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Point de presse de M. François Legault, premier ministre, et M. Simon Jolin-Barrette, ministre responsable de la Langue française

Version finale

Le mardi 24 mai 2022, 15 h 11

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Quinze heures douze minutes)

M. Legault : Donc, bonjour, tout le monde. Bien, écoutez, c'est une journée importante, et puis je suis avec Simon Jolin-Barrette, je suis très fier de lui, très fier de son travail, très fier de l'adoption de ce projet de loi n° 96. C'est la première fois, depuis 45 ans, qu'on fait une modification majeure à la Charte de la langue française, donc, qui avait été adoptée en 1977. C'est important pour moi parce que je suis le seul chef d'État, en Amérique du Nord, qui représente une majorité de francophones, c'est donc mon devoir, ma responsabilité de protéger et promouvoir le français. Puis c'est ce qu'on fait avec le projet de loi... la loi, on va dire maintenant, la loi n° 96.

Je veux revenir sur quelques points, dans la loi n° 96, qui, à mon avis, sont importants. Première chose : le français, langue de travail. C'est certain que c'est un signal très fort qu'on envoie quand on dit, entre autres, aux nouveaux arrivants : Bien, pour travailler, pour gagner votre vie, au Québec, il faut parler français. Donc, français, langue de travail, c'est incontournable. Et, jusqu'à présent, donc, depuis l'adoption de la loi 101, il y avait seulement les entreprises de 50 employés et plus qui étaient assujetties à la Charte de la langue française. Or, avec la loi n° 96, toutes les entreprises de 25 à 49 employés sont maintenant assujetties à la Charte de la langue française. Puis, toutes les entreprises qui sont à charte fédérale, comme les banques, là, c'était quand même incroyable de penser que ces entreprises-là n'étaient pas assujetties à la loi 101, puis on n'a pas besoin du gouvernement fédéral pour le faire, donc on le fait avec la loi n° 96. Donc, c'est un signal très fort qu'on envoie à tout le monde : pour travailler au Québec, il faut parler français. Donc, français, langue de travail, c'est ce qu'il y a de plus important.

L'élément qui a fait que, d'un côté, le Parti libéral et, de l'autre côté, le Parti québécois, pour des raisons opposées, s'opposent à la loi n° 96, c'est la mesure qu'on met en place dans les cégeps. Bon, c'est important de rappeler le contexte. Au Québec, les anglophones, ceux qu'on appelle les ayant droits, ça veut dire ceux dont les parents sont allés à l'école en anglais au Canada, ces anglophones représentent 9 % de la population. Or, quand on regarde les places dans les cégeps, 17 % des places dans les cégeps sont dans des cégeps anglophones. Donc, d'un côté, 9 % d'anglophones; de l'autre côté, 17 % des places.

Bon, quelles sont les positions du Parti libéral, du Parti québécois, qui ont voté contre le projet de loi? D'abord, le Parti libéral dit : Nous, il n'y a pas de limite, on est à 17 % des places du côté anglophone, ça pourrait monter à 25 %, ça pourrait monter à 50 % des places. J'ai posé des questions au représentant du Parti libéral en étude de crédits, incapable de répondre à quel niveau il arrêterait. De l'autre côté, le Parti québécois nous dit : Nous, on veut ramener le nombre de places au pourcentage d'anglophones, ça veut dire à 9 %. Ça veut dire que le Parti québécois propose de fermer la moitié des cégeps anglophones. Et, ce que propose aussi le Parti québécois, c'est qu'un Québécois francophone qui veut aller passer deux ans dans un cégep anglophone pour perfectionner son anglais, bien, il n'aura plus le droit de le faire, il n'aurait pas le droit de le faire, selon le Parti québécois.

La position de la CAQ, dans le projet de loi n° 96 — maintenant, la loi n° 96 — c'est de dire : On va limiter à 17 % le nombre de places. Donc, c'est une position qui est équilibrée entre, d'un côté, le Parti québécois qui dit : On ramène ça à 9 %, puis, de l'autre côté, le Parti libéral qui dit : On est prêts à augmenter ça à 25 %, 50 % des places dans les cégeps anglophones. Donc, c'est une position qui est équilibrée, qui est responsable, qui est modérée. Et c'est cette position sur les cégeps qui fait que, d'un côté, le Parti libéral vote contre parce qu'il trouve que la loi n° 96 va trop loin, puis, de l'autre côté, le Parti québécois vote contre la loi n° 96 parce que le Parti Québécois pense que ça ne va pas assez loin. Donc, on a, d'un côté, un parti qui dit : Ça va trop loin, l'autre : Pas assez loin. Donc, on voit que la CAQ est dans une position équilibrée.

Maintenant, un mot sur les services de santé. Quand même incroyable, la désinformation qu'on a entendue dans les dernières semaines. La loi 101 ne s'appliquait pas aux services de santé en anglais. La loi n° 96 ne s'applique pas. On a même un article, l'article 15, qui dit : Les services en anglais, c'est dans la loi sur la santé puis les services sociaux, ça n'a rien à voir avec la loi 101 puis la loi n° 96. Donc, c'est le statu quo pour ce qui est des services en anglais dans le réseau de la santé. Mais il y en a qui prétendent que ça a un impact, ce n'est quand même pas rien, là. Parce que, nous, puis je veux être très clair, on va garantir que le statu quo va rester, c'est-à-dire que les personnes, peu importe leur origine, qui ont besoin de services en anglais vont pouvoir continuer, comme actuellement, à avoir des services en anglais.

Maintenant, bon, le Parti québécois pense que c'est absolument nécessaire de réduire, de couper de moitié le nombre de places dans les cégeps anglophones pour sauver le français au Québec. Nous, ce qu'on pense, c'est qu'il faut agir à la base, dans le choix des immigrants. Écoutez, je regarde dans les dernières années, jusqu'en 2018, dans la portion des immigrants qui sont choisis par le gouvernement du Québec, il y en avait seulement 50 % à 55 % qui parlaient français avant d'être admis. Or, quand on regarde en 2021, on est rendus à 84 %. Donc, le gouvernement de la CAQ est le premier gouvernement, depuis plusieurs années, à avoir fait des efforts. Ça a commencé avec Simon en utilisant davantage ce qu'on appelle le programme PEQ. Mais on a réussi à faire passer, depuis 2018, de 55 % à 84 % le pourcentage d'immigrants choisis par le gouvernement du Québec qui parlent déjà français.

Notre défi, tous ensemble, les Québécois, c'est, maintenant, l'autre moitié, là, le 43 % des immigrants qui sont choisis par Ottawa, regroupement familial et réfugié. Il faut absolument que la catégorie regroupement familial... que la sélection se fasse par le gouvernement du Québec parce qu'encore aujourd'hui la moitié de ces immigrants qui sont choisis par le gouvernement fédéral ne parlent pas français. Donc, c'est là qu'il faut agir, beaucoup plus que de couper la moitié des places dans les cégeps anglophones. Parce qu'il ne faut pas oublier, là, les allophones, les nouveaux arrivants, ils vont faire tout leur primaire puis tout leur secondaire en français, ils sont obligés. Est-ce que c'est deux ans qui va changer quelque chose? Non, c'est à la base. Il faut avoir un plus grand pourcentage des nouveaux arrivants qui parlent déjà français, c'est là qu'il faut agir. Puis c'est là-dessus qu'on va travailler, dans la prochaine campagne électorale, à avoir un mandat fort pour aller négocier ça avec Ottawa.

Donc, sur ce, je passe la parole à Simon Jolin-Barrette.

M. Jolin-Barrette : Oui. Alors, bonjour, tout le monde. Écoutez, très heureux d'être avec vous aujourd'hui. J'ai eu l'occasion de le mentionner, en Chambre, il y a un peu plus d'une semaine, que j'étais particulièrement fier, notamment aujourd'hui, de pouvoir nous exprimer, en ces murs, dans notre langue officielle, notre langue commune, le français. Si c'est possible de le faire aujourd'hui, c'est grâce au travail continu et sans relâche d'une nation déterminée à demeurer elle-même : une nation francophone et fière. C'est de notre responsabilité, de notre devoir à tous, comme Québécois, de poursuivre les efforts pour que nos enfants puissent continuer à s'exprimer dans leur langue, en français.

Pour s'assurer que l'avenir de notre nation s'inscrive et s'écrive en français, l'adoption du projet de loi n° 96 est le résultat de beaucoup d'heures de réflexion, de consultation, de rédaction et de discussion. Comme le premier ministre l'a indiqué, il s'agit de la plus importante réforme de la loi 101 depuis son adoption il y a plus de 40 ans. Les Québécoises et les Québécois nous ont fait confiance pour mener à terme cette réforme légitime et essentielle pour la pérennité de notre langue commune, et nous les remercions. La loi que nous adoptons aujourd'hui représente le début d'une grande relance linguistique qui permettra à la nation québécoise de continuer d'exprimer pleinement son identité et ses valeurs. Merci beaucoup.

M. Bellerose (Patrick) : ...que la réforme de la loi 101 n'est pas suffisante pour renverser le déclin du français au Québec, vous dites, maintenant, c'est l'immigration qu'il faut aller chercher. Pourquoi ne pas avoir focussé sur cet aspect-là, dans le mandat, plutôt que de réformer la loi 101? Pourquoi ne pas avoir mis tous vos efforts sur revoir l'immigration?

M. Legault : Bien, vous l'avez vu, là, je l'ai demandé à Justin Trudeau à quelques reprises. D'abord, on a agi. C'est important de dire que, dans le 57 % des immigrants qui sont choisis par le gouvernement du Québec, on est passé de 55 % de francophones à 84 % de francophones. Donc, on a agi pour la partie qu'on contrôle. Maintenant, la partie qu'on ne contrôle pas, bien, le PQ dit : On va faire la souveraineté du Québec, on va faire un référendum sur la souveraineté du Québec. Nous, ce qu'on dit, c'est qu'on va rassembler les Québécois. Moi, je suis convaincu qu'il y a une majorité de Québécois qui seraient d'accord que, la catégorie de regroupement familial, ça soit le gouvernement du Québec qui les choisisse puis qui pose ses conditions, entre autres, la connaissance du français, c'est important.

M. Lacroix (Louis) : ...M. Legault, que la loi qui vient d'être adoptée va permettre de freiner le déclin du français. Est-ce que c'est suffisant pour freiner le déclin du français?

M. Jolin-Barrette : Clairement. Parce que, oui, en réponse à votre question, M. Lacroix, on agit sur tous les paramètres de la société : langue du travail, langue des affaires, langue du commerce. Également, on rend exécutoires les droits pour les Québécois : le droit d'être servi et d'être informé en français, le droit de travailler en français, le droit de vivre en français, le droit à l'apprentissage du français, également. Alors, c'est un projet qui touche différentes ramifications, mais on agit sur toutes les sphères de la société. C'est un projet de loi qui est costaud. Et on a agi là où il y avait certaines lacunes au niveau de la Charte de la langue française, au niveau de la loi 101, parce qu'elle a été adoptée en 1977 puis elle n'avait jamais été revisitée. Donc, on est venus combler les trous pour agir d'une façon paramétrée.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Comment allez-vous mesurer l'effet de la loi n° 96? Sous quels critères? Allez-vous regarder, par exemple, l'évolution de la langue parlée à la maison, la langue parlée dans la sphère publique? Et comment pourrez-vous savoir si votre loi aura été bénéfique pour la protection du français?

M. Jolin-Barrette : Bien, je l'ai dit dès le départ, ce qu'il faut regarder, l'indicateur le plus important, c'est le taux de substitution linguistique pour faire en sorte que les nouveaux arrivants basculent du côté francophone et choisissent le français comme langue commune, c'est l'élément qui est le plus important pour la pérennité du français. Et, dans le cadre du projet de loi n° 96, on s'est donné les outils d'une façon indépendante pour mesurer ça en créant un commissaire à la langue française, en faisant en sorte que les études de l'OQLF ne seront plus cachées, comme les libéraux le faisaient, également en faisant en sorte que les indicateurs linguistiques soient déterminés en collaboration avec le commissaire à la langue française pour faire en sorte qu'il n'y ait plus de tripotage par les gouvernements précédents, comme ça a été le cas par les libéraux, pour faire en sorte que les Québécois aient le juste portrait de la situation relativement à la situation du français.

M. Laforest (Alain) : M. Legault, M. le premier ministre Trudeau a dit, tout à l'heure, qu'il allait protéger les minorités. Qu'est-ce que ça veut dire, pour vous, compte tenu qu'il y a la clause dérogatoire dans le projet de loi?

M. Legault : Bien, il faut poser la question à M. Trudeau.

M. Laforest (Alain) : Mais est-ce que vous craignez une intervention du fédéral?

M. Legault : Bien, écoutez, je pense que la majorité des Québécois sont d'accord avec la protection du français, sont d'accord avec les mesures importantes dans le projet de loi n° 96. Donc, je vois mal comment M. Trudeau pourrait s'opposer à la majorité des Québécois.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Jugez-vous, M. Legault, que vous devez rétablir les ponts avec la communauté québécoise anglophone? Est-ce que vous devez aller vous adresser à eux? Parce que, dans cette communauté, qui dit déjà qu'elle va contester la loi n° 96 devant les tribunaux, il y a beaucoup d'inquiétude présentement.

M. Legault : Bien, il faut commencer par bien les informer. Le projet de loi n° 96, comme la loi 101, ne touche pas les services de santé en anglais. Donc, à un moment donné, il faut arrêter de dire le contraire de ce qu'on a dans le projet de loi. Donc, les services de santé en anglais, c'est couvert par une loi qui est sous la responsabilité de Christian Dubé.

M. Pilon-Larose (Hugo) : ...rétablir les ponts. Vous avez refusé de faire un débat en anglais en campagne électorale. Est-ce que ça envoie le mauvais message à la communauté?

M. Legault : Bon, bien, il faut trouver un équilibre. Encore là, on a une langue commune, au Québec, c'est le français. Maintenant, pour ce qui est des débats, on a eu quatre propositions de débat. J'ai accepté un débat à TVA, un débat à Radio-Canada. Donc, on en a refusé un en anglais puis un en français. Je pense que c'est important, pendant le mois où on fait campagne, d'être sur le terrain, puis ça demande du temps, préparer des débats.

M. Lacroix (Louis) : Qu'est-ce que vous pensez du PQ qui, d'une part, dit : C'est une avancée par rapport à la loi 101? Même M. St-Pierre Plamondon, ce matin, l'a reconnu, il dit : Oui, ça fait plus que ce que faisait la charte. Mais, quand même, parce que ça ne va pas assez loin, il vote contre.

M. Legault : Bien, il faut poser la question à Paul St-Pierre Plamondon. Je pense que le PQ, actuellement, essaie de trouver une manière de se distinguer de la CAQ, puis c'est presque une question de survie pour le PQ. Donc, ils sont dans une situation où, bon, comme je le disais, ils proposent de couper la moitié des places dans les cégeps, donc là il va y avoir même des francophones qui ne seront pas d'accord avec ça, couper la moitié des places dans les cégeps anglophones. Empêcher tout francophone qui veut aller deux ans dans un cégep en anglais d'y aller, je pense, encore là, qu'ils ne vont pas aller chercher l'appui de la population. Mais ce qu'ils essaient de faire, c'est se distinguer de la CAQ.

M. Bellerose (Patrick) : Le PQ vous compare un peu à Robert Bourassa, il dit : Si, à l'époque, M. Lévesque avait accepté le Bill 22, on n'aurait pas eu la loi 101. J'imagine que ce n'est pas une comparaison qui vous plaît?

M. Legault : Oui...

M. Bélair-Cirino (Marco) : M. Jolin-Barrette, est-ce que vous demandez aux inspecteurs...

M. Legault : ...commencer à répondre.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Oh! pardon. Excusez-moi. Oui, oui, allez-y.

M. Jolin-Barrette : Bien, juste un point par rapport au Parti québécois. Écoutez, avec le projet de loi n° 96, on est allés beaucoup plus loin que le projet de loi n° 14, qui avait été déposé par Mme Marois, auquel M. Bérubé était membre du gouvernement. Donc, aujourd'hui, M. Bérubé fait des sparages, dit que ce n'est pas costaud. Or, son propre gouvernement n'est jamais allé aussi loin alors qu'ils étaient au pouvoir. Ils avaient la possibilité, là, de protéger le français, d'assurer la pérennité du français, de faire en sorte, vraiment, de mettre fin au déclin du français, à inverser les tendances. Puis ils ont accouché d'un projet de loi peu costaud, alors que, nous, aujourd'hui, bien, il dit : Écoutez, le projet de loi n° 96, ce n'est pas costaud. Quand vous faites l'exercice, la comparaison entre les deux, le projet loi n° 96 va vraiment plus loin. Et, la démonstration, c'est que ça a été reconnu par tous les intervenants qui sont venus en commission parlementaire. Donc, on comprend la déception de M. Bérubé. Cependant, il doit se rendre à l'évidence puis il doit constater que le projet de loi n° 96 est la réponse qu'on devait apporter.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Deux questions, rapidement. Pour vous, c'est mission accomplie, M. Jolin-Barrette, sur le front linguistique?

M. Jolin-Barrette : Je vous dirais que ce n'est pas terminé, c'est un travail qui est sans relâche. C'est la première étape d'une relance linguistique. Durant trop longtemps, la situation du français était en situation de dormance, on ne s'en est pas occupé. Et là c'est le premier jalon, on se donne les outils, avec le projet de loi n° 96, pour agir, pour inverser les tendances linguistiques. Je vous ai parlé du taux de substitution, il faut être extrêmement vigilants, toujours et sans relâche. La nation québécoise sera toujours en situation de vulnérabilité dans l'environnement nord-américain, et il faut mettre tous les efforts. Et c'est pour ça qu'on crée, également, le ministère de la Langue française...

M. Laforest (Alain) : La vigilance, dans le prochain mandat, c'est quoi? Vous poussez jusqu'où, après cette loi-là, pour renforcer la protection de la langue? M. Legault, peut-être, là-dessus, vous devez avoir des idées, vous avez dû en parler à votre caucus.

M. Jolin-Barrette : Peut-être un élément. Le projet loi n° 96 prévoit que... un an de la sanction, on va devoir adopter la politique linguistique de l'État. L'exemplarité de l'État, il est fondamental, et ça veut dire tous les ministères, tous les organismes, incluant les municipalités. Donc, le ministère de la Langue française va être là pour accompagner l'ensemble. Et, si on veut que les citoyens québécois se préoccupent de la langue, également, si on veut que les commerces se préoccupent de la langue, au premier chef, l'État québécois doit montrer l'exemple, puis c'est là-dessus qu'on va se concentrer.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce qu'on pourrait rouvrir le débat sur l'affichage, par exemple? ...la porte aux commerces.

M. Jolin-Barrette : Dans l'affichage, dans le projet de loi n° 96, les dispositions sont déjà prévues. On va vers la nette prédominance du français. Donc, il y a trois ans de transition pour se conformer à l'application de la nouvelle loi. Mais on va passer de la présence suffisante du français à la nette prédominance, l'erreur historique que les libéraux n'ont pas corrigée suite à l'arrêt Best Buy de la Cour d'appel, en 2015.

Une voix : ...

M. Legault : J'allais juste ajouter, M. Laforest, ce que j'ai dit tantôt, de le répéter, c'est-à-dire que ça va devenir très important d'aller chercher les pouvoirs en matière de regroupement familial parce qu'actuellement le gouvernement fédéral accepte la moitié des immigrants qui ne parlent pas français dans cette catégorie.

M. Bellerose (Patrick) : ...quand même, vous avez demandé de pouvoir régionaliser l'immigration, vous avez eu ce mandat-là. Qu'est-ce qu'un nouveau mandat électoral vous donnerait...

M. Legault : Bien, déjà, Jean Boulet a annoncé qu'on veut favoriser l'immigration en région. Par contre, il faut comprendre, là... quand je vois le Parti libéral qui pense c'est la solution à tout, on ne peut pas avoir deux catégories de citoyens. Des citoyens qui n'ont pas le droit de vivre dans les grandes villes mais qui ont juste le droit de vivre dans les régions, ça n'existe pas, ça. Oui, on va essayer de les attirer dans des entreprises en région, on va essayer de les attirer dans les cégeps en région aussi.

M. Bellerose (Patrick) : ...ma question, c'était plutôt : Quels nouveaux rapports de force vous allez avoir, après les prochaines élections, face à M. Trudeau?

M. Legault : Bien, l'appui, on l'espère, d'une bonne partie des Québécois.

Des voix : ...

Le Modérateur : On va passer en anglais. On va passer en anglais, s'il vous plaît!

M. Legault : En anglais. OK, maybe...

Mme Plante (Caroline) : Le Parti conservateur vous demande de réduire les taxes sur l'essence. Allez-vous le faire?

M. Legault : Bien, écoutez, je pense que, de subventionner le pétrole, ce n'est pas une bonne idée. Ce qu'on préfère, c'est de faire ce qu'on a fait, c'est-à-dire envoyer un chèque de 200 $, de 400 $, de 500 $ pour couvrir, entre autres, cette augmentation de l'essence. Mais, d'aller subventionner l'essence quand on essaie de réduire la consommation de pétrole, on pense ce n'est pas une bonne idée.

Maintenant. Few words...

Mme Plante (Caroline) : ...la TVQ, là, comme vous le demande Mme Anglade, là, d'éliminer la TVQ sur les produits essentiels, c'est non aussi?

M. Legault : Écoutez, on a fait beaucoup plus que ça avec le 500 $.

Mme Plante (Caroline) : O.K., alors c'est non aux deux questions.

Le Modérateur : On va passer en anglais, s'il vous plaît.

M. Legault : Few words in English. So, I know that there are some who are adding fuel to the fire by claiming that Bill 96 will prevent English-speaking Quebeckers from receiving health care services in English. We know that some of the people are worried. We are committed to protecting your access to health care in English, it's a historical promise that we will keep. And you will continue to have English-speaking hospitals, schools, CEGEPs and universities. I know of no linguistic minority that is better served in its own language than the English-speaking community in Québec, we are proud of that. And we are also proud to be a francophone nation in North America, and it's our duty to protect our common language. And I invite all Quebeckers to speak it, to love it and to protect it. Thank you.

M. Grillo (Matthew) : Do you worry at all... You know, we're hearing a lot from people saying that this bill really divides Québec as opposed to bringing Québec together to promote French and to, you know, continue speaking French and learning French. Do you worry that this bill will create too much division?

M. Legault : I really want that we get people together. I know that a vast majority of Anglophones are against the independence of Québec. And they have to understand that it's a question of survival. If we don't take action to protect French, it's a matter of time... If Québec becomes a bilingual state, it's a matter of time before we lose the presence of French in Québec.

Mme Senay (Cathy) : And you are confident that Bill 96 will stop the decline of French in Montréal, for example? You're confident of this?

M. Legault : Yes, I'm confident of this. Because, like I said, first, I think that working language is very important. And unfortunately, in Montréal, in many small companies, people work in English. So, we have to change that to send a strong message. And I think that it's important also that we stop increasing the number of people going to anglophone colleges. At 17%, I think it's an acceptable and reasonable level. So, we're not asking to reduce that to 9%, to the proportion of Anglophones, we accept to stop that at 17%, and I think it's reasonable.

Mme Senay (Cathy) : You want to go after the federal Government to get more powers in immigration, but they said no already. And now, Prime Minister Justin Trudeau said that he's waiting for the final form of Bill 96 to see whether or not he'll challenge it in court.

M. Legault : I think that the vast majority of Quebeckers agree with our measures. And I think that it's important that Mr. Trudeau recognizes that there is some work to do to stop the decline of French in Québec. He said it a couple of months ago.

M. Authier (Philip) : Your government is in court on Bill 40, your government is in court defending Bill 21. Do you expect this... There's already many groups planning to challenge it, at least some groups planning to challenge it in the courts. Do you think that's what will happen with Bill 96 as well? And how much is defending all this costing?

M. Legault : I think that, in the Constitution, in Canadian Constitution, we had this notwithstanding clause to protect collective rights. And I can understand that some people, they don't like to see us protecting collective rights of the Québec majority of people. But it was planned this way to be part of the Canadian Constitution. So, of course, some people, they don't like that we use it, but I think we need to use it. French will always be vulnerable in North America, so it's my duty, it's my responsibility to protect and promote French in Québec.

M. Authier (Philip) : And it seems quite likely that there will be fundraising to challenge Bill 96 from all kinds of sources, people raising money to fight it in the courts. The same thing happened on 21. Is that legitimate? Or is that democracy?

M. Legault : I think that the majority of Anglophones in Québec, they accepted, since many years now, that French is the common language in Québec. So, I can understand that, right now, a few people would like that Québec becomes bilingual. But the majority of Anglophones, they understand that it's a plus. We're unique in North America, we speak French, and Montréal is a place where people have fun in French, but services are given in English in schools, in hospitals. So, they have best of both worlds.

Mme Senay (Cathy) : You waited until last week to reassure Anglophones. Do you think you left a certain sensitivity, you should have reached out to Anglophones earlier in the debate?

M. Legault : Yes, I think that Simon did it during all the process. And I think I had a presentation, in Laval, a couple days after some people started, in The Gazette, saying these things, so I corrected that very fast.

Merci tout le monde.

(Fin à 15 h 37)

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