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Point de presse de Mme Méganne Perry Mélançon, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’habitation

Version finale

Le jeudi 24 mars 2022, 9 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures trente-deux minutes)

La Modératrice : Alors, bonjour et bienvenue à ce point de presse du Parti québécois. S'adressera à vous aujourd'hui Mme Méganne Perry Mélançon, porte-parole en matière d'habitation. Elle sera accompagnée de la fédération des OSBL d'habitation de la Montérégie et de l'Estrie, M. Martin Bécotte, directeur, Mme Sylvie Adam, représentante des locataires, et Mme Diane Côté, représentante des citoyens. Mme Perry Mélançon, c'est à vous.

Mme Perry Mélançon : Merci, Anne-Sophie. Bonjour, tout le monde. Merci, M. Bécotte, Mmes Adam et Côté, d'être avec moi pour ce point de presse très important. Le sujet qui nous concerne aujourd'hui, en fait, c'est une situation qui s'aggrave au Québec en matière d'habitation, en matière de logement de tout type, mais surtout le logement social, qui a été très lourdement sous-financé dans les dernières années, ce qui nous cause, en fait, la crise qu'on connaît, qui s'amplifie partout dans les régions du Québec.

Et ce qu'on voit, le phénomène, présentement, disons, qui nous préoccupe aujourd'hui, c'est le phénomène des OBNL d'habitation qui, présentement, sont en fin de convention dans bien des endroits. Et, juste dans mon comté, il y en a quatre qui sont en fin de convention déjà, et dont une autre qui va être échue d'ici la fin de l'année. C'est un peu partout comme ça sur le territoire.

Dimanche dernier, on a été à une manifestation à Richelieu pour la Villa Belle Rivière, dont 60 locataires sont dans une incertitude par rapport à leurs logements, à savoir s'ils vont devoir assumer des hausses de leurs loyers ou même devoir se délocaliser parce qu'ils ne seront plus en mesure de payer leurs logements. C'est un OBNL, encore une fois, dont la convention est échue depuis 2014. Et il y a un promoteur privé qui est en train, là, de mettre la main sur cet OBNL là.

Alors, on est dans, vraiment, un flou, un vide légal qui permet des ventes comme ça au privé. Et ce qu'on demande aujourd'hui, et je vais le réitérer lors de ma motion qui sera déposée, là, en Chambre, tout à l'heure, c'est d'imposer... d'adopter de toute urgence un moratoire, le temps qu'on puisse se pencher sur des mécanismes légaux pour empêcher la vente d'immeubles de logements sociaux à des intérêts privés.

Alors, on demande... La demande est claire aujourd'hui. J'espère que la ministre entendra ce cri du coeur de plusieurs locataires partout au Québec qui vont devoir se retrouver un autre logement dans les prochains mois, les prochaines années. C'est inacceptable, ce qu'on fait présentement pour gérer cette crise du logement. On ne construit pas assez de logements sociaux et on n'est même pas en mesure de sauvegarder les bâtiments qu'on a déjà financés dans les 30, 40 dernières années. Pour moi, c'est un gros échec du gouvernement caquiste. Puis là on ne peut plus attendre. Il faut agir par moratoire et par voie législative.

Alors, je cède la parole à nos invités. Je suis contente que vous soyez là. Et vous aurez, là, plus le portrait en détail sur la situation de la Villa Belle Rivière. Je passe la... oui, donc, M. Martin Bécotte, qui va s'adresser à vous.

M. Bécotte (Martin) : Merci beaucoup, Mme Perry Mélançon, de prendre ce dossier-là sous votre aile. Alors, au Québec, il y a environ 10 000 bénévoles qui gèrent et administrent 55 000 unités de logement social sans but lucratif et communautaire au bénéfice des locataires et de la communauté, avec des pratiques de gouvernance rigoureuses.

Malheureusement, certains prennent la décision inexplicable de vendre des immeubles dans le marché privé, comme à Sherbrooke, où 175 logements sans but lucratif ont été vendus en février, dans le comté de Mme Hébert, ou à Richelieu, où vit Mme Sylvie Adam comme locataire dans un immeuble qui a été financé par les locataires puis les contribuables puis développé grâce à la mobilisation de la famille de Mme Diane Côté, entre autres, dans les années 70.

Les coopératives ont une loi qui protège les coopérants, là, d'une privatisation de leurs coops. Malheureusement, les locataires d'OSBL n'ont pas droit à cette même protection là. Dans le cadre des programmes de la SCHL, là, qui finançaient le développement de logements sans but lucratif avant 1994, c'est 14 000 unités de logement qui ne sont plus sous convention ou qui ne le seront plus bientôt au Québec. Ces logements-là, ils vont offrir pour toujours, là, des logements abordables, sans plus de financement de l'État, s'ils ne sont pas vendus dans les communautés puis les régions du Québec. Ces logements-là abritent en majorité des femmes de plus de 60 ans qui gagnent en moyenne moins de 25 000 $ par année. Ils ont une valeur inestimable pour la communauté. Juste dans le cas de Villa Belle Rivière, là, c'est des loyers à 100 $ sous le loyer médian. C'est 72 000 $, là, qui restent dans les poches des locataires de la villa puis qui sont dépensés dans l'économie locale. Ça a vraiment une valeur très importante. Ces immeubles-là, au Québec, ils ont une valeur foncière de 1,4 milliard de dollars. Ils pourraient être utilisés comme leviers, là, par les communautés pour construire plus de logements communautaires et sans but lucratif.

Alors, si le gouvernement veut exercer sa compétence en logement, là, comme il le prétend, il doit protéger ce parc de logements là de la spéculation immobilière. En ce moment, les organismes reçoivent des offres par la poste, reçoivent des offres en personne de spéculateurs immobiliers. Alors, tout le monde en reçoit, là. Donc, c'est important d'agir maintenant et rapidement. Merci beaucoup. Je vais passer la parole à Mme Sylvie Adam, locataire à la Villa Belle Rivière.

Mme Adam (Sylvie) : Merci. Bonjour. En 1978, un groupe de citoyens de Richelieu ont créé un organisme à but non lucratif d'habitation ayant pour objet de construire, acquérir et maintenir des logements à prix abordables et de bonne qualité pour des aînés et des personnes à la retraite. Cette initiative, une fierté de notre communauté, a été largement financée par des fonds publics municipaux, provinciaux et fédéraux. Il serait donc pertinent que le gouvernement ne laisse pas partir leurs investissements dans les mains d'un promoteur immobilier privé, surtout que nous sommes plusieurs OBNL dans la même situation.

Nous, les aînés qui habitons ces immeubles, nous voulons que la pérennité des OBNL soit protégée pour notre sécurité, notre précarité financière et notre tranquillité d'esprit. On ne vous demande pas de l'argent. On vous demande de protéger les OBNL, ce qui protégerait des milliers de logements dans cette période de crise du logement. Nous demandons au gouvernement l'adoption d'une loi afin de protéger les immeubles qui ont été financés par des fonds publics afin d'éviter leur vente dans un marché lucratif. Merci. À toi, Diane.

Mme Côté (Diane) : Bonjour. Je m'adresse aujourd'hui à vous en tant que citoyenne de la communauté, en tant que fille des fondateurs, de certains fondateurs, petite-fille, au nom de la communauté qui nous ont... qui nous supporte, parce que, déjà, dimanche, on avait autour de 150 personnes qui étaient déjà là pour...

Alors, au nom de tous ces gens-là, je veux comme souligner le fait que ces logements-là font partie de notre communauté depuis plus de 40 ans. Mes grands-parents y ont vécu, mes grands-tantes. C'est comme le point, si vous voulez, de rassemblement du village, parce que Richelieu, ce n'est pas un... Il y avait 2 000 habitants en 1978. Alors, on a tous grandi avec ça. Et il y a un besoin de garder nos aînés, les gens qui sont seuls. Je suis proche aidante, en plus, de ma mère, qui a 87 ans. Et ces gens-là ont besoin de leur communauté. Ils ont besoin d'avoir un endroit sécuritaire. Ils ont besoin qu'on soit proche d'eux pour pouvoir les aider à tous les jours.

Alors, ces logements-là sont déjà acquis, sont déjà payés, entretenus. Il y en a partout au Québec. Je pense que c'est important que le gouvernement protège ce bassin-là. Il n'y a aucun coût pour eux. Même, ça va au-delà du coût parce que je considère qu'il y a un certain parallèle qui se fait, le fait qu'on soit capable, la communauté, de s'occuper de ces gens-là, bien, ils ne se ramassent pas dans les RPA puis dans les CHSLD, puis ça affecte le réseau de la santé.

Alors, j'appuie mes collègues... ou je ne sais pas comment appeler ça, là, pour garder nos aînés, garder nos logements abordables, pour le bien-être, la santé, pour pouvoir garder nos aînés dans nos milieux de vie. Je pense que c'est primordial. Ça fait partie de notre communauté. Et puis je pense que de prendre le temps d'évaluer l'impact de laisser aller tout ça, l'impact financier, l'impact sur la santé des gens, sur la communauté puis le bien-être, surtout, des aînés... Leurs revenus, ils n'augmentent pas vraiment, mais le coût de la vie, oui. Merci.

Mme Perry Mélançon : Merci...

La Modératrice : Alors, il n'y a pas de question. Ceci met fin à ce point de presse. Merci à vous, et bonne journée.

(Fin à 9 h 41)

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