui, pour avancer sur le sujet.

Le Modérateur : François Carabin, Le Devoir.

M. Carabin (François) : Bonjour, messieurs. J'aimerais revenir sur votre 12e proposition plus en détail qui vise à revoir la Loi sur la Santé publique afin d'assurer une complète indépendance du directeur national de santé publique. Quel modèle vous voulez suivre? C'est-à-dire que qu'est-ce que vous voulez faire avec ce poste-là qu'est le directeur national de santé publique? Comment vous allez y arriver? Est-ce que c'est un projet de loi, par exemple? Est-ce qu'on l'intègre à l'INSPQ? Est-ce qu'on le détache du MSSS? Voilà. Toutes ces questions.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, via un projet de loi, et ce qu'on a, en fait, en chantier, un chantier obligatoire devant nous, c'est de revoir l'encadrement de la Santé publique, donc revoir la loi actuelle. Il n'y a pas juste l'indépendance de la Santé publique, là, toute l'histoire de la gouvernance par décret, dans la loi, est complètement ambiguë. Parce qu'on a testé une pandémie très demandante à tous les niveaux de notre société, on se rend compte que l'aspect Santé publique a besoin de rénovations urgentes. L'une de ces rénovations-là, puis on s'engage à la faire, c'est de permettre aux scientifiques de parler librement et d'avoir l'indépendance d'émettre des recommandations qui ne sont pas en fonction des intérêts d'image, des intérêts électoraux du gouvernement en place. Ça, c'est la base. On s'engage à le faire. Mais moi, je pense qu'on va aller beaucoup plus loin, en fait. On va revoir complètement la loi qui encadre notre Santé publique parce qu'il y a d'autres enjeux, pendant la crise, qu'on a découverts, là. Donc, il y a une rénovation complète du cadre législatif à faire.

M. Carabin (François) : O.K. Parlons-en, de cadre législatif. Il y a des projets de loi actuellement au feuilleton. Il y a une session parlementaire avant les élections, quand même. J'aimerais savoir quels projets de loi, selon vous, doivent absolument être adoptés d'ici la fin de la présente législature. Et, au contraire, est-ce qu'il y en a qui peuvent ou doivent attendre?

M. Ouellet : La Loi sur la protection de la jeunesse. Je pense que tout le monde attend qu'on mette en application les recommandations du rapport Laurent. Donc, pour nous, c'est fondamental.

Je rappelle au gouvernement la promesse brisée de la réforme du mode de scrutin. Il n'est pas trop tard. On peut l'appeler. Donc, évidemment, c'est le gouvernement qui avait signé l'entente avec le Parti québécois de changer la loi sur les élections. On peut le faire. Il est encore temps.

Et, s'il y en avait un qui devrait être laissé tomber... bien, laissé tomber, on a l'espoir qu'il ne laisserait pas tomber la proposition du Parti québécois en langue française, évidemment de mettre l'application de la loi 101 aux cégeps. Nous, on pense que ça, ça devrait être une priorité pour faire un véritable changement.

C'est ce qu'on s'attend… et on ne sait pas si le menu sera plus épais. On a des prétentions, que le gouvernement nous a dites pendant les fêtes, qu'il y avait des projets de loi qui allaient être déposés pour réformer… une réforme de la santé. Donc, on les attend aussi. M. Dubé est en consultations la semaine prochaine sur un projet de loi. Est-ce qu'il y en aura d'autres? On ne le sait pas. Mais évidemment on va faire notre travail pour adopter des projets de loi qui améliorent la qualité de vie des Québécois. Mais le travail d'opposition aussi va être fait pour démontrer quel agenda législatif peut être, dans certains cas, allégé en vue des prochaines élections, selon la prérogative du gouvernement.

M. Carabin (François) : Juste pour préciser, sur 96, est-ce que, si votre proposition sur la loi 101 n'est pas adoptée, vous n'allez pas donner votre aval à ce projet de loi là?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : ...en temps et lieu.

Le Modérateur : Louis Lacroix, Cogeco.

M. Lacroix (Louis) : Je veux revenir sur deux petites affaires que vous avez dites, M. St-Pierre-Plamondon. Vous avez dit tout à l'heure que le PQ défend... que c'est une position, la refonte du système de santé, que vous défendiez depuis des années. Après ça, vous avez dit : Quand on a été au pouvoir en 2012, c'était un gouvernement minoritaire, puis on n'a pas eu le temps, etc. Moi, j'étais là pendant ce temps-là. Ça s'adonne que vous n'avez jamais parlé à l'époque de refondation du système de santé. Ce n'était pas à l'agenda. Ce n'était pas dans les plans.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ah oui! En fait...

M. Lacroix (Louis) : Je peux-tu finir ma question, s'il vous plaît?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : En effet.

M. Lacroix (Louis) : Merci beaucoup. Alors, Mme Marois a même dit en début de pandémie… Elle a même pris la responsabilité de ne pas avoir agi. C'est elle qui l'a dit, là : On n'a pas agi, on aurait dû le faire, je prends la responsabilité. Comment vous pouvez défendre ça en disant que, depuis des années, c'est dans votre agenda, alors qu'il n'en a jamais été question avant puis que, même la femme qui était là, qui était dans le siège de la première ministre à l'époque, n'a jamais mis ça à son agenda? Comment vous pouvez ne pas prendre une partie de la responsabilité, alors que Mme Marois l'a prise, elle?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Elle l'a prise par rapport aux CHSLD. Je suis en désaccord avec votre affirmation. Lorsqu'on regarde, par exemple, le projet d'assurance autonomie, on l'a mis de l'avant. On n'a pas eu le soutien, mais c'était bel et bien pour assurer des soins à domiciles suffisants et de qualité. On a parlé de santé…

M. Lacroix (Louis) : On ne parle pas de la même chose, M. St-Pierre Plamondon. Là, on parle de revoir le système de santé complètement, là.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Là, c'est moi qui aimerais terminer ma réponse, s'il vous plaît. C'est moi qui aimerais terminer ma réponse, s'il vous plaît. Et maintenant qu'on est en 2022... Je comprends que vous voulez me ramener en 2012, mais, dans les faits, ça fait des années et des années qu'on répète certaines des solutions qui sont dans ces solutions-là. Regardez notre programme de 2018, regardez nos sorties.

Depuis que moi, je suis au Parti québécois, en 2016, la plupart de ces éléments-là ont été dits non seulement par le Parti québécois, mais par d'autres oppositions et plusieurs experts. Je ne sais pas qui d'entre vous l'a relevé, mais il y a des solutions qui sont disponibles depuis des années. Peut-être que, si vous me ramenez au gouvernement de René Lévesque, vous avez raison que certaines de ces solutions-là ne sont pas là, mais là il y a un moment donné où non seulement, en 2012, le Parti québécois a tenté d'agir dans plusieurs éléments du système de santé, mais dans le cadre d'un gouvernement minoritaire qui a duré… pas un plein mandat, qui a duré quelques années, mais également il faut prendre la mesure de ce qui a été dit au cours des dernières années, au cours des 10 dernières années, et la vérité, c'est qu'il y a plusieurs solutions qui sont confirmées, relativement consensuelles dans le milieu de la santé et qui, pour autant, ne sont pas entendues par la CAQ, et c'est ça, notre message, ce matin.

M. Lacroix (Louis) : De ce que je vois là, là, puis effectivement il y a beaucoup de choses qui reviennent, tous les partis politiques, ou à peu près, là, ont, en fait, des visées semblables pour le système de santé, c'est-à-dire décentraliser, embaucher des gens, etc. Ça, ça a un coût, tout le monde admet que ça a un coût. Il va falloir réinvestir des sommes d'argent. Quand on décide de réembaucher du personnel…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Il faut les payer.

M. Lacroix (Louis) : Ça coûte quelque chose, hein?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Évidemment.

M. Lacroix (Louis) : Ce n'est pas gratis, tout ça. Tout le monde se tourne vers le fédéral en disant : Il faut aller chercher 6 milliards du fédéral parce qu'ils ne font pas leur juste part. Le problème, c'est que le fédéral n'a pas l'air à vouloir le donner, cet argent-là. Et qu'est-ce qu'on fait? Est-ce que votre proposition est conditionnelle à ce que le fédéral accepte de donner 6 milliards au Québec ou accepte de revoir les transferts en santé? Parce que je comprends que vous voulez faire l'indépendance, là, mais la dernière fois que j'ai regardé le calendrier, d'après moi, ça ne sera pas la semaine prochaine, puis le système de santé, c'est urgent, là. Alors, est-ce que votre réforme est conditionnelle au fait que le fédéral augmente les transferts en santé?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Il y a certaines mesures, dans ce plan-là, qui sont à coût nul ou à coût relativement faible, donc qu'on peut faire immédiatement. Et je mentionne notamment la rémunération des médecins et d'autres structures, par exemple, la participation d'autres corps de métier que les médecins. Plus c'est plus multidisciplinaire, plus on a un impact sur les coûts de nos prestations de services en santé. Donc, on ne peut pas dire que c'est entièrement dépendant de la prestation du fédéral.

Mais, en même temps, il faut arrêter de se mentir à nous-mêmes. Parce que le fédéral veut dédoubler la plupart des programmes qu'on a déjà au Québec, parce que le fédéral a un autre agenda que nos priorités au Québec, il manque 6 milliards de dollars, 6 milliards de dollars. Donc, si on ne les obtient pas, les 6 milliards de dollars, il y a plusieurs de ces mesures-là qu'on juge qu'on peut faire, puis il y a plusieurs ajustements qui permettent le financement de ces mesures-là. Je viens de vous parler de la rémunération de la rémunération des médecins, l'intégration des autres disciplines de manière à ce que les prestations de services ne soient pas que des médecins à l'acte. Mais il demeure qu'il faut cesser de jouer à l'autruche. Notre participation dans un Canada où est-ce qu'on ne pèse pas lourd fait en sorte que la CAQ fait des demandes et n'obtient que des échecs, et ça nous coûte 6 milliards de dollars. Imaginez quelle serait la situation si on disposait de cette somme-là sur une base annuelle. Et ce n'est pas un caprice du Québec puisque toutes les autres provinces canadiennes en arrivent exactement à la même conclusion.

M. Lacroix (Louis) : Mais les autres mesures, là, vous dites : Si on n'obtient pas le 6 milliards, plusieurs mesures... on va pouvoir faire plusieurs mesures. Celles que vous ne pourrez pas faire parce que vous n'aurez pas le 6 milliards, vous faites quoi? Vous les laissez tomber ou vous les financez autrement, par exemple, en augmentant les impôts?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : L'article 1 du Parti québécois, c'est de réaliser l'indépendance du Québec. La seule solution structurelle...

M. Lacroix (Louis) : Je comprends, M. St-Pierre Plamondon. Vous parlez d'une réforme du réseau de la santé. Ça ne peut pas attendre l'indépendance du Québec, ça là, là.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Comme je vous dis, la majorité des mesures sont à coût nul ou à coût où est-ce qu'on peut s'ajuster. Mais je refuse qu'on mette de côté, au nom de l'urgence d'agir, le coeur du problème. Le coeur du problème, c'est qu'il manque 6 milliards de dollars. Puis là on devrait se fermer les yeux parce que, ça, il ne faut pas en parler. Il ne faut pas parler du fait qu'on devrait être un pays puis il ne faut pas parler du fait que le système canadien est injuste au niveau des octrois en santé. Il va falloir en parler, il manque 6 milliards de dollars. Puis, parce que plusieurs de ces mesures-là sont à coût nul, nous, on ne s'empêche pas ce matin de vous proposer 12 solutions concrètes. Puis, au jour un d'un gouvernement du Parti québécois, on va oeuvrer puis on va les faire.

Mais il faut arrêter de mettre sous le tapis l'éléphant. Il manque de l'argent parce que le gouvernement fédéral juge qu'il y a d'autres priorités, notamment le dédoublement de nos programmes, pour être certain d'avoir le contrôle sur notre territoire. Il y a d'autres priorités que la santé de notre monde. On est obligés de le mentionner. On est obligés de le mettre de l'avant. Ce sont des sommes beaucoup trop importantes.

Le Modérateur : Simon Bourassa, Noovo.

M. Bourassa (Simon) : Oui, bonjour. Quand vous parlez de donner justement plus de pouvoirs aux professionnels de la santé, ça a déjà été essayé dans le passé, quand même, à certaines reprises, entre autres avec les pharmaciens. Les médecins ont des chasses gardées qu'ils défendent très bien; si les médecins étaient d'accord avec ça, on le saurait. Donc, concrètement, vous comptez faire quoi?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : …sur le fait que la position des médecins n'évoluera pas. Nous, on a confiance que les médecins, comme les autres groupes de travailleurs de la santé, ont à coeur de trouver une solution. Puis on n'hésitera pas à être en dialogue constant avec les médecins comme avec les infirmières, les pharmaciens, les ergos. Là, je ne nommerai pas tous les groupes, là, je pense qu'on est tous rendus à l'étape où on veut vraiment trouver une solution.

Il y a un bout où est-ce qu'il y a de quoi être fiers de notre système de santé malgré les circonstances. Des fois, on me donne des comparaisons aux États-Unis, là. Mais aux États-Unis, ceux qui n'ont pas d'argent, des fois, ils l'ont… en fait, plusieurs d'entre eux n'auront pas le soins, là. C'est un système qui a peut-être plus de lits, mais qui est drôlement inéquitable pour les plus pauvres. Nous, au Parti québécois, on pense que toute personne, peu importe son revenu, doit avoir le soin. Donc, on est attachés à un système public qui est juste.

Puis ce qu'on entend puis ce qu'on voit de tous les groupes, y compris les médecins, c'est qu'il y a moyen de se jaser à ce stade-ci. Tout le monde veut trouver une solution. Donc, ne présumons pas de la mauvaise foi de personne, comme le fait, d'ailleurs, le gouvernement très injustement, là. Des fois, on a l'impression que le gouvernement cherche des coupables ou des groupes à blâmer, là. Nous, on va être en mode collaboration avec chacun des groupes qui composent notre système de santé, dont les médecins, qui, je pense, eux aussi sont à la recherche de solutions en ce moment.

M. Bourassa (Simon) : Et, à propos des agences privées, c'est souvent des entreprises qui ont été diabolisées, là, dans les derniers mois, dernières années à cause de la gestion en CHSLD. Mais c'est des entreprises qui opèrent, quand même, de manière légitime, puis ça permet aussi de placer des gens, entre autres des préposés aux bénéficiaires, à des endroits où il n'y en a pas ou il en manque. Donc, les abolir, c'est une chose, mais trouver une solution pour remplacer le travail que font, quand même, ces agences-là, c'en est une autre.

M. Arseneau : Bien, les agences privées font ce travail-là par défaut. Rappelez-vous que le gouvernement du Québec investit 1 milliard de dollars dans les agences privées, et, pour contrer ce phénomène-là, il a proposé de mettre 1 milliard de dollars pour attirer à nouveau les infirmières dans le réseau public, avec sa mini-révolution, qui n'a d'ailleurs pas fonctionné, annoncée à l'automne. Alors, les agences privées fonctionnent parce que le public en dépend. Et ce que nous, on veut casser, c'est cette dépendance-là, en n'ayant plus recours aux agences privées. Et les personnes qui travaillent dans les agences privées vont revenir au public, si les conditions sont adéquates, si les conditions de travail sont rehaussées, si le temps supplémentaire obligatoire est aboli. Ça fait partie des mesures qu'on présente ce matin.

Le Modérateur : Nous en sommes maintenant aux périodes de questions en anglais. Alors, nous passons la parole à Cathy Senay.

Mme Senay (Cathy) : Good morning. You probably heard many people around you or maybe you had the feeling, because I think you were in isolation for a few days because of Omicron, a lot of people… I heard a lot of people saying: It's not the time to be sick in Québec, I don't want to be a weight for the health care system, it's not the time to receive the care of the health care system because the health care system is totally overwhelmed with the fifth wave, and it's been like this since the start of the pandemic, but especially with the fifth wave. This reflection might bring anger and exasperation because, then, the thing Quebeckers would say: I'm paying taxes for this health care system and this health care system is letting me down.

So how do you get set for this question that might be crucial during the election campaign, the health care system? How do you get set? How are you going to get prepared? The CAQ is going to present its plan to revamp the system, but how the PQ is going to get set and be credible to ensure the health care system is not letting Quebeckers down?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : First of all, obviously, the health system has been mismanaged. And I don't see how the CAQ will be able to say: We will come up with solutions and we will put them in place, after four years of not acting or acting in a manner that hinders the system. That's going to be their «bilan», their summary…

Mme Senay (Cathy) : Record.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : …record. That's the record of the CAQ. And, so, what we're doing right now at the Parti québécois, we're maybe not yelling as loud as other opposition parties, but we're building a solid team and we're coming up with the essential solutions and preparing to present something that is doable, reasonable and rigorous. And that's why we say : Well, we need to stop looking at slogans saying : With us, you're going to wait no more than 15 minutes, and, with us, you're going to get one doctor per person like this, and we are going to do a restructuration, reengineering, resomething.

We need to get out of that and speak to the intelligence of the population. Experts have been saying for many years now that there are solutions to strenghten a public system that has been hindered by reforms under the liberals, and those reforms have been continued under the CAQ. So we can continue in that path, but we know it's not working or we can get back to an approach where we have very concrete measures to strenghten the public system and the solutions are available and have been confirmed by people who study those topics.

So, I think that's where we're heading, and it makes us a very unique and different party.

Mme Senay (Cathy) : But what if people are so sick of hearing that the Liberals had this reform? The PQ dragged its feet, the CAQ mismanaged the fifth wave and was not ready. I mean, they really want to see changes. They are not questioning themselves : Can I go and see this doctor, or can I go to the hospital? I mean, that's basic.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : That's why there are 12 changes. They're specific, precise, doable. And it's been said for many years now that that's what we ought to do. It's just that PLQ and CAQ won't do it because they think the same way on those topics.

They're here. What are we waiting for? Why should we not trust ourselves and make changes that are constructive instead of finding a new slogan? Enough with the logos, the slogans : The «Défi 28 jours», the «Ça va bien aller», and everything. Let's get down to work.

Le Modérateur : Phil Authier, The Gazette.

M. Authier (Philip) :Good morning. I'm back here.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bonjour.

M. Authier (Philip) : How are you?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ça va bien. Vous?

M. Authier (Philip) : Good. Are we in English?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Yes, yes.

M. Authier (Philip) : OK. Yesterday, Mme Anglade was very critical of the health contribution tax proposal of M. Legault. She said it was as a diversion. And then Gabriel Nadeau-Dubois said, you know, it's just a way to provoke non vaccinated people and it'll only help people like Éric Duhaime and the Conservative Party. What is your position on this health contribution tax? Is it a good idea? Are you for it or you're against?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : As we said, we're yet to see any evidence or public health memo that shows that there's an efficiency to that measure. So, we're going to wait for the Government to present the bill and to present what evidence or rational there is in support of that bill. But it looks a lot like the curfew or the 20 people at the Christmas party on December 7th, measures that seemed to be very connected with polls that they're running on what is popular, and what is not popular, and that doesn't… is not supported by a public health opinion or a scientific evidence of any kind.

Today, we are meeting with two specialists, Kim Lavoie and Joanne Liu, and we are going to ask those questions, because we are not afraid, at the Parti québécois, to meet with experts and to give them the freedom to tell us what is the state of best practices and the state of science in that field. So that's what we're going to do and we're going to wait for their bill, but we're yet to see any evidence.

M. Authier (Philip) : Mr. Arseneau, do you want to add anything to that?

M. Arseneau : Well, I totally agree with Paul, obviously. All I can add is the fact that the Government would like us to talk, and talk, and talk about this bill. We want to talk about getting out of the pandemic. And, right now, we have no evidence that this bill will help us get through. That's why we don't, you know, make a splash and react in a very provocative way on this particular bill. We'll wait and see the bill for what it is. Right now, we've got other... more important problems to solve

M. Authier (Philip) : Do you think it's a smoke screen, a diversion or...

M. Arseneau : Yes, it definitely is a diversion, that's what we said when it came out and we haven't changed our position.

M. Authier (Philip) : Thank you.

Le Modérateur : C'est ce qui met fin à cette conférence de presse. Merci, messieurs.

(Fin à 9 h 55)

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