Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Point de presse de M. Joël Arseneau, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de santé, et M. Martin Ouellet, leader parlementaire du troisième groupe d’opposition

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Point de presse de M. Joël Arseneau, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de santé, et M. Martin Ouellet, leader parlementaire du troisième groupe d’opposition

Version finale

Le mercredi 30 mars 2022, 8 h 40

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures cinquante-deux minutes)

M. Arseneau : ...ni plus ni moins qu'un plan électoral. Beaucoup de photos, beaucoup de slogans, pas beaucoup de chiffres, pas beaucoup de cibles à atteindre, pas d'objectifs, non plus, très clairs, pas de calendrier d'implantation non plus.

On estime que c'est trop peu trop tard. Le gouvernement a eu quatre ans pour agir, il s'est traîné les pieds, particulièrement dans le domaine de la santé. Il n'a pas fait preuve de vision et aujourd'hui, bien, il tente de sauver les meubles. On croit que le gouvernement de la CAQ a un déficit de crédibilité dans le domaine de la santé. Il y a cette conversion tardive au renforcement de la première ligne, une espèce d'épiphanie que le ministre Dubé semble avoir eue lors de l'étude du projet de loi n° 11. Souvenez-vous, là, pour renforcer la première ligne, le gouvernement n'avait d'yeux que pour le travail et la productivité des médecins. On voulait aussi, là, que les médecins, il puisse y en avoir un pour chaque Québécois, qu'on ait accès à un médecin dans 36 heures. Tout ça est balayé du revers de la main, c'est là où c'est très peu crédible. Le renforcement de la première ligne, vous savez, ça doit passer par le décloisonnement des professions, c'est ce qu'on clame depuis des années, et le gouvernement aurait eu l'occasion d'aller beaucoup plus loin, notamment dans le projet de loi n° 43, qui a été étudié et adopté, je vous le rappelle, en février 2019. On a ouvert un peu la porte à plus d'autonomie pour les infirmières praticiennes spécialisées. On n'est pas allé au bout de l'exercice parce que le gouvernement l'a refusé. On avait également parlé des psychologues. On sait qu'ils peuvent poser des diagnostics. Le gouvernement leur a refusé ce pouvoir-là en disant : On y reviendra plus tard. On a donc eu des occasions manquées.

Les soins à domicile, on en parle aussi, dans ce plan, les soins à domicile, le virage massif. Pourtant, le budget de la semaine dernière nous annonce 785 millions sur cinq ans. Il en faudrait 2,7 milliards. Pourquoi on ne met pas tout l'argent vers le virage à domicile? Parce qu'on décide de continuer d'investir 1,6 milliard dans les maisons des aînés, dans le béton, plutôt que dans les soins, et dans les services, et dans le personnel qui va prendre soin de nos personnes aînées. On parle aussi de décentralisation à la dernière page du plan. Écoutez, on a prorogé la session parlementaire, l'automne dernier, et l'axe de base de la refondation dans les termes du gouvernement, c'était la décentralisation. Aujourd'hui, on dépose un plan où on dit : Bien, on va réfléchir à tout ça, et Mme Savard va nous déposer un plan pour la décentralisation. Ce n'est pas crédible, ça a bien l'air d'être des vœux pieux. On n'a pas de plan, du moins, pour l'instant.

Et le dernier élément, c'est le personnel, les travailleurs de la santé qui n'ont pas du tout été mis dans le coup de ce projet là du gouvernement. On a encore une vision du haut vers le bas, on veut encore se tourner vers le privé. Encore la semaine dernière, on a déposé une motion, au Parti québécois, pour abolir le temps supplémentaire obligatoire, le gouvernement l'a refusée, c'était le 23 mars dernier. La semaine précédente, on avait dit : Cessons le recours au privé, ça mine le réseau public. Le gouvernement a refusé cette motion. Donc, en terminant, les projets de loi... n° 19, qui a été déposé en décembre, le projet de loi n° 11, qui a été déposé à la fin janvier, bien, on n'y travaille toujours pas. Comment peut-on espérer que le gouvernement change quoi que ce soit dans le domaine de la santé? Merci. Je vous passe la parole... je passe la parole, plutôt, à Martin.

M. Ouellet : Merci, Joël. Donc, ce que Joël vous dit, c'est que la CAQ est en mode rattrapage, en santé, et c'est ce que les Québécois, Québécoises, doivent se souvenir de ces quatre années caquistes. En rattrapage parce qu'aujourd'hui, avec son plan santé, il nous dit : Voici ce qu'on va faire. Ce qu'il faut lire entre les lignes, c'est : Voici ce qu'on aurait dû faire, on ne vous a pas écouté, maintenant, on a une illumination, et voici les prochaines étapes qu'on doit faire, et faites-nous confiance, donnez-nous un prochain mandat, on va le réaliser. Ça a été ça, le mandat de la CAQ, en mode rattrapage.

Le même exemple que je peux vous donner, c'est dans le cas des CPE. Le ministre de la Famille était content, il se bombait le torse en disant : J'ai maintenant un projet de loi pour compléter le réseau des CPE, des services de garde, en 2025. Or, il faut se rappeler l'engagement-phare de la CAQ de faire les maternelles 4 ans, des heures et des heures en commission parlementaire pour adopter le projet de loi des maternelles 4 ans, ce que les Québécois et Québécoises n'avaient pas besoin.

Et, en termes de rattrapage, le dernier exemple que je peux vous donner, bien, c'est sur la fixation des tarifs d'hydroélectricité. Ils nous ont vendu ça comme étant la meilleure chose depuis l'invention du pain tranché, par la suite, ils nous ont imposé ça par bâillon, et là on apprend qu'ils doivent reculer sur leur propre projet de loi. Donc, ce qu'il faut que les Québécois, Québécoises, comprennent ce que le gouvernement met présentement comme menu législatif, ce n'est que du rattrapage de ce qu'ils n'ont pas fait et malheureusement, à la prochaine élection, ils devront en payer le prix. Merci.

La Modératrice : On va prendre les questions. Une question, sous-question, s'il vous plaît.

M. Laforest (Alain) : Qu'est-ce que vous pensez, M. Paul St-Pierre Plamondon, là, de l'offre d'emploi de l'Université Laval, là, qui circonscrit pas mal les candidatures?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est complètement inacceptable. Au lieu d'avoir un système juste, basé sur le mérite de chacun, peu importe nos différences, on se retrouve dans un système où on empêche certains candidats, avec un certain profil, de pouvoir être évalués au mérite de leurs compétences et de leurs idées. C'est très inquiétant, et ça découle d'une idéologie qui nous vient du financement fédéral, ça nous vient d'un Canada qui est plongé dans de l'idéologie, et ça nous donne des universités où ce sera de moins en moins méritocratique, de moins en moins juste, et ça créera des tensions. Ce n'est pas le modèle québécois que nous, on veut.

M. Bossé (Olivier) : Mais le système au mérite, vous ne trouvez pas que, depuis des décennies, même plus que ça, ça ne fonctionne pas diable parce que c'est rempli d'hommes blancs qui étaient au mérite, supposément?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, je pense qu'on peut, à compétences égales, avec des profils au niveau académique qui sont similaires, dire : On va favoriser certains profils pour améliorer et équilibrer les choses. Mais, quand on est rendu à écarter quelqu'un qui a des compétences parce qu'on catégorise les gens par couleurs de peau ou par groupes religieux, ou par orientations sexuelles, on n'est plus dans le mérite, on s'éloigne de la méritocratie, alors que le but de la lutte au racisme, c'est que ce soit au mérite, indépendamment de nos caractéristiques.

M. Lecavalier (Charles) : O.K., mais pour comprendre, là, vous n'êtes pas d'accord avec la méthode employée, mais sur le fond, est-ce que vous souhaitez qu'il y ait plus de diversité quand même?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien oui, évidemment, qu'à profils comparables on va tenter d'amener de la diversité, mais là on n'est plus là-dedans. Il faut comprendre que ça, c'était une approche qui est en train de dévier vers une nouvelle approche. Cette nouvelle approche, c'est dire : Il y a des gens à qui on ne donne pas de chance, il y a des gens à qui on ne veut pas parler, qu'on ne veut pas évaluer au mérite parce que vous ne rentrez pas dans les cases de nos dogmes idéologiques. Ça, c'est dangereux, puis on ne veut pas de ce modèle-là au Québec.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que ça va contre la charte...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, je ne donnerai pas une opinion juridique là-dessus. Ce que je vous dis, c'est que, pour le Québec, ce n'est pas un modèle acceptable, et il faut qu'il y ait une réponse du gouvernement du Québec en disant : On veut un modèle pour nos universités québécoises, parce qu'on sait que le financement fédéral va tenter d'imposer des dogmes idéologiques qui nous éloignent de la méritocratie.

M. Gagnon (Marc-André) : ...l'Université Laval essaie de corriger un problème en créant un problème pire?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui.

M. Bossé (Olivier) : Est-ce que le blâme va au Conseil de recherche plus qu'à l'université ou...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ah! ça va loin, là. Là, on est dans un problème qui touche toutes les universités québécoises, et c'est lié au financement fédéral, parce que le fédéral va imposer ses biais idéologiques, ses obsessions idéologiques, en échange du financement. Et c'est là qu'on doit réfléchir à une réponse, comme gouvernement du Québec, on ne peut pas juste laisser ça aller. Ça nous éloigne d'un environnement académique qui est au mérite, mais ça nous éloigne aussi d'un environnement académique qui est diversifié sur le plan idéologique. Parce que ce n'est pas juste ça qui se passe en ce moment. C'est que, pour se qualifier, il faut non seulement avoir le bon profil, mais il faut penser exactement comme le dogme idéologique que le fédéral tente de nous imposer. Et ça réduit l'espace de discussion dans les universités. Puis les universités, c'est une des institutions les plus importantes dans une société. Il faut vraiment se pencher là-dessus, là, c'est très grave.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que vous constatez un virage à droite du gouvernement caquiste en ce moment? M. Nadeau-Dubois dit que, selon lui, là, on est en train... en fait, la société en général est en train... il y a une montée de la droite dans la société en général, mais particulièrement à la CAQ. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette affirmation-là?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, la CAQ n'est pas à gauche et elle n'est pas à droite, elle est négligente. Le bilan de la CAQ, c'est : On n'a pas agi en crise du logement, ni pour les places en garderie, ni en santé puis, quelques mois avant les élections, on vous garroche des plans. Ce n'est ni à gauche ni à droite, là. Puis la CAQ a quand même dépensé les surplus libéraux. Ce n'est pas le comportement tant de droite. Ce qu'on a, par contre, dans l'espace médiatique, c'est la montée des idéologues. Donc, il y a des partis plus idéologiques, de gauche radicale ou de droite radicale, qui voudraient qu'on tombe dans ce débat-là, là, de qui qui est à droite, qui qui est à gauche. Allez voir des électeurs de Marie-Victorin puis posez-leur la question, là, si, dans leurs priorités puis dans ce qui détermine leur choix, si vraiment la question, c'est la montée de la droite ou la montée de la gauche radicale. Il y a de plus en plus d'idéologies.

M. Lacroix (Louis) : Si je comprends bien, ce qui est payant en politique, bien souvent, là... puis on l'a vu au Québec pendant des années, là, avec le fédéralisme versus le nationalisme, ce qui est payant, c'est la division, en fait, c'est la polarisation. Alors, vous pensez qu'on essaie de polariser... étant donné que ce débat-là n'existe plus vraiment, qu'on essaie de polariser gauche-droite? Donc, la gauche et la droite seraient le nouveau fédéralisme, nationalisme?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, moi, je pense que l'indépendance est un projet universel. Ça n'a jamais été une stratégie de polariser, c'est juste quelque chose qui existe, c'est à dire, c'est fondé sur des réalités. Comme, ce matin, je vous parle des universités puis du financement fédéral, on parle de plein de sujets, comme l'environnement, vous allez peut-être me poser des questions sur le plan d'environnement d'Ottawa, mais ce sont des réalités, là. Le projet d'indépendance, c'est un projet qui va chercher tout le monde. Là, on essaie de monter des groupes d'idéologues contre d'autres groupes d'idéologues. Moi, je vous réponds : La population, en général, n'est pas là-dedans. Ce qu'elle veut, c'est un gouvernement qui ne se traîne pas les pieds par rapport à des engagements concrets qui n'ont pas été suivis. Si la CAQ a promis, en 2018, un médecin pour tout le monde puis des services en 90 minutes, bien, posons-leur la question : Pourquoi n'avez-vous rien fait en ce sens-là?

M. Gagnon (Marc-André) : ...30 mars, là, 2022, vous vous situez où, dans l'échiquier? À gauche? À droite?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : On est, d'abord et avant tout, indépendantistes, capables de parler à tout le monde autour d'un projet universel, mais de questions universelles, comme la pérennité de la langue française. Souvenez-vous, on est les seuls, là, on a poussé sur le gouvernement qui n'avait absolument pas l'intention de toucher à la loi 101. Le projet de loi n° 96, on l'a pioché puis on a obtenu des demi-mesures. On est le seul parti à dire : Il faut aller plus loin, on n'accepte pas...

M. Gagnon (Marc-André) : …centre?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, ce n'est pas du centre, c'est universel. On touche des questions qui rassemblent. D'autres partis veulent diviser en se trouvant des ennemis de l'autre côté du spectre puis d'avoir des débats idéologiques.

M. Laforest (Alain) : ...GND,c'est un idéologue de la gauche, là?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Moi, ce que je vous dis, c'est qu'il y a des partis qui sont dans l'idéologie davantage que dans les solutions.

M. Laforest (Alain) : ...Éric Duhaime, il est à droite, puis Gabriel Nadeau, il est où, là?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je vous les laisse, je vous les laisse.

M. Lecavalier (Charles) : Mais est-ce que vous ne croyez pas, par exemple, que dans la région de Québec, peut-être, plus particulièrement, la CAQ envoie des signaux aux électeurs qui seraient tentés d'aller voir Éric Duhaime? Ça, est-ce que c'est quelque chose que vous constatez, là? On parle de l'exemple du tramway, la semaine dernière, est-ce que...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Mais, encore là, le tramway, est-ce que c'est différent d'un paquet d'autres projets, comme le REM de l'Est ou toutes sortes de projets où le gouvernement est non seulement négligent, mais pose des gestes de gens qui, vraisemblablement, ont peu de respect pour les institutions, peu de respect pour les projets en cours? Ça parle de, beaucoup plus, la personnalité de la CAQ puis leur négligence que de la gauche ou de la droite. Ce n'est pas une question de gauche-droite, là, c'est une question de négligence puis d'un gouvernement qui, là, à la dernière seconde, tente de rattraper en faisant des promesses, des propositions. Mais je pense qu'il y a un effort, peut-être, là, de mettre ça dans un axe idéologique, ce qui se passe, mais c'est juste de l'absence d'initiative, l'absence de responsabilité dans un paquet de projets qui n'ont pas de lien les uns avec les autres.

M. Gagnon (Marc-André) : Parlant de droite, dans le comté de Pascal Bérubé, il y a une organisatrice conservatrice qui a été arrêtée, dans les derniers jours, par la police parce qu'elle embourbait le système de prise de rendez-vous pour la vaccination. Vous pensez quoi du fait qu'Éric Duhaime s'associe à des gens... à ça? Elle s'en était même vantée sur Facebook qu'elle faisait ça.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est complètement inacceptable, complètement inacceptable, et je refuserai toujours les partis politiques qui veulent essentiellement agir contre toutes nos institutions, bloquer, défaire, que ce soit en raison d'une gauche radicale ou d'une droite radicale, bloquer, démolir, nuire aux autres. Jamais, jamais, jamais on n'acceptera ça au Parti québécois.

M. Robillard (Alexandre) : …dans Marie-Victorin, est-ce qu'on vous parle plus d'enjeux qui relèvent du débat sur la gauche et la droite ou d'enjeux qui relèvent plus de l'axe souverainiste-fédéraliste?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, il y a des enjeux qui sont très forts, comme la langue française, l'application de la loi 101 au cégep, par exemple. Puis il y a des enjeux très, très pratico-pratiques qui relèvent de la négligence du gouvernement, comme un gouvernement qui nie la crise du logement, pendant que des gens n'ont pas de toit dans Marie-Victorin, des parents qui cherchent des places en garderie, des choses très, très pratiques où, là, on ne parle pas tant de gauche et de droite, on parle simplement de négligence de la CAQ, qui est même jusqu'à aller... qui a même nié ces problèmes-là pendant que les parents les vivaient.

M. Robillard (Alexandre) : Donc, on ne vous parle pas vraiment d'indépendance du Québec?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, au contraire, ça détermine le vote de plusieurs qui veulent qu'on continue cette démarche-là, que nos positions soient portées avec plus de vigueur. Donc, ça influence le vote de plusieurs qui se disent : Moi, je veux un indépendantiste de plus, je ne veux pas un 76e député fédéraliste.

La Modératrice : Dernière en français, s'il vous plaît.

M. Lacroix (Louis) : Vous qui avez poussé pour la construction d'un amphithéâtre à Québec, est-ce que... Bien, le Parti québécois, là, le projet de loi...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je ne me souvenais pas d'avoir...

M. Lacroix (Louis) : 204, c'est le Parti québécois, là, c'est Agnès Maltais, à l'époque.

M. Robillard (Alexandre) : À moins que vous ne soyez pas d'accord avec ce projet de loi là...

Des voix : ...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Allez-y, on vous laisse la porte grande ouverte... vous contredire, on vous ouvre la porte.

M. Robillard (Alexandre) : C'est vrai qu'on peut commencer du point de départ : Est-ce que c'était une bonne idée de...

M. Lacroix (Louis) : Mais je peux-tu juste terminer ma question?

La Modératrice : Un à la fois, s'il vous plaît.

M. Lacroix (Louis) : Puis c'est vrai que c'est intéressant, là. Mais vous qui avez poussé pour la construction... le Parti québécois, pour la construction d'un amphithéâtre, est-ce que le gouvernement devrait faire des efforts pour le remplir au moins cinq soirs en finançant, par exemple, les opérations de cinq matchs des Sénateurs à Québec?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Vous vous souviendrez le but de Peter Stastny en prolongation contre Mike Liut puis les Whalers de Hartford, en prolongation...

M. Lacroix (Louis) : ...Alain Côté, là.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Alain Côté... Mais ça, c'est choquant, mais je vous parle des beaux moments des Nordiques de Québec. Vous n'avez pas besoin de fonds publics puis d'une stratégie pour remplir... à Québec, pour une game de hockey de la Ligue nationale, voyons donc. On ne mettra pas d'argent là-dedans; les gens, c'est sûr qu'ils vont y aller. Moi, j'étais un fan des Nordiques, dans mon enfance, et j'avais des batailles dans la cour d'école primaire, on se poussait tellement que la rivalité Canadiens-Nordiques était sentie. Je pense que l'âme du hockey dans la ville de Québec, là, elle est tellement là que tu n'auras pas besoin d'incitatifs.

M. Bossé (Olivier) : Le gouvernement doit quand même garantir le succès financier de ça. Si jamais ils perdent de l'argent, est-ce qu'il doit éponger ça puis payer?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, non, non. Il n'y a pas de fonds publics là-dedans. Les gens vont se pointer. Ce qui est insultant, c'est que les Sénateurs d'Ottawa viennent jouer à la place de nos Nordiques, je trouve que la symbolique est nauséabonde, compte tenu du vrai marché pour le hockey qu'il y a à Québec.

Mme Plante (Caroline) : Moi, je voulais savoir, sur les crédits, est-ce que 120 heures, six séances pour l'étude des crédits, c'est suffisant?

M. Ouellet : Bien, il faut comprendre qu'on a fait une entente. Au lieu de passer à 200 heures, c'est-à-dire 100 heures allouées au gouvernement puis 100 heures à l'opposition, on est montés à 120. Ce que les Québécois et Québécoises veulent... Est-ce que ces heures-là sont adéquatement utilisées pour obtenir des réponses? Alors, ce n'est pas tant le nombre d'heures, je vais être honnête avec vous, mais c'est la qualité des questions et surtout la qualité des réponses, parce que c'est un exercice de reddition de comptes. Là, Joël en parlait tout à l'heure, on a un plan. Le ministre des Finances a déposé, effectivement, son budget, et vous avez, tout comme moi, je suis convaincu, continué à le parcourir des heures et des heures et des nuits entières pour comprendre chacune des nuances. L'exercice des crédits sert à ça, de faire la différence entre la ligne de communication puis, concrètement, est-ce que l'argent va être au rendez-vous dans les services dans la première année ou elle est pelletée dans l'année n° 3, l'année n° 4 d'un futur mandat.

Mme Plante (Caroline) : Mais donc l'entente vous convient parfaitement?

M. Ouellet : Bien, l'entente est adéquate, mais ça fait partie d'un modus operandi qu'on a adopté depuis deux ans, avec la pandémie, c'est-à-dire que, pour limiter le nombre de personnes et de fonctionnaires à l'Assemblée nationale, on avait réduit de moitié. Évidemment...

M. Laforest (Alain) : Le gouvernement ne pose pas de questions?

M. Ouellet : Ils ont une vingtaine d'heures allouées. Puis, juste revenir là-dessus, les gens ont souvent dit que c'est poche parce que c'étaient des questions plantées, mais c'est le gouvernement qui décide de faire ça. S'il veut laisser la voix à ses députés et poser des questions légitimes dans des circonstances que leurs concitoyens, dans leur circonscription, veulent obtenir des réponses, le gouvernement a le droit. Mais si, eux, ils décident de scripter les réponses de ses députés pour que le ministre puisse ramasser sa feuille et la répondre en cinq minutes, c'est leur choix. Mais nous, cette exercice de reddition de comptes, elle est importante, elle est fondamentale, surtout avant l'élection.

Des voix :

La Modératrice : Une personne à la fois, s'il vous plaît!

Une voix : ...

M. Ouellet : Bien, permettez-moi d'en douter. Permettez-moi d'en douter.

Mme Plante (Caroline) : Rapidement, sur la COVID qui est entrée au Parlement, là, est-ce que ça vous inquiète pour la suite des choses? Est-ce que ça complique...

M. Ouellet : Ça nous préoccupe, oui, oui, ça nous préoccupe. On commence à avoir des banquettes absentes de collègues qui ont eu des résultats positifs à la COVID, mais on n'est pas différents de la société québécoise. Il y a de la COVID dans les milieux de travail, il y a de la COVID dans les soins de santé, il y a de la COVID un peu partout, et ça nous amène à vivre avec le virus, et d'adopter des comportements, et de mettre de l'avant nos gestes barrières.

M. Desrosiers (Sébastien) : Les primes COVID, M. Saint-Pierre Plamondon, les primes pour les travailleurs de la santé, qui devaient prendre fin à la mi-avril, sont maintenues pour un mois de plus. Est-ce que c'est une bonne chose? Est-ce que c'est une bonne façon de fonctionner? Qu'est-ce que vous en pensez?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, c'est qu'on peut continuer avec les primes — ça serait bon qu'elles soient payées, cette fois-ci — mais il faut réaliser que l'histoire des primes, ce n'est pas des solutions structurelles et structurantes à moyen, long terme, là. On ne pourra pas toujours débourser des primes pour compenser le fait que les décisions courageuses qui donneraient plus de stabilité dans le système de santé, elles ne se sont pas faites pendant quatre ans. Puis là on nous débarque avec un plan, là, rempli de promesses, mais aucun détail sur les moyens. Donc, on va revenir là-dessus, mais on ne pourra pas toujours être dans les mesures à court terme.

Je veux juste faire un commentaire sur le dossier du Devoir, sur le nouveau plan climatique d'Ottawa. Je veux vraiment le commenter parce que je réitère qu'à la lumière d'un plan comme celui-là où on échoue les objectifs par rapport aux gaz à effet de serre, on échoue sur toute la ligne. Des choses aussi choquantes qu'il n'y a pas de plafond d'émissions pour le secteur pétrolier, on est obligés de lancer 9 milliards d'investissements pour compenser les cadeaux qu'on donne aux pétrolières qui accélèrent l'émission de gaz à effet de serre. Des cibles vraiment bancales, un constat d'échec. On ne peut pas, au Québec, se dire environnementalistes puis ensuite dire qu'on est fédéralistes, c'est honteux. Honte au NPD, puis au Parti libéral du Canada, puis à tous les gens qui essaient de vendre aux Québécois que, dans le Canada, on peut atteindre nos objectifs en environnement pour être responsables pour les générations futures.

Moi, j'ai honte d'envoyer 2 milliards de dollars d'argent québécois en cadeaux, subventions puis bébelles pour les pétrolières. Puis ensuite on nous beurre avec des plans climatiques qui sont, à leur face même, des constats d'échec qui découlent de l'infiltration de lobbies pétroliers au sein des gouvernements libéraux comme conservateurs à Ottawa. Je ne veux plus, pour les prochaines générations de Québécoises et de Québécois, qu'on soit là-dedans. Je veux que les 2 milliards qu'on envoie en Alberta dans les sables bitumineux soient investis ici, au Québec, dans des énergies vertes, dans la transition énergétique. Ce n'est pas acceptable. Ça devrait être une source de honte pour ceux qui essaient de nous vendre le fédéralisme comme quelque chose d'acceptable sur le plan environnemental.

La Modératrice : ...sur ce sujet, là, puis après, on passe en anglais.

M. Robillard (Alexandre) : Donc, cet enjeu-là, c'est un enjeu indépendantiste-fédéraliste, ou de gauche et de droite?

M. Ouellet : C'est un enjeu de société.

M. Robillard (Alexandre) : Non, mais c'est parce que vous l'avez cadré, mais, en même temps, ça pourrait être...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est que, sur l'axe des relations Québec-Canada, il faut arrêter de nous faire croire qu'on peut se dire de gauche ou environnementaliste puis adhérer à un régime politique qui est le Canada qui, de manière prévisible, va demeurer à la solde des lobbies pétroliers et va demeurer une menace pour les prochaines générations. Moi, je ne veux plus que notre argent s'en aille là.

M. Lecavalier (Charles) : Est-ce qu'on peut voter pour le oui au référendum puis être propétrole?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, la question du référendum, plus on lui pose des conditions, par exemple, est-ce qu'on peut voter oui puis être contre la laïcité ou pour la laïcité, est-ce qu'on peut voter oui puis être pour les hausses de taxes ou contre... Je pense que, pour la question de l'indépendance, il faut prendre la question pour ce qu'elle est, c'est : Est-ce que les Québécois devraient débattre par eux-mêmes puis décider par eux-mêmes sur ces questions-là? Donc, on ne peut pas exclure qui que ce soit du oui. Si on fait ça, on se trompe. La question du oui, c'est : Laissons les Québécois débattre de cette question-là, mais par eux-mêmes, pas par un gouvernement qui nous est étranger puis qui essaie de nous imposer des trucs. Comme ce matin, les universités, là, c'est vraiment ça, c'est le fédéral qui nous impose ses décisions et son idéologie. Mais c'est une question qui doit se limiter à la stricte question : Est-ce qu'on devrait décider par nous-mêmes? Puis ensuite laissons les Québécois débattre de peu importe la question.

La Modératrice : Je vais devoir passer en anglais, s'il vous plaît.

Mme Senay (Cathy) : Good morning. I don't know if you saw the article in La Presse about — and it was published La Gazette earlier this month — the possibility of having a new political party for English-speaking Quebeckers angry with Bill 96. And, this morning, there is a warning from Marlene Jennings, who is at the head of the Quebec Community Groups Network, to the Liberals. Are you surprised?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Marlene Jennings, I think she said that Bill 96 is comparable to what Russia is doing to Ukraine, on Twitter, she did that. Awesome! That's going to be a very credible and strong party. I mean, I can't see any credible and legitimate foundations for such a party, if people who are involved have said things like that, that are very shocking and unacceptable. And I can't comment furthermore because it's not a genuine… it has not materialized. But things are being said by a minority of Anglophones, and I don't think we should put everyone in the same situation. But there is a fringe that is very, very… you said the word «angry», a fringe, a group that is very angry, and they are saying things, really, that are out of this world, really not justifiable. How can you compare Bill 96 to what's happening in Ukraine? How can someone have so little empathy towards what's happening in Ukraine — I have this… How can someone use Ukraine and what's happening there for purposes such as criticizing Bill 96? I just… I can't comment furthermore.

Mme Senay (Cathy) : On another topic. I know that there are more cases here, at the National Assembly, of COVID-19. It's representative of the society, it's just that you don't have that much time left before the end of the session. François Bonnardel was supposed to hold the consultations on his bill this week, Premier Legault is not there, it's still a virtual cabinet meeting, Geneviève Guilbault is not there. Who are you facing when you ask your questions? I mean…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : No, no, it's called negligence. It's like when you're at school, and you have an exam to prepare on the 30th of March, and you start studying the day before, and you don't sleep, and you take coffee all night because you have neglected to go to your classes, you have neglected to open your books during the session, you have neglected all the meetings with other students, and the day before, you say : Oh! I really need to pass this exam, so I'm going to open my books, and drink coffee, and not sleep, and we'll see my exam fares.

Une voix : And then you get sick.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Yes, and then you get sick.

M. Brennan (Andrew) : So, are you saying that the CAQ is not heating Murphy's law by…They're not getting to the point early enough that something like having potential cases of COVID or people that have to isolate, they are nothing getting there early enough?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Well, there you have it. That's an interesting point. So, in the same metaphor, if you have a big paper to deliver, and you start working the day before, and you have neglected your class all session long, it might happen that your computer has a failure a few hours before the delivery. But that's typical of a student that neglected all the steps and the normal things to do, when you're interested in your class and interested in getting a good grade. It's negligence.

M. Brennan (Andrew) : Before this follow up, the ramifications on that that Québec suffers, Québec suffers by them being late, by them not getting through things before the session is over…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Of course, of course. And that's where we're in good faith, but, at some point, we're telling everyone we will need to evaluate that government based on what they have actually done over four years. And when… It was interesting because what my colleagues are saying is : On this date, they said no. On this date, we told them they neglected to do it. On this date, they haven't done anything, and then, they take all those proposals and all these interventions, they put it in a plan, a few months before, and they're just like : Oh! here's a plan. We have to look at what they have actually done, what they have actually responded to Opposition parties when we mentioned those points. And they voted against it on several occasions. So, we need to keep it in the real world, because in the world of communications, everything is historical, everything is great, everything is bright with the CAQ. But the real world is very far from that.

M. Brennan (Andrew) : Very quickly on «la lettre ouverte des salles de nouvelles et les...» They were talking today about the story of LaPresse, on last Friday, about the shadow trial, and, I mean, you, as someone who knows law a little better than I do, what do you think about something like this and its ramifications for...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Véronique Hivon commented on that yesterday. If there is a fundamental principal, for a court of justice, it's the publicity of the debates. It's fundamental because you need to trust the system, and, if you want to maintain that trust, people need to know what's going on. So, I'm not surprised that this is not flying. There's no way that you can start having trials that don't even exist on record, that is not even... people are not aware of its existence. So... but I'm pretty confident that the system, as a whole, will correct the situation. There's no possible way we're going to start to have secret trials, people disappearing without no one knowing what's going on. No, there is no way it's going to happen.

Mme Henriquez (Gloria) : So, what's your message to the Justice Minister?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ah! I'm just confident the judiciary itself will deal with that situation and correct it. There is no way, in terms of the jurisprudence we have, the basic principle based on which we function... there's no way this is going to continue.

M. Arseneau : ...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Yes, we did ask a «mandat d'initiative» so that we try to understand what actually happened. But, like, I'm very confident this has no future in terms of way of proceeding, because it's so fundamental as a principle.

La Modératrice : Merci beaucoup. Bonne journée.

(Fin à 9 h 21)

Participants


Document(s) associé(s)