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Point de presse de M. Joël Arseneau, chef du troisième groupe d’opposition et porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de santé

Version finale

Le vendredi 11 février 2022, 9 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures deux minutes)

M. Arseneau : Bonjour, tout le monde. Alors, aujourd'hui, c'est un jour d'interpellation, une interpellation qui a été appelée par le Parti libéral du Québec sur le thème suivant : Manque d'anticipation, incohérence et volte-face : les Québécois font les frais de la gestion de la pandémie de la COVID-19 par le gouvernement caquiste. Évidemment, on va se prêter au jeu, participer à la discussion. Les exemples d'incohérence ou de volte-face sont nombreux, sont très nombreux, sont peut-être beaucoup trop nombreux lorsqu'on les regarde, là, d'un point de vue rétrospectif sur les 20 derniers mois.

On pourrait donner quelques exemples. Les deux périodes de Noël où, avec un certain jovialisme, on avait promis, là, des jours heureux avant de refermer complètement et de confiner les Québécois. On a eu le premier couvre-feu où on avait complètement oublié les itinérants. Il a fallu aller en cour pour pouvoir défendre leurs droits. On pourrait penser au défi de 28 jours, à la lumière au bout du tunnel, à la vaccination qui allait nous permettre de sortir de cette pandémie à l'automne dernier, avant qu'Omicron fasse des siennes. Évidemment, il y a toute la question de la vaccination obligatoire en santé sur laquelle le gouvernement a d'abord imposé un report puis, ensuite, a reculé. La fermeture des commerces le dimanche, plus récemment, qui n'avait pas nécessairement de fondement sur le plan épidémiologique. Toute la saga de la ventilation qui n'est d'ailleurs pas terminée, la ventilation dans les écoles mais également dans les autres édifices publics. Même la reconnaissance de la transmission de la COVID-19 par les aérosols qui vient tout juste d'être reconnue, là, au Québec, alors que cela faisait consensus dans le monde scientifique à travers la planète depuis déjà plusieurs semaines, sinon plusieurs mois. Toute la question de la stratégie de dépistage, les tests PCR sans lesquels on ne pouvait absolument pas valider quelque test que ce soit, quelque cas que ce soit, avant que, finalement, on finisse par manquer de réactifs et de promouvoir les autotests. Les tests rapides qu'on avait toujours rejetés au point où on avait des millions de tests qui dormaient dans des entrepôts pendant des mois et des mois. Toute la saga des équipements de protection individuelle dès le départ. Les masques qu'on disait qu'ils n'étaient pas nécessairement utiles, mais on peut penser que c'était parce qu'on n'en avait pas suffisamment. La saga des N95, où le personnel, les hôpitaux, les syndicats ont dû aller jusqu'en cour pour défendre leur droit de se protéger dans un milieu hautement à risque. Encore aujourd'hui, plusieurs demandent de pouvoir porter le N95, que ce soit dans les écoles ou dans les services de garde. Le sport civil ou parascolaire, même catégorie d'âge : dans un cas, on impose un masque; dans l'autre, on ne l'impose plus. Finalement, on laisse tomber.

C'est des mesures comme ça qui ont été décidées sans qu'on sache véritablement quels étaient les fondements scientifiques de ces mesures. Évidemment, on pourrait parler aussi des ballons d'essai. Évidemment, le plus célèbre, le plus récent, c'est celui de la vaccitaxe sur lequel on promettait de déposer un projet de loi pour en faire un débat avant de l'abandonner.

Et, en conclusion, ce qu'on peut retirer, c'est que, pendant toute la durée de la pandémie, il y a toujours eu une confusion qui a été maintenue entre le politique, et la Santé publique, et la science. Parce qu'on n'a jamais publié de façon rigoureuse et régulière les avis de santé publique, ses recommandations, qu'on a aussi suspendu les règles de l'Assemblée nationale, ce qui a empêché tout débat démocratique sur la pandémie, sur les mesures à prendre et sur leurs justifications. On l'a fait de façon très, très aléatoire. Évidemment, il y a toujours, depuis le début et encore aujourd'hui, ce questionnement sur ce que l'on sait sur le plan scientifique, ce qu'on ne sait pas vraiment puis qu'on voudrait savoir. Et ça crée évidemment une certaine incertitude aussi dans la population.

Et ce que je veux dire, c'est qu'on ne connaît jamais véritablement quels sont les indicateurs, quels sont les critères précis sur lesquels le gouvernement peut s'appuyer pour mettre en place des mesures ou pour les enlever. Le plus récent exemple est celui, évidemment, du calendrier de déconfinement. Il n'était pas question de déposer un calendrier jusqu'à cette semaine parce qu'on disait que la situation était, évidemment, trop imprévisible. Et, tout d'un coup, sans qu'on sache véritablement pourquoi, un calendrier précis, avec des dates précises, sur des mesures à lever jusqu'au 14 mars, sans qu'on sache véritablement quels sont les indicateurs qui permettent de dire qu'aujourd'hui puis au 14 mars, bien, on aura atteint un certain taux de confort avec les mesures pour pouvoir essentiellement les lever.

Donc, nous, aujourd'hui, on va présenter deux demandes au gouvernement à travers cette interpellation-là. Réitérer notre demande d'une enquête publique et indépendante sur la gestion de la pandémie. Parce qu'on devra absolument, au Québec, tirer des leçons de ces deux années de pandémie pour pouvoir véritablement démontrer ce qui a pu fonctionner et ce qui a moins bien fonctionné, mais surtout en tirer des conclusions et des leçons sur la façon de se préparer pour une prochaine pandémie ou pour d'éventuelles prochaines vagues de la pandémie de la COVID-19 si elle devait se poursuivre. On ne peut plus, après deux ans, continuer de construire un avion en plein vol. Il y a des leçons à tirer des deux dernières années, et je pense que le gouvernement devrait avoir l'humilité de faire un examen de conscience avec nous, avec les experts, pour pouvoir, justement, préparer la suite de façon à ce qu'on gère de façon plus adéquate et qu'on anticipe de meilleure façon ce qui s'en vient pour le Québec en matière de santé. Qu'on puisse enfin pouvoir dire qu'on a fait tous les efforts puis qu'on a déployé tous les moyens adéquats pour y faire face, tout en continuant d'avoir une certaine normalité dans la société.

Deuxième élément, c'est un débat immédiat qu'on demande sur la levée éventuelle de l'état d'urgence sanitaire. Un débat sur les mesures qui devront... qui pourraient demeurer en place, notamment la question du passeport vaccinal et d'autres mesures.

Merci. Je suis prêt à prendre vos questions là-dessus.

M. Lacroix (Louis) : Les manifestants se déplacent vers Montréal ce week-end. Cette semaine, on nous a annoncé que toutes les mesures ou à peu près, là, à part le masque et le passeport vaccinal, allaient être levées le 14 mars. Ce sera presque le retour à la vie normale. Mais les manifestants se dirigent vers Montréal. Et là, d'abord, est-ce qu'ils ont toujours une légitimité à manifester après ce qui a été annoncé cette semaine, selon vous?

M. Arseneau : Bien, en fait, il faudrait savoir quelles sont leurs revendications exactement. Vous avez raison de dire qu'une fois que le gouvernement a déposé un calendrier la cause est entendue sur les mesures qui apparaissaient aux yeux de plusieurs comme étant restrictives, et peut-être trop restrictives, et inexplicables. Alors, je pense que ce calendrier-là, il était nécessaire, il devrait rassurer les gens sur la suite des choses si on veut revenir à une certaine normalité avec, notamment, la réouverture des salles de spectacle, des bars, et ainsi de suite. Je pense que ça devrait donner un signal positif à ceux qui, dans la population en général, se demandent quand on va pouvoir recommencer, là, à vivre normalement. Maintenant, il y a encore quelques détails à régler. J'en parlais, la question du passeport vaccinal...

M. Lacroix (Louis) : Mais ma question, M. Arseneau, c'est plus simple que ça, là, est-ce que c'est justifié, une manifestation comme celle-là, dans l'état actuel des choses?

M. Arseneau : Bien, en fait, on ne va jamais s'inscrire en faux contre une manifestation pacifique qui a pour objectif de promouvoir ou de demander quelque chose. Actuellement, on comprend mal quelles sont les revendications des manifestants. Une fois qu'on a obtenu, justement, un plan de déconfinement du gouvernement, qu'est ce qu'on peut espérer de plus? Pourquoi manifeste-t-on? Moi, c'est la première question qu'on devrait poser avant de justifier ou non la légitimité de la manifestation.

M. Lacroix (Louis) : Je vais vous lire ce qu'a dit un manifestant, puis c'est assez éloquent de ce qu'une certaine partie de la population pense des politiciens. Il dit, c'est un article de LaPresse, il dit : «Vous allez tous payer. Puis on va le faire pacifiquement. On va aller dans les rues parce que nous autres, on a nos enfants à coeur, pas vous autres. Vous avez juste votre hostie de portefeuille à coeur. Vous allez voir ce que ça fait, un peuple, quand c'est tout uni.» Comment vous réagissez quand vous entendez des choses comme celle-là, comme politicien, là? Parce que...

M. Arseneau : Exactement. Mais il y a véritablement, dans ce discours-là, je dirais, une déconnexion avec la volonté de tous les élus, évidemment ceux du gouvernement, mais ceux de l'opposition, les experts, tous les intervenants du domaine de la santé qui sont au front au jour le jour. On ne peut pas cautionner un discours qui dit que, contrairement à toute la société civile et tous les pouvoirs publics, on serait pour la protection des familles et des enfants. Pour en faire quoi? Est-ce que ces mesures-là, les mesures auxquelles on a été confrontés au cours des deux dernières années, ont servi à autre chose que la protection du public? Moi, je ne le pense pas. Est-ce que ça a été fait de façon parfaite? Bon, évidemment, il y a toujours place à l'amélioration. Mais je pense qu'à un moment donné il faut faire preuve de bonne foi. Puis, visiblement, un commentaire comme celui-là, là, on s'éloigne un peu d'une vision, je dirais, réaliste et rationnelle de ce qui se passe au Québec et ailleurs.

Mme Côté (Claudie) : Mais qu'est-ce que ça va prendre pour arriver à une désescalade? Parce que, malgré le calendrier de déconfinement, malgré les mesures qui sont annoncées, au contraire, ces manifestants-là semblent confortés dans leur message. Alors, qu'est-ce que le gouvernement devrait faire? Qu'est-ce que les élus devraient faire pour éviter que ça escalade...

M. Arseneau : Bien, nous, on le mentionne et on l'a mentionné à plusieurs reprises, je pense qu'il faut surtout éviter de mettre de l'huile sur le feu, de stigmatiser certaines couches de la population. Je pense qu'il faut ouvrir le dialogue. Je pense qu'il faut continuer de sensibiliser, continuer d'expliquer les mesures, donner davantage d'information sur les raisons pour lesquelles on impose toujours des mesures, pour lesquelles on les lève. Je pense qu'il y a des efforts de communication à faire, parce que ce message-là, il est un peu nihiliste, c'est comme... il fait abstraction de tous les efforts qui ont été consentis par un peu tout le monde, durant les derniers mois, et les efforts qu'on fait, justement, pour arriver à un rétablissement, un retour à la normale. Donc, le rejet d'à peu près tout ce que c'est qu'on peut faire, et dans les hôpitaux, et au gouvernement, et dans l'opposition, pour essayer de faire des propositions pour améliorer les choses, on sait, ce n'est pas une voie de sortie de la pandémie, absolument pas.

M. Lavallée (Hugo) : Il y a une nouvelle interpellation, ce matin, là. Vous avez mis de l'avant vos revendications : une enquête publique, levée de l'état d'urgence. Avez-vous le sentiment que ça tourne un peu en rond, tout ce débat-là? Parce que, l'enquête publique, même la Commissaire à la santé a dit que ce n'est pas nécessaire. Le gouvernement, clairement, ne veut pas. L'état d'urgence, il dit : Bien, on va avoir un projet de loi en mars. Le fait de toujours faire ce débat-là, est-ce que c'est, d'un, toujours utile? Puis, de deux, est-ce que ça ne contribue pas, justement, à alourdir un peu ce climat sanitaire sur lequel les gens veulent tourner la page aussi?

M. Arseneau : Bien, nous, on pense que si on se penchait de façon sérieuse et rigoureuse sur la gestion de la pandémie, on pourrait, justement, avoir une idée plus claire de ce qui a bien fonctionné, ce qui a moins bien fonctionné et se préparer pour l'avenir. Et moi, je ne vois pas pourquoi le gouvernement ne contribuerait pas à cette volonté qu'ont plusieurs, évidemment, partis politiques, mais aussi des experts de la santé publique et des scientifiques qui disent : Est-ce qu'on sera mieux préparés, après avoir vécu les deux dernières années de pandémie, à une prochaine pandémie? Quelles conclusions peut-on tirer? Est-ce qu'il est normal, dans une opération d'aussi grande envergure, de ne pas faire un post-mortem sur ce qui s'est passé? On le fait dans toutes sortes d'entreprises, on le fait pour des événements qu'on crée, que ce soient des événements culturels, des congrès, ainsi de suite. Il me semble que toute organisation sérieuse, une fois passé un événement important, va se pencher en disant : Qu'est-ce qui a bien fonctionné? Comment on peut s'améliorer pour la suite? Je pense que le gouvernement doit le faire avec nous et avec les Québécois.

Mme Porter (Isabelle) : Concernant l'état d'urgence, justement, le Parti conservateur accuse le gouvernement de reporter la levée parce qu'ils ne veulent pas rendre publiques des informations sur les contrats de gré à gré qui ont été faits pendant la pandémie. Est-ce que c'est un soupçon que vous partagez?

M. Arseneau : En fait, nous, on ne veut pas imputer... comment dire, on ne veut pas, justement, là, créer ce soupçon-là, là, dans la population, dans l'espace public. Mais on va certainement s'attendre à ce que le gouvernement débatte de la levée de l'urgence sanitaire et dépose son rapport avant la fin de la session parlementaire actuelle. Sinon, évidemment, il nous manquerait une bonne partie de l'information sur ce qui s'est passé au cours de plus de la moitié de son mandat avant d'aller en période électorale. Nous, on pense que le gouvernement, malgré le fait qu'il peut y avoir des dates qui lui permettraient de déposer son rapport au-delà de l'élection, on pense qu'il va avoir la bonne idée d'être transparent avec les Québécois. C'est ce qu'on souhaite. Merci beaucoup.

M. Pouliot (Samuel) : ...in English.

M. Arseneau : Ah! sorry.

M. Pouliot (Samuel) : ...summarize your demands and explain what your expectations are for today?

M. Arseneau : For today? OK. Well, today, of course we can demonstrate how many, you know, decisions were or appeared incoherent and how many times people saw the Government back down on certain measures or how many measures that were announced that were never implemented. It's rather easy to demonstrate.

What we'd like, today, to put forward is the idea that we have to make a complete examination on what really happened during the passed two years, to try and, you know, learn lessons on how to better prepare for a next wave or the next pandemic, because most people say that it's not the last one. So, are we going to be better prepared or are we going to improvise if we have to be faced with such a pandemic? And, you know, it doesn't have to be partisan. I don't think it should be. I think it should be rigorous, scientific, and really go through the processes that the Government has, you know, observed or gone through. I think it would be better because we do that for all sorts of events in society. To have, you know, the humility to just say : OK, what did I do right and what are the improvements that another government could put forward to better cope with it? I think that's one of the key proposals that we're going to put forward.

Another one is, for the time being, we have a calendar, but the calendar doesn't include lifting the emergency measures. I think we have to discuss this in the next two weeks, before the pause that we have at the end of the month, and to see what kind of measures we could keep passed the period of the deconfinement, which, right now, in the calendar, is identified as mid-March. Thank you very much. Merci.

La Modératrice : Merci. Bonne journée.

(Fin à 9 h 18)

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