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Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, chef du deuxième groupe d’opposition, et Mme Manon Massé, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de condition féminine

Version finale

Le vendredi 10 juin 2022, 9 h 15

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures vingt minutes)

M. Nadeau-Dubois : Bonjour, tout le monde. C'est un moment émotif, pour moi, ce matin, parce que c'est la dernière fois de la législature que, Manon et moi, on prend, ici, la parole. Et aujourd'hui on le fait pour faire notre bilan. Le 3 octobre prochain, c'est les Québécoises et les Québécois qui vont faire leur bilan des quatre dernières années.

On est au milieu de la pire crise de l'inflation en 30 ans. Le 500 $ de François Legault, ça fait déjà longtemps qu'il est dépensé, les familles le savent. François Legault, lui, il pense que la job est faite et il a été clair : il ne donnera aucune aide de plus aux Québécois, aux Québécoises d'ici la prochaine élection, ça ne l'intéresse pas. La CAQ, ce n'est plus le parti du portefeuille des familles. La CAQ, c'est devenu le parti des obsessions de François Legault : la Louisiane, l'immigration. Moi, je pense que les Québécois ont d'autres priorités.

Cet hiver, ce printemps, c'est Québec solidaire qui s'est imposé comme le parti du coût de la vie. C'est Québec solidaire qui parle pour les gens qui n'arrivent pas à la fin du mois, qui doivent couper ailleurs pour payer le loyer, l'épicerie, les factures. C'est des familles, c'est des aînés, c'est rendu la classe moyenne qui étouffe. Nous, on a entendu les Québécois, les Québécoises. Nous, on a des solutions concrètes pour aider les gens. La CAQ fait du patchage, la CAQ patche les crises comme on patche des nids-de-poule au Québec. Ça ne marche pas, ce n'est pas sérieux, on ne peut pas patcher la crise du coût de la vie.

On ne peut pas patcher non plus la crise climatique. François Legault a peur de débattre, avec nous, d'environnement, il ne veut pas défendre son bilan, il n'assume pas son échec environnemental. Le plus grand échec de François Legault, c'est la crise climatique.

Tout ça, c'est la preuve de quoi? Bien, c'est la preuve qu'on a besoin de sang neuf à l'Assemblée nationale. On ne peut pas laisser le Québec entre les mains de politiciens qui ont baissé les bras, on ne peut pas faire ça. On a besoin d'une nouvelle vision, on a besoin d'une nouvelle équipe, on a besoin d'un nouveau projet de société.

Mme Massé : Merci. Merci, Gabriel. Bonjour, tout le monde. Si vous vous demandez ça fait quoi, une différence de 10 députés solidaires à l'Assemblée nationale du Québec, eh bien, regardez de quoi on a parlé depuis quatre ans, de quoi se parle ici depuis quatre ans.

Si Québec solidaire n'était pas là, jamais on n'aurait entendu parler de la crise du logement au Parlement du Québec. Mon ami, Andrés, n'a pas attendu, lui, que ça pète de partout, que ça aille mal. Depuis le jour un qu'il est dans cette enceinte, Andrés s'est battu contre les rénovictions, contre les hausses abusives du coût des loyers. On a tiré sur la sonnette d'alarme sans cesse. Et aujourd'hui on a réussi à faire reconnaître à la CAQ qu'il y a une crise du logement au Québec.

L'environnement, bien, la CAQ essaie de mettre ça sous le tapis, ne veut surtout pas qu'on en parle trop. Puis je peux comprendre, avec le bilan qu'ils ont. Mais Québec solidaire est le chien de garde en matière environnementale à l'Assemblée nationale du Québec. Laissez-moi vous dire une chose, ce gouvernement-là, il n'aurait jamais bougé pour interdire les hydrocarbures sur le territoire si nous n'avions pas été là. Main dans la main avec les citoyens, Ruba Ghazal, ma collègue de Mercier, a passé deux ans à se battre contre le mégaprojet mégapolluant de GNL Québec. Bien, c'est une bataille qu'on a gagnée. Main dans la main avec les gens de Québec, Sol et Catherine ont gagné la longue bataille du tramway. La CAQ a abandonné les gens de Québec. Une chance qu'il y avait Sol et Catherine ici, sur le terrain, et les gens le voient, le reconnaissent.

Je pense aussi à ma collègue de l'Abitibi-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien. Je pense que les gens sont contents, dans son coin de pays, d'avoir une députée comme Émilise parce qu'elle s'est battue, sans arrêt, pour les soins de santé, le transport interurbain, les services offerts à sa population, la qualité de l'air dans sa région. Émilise, en fait, ce n'est pas juste une fille qui a représenté son comté, elle a porté les préoccupations de l'Abitibi-Témiscamingue au grand complet, mais plus que ça, je dirais, de toutes les régions du Québec. Et elle a réussi à se faire respecter pour tout ça.

Du respect, mon collègue, Alexandre Leduc, mon collègue, Alexandre Leduc, en a pas mal gagné, pas mal gagné avec ses combats pour la santé et la sécurité au travail et le droit à la déconnexion des travailleurs et travailleuses. En fait, lorsqu'il est question des travailleurs et travailleuses, Alexandre répond toujours présent, puis aussi pour l'est de Montréal.

En santé, Vincent, oui, Vincent, là, il a fait un boulot extraordinaire, extraordinaire. Il a été à l'écoute des soignantes sur le terrain. Peut-être que, si la CAQ avait plus pigé dans son Plan respect, bien, on n'en serait pas là où nous en sommes présentement. Puis honnêtement, là, une chance que Vincent ne lâche pas le morceau sur, notamment, les scandales éthiques de Pierre Fitzgibbon parce que, sinon, ça aurait peut-être passé dans le beurre.

De mémoire de féministe, ça fait longtemps qu'on n'a pas autant entendu parler des femmes en politique. Puis honnêtement c'est grâce à des femmes comme Christine, Christine Labrie. Christine, c'est l'une des députées les plus appréciées au Parlement. Et Christine est une alliée infatigable pour les gens de l'éducation, pour les gens des services de garde. Et, en fait, elle est une voix très forte pour sa génération, puis ça, bien, ça me rend fière.

Alors, si vous vous demandez qu'ossa donne — comme disait un de nos humoristes — qu'ossa donne, Québec solidaire à l'Assemblée nationale, bien, ça donne qu'on parle enfin des jeunes, de l'environnement, du logement, du coût de la vie qui ne cesse d'augmenter, de nos relations avec les Premières Nations, de santé mentale. Bref, tout ça, François Legault ne veut pas en parler. Bien, ça tombe mal, parce que, qu'il le veuille ou non, il va devoir débattre avec mon co-porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois.

M. Nadeau-Dubois : Merci, Manon. J'ai beaucoup de chance de travailler avec toi. Ça fait deux ans qu'on... ça fait quatre ans qu'on est ici, ensemble, on a fait ça à deux, c'est ce qui fait notre force. Puis on est arrivés en 2018, tout était à construire ici, au Parlement, pour Québec solidaire. Et je suis tellement, tellement fier de ce qu'on a construit.

Nous autres, on part en campagne la tête haute, on est fiers de notre bilan dans l'opposition. La CAQ bat tous les records d'arrogance et de cynisme, mais, en voyant ça, il y a beaucoup de gens qui perdent confiance dans la politique. Les députés solidaires que j'ai derrière moi, là, eux autres, ils redonnent confiance en la politique. Et c'est pour ça que, partout où on va, ces jours-ci, sur le territoire du Québec, nos salles sont pleines. Avec eux, on va présenter 125 candidatures à leur image, la meilleure équipe que Québec solidaire n'a jamais présentée, la seule équipe capable, vraiment, de changer le Québec.

La campagne va commencer, je ne suis pas en mesure de vous dévoiler toute notre plateforme électorale, ce matin, mais je peux déjà vous faire une première promesse : François Legault n'aura pas un été facile. Qui a déstabilisé François Legault dans les dernières années? C'est Québec solidaire. Qui a talonné la CAQ sur le coût de la vie? C'est Québec solidaire. Qui est le parti le plus crédible en environnement? C'est Québec solidaire. C'était vrai pendant la session parlementaire, ce sera vrai tout au long de la campagne électorale.

La vérité, c'est que personne ne va l'avoir facile, moi non plus. Mais, quand je regarde mon équipe, j'ai confiance comme jamais. Donc, au plaisir de se recroiser cet été sur le terrain et cet automne en campagne électorale. Merci, tout le monde.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va prendre vos questions au micro, une question et une sous-question, en vous présentant, s'il vous plaît.

Mme Prince (Véronique) : Bonjour. Véronique Prince, Radio-Canada. Québec solidaire a comme explosé en début de mandat, mais là on dirait que vous êtes sur un plateau. Qu'est-ce que ça va vous prendre? Qu'est-ce qui vous manque pour exploser encore plus? Qu'est-ce qui vous manque?

M. Nadeau-Dubois : Depuis le début... En fait, ce qui nous manque, c'est une campagne électorale. Ce qui nous manque, c'est une campagne électorale parce que, depuis le début de notre histoire, on a amélioré nos résultats durant les campagnes électorales. Il y a quatre ans, là, à notre bilan de fin de session, en 2018, les analystes nous donnaient une poignée de comtés, tous à Montréal, puis tout le monde disait : Vous ne sortirez jamais de Montréal. On l'a fait. Vous ne ferez jamais élire de députés, vous autres, dans une circonscription rurale. On l'a fait. Donc, moi, je suis très confiant non seulement qu'on va conserver notre belle équipe des 10, mais qu'on va également faire des gains dans les prochains mois.

Mme Prince (Véronique) : Je pense que ça fait 10 ans, à peu près, que vous existez, c'est... En tout cas...

Mme Massé : 2008...

M. Nadeau-Dubois : Ça fait une quinzaine d'années maintenant.

Mme Prince (Véronique) : Bon. Est-ce que vous êtes à un point tournant? Ça passe ou ça casse à la prochaine élection? Est-ce que vous êtes à un point tournant?

M. Nadeau-Dubois : Depuis 15 ans, là, chacune de nos élections a été un point tournant. Le premier point tournant, c'est : Ils vont-u être capables, ce monde-là, de faire élire un député? On l'a fait. Le deuxième point tournant, ça a été : Ils vont-u être capables d'en faire élire un deuxième? On l'a fait. Oui, là, Amir et Françoise, c'est bien, mais la troisième, Manon Massé, en plus, elle est un peu spéciale, on va-t-u être capables de la faire élire?

Mme Massé : On l'a fait.

M. Nadeau-Dubois : On l'a fait élire. Puis, en 2018, c'était : Oui, O.K., c'est bien beau, là, le premier trio, mais, en dehors de Montréal, ça ne marchera jamais, en dehors de la ligne orange, ça ne marchera jamais. On l'a fait. Donc, pour un parti comme nous, qui n'est pas un parti de l'establishment politique, chaque élection est un point tournant. À chaque élection, il faut se battre pour faire notre place. Puis c'est encore ce qu'on va faire cette année.

Mme Prince (Véronique) : Ce n'est pas la croisée des chemins, c'est ce que vous êtes en train de me dire?

M. Nadeau-Dubois : C'est une des nombreuses croisées des chemins sur le chemin qui est celui de Québec solidaire, parce qu'on a toujours à faire face à des vents de face. L'histoire de Québec solidaire, là, c'est quoi? C'est l'histoire de gens qui ont le vent dans la face, que tout le monde pense que ça ne marchera pas, leurs affaires, puis qui finissent par y arriver parce qu'on a les valeurs à la bonne place puis parce qu'on travaille comme personne d'autre durant les campagnes électorales.

Journaliste : M. Nadeau-Dubois, bonjour. Moins de 10 sièges, c'est-u une défaite pour vous?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je ne fais pas des campagnes électorales pour faire des épluchettes de blé d'Inde, je fais des campagnes électorales pour gagner. Donc, on veut conserver nos 10 circonscriptions puis on veut faire des gains. Trop tôt pour donner, aujourd'hui, un chiffre précis, mais notre objectif, c'est d'avancer, puis d'avancer pour vrai durant la prochaine campagne électorale.

Journaliste : Mme Anglade vient de nous donner un chiffre précis avec 63.

M. Nadeau-Dubois : Bien oui, j'ai vu ça.

Journaliste : Je vais quand même m'essayer, là.

M. Nadeau-Dubois : Oui, j'ai vu qu'elle a fait ça.

Journaliste : Est-ce que vous pensez que c'est réaliste?

M. Nadeau-Dubois : Bien oui, bien oui. Moi, je pense qu'il est trop tôt pour donner des chiffres. La campagne n'est pas commencée, il est trop tôt pour donner des chiffres à ce stade-ci. Mais nous, on ne fait pas ça pour participer, là, ce n'est pas la ligue de hockey communautaire, là, je veux dire, on est là pour gagner. Donc, on veut faire des gains, on veut conserver nos 10 circonscriptions puis faire élire la plus grande équipe qu'on n'a jamais eue à Québec solidaire.

Journaliste : Bien que vous soyez là pour gagner, mais, de façon réaliste, comment vous accueilleriez une position d'opposition officielle dans une prochaine législation?

M. Nadeau-Dubois : Moi, ce que je veux, c'est qu'on avance. Si on est l'opposition officielle, c'est un pas vers l'avant, c'est certain.

M. Laforest (Alain) : Bonjour.

M. Nadeau-Dubois : Bonjour, M. Laforest.

M. Laforest (Alain) : C'est quoi, le pire piège, pour vous?

M. Nadeau-Dubois : Le?

M. Laforest (Alain) : Pire piège.

M. Nadeau-Dubois : Je pense que le piège, pour nous, ce serait de penser que, parce qu'on a été la meilleure opposition, les gens vont, par magie, voter pour nous. Moi, je ne prends rien pour acquis. Il faut qu'on mérite chacun des votes. Il faut qu'on mérite chacune des circonscriptions qu'on va aller gagner. On ne prend rien pour acquis, on va travailler superfort. Mais l'avantage qu'on a, nous, c'est qu'on a les idées claires. On sait où est-ce qu'on s'en va, on connaît notre projet.

M. Laforest (Alain) : Parlant d'idées claires, vous avez pris une prise de position qui est passée difficilement à l'intérieur de votre parti, c'est d'appuyer la réforme de la loi 101. Il y a des militants, là, qui s'en sont plaints. Ça, est-ce que ça va vous nuire durant la campagne?

M. Nadeau-Dubois : Il y a des débats, à Québec solidaire, sur bien des choses. Il y en a eu là-dessus. Puis vous suivez nos instances depuis assez longtemps pour savoir que ce n'est pas la première fois qu'on a des débats à l'interne, à Québec solidaire. Moi, je regarde vers l'avant. Puis notre message pour les Québécois, il est clair : On va garder ce qu'il y a de bon dans le projet de loi n° 96, le français au travail, au Québec, c'est important, puis on va corriger les erreurs de la loi n° 96.

M. Laforest (Alain) : ...la question. Je ne veux pas refaire le projet de loi, il est adopté, le projet de loi, là.

M. Nadeau-Dubois : Exact, il est adopté.

M. Laforest (Alain) : Moi, je vous dis : Est-ce que ça va vous nuire, cette prise de position là? Est-ce qu'il y a des gens qui vont vous quitter parce que vous avez appuyé François Legault?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je pense que, notre position, dans ce dossier-là, elle est nuancée puis elle est responsable. C'est une position où on dit : Oui, le français, c'est important au travail, mais pas en pointant du doigt les immigrants puis pas en oubliant les langues ancestrales des peuples qui étaient là, avant le peuple québécois, sur notre territoire. C'est une position nuancée, raisonnable, on va l'expliquer, puis je pense que c'est la bonne position.

Journaliste : Bonjour à tous.

M. Nadeau-Dubois : Bonjour.

Journaliste : On ne peut pas s'empêcher de remarquer que Mme Dorion n'est pas présente aujourd'hui.

M. Nadeau-Dubois : Oui, en effet.

Journaliste : Là, si on regarde la séquence des événements, à la base, tout le monde se représentait. Finalement, elle ne se représente plus. Il y a eu une mésentente, à un moment, sur le transport en commun, troisième lien, dans la région de Québec... Bien, en tout cas, vos réponses n'étaient pas toujours...

M. Nadeau-Dubois : C'est ce que M. Legault pense, qu'il y a eu un désaccord. Il n'y en a pas eu.

Journaliste : Vos réponses n'étaient pas toujours alignées. Les journalistes aussi, on a remarqué que les réponses n'étaient pas toujours...

M. Nadeau-Dubois : Pardon?

Journaliste : On a remarqué, nous aussi, que les réponses n'étaient pas alignées, à l'époque. Ce que je veux savoir, c'est : Est-ce qu'il y a une bisbille avec Mme Dorion? Est-ce qu'il y a une chicane? Parce que, là, clairement, elle n'est pas ici pour cet événement.

M. Nadeau-Dubois : On aurait bien aimé que Catherine soit là aujourd'hui. En fait, elle a déjà un peu transitionné vers son nouveau rôle, celle de militante de terrain pour Québec solidaire. Elle est en tournée en Gaspésie en ce moment. Et vous allez la voir aux côtés de Manon, à mes côtés, aux côtés de nos candidats, candidates de la région de Québec durant la prochaine campagne électorale.

Journaliste : M. Nadeau-Dubois, vous vous apprêtez à demander aux Québécois de faire de vous le prochain premier ministre. C'est le rôle que vous allez demander. Comment vous allez faire pour expliquer à l'électeur moyen qui ne vous a pas vu depuis quatre ans, autant au salon bleu, qui n'a pas observé de près votre travail, comment vous allez faire pour faire le pont entre l'image du leader étudiant de 2012 et celui qui aspire à premier ministre l'an prochain?

M. Nadeau-Dubois : La première chose que je vais faire, c'est aller les voir. Je vais passer l'été sur le terrain à rencontrer les électeurs, à rencontrer les électrices, à leur parler de notre projet puis à me présenter aux Québécois, Québécoises. Il n'y a personne qui ne change pas, hein, en 10 ans de vie. Moi, j'ai l'humilité de le reconnaître. Je vais aller rencontrer les Québécois, Québécoises, ils vont me voir au débat des chefs. Je pense que je suis capable de créer un lien puis de parler aux gens qui, en 2012, peut-être ne me voyaient pas sous un jour positif puis qui, aujourd'hui, vont découvrir une personne qui a pris de l'expérience, qui a pris de la maturité puis, surtout, qui s'est entourée d'une équipe absolument exceptionnelle.

Moi, ce qui me donne confiance en vue de la prochaine élection, ce n'est pas tant mes capacités personnelles que le fait qu'on présente, à Québec solidaire, la meilleure équipe de notre histoire. Je veux dire, Maïtée Labrecque-Saganash dans Ungava, Mélissa Généreux dans Saint-François, Philippe Pagé dans Richmond, Haroun Bouazzi dans Maurice-Richard, Mathieu Dufour dans Hull, je veux dire, des candidatures de cette stature-là, autour de Manon et moi, ça envoie le message d'un parti qui est prêt à gouverner le Québec.

Journaliste : Mais vous dites : J'ai changé, j'ai pris de l'expérience, tout ça sans renier ce que vous avez défendu en 2012?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je pense qu'on peut, dans la vie, changer sans se trahir. On peut grandir, on peut évoluer en restant fidèle à ses valeurs. Puis je pense que les Québécois respectent ça, respectent les gens qui gardent le cap sur ce qui les anime, qui gardent le cap sur leurs valeurs fondamentales mais qui sont capables aussi de prendre de l'expérience en aspirant à des fonctions comme celle de premier ministre.

Journaliste : Bonjour. Vous avez parlé de l'arrogance du gouvernement Legault. Est-ce que c'est un thème que vous allez chercher à exploiter pendant la campagne électorale? Et comment allez-vous essayer de faire ressortir ça, là, dans votre stratégie?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je pense que les Québécois, les Québécoises commencent à les voir, les signes de cette arrogance-là. Quand François Legault dit : Si vous êtes contre mon agenda politique, vous ne défendez pas le Québec, sous-entendant que vous êtes contre le Québec, ça, c'est de l'arrogance. Je pense que les Québécois n'aiment pas ça, les politiciens qui parlent comme ça puis qui ont cette prétention d'à eux seuls incarner le Québec en entier. M. Legault va devoir faire, dans les prochains mois, quelque chose qu'il n'a jamais fait de toute sa carrière politique : défendre son bilan comme premier ministre. Puis moi, je pense ça va faire bouger les choses en politique au Québec.

Journaliste : Lors de votre dernier conseil national, il y a deux semaines, vous avez parlé un peu de stratégie électorale. Je comprends que vous misez beaucoup sur les débats des chefs, là, notamment, pour faire bouger l'aiguille. Est-ce que vous allez... Qu'est-ce que... Quelle place ça va prendre dans votre stratégie, le débat des chefs? Est-ce que vous pensez que vous allez chercher un K.-O. puis que ça va vous permettre...

M. Nadeau-Dubois : Moi, ce qui me... Là, vous me demandez de parler de moi, comme, à la troisième personne puis de dire ce que je vais faire au débat des chefs. Je ne sais pas trop comment répondre à ce genre de question là, ça m'embête un peu. Moi, je vous dis, là, moi, ce qui me rend confiant, c'est surtout l'équipe qu'on a. Tu sais, je veux dire, oui, le débat des chefs, c'est un moment important dans toutes les campagnes électorales, on ne va pas se le cacher. Mais l'équipe qu'on a à Québec solidaire, là, c'est une équipe d'une solidité exceptionnelle, c'est la meilleure équipe qu'on n'a jamais présentée. Puis, moi, c'est surtout cette équipe-là je vais vouloir mettre de l'avant.

Mme Massé : Mais permettez-moi, parce que je comprends de parler à la troisième personne, c'est... Mais vous l'avez vu, vous autres, ici, là. Qui a talonné François Legault dans les dernières semaines, derniers mois? Qui a ébranlé François Legault dans les dernières semaines, les derniers mois? C'est Gabriel Nadeau-Dubois. Ça, c'est vrai. Peut-être que tout le Québec ne l'a pas vu, mais nous autres, on l'a vu, vous autres l'avez vu aussi. Alors, ça, ça ne va pas changer.

Ça fait que, oui, pour le débat des chefs, mais, essentiellement, Québec solidaire, puis Gabriel l'a dit, c'est le terrain. C'est ça qui nous a toujours amenés là où on est. C'est ça qui fait que même Manon Massé, au débat des chefs, a fait élire, pas juste par le débat des chefs, l'équipe qui est derrière nous aujourd'hui. Alors, je pense que ça, ça va se poursuivre. On le voit dans les dernières semaines, on le voit dans les derniers mois. Et plus ça va aller, plus ça va s'accentuer parce qu'on rentre en campagne électorale pas mal maintenant, si on peut dire, là.

Journaliste : Bonjour à tous.

M. Nadeau-Dubois : Bonjour.

Journaliste : On a parlé beaucoup, dans les dernières semaines, de nationalisme, d'identité québécoise. Vous avez souvent accusé le gouvernement de vouloir faire de l'enjeu identitaire, de l'immigration un sujet de campagne. On l'oublie souvent, Québec solidaire est un parti indépendantiste. Est-ce que c'est quelque chose que vous voulez ramener de l'avant à la prochaine campagne électorale?

M. Nadeau-Dubois : Québec solidaire, c'est un parti indépendantiste, ça va le demeurer. Mais notre vision de l'indépendance, elle est différente de celle que les Québécois ont entendu parler dans les dernières décennies au Québec. On va avoir au moins cinq candidatures issues des Premières Nations à Québec solidaire. À notre connaissance, c'est un record, c'est sans précédent en politique québécoise. Ça, c'est un signal fort. C'est un signal qu'on est en train de réinventer en profondeur ce projet d'indépendance là pour que ça devienne un projet de réinvention de notre système politique fait d'égal à égal avec les Premières Nations du Québec. Pour moi, c'est un symbole d'à quel point notre projet d'indépendance, il est profondément différent de celui qu'a promu le Parti québécois, historiquement.

Journaliste : Est-ce que vous êtes capable de dire, aujourd'hui, que Québec solidaire est un parti nationaliste?

M. Nadeau-Dubois : Bien sûr. François Legault n'est pas propriétaire du nationalisme québécois. François Legault n'est pas propriétaire de l'identité québécoise. Moi, ce qui me rend fier, au Québec, là, c'est de vivre dans une société de justice sociale, de vivre dans une société d'inclusion où on ouvre les bras au lieu de pointer du doigt. Moi, le Québec que je veux construire, c'est un Québec où on est fiers d'avoir des logements pour tout le monde, on est fiers de protéger le territoire, on est fiers de regarder nos frères et soeurs des Premières Nations dans les yeux puis de leur dire : On se respecte puis on se parle d'égal à égal. C'est ça, notre nationalisme. C'est ça, notre vision de l'identité.

La Modératrice : On va passer en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Good day. Mr. Nadeau-Dubois, the exchange Duplessis-woke, that's a long time ago in politics, it's many months ago...

M. Nadeau-Dubois : I don't know if it's that long, people keep talking to me about it, like, every week.

Mme Senay (Cathy) : Within your party?

M. Nadeau-Dubois : No, on the street, on the street, I tell you, yes.

Mme Senay (Cathy) : OK, fair enough. It's just that you said, at the beginning, that Mr. Legault will spend a very tough summer. How are you so sure about this? What will you do to make sure he's having a very bad summer?

M. Nadeau-Dubois : François Legault will have to do, in the next months, something he never did in his entire political career : he will have to defend his results as the Premier of Québec. He will have to explain why we're failing to fight climate change, why he's failing to solve the housing crisis, why he does not want to help Quebeckers, before the next election, to go through the unbelievable crisis of the cost of living we are right now in Québec. He will have to defend those failures, and I will be there to remind him of those.

Mme Senay (Cathy) : And you said you can change without betraying yourself, who you truly are as a person, as your convictions. So, is this a message sent to Mr. Legault? Because, in his caucus, the word «sovereigntist» cannot be pronounced.

M. Nadeau-Dubois : Oh! honestly, it was not a message to anyone, it was an answer to the question of your colleague.

Mme Senay (Cathy) : ...Mr. Legault doesn't assume, stand by his past as sovereigntist, doesn't speak out about his past as a sovereigntist?

M. Nadeau-Dubois : Mr. Legault has made the choice to abandon the project of giving Québec all the powers to become all what we can become. He has abandoned also the social democratic project that was, once upon a time, the project of the Parti québécois. He abandoned those principles.

We are true to our principles, we are solid on our project. And the next step, for us, is to meet the Quebeckers during the electoral campaign, and to talk about that project, and to make clear with them that, if you think we should do something else than the status quo, there is an alternative, and that alternative is Québec solidaire.

Journaliste : Good morning. I think you would agree that your party surprised a lot of people, in the last election, winning 10 seats. How can you be sure or what are you going to be doing to be sure that that's not just a one-time thing, that's not, you know, like...

M. Nadeau-Dubois : Well, first of all, it's not a one-time thing because we had surprised everyone at each of the elections. You know, people... You know, once upon a time, it was : Québec solidaire, well, they're sympathetic, but they will never get one MNA elected. We did it. One, it's beautiful, but never two. We did it. Then, there was the third one, who was different than ordinary politicians. We did it. And, four years ago, I was there with Manon, and back then, it was : Yes, OK, but not outside of Montréal. We did it. And not in a rural area. We did it. So, we're going to do it once again in 2022.

Journaliste : What do you think... I know there's a thousand issues that Quebeckers can focus on and politicians can focus on, but what, to you, is the number one concern of Quebeckers going into this election in particular?

M. Nadeau-Dubois : When I go meet people, when I was in Sherbrooke, last weekend, with Christine, people were not talking to me about immigration or Louisiana, they were talking to me about the housing crisis, the cost of living crisis and the environmental crisis. That will be our priorities going into the election. Hi!

Journaliste : You just mentioned your priorities, but the large topics and the large issues that have been the key priorities for the CAQ have been immigration, like you said, comparing Québec to Louisiana. How will you make sure your priorities are heard and it doesn't spin into this whole debate, like, we've been having on immigration and on sovereignty versus federalism?

M. Nadeau-Dubois : I will not let François Legault transform this election into a debate on Louisiana, or immigration, or I don't know what else. I will be there, with the team of Québec solidaire, to talk about the issues that really matter to Quebeckers : the housing crisis, the cost of living crisis, the environment. We will be on the ground, with Manon, with our unbelievable team, to talk about those issues. And I think those are the real priorities of Quebeckers. So, if Mr. Legault wants a campaign on Louisiana, he will be talking alone. Merci beaucoup. Thank you.

(Fin à 9 h 49)

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