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Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, chef du deuxième groupe d’opposition, et Mme Émilise Lessard-Therrien, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’environnement et de lutte contre les changements climatiques

Version finale

Le mercredi 25 mai 2022, 8 h 20

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures vingt-huit minutes)

Mme Lessard-Therrien : Bonjour. Hier, on apprenait que les gens chez nous, à Rouyn-Noranda, vivent cinq ans de moins qu'ailleurs au Québec. Pourquoi? Parce qu'on a l'air le plus pollué du Québec. Ça fait quatre ans qu'on parle de nos problèmes d'arsenic ici, à l'Assemblée nationale, et la situation, elle ne s'améliore pas. Moi, je me demande : Qu'est-ce que fait le ministre régional, Pierre Dufour, dans ce dossier-là? La situation de l'arsenic en Abitibi-Témiscamingue, c'est une preuve de plus que la CAQ abandonne ma région.

Ce qu'on apprend, là, ce n'est pas rien, là : nos gens, ils meurent plus vite, ils sont plus malades. Nos grossesses sont plus à risque, puis nos enfants, ils partent dans la vie avec deux prises au bâton.

Depuis que la CAQ est au pouvoir, ça n'a jamais aussi mal été dans ma région, dans le réseau de la santé, pour le logement, les services de garde, l'arsenic. C'est ça, le bilan de la CAQ en Abitibi-Témiscamingue.

Mes attentes puis les attentes des gens, chez nous, ce n'est ni plus ni moins qu'on respire un air de la même qualité qu'ailleurs au Québec, puis ça, ça passe par avoir la même norme d'arsenic qu'ailleurs. Les citoyens, chez nous, là, ce n'est pas des citoyens de seconde zone.

Cette lutte-là, on ne va pas la lâcher, on va la mener jusqu'au bout parce qu'on a le droit de respirer le même air qu'ailleurs au Québec et les gens chez nous ont le droit de vivre aussi longtemps qu'ailleurs au Québec. Merci.

M. Nadeau-Dubois : Merci, Émilise. Bonjour. D'abord, je veux commencer par offrir mes condoléances aux familles américaines qui sont actuellement plongées dans une tristesse sans nom. On ne s'habitue pas, même si ça se passe de l'autre côté de la frontière, aux tueries de masse, qui se produisent trop souvent. C'est épouvantable. Je pense que c'est des moments où il faut se rappeler, malgré, donc, l'horreur, qu'on a fait des choix, au Québec, qui, aujourd'hui, font de la société québécoise une société plus sécuritaire.

Ce n'était pas une décision facile. Ce n'était pas une décision nécessairement unanime que de créer un registre des armes à feu au Québec, que de réglementer sévèrement la circulation des armes à feu au Québec, au Canada, mais on l'a fait, comme société. Puis c'est des moments où on se dit : Ouf! On a bien fait de prendre ces décisions-là.

Puis, personnellement, c'est souvent ce qui m'habite quand je vois ces horreurs-là. Bien sûr, d'abord la tristesse, la compassion, puis, ensuite, le fait de se dire qu'on bénéficie, au Québec, d'une société quand même plus apaisée et plus sécuritaire que la société américaine. Puis ça, c'est grâce aux choix qu'on a faits ensemble, puis je pense que c'est important de les souligner dans ces moments-là.

Sur un autre sujet, je veux vous parler, ce matin... En fait, j'ai envie de commencer par dire que les échanges assez corsés que j'ai eus avec le premier ministre François Legault dans les derniers mois ont fait couler beaucoup d'encre, avec raison, mais hier, j'ai eu un échange très différent avec le premier ministre. Je lui ai parlé du sort des locataires aînés au Québec, je lui ai parlé de l'épidémie d'évictions qui déferle, en ce moment, au Québec, et j'ai senti chez François Legault une ouverture aux propositions de Québec solidaire.

Donc, ce matin, je prends la balle au bond et je vous annonce que cet après-midi, dans la rubrique des motions du mercredi, Québec solidaire va déposer une motion pour faire adopter le principe du projet de loi Françoise David 2.0. Je vous rappelle qu'en 2016 Françoise David avait créé un consensus à l'Assemblée nationale et avait fait adopter une loi qui protège les locataires aînés les plus vulnérables contre les évictions sauvages. Depuis 2016, la crise du logement s'est empirée. Les aînés en sont parmi les principales victimes. Il ne se passe pas une semaine, ces jours-ci, sans qu'on lise dans les journaux des histoires crève-cœur d'aînés qui se font jeter à la rue par des promoteurs sans scrupules.

D'ailleurs, ce n'était même pas prévu, mais, ce matin, Le Devoir fait le portrait d'Henry Zavriyev, un promoteur immobilier qui a fait de l'éviction des personnes vulnérables un véritable modèle d'affaires. On parle d'un homme qui s'est mis des millions de dollars dans les poches en ciblant les locataires les plus vulnérables et en les jetant à la rue. Ça, c'est la preuve que le système de protection des locataires, au Québec, il est brisé.

Il faut réparer le filet de protection qui devrait protéger les locataires les plus vulnérables, notamment les aînés. C'est pour ça qu'il faut aujourd'hui adopter le principe du projet de loi Françoise David 2.0. C'est ce que propose le projet de loi n° 993, donc, déposé par Québec solidaire il y a quelques jours. Un projet de loi qui vient, en fait, élargir la protection des locataires aînés vulnérables au Québec.

Donc, moi, je tends la main, aujourd'hui, une deuxième fois à François Legault. J'ai senti son ouverture hier. Moi, des histoires comme ça, ça me brise le cœur. Ça n'a pas d'allure, de jeter du monde de 80 ans à la rue alors qu'ils sont dans le même appartement depuis cinq, 10, 15, 20 ans. C'est immoral, comme comportement, ça n'a juste pas de bon sens.

Ce projet de loi là, il est tout simple. Il a deux articles, deux articles. Alors, adoptons-le aujourd'hui, adoptons-en le principe, faisons un pas en avant pour protéger les aînés du Québec. C'est bien ça, la leçon de la pandémie, je pense, qu'il faut apprendre, que les aînés ont droit de vivre dans la dignité puis dans la sécurité au Québec.

M. Lacroix (Louis) : Sur ce qui s'est passé aux États-Unis, M. Nadeau-Dubois, est-ce qu'il faut amorcer... Je comprends, là, qu'on a des règles, des lois, on a créé le registre des armes d'épaule, etc., mais compte tenu de l'importance de ce qui se passe aux États-Unis, est-ce qu'il faut réfléchir à notre situation à nous sur le plan légal? Est-ce qu'il faut se dire : Bien, est-ce qu'on en fait suffisamment? Parce que des drames comme ceux-là, là, ça écœure tout le monde, là, c'est épouvantable. Alors, est-ce qu'il faut pousser plus loin la réflexion, à votre avis?

M. Nadeau-Dubois : La prochaine étape, au Québec et au Canada, c'est la question des armes de poing. Le pas qu'il faut franchir, c'est celui de l'interdiction des armes de poing, pas seulement municipalité par municipalité, mais sur l'ensemble du territoire canadien. C'est ce que demande Québec solidaire, c'est ce que demande l'ensemble de l'Assemblée nationale, il y a un consensus sur cette question-là au Québec.

C'est vrai que la situation, elle est moins pire ici qu'ailleurs, mais elle n'est pas parfaite pour autant. Il y a, à peu près à chaque deux, trois jours, à Montréal, des échanges de coups de feu. C'est la preuve qu'il faut réglementer, qu'il faut interdire les armes de poing au Canada.

M. Lacroix (Louis) : Mais ça, ça relève du fédéral, à mon avis.

M. Nadeau-Dubois : Bien, c'est-à-dire, nous, on avait fait, d'ailleurs, adopter une motion en ce sens-là. Mon collègue, Alexandre Leduc, avait fait adopter une motion qui consolidait le consensus à l'Assemblée nationale pour exiger que le fédéral, d'un océan à l'autre, interdise les armes de poing. La deuxième option, c'est de le faire uniquement sur le territoire du Québec. Ce serait moins pire que le statu quo.

Mais, pour nous, le scénario idéal, c'est un scénario où c'est interdit sur l'ensemble du...

M. Lacroix (Louis) : ...quelque chose que vous pourriez étudier dans le cadre de la juridiction québécoise?

M. Nadeau-Dubois : Nous, on a toujours dit, bon… En ce moment, la position du fédéral, c'est de dire aux municipalités d'interdire les armes de poing. Ça, il y a consensus, chez à peu près tous les experts, que ça ne tient pas la route, comme position, parce que, je veux dire, passer une arme de poing de Québec à Montréal, c'est assez simple. Donc, nous, on a toujours dit que ça, c'était la pire des situations.

L'idéal, c'est une interdiction mur à mur sur l'ensemble du Canada. Mais, si le fédéral continue à refuser de le faire, nous, on pense que l'autre meilleure option, c'est de le faire sur le territoire québécois.

M. Laforest (Alain) : Le problème, ce n'est pas les frontières?

M. Nadeau-Dubois : Il y aussi le problème des...

M. Laforest (Alain) : Parce que les armes qui circulent actuellement à Montréal sont principalement des armes illégales. On ne parle pas de collectionneurs ou de sportifs, là, qui font du tir en salle, là, on parle d'armes illégales.

M. Nadeau-Dubois : Il faut aussi agir aux frontières. C'est important. Le fait de les interdire mur à mur au Canada, ça nous permettrait d'être plus cohérents sur l'ensemble de la frontière avec les États-Unis.

Je vous ferai remarquer qu'il y a aussi des armes qui sont des armes artisanales, hein? Moi, je rencontrais des acteurs du milieu communautaire, à Saint-Michel, récemment, qui me parlaient de l'émergence de plus en plus d'armes qui sont faites de manière artisanale. Donc, c'est un problème qui est complexe. Il n'y a pas de solution parfaite.

Mais des événements comme ceux des dernières heures aux États-Unis, c'est un rappel brutal que, non seulement on a bien fait, dans le passé, d'être beaucoup plus sévères que les Américains là-dessus, puis qu'on a aussi des pas à faire dans l'avenir, notamment en interdisant les armes de poing.

M. Bellerose (Patrick) : Qu'est-ce qu'on peut faire pour combattre la culture de violence armée qui s'installe à Montréal depuis deux, trois ans?

M. Nadeau-Dubois : C'est une vaste question. Moi, la conviction que j'ai, c'est que renverser cette culture de la violence, ça ne se fera pas en envoyant de la police partout. Il faut arrêter les bandits, bien sûr, mais renverser une culture, on ne fait pas ça avec la répression, on fait ça avec la prévention. On fait ça en allant rencontrer ces jeunes-là, en essayant de comprendre qu'est-ce qui les habite, en discutant, puis en déconstruisant les préjugés, les images, les stéréotypes qui alimentent la culture de la violence. Ça, ça prend de la prévention. Ça prend un milieu communautaire fort, enraciné dans tous les quartiers. C'est notre vision, à Québec solidaire.

M. Bellerose (Patrick) : Mme Guilbault disait que l'opération Centaure fonctionne, qu'il y a eu des arrestations, qu'il y a eu des saisies d'armes. Êtes-vous du même avis qu'elle?

M. Nadeau-Dubois : Bien, les bandits, il faut les arrêter. Il n'y a pas de nuance à faire là-dessus. Tant mieux si la ministre nous dit qu'il y a des arrestations qui se font. Si les gens méritent d'être arrêtés, qu'ils soient arrêtés.

Mais une chose est claire, quand on agit avec la répression — et il faut le faire, certainement — on agit sur les symptômes. Il faut agir sur les symptômes, mais il faut aussi agir sur les causes. Puis les causes, c'est cette culture de la violence, c'est l'exclusion sociale, c'est la marginalisation qui déchire certains quartiers, notamment, dans la grande région de Montréal, on ne se le cachera pas. Et tant qu'on ne s'attaquera pas à ça, on va être condamné à éternellement panser les plaies, plutôt que de s'attaquer au nœud du problème.

M. Laforest (Alain) : Est-ce que vous invitez le Quebec Community Groups, Julius Grey, à contester la réforme de la loi 101?

M. Nadeau-Dubois : C'est le droit de tout citoyen et de toute citoyenne sur le territoire du Québec de contester une loi, s'ils le souhaitent, devant les tribunaux. Ce n'est pas à moi à les inviter de le faire. Qu'ils le fassent s'ils souhaitent le faire. Ça fait partie d'une démocratie en santé. De notre côté, on est profondément confiants qu'on a pris la bonne décision hier.

M. Bellerose (Patrick) : On voit, ce matin, qu'il y a plusieurs suicides en CHSLD qui ont eu lieu pendant la pandémie. Il y avait aussi des articles sur le nombre de chutes qui était important. Est-ce qu'on a confiné trop durement, durant la pandémie, trop longtemps?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je n'ai pas envie, surtout à la lueur d'une nouvelle comme ça, de jouer à qu'est-ce qu'on aurait dû faire? Mais j'ai envie de répondre à la question : Qu'est-ce qu'on fait maintenant? La pandémie, là, elle a eu l'effet d'un tremblement de terre sur la santé mentale de bien des gens au Québec, et les aînés sont sans doute le groupe dont la santé mentale a été le plus durement affectée.

Je ne veux pas jouer au prophète de malheur, ce matin, mais il faut être conscient du défi qui nous attend en matière de santé mentale. Ça ne prendra pas six mois, là, panser les cicatrices de la pandémie sur la santé mentale des aînés au Québec. Ça va prendre du temps. Et c'est pour ça qu'on a mis de l'avant un plan ambitieux pour refinancer massivement le système public de santé mentale pour qu'on ait des psychologues publics, des professionnels de santé mentale publics partout, notamment dans les CHSLD, notamment dans les milieux d'hébergement aînés, pour aider les aînés à se relever de cette crise-là. Moi, je l'ai vécu dans ma vie personnelle. Je connais beaucoup de cas, autour de moi, d'aînés dont la santé mentale a craqué pendant la pandémie. Et c'est un défi de société absolument prioritaire.

On parle beaucoup du rattrapage des chirurgies, hein? Et c'est vrai qu'il faut un plan pour se rattraper sur le plan des chirurgies. Il faut un plan aussi, sinon plus, ambitieux, en termes de rattrapage de la santé mentale des gens, et la priorité, ça doit être les aînés.

M. Duval (Alexandre) : L'élargissement de l'aide médicale à mourir, il y aura briefing technique plus tard aujourd'hui… À trois semaines de la fin des travaux parlementaires, quelle collaboration êtes-vous prêt à offrir? Parce qu'il n'y aura pas vraiment place à la négociation, ou très peu.

M. Nadeau-Dubois : D'abord, le projet de loi, on ne l'a pas encore lu. Donc, on va commencer par le lire. Si le projet de loi est conforme aux recommandations du rapport transpartisan déposé il y a quelques mois, nous, on va collaborer à l'adoption du projet de loi. Parce que ce rapport, il est le fruit d'une consultation qui a duré plus d'un an, des consultations qui ont été publiques. J'y ai moi-même participé à l'époque. Donc, si ce projet de loi là est collé sur les recommandations du rapport transpartisan, nous, on est disposés à collaborer à son adoption dans les meilleurs délais.

M. Bourassa (Simon) : Il reste peu de temps pour l'adoption, est-ce que vous craignez, comme Dominique Anglade, excusez-moi l'anglicisme, mais qu'on «rushe» l'adoption de ce projet de loi là?

M. Nadeau-Dubois : Ça va dépendre de la nature du projet de loi. Moi, je ne suis pas en mesure de m'inquiéter qu'on aille trop vite si je n'ai pas vu encore qu'est-ce qui est dedans. Si c'est une reprise quasi textuelle, là, des recommandations du rapport, moi, j'ai confiance que le travail qu'on a fait de manière transpartisane avec des centaines d'intervenants en consultations publiques et en consultations citoyennes garantit un certain consensus autour du projet de loi. Ça fait qu'on va voir ce qu'il y a dans le projet de loi, mais nous, on est en posture de collaboration.

Mais je vous le dis, si on voit qu'il y a un écart entre le projet de loi et le rapport transpartisan, si on voit qu'il y a une nouveauté ou qu'il y a quelque chose d'imprévu, ça va changer les choses, là.

M. Laforest (Alain) : …juste une question, en terminant, sur l'arsenic à Rouyn-Noranda, un dossier que je connais un petit peu, votre cible, ce n'est pas le ministre de la Santé? En 1979, il y a eu le rapport du bureau des substances toxiques qui a dit qu'il y avait des problèmes d'arsenic. En 1989, la Santé publique a fait une étude, a démontré qu'on devait déchauler le quartier Notre-Dame parce qu'il y avait du cadmium, arsenic, zinc dans le sol. On a construit un «smelter» justement pour éviter les émanations.

Ce que vous nous dites, aujourd'hui, c'est que ce qu'on a construit pour 40 millions, ça ne fonctionne plus, là. Donc, est-ce que ça ne serait pas de demander à la Santé publique de refaire une étude sur la qualité de l'air et des sols à Rouyn-Noranda?

Mme Lessard-Therrien : Je pense qu'on a assez de données, à l'heure actuelle, pour agir.

M. Laforest (Alain) : Alors, on fait quoi? On ferme l'usine?

Mme Lessard-Therrien : On exige le 3 nanogrammes pour Rouyn-Noranda, comme pour le reste du Québec. Puis ça, c'est la prérogative du ministre de l'Environnement, mais, bien sûr, moi, j'espère que le ministre de la Santé est préoccupé par ce qu'on a appris dans les médias hier, je veux dire, des bébés de petits poids, là.

M. Laforest (Alain) : Mais ça, ça existe depuis les années 70.

Mme Lessard-Therrien : Oui. Bien, écoutez, je pense qu'on n'est pas allé assez loin. C'est pour ça qu'on demande le 3 nanogrammes aujourd'hui. Puis là on a une opportunité de le faire, l'attestation d'assainissement de la Fonderie Horne, là, elle est arrivée à échéance. On a besoin de fixer une nouvelle norme. Et cette nouvelle norme là, elle ne peut pas être au-dessus du 3 nanogrammes si on veut que les gens à Rouyn-Noranda respirent un air de la même qualité que le reste du Québec.

M. Nadeau-Dubois : Peut-être ajouter quelque chose là-dessus. Il n'y a pas de raison, il n'y a aucune raison que les gens de Rouyn-Noranda respirent de l'air plus toxique que les Québécois et Québécoises ailleurs sur le territoire. Les gens de Rouyn-Noranda, ce n'est pas des citoyens de seconde zone, puis ils peuvent compter sur Émilise Lessard-Therrien pour ne pas lâcher le morceau puis les défendre jusqu'au bout.

M. Laforest (Alain) : Moi, je parlais de la cible.

M. Nadeau-Dubois : De la cible?

M. Laforest (Alain) : Parce qu'on parlait de Pierre Dufour.

M. Nadeau-Dubois : Ah oui, la cible politique. Bien, je veux dire, moi, je suis allé à Rouyn-Noranda, j'y étais, la fin de semaine dernière, puis la première question que les gens me posaient, c'est : Il est où, Pierre Dufour? Puis quand les gens me rencontraient avec Émilise, ils ne l'appelaient pas la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue, ils l'appelaient la députée de l'Abitibi-Témiscamingue, parce que les députés caquistes de la région, ils sont inconnus depuis leur élection.

Pierre Dufour ne fait pas son travail. Une chance qu'Émilise était là pour défendre sa région dans les quatre dernières années, parce que Pierre Dufour est d'une inutilité complète. Donc, ça justifie de l'interpeller dans ce dossier-là.

M. Laforest (Alain) : La Santé publique, ils vous disent quoi, là-dessus? Le CIUSSS, ils vous disent quoi, là-dessus? Ils en font-u, des études?

Mme Lessard-Therrien : Bien, absolument. La Santé publique est extrêmement impliquée, extrêmement préoccupée aussi. On connaît les facteurs de risque à Rouyn-Noranda. Il y a une inégalité, en ce moment, au niveau de la santé à Rouyn-Noranda. Les gens sont plus hypothéqués qu'ailleurs au Québec. Ils meurent plus vite. Ils ont plus de maladies chroniques au niveau respiratoire. Les grossesses intra-utérines... les retards de grossesses intra-utérines sont encore plus présents, les bébés de petits poids. La Santé publique, elle est extrêmement préoccupée.

Il faut agir sur tous les facteurs de risque, et la qualité de l'air, la pollution de l'air, c'en est un qui est majeur, qui est commun à tout le monde et qui... Tu sais, la Fonderie Horne, là, elle n'est pas dans l'arrière-cour de tous les Québécois et Québécoises, elle est dans l'arrière-cour des gens de Rouyn-Noranda. C'est ce qui nous distingue du reste du Québec, puis c'est là-dessus qu'il faut agir. Puis ça, ça passe par la même norme que le reste du Québec.

Mme Senay (Cathy) : Can I jump in English? Good morning. Regarding Christian Dubé's bill for advanced consent for medical aid in dying, the opposition is waiting, is pressuring the Government to table this bill for weeks, even for months, since the report was tabled.

So, you want to make things right? It's such an important topic for Quebeckers and it will go beyond what's happening in Canada. But then, you don't have three weeks left, you have barely two weeks. So, how are you going to fit that in? What are the types of negotiations?

M. Nadeau-Dubois : Well, first, we have to remember that families, a lot of families have been waiting, and a lot of patients have been suffering for months, for years, waiting for our...

Just before, can you remember to me what is the English expression for «aide médicale à mourir»?

Mme Senay (Cathy) : Medical aid in dying.

M. Nadeau-Dubois : Medical aid. So, first of all, I think we need to remember that families have been waiting and patients have been suffering for years for the Québec legislation on medical aid in dying to be modernized.       We did a more than a year and a half consultation, a public and open consultation to see if Québec was ready to take a step forward. The conclusion of this transparty report is that there is such a consensus in Québec. So, if the bill of Mr. Dubé is in line with the recommendations of this report, we are ready to collaborate for an adoption in the best delays possible.

Mme Senay (Cathy) : But it's just that you have Bill 28, to lift the public health emergency.

M. Nadeau-Dubois : That's why we've been asking Mr. Dubé to get rid of that bill, to clean the sheet to make sure we have all the time we need to study the bill on medical aid in dying.

Mme Senay (Cathy) : Bill 11, on family doctors and their availabilities.

M. Nadeau-Dubois : You've heard my colleague, Vincent Marissal, repeating, time and time again, that this Government needs to get his priorities straight. And, for us, with the so little time we have since the end of the session, we should use that precious time to give comfort to the families waiting for an extension of the medical aid in dying in Québec.

M. Authier (Philip) : How quickly do you think the Government will move to implement Bill 96, the language bill? And do you... There's a theory that they've got what they need for the election, they'll say : We presented a bill on language.

But there's so many details, as you mentioned yesterday, in that bill. And both Mme Anglade and you are saying if you're elected, you'll change the bill. So, how quickly can they implement any of this? And what are the logistics of it, from your point of view?

M. Nadeau-Dubois : The reality is that there will be a real difference in the way this bill is applied. That's why we took the formal engagement that we will get rid of the six months clause. Which is, first of all, inapplicable. It's completely inapplicable and it lacks compassion. So, we are going to change that and we're going to keep pushing for the Government of Québec to change it when they apply the bill.

Because they can still do it, even with the actual text of the law. They can put forward a linguistic policy that clearly states that no citizen in Québec should be denied public services for linguistic reasons. It's still possible to do it, even with the actual language, in the actual bill.

M. Authier (Philip) : So, when you get to the linguistic policy, you say, as you've proposed yourselves, two years instead of six months, or you can do... There are options.

M. Nadeau-Dubois : We tried to compromise and ask for three, and then two years. But, right now, what we're saying, and that's our engagement, is that there should be no delay. There should be no delay, because even if you're in Québec since seven years, you should not be denied basic public services for linguistic reasons. The public services should find a way to accommodate you, with interpreters, for example, or by finding someone who can interact with you.

So, that's our position, that's our engagement and that's what we will ask for the Coalition avenir Québec to do.

M. Authier (Philip) : There's uncertainty among the immigrant community…

M. Nadeau-Dubois : Of course. And that's why it was very important for us to say, very soon this week, that we understand the fears. We think it's very problematic that Mr. Legault and Mr. Jolin-Barrette have let the uncertainty spread instead of clarifying things at the beginning. And that's why we have a formal engagement to say : With Québec solidaire, we are going to correct the mistakes included in Bill 96.

M. Grillo (Matthew) : Six months is just too fast, I guess, when somebody's adapting to a new country, a new culture and a lot of change?

M. Nadeau-Dubois : Well, first of all, of course, six months is too fast. I mean, it's common sense. But, even after six months or even after three years, you should not be denied public services for linguistic reasons. We should be able to build a compromise between the importance of French as a common language and as a working language inside the public services — it's an important and historic thing for Québec — and find ways to accommodate people that don't speak French, to make sure they're not denied public services. That's our engagement.

Mme O'Malley (Olivia) : Rental advocates have been calling for a rent registry, a provincial rent registry. Why is the bill you're tabling today maybe, in your opinion, a better alternative to this?

M. Nadeau-Dubois : It's not a better alternative,it's a complementary thing. The fact is that we need major renovations of our safety net for… How do you say «locataires»?

Des voix : Tenants.

M. Nadeau-Dubois : Tenants. Yes. So, we need major renovations of our safety net for tenants in Québec.

Our bill today is a very specific bill. It spreads the protection that was already gained by Françoise David a few years ago. That's one thing we should do. But it's not enough. We also need a rent registry. We also need to forbid «rénovictions» in areas where there's a housing crisis. We also need to regulate the rents in Québec, just like Ontario does. We need to build social housing and affordable housing all across Québec. We need to do a lot of things.

But, today, there is one specific and very pragmatic solution on the table, that's the bill of Québec solidaire, and our hand is extended toward François Legault, and we're telling him, and I'm telling him : Let's do this together. Mr. Legault voted for the Françoise David bill, back in 2016, the only thing I'm asking him to do is to be coherent and vote in favor on the next step of that Françoise David bill.

Mme Morin-Martel (Florence) : How will this next step help renters when, you know, July 1st is coming up?

M. Nadeau-Dubois : Well, each week, each week we read, in the newspapers, heartbreaking stories of elderly people, tenants, elderly tenants, vulnerable people getting kicked out of their appartments. And we are being contacted right now, in our MNAs office, at Québec solidaire, by tens and tens of elderly tenants saying : I'm scared I'm going to be evicted because my building was just bought by a new landlord.

We need to protect these people right now. And we can do it, we can do it with Québec solidaire's bill. Merci beaucoup. Thank you.

(Fin de la séance à 8 h 55)