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Point de presse de M. Martin Ouellet, leader parlementaire du troisième groupe d’opposition

Version finale

Le mercredi 4 mai 2022, 8 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures une minute)

M. Ouellet : Bon matin à vous, chers journalistes. On est à l'avant-dernière journée des crédits, aujourd'hui, et ce qui va retenir notre attention : évidemment, on a des crédits en éducation, avec la collègue Véronique; aînés, la collègue Lorraine aussi aura beaucoup de questions à poser, et notamment, nous, on a une vision pour grandir et surtout vieillir en santé pour nos aînés, donc ça va nous intéresser, et on espère obtenir des réponses de la ministre des Aînés; Investissement Québec aussi, avec M. LeBlanc et M. Fitzgibbon, la collègue Méganne aura aussi des questions pour obtenir une reddition de comptes des investissements d'Investissement Québec.

Mais, ce matin, j'aimerais vous parler aussi des crédits de Sécurité publique, que j'aurai cet après-midi avec la ministre de la Sécurité publique. Sans vous dévoiler mon plan de match, je vais être quand même assez transparent pour vous aujourd'hui, ce matin, il est essentiel, pour le Parti québécois et, je pense, pour la démocratie, d'obtenir des réponses de la Sûreté du Québec sur ce qui s'est passé avec l'attentat envers Mme Marois. On a appris, grâce à un procès au civil, par les victimes, qu'il n'y avait pas de rapport, qu'il y avait un rapport, qu'on n'a pas voulu le remettre, finalement, on l'a remis, sept à huit pages de l'événement, et qu'il a été, dans certains cas, même télégraphié. Bref, un véritable cafouillage, quant à moi, un amateurisme du côté de la SQ, alors qu'on a atteint à la vie d'une première ministre.

Alors, les élections s'en viennent, on doit s'occuper de la sécurité des élus, comme on doit s'occuper de la sécurité d'un paquet de gens. Mais je pense que la SQ nous doit des réponses sur les façons de faire, ultérieurement, mais surtout il faut qu'ils acceptent le blâme, si blâme il y a, pour le travail bâclé qui a été fait et qui a eu, je vous le rappelle, des conséquences graves. Il y a eu mort d'homme et il y a des gens qui poursuivent au civil, justement, pour atteinte à leur vie. Et donc, là, on a besoin de réponses du côté de la SQ.

Deuxième dossier aussi, vous m'avez entendu à plusieurs reprises, j'aurai l'occasion d'avoir l'UPAC. Je l'ai demandé avant, en mandat d'initiative, on n'a pas pu avoir l'UPAC en Chambre, justement, pour questionner sur la fin de Mâchurer. Avant l'annonce de la fin de Mâchurer, le commissaire nous disait que, non, non, non, l'enquête était encore en cours. Et oups! Magie, l'annonce de M. Charest et la fin des poursuites envers le Parti libéral aussi. Donc, j'ai des questions serrées aussi du côté de l'UPAC : Qu'est-ce qui s'est passé avec Mâchurer, qu'est-ce qui explique ce cafouillage et qu'est-ce qui fait qu'au final l'UPAC ne réussit pas à livrer la marchandise?

J'aurai d'autres questions que... je me garde une petite gêne pour ne pas dévoiler tout mon agenda, mais, avec la Sécurité publique, on s'attend à des réponses assurément cet après-midi, du côté des partenaires de la SQ, de l'UPAC, mais aussi de la ministre de la Sécurité publique.

Sans plus tarder, je vous laisse la parole à mon chef, M. Paul St-Pierre Plamondon.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Merci, Martin. Bonjour, tout le monde. Deux points. Premièrement, je veux revenir sur l'actualité pour ce qui touche nos aînés. Hier, des états généraux, des groupes de défense des aînés qui disent : La priorité absolue, c'est les soins à domicile. Ce matin, à Radio-Canada, un article sur la maison des aînés, on parle d'un pari perdu tellement les prix ont explosé. Et ça correspond exactement au plan qu'on a présenté dimanche, le plan Vivre et vieillir avec dignité. Ce plan-là, il est complet, il amène des mesures sur des axes importants, comme l'appauvrissement, la participation sociale, comment est-ce qu'on peut vieillir à la maison, vivre à la maison avec une qualité de vie. Mais surtout ce plan, il est à l'écoute des gens, il est le reflet de ce que les gens veulent. Et donc deux points d'actualité qui reflètent à quel point ce plan-là est important et va jouer un rôle déterminant dans notre campagne électorale.

Un autre point également, il faut que je revienne sur le REM de l'Est. J'étais moi-même dans Bourget, lundi, et les gens me disent : On est inquiets. Peut-être que, comme à l'époque du gaz de schiste, sous les libéraux, comme dans GNL Québec, peut-être qu'on s'est battus défensivement puis qu'on a réussi à éloigner un modèle qu'ils voulaient nous imposer, au nom de la rentabilité de la caisse, là… qu'ils voulaient nous imposer un REM aérien qui posait toutes sortes de problèmes, défigurait le quartier, la pollution par le bruit, la pollution en général. Donc, peut-être qu'on a gagné cette petite bataille-là, mais qu'en est-il de notre projet? Qui prend la responsabilité des quatre ans perdus, des 100 millions de dollars que ça va nous coûter? Et qui prend la responsabilité du projet qu'on doit livrer rapidement? Parce que les gens de l'Est ne sont pas des citoyens de deuxième classe. Ils ont droit à un projet, et ce projet-là, il doit être livré très rapidement.

Qui prend le leadership, qui exerce un leadership? Dans une démocratie, normalement, c'est le gouvernement. Mais le gouvernement renvoie ça à plusieurs organismes, puis certains organismes que Mme Rouleau, il n'y a pas si longtemps, intimidait en disant : Vous n'avez pas d'expertise, puis ce que vous dites sur le REM, ce n'est pas vrai. Donc, il y a des limites à ne jamais prendre sa part de responsabilité comme gouvernement. Et nous, on dit : Ça prend un projet, puis ça le prend rapidement, puis on s'attend à plus de leadership que ce qu'on vient de voir de la part du gouvernement.

Et, sur ce, je vais prendre vos questions.

La Modératrice : Une question…

M. Laforest (Alain) : M. Ouellet, compte tenu que c'est un dossier que vous avez suivi beaucoup, qu'est-ce que vous pensez du retour de Martin Prud'homme à la police de Montréal?

M. Ouellet : J'ai appris ça avec surprise ce matin, mais je pense que M. Prud'homme a le droit de gagner sa vie. Il aura une job dans des fonctions plus administratives, il ne sera pas dans l'opérationnel. Donc, je lui souhaite bon succès.

M. Laforest (Alain) : Est-ce que l'UPAC a carrément, puis vous avez l'intention de l'aborder cet après-midi, là, brisé des carrières avec Mâchurer et tout ce qui entoure Mâchurer?

M. Ouellet : Bien, tout ce qui entoure Mâchurer… Je veux dire, on avait besoin de réponses puis on avait besoin de traduire en justice ceux et celles qui ont commis des actes. Malheureusement, on n'a pas été capables d'arriver à terme, et, par suspicion ou par le fait que ça a traîné, évidemment, il y a des gens qui n'ont pas pu se défendre devant la justice. Donc, c'est sûr que ça a un impact sur les carrières, mais ça, c'est le bilan de l'UPAC qu'ils auront à défendre par leur façon de faire.

M. Lacroix (Louis) : Mais vous avez laissé entendre, tout à l'heure… vous avez fait un lien avec le fait que M. Charest se soit lancé dans la course à la chefferie du Parti conservateur, vous avez dit : L'annonce de M. Charest puis… qui coïncide avec la fin de Mâchurer. C'est quoi, le lien entre les deux, à votre avis?

M. Ouellet : C'est ce que je vais essayer de savoir avec l'UPAC : Y en a-tu un?

M. Lacroix (Louis) : ...pas lancer ça dans les airs, puis...

M. Ouellet : Bien, je vais demander : Y a-tu un lien?

M. Lacroix (Louis) : C'est quoi, votre soupçon là-dedans?

M. Ouellet : Est-ce qu'il y a un lien? On a toujours dit qu'il ne fallait pas qu'il y ait de la politique dans l'UPAC. Ça, pour moi, c'était clair. L'UPAC doit enquêter sur des actes de corruption, de collusion, peu importe qui nous sommes. Il y a des enquêtes qui ont été en cour, qui n'ont pas terminé. Certains ont été levés avec l'arrêt Jordan, d'autres, on a tout simplement arrêté d'enquêter et on n'a pas posé d'accusation. Mais il y a des gens qui ont été, dans l'espace public, exposés, et ils n'ont pas été traduits en justice.

M. Lacroix (Louis) : Donc, vous soupçonnez qu'il y a un lien?

M. Ouellet : Non, je vais poser la question : Est-ce qu'il y a un lien?

M. Lacroix (Louis) : Bien, si vous soulevez la question, c'est parce que vous soupçonnez qu'il y a un lien, sinon...

M. Ouellet : Non, je ne prête pas d'intention, mais moi, je veux qu'on m'explique comment se fait-il qu'en si peu de temps le commissaire nous dit : Mâchurer est toujours actif, et une semaine, deux semaines plus tard, on ferme les livres.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Puis là-dessus également, je veux parler de responsabilité du gouvernement. La CAQ était censée être un changement par rapport aux libéraux. Quelle est la responsabilité de la CAQ dans l'échec d'à peu près toutes les enquêtes découlant de l'ère libérale, de tout ce qu'on a appris à la commission Charbonneau? À un moment donné, il faut faire le bilan de ce gouvernement-là, de la même manière qu'il faut poser la question : Quelle est la responsabilité du gouvernement en matière de crise du logement, en matière de places en garderie, en matière de recul de la langue française, en matière de santé? On ne peut pas simplement se laver les mains de son inaction pendant quatre ans dans des choses fondamentales comme la lutte à la corruption.

M. Laforest (Alain) : Oui, moi, je veux juste revenir là-dessus, avant que vous fassiez le bilan, là. Êtes-vous en train de nous dire qu'un gouvernement du Parti québécois interviendrait dans des enquêtes policières, téléguiderait des enquêtes policières?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non. Par contre...

M. Laforest (Alain) : Bien, c'est ça que vous venez de dire.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, non, évidemment, le gouvernement...

M. Laforest (Alain) : Le bilan de la CAQ sur des enquêtes policières.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, non, la CAQ, le gouvernement a une responsabilité d'évaluer pourquoi des structures entièrement consacrées à la lutte à la corruption ne donnent aucun résultat. Le gouvernement ne fait pas lui-même l'enquête, il y a une séparation des pouvoirs, mais le gouvernement doit se poser la question : Pourquoi est-ce qu'il n'y a rien qui aboutit, alors que mes ressources gouvernementales sont quand même au rendez-vous pour faire la lumière sur des révélations très coûteuses et troublantes dans l'histoire du Québec?

M. Lecavalier (Charles) : ...de corruption.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Pardon?

M. Lecavalier (Charles) : Peut-être qu'il n'y a pas eu de corruption.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : À la lumière de la commission Charbonneau, je dirais que c'est l'hypothèse la moins probable.

M. Lacroix (Louis) : Alors, devant ce manque de résultat, est-ce que l'UPAC a toujours sa place? Bien, ça, c'est peut-être une question pour M. St-Pierre Plamondon ou bien M. Ouellet aussi, si vous voulez, mais… Pensez-vous que l'UPAC a encore sa... Quand on regarde le bilan, là…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ça n'a pas de bon sens.

M. Lacroix (Louis) :  …à part Laval puis trois, quatre petites municipalités, Terrebonne, etc., là...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ah non, c'est… Ça n'a pas de bon sens.

M. Lacroix (Louis) : ...est-ce que ça a toujours sa place?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est un bilan qui est très difficile à défendre, très difficile à accepter. Et moi, je vous dirais, ça prend une unité dédiée à la prévention de la corruption, surtout lorsqu'on sait, en toute probabilité, là, qu'il y a eu des cas de corruption. Si on est dans un système où il n'y a que de l'impunité, il y a quelqu'un qui n'a pas fait son travail. Donc, oui, il faut remettre en question l'UPAC dans tout ça. Et ça ne veut pas dire qu'il faut mettre une croix sur des agences ou sur une approche qui permettrait des enquêtes mieux structurées, mais c'est toute la notion de connaître la vérité sur quels conflits d'intérêts ou quelles motivations ont pu amener autant d'enquêtes à ne pas aboutir. Ça ne peut pas être un hasard, là, ça ne se peut pas.

M. Lacroix (Louis) : Alors, ce serait quoi la… Qu'est-ce que vous soupçonnez si ça ne peut pas être un hasard?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, c'est ça, on n'est pas… on pose des questions puis on veut des réponses. On est là-dedans, c'est ce que Martin vient de dire. Et on va poser ces questions-là parce qu'on ne peut pas fermer les yeux sur le bilan dans son ensemble, qui est vraiment décourageant à la lumière de ce qu'on a appris à la commission Charbonneau.

M. Lecavalier (Charles) : Qu'est-ce que vous pensez de la sortie, là, du P.D.G. de la Caisse de dépôt, sur le REM, qui dit que Valérie Plante a fait une volte-face, que, les politiciens, là, il faut arrêter de dire «REM de l'Est», c'est une marque déposée de la caisse, là, ça leur appartient, là, il faut trouver un autre nom?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Moi, je trouve ça très, très gros de remettre l'entièreté de la faute à la mairesse de Montréal. S'il vous plaît. Dans les faits, la caisse, CDPQ Infra, n'a pas collaboré, a travaillé en catimini. Et qui a la responsabilité de quatre ans d'inaction et d'absence de leadership? Ce n'est pas la mairie de Montréal, c'est le gouvernement du Québec, qui a fait des promesses, qui n'a pas suivi ensuite ce qui se passait, qui a essayé de mettre le blâme ici et là, mais qui, au final, nous arrive les mains vides après quatre ans, avec, en plus, une facture de 100 millions de dollars et rien de concret en termes de quel serait le projet à partir de maintenant. C'est flou, flou, flou.

Donc, non, s'il vous plaît, on ne mettra pas la faute sur la mairie de Montréal, comme on a tenté d'intimider la mairie de Québec, là. Le gouvernement va prendre sa responsabilité. C'est une absence complète de leadership et 100 millions de dollars dilapidés parce qu'au lieu de consulter les experts puis de consulter les gens on a voulu passer de force un modèle qui… nous, on le dit depuis six ans, un modèle qui ne répond pas aux besoins, parce que c'est la rentabilité de la caisse avant les besoins des gens, puis l'urbanisme, puis l'environnement. Évidemment que ça ne fonctionne pas. On le dit depuis six ans.

M. Lecavalier (Charles) : …on pourrait donner au nouveau projet? Vous vous présentez dans Bourget, là, est-ce que vous avez une idée de nom qu'on pourrait donner au nouveau projet?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, je ne me suis pas encore lancé dans l'exercice marketing. Au Parti québécois, on préfère commencer avec le contenu. Quand on a du contenu, là on trouve du marketing. Il y a d'autres partis que c'est l'inverse, ils trouvent le marketing, puis ensuite ils se demandent ce serait quoi, le contenu. On n'est pas là-dedans.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que M. Emond... Parce que la question a été soulevée par M. Ouellet hier, puis il n'a pas eu de réponse, puis je trouvais la question intéressante, à savoir... M. Emond a une rémunération totale de 6 point quelques millions, puis un tiers de cette rémunération-là vient d'un package qu'il a eu, de 3,9 millions, qui est du revenu compensatoire, là, pour l'argent qu'il n'a pas eu, finalement, parce qu'il a quitté un autre emploi.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : La banque, exact.

M. Lacroix (Louis) : Et M. Ouellet posait la question hier : Est-ce que vous avez songé à ne pas toucher cet argent-là, par respect pour les Québécois? Est-ce que vous pensez que M. Emond aurait dû laisser 3,9 millions sur la table?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, ça tombe bien parce qu'on voulait aussi vous parler des bonis dans les sociétés d'État en général. Donc, je te laisse le plancher.

M. Ouellet : Bien, oui, effectivement. Puis honnêtement c'est ce que j'essaie d'obtenir de M. Emond : C'étaient des revenus compensatoires, donc,  voici ce que j'ai gagné dans mon ancien emploi, en le quittant, je les perds. Je comprends que c'est une prime d'attraction, mais, voyant les revenus qui ont été versés, mais surtout la rémunération variable, tu sais, j'ai posé la question à M. Emond : Vous ne trouvez pas que c'est assez? Il semblerait que non. C'était de l'argent durement gagné, et je vais l'avoir. Donc, j'aurais aimé un peu plus de sensibilité. C'est ce que les Québécois, Québécoises auraient probablement aimé du côté de M. Emond.

M. Lacroix (Louis) : Mais vous, vous l'auriez laissé sur la table, le 3,9 millions? C'est un pensez-y-bien.

M. Ouellet : C'est un… Oui, bien oui. Et je n'ai pas ce genre de portefeuille. Mais, quand on vient travailler pour l'État, lorsqu'on s'engage pour le service public, on ne fait pas ça pour le salaire, on fait ça pour vivre une expérience, mais on fait ça aussi pour le bien public, et ça ne doit pas venir avec une contrepartie qui dit : Bien, écoute, au privé, voici ce que je perds. Moi, je n'ai pas fait cet exercice-là. Moi, quand je me suis lancé en politique, je n'ai pas regardé ce que je perdais dans le privé, puis je vais essayer... Non, ça ne marche pas comme ça.

Cela étant dit, ce qui m'a surpris hier, puis j'ai posé la question au ministre Girard : on a trois sociétés d'État qui sont des monopoles, on a trois sociétés d'État qui ont un marché captif, puis là je parle de la SAQ, de la SQDC puis de Loto-Québec, et on voit que, dans la rémunération variable, c'est totalement différent. Du côté de Loto-Québec, on a appris hier que... pas de bonus aux hauts dirigeants, 50 % aux cadres, aux syndiqués. Du côté de la SAQ, c'est «bar open», full bonus tout le monde, hauts dirigeants, et cadres, et syndiqués. Et, du côté de la SQDC, bien, il n'y en a pas, de bonus. Alors, quand on vient me dire : Bien, écoutez M. Ouellet, il faut attirer les meilleurs du privé, puis c'est important, la rémunération variable, bien, ce n'est pas le cas du côté de la SQDC, puis, du côté de Loto-Québec, on s'est gardé une petite gêne.

Donc, moi, j'ai voulu relancer la réflexion aussi avec le ministre des Finances, parce qu'on serait peut-être temps à se poser la question : Est-ce que ces fameuses rémunérations variables, dans des marchés de monopole, c'est encore la bonne chose à faire pour le service public? Je ne suis plus convaincu. Bien, je ne suis pas convaincu, d'ailleurs. Alors, j'aimerais qu'on ait cette grande discussion là aussi, et le Parti québécois l'aura en campagne électorale, assurément.

M. Gagnon (Marc-André) : Est-ce que c'est normal qu'il y ait, justement, un boni de 9 millions de dollars à la SAQ et qu'on continue d'augmenter les prix pour les clients en succursale?

M. Ouellet : Absolument pas, non, non. Puis, farce à part, quand j'ai posé la question à la P.D.G. sur le prix des spiritueux, des forts, j'expliquais : Pourquoi la majoration est à 60 %? Bien, écoute, on nous ramène à voilà 100 ans en me disant : Bien, écoutez, M. Ouellet, à l'époque, les prix étaient élevés parce que c'était dissuasif, on ne voulait pas que les gens se soûlent trop. Tu sais, je paraphrase, là, mais c'est pour ça. Mais ça fait 100 ans que c'est ça, alors que j'ai des microdistilleries qui aimeraient vendre chez eux, avec moins de majoration, et, à part les frais administratifs qu'ils ne peuvent pas charger, de la SAQ, c'est encore le gros prix.

Ça fait que même le modèle en question, de la SAQ, peut poser, effectivement, la réflexion pour le futur, mais il n'est pas normal que c'est bonis «as usual», à fond, on augmente les bouteilles, dans un marché captif. Puis on a tous vécu la pandémie aussi, puis les livraisons en ligne ont aussi augmenté d'environ une dizaine de millions. Donc, je ne comprends pas pourquoi on continue dans ce modèle d'affaires là de cette façon-là.

Mme Plante (Caroline) : M. St-Pierre Plamondon, seulement cette semaine, on apprend, là, qu'on aurait perdu 100 millions dans le REM de l'Est, possiblement 44 millions dans les maisons des aînés. Qu'est-ce que ça dit sur la gestion de la CAQ des grands projets?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ça dit que François Legault et la CAQ s'est vanté d'être le parti de la gestion comptable, et, lorsqu'il s'agit de leurs bébelles électorales, il n'y a plus de gestion comptable, il n'y a plus de notion de comptabilité. On est même allés, pour le troisième lien, jusqu'à dire qu'on ferait une pelletée de terre puis ensuite on déterminerait combien ça va coûter.

Quand on fait ce genre d'affirmation, quand on… ça semble être bar ouvert pour la maison des aînés, pour les maternelles quatre ans, en termes de dépassement de coûts également, puis vous soulignez un certain nombre de dépassements de coûts, c'est comme s'il n'y a plus de comptabilité pour ce qui a une valeur électorale aux yeux de la CAQ.

La Modératrice : Dernière en français, s'il vous plaît, ensuite, on va en anglais.

M. Laforest (Alain) : Vous faites partie de la statistique, maintenant, là, à peu près du 4 millions de Québécois qui a eu la COVID. Les masques vont tomber dans 10 jours. Qu'est-ce que vous dites aux entreprises qui ont des craintes qu'il y ait des éclosions dans 10 jours parce que le virus circule encore?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, écoutez, je vais vous répéter ce que, malheureusement, je suis pris à répéter depuis presque deux ans.

M. Laforest (Alain) : Vous n'êtes pas pris, vous êtes chef politique, vous pouvez dire ce que vous voulez.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je peux dire ce que je veux, mais dans les limites de ce qu'on me donne comme information puis comme collaboration. On n'est pas informés des données, on n'est pas consultés puis on apprend les mesures sanitaires en même temps que vous. Et c'est comme ça depuis presque deux ans.

Donc, on va être obligés d'espérer que les mesures sanitaires sont basées sur une réflexion épidémiologique fondée sur la science. Il y a eu des fois où, ensemble, on s'est posé la question : Est-ce que c'est vraiment la science ou d'autres facteurs qui rentrent en ligne de compte? Mais la vérité, c'est qu'avec le peu d'information qu'on a on va devoir s'en remettre à la Santé publique. Je ne peux pas commenter davantage parce que je n'ai pas plus d'information que vous.

La Modératrice : On va passer en anglais…

Mme Senay (Cathy) : It's just that, starting this Friday, the only one… The other province that still had a mask mandate is P.E.I., Prince Edward Island. They're going to lift it as of Friday, and then Québec will be on its own, across Canada, to have the mask mandate. Shall we compare ourselves or we should just do as we should do?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : On a few occasions, we had that discussion in the past two years : Is science different in Québec than anywhere else in North America? So, the question is about the decision-making process. Of course, the answer is : The science is the same everywhere. But then there's no transparency, there's no information available, and we learn the measures at the exact same time as you do. So, unfortunately, we're left in the dark, and we don't know why it would be different in Québec than in other provinces, and it's been the case for almost two years.

Mme Senay (Cathy) : For Martin Prud'homme, Montrealers should understand what exactly? Because the Public Security Minister started the destitution process here. And then, in Montréal, Mr. Prud'homme becomes the head of the public security for the city. So, I mean, citizens should trust Mr. Prud'homme and understand that it was an obsession here, at the National Assembly, against him?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Yes. It's really hard to understand what's going on. Of course, since we do not understand precisely what fact or what is the factor that made the situation change that much… Of course, we don't want to attack personally the person. So, as Martin just mentioned, he has a right to work and to... But, in terms of leadership, in terms of coherence, what are we supposed to understand? I think the question is really relevant, and I don't have the answer.

La Modératrice : Merci beaucoup. Bonne fin de journée.

(Fin à 8 h 22)

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