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Point de presse de Mme Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle, M. Carlos J. Leitão, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances publiques, et M. Marc Tanguay, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’économie

Version finale

Le mardi 22 mars 2022, 9 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Neuf heures cinq minutes)

Mme Anglade : Bonjour, bonjour à tous, et merci à mes collègues de m'accompagner ce matin en ce jour de budget.

Tous les voyants aujourd'hui sont au rouge. L'inflation est à plus de 5 %, on a une épicerie qui coûte plus cher, de l'hydroélectricité qui coûte plus cher, un logement qui coûte plus cher pour tout le monde, avec des impacts considérables sur les familles. Il nous manque aujourd'hui 300 000 travailleurs au Québec pour combler plusieurs fonctions dans plein de domaines. On a, chez nos entreprises, dans nos PME, des chaînes d'approvisionnement qui sont en rupture, qui sont brisées, des contrats qui ne peuvent pas être rencontrés. On a des femmes qui sont incapables de retourner sur le marché du travail parce que, tout simplement, elles ne trouvent pas de place en garderie. La santé n'est pas en reste. Il y a plus de 160 000 personnes qui sont en attente de chirurgie. Et aujourd'hui on est passés de 400 000 Québécois qui n'avaient pas de médecin de famille à plus de 1 million de Québécois qui n'avaient pas de médecin de famille. Alors, oui, tous les voyants sont au rouge.

Et, au lieu de faire semblant que tout va bien, on demande à François Legault de ne pas se mettre la tête dans le sable, de ne pas faire de politique partisane, de regarder ce qui se passe, et de faire son travail, et de s'assurer qu'on réponde aux besoins de la population du Québec. Je m'attends, en voyant tous ces voyants-là au rouge, que le gouvernement cesse son arrogance, cesse de justifier ses positions, qui sont des positions où il politise les choses, et qu'il décide réellement d'aider les Québécois, qui en ont drôlement besoin aujourd'hui. Je vais céder la parole à mon collègue, Carlos Leitão.

M. Leitão : Merci, Dominique. Alors, bonjour. Donc, à mon tour aussi de, brièvement, vous parler un peu de ce à quoi on s'attend dans ce budget. Comme Dominique a mentionné, tous les voyants sont au rouge. L'inflation est très élevée. Donc, oui, il devrait y avoir quelques mesures ponctuelles pour soulager les familles, surtout ceux... les plus vulnérables, mais il faudrait aussi que le gouvernement ne répète pas les mêmes erreurs qu'ils ont commises pendant la pandémie, vous savez, un manque de prévisibilité, un manque de prévoyance. Il nous faut aussi des mesures structurantes, à moyen et à long terme, pour bien nous protéger des pressions inflationnistes et pour préparer notre économie à l'économie du futur, qui, elle, va être sensiblement différente de ce à quoi on s'attendait avant 2019.

Finalement, il ne faudrait pas non plus oublier la crise climatique. On a très peu parlé de ça dernièrement, mais elle est toujours là, c'est toujours urgent et important d'agir. Depuis deux ans que le gouvernement, dans ses budgets, traîne le même programme, il n'y a rien dedans, franchement, là, là, je m'attendrais à voir des mesures importantes. Il faut avoir des mesures significatives, importantes, structurantes dans le changement... dans la lutte aux changements climatiques. Voilà. Merci. Je passe la parole maintenant à mon collègue, Marc Tanguay.

M. Tanguay : Merci, Carlos. Avec François Legault, quant aux tarifs d'hydroélectricité, c'est un retour aux années 80, aux années 80, quand on décidait, de façon non indépendante, combien les Québécoises et Québécois allaient payer l'électricité. François Legault a commis une erreur historique en 2019 quand il a lié l'inflation à la hausse des tarifs d'Hydro-Québec, ce qui fait en sorte que — et ça a été confirmé, il ne changera pas ça, là — les tarifs d'hydroélectricité, le 1er avril prochain, vont augmenter de 2,6 %, et, l'an prochain, ce sera plus de 5 %. François Legault, il n'a pas reconnu son erreur, il a dit : Écoutez, moi, je vais les décider de Québec, dans mon bureau, les tarifs d'hydroélectricité.

Alors, on avait... on s'était donné, au Québec, un processus indépendant qui dépolitisait. Puis cette année, c'est une année électorale. Cette année, François Legault a politisé les tarifs d'Hydro-Québec et, cette année, François Legault se propose d'envoyer un chèque à toutes les Québécoises et Québécois. Ce n'est pas comme ça qu'on doit gérer le Québec, en envoyant des chèques, dans un contexte d'année électorale, qui plus est, et ce n'est pas un chèque une fois qui va changer la réalité et qui va changer les effets de l'erreur de François Legault. Les tarifs d'hydroélectricité demeureront à la hausse, plus 2,6 %, plus 5 %.

Alors, on lui demande de revenir à un processus indépendant, qu'il sorte de la fixation des tarifs d'hydroélectricité, qu'il s'enlève les mains de là et qu'il fasse en sorte qu'il y ait, jusqu'à ce qu'on revienne à un processus crédible et indépendant, qui ne soit pas partisan et politisé... mais qu'il revienne à un processus indépendant et que, dans l'intervalle, ce soit un gel des tarifs d'hydroélectricité. Et autre mesure — je conclurai là-dessus — que nous avons proposée, au Parti libéral du Québec, c'est qu'il n'y ait pas de TVQ sur le premier 4 000 $ de votre facture d'hydroélectricité. TVQ, c'est quand même près de 10 %, ça paraît. Merci.

Mme Plante (Caroline) : Bonjour, Mme Anglade.

Mme Anglade : Bonjour.

Mme Plante (Caroline) : C'est sûr que, pour le contribuable, aujourd'hui, un des principaux éléments du budget, ça va être une remise sous forme de chèque. Alors, qu'est-ce qu'on en pense au Parti libéral? Est-ce que c'est une bonne idée ou ça prend quelque chose de plus structurant?

Mme Anglade : Il faut absolument qu'il y ait quelque chose de plus structurant. Puis, quand on dit quelque chose de plus structurant, on a parlé de la baisse de la TVQ pour les produits essentiels. Tout le monde doit acheter ces produits essentiels à la pharmacie, que ce soient des médicaments sans ordonnance, que ce soit du savon, que ce soient des shampoings, peu importe. Qu'on enlève la TVQ sur ces produits-là, ça, c'est structurant.

Qu'on enlève la TVQ sur l'hydroélectricité qu'on paie, qui est chère. Encore une fois, mon collègue le mentionnait, les tarifs d'hydroélectricité qui ont été fixés avec l'inflation, c'est une erreur historique. Nous, ce qu'on demande, c'est qu'il y ait un gel de ces tarifs-là et qu'en plus on enlève la TVQ. Parce que se chauffer, là, ce n'est pas un luxe. Ce n'est pas un luxe se chauffer au Québec, et c'est la raison pour laquelle ça fait partie, justement, de ce que l'on veut faire.

Parfois, dans certains domaines, dans certains endroits, certains secteurs, c'est nécessaire d'agir directement. On a proposé, pour les aînés, par exemple, qu'il y ait 2 000 $ qui soient retournés aux aînés de plus de 70 ans, sans impôt, directement dans leurs poches. Pourquoi? Parce qu'elles ont besoin, ces personnes aînées là, de rester chez elles plus longtemps, elles se servent des soins à domicile. C'est pour ça qu'on est capables de retourner directement quelque chose pour nos aînés. Mais ce n'est pas une mesure qui est temporaire, juste cette année, c'est une mesure qui serait permanente.

Ça, ce sont des mesures concrètes qu'on met de l'avant. Et même chose pour ces femmes qui ne peuvent pas retourner sur le marché du travail, qu'elles puissent avoir 1 700 $ par mois jusqu'à tant qu'elles puissent trouver une place en garderie, entre 12 et 18 mois. Je dis «ces femmes», évidemment, il y a des papas également là-dedans, mais que tous ces parents-là qui ne peuvent pas retourner sur le marché du travail puissent le faire.

Mme Plante (Caroline) : Puis, bon, le gouvernement ne dit pas que c'est un budget électoraliste, mais est-ce que vous croyez que c'est un budget électoraliste?

Mme Anglade : Par définition, ça va être un budget électoraliste. Par contre, ce qu'on demande à François Legault, c'est d'arrêter de tout politiser, comme il l'a fait avec Hydro-Québec, comme il le fait dans ses prises de position. Il politise le débat, il essaie de diviser les Québécois sur des enjeux. Nous, ce qu'on veut, c'est qu'il réponde aux besoins de la population.

Mme Plante (Caroline) : Puis avez-vous eu la chance de réagir aux propos, là, de M. Legault de la semaine dernière, qui a qualifié la collègue députée de Sherbrooke de mère Teresa? Avez-vous eu la chance de réagir à ça?

Mme Anglade : Lors du 8 mars, pour la Journée internationale des droits des femmes, j'ai pris la parole au salon bleu et j'ai dit la chose suivante, qu'il y a des comportements qui doivent cesser au salon bleu. Il y a des comportements qui sont inacceptables. Et je faisais directement référence aux propos qu'avait tenus François Legault lorsqu'il avait fait... on va... entre guillemets, du «mansplaining» à l'endroit d'une des collègues à l'Assemblée nationale, premièrement. Ça rejoint exactement les propos qu'il a tenus lorsqu'il a traité notre collègue de mère Teresa. C'est une manière qu'on ne veut pas voir au salon bleu. On a le droit au respect. Tout le monde a le droit au respect, et ce n'est pas ce qu'il a su démontrer. Cette approche paternaliste doit cesser.

Mme Plante (Caroline) : Donc, si vous ajoutez ces commentaires-là les uns aux autres, quelle conclusion tirez-vous?

Mme Anglade : Bien, que François Legault ne prend pas la pleine mesure des propos qu'il tient, qu'encore une fois tout le monde, hommes comme femmes, à l'Assemblée nationale, on a le droit d'avoir les discussions, on a droit de ne pas être d'accord sur certains enjeux, mais on a droit au plus grand des respects dans les propositions qui sont faites, et ce n'est pas ce que François Legault a démontré.

Mme Plante (Caroline) : Est-ce que le commentaire, là, de mère Teresa, est-ce que c'est une insulte?

Mme Anglade : C'est la manière dont a été formulé... c'était clairement une manière de dénigrer la personne en face et de la prendre de haut, une manière condescendante, une manière arrogante de parler à un collègue. Et, encore une fois, on n'a pas besoin d'avoir ce type de comportement là. Je reviens à la question du «mansplaining». On n'a pas à avoir ce type de comportement là à l'Assemblée nationale. Moi, vous savez, je... Bien, enfin, je... Quand je pense à ce genre de comportement là, je pense réellement à mes trois enfants, puis je pense particulièrement à mes deux filles, puis je me dis que, si mes deux filles regardent ça puis qu'elles disent : Bien, voyons, pourquoi quelqu'un dirait des choses comme ça? Je me dis que c'est le message qu'on leur envoie également, et on a une responsabilité aussi pour les générations qui viennent.

Le Modérateur : Merci beaucoup.

(Fin à 9 h 15)