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Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, chef du deuxième groupe d’opposition, et Mme Christine Labrie, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’éducation

Version finale

Le jeudi 5 mai 2022, 8 h 20

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures vingt-neuf minutes)

M. Nadeau-Dubois : Bonjour, tout le monde. Bon jeudi matin. Quand François Legault est revenu en politique, il a fait de la transparence un de ses chevaux de bataille. Il a promis aux Québécois et aux Québécoises de mettre fin à l'obscurité libérale. Aujourd'hui, ce qu'on apprend, c'est qu'en fait il n'y a rien qui a changé au Québec, absolument rien, en matière d'accès à l'information, l'obscurité règne toujours.

Il y a quelques années, là, il n'y avait pas assez de chemises, dans tous les Simons du Québec, pour toutes celles que François Legault déchirait sur l'autel de la transparence. Il n'y avait pas assez de quolibets dans le dictionnaire pour tous ceux qu'il affligeait, les libéraux, en disant que c'était des tout-croches, puis qu'ils faisaient preuve d'un manque de transparence, puis que ça n'avait pas d'allure de cacher des choses aux citoyens.

Bien, aujourd'hui, il est tombé en amour avec le pouvoir, tout comme il est tombé en amour, d'ailleurs, avec l'état d'urgence, tout comme, d'ailleurs, il a décidé que, finalement, la réforme du mode de scrutin, ce n'était pas si important. En fait, François Legault a été changé par le pouvoir. C'est ça que révèlent les informations diffusées par Radio-Canada, ce matin, que, tout d'un coup arrivé au pouvoir, bien, la transparence, pour François Legault, finalement, ce n'est pas si important que ça.

Je voudrais aussi réagir aux révélations concernant la crise de santé mentale au Québec. C'est fascinant, hier matin, j'étais devant vous puis je vous parlais de la pandémie dans la pandémie, je vous parlais de la crise historique de santé mentale que traverse le Québec en ce moment. Et puis, ce matin, des nouvelles informations qui démontrent toute la profondeur de cette crise historique de santé mentale qu'on vit au Québec. On le savait, on le savait depuis le début de la pandémie, depuis les premiers mois de la pandémie, que ça aurait des impacts dévastateurs sur la santé mentale des Québécois et des Québécoises. On le savait, la CAQ le savait, et ils ont échoué à régler le problème.

Lionel Carmant s'était engagé, ce n'est pas rien, à réduire les listes d'attente, voire à les éliminer il y a quelques mois. Aujourd'hui, les listes d'attente, dans le secteur public, ont augmenté pour avoir accès à des soins en santé mentale. Et cet échec-là, l'échec caquiste, bien, c'est le Québec qui va le payer puis qui va le payer pendant longtemps. On savait que la pandémie, que les mesures sanitaires auraient des impacts dévastateurs sur la santé mentale. Il fallait agir avec vigueur, la CAQ ne l'a pas fait.

Le Québec a besoin d'un grand plan de rétablissement collectif de sa santé mentale. On a un plan pour rattraper les chirurgies, on nous dit que ça va prendre deux, trois ans. Il nous faut un plan de la même ampleur, de la même ampleur pour rattraper l'épouvantable déficit qu'on a accumulé en deux ans, au Québec, en matière de santé mentale, de bien-être des Québécois et des Québécoises, en particulier des jeunes.

À Québec solidaire, on a des solutions, on a un plan pour mettre fin aux listes d'attente en santé mentale, on a le courage politique de mettre sur la table des sommes importantes, 280 millions de dollars, des investissements historiques. Et on va le faire, à Québec solidaire, si on forme le prochain gouvernement : considérer réellement la santé mentale sur un pied d'égalité, en fait, avec la santé physique. Merci.

Mme Labrie : Hier, on a eu les premiers signaux comme quoi le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, reconnaissait qu'il faut mettre fin à la ségrégation scolaire au sein de nos écoles publiques. Je suis heureuse de voir que les arguments qu'on utilise auprès de lui depuis de nombreuses années commencent à percoler.

Je me souviens des très longs débats qu'on avait au moment de l'étude du projet de loi n° 12, en 2019, sur les frais chargés aux parents, où on essayait de le convaincre que les frais chargés pour les programmes particuliers, c'était un frein à l'égalité des chances, qu'il fallait corriger cette situation-là. Et, à l'époque, ça ne le dérangeait pas du tout, il n'y voyait aucun problème. Donc, très heureuse de voir que Jean-François Roberge a cheminé, depuis, qu'il se rend à nos arguments pour l'élimination de la ségrégation scolaire.

Maintenant, j'aimerais l'inviter à agir le plus vite possible, parce que chaque dollar qui est investi dans notre réseau d'éducation, dans nos écoles publiques doivent servir à apporter l'égalité des chances aux enfants, ne doivent pas entretenir des inégalités comme le font, en ce moment, les barrières d'accès aux programmes particuliers. Donc, il doit agir rapidement pour favoriser l'égalité des chances entre les enfants, éliminer la ségrégation scolaire. On veut qu'il donne suite aux propos qu'il a tenus hier, et le plus tôt sera le mieux.

Puis un mot, également, sur les enseignants non qualifiés qui sont de plus en plus nombreux dans le réseau scolaire. Je comprends qu'on a besoin d'eux, en ce moment, et qu'on ne peut pas se priver d'eux pour offrir des services dans nos écoles. Cependant, il faut qu'il y ait une réflexion de fond là-dessus pour s'assurer d'ouvrir les voies à la qualification, des voies qui vont être plus simplifiées, je dirais. Parce qu'en ce moment les échos qu'on a du terrain, c'est que, les gens qui enseignent et qui essaient de se qualifier en même temps, c'est vraiment tout un parcours du combattant, ça leur prend des années. Il y a des gens qui veulent accéder à la profession d'enseignant, qui ont une formation spécialisée dans certains domaines, qui ont de la difficulté à le faire. Donc, il faut ouvrir un chantier de réflexion là-dessus, parce que ce n'est pas possible, là, d'avoir une telle proportion en augmentation de personnes non qualifiées qui enseignent dans nos écoles. Il faut pouvoir qualifier ces gens-là. Je vous remercie.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Doit-on interdire aux personnes reconnues coupables de crimes sexuels ou de harcèlement psychologique d'être élues, entre autres, dans les syndicats et modifier la loi en ce sens?

Mme Labrie : Là, vous faites référence à la motion du Parti libéral du Québec. On est en train de l'analyser, là. Je suis ici devant vous, mais, quand je vais retourner à mon bureau... on va analyser cette motion-là, on va se prononcer là-dessus.

Journaliste : ...sur le principe?

***

Mme Labrie : Bien, sur le principe, on est en faveur avec le principe, là, mais on va aller regarder les détails du libellé de la motion. Ça, c'est quelque chose qui se fait, parfois, quelqu'un qui est condamné pour agression sexuelle envers un enfant, par exemple, peut se trouver, même après avoir purgé sa peine, de ne pas pouvoir travailler auprès d'enfants, par exemple. Donc, il faut réfléchir à ces questions-là. Mais là le libellé de la motion, là, on va l'étudier, parce que ce n'est pas exactement ça qu'il dit.

M. Bellerose (Patrick) : ...hésitation, quand même, dans votre propos, là. Vous n'êtes pas nécessairement définitive dans votre propos?

Mme Labrie : Pardon?

M. Bellerose (Patrick) : Qu'est-ce qui fait qu'il y a une hésitation dans votre propos? Vous êtes un peu... pas définitive, vous dites : On doit regarder...

Mme Labrie : Bien, c'est parce qu'on vient tout juste de la recevoir, la motion. Donc, on va l'analyser avant de vous confirmer comment on va se positionner dessus. Mais a priori, c'est une proposition qu'il faut évaluer.

M. Bellerose (Patrick) : Mme Thériault disait qu'on pourrait l'étendre aussi...

M. Lacroix (Louis) : ...M. Nadeau-Dubois, sur la même question.

M. Nadeau-Dubois : Oui.

M. Lacroix (Louis) : Sur la même question.Est-ce que vous seriez d'accord avec ce principe-là qu'on modifie la loi? Parce que ça implique une modification à la loi du travail.

M. Nadeau-Dubois : Bien, comme je vous dis, les motions sont envoyées... elles ont été envoyées il y a quelques minutes…

M. Lacroix (Louis) : Non, mais là je ne vous parle pas de la motion.

M. Nadeau-Dubois : Mais sur le fond, sur le fond, sur le principe...

M. Lacroix (Louis) : Sur le fond?

M. Nadeau-Dubois : Bien, c'est parce qu'il y aura un vote. Donc, quand on a de la rigueur, on lit les choses avant de voter dessus. Mais sur le principe, sur le principe de fond, nous, on est d'accord. Les gens qui sont condamnés pour crimes sexuels, ou harcèlement psychologique, ou harcèlement sexuel au travail ne devraient pas être à la tête d'organisations syndicales. On est d'accord avec ce principe-là. Pour ce qui est de la motion, on va la regarder puis on va voter en conséquence. Mais, sur le principe, on est d'accord.

M. Lacroix (Louis) : Mais je ne vous parle pas de la motion. Parce qu'ils sont allés plus loin que ça en conférence de presse...

M. Nadeau-Dubois : Ah! bien, j'ai... On était... On ne les a pas entendus.

M. Lacroix (Louis) : Bien, je vous résume, mais on voudrait modifier la loi sur le travail pour faire en sorte que, oui, les gens qui ont été trouvés coupables de crimes sexuels ou de harcèlement psychologique ne soient pas éligibles à occuper un poste électif, mais on irait même plus loin, jusqu'à interdire à des personnes de se présenter comme député si jamais ils étaient trouvés coupables de crimes semblables. Est-ce que vous seriez d'accord avec ça de faire en sorte qu'une personne qui a commis un crime sexuel ne puisse pas devenir députée?

M. Nadeau-Dubois : Je n'ai pas pris connaissance de cette proposition-là...

M. Bellerose (Patrick) : ...Mme Thériault, en conférence de presse, qui a ouvert la porte.

M. Nadeau-Dubois : O.K. Bien, je n'ai pas entendu les propos de Mme Thériault. Puis vous me connaissez, je n'aime pas ça commenter des affaires que je n'ai pas entendues. Ça fait que, si vous souhaitez notre réaction là-dessus, je vais les écouter. Mais ça serait un changement quand même costaud, là, à un des principes démocratiques assez reconnus selon lequel tout le monde a droit de se présenter aux élections. Donc, c'est à prendre avec prudence, comme proposition, je dirais.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : ...devez quand même vérifier ça?

M. Nadeau-Dubois : Pardon?

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Vous devez quand même le vérifier, à QS, là, avant d'approuver un candidat, vous devez regarder s'il a eu une condamnation pour agression sexuelle…

M. Nadeau-Dubois : Ah! Bien sûr, les partis politiques ont une responsabilité politique, on pourrait même dire morale, de faire leurs devoirs. Puis nous, à Québec solidaire, quelqu'un qui est condamné pour agression sexuelle n'aurait pas sa place dans notre équipe de candidature, ça, c'est certain. Est-ce qu'il faut retirer le droit constitutionnel, là, fondamental de se présenter aux élections à ces gens-là? Ça, c'est une proposition passablement plus complexe. On peut y réfléchir. Mais les partis politiques puis nous, comme parti féministe, c'est très clair, là, je veux dire, quelqu'un qui est un agresseur sexuel, on ne serait pas à l'aise de présenter cette candidature-là.

M. Bellerose (Patrick) : ...en tant qu'étudiant en science politique, vous n'êtes pas en faveur de retirer ce droit-là aux gens? Soit qu'ils sont contre l'avortement ou soit qu'ils sont...

M. Nadeau-Dubois : Bien, ce que je vous dis, c'est qu'il faut procéder avec prudence, parce que, tu sais, il y a même, au sein des familles politiques plus conservatrices, des gens qui vont même jusqu'à dire : Il faudrait retirer le droit de vote aux prisonniers ou aux gens condamnés au criminel. Donc, il faut faire attention à ça. La participation électorale, la participation démocratique, c'est un des droits les plus fondamentaux dans une démocratie. Donc, il faut procéder avec beaucoup de prudence sur ces questions-là.

M. Duval (Alexandre) : Il y a quelque chose, quand même, qui est fondamental dans ce débat-là. Mme Labrie a parlé d'incompatibilité dans les cas d'agressions sexuelles, des gens qui voudraient travailler dans les écoles. Fondamentalement, est-ce que vous considérez qu'une personne qui aurait commis une agression sexuelle ou fait du harcèlement psychologique, c'est une incompatibilité avec un poste électif dans un syndicat ou il devrait y avoir, peut-être, une période de temps pendant laquelle cette personne-là ne pourrait pas se présenter?

M. Nadeau-Dubois : Exactement. C'est pour ça qu'on vous dit qu'on va regarder la motion parce que ces modalités-là, je pense, sont pertinentes, sont importantes. Mais sur le principe politique, nous, à Québec solidaire, comme parti politique féministe, on ne pense pas que des gens qui ont commis des actes comme ceux-là puis qui ont été condamnés pour ces actes-là devraient être à la tête d'organisations qui représentent des travailleurs et des travailleuses. Puis, je dirais, dans le cadre de l'industrie de la construction, c'est une industrie qui a particulièrement des défis d'intégration des femmes, donc c'est encore plus pertinent comme réflexion. Pour ce qui est des modalités précises, c'est pour ça qu'on vous dit qu'on va regarder la motion du Parti libéral.

M. Duval (Alexandre) : Sur l'accès à l'information, vous l'avez abordé tantôt, là, au-delà d'une réforme de la Loi d'accès, à la lumière de ce que vous avez lu ce matin, qu'est-ce qu'il faut faire rapidement, au Québec, pour régler ce problème-là?

M. Nadeau-Dubois : Il faut, oui, changer la loi. Il faut réformer la loi d'accès à l'information, mais honnêtement il faut aussi et surtout changer la culture. Il y a, au Québec, une culture d'opacité et une culture de manque de transparence dans l'appareil de l'État. Parlez-en à Louis Robert, parlez-en aux lanceurs d'alerte puis, j'ai envie de dire, parlez-en à vous-même, là, parlez-en aux journalistes qui se cassent les dents sur cette culture d'opacité et de manque de transparence qui est particulière au Québec.Demandez-moi pas d'où ça vient exactement, c'est une vaste question, mais ça fait des décennies qu'on le sait que ce problème-là existe. Et ce qu'il faut, là, c'est une volonté politique massive de changer cette culture-là. Et François Legault s'est présenté devant les Québécois en disant : Moi, je suis le changement, moi, je vais changer ça, ce système-là. Non seulement il a échoué, mais l'État québécois est plus opaque que jamais. Ça fait deux ans... plus de deux ans qu'on est sous l'état d'urgence sanitaire.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Y croyez-vous, à cette volonté-là?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je pense que c'est possible.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Mettons, de 1 à 10, là, la possibilité qu'on réforme la loi? Parce que ce n'est pas juste sur François Legault, là, c'était pareil dans les gouvernements précédents.

M. Nadeau-Dubois : Et j'ai commencé d'ailleurs en vous disant : C'est l'obscurité libérale qui se poursuit. Elle s'est, à certains égards, approfondie, cette obscurité-là, si c'est possible, à cause de l'état d'urgence sanitaire. Et les failles qui existaient déjà ont été rendues encore plus béantes par l'état d'urgence sanitaire.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : C'est quoi, l'avantage, pour un gouvernement, de faire ça?

M. Nadeau-Dubois : Mais je veux répondre à votre première question...

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Comme dit le premier ministre, les gens ne se bataillent pas dans l'autobus...

M. Nadeau-Dubois : Je veux répondre à votre première question. C'est possible de changer ça. Moi, je pense qu'avec la volonté politique on peut bouger des montagnes, on peut changer la culture dans nos services publics, on peut changer la culture dans l'appareil de l'État québécois. Mais il faut vouloir le faire puis il faut mettre le bien commun puis les intérêts de l'État québécois devant les intérêts partisans puis la volonté de se protéger le derrière, politiquement, pardonnez-moi l'expression. C'est possible de changer ces choses-là. Puis François Legault a fait miroiter cet espoir-là aux Québécois. C'est un espoir brisé, complètement brisé, puis ça démontre que son changement, là, ça n'a jamais été rien d'autre qu'un slogan électoral.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : C'est quoi, l'avantage, pour un parti au pouvoir, de le faire?

M. Nadeau-Dubois : Bien, prenons... il y a un des exemples, dans article de Radio-Canada ce matin, qui est très éloquent. On nous parle des fameux avis écrits de la Santé publique, hein? Le Québec est plongé, depuis deux ans, dans une grande chasse au trésor. Journalistes et partis d'opposition tentent de trouver, citoyens aussi, ces fameux avis écrits qui, nous dit-on, ont justifié toutes les décisions de François Legault durant la pandémie. Là, on apprend qu'on a répondu, à certaines personnes qui avaient fait une demande d'accès à l'information, que le document n'existait pas, alors qu'il y a un courriel qui dit que le document existe. Je veux dire, c'est grossier, et ça montre que les problèmes structurels en matière d'accès à l'information, hérités de l'époque libérale, se sont juste approfondis à cause de l'état d'urgence sanitaire qui a été maintenu, contre tout bon sens, pendant plus de deux ans par François Legault.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Qu'est-ce que vous pensez de l'attitude du ministre Caire qui a fait des blagues, je pense, on peut dire, sur le Sharpie…

M. Nadeau-Dubois : Bien, je vous dirais, l'attitude d'Éric Caire dans ce dossier-là, c'est la version caricaturale et un peu spectaculaire de l'attitude de François Legault. C'est la même attitude, c'est l'attitude : dans l'opposition, on fait des steppettes, on déchire des chemises; rendus au pouvoir, on est bien confortablement assis, bien aux commandes, et on brise l'engagement électoral de réformer le mode de scrutin, on maintient le Québec sous état d'urgence pendant deux ans, ah!, puis, ah oui!, cette fameuse histoire d'accès à l'information, tout d'un coup, quand c'est nous, les boss, c'est moins important.

M. Bossé (Olivier) : Sur la sélection de vos candidats, dont vous parliez tantôt, vous disiez... parliez d'agression sexuelle, harcèlement psychologique, est-ce que vous étendez ça à tous les crimes, tout...

M. Nadeau-Dubois : Bien, en fait, le principe de base, c'est que nous, on pense que les gens qui veulent se présenter pour Québec solidaire doivent partager les valeurs fondamentales de Québec solidaire, et ça, ça implique...

M. Bossé (Olivier) : Bien, quelqu'un qui aurait fait de la fraude, mettons, qui est reconnu coupable puis...

M. Nadeau-Dubois : Bien là, on pourrait faire, comme, énormément de cas de figure puis chaque cas est particulier. Puis nous, on fait du cas par cas puis on regarde chaque personne qui lève la main et qui dit : Je souhaite me présenter pour vous. Avant même d'être éligible à son investiture, parce que c'est les membres, chez nous, qui décident des candidats et candidates, avant même d'être éligible à l'investiture, il y a une vérification qui est faite ou des vérifications de base au plumitif, par exemple, mais aussi qu'est-ce que cette personne-là écrit, dit, quelles sont ses opinions politiques. Puis, si on voit qu'il y a une incompatibilité profonde, profonde, pas de surface, profonde avec le projet de société qu'on défend, à Québec solidaire, cette personne-là est gentiment informée qu'elle a, oui, son droit constitutionnel de se présenter aux élections, mais pas sous la bannière de Québec solidaire.

Mme Côté (Claudie) : ...qu'est-ce qu'une incompatibilité impossible à réconcilier? Ce serait quoi?

M. Nadeau-Dubois : Bien, par exemple, un candidat provie qui dit...

Mme Labrie : ...

M. Nadeau-Dubois : Un candidat antichoix, antichoix. Un candidat antichoix. Merci, Christine.

M. Bellerose (Patrick) : ...à Québec solidaire, si ce n'est pas...

M. Nadeau-Dubois : Bien, c'est l'exécutif du parti.

M. Bellerose (Patrick) : …si ce n'est pas l'investiture, si ce n'est pas le côté démocratique de Québec solidaire, là, la base, qui décide, l'exécutif décide?

M. Nadeau-Dubois : Bien, c'est la direction du parti qui s'assure de faire ces vérifications-là et ensuite c'est les membres qui décident qui est candidat, candidate. Si quelqu'un nous dit : Ah! moi… vous, vous proposez d'ajouter trois paliers d'impôts, moi, j'aimerais en ajouter quatre, ce n'est pas une raison d'exclure quelqu'un. Mais quelqu'un qui dit : Moi, personnellement, je suis antichoix, mais je respecte la plateforme du parti, qui est prochoix, ça, ce n'est pas une incompatibilité de surface, c'est une incompatibilité profonde.

M. Bellerose (Patrick) : ...la personne n'est même pas admissible à l'investiture?

M. Nadeau-Dubois : Oui, exact. Si la personne... Puis là, il faut qu'on me comprenne bien, là, on parle d'incompatibilité profonde sur le plan des valeurs profondes, là, avec le projet de société de Québec solidaire, pas un désaccord de politique publique, un désaccord de valeurs profondes. Et donc on fait nos devoirs, cette vérification-là est faite, et puis, par la suite, les membres tranchent.

Mme Plante (Caroline) : Est-ce que c'est déjà arrivé qu'il y ait eu des incompatibilités profondes?

M. Nadeau-Dubois : C'est une bonne question. Je pense que oui, je pense que oui. Mais il y a 125 circonscriptions, puis moi, je ne suis pas personnellement impliqué dans ce travail-là, mais je pense que c'est déjà arrivé.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : J'aurais une question pour vous, Mme Labrie. Il y a des rumeurs qui envoient Caroline St-Hilaire contre vous dans Sherbrooke. Est-ce que… je ne sais pas, êtes-vous flattée, de un, qu'on envoie une grosse pointure contre vous? Puis est-ce que ça vous inquiète?

Mme Labrie : Non, moi, je ne suis pas inquiète, je connais mon bilan, les gens de la circonscription de Sherbrooke le connaissent aussi, ils m'ont vue à l'oeuvre pendant plusieurs années. Bien honnêtement, là, je regarde ce qui se passe, le portrait en Estrie, puis, de toute évidence, ce n'est pas d'un député de la CAQ de plus qu'on a besoin en Estrie. Donc, je pense que les gens feront leur choix. Puis Mme St-Hilaire est bienvenue dans la région, si c'est elle qui se présente. Moi, je n'ai pas eu de confirmation que c'était officiel, mais peu importe qui sera la candidature, finalement, de la CAQ dans Sherbrooke, moi, j'ai extrêmement hâte de débattre avec cette personne-là du bilan de la CAQ.

M. Bellerose (Patrick) : M. Nadeau-Dubois, juste une petite curiosité. Avez-vous rencontré la gouverneure générale hier? Est-ce que vous avez été approché pour la rencontrer?

M. Nadeau-Dubois : On a été approchés pour la rencontrer puis on a poliment décliné la rencontre. Ce n'est pas une rencontre que je jugeais prioritaire. Il y a des gros problèmes, au Québec, puis on a des choses à s'occuper, puis moi, mon temps, je veux le dédier à régler ces problèmes-là, pas à rencontrer les représentants de la reine d'Angleterre.

M. Bellerose (Patrick) : …pas d'avantage à parler avec Mme Simon?

M. Nadeau-Dubois : Moi, mon temps dans une journée...

M. Lacroix (Louis) : ...

M. Nadeau-Dubois : Pardon?

M. Lacroix (Louis) : Dans une autre langue...

M. Nadeau-Dubois : Oui, oui, ça aurait été, en plus, en anglais, puis mon accent est terrible. Mais, non, bien, plus sérieusement, moi, là, dans ma journée, là, j'ai un nombre limité d'heures. Puis la question que je me pose, c'est : Ces heures-là, à quoi ils servent? Puis rencontrer la représentante de la reine d'Angleterre, ce n'était pas une utilisation pertinente de mon temps hier.

Mme Senay (Cathy) : Can I ask you…

M. Nadeau-Dubois : Yes, with my terrible accent, just described as terrible.

Mme Senay (Cathy) : Good morning.

M. Nadeau-Dubois : Good morning.

Mme Senay (Cathy) : Your accent is pretty good, so there is no problem for that. But tell me why you didn't want to meet Mrs. Mary…

M. Nadeau-Dubois : Well, you know, we all have a certain number of hours in our day, and personally I try to use those hours in the best way to build the Québec that I want to live in, and meeting the representative of the Queen of England was not a good use of my time yesterday.

Mme Senay (Cathy) : It would not have been a good use of your time because…

M. Nadeau-Dubois : No, I don't think… I mean, personally, I guess she's a very interesting woman, but I have other things to do.

Mme Senay (Cathy) : On the Access to information Law, when you read this and you have Mr. Caire saying that, you know, he can use a Sharpie quite often in many sentences, but laughing about it, it's serious. It's serious because we don't have access to important documents to make sense of what happened in the last few months in the Health minister, for example.

M. Nadeau-Dubois : You know, François Legault came back in politics, making transparency the cornerstone of is political action. He said he was going to be their white knight of transparency in Québec. He spent hours in the salon bleu attacking the Liberals for their lack of transparency. What we are learning, this morning, is that nothing has changed, and that, in fact, the problem has gotten worse in a lot of aspects. So, it's a demonstration that the change promised by François Legault was never nothing more than an electoral slogan.

Mme Senay (Cathy) : So, the pandemic made it worst or the Legault Government, during the pandemic, made it worst?

M. Nadeau-Dubois : When you put Québec under the state of emergency for more than two years and give yourself all the powers, of course, it's going to worsen the already structural problems in terms of access to information in Québec. There is a culture of opacity and of lack of transparency that you, the journalists, know very well, that activists know very well, that engaged citizens know very well. To break that culture, to change that culture, you need a huge amount of political will. That political will has abandoned François Legault since he sat in the chair of Premier of Quebec.

Mme Senay (Cathy) : So, we need a reform of the law…

M. Nadeau-Dubois : We need a reform of the law and we need to change the culture. Because it's not only about what's written in the law, it's about the habits of people in high offices, it's about the way the law is interpreted. And there is something very specific in Québec about that. The journalists know it very well, the engaged citizens know it very well, civil society organisations know it very well. If we want to destroy that culture, which is a poison for our democracy, we need a government that takes this seriously and that has the political courage to do so.

When you see François Legault tearing up his own promise about the electoral reform, when you see him leaving the state of emergency for two years, when you see him brushing off very disturbing revelations about access to information in Québec, what you had to conclude is that this man has fallen in love with power, he has fallen in love with the state of emergency and has abandoned any political will to really put in place real change in Québec.

Mme Senay (Cathy) : You'll be in front of him at the budget estimates this afternoon…

M. Nadeau-Dubois : Yes.

Mme Senay (Cathy) : …three hours straight.

M. Nadeau-Dubois : Yes. Well, I have two blocks of 12 minutes. I would give a lot to have three hours, I would give a lot. I would be very happy, so much issues to cover, but I will have two blocks of 12 minutes.

Mme Senay (Cathy) : So, what would you like to accomplish? Because, I mean, as a matter of exercise, you won't have this before the election campaign.

M. Nadeau-Dubois : Yes. Well, I was thinking of asking him about the price of an apartment in Montreal, but my colleague, Manon Massé, has done this already last year. No, more seriously, it's an important exercise, and I will have two discussions with Mr. Legault. First, I will have a discussion with him about his... How do you say «bilan» in English?

Des voix : ...

M. Nadeau-Dubois : Record? Track record? So, I'm going to have two discussions with Mr. Legault. First of all, his track record. We're arriving at the end of his mandate, and I will want to discuss with him what has changed, really, in Québec in the last four years, what has he done, what problems has he solved and what problems has he not solved. And I will want to discuss also the issue of the economy, because I think Mr. Legault and I have very different visions on that issue.

Mme Senay (Cathy) : You know, you see the economy differently. Which is the best way, your way?

M. Nadeau-Dubois : I think, yes.

Mme Senay (Cathy) : Why?

M. Nadeau-Dubois : Because I think money should be put at the service of the people. It's not the people who should be at the service of the money. And sometimes, when you hear François Legault, I think he does that mistake.

Mme Senay (Cathy) : Which is? High salary?

M. Nadeau-Dubois : I don't want to give all the scoops right now, but we will talk about the economy, and I think it's going to be very interesting.

Mme Henriquez (Gloria) : I wanted to ask you about... Today Mme Blais is going to announce changes in services for seniors' homes, more services, and, at the same time, we've learned that one of the CAQ's electoral promises, which was to build more seniors' homes, is just not happening. So, do you think that the CAQ is not focusing on the right things, when it comes to seniors, or, you know, another broken electoral promise?

M. Nadeau-Dubois : Honestly, I do not... You just learned to me, that Mme Blais will do an announcement on that issue. So, I will wait to see what will be announced to comment on it.

Thank you, merci.

(Fin à 8 h 54)

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