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Point de presse de M. Joël Arseneau, chef du troisième groupe d’opposition, et Mme Véronique Hivon, porte-parole du troisième groupe d’opposition pour la famille

Version finale

Le jeudi 28 avril 2022, 8 h 20

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures vingt-neuf minutes)

M. Arseneau : Bonjour, tout le monde. Aujourd'hui, j'aimerais revenir sur une question qui a été posée au premier ministre hier, en fait, sur les seuils d'immigration, d'accueil des nouveaux arrivants au Québec, en lien avec la décision fédérale d'augmenter les seuils pour 2023 à 450 000 nouveaux arrivants, ce qui correspondrait, pour respecter le poids démographique du Québec, à l'accueil de 120 000 nouveaux arrivants.

Le premier ministre s'est défilé hier, n'a pas voulu répondre à la question qui est la question principale qui se pose, à savoir si le fédéral a respecté son engagement, auquel il est contraint dans l'entente Canada-Québec sur l'immigration, de consulter le gouvernement du Québec. Alors, on ne peut pas savoir si le gouvernement fédéral a consulté le gouvernement du Québec. On ne peut pas savoir si le gouvernement du Québec a émis une opinion, si le gouvernement du Québec a fait valoir, donc, ses intérêts.

Ce qui, évidemment, fait preuve d'un manque de transparence inadmissible, mais également qui démontre les limites du caquisme et cette espèce d'acceptation du fédéralisme de tutelle où le gouvernement fédéral dicte ses décisions, et le gouvernement du Québec, le gouvernement de François Legault, semble courber le dos et se dire que ça va bien aller. On se bombe le torse en disant qu'on n'accueillera pas davantage que 50 000 nouveaux arrivants.

Mais ça pose un problème. Si le gouvernement doit négocier avec le fédéral et qu'il ne le fait pas, c'est le premier problème. Mais si le fédéral continue de vouloir avoir davantage de nouveaux arrivants jusqu'à hauteur de 450 000 et que le Québec refuse d'en prendre davantage, bien, évidemment, c'est le poids démographique du Québec qui va donc en souffrir, ce qui veut dire que, peu importe la façon dont on regarde ce dossier-là, le Québec et, évidemment, le fait français au Québec, sont perdants. Alors, je pense qu'il faut continuer de demander au gouvernement de faire preuve de transparence et de nous dire là où il se situe dans ce dossier-là. J'aimerais laisser la parole, là-dessus, à Véronique Hivon.

Mme Hivon : Et peut-être juste pour compléter ce que Joël disait, en plus, j'ai demandé hier à ma vis-à-vis, la ministre Sonia LeBel, en matière d'affaires intergouvernementales canadiennes, si une démarche formelle du Québec avait été faite, si une lettre avait été envoyée. Et elle m'a répondu que non, aucune lettre n'a été envoyée dans ce dossier-là. Donc, il n'y a absolument aucune démarche formelle qui a été faite pour faire valoir le point de vue du Québec. Donc, c'est assez concernant.

Et ça m'amène à vous présenter aujourd'hui les prétentions et la réalité. Alors, lors de la dernière campagne électorale, même avant, le gouvernement caquiste avait déposé, alors dans l'opposition, sa plateforme pour des relations Québec-Canada, qui s'appelait Un nouveau projet pour les nationalistes du Québec, un Québec ambitieux. Et avec quoi on se retrouve aujourd'hui? Ça, c'était la promesse. Et on se retrouve avec quoi aujourd'hui? On se retrouve avec Québécois, notre façon d'être Canadiens, et qui... vous voyez, en bas, le petit logo du gouvernement libéral de Philippe Couillard. Alors, à ce jour — et la ministre, hier, Sonia LeBel, me l'a confirmé — c'est toujours la politique qui trône bien en vue sur le site du Conseil exécutif en matière d'affaires intergouvernementales. C'est toujours la politique actuelle du gouvernement. Donc, on est passés d'une prétention autonomiste à assumer complètement un engagement fédéraliste de la même ampleur et de la même nature que sous le gouvernement Couillard avec Jean-Marc Fournier. Alors, ce n'est pas peu dire.

Et je veux juste vous rappeler que dans ce fameux plan, dit autonomiste, il n'y avait pas moins de 21 demandes qui étaient faites, là, dans plein de colonnes à la fin, synthèse. Alors, de ces 21 demandes-là, non seulement il n'y en a aucune qui s'est concrétisée, mais il n'y en a à peu près aucune qui a fait l'objet d'une véritable demande formelle. On se rappellera qu'au tout début du mandat il y a eu à peine une demande, qui était sur le rapport d'impôt unique. On s'est fait claquer la porte en plein nez. On n'est jamais revenus à la charge. Donc ça, c'est l'autonomisme du... le fameux autonomisme du gouvernement Legault. Et force est d'admettre qu'il est bel et bien rentré dans le rang, dans le rang fédéraliste, qu'il a mis ça de côté, à un point tel qu'il ne fait plus de demande, à un point tel que, comme le soulevait mon collègue, même sur la question centrale des seuils d'immigration, il n'a même pas fait valoir sa position au gouvernement fédéral.

Alors, je pense que cette mascarade-là de l'autonomisme caquiste a assez duré, et il est temps que le gouvernement s'assume pleinement et dise qu'il a mis ce plan-là de côté et que, maintenant, c'est le fédéralisme, d'autant plus qu'il n'a aucun rapport de force en ayant voulu l'élection du gouvernement conservateur et en se retrouvant avec un gouvernement libéral qui ne fait qu'empiéter sur nos compétences.

La Modératrice : On va prendre les questions. Une question, une sous-question, s'il vous plaît.

M. Lacroix (Louis) : Mme Hivon, qu'est ce que vous pensez du fait que le président de la FTQ-Construction avait été reconnu coupable, en fait, d'agression, par la Commission des lésions professionnelles, à l'égard d'une femme sur une période de deux ans? Pourtant, cette personne-là siège actuellement, dirige la FTQ-Construction. Est-ce qu'il a la légitimité de le faire?

Mme Hivon : Je trouve ça extrêmement grave et extrêmement troublant. Personnellement, je pense que, d'autant plus qu'il est dans un poste d'autorité et que ces gestes-là se sont produits en milieu de travail et qu'il représente une instance, et qu'il est la plus haute autorité d'une instance qui doit défendre des travailleurs, je pense qu'il devrait quitter ses fonctions.

Évidemment, c'est aux membres de le voir. Ils sont en démocratie, il a été élu, mais a-t-il été élu en toute connaissance de cause? Évidemment, c'est aux membres de s'exprimer là-dessus. Mais moi, je dois vous dire que, comme personne qui se bat depuis des années pour la reconnaissance de l'impact des violences sexuelles et l'impact qu'elles ont dans la société en général, je ne vois pas comment on peut tolérer une telle situation.

M. Lacroix (Louis) : Le temps ne rachète pas ces erreurs-là?

Mme Hivon : En fait, tout dépend du contexte dans lequel la personne va travailler. Tout dépend de ce qui a été posé comme gestes de réhabilitation. Évidemment que tout ça doit être regardé par les membres. Mais moi, je vous dis qu'a priori, quelqu'un qui est la plus haute autorité d'une instance syndicale, qui doit être là pour se battre pour le respect des droits des travailleurs, ça pose un énorme problème que quelqu'un ait eu ces gestes-là

de manière répétée, de harcèlement et d'agression pendant deux ans.

Mme Lajoie (Geneviève) : Est-ce que vous pensez qu'on doit se poser des questions, même, sur ses décisions dans ce domaine-là, qui ont dû venir sur son bureau, ou…

Mme Hivon : Bien, écoutez, je ne peux pas rentrer dans le détail, mais je pense que ça commande un examen en profondeur. Je m'imagine que ça va être fait, je m'imagine qu'il va y avoir une instance extraordinaire. Moi, je ne peux pas m'immiscer dans la vie syndicale d'un syndicat qui a son indépendance. Vous me demandez, comme élue, ce que j'en pense. Je pense que c'est extrêmement troublant puis je pense que la chose qui devrait être faite par le président lui-même est de céder sa place.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce qu'au départ il n'aurait pas dû, justement, quand il s'est présenté pour devenir président de la FTQ... il aurait dû montrer patte blanche et dire : Voici ce qu'il y a dans mon...

Mme Hivon : C'est sûr que c'est un énorme enjeu, le fait qu'on apprenne ça aujourd'hui, alors que c'est une décision qui remonte, je pense, à 2012 ou 2013… c'est ça.

M. Lacroix (Louis) : ...l'événement en 2008, je pense.

Mme Hivon : Donc, c'est sûr que ça n'a pas été divulgué. Ceci dit, est-ce que ça a été divulgué à certaines personnes à l'interne? Moi, je ne peux pas me prononcer là-dessus. Mais moi, avec les informations que j'ai, avec les informations qu'on a et avec le poste d'autorité qu'il occupe aujourd'hui et avec ce qu'on veut faire comme société, avec tous les pas de géant qu'on a franchis au cours des dernières années pour dire qu'au Québec on allait être à l'avant-garde, je ne pense pas que c'est un message qui peut être envoyé aux travailleurs du Québec.

Mme Lajoie (Geneviève) : M. Arseneau, juste peut-être préciser qu'est-ce que vous voulez dire par caquisme?

M. Arseneau : Par caquisme?

Mme Lajoie (Geneviève) : Oui, vous avez dit : Le caquisme.

M. Arseneau : Bien, en fait, il faut appeler les choses par leur nom. Le gouvernement s'est autoproclamé nationaliste, mais, en fait, il faut définir ce qu'est le gouvernement Legault. Et, bien, de plus en plus, on voit, de la même façon qu'on a pu, à un moment donné, décrire le gouvernement de Maurice Duplessis comme le duplessisme, moi, je pense qu'il faut parler du caquisme et le définir. Et dans son rapport au Canada, bien, le caquisme, en fait, c'est du Couillard un peu dilué, là, parce qu'il n'a même pas le courage de s'assumer, il n'a même pas le courage de tenter d'améliorer les choses ou le sort du Québec ou les pouvoirs du Québec de s'opposer à des gestes répétés, comme Véronique le faisait valoir, d'empiétement sur les compétences du Québec. Alors, le caquisme, en fait, c'est un recul important, depuis quatre ans, là, sur les revendications traditionnelles du Québec, d'autonomie, et, pour ce qui est de notre formation politique, d'indépendance. Et voilà.

M. Bossé (Olivier) : Quand même le port de Québec demande de suspendre la hausse de la norme, qu'est-ce que ça montre ou que ça...

M. Arseneau : Bon, on a dénoncé le geste du gouvernement d'augmenter les seuils de l'émission de nickel. Puis, là-dessus, je ne veux pas aller davantage dans le détail parce que mon collègue Sylvain Gaudreault va faire le point là-dessus tout à l'heure, puis il va se faire un plaisir de répondre à toutes les questions. Mais, effectivement, c'est une voix de plus qui s'ajoute à d'autres qui ont été entendues mais que le gouvernement Legault a refusé de considérer concernant une décision qui est totalement incompréhensible, mal avisée et dangereuse pour la santé des gens de la région de Québec.

M. Carabin (François) : On apprend ce matin que le Plan pour une économie verte du gouvernement va être bonifié d'environ neuf points de pourcentage, là, en ce qui a trait aux mesures utilisées pour atteindre les objectifs de réduction des GES. Est-ce que le gouvernement en a fait assez en un an, selon vous?

M. Arseneau : Bien, encore une fois, je suis désolé de vous référer à mon collègue Sylvain, parce qu'il a vraiment prévu une sortie là-dessus, là. Spontanément, je vous dirais que non, le gouvernement n'en fait pas assez. On sait encore qu'il s'est fixé des objectifs puis qu'il a la moitié des moyens pour les atteindre, puis la sortie d'aujourd'hui, là, ne nous convainc pas. Mais je vais laisser Sylvain réagir davantage.

Mme Senay (Cathy) : J'aimerais juste vous demander à quelle heure, parce qu'ils ont mis ça à 15 heures avec trois ministres, dans un autre lieu que l'Assemblée nationale. C'est vraiment précis, là, comme conférence de presse.

Mme Hivon : C'est le grand respect des institutions.

M. Arseneau : Oui, tout à fait. Écoutez… Oui, c'est ça.

M. Lecavalier (Charles) : Juste pour revenir sur le caquisme, là, c'est parce que vous dites : Ah! il y avait le duplessisme, là, il y a le caquisme. Quel lien vous faites entre les deux?

M. Arseneau : Non, mais, en fait, ce que je veux dire, c'est simplement pour définir les termes. Le gouvernement, tu sais, il faut l'admettre, là, pour ce qui est du marketing politique, ils dépensent sans compter et puis ils passent beaucoup de temps à le faire. Mais à un moment donné, aussi, il faut appeler les choses telles qu'elles sont, puis moi, le...

M. Lecavalier (Charles) : ...Duplessis.

M. Arseneau : Non, mais ce que je veux dire, c'est que le fait de s'autoproclamer nationaliste, ça peut avoir une connotation positive et ça peut aussi induire les gens en erreur parce qu'on a l'impression qu'on va devenir de plus en plus autonomes au Québec, alors que c'est tout le contraire qui se produit. Alors, moi, je pense qu'il faut revoir les définitions.

Mais je ne veux pas faire de lien avec le duplessisme, là, dans le sens où il y a un rapprochement à faire. Je veux dire que le duplessisme, on l'a caractérisé dans un certain nombre d'actions qui ont été menées par le gouvernement. Le caquisme, ce n'est pas du nationalisme. Le caquisme, on peut en parler sur le plan du rapport avec le Canada, sur le plan, aussi, du respect des institutions, sur la façon de gérer les enjeux environnementaux, le développement régional et ainsi de suite. C'est l'ensemble de l'oeuvre qu'on juge. Mais le caquisme, en matière de revendications et du maintien du pouvoir du Québec dans la fédération canadienne, bien, c'est un échec monumental.

M. Lecavalier (Charles) : Le duplessisme, est-ce que c'est du nationalisme?

M. Arseneau : Pardon?

M. Lecavalier (Charles) : Le duplessisme, est-ce que c'est du nationalisme?

M. Arseneau : Bah! c'était du nationalisme canadien-français. Nous pensions être rendus beaucoup plus loin dans le respect des compétences du Québec à l'intérieur du Canada, et c'est cette volonté du Québec de s'affirmer sur tous les plans, particulièrement dans ses compétences. Et nous, ce qu'on vise, c'est davantage, comme nation, sur le plan international. Et ça, il y a un recul important, même par rapport à un étalon qui est assez faible, celui du gouvernement libéral précédent.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce qu'il y a un lien à faire entre le nationalisme canadien et l'Union nationale de l'époque?

M. Arseneau : Pardon...

M. Lacroix (Louis) : Est-ce qu'il y a un lien à faire entre le nationalisme canadien affiché par François Legault et l'Union nationale de l'époque? Parce que vous dites : C'est du nationalisme canadien, mais François Legault se dit maintenant nationaliste, mais à l'intérieur de la fédération canadienne.

M. Arseneau : Bien oui. Bien, moi, je pense qu'on peut faire un lien, dans le sens où le caquisme, c'est du provincialisme. En fait, on se contente, on se complaît dans la fédération canadienne en offrant le service minimum en ce qui concerne la réclamation du respect des compétences du Québec, et même les gains qu'on souhaiterait historiquement obtenir, notamment à travers l'accord du lac Meech et d'autres initiatives, là, qui ont été prises, pour ceux qui croyaient qu'on pouvait encore fonctionner et se développer comme Québec à l'intérieur de la fédération. Et ce n'est pas, évidemment, notre option politique. D'ailleurs, là, on parle beaucoup de relations Québec-Canada, et, là-dessus, je suis sûr que Véronique pourrait compléter sur mon... C'est son dossier d'ailleurs.

Mme Hivon : Tout ce que je voulais dire, c'est que le caquisme, en fait, selon nous, c'est du fédéralisme de plus en plus assumé, de plus en plus clair, qui prend le pas devant un discours autonomiste, mais qui est complètement une mascarade. Puis je pense que je viens de le démontrer : 21 demandes, aucune réalisée, aucune, même, à peu près formulée depuis leur arrivée au pouvoir. Alors, s'ils ressortent ça en prévision de la prochaine campagne électorale, on saura à quoi s'en tenir. C'est ce qu'on appelle du fédéralisme assumé devant une espèce de mascarade d'autonomisme pour essayer de donner une impression qui n'est pas la bonne.

La Modératrice : Une dernière en français.

M. Bossé (Olivier) : Vous pensez que c'est le poids du clan LeBel qui a monté au fil des années?

Mme Hivon : En tout cas, Mme LeBel, hier, elle était totalement assumée lors des crédits d'affaires intergouvernementales. Elle a fait une sortie très claire à une question de son collègue de la partie ministérielle sur le fédéralisme et l'importance d'évoluer au sein du Canada. Il n'y avait aucun doute là, l'autonomisme avait pris le champ, mais complètement, hier.

Alors, on sait qu'il y a des voix très fédéralistes au sein de la Coalition avenir Québec. Et, de toute évidence, elles ont vraiment gagné leur pari parce que c'est un parti qui est complètement rentré dans le rang du fédéralisme.

Tellement que, je veux dire, elle m'a dit hier qu'elle n'avait pas d'inconfort à ce que la politique constitutionnelle du gouvernement du Québec soit la même que celle du gouvernement Couillard. Et je lui avais posé la question l'année dernière, ce n'est pas comme si elle ne savait pas que j'allais revenir avec ça, et elle m'a dit que non, ils n'ont pas le temps de travailler sur des politiques constitutionnelles, ils sont dans l'action. Alors, je lui ai demandé quelle action avait été couronnée de succès, et, malheureusement, il n'y en a eu aucune, des 21 du plan. Donc, voilà.

M. Carabin (François) : Quand le premier ministre dit qu'il veut rapatrier tous les pouvoirs en immigration, ça aussi, c'est du bluff, selon vous?

Mme Hivon : Bien, écoutez, c'est drôle, l'avez-vous entendu dire ça depuis trois ans et demi? L'avez-vous entendu, hier, à mon collègue, dire quelque chose qui allait dans ce sens-là au salon bleu? Alors qu'ils n'ont même pas écrit de lettre, ils n'ont même pas fait le minimum du b.a.-ba de la diplomatie intergouvernementale canadienne pour un enjeu qui est pressant à l'heure actuelle, qui est la hausse massive des seuils d'immigration par le gouvernement canadien.

Moi, je pense que ça ressemble beaucoup à du rattrapage en cours de journée, parce qu'il s'est rendu compte de la mollesse et de la faiblesse de la réponse à mon collègue hier. Et donc, ce n'est pas lui qui a fait une sortie comme ça, là, c'est dans le cadre de l'étude des crédits, hier, où il est arrivé avec cette idée-là. Parce que, oui, c'est dans leur plan, mais ils ont fait zéro démarche pour ça malgré tous les enjeux qui se sont présentés depuis trois ans et demi.

La Modératrice : On va passer aux questions en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Écoutez, je ne suis pas fâchée, je vais passer mon tour cette fois-ci, là.

Mme Hivon : Oui?

Mme Senay (Cathy) : Bien, moi, je voulais parler de l'environnement, mais je le sais que vous n'êtes pas sur ce dossier-là. Étant donné que c'est...

Mme Hivon : O.K. Vous n'êtes pas fâchée contre nous, là?

Mme Senay (Cathy) : Pas du tout. Jamais de la vie. Non, non. Étant donné qu'ils ont mis ça aux calendes grecques, cet après-midi...

Mme Hivon : Mais Sylvain va sortir. Sylvain va sortir.

M. Duval (Alexandre) : Je me permettrais juste une dernière petite question sur le caribou, parce qu'on a vu que des caribous se sont échappés mais qu'on ne l'a jamais su et que ça a été géré sur plusieurs mois. Qu'est-ce que vous pensez de la gestion du ministère et, par la bande, du ministre, de toute cette affaire-là?

M. Arseneau : Bien, je pense qu'on ne peut pas parler de gestion du ministère. En fait, c'est une absence de gestion. C'est, finalement, une espèce d'indifférence. Le gouvernement se défile, il remet à plus tard les décisions. C'est un manque de courage, une lâcheté, un manque de vision absolument éhonté, et puis on cherche des coupables. On s'est attaqués à certaines nations autochtones pour dire que le caribou, si la population diminuait, c'était en raison d'une chasse pratiquée par les Premières Nations. Bon, là, on a fait un peu de rétropédalage, et là, le comble, on fait la comparaison avec le moratoire sur la morue en Atlantique.

Puis je peux vous dire quelque chose. Moi, j'ai connu le moratoire sur la morue dans l'Atlantique, puis les conséquences que ça a eues, mais de faire cette espèce de comparaison boiteuse avec l'idée qu'on a fait une surpêche éhontée dans l'Atlantique parce qu'on n'a pas mis de mesures en place pour protéger l'espèce, bien oui, évidemment, ça a eu des conséquences économiques, mais on n'a pas protégé l'espèce, c'est ça qui est scandaleux. La raison pour laquelle on ne pratique plus la pêche à la morue dans l'Atlantique, c'est parce qu'on n'a pas géré les écosystèmes halieutiques correctement.

Et aujourd'hui, pour se défiler, il dit : Bien, on ne fera rien puis on va essayer de préserver, là, la chèvre et le chou sans prendre aucune décision, puis avec la menace d'un empiétement fédéral dans les compétences québécoises. C'est un ratage total du ministre Dufour. Moi, je souhaite, là, qu'il arrête de faire des déclarations plutôt que faire des déclarations si malheureuses et contre-productives, effectivement.

La Modératrice : On va vraiment passer en anglais, par contre, parce qu'on est...

Mme Senay (Cathy) :Well, I do have a question.

M. Arseneau : Second chance. It's because it's you.

Mme Senay (Cathy) : Well, it's about the pandemic, so it's…

M. Arseneau : It's a bad start for your day, so I'm going to take your question.

Mme Senay (Cathy) : Sorry. Doctor Fauci, yesterday, had to come back and clarify that the U.S., the United States, are not out of the pandemic, that it's under control but the pandemic is not over yet. What are the concerns you have on your side, regarding reinfection cases, that the herd immunity, it's not about to exist? So, what type of concerns… because Mr. Boileau will hold a press conference later on today, and we're still in the pandemic and reinfection cases are increasing as we speak.

M. Arseneau : Yes. And there are cases where we're wondering how soon you can get reinfected, you know. And we're still, you know, in the situation where we're not… I mean, the pandemic is not under control, that's one sure thing. It's… somewhat in terms of, you know, the consequences on the majority of citizens. You know, you can have, you can contract COVID but you're not necessarily going to be hospitalized or have, you know, severe consequences. But there are, you know, segments of the population that will be, you know, strongly affected and will end up in the hospital, and we still have, you know, a number of deaths everyday.

What does it say in terms of, you know, policies that we have to adopt? We've always taken the side of the Health Direction of Québec and we're still waiting their recommendation. That's all we can do. I don't think it's a matter for politicians, you know, to, basically, dictate what should be done. I think we have to listen to science.

Mme Senay (Cathy) : Merci.

M. Arseneau : Merci beaucoup.

(Fin de la séance à 8 h 50)

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