Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Point de presse de M. Joël Arseneau, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de transports

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Point de presse de M. Joël Arseneau, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de transports

Version finale

Le jeudi 14 avril 2022, 14 h 20

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Quatorze heures vingt et une minutes)

M. Arseneau : Alors, bonjour, tout le monde. J'aimerais réagir à l'annonce de ce matin concernant la nouvelle mouture du troisième lien caquiste pour relier Lévis et Québec. C'est hallucinant de voir le mauvais théâtre auquel on a eu droit ce matin.

Écoutez, les questions qui nous viennent spontanément, là, si on veut être responsables, on se dit : Mais est-ce que le gouvernement connaît les concepts de rigueur, de rigueur scientifique pour... Où sont les études pour présenter un projet comme celui-là? Est-ce qu'il reconnaît les changements climatiques? Est-ce qu'il se pose des questions, parfois, sur l'étalement urbain? Est-ce que le concept de saine gestion des finances publiques, là, ça a encore une résonnance, là, chez les gens qui sont au gouvernement, qui sont membres de la Coalition avenir Québec? Toutes ces questions, parce qu'elles n'ont pas trouvé réponse durant la conférence de presse de ce matin.

Visiblement, les ministres du gouvernement étaient en mode rattrapage, réparer les pots cassés, parce que leur dernière mouture, celle de mai 2021, avait essentiellement fait l'unanimité contre elle. Il n'y a pas un expert, il n'y a pas, en fait, personne qui comprend les enjeux de la mobilité urbaine qui pouvait appuyer un projet comme celui-là, sur le plan de sa faisabilité, évidemment, mais sur le plan financier également. Son projet était critiqué de toutes parts.

Alors, aujourd'hui, ce qu'on voit, là, c'est que c'est une quatrième napkin qui a été utilisée, là, pour essayer de corriger le tir, puis de s'en aller en campagne électorale avec quelque chose à proposer pour 2032, qui a l'air un peu plus crédible puis un peu moins coûteux. Et ça, c'est extrêmement décevant de voir que le gouvernement continue de nous présenter du vent. C'est du flou. En fait, beaucoup trop de questions restent sans réponse. On se demande même, lorsqu'on évoque le bureau de projet : Mais qu'a fait le bureau de projet? Qui est membre de ce bureau de projet puis sur quelle base peut-on présenter un projet comme celui-là? On a vraiment l'impression que le gouvernement nous prend pour des valises. C'est certainement un projet passéiste. C'est la quatrième mouture, je le répète, à chaque fois on corrige le tir, on n'a aucune preuve que ça va mieux fonctionner ou que c'est plus crédible ou que ça répond à un besoin, à une fonction.

En résumé, c'est du grand n'importe quoi que nous ont présenté, encore une fois, les ministres Guilbault et Bonnardel. Alors, là-dessus, qu'attendre de plus, une cinquième mouture, au-delà de la prochaine élection, une fois qu'on aura pu prouver que ce dossier-là ne sert à rien. On va essayer de faire une pelletée de terre d'ici le mois d'octobre. C'est lamentable, c'est décourageant, en fait. Quand le gouvernement va-t-il se rendre compte, là, que ce projet-là, il est inutile, qu'on doit le ranger aux poubelles puis qu'on doit développer la mobilité urbaine sur d'autres bases que celles du troisième ici, dans la région de Québec?

Mme Prince (Véronique) : Vous êtes très cynique. Vous croyez que ça ne se réalisera jamais, dans le fond?

M. Arseneau : Bien, je ne suis pas le seul à penser que ça ne se réalisera jamais et de penser que le gouvernement, avec les quelques informations qu'ils ont présentées ce matin, ont un projet crédible en main. C'est presque le théâtre de l'absurde.

Écoutez, la dernière fois qu'ils ont présenté un projet, là, on avait un plan, on avait des vidéos puis on avait des chiffres très évasifs. Là, aujourd'hui, on arrive avec un chiffre hyperprécis, il ne faut pas que ça dépasse 6,5 milliards. Puis on a des dessins qui, eux, sont évasifs. On ne sait pas exactement d'où ça va partir, où ça va arriver, comment on va pouvoir réaliser tout ça. On a deux tubes. On ne sait pas s'il y a deux voies par tube, s'il y en a une cinquième, quelque part, qui se cache pour du transport collectif. On va faire une... Le ministre a été très, très vague là-dessus.

C'est décevant parce que ce n'est pas crédible. Ce n'est pas sérieux. C'est vraiment ce qui est, en fait, désespérant avec ce gouvernement, c'est qu'il s'accroche à ce projet-là, à cette idée-là, visiblement, là, en pensant qu'à courte vue, en… la perspective électorale, on va encore pouvoir convaincre des gens, là, de voter pour cette lubie gouvernementale. C'est, en fait, la conclusion que je peux offrir, c'est que le gouvernement n'a pas fait ses devoirs, mais probablement parce que c'est impossible de présenter quelque chose qui tient la route et on en a le résultat aujourd'hui.

Mme Prince (Véronique) : Mais que pensez-vous du principe des voies réservées seulement aux heures de pointe, des voies partagées?

M. Arseneau : Bien, je me demande d'ailleurs... Parce qu'on veut une composante sur le transport collectif pour aller chercher de l'argent au fédéral, c'est la seule raison pour laquelle le gouvernement souhaite mettre en place, semble-t-il, une voie réservée. Alors, est-ce que le gouvernement fédéral va donner de l'argent à un projet comme celui-là, là, aussi mal ficelé, aussi bâclé, en fait, aussi superficiel, sur la base d'un autobus qui va passer de temps en temps aux heures de pointe?

Encore une fois, c'est ridicule, je pense, pour les Québécois en général, pour les gens de la région, de la grande région de la Capitale-Nationale. Puis je pense, c'est tout aussi ridicule pour un bailleur de fonds, qui pourrait être le gouvernement fédéral, de penser que ce projet-là, là, il y a quelques visées de transition écologique. On n'est pas du tout là-dedans, là, on est en train de faire un lien autoroutier alors que les rapports du GIEC sont clairs qu'il faut réduire la production de gaz à effet de serre, notamment par le transport. Et le gouvernement, il choisit une voie complètement différente. C'est un projet du XXe siècle, peut-être même avant, pour des problèmes qui sont criants, qui sont majeurs et pour lesquels on va... si jamais le projet avait des chances ou des risques, je devrais dire, de se réaliser, on sait qu'on ne ferait qu'augmenter les problèmes de circulation avec la demande induite. On sait que ça ne tient pas la route, ni sur le plan environnemental, ni sur le plan de la mobilité, ni sur le plan de l'étalement urbain.

Alors, ce projet-là, c'est à mettre aux poubelles, il faut tourner la page, puis on se demande quand le gouvernement va lui-même se l'avouer parce qu'on commence à penser qu'il n'y croit plus vraiment. Le premier ministre n'était pas là, il a préféré aller à Mégantic faire une autre annonce. J'ai bien hâte de lui poser des questions, à savoir s'il y croit vraiment. Moi, je pense qu'il décroche, parce qu'essentiellement on n'a rien à mettre sur la table qui soit crédible. Pour le gouvernement du Québec, je dirais que c'est gênant.

Une voix : Merci beaucoup.

M. Arseneau : Merci beaucoup.

(Fin à 14 h 28)

Participants


Document(s) associé(s)