Conférence de presse de M. André Boisclair, chef de l'opposition officielle,
et de Mme Diane Lemieux, leader de l'opposition officielle

Bilan de la session parlementaire

Le vendredi 15 décembre 2006

 

(Dix heures trente-trois minutes)

Mme Lemieux: Alors, bonjour à vous tous. C'est donc le moment du bilan de la session parlementaire. Un bilan parlementaire, ça se fait à chaud dans le Parlement. Alors, vous n'aurez pas droit, ce matin, à un son et lumière dans un chic hôtel de Québec.
D'abord, je voudrais...

M. Boisclair: Ni de petits fours non plus.

Mme Lemieux: Non plus. Je voudrais d'entrée de jeu signaler un certain nombre de contributions parlementaires des députés du Parti québécois à l'occasion de cette session parlementaire, à l'occasion donc de l'adoption d'un certain nombre de lois.
Vous le savez, il y a eu un travail très intense au sujet du projet de loi sur la gouvernance des sociétés d'État, et François Legault a fait inscrire dans la loi qui a été adoptée l'obligation de mesures d'évaluation d'efficacité de chaque société d'État de manière triennale, et je pense que ça, c'est une contribution qui est très importante de notre part.
Je signale également, dans le domaine de l'éducation, à l'occasion de l'étude du projet de loi qui modifie la Loi sur les élections scolaires et la Loi sur l'instruction publique, que nous avons apporté des amendements. Des amendements, donc, ont été apportés à cette loi par Camil Bouchard concernant tout le processus qui mène à des fermetures d'écoles. Nous avons évidemment eu une contribution, je pense, remarquable dans le dossier des hausses des taxes scolaires. D'abord, nous avions présenté le 1er novembre dernier une motion qui blâmait le gouvernement de provoquer ainsi ces hausses de taxes scolaires. M. Boisclair avait fait une intervention d'ailleurs très soutenue ici, dans cette salle, sur cette question des taxes scolaires. Donc, les libéraux, à ce moment, ne voulaient pas entendre notre point de vue, mais finalement on a eu raison, puisque M. Fournier a reculé sur cette question. Je note au passage hier qu'au moment de l'adoption finale de cette loi, qui fixait donc des paramètres un peu plus raisonnables sur la question de la hausse des taxes scolaires, que l'ADQ a voté contre ce projet de loi.
Notons également, dans nos représentations qui ont eu des effets positifs... je souligne, au sujet de la Loi concernant la mise en oeuvre de la stratégie énergétique, vous vous rappelez qu'il y avait un débat autour du fait que l'Agence énergétique ne serait pas soumise à la Loi de la fonction publique. Or, Rita Dionne-Marsolais a beaucoup discuté de cet aspect-là au moment de l'étude détaillée du projet de loi, et, au moment du bâillon, le ministre a déposé un amendement qui précise que l'Agence de l'efficacité énergétique demeure dans le giron du Protecteur du citoyen et du Vérificateur général. Alors, ça, c'est vraiment suite aux représentations que nous avions faites.
C'est donc quelques contributions que nous avons faites comme parlementaires et qui témoignent du fait que, lorsqu'on prend le temps de faire les choses et de légiférer correctement, les législations adoptées sont meilleures.
Maintenant, à la question que, je suis certaine, vous vous posez: Comment qualifier cette session parlementaire? Je réponds: À l'image des libéraux. D'abord une session empreinte de paresse et de nonchalance, c'est la session la plus courte de l'histoire en termes de durée et d'heures passées au salon bleu et dans les commissions, à légiférer. C'est un gouvernement qui était pressé de partir, au point de laisser sur la table des projets de loi importants. Il a laissé sur la table un projet de loi sur la confiscation et l'affectation des produits de la criminalité; le projet de loi qui modifie le Code des professions et la Loi sur la pharmacie - que nous appelons, nous, avec un clin d'oeil, la loi anti-Boulet; le projet de loi sur la procréation médicalement assistée, alors qu'on sait qu'actuellement le gouvernement fédéral cherche à occuper ce champ, et le projet de loi qui vise la mise en oeuvre de la Convention internationale sur les équipements aéronautiques.
Deuxièmement, une session donc à l'image des libéraux parce qu'elle est marquée par la confrontation: c'est le septième bâillon du gouvernement libéral incapable de réconcilier des points de vue, de dégager un certain nombre de consensus, incapable d'accorder le temps qu'il faut pour adopter des projets de loi et faisant ainsi en sorte que des projets de loi adoptés sont mal ficelés. Et deux exemples me viennent en tête: le projet de loi qui amende la Loi sur les forêts et qui introduit un certain nombre de mesures sur la question des CAAF. Ça a pris quelques heures, et les réactions vives se sont manifestées. Si on avait eu un peu de temps, comme parlementaires, pour discuter des modalités des transferts de CAAF dans le contexte de la crise des forêts, je pense qu'on aurait fait tous un travail plus intelligent. Et, autre exemple, la Loi spéciale sur les médecins spécialistes adoptée dans un bâillon à la session dernière, il est question maintenant de l'abroger. Si les choses avaient été faites correctement, on n'en serait pas dans cette situation.
Une session à l'image de libéraux, un gouvernement qui maquille la réalité: le ministre de la Santé qui finit par dire que les engagements solennels de son premier ministre en santé se réaliseront dans un deuxième mandat alors que tout le monde avait compris que ça devait être dans le premier mandat et que l'attente était un mot honni; la taxe verte refilée aux consommateurs alors que tout le monde avait compris que les pétrolières feraient leur part; les bancs d'essai simili projets pilotes de décentralisation alors que tout le monde avait compris qu'il y aurait décentralisation en 2005; le déséquilibre fiscal qui va peut-être être réglé dans le prochain budget fédéral alors que tout le monde avait compris que ce serait la mère de toutes les batailles de Jean Charest; l'entente au sujet de place du Québec à l'UNESCO non signée alors que tout le monde avait compris qu'elle était signée; la multitude de mandats confiés à la Commission municipale du Québec alors que tout le monde avait compris que le gouvernement voulait l'abolir; la hausse des taxes scolaires expliquée par le ministre comme une économie alors que tout le monde avait compris qu'une taxe, c'est une taxe; la découverte récente du tracé explosif du train Mascouche-Montréal, alors que tout le monde avait compris, il y a neuf mois, que ce tracé était définitif; l'ouverture d'un système de santé privé parallèle alors que tout le monde avait compris, lorsque Jean Charest a brandi la carte de crédit, qu'ils ne paieraient pas des services de santé déjà assurés et payés par nos impôts; et finalement c'est une session où un gouvernement fait la morale sur la reddition de comptes, mais, quand vient le temps de répondre de ses actions, d'abord, c'est toujours de la faute des autres, particulièrement la nôtre. C'est un gouvernement qui a une conception élastique de l'éthique, par exemple un ministre qui intervient auprès de son gouvernement en faveur d'une compagnie dans laquelle il a été actionnaire, par exemple une sanction différente pour des personnes actuellement impliquées dans l'enquête du juge Grenier sur Option Canada. L'un est en congé avec solde; l'autre a bénéficié d'une promotion.
Un gouvernement qui fait la morale sur la reddition de comptes, mais qui refuse de permettre au Vérificateur général de faire une vérification complète de sa propre initiative dans les sociétés d'État comme ça se passe dans d'autres provinces et un gouvernement qui fait la morale sur la reddition de comptes, mais qui se pousse une semaine avant la fin de session afin d'éviter de rendre des comptes aux élus de la population. Il a évité, par exemple, cinq périodes de questions et, si aujourd'hui nous avions eu une période de questions, voici les sujets: le sénateur Massicotte, nouveau propriétaire des hippodromes qui embauchent des gens de la SONACC; les effets des coupures de lits dans les centres de soins de longue durée, notamment en ce qui a trait à l'attente dans les urgences; l'appel d'offres d'Orford; la recrudescence des écoles privées non subventionnées pour contourner la Loi n° 101; l'appel des groupes écologistes à ce que M. Charest se saisisse du dossier de la forêt; et l'état de négociations avec les médecins spécialistes. Voilà notre bilan.

M. Boisclair: Bien, merci, Diane, pour cette présentation. Je veux d'abord commencer par vous saluer. Je pense que, sur le bilan parlementaire, la contribution de Diane Lemieux et toute l'équipe de députés a été particulièrement significative et je veux remercier Diane pour son travail. Je pense que, sur le bilan, il n'y a pas grand-chose à rajouter. Il est clair. Il est précis. Je voudrais attirer votre attention sur un certain nombre de choses qui m'apparaissent importantes aujourd'hui de souligner devant vous. Je pense que l'illustration que Mme Lemieux vient de faire est la démonstration claire et nette que ce gouvernement est rendu au bout de son rouleau. C'est un gouvernement qui a pratiqué les pires illusions alors qu'ils étaient en campagne électorale. Ils nous avaient promis, de façon irresponsable, qu'ils allaient baisser les impôts de 5 milliards de dollars, avaient promis des réinvestissements considérables en santé et en éducation; ils n'ont pas livré la marchandise.
En somme, ce qu'on est à même de démontrer aujourd'hui, c'est que c'était là la session de la dernière chance pour M. Charest, pour rencontrer les obligations qu'il avait solennellement contractées avec la population à l'occasion de la dernière campagne. Et force nous est, aujourd'hui, de constater que le gouvernement de M. Charest ne livre pas la marchandise, particulièrement sur le plan du réinvestissement en santé. Je veux vous indiquer un certain nombre de choses qui frappent quand on regarde un certain nombre d'études qui ont été rendues publiques récemment, sur la question de la santé.
Une étude du rapport... de l'Institut Fraser nous révèle, qu'entre 2001 et 2006, l'attente totale pour une visite chez un omnipraticien a augmenté de 14 jours. On est bien loin, là, des propos sur le mot honni qui était celui de l'attente, l'Institut Fraser nous fait aujourd'hui la démonstration, qu'entre 2001 et 2006, l'attente, pour avoir accès à un omnipraticien, a augmenté de 14 jours. On avait promis de régler les réinvestissements majeurs dans les jours et dans les semaines qui viennent. On remarque aujourd'hui que ces réinvestissements n'ont pas la hauteur des annonces qui avaient été faites à l'époque, et que les résultats aussi tardent à être livrés.
Je veux attirer votre attention de façon particulière aussi sur la question des finances publiques. On en a fait peu de cas, sauf au moment de la publication du rapport du Vérificateur général, mais ce qui est frappant, et ce qui va pour la suite compliquer les choses pour la préparation de notre propre cadre financier, les libéraux ont creusé un déficit de 4 milliards de dollars à l'occasion de leur mandat. Ces 4 milliards là, ils sont là aujourd'hui de façon claire, démontrée, 4 milliards de déficit. C'est 4 milliards aussi de déficit que nous aurons à traîner pendant la campagne électorale puis aussi, éventuellement, si nous prenons le pouvoir. Ils nous avaient promis de diminuer la dette, ce qu'on remarque, c'est que la dette aura augmenté de 10 milliards de dollars à la fin de la présente année financière.
Alors, il faut quand même, lorsqu'ils abordent ces questions, les libéraux, faire preuve d'un cynisme incroyable. Ils se vantent, il se bombent le torse lorsqu'ils nous parlent du Fonds des générations au même moment où, aujourd'hui, il a augmenté de façon considérable. Il y a donc une forme de cynisme qui, je pense, rend suspectes à peu près tout ce qui existe d'interventions de la part du gouvernement libéral et du gouvernement de M. Charest. Il faut remarquer aussi, dans un tableau qu'on vous a remis, les annonces qui ont été faites par le gouvernement du Québec au cours des années, que ce soit pour le Fonds de promotion des saines habitudes de vie, le réinvestissement en éducation postsecondaire, l'équité salariale, la stratégie sur la recherche et l'innovation, la Politique nationale de la ruralité, et toutes les autres annonces qui ont été faites récemment, conduisent les libéraux à s'être engagés jusqu'à la période de 2013-2014. Ils n'ont pas aujourd'hui rempli leurs engagements, ils sont en ce moment, alors qu'ils sont au pouvoir, ils sont en train de reporter l'essentiel des engagements qu'ils avaient pris pendant la campagne électorale sur les années financières qui viennent, sans même avoir pu recontracter de façon correcte un contrat avec la population du Québec. Au total des sept prochaines années, quand on voit la croissance sur 2006-2007, on remarque une augmentation de 3,44 milliards. C'est significatif.
Et je pense que les Québécois comprennent bien que, dans toutes les annonces qu'on a vues récemment, on remarque bien jusqu'à quel point ils peuvent, de façon très, très sérieuse et très crédible, questionner le bien-fondé et la pertinence de ces annonces, alors qu'on voit bien que le financement n'est pas au rendez-vous.
Cette question sur la santé étant nommée, celle sur les finances publiques étant rapidement, aussi, évoquée avec vous, je voudrais aussi attirer votre attention sur l'annonce récente qui a été faite par le gouvernement du Québec au sujet d'Alcan. Je veux vous dire que je me réjouis de cette annonce. C'est une bonne nouvelle pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, et c'est une bonne nouvelle pour les travailleurs et les travailleuses du Québec. C'est une bonne nouvelle aussi pour l'économie du Québec. Et je me réjouis de cette annonce.
Ce qu'il est quand même assez frappant de constater, c'est de rappeler ce que le gouvernement libéral disait à l'époque, au moment où nous-mêmes avions contracté un engagement avec Alcoa. Vous vous souvenez que le gouvernement du Québec signe une entente de principe avec Alcoa. Vous vous souvenez que le gouvernement, au lendemain de leur élection, déchire cette entente en disant que ce n'était pas rentable, que les Québécois, leur intérêt était mal servi et que c'était trop cher payer la job. Or, ce qu'on s'aperçoit aujourd'hui, c'est que l'entente signée avec Alcan va au-delà de l'entente qui avait été signée avec Alcoa par M. Landry.
Alors, ce qui vient de s'écrouler là, par la décision qu'ils ont prise de financer Alcan, que je salue et que j'appuie, bien c'est tout le mythe sur l'interventionnisme d'État qui est aujourd'hui défait. Les libéraux se sont fait élire en disant: L'État est trop gros, prend trop de place, ce n'est plus notre job de les soutenir, puis il faut laisser aller le marché. Or, qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui? Le gouvernement revenir à la raison et donner raison au gouvernement du Parti québécois qui avait signé avec Alcoa.
Et je voudrais profiter de ce bilan pour demander à M. Charest: Si c'est bon pour Alcan, pourquoi n'est-ce pas bon pour Alcoa et pourquoi ce n'est pas bon pour les gens de la Côte-Nord? Je pense que M. Charest, à l'occasion de son bilan, devrait répondre à cette question.
Je vous rappelle juste que l'entente avec Alcan prévoit 2 milliards d'investissement sur 10 ans, 225 MW de nouveaux blocs d'électricité au tarif L, 400 millions de prêt sans intérêts sur 30 ans, 112 millions d'avantages fiscaux, alors que l'entente avec Alcoa et le gouvernement Landry prévoyait 1 milliard d'investissement, 175 MW de nouveaux blocs d'électricité au tarif L, 170 millions de prêt sans intérêts pour 30 ans puis un congé fiscal de 10 ans pour les projets majeurs d'investissement.
Alors, je pense qu'un des piliers sur lesquels le gouvernement libéral s'était fait élire à l'occasion de la dernière campagne, qui était celui de la critique qu'ils avaient menée de l'État trop gros, trop interventionniste, qui intervient de façon injustifiée dans l'économie, vient aujourd'hui d'être complètement déconstruit par l'annonce qu'ils ont faite avec Alcan.
Un dernier mot pour vous parler de la question qu'on se fait puis de la défense des intérêts du Québec. C'est quand même remarquable, quand on repense puis on revoit toutes les déclarations qui étaient celles de M. Charest à l'occasion de la campagne électorale, la bataille du déséquilibre fiscal était pour être, lui, la première heure de ces batailles, qu'ils avaient promis aux Québécois de livrer la marchandise sur le déséquilibre fiscal. Non seulement on est en droit de se demander où est disparu... où sont disparus les accents batailleurs du premier ministre, mais ce qu'on constate, tout le monde, c'est que le gouvernement n'a pas obtenu les résultats escomptés, au point que le gouvernement du Québec, puis même le ministre de la Santé, est obligé aujourd'hui de reconnaître qu'il sera incapable de livrer les engagements électoraux qu'il avait pris et de reporter sur le prochain mandat l'atteinte des objectifs qu'il s'était fixés.
C'est une démonstration encore que la question du déséquilibre fiscal n'est pas qu'une question théorique. Elle est tellement grave, elle est tellement importante pour les finances publiques que la non-résolution du débat sur le déséquilibre fiscal a amené le gouvernement de M. Charest lui-même à revoir plusieurs des objectifs qu'il s'était fixés. Je pense, dans ce contexte, que le gouvernement du Québec a choisi... avait choisi une mauvaise stratégie qui était celle de mettre tous ses oeufs dans le panier du Conseil de la fédération. On s'aperçoit bien aujourd'hui que c'était bien davantage un mythe que ce désir du gouvernement de M. Charest d'engager un véritable débat avec le gouvernement fédéral. On le voit d'ailleurs avec la façon très timide avec laquelle il a traité la question de la réforme du Sénat. En somme, un gouvernement, je pense, qui est en... qui est rendu au bout du rouleau, un gouvernement qui n'a pas livré l'essentiel de ses engagements, c'était la dernière session pour qu'il puisse le faire, et un gouvernement, et la démonstration est faite, qui, pendant la campagne électorale, a cultivé les pires préjugés à l'endroit du rôle de l'État, de l'interventionnisme d'État, un gouvernement qui a trompé les régions, alors qu'il avait pris l'engagement de procéder de façon majeure à un exercice de décentralisation et finalement, je pense, une équipe qui a démontré jusqu'à quel point elle pouvait, lorsque confrontée à des problèmes difficiles, pouvait les fuir plutôt que de les aborder sincèrement, comme les Québécois l'exigent. Voilà.

Le Modérateur: Merci. Alors, passons à la période de questions. La liste est assez longue. On va y aller dans l'ordre. Claude Brunet, Radio-Canada.

M. Brunet (Claude): M. Boisclair, on a vu au cours des dernières semaines plusieurs membres du gouvernement, le premier ministre également, faire allusion à votre consommation de cocaïne dans le passé. Comment jugez-vous cela?

M. Boisclair: C'est aux Québécois de juger cette question. Moi, une chose est claire, c'est que je vais faire campagne sur la jeunesse, je vais faire campagne sur le développement des régions, je vais faire campagne sur l'économie du Québec, sur l'environnement, puis je vais faire campagne sur la souveraineté du Québec. Le reste, ce sera aux Québécois de juger l'attitude des uns et des autres.

M. Brunet (Claude): ...campagne électorale, il est fort probable que ces mêmes allusions vont revenir en campagne électorale, plus ou moins... des allusions plus ou moins directes à votre passé. Est-ce que ça peut vous nuire ou au contraire est-ce que ça peut attirer la sympathie du public?

M. Boisclair: C'est aux Québécois de juger ces questions. Moi, je ferai campagne, comme je vous le dis, sur le fond des choses. Je ferai campagne sur l'environnement, je ferai campagne sur le développement des régions, je ferai campagne sur le développement économique du Québec. C'est là, moi, où, je pense, les Québécois veulent nous voir. C'est ce qu'ils attendent des chefs des partis politiques.

M. Chouinard (Tommy): Martin Ouellet, Presse canadienne.

M. Ouellet (Martin): M. Boisclair, depuis votre arrivée à l'Assemblée nationale, avez-vous l'impression que vous êtes parvenu à faire votre marque, à convaincre ceux qui doutaient de vos capacités de leadership, là, que vous êtes vraiment l'homme de la situation qui pourra mener le Québec vers un référendum sur la souveraineté, un référendum gagnant?

M. Boisclair: J'ai assez d'expérience de la politique pour savoir que, cette preuve-là, elle se fait sur le terrain. Elle va se faire en campagne électorale. Elle va se faire avec une équipe qui est en train de se renouveler. Regardez simplement ce qui est en train de se passer à Québec, dans Chaudière-Appalaches, il y a des nouveaux visages qui apparaissent, il y a des gens qui vont ajouter leur voix à la mienne, et j'ai bien confiance qu'avec l'équipe, avec la force aussi des militants du Parti québécois, qu'on aura tout ce qu'il faut pour mériter la confiance des Québécois.
Ceci étant, le combat de l'Assemblée nationale, vous le voyez bien, le gouvernement a toujours la dernière réponse, le premier ministre est resté assis, ma foi, à chaque fois que je... J'ai souvent interpellé le premier ministre, 37 fois le premier ministre n'a pas répondu à mes questions, huit principales, 29 complémentaires, il est resté assis. Alors, c'est difficile d'engager un débat, même si je l'ai devant moi. 37 fois, alors que je posais des questions au premier ministre, il est resté assis, il a refusé d'engager le débat politique. C'est difficile pour moi dans un contexte comme celui-là. Si mon adversaire n'embarque pas dans le ring puis préfère rester assis puis se comporter comme un spectateur, c'est difficile effectivement d'engager un combat.

M. Ouellet (Martin): Est-ce qu'on doit conclure que vous avez effectivement trouvé la session difficile et qu'il vous reste pas mal de chemin à faire pour convaincre les gens?

M. Boisclair: La session difficile? Au contraire, moi, j'étais... je vais vous dire, j'étais très content de rentrer à l'Assemblée nationale. Je pense que vous l'avez vu aussi. Vous avez vu une présence assez vigoureuse aussi dans les débats politiques. Le travail qu'on a fait dans le secteur de la forêt, le travail qu'on a fait sur les taxes scolaires, le travail qu'on a mené sur la nation, moi, je suis très, très content de la contribution des députés du Parti québécois sur le débat sur la reconnaissance de la nation. On a réussi à donner le ton, puis à imposer notre vision des choses, puis à faire reculer de façon considérable le gouvernement par rapport à leurs intentions initiales. Je pense que ce sont des contributions significatives qui marquent notre vie politique, et je pense que les Québécois nous sont reconnaissants pour tout le travail qui a été accompli par moi mais aussi par toute l'équipe des députés du Parti québécois.

M. Chouinard (Tommy): Dernière...

M. Ouellet (Martin): Une dernière chose. Est-ce que - parce que vous en avez fait mention dans votre présentation - est-ce que le gouvernement peut se permettre d'abroger la loi n° 37 sans faire la même chose pour la loi n° 142?

Mme Lemieux: Excellente question. Vous devriez leur poser cette question.

M. Ouellet (Martin): Pensez-vous qu'il devrait? S'il le fait, est-ce qu'il doit le faire avec les autres aussi?

M. Boisclair: La question va se poser. La question se pose de façon assez... On voit bien, nous, on était prêt à la poser, cette question-là. Puis vous ne pensez pas qu'on n'aimerait pas ça aujourd'hui être à l'Assemblée nationale? Vous pensez pas ça qu'on aimerait pas ça mardi prochain être à l'Assemblée nationale? La session la plus courte de l'histoire alors que ces questions fondamentales, comme celles que vous voulez se posent, la gouvernement a fait le choix de prendre la poudre d'escampette et la question que vous soulevez, de l'abrogation possible de 37, la question qui suit, c'est: Pourquoi pas 142 tant qu'à y être? Et donc le gouvernement aujourd'hui, pour esquiver ce genre de questions, a fait le choix de rentrer à la maison, et c'est ce qu'on regrette. Une session aussi courte, c'est du jamais vu dans l'histoire de notre Parlement.

M. Ouellet (Martin): Et, vous, 142, allez-vous l'abroger?

M. Boisclair: Si on va abroger 142? J'ai dit de façon très claire sur 142 que j'étais prêt à discuter d'accommodements, mais je ne pense pas qu'on puisse s'engager, au lendemain de notre élection, à une négociation, de nouvelles rondes de négociations de conventions collectives. Mais il est clair là-dedans qu'il y a des éléments de 142 qui devraient être retirés, entre autres sur le régime de négociation entre les employés et le gouvernement, chapitre III ou IV... là, je ne veux pas vous induire en erreur.

M. Ouellet (Martin): C'est-à-dire, c'est quoi, le point exactement?

M. Boisclair: C'est sur le processus de négociation où c'est rendu pratiquement impossible. À la moindre voix qui s'élève, il y a un régime juridique très lourd qui tombe sur les employés de l'État. Ça rend pratiquement impossible l'exercice de tous moyens de pression.

M. Chouinard (Tommy): Rémi Nadeau, NTR.

M. Nadeau (Rémi): ...à la question de Matin, parce que vous dites: La question se pose. Mais est-ce que si effectivement, parce que je pense qu'on se dirige vers ça, l'abrogation à tout le moins partielle de la loi n° 37, vous pensez qu'il doit aussi apporter les modifications à 142?

M. Boisclair: Ce qui m'apparaît de façon très claire, c'est qu'on réalise aujourd'hui jusqu'à quel point le gouvernement a choisi de mauvaises stratégies de négociation. Dans le cas de 37, il a d'abord avant de s'asseoir puis de négocier véritablement avec les médecins, il a choisi la formule lourde puis il a imposé un bâillon. Puis pourquoi il a imposé la loi n° 37? Essentiellement parce qu'il voulait nettoyer le paysage au cas où il y aurait eu des élections cet automne. C'était exclusivement parce qu'il voulait nettoyer le paysage politique qu'ils ont adopté la loi n° 37, fixé les conditions de travail des médecins spécialistes, et là, ce qu'ils s'aperçoivent, c'est de leur erreur. Ils sont encore au gouvernement, et là ils sont pris à négocier. Comment négocier dans un tel contexte? Sur 142, vous vous souvenez des critiques qui ont été faites par Sylvain Simard, par Louise Harel, par tous ceux qui ont mené ce combat. Mais il n'y a pas eu vérification de négociation avec les employés de la fonction publique ni dans le réseau de la santé ni avec les employés du gouvernement du Québec. Ce qui les a conduits à adopter une loi spéciale qu'on a dénoncée. Est-ce que, moi, je suis prêt à revoir un certain nombre de ces éléments sur 142? La réponse, c'est oui. Est-ce qu'on rentre dans une nouvelle ronde de négociation de conventions collectives au lendemain de notre élection? La réponse, c'est non.

M. Nadeau (Rémi): Je reviens sur votre performance comme telle. Quand même beaucoup d'observateurs attendaient votre entrée, on voyait ça comme un élément, un point tournant, et plusieurs ont conclu après, finalement, que votre entrée en scène n'avait pas eu, là, l'effet escompté. Est-ce que vous êtes...

M. Boisclair: Qu'est-ce que je vous avais dit à l'époque?

M. Nadeau (Rémi): Est-ce que vous, vous êtes satisfait de l'impact que vous avez pu apporter?

M. Boisclair: Bien sûr, je suis satisfait de la façon dont on a mené les débats à l'Assemblée nationale. Moi, je connais bien l'équipe du caucus, je suis satisfait de voir l'engagement des députés alentour de moi, je suis satisfait de voir la qualité des débats qui se sont faits à l'intérieur de notre équipe, et je pense que la contribution du Parti québécois aux débats sur la place publique a été significative.

M. Nadeau (Rémi): Oui, mais vous? Je parle de vous personnellement, là.

M. Boisclair: Moi, je suis très, très, très content, j'ai animé tous ces débats: c'est moi qui ai ouvert le débat sur les taxes scolaires; c'est moi qui ai ouvert le débat de façon forte à l'Assemblée nationale sur la forêt avec la tournée qui m'avait conduit dans trois régions avant de faire le débat à l'Assemblée nationale; c'est nous qui avons ramené le gouvernement du Québec dans une bonne ligne, je pense, sur la question de la reconnaissance de la nation, alors qu'il s'en allait avec une motion qui allait en dessous des motions qui avaient été adoptées à l'Assemblée nationale, et c'est nous, je pense, qui avons réussi à faire la démonstration que rarement on a eu un gouvernement aussi faible à l'endroit du gouvernement fédéral. C'est rendu... Puis c'était frappant. J'écoutais le point de presse de M. Dumont hier, puis c'était frappant de voir que le Parti libéral, sur le plan constitutionnel, se situe aujourd'hui en dessous de l'Action démocratique du Québec. M. Dumont réclame - puis vous l'avez entendu hier comme moi; réclame - de façon claire la réouverture de négociations avec le gouvernement fédéral sur la place du Québec, il réclame une nouvelle ronde de négociations constitutionnelles, ce que le gouvernement du Québec n'a pas le courage de faire, en évoquant simplement le fait que le fruit n'est pas mûr.

M. Chouinard (Tommy): Peut-être, pour préciser, si vous aviez une note à vous attribuer sur la performance que vous avez faite cet automne à l'Assemblée nationale, ce serait laquelle et pourquoi?

M. Boisclair: Mon Dieu, je compte sur vous pour la donner, la note.

M. Chouinard (Tommy): Mais ce serait laquelle?

M. Boisclair: Et je pense que ce serait un B+.

M. Chouinard (Tommy): Pourquoi?

M. Boisclair: Parce que la contribution a été importante, puis... Et, je vais vous dire une chose de façon très, très, très candide, il y a un apprentissage aussi là-dedans, là. Tu sais, je ne prétends pas aujourd'hui qu'en arrivant j'avais toutes les réponses, que j'avais toutes les attitudes. Il y a des réflexes, il y a un apprentissage, il y a un habit qui je pense me fait de mieux en mieux, et je regarde juste, simplement, au-delà de tous les débats politiques, ce qu'implique la job de chef quand on dirige une équipe.
J'ai rencontré, moi, les députés un par un, je fais partie d'une certaine façon un peu de leur vie, ils sont venus me confier leurs espoirs, parfois leurs difficultés, les projets qu'ils avaient, mais aussi les difficultés qui se posaient sur leur chemin d'accepter ce rôle et de le jouer avec une équipe de 45 députés, je dois vous dire, c'est tout un défi et c'est ce dont je suis le plus fier comme chef de ce parti, de diriger une équipe qui est unie, qui se tient. Et quand on se souvient des critiques qui avaient été faites au lendemain de la course à la chefferie et puis du scepticisme que certains avaient évoqué à mon endroit, qu'est-ce qu'on réalise aujourd'hui? C'est que les députés, là, et les gens du parti, ils sont convaincus qu'ensemble, on est capables de faire une bonne job.
Et il est là pour moi le premier test. C'est de voir que cette équipe que je dirige, elle est en forme, elle performe, ils ont hâte aux élections, ils sont prêts pour le déclenchement de l'élection au moment où M. Charest décidera de le faire. Pour moi, là, ça, c'est le plus beau test de réussite, de voir que j'ai derrière moi une équipe soudée qui sait où elle s'en va puis qui a le goût de mener la bataille pour la prochaine campagne électorale.

M. Chouinard (Tommy): O.K., dans l'ordre: Deltell, Duchesne, Desoer, Plouffe, Boivin, Drainville, Lavoie. Gérard Deltell.

M. Boisclair: Mon Dieu! Je vais sortir d'ici...

M. Deltell (Gérard): M. Boisclair, vous célébrez aujourd'hui... vous célébrez aujourd'hui, M. Boisclair, le 13e mois à la direction de votre parti, on approche du temps des fêtes, le temps des résolutions, qu'est-ce que vous devriez améliorer dans votre leadership?

M. Boisclair: Bien, c'est... la même chose qu'il faut améliorer, c'est toujours encore plus de travail, c'est encore plus de rigueur, c'est encore plus de profondeur. Mais je vois des gens qui, lorsqu'ils font des critiques à l'endroit du Parti québécois puis du leadership, qu'ils souhaiteraient aujourd'hui que je m'engage immédiatement dans le débat électoral. Moi, je suis d'une école très, très classique, c'est l'école de Jean Royer, c'est l'école de Stéphane Dolbec, c'est l'école d'Hubert Thibault, c'est l'école de tous ces gens, moi, avec qui j'ai travaillé en politique en rappelant, d'abord et avant tout, que de l'Assemblée nationale et du salon bleu que le défi, c'est de faire une critique sévère du gouvernement et ce n'est pas d'essayer de faire à travers une période de questions l'illustration de la force de l'alternative.
Ce travail-là, il va se faire en campagne électorale, mais en attendant, j'ai une job de chef de l'opposition, c'est un rôle important à jouer dans notre système parlementaire, j'ai la responsabilité de demander au gouvernement de rendre des comptes, j'ai la responsabilité de m'assurer que les dépenses publiques sont faites dans le respect de l'intérêt public et conformément à nos règles et c'est ce que nous avons fait pendant cette session. Je pense qu'on l'a bien fait. Et pour le reste, bien il y a une campagne électorale qui s'en vient. La semaine prochaine, je suis sur le terrain, on va aller, si ma mémoire est juste, faire un tour à Matane, on va aller dans l'Outaouais, on va aller aussi dans le Centre-du-Québec, regarder ce qui se passe aussi sur le terrain. Vous avez vu ce qui se passe à l'Assemblée nationale, mais sur le terrain avec les gens, c'est... Encore récemment, demandez à Rosaire Bertrand, dans Charlevoix, les gens, ils sont contents du leadership que j'exerce, il y a de la bonne humeur au PQ.

M. Chouinard (Tommy): Une dernière question, Gérard.

M. Deltell (Gérard): Oui. Parlant de terrain et de campagne électorale, la SONACC, on en entend beaucoup parler sur le terrain. La Sûreté du Québec mène l'enquête: rapport fort probablement mars-avril, tiens, par hasard, en plein milieu de la campagne électorale éventuelle. Dans quelle mesure pensez-vous que ça peut influencer le vote?

M. Boisclair: D'aucune façon. moi, je pense... On verra. Les Québécois jugeront. Mais, ce qui est clair, c'est que ce qui s'est passé là mériterait certainement d'être condamné. Je pense que des enquêtes nécessaires doivent se faire, que ce soit à la Sûreté du Québec ou au ministère du Revenu. Les autorités responsables doivent se saisir de cette question et je pense que c'est ce qu'ils ont fait et que ceux qui ont erré et qui ont violé les principes fondamentaux de la loi méritent tout simplement d'être traduits devant les tribunaux.
Pour le reste, si vous voulez parler de ce qu'il y a dans le paysage politique pour le mois de mars, on pourrait très bien aussi se parler du rapport d'Option Canada et du juge Grenier.

M. Chouinard (Tommy): Pierre Duchesne, Radio-Canada.

M. Duchesne (Pierre): M. Boisclair, le bilan de cette session-là, qui est votre première comme chef de l'opposition et du parti, on a vu que votre vis-à-vis, M. Charest, s'est défini de façon assez particulière à votre égard, en parlant constamment de vos problèmes de jugement et de maturité. Est-ce que ça, c'est des accusations qui font mal?

M. Boisclair: Ce sont des... je pense que les Québécois vont juger sur le fond des choses. Et à chaque fois que des accusations comme celles-là sont portées, moi, je vais vous dire un peu, ça me glisse sur le dos comme de l'eau sur le dos d'un canard. Je connais assez la politique et le débat politique pour savoir que c'est le même homme, qui me fait ce genre d'accusation, qui est capable, lorsque je le croise dans un corridor, de me serrer la main ou même de temps en temps me faire un clin d'oeil après m'avoir critiqué très sévèrement à l'Assemblée nationale. Je comprends sa joute politique, je comprends ce qu'il cherche à faire sur le plan des communications, mais je vois que tout ça n'est qu'une petite game politique sans envergure, qui nous écarte des débats fondamentaux. Et je pense que c'est pour ce genre de raison que M. Charest lui-même sera discrédité. C'est clair que, quand il fait ce genre d'accusation, puis dans les instants qui suivent qu'il est capable de me faire un clin d'oeil puis de me regarder en souriant, que ça fait essentiellement partie d'une petite game politique, c'est de la petite tactique «cheap» et ça ne mène nulle part, et ce n'est pas ça que les Québécois souhaitent, ce n'est pas le type de leadership.
Et vous remarquez, ce qui est frappant, c'est qu'à chaque fois où M. Charest fait ce type d'accusation, c'est pour cacher sa propre turpitude, lui qui est premier ministre, puis qui a des comptes à rendre à la population. À quel moment M. Charest a fait ce genre d'attaque? À chaque fois qu'on le questionnait sur le déséquilibre fiscal, quand on l'a questionné sur la défense des intérêts du Québec, quand on a l'a questionné sur le non-respect de ses engagements. Cette stratégie-là, ça peut marcher à l'Assemblée nationale, ça peut séduire quelques-uns d'entre vous qui pourraient le trouver habile, mais la population n'embarque pas là-dedans, ce n'est pas ça qu'ils attendent du premier ministre du Québec.

M. Chouinard (Tommy): Denis Lessard, Radio-Canada.

M. Lessard (Denis): Juste un petit complément. M. Charest aussi, hier on l'a vu, puis il le fait souvent, se sert même de votre option pour vous mettre sur la défensive, hein, de votre promesse référendaire. Alors, c'est un peu étonnant pour M. Charest votre promesse référendaire, là, c'est risible.

M. Boisclair: Bien, voyons, d'abord...

M. Lessard (Denis): Il se sert de ça pour vous mettre sur la défensive.

M. Boisclair: Bien, oui, mais, regardez bien ça, tout ça, c'est une question de perspective puis comment vous réagissez à ce genre... vous-même, comme analyste, comment vous réagissez à ce genre d'attaque là? Il est où le programme constitutionnel du Parti libéral du Québec? Est-ce que véritablement on peut admettre que le Parti libéral a une position constitutionnelle claire, forte qui s'inscrit dans la tradition de ce parti? Tout ce qu'ils ont comme position constitutionnelle, c'était la création du Conseil de la fédération. Alors, si des gens font le choix d'embarquer dans cette critique-là puis lui donner de la crédibilité qu'ils le fassent, mais, moi, je ne donne pas de crédibilité à ce genre d'attaque. M. Charest n'a pas de position constitutionnelle, il nous a dit pendant cette session que le fruit n'était pas mûr pour rouvrir des négociations constitutionnelles avec le gouvernement fédéral, il va en dessous de ce que Mario Dumont propose aux Québécois, elle va se retrouver bien seule sur son île, M. Charest. Puis, quant à notre option, pensez-vous que c'est un obstacle?
La souveraineté se porte mieux que le Parti québécois dans les sondages. Vous voyez des chiffres entre 45, 47 parfois 48. La souveraineté, ce n'est pas un obstacle pour le Parti québécois, la souveraineté, c'est au coeur de notre engagement politique, c'est dans la tête puis dans le coeur de millions de Québécois, puis je vais en parler fièrement pendant la prochaine campagne électorale. M. Charest, il nous dira bien, lui, ce qu'il propose.

M. Chouinard (Tommy): À tout le monde je vais demander d'être bref, s'il vous plaît. Frank Desoer, Radio-Canada.

M. Desoer (Frank): Mr. Boisclair, justement vous faisiez allusion aux sondages. Vous dites que le gouvernement Charest est au bout du rouleau, en fin de parcours en quelque sorte. Comment est-ce que vous expliquez que ce gouvernement-là remontre graduellement dans les sondages depuis déjà plusieurs mois, alors que le Parti québécois sous votre direction depuis un an est en chute?

M. Boisclair: Bien, d'abord, je ne lis pas les mêmes sondages que vous. Ça, c'est la première chose. La deuxième, c'est que c'est clair que, dans l'opinion politique, il y a quelque chose qui est apparu avec l'arrivée de M. Harper et on s'aperçoit jusqu'à quel point aujourd'hui le ballon Harper est en train de se dégonfler, on le voit bien et que la conjoncture est bonne pour les souverainistes, mais qu'il est clair qu'au Parti québécois on a encore des défis à relever. Et, dans les prochains mois, je reviendrai avec les militants du parti puis avec les candidats à la prochaine campagne électorale sur la définition d'une nouvelle social-démocratie et nous aurons à présenter aux Québécois une nouvelle version de nos priorités, nous aurons à présenter de nouveaux choix puis de nouvelles valeurs aux Québécois. Et c'est ce processus de transformation qui est engagé, plusieurs d'entre vous l'avez noté.
Le défi, pour moi, ce n'est pas de faire ça en un seul jour, je suis un gars qui est patient, je suis un gars qui est rigoureux, qui aime le travail de fond. Il est en marche, ce processus de transformation au Parti québécois, et je pense que quand les Québécois vont sentir que le PQ qui se présente à eux, en campagne électorale, n'est pas qu'un «remake» du PQ de 2003, que, sur le fond, a des orientations qui nous rapprochent davantage des Québécois, je pense qu'ils vont avec enthousiasme nous appuyer.

M. Lessard (Denis): Mais justement, précisément, M. Boisclair, pour beaucoup d'observateurs, l'image d'un gouvernement Boisclair éventuellement n'est pas très, très net, pas très clair. Comment est-ce que vous pourriez vous démarquer, là, concrètement de l'administration Charest sur justement certaines des questions sociales et économiques que vous venez d'évoquer?

M. Boisclair: Bien, jamais vous...

M. Lessard (Denis): Concrètement.

M. Boisclair: Bien, je pourrais bien vous nommer plusieurs exemples, mais ce qui est clair d'abord, c'est que, sur la question constitutionnelle, il y a des options de fond qui sont différentes, sur la question du rôle de l'État dans l'économie, jamais je ne ferai des discours comme ceux que M. Charest a fait en campagne électorale. Il a cultivé les pires préjugés envers l'interventionnisme d'État avec comme résultat, aujourd'hui, que le taux d'emploi au Québec est parmi les plus faibles, que l'investissement privé est en chute libre et que le produit intérieur brut du Québec croît à un rythme très, très faible. Nous sommes une des dernières provinces canadiennes en termes de croissance du produit intérieur brut. Et sur le fond, jamais je n'irai faire les choix que M. Charest a faits pendant la dernière campagne électorale. Je pense qu'il en paie aujourd'hui le prix, et on le voit par le faible rendement de l'économie québécoise. Et sur d'autres questions sociales, et d'ailleurs sur la... En tout cas, ça me fera plaisir...

M. Chouinard (Tommy): Robert Plouffe, TVA. Je m'excuse. Robert Plouffe, TVA.

M. Plouffe (Robert): M. Boisclair, hier, M. Dumont a fait allusion à l'épisode de la tente en disant que les Québécois vont regarder dans la tente et vont dire: Nous, on n'embarque pas là-dedans, en faisant... évidemment en parlant de vous.
L'épisode de la tente, vous avez profondément déçu même des députés chez vous, des militants. Même, on dit que des courriels ont commencé à circuler pour se demander si ce n'était pas le temps même de tasser M. Boisclair. Par contre, il y a une élection qui s'en vient assez proche. Est-ce que vous êtes conscient justement de la déception que vous avez créée chez vos troupes?

M. Boisclair: Bien, moi, je vois, et comme vous, tu sais, je vous ai dit de façon bien claire, si c'était à refaire, là, je ne le referais pas. Maintenant, je n'avais aucune idée du contenu de ce qui allait être diffusé et on m'avait assuré que ce serait de bon goût. Puis, cette invitation, elle m'est venue par des gens qui sont plutôt près du Parti québécois et qui m'avaient assuré de leur bon goût puis de la façon intelligente dont ils allaient traiter les choses. À l'évidence, quand je vois la controverse qui a été lancée alentour de ça, je vous ai dit de façon claire que je ne le referais pas.

M. Plouffe (Robert): Vous avez été piégé?

M. Boisclair: Ça, je vous ai répondu, je n'avais aucun contrôle sur ces contenus-là. On m'avait donné un certain nombre d'assurances que ce serait de bon goût. Puis là-dedans il y a bien plus de naïveté que n'importe quoi d'autre.

M. Chouinard (Tommy): Rapidement, Robert.

M. Plouffe (Robert): Le fait d'agir de cette façon-là maintenant... vous avez vu M. Landry prend beaucoup de place. Je ne sais pas si vous pouvez commenter le rôle de belle-mère de M. Landry, mais on a l'impression que les gens se retournent vers M. Landry beaucoup, parce qu'on dit: Bien, si le chef actuel fait ce genre de gaffe là, peut-être qu'on pourrait revenir avec l'ancien chef. J'aimerais ça vous entendre sur le rôle de belle-mère de Bernard Landry.

M. Boisclair: Je suis très content, moi, de la contribution de M. Landry, puis c'est un gars à qui je parle régulièrement, que j'estime, qui a encore une puissante place dans l'opinion publique, comme M. Bouchard, comme M. Parizeau, comme tous ceux qui ont dirigé le Parti québécois. Je suis très content de voir qu'ils sont là, puis je ne prends d'aucune façon ombrage à leur contribution. Je m'en réjouis puis je m'en félicite de voir qu'il y a encore des souverainistes qui aussi compétents, puissants, puis intelligents sont capables de participer aux débats publics. Mais c'est vrai que des fois, il y a des échanges qui sont... ça prend beaucoup de diplomatie, ça prend beaucoup de diplomatie, mais à date ça va plutôt bien. Ça va plutôt bien. Ça va plutôt bien.

M. Chouinard (Tommy): Mathieu Boivin, Journal de Montréal.

M. Boivin (Mathieu): Mme Lemieux, le premier ministre remet souvent en question le jugement de M. Boisclair. Sa propre marraine, la présidente du Conseil du trésor, on l'entend régulièrement dire: Manque de maturité à l'Assemblée nationale. M. Dumont, hier, disait: M. Boisclair n'a pas été capable de mettre le gouvernement dans les câbles. Vous, on connaît votre amour de la combativité parlementaire, pensez-vous qu'il y a un problème de leadership du PQ?

Mme Lemieux: Je pense que c'est Jean Charest qui a un problème. Quand on n'est pas capable de répondre sur le fond des choses et qu'on fait des allusions comme ça, c'est un grand signe de faiblesse. Jean Charest qu'est-ce qu'il fait, lui, quand il est face à des questions difficiles? Il envoie des mises en demeure. Les Québécois jugeront.

M. Boivin (Mathieu): Mais je vous pose la question sur le leadership au PQ. Avez-vous un problème?

Mme Lemieux: Je pense que le problème, c'est Jean Charest, et M. Boisclair il a parfaitement raison. Il joue une petite game, il essaie quelque chose mais, à un moment donné, les Québécois vont regarder comment les deux hommes se comportent. M. Boisclair a répondu à des questions qui étaient difficiles quand elles se sont présentées. Jean Charest, lui, il envoie des mises en demeure. Les Québécois jugeront.

M. Chouinard (Tommy): Bernard Drainville, Radio-Canada.

M. Drainville (Bernard): M. Boisclair, il y a une enquête du DGE présentement sur certaines pratiques de finalement au sein du cabinet de M. Couillard. Est-ce que du temps où vous étiez ministre, est-ce qu'il y avait de la sollicitation de contributions qui se faisait dans les cabinets ministériels?

M. Boisclair: Je ne suis pas informé de ça, d'aucune façon.

M. Drainville (Bernard): Il n'y a pas d'appel qui se faisait depuis les cabinets ministériels pour solliciter des fonds pour des cocktails, des tournois de golf.

M. Boisclair: Je peux juste vous parler de ce qui se faisait dans mon cabinet, monsieur. Pour le reste, je ne suis pas informé de ce genre de pratique là.

M. Drainville (Bernard): Alors, quand les libéraux disent: La raison pour laquelle vous n'avez pas relevé cette histoire-là à l'Assemblée nationale, c'est que ça se faisait sous le gouvernement du Parti québécois? Ce n'est pas vrai, ça?

Mme Lemieux: On n'a pas relevé - et je fais les choix des questions, c'est mon travail - on n'a pas posé cette question-là pour une raison très simple - parce que, des fois, quand on pose une question puis qu'on a une idée de la réponse, on passe à un autre appel, on perd du temps - il nous aurait répondu: Il y a une enquête du DGE. Pourquoi on aurait gaspillé deux, trois, quatre minutes sur cette question-là? Point à la ligne. On savait qu'il nous répondrait: Il y a une enquête du DGE. Qu'est-ce qu'on gagnait à poser cette question-là? Rien. On a posé une autre question.

M. Drainville (Bernard): Lorsque vous étiez ministre, il n'y en avait pas, de sollicitation, auprès de ces grandes compagnies?

Mme Lemieux: Moi, je n'avais pas personne assigné à temps plein comme ça a été désigné dans cette affaire-là, pas du tout.

M. Chouinard (Tommy): Gilbert Lavoie, Le Soleil.

M. Lavoie (Gilbert): M. Boisclair, vous avez parlé de choix et de valeurs tout à l'heure. Pouvez-vous m'expliquer en vertu de quels choix ou de quelles valeurs le gouvernement, qui manque autant d'argent, les gouvernements qui manquent tellement de marge budgétaire, finance encore une industrie aussi vieillissante, qui est condamné par tout le monde depuis toujours, celle des courses de chevaux?

M. Boisclair: Moi, si le choix était à faire - vous voyez d'ailleurs dans quel contexte s'est faite cette privatisation, vous avez vu les commentaires du Vérificateur général sur cette question, vous voyez aussi les coûts associés, parce que le gouvernement du Québec va contribuer encore de façon très significative au cours des prochaines années - si ce n'était rien que de moi, il n'y aurait pas un sou du gouvernement du Québec qui irait dans les courses de chevaux.

M. Lavoie (Gilbert): Est-ce à dire que, si vous prenez le pouvoir, vous allez - et ce qui est théoriquement possible - tenter de mettre fin à ce contrat avec...

M. Boisclair: Je ne peux pas, aujourd'hui... si c'était de moi, puis c'est le point de vue que j'ai exprimé à plusieurs reprises lorsque j'étais au gouvernement, je l'exprime encore aujourd'hui. Ceci étant, il y a des obligations contractuelles qui sont signées puis, en bout de course, je vais voir de quelle façon le... quelle est la nature de ces obligations. Parce qu'au net... On a déjà vu des gouvernements dans le cas, vous vous souvenez, de la privatisation de Pearson, à l'époque, il y a des engagements qui avaient été pris de privatisation, le gouvernement avait décidé de revoir, mettre fin au contrat, puis, au net, ça avait coûté plus cher aux contribuables.
Mais ce qui est clair, dans mon esprit: si, demain, je suis premier ministre du Québec, l'argent de l'État va servir aux missions fondamentales, et puis ce qui est clair, dans mon esprit, c'est que la vision progressiste des choses que nous avons nous amènera, d'abord et avant tout, à faire en sorte de soutenir un plan de croissance pour le Québec. Et ce que je veux faire, c'est soulager la fiscalité des entreprises pour être capable de soutenir la création d'emplois puis l'investissement privé. Ma priorité, elle est là; elle ne serait pas dans des investissements comme ceux qui ont été faits dans le passé.

M. Chouinard (Tommy): Alors, nous pouvons passer aux questions en anglais. Tim Duboyce, CBC.

M. Duboyce (Tim): Mr. Boisclair, you were talking earlier about Premier Charest's record, answering to the promises he made in 2003. So, how do you think Quebeckers should approach the promises he's going to be making in 2007?

M. Boisclair: Well, I think that Mr. Charest doesn't have much credibility. It was his last session for him to fulfill the commitments he had taken for the population of Québec and the fact is that he hasn't fulfilled his commitment, neither on the question of fiscal imbalance, neither on a reinvestment in the health sector neither in the fundamental promise he took at the last election to lower the taxes of Quebeckers. And I think that Quebeckers will be very, very suspicious when they hear Mr Charest take new commitments for the future. And this is why I'm so careful here today. When I see the kind of commitment they've taken for the coming years, today, in 2006, we have commitments taken by the Québec Government that go till 2013. So it will be quite a problem for us to present a political platform and a fiscal frame in which the next Government will operate. The margin of manoeuver of the next government is already in part affected by the decision of the Charest Government. So I will be very, very careful in the commitments I will take in the next electoral campaign.

Journaliste: When you hit the campaign trail, how much of a challenge or what kind of challenge do you think Mario Dumont and the ADQ will pose for you?

M. Boisclair: I think that one of the inputs on battlefield for the next general election will be Québec City and Chaudière-Appalaches. I know that Mario Dumont will be very present here. But I hope that the team that I've been able to gather around me will play an important role. And I'm very, very confident that we will be able to gain the confidence of the people of Québec City and the people from the South Shore also. So that's an interesting challenge for me. And it's clear that the Parti québécois will present a clear position to these people, clear commitments also. There's going to be a very interesting game in Québec City.

Le Modérateur: Kristy Rich.

Mme Rich (Kristy): Mr Boisclair, how concerned are you that the upcoming election campaign will be as dirty as some of the comments we've heard directed at you and the Assembly over the past week?

M. Boisclair: I thrust Quebeckers. I thrust Quebeckers and they will judge at the end.

Mme Rich (Kristy): You've been criticized by some of your critics for not being very clear...

M. Boisclair: A critic, you know, that makes you better.

Mme Rich (Kristy): Some of your critics say that you haven't been very clear on what a PQ Government would do on a number of the issues you've been criticizing the Government about. What are we going to hear more about what the PQ Government...

M. Boisclair: You know, sometime in the way I do politics I might be sometimes a bit too conservative. But I feel that it's not from the Québec National Assembly, from the period of questions, that I have an occasion for me to present my vision of things. And this is why I expect soon an electoral campaign. And it will be during the campaign that the PQ will be able to present its platform. And people will have the choice between different policies.
So my role is... The role of the leader of the opposition is an important role. And my job in the Québec National Assembly was to ask the Québec Government to be accountable to tell Quebeckers what were their priorities, why they were taking a decision instead of another, why they... how they were spending the money of the taxpayers, and this is what we've done in a very very efficient way. And thank you to the work of Diane Lemieux and all the members of my team and I'm very proud of what they've done.

Le Modérateur: John Grant.

M. Grant (John): The Premier in the past little while has been testing lines that would lead us to think that he's not gonna run on his record, he's gonna run against the PQ record from 1998 to 2003 plus your perceived incapacity to lead the province. So how can you present a team and a thing that can counter that kind of arguments?

M. Boisclair: I wont play that game. If he wants to play in that ring he will be alone. And Quebeckers are expecting another type of leadership, not the kind of leadership when you have difficult question you hide away. Many times in the Québec National Assembly I rose to ask questions to M. Charest and he stayed seated and he refused to engage in a debate. So that may be his strategy but I think it's not a useful and it's not a efficient strategy and this is not what Quebeckers are asking now. Quebecker are asking for a new type of leadership, Quebeckers are asking for an honest Government, Quebecker are asking for a Government who will defend their interest in particular with Ottawa, and this is what the Parti québécois will provide. And whatever M. Charest's strategy, we will have a positive campaign, we will talk about the issue that are facing Quebeckers in real life and I feel that Quebeckers will be very enthusiastic not only by a platform but by a team that will be able to gather around me.

Le Modérateur: Kevin Dougherty.

M. Dougherty (Kevin): M. Boisclair. Are you ... when M. Landry talked about Québec becoming sovereign in 2005, you're talking about having a referendum as soon as possible. So spring election, probably a referendum?

M. Boisclair: You know, as soon as possible in the first mandate, and we'll see. I don't even have the date of the election so we'll see what's gonna be the option then. And the test will always be the same for me. If the Parti québécois is elected, I will have to build a coalition of different people who will get involved in the next electoral campaign. Sovereignty doesn't belong to André Boisclair, sovereignty doesn't belong to the members of the Parti québécois, Sovereignty belongs to Quebeckers. And I am very confident that I will be able to gather around the PQ and around government Quebeckers from all spectrum, Quebeckers coming from all different backgrounds on the political spectrum, and I feel that they are the ones with us that will make this referendum possible.

M. Dougherty (Kevin): The arrival of Stéphane Dion, Mr Clarity, does that change anything in the as soon as possible scenario?

M. Boisclair: I think that the interesting question facing all the members of the Québec National Assembly right now, might they be from the ADQ or the Liberal Party or Québec and the PQ is. When will be the next general election and will the federal election come before the provincial election? That would be, you know, an interesting scenario seeing... but it's just, you know, it's very hypothetical. But I would like to play in a role where, you know, Harper would be defeated and the Liberals and Dion would become Prime Minister of Canada. That would be a very interesting game.

M. Dougherty (Kevin): Why? Why is it interesting for you?

M. Boisclair: Well, I think because it's clear that the only hope for Mr. Charest in the coming months is a more efficient dialog with the Harper Government, because Mr. Charest will have much to present to Quebeckers on the way he defended the interests of Quebeckers. So, the last hope he has, even though he is stuck with an horrific «bilan», is a possible agreement on some issues with the federal Government. And the only one that will provide such kind of agreement is the Harper Government. And it's clear, when you see the position that Mr. Dion took on fiscal imbalance, when you see the position he took even on the recognition of the nation, that there is not much for us to expect from the Liberal Party of Canada, in particular when you notice that, at their last convention, they decided to play an even more active role on education and they're looking for national policies on education. So, it's clear that, as soon as such kind of policies become on the political table, that will enter in a real debate with the Québec Government.

M. Chouinard (Tommy): Caroline Plante.

Mme Plante (Caroline): M. Boisclair, can you explain why you're giving yourself a B+?

M. Boisclair: Because I'm happy about the contribution of the Parti québécois in the last session. I'm very happy to see that we've been productive, have been... I'm happy to see that we've added a positive contribution to many legislation. I think that the Québec Government had to withdraw some of their proposals, in particular on... «sur les taxes scolaires». Very happy about the contribution on the nation, where we contributed in a very, very important way in the debate in the Québec National Assembly. All of these make me think that I've been able to organize around me an efficient team.
I'm very happy also to see the solidarity of the team of the Parti québécois, because they are the ones who see me in the everyday life, they are the ones that see what kind of leadership I am able to exercise in my team, and I feel that the caucus is behind me. And, if I've been able to do that with the caucus, if I've been able to do that with the party, I'm sure that I'll able to do it with the population itself.

Mme Plante (Caroline): You're not giving yourself an A?

M. Boisclair: You know, that's for you to judge. If you want to, I'd be very pleased. If you want to write in your article...

Mme Plante (Caroline): ...personally don't think you...

M. Boisclair: ...that I deserve an A...

Mme Plante (Caroline): You don't think you deserve an A?

M. Boisclair: If I would have said A, you know, you would have said: Ah, this foolish arrogant guy, and this, and that. You know, come on! So, you know, that's a trap, you know. How do you want to be killed, suspended or with the electrical chair? The idea is, you know, I want to stay alive.
And I'm happy, and I like the job. To tell you the truth, I like the job. I was happy to be here in Parliament, I had a fantastic time with Diane Lemieux. It was sometimes very difficult, we entered in a tough debate sometimes, but we also had a lot of fun, and the members of the Parti québécois, we've been through many important weeks for us, and I see some people around me who are happy, who want to enter in a debate with Mr. Charest.

Mme Plante (Caroline): Quickly, about 142, if the Government is... well, decides to retract 37, do you think that they should do the same for 142?

M. Boisclair: Well, you know, if the Québec Government recognizes that they didn't negotiate in a fair fashion with the doctors, they should also recognize that they didn't really negotiate with the civil servants, and the question will come. And this is why I still say that, if the Parti québécois is elected, we will amend some of the content of 142, it's clear to me.

M. Chouinard (Tommy): D'accord. Merci.

M. Boisclair: Merci beaucoup.

(Fin à 11 h 28)