Point de presse de Mme Pauline Marois, chef du deuxième groupe d'opposition

Le jeudi 7 février 2008

 

(Quatorze heures trente-cinq minutes)

Mme Marois: Alors, bonjour, ça me fait plaisir de vous retrouver au sein de cette Assemblée, notre Assemblée nationale.
Alors, ce matin, on a eu une excellente rencontre avec les collègues de la députation. Se sont joints à nous aussi les candidats et candidates qui sont déjà choisis dans nos circonscriptions. On était heureux de se retrouver. Alors, ce qui a prédominé et, je vous dirais, ce qui a fait consensus, c'est d'abord des principes, je vous dirais: audace, cohérence et rigueur. Les gens sont préparés à reprendre le travail parlementaire. Ils sont allés sur le terrain, pendant un certain temps évidemment ont retrouvé leur famille, mais ils se sont surtout, comme je l'avais souhaité, mis à l'écoute de leurs concitoyens, se sont ressourcés, ont discuté aussi avec les militants.
Alors, nous avons fait le point ce matin sur les attentes que nous avions à l'égard du gouvernement. Nous avons fait le point aussi sur certaines orientations que nous voulions privilégier autour de la plateforme électorale et les positions que nous prendrons éventuellement au moment des débats parlementaires. Ce qui ressort à l'évidence, c'est, bien sûr, une certaine inquiétude pour ne pas dire davantage au niveau de l'économie, et ça il faut le traduire concrètement, ça veut dire au niveau de l'emploi. On est inquiet dans plusieurs régions du Québec. Ce qui se passe du côté américain pourrait avoir un impact sur nous et on ne voit pas ce qu'a à proposer l'actuel gouvernement. Donc, l'économie, l'emploi, le développement de nos régions, la famille, la famille dans tous ses aspects, autant les jeunes familles que les gens âgés que nos adolescents et on sent, là encore, une attente très grande à l'égard de support, d'accompagnement qu'il s'agisse de logement ou d'aide à domicile ou d'aide aux enfants.
Et, bien sûr, toute la question de la langue, de l'immigration, qui préoccupe nos collègues mais qui sont le reflet du point de vue qu'a la population à cet égard et le manque de transparence du gouvernement dans ces dossiers très fragiles et qui exigent des interventions majeures et significatives. Alors, voilà de façon très générale et à larges traits, parce que mes collègues pourraient vous le dire, on a discuté de pas mal plus de choses que de cela, mais je dirais en synthèse c'est ce qui ressort.

Journaliste: Mme Marois, qu'est-ce que vous pensez de la... j'allais dire réforme, n'appelons peut-être pas ça comme ça, que Mme Courchesne a indiquée, hier, pour améliorer le français à l'école?

Mme Marois: Je suis d'accord à ce qu'on agisse... Oui, c'était ma réforme soit dit... mais plus que ça. Je suis d'accord à ce qu'on agisse sur le front du français pour l'améliorer. N'oubliez pas que dans la Loi sur l'identité il y avait des éléments qui concernaient l'amélioration de l'apprentissage du français à l'école. Alors, c'était déjà pour nous un objet de préoccupation. La question tout de suite qui vient cependant: est-ce qu'elle mettra les ressources nécessaires pour s'assurer que les objectifs soient atteints?

Journaliste: Par ailleurs, Mme Marois, il ne s'est pas trouvé beaucoup de gens pour trouver que c'était une très bonne idée que de donner le cours d'histoire et de géographie en français. Est-ce que ça demeure quand même quelque chose que vous envisagez?

Mme Marois: En anglais, en anglais.

Journaliste: J'ai dit... En anglais.

Mme Marois: D'abord, mettons les choses au clair, là, et au point. L'objectif, c'est que nos enfants sortent de l'école secondaire en ayant une bonne connaissance d'une langue seconde et, dans le cas présent, il s'agit de l'anglais. Je crois que c'est... dans le monde dans lequel nous vivons, que ce soit en Amérique du Nord ou ailleurs sur la planète, c'est devenu essentiel pour pouvoir communiquer avec d'autres citoyens, entre autres, à travers le monde. Donc, que nous connaissions... En plus du fait qu'au plan culturel, c'est un enrichissement, il ne faut jamais négliger ça. Donc, objectif que nos jeunes sortent de nos écoles secondaires en connaissant l'anglais. Ce n'est pas en leur offrant un cours une heure par semaine, en première année, qu'on va permettre à nos jeunes d'apprendre l'anglais, on va peut-être même les démotiver dans un certain sens, donc pas d'anglais avant la cinquième année ou la sixième année. Les méthodes généralement reconnues, c'est de l'anglais intensif et c'est de l'immersion, et c'est à titre d'exemple évidemment que j'ai donné... que j'ai dit: Il y a des cours qui pourraient se faire en anglais dans une perspective d'anglais intensif et d'immersion. On sait qu'il existe différentes méthodes d'apprentissage à cet égard-là, certaines écoles utilisent déjà ces méthodes, alors on s'inspirera des meilleures pratiques, que ce soit celles-là ou une autre, mais l'objectif c'est que les enfants sortent de l'école en maîtrisant l'anglais.

Journaliste: Il pourrait y avoir effectivement des cours de type histoire ou géographie en anglais.

Mme Marois: Il pourrait y en avoir dans la perspective où évidemment c'est en vue justement de pratiquer l'anglais, de pouvoir comprendre des concepts, de pouvoir comprendre des contenus.

M. Deschênes (Alexis): Mme Marois, vous parliez de rigueur, pouvez-vous être un peu plus précise? Ce matin, vous disiez: On est prêts à aller en élection si, dans le budget... si le budget ne contient pas des mesures significatives. Quelles mesures attendez-vous et à combien se chiffrent ces mesures?

Mme Marois: Alors, c'est bien que vous mentionniez rigueur parce que c'est rigueur et sens des responsabilités, et nous avons débattu ce matin de préoccupations qu'avait la population et des attentes qu'elle avait à l'égard du prochain budget, et entre autres ça concerne l'économie, ça concerne le développement des régions, ça concerne les familles, ça concerne certaines mesures sociales, et nous serons présents lorsqu'il sera venu le temps de dire ce que nous souhaitons voir inclus au budget et ce que le gouvernement voudra aussi... voudra bien proposer aussi. En ce qui concerne la question de la famille, il y a bien sûr aussi, faisant le lien entre économie et famille, il y a l'éducation.

M. Deschênes (Alexis): Mme Marois, deuxième question. J'écoutais aussi M. Legault, et il disait: Le gouvernement Charest n'a pas de marge de manœuvre, mais nous voulons qu'il s'en trouve pour lancer un plan de relance économique. Donc, si on suit son raisonnement - je ne sais pas si vous le partagez - vous allez voter contre le budget parce que le gouvernement n'aura pas ce qu'il faudra pour mettre de l'avant un plan de relance économique.

Mme Marois: Nous prendrons la décision que nous jugerons la plus pertinente, si le gouvernement est capable de répondre aux attentes de la population québécoise, que nous tenterons de traduire le mieux possible, et, s'il réussit, nous prendrons nos décisions à ce moment-là.

Journaliste: Mme Marois, votre critique à l'environnement a demandé de dévoiler ses études sur le projet Rabaska, le gouvernement a refusé. Est-ce que vous avez d'autres avenues pour l'amener à bouger dans ce dossier-là?

Mme Marois: D'abord, je trouve que c'est carrément inacceptable que le gouvernement cache des études, et il s'agissait, j'ai compris pendant les derniers jours, d'études venant de l'Environnement, mais là, il s'agit de santé publique, et ce n'est page, là, mais il y aurait des études plus complètes qui existent. Et il l'a fait au niveau de la langue, il le fait au niveau d'un projet qui concerne la vie des gens, je crois que c'est carrément inacceptable. Quels moyens, dans une démocratie, avons-nous, si ce n'est de réclamer, à travers les institutions, la Commission d'accès à l'information, si ce n'est de porter des blâmes, de porter des... de faire des motions à l'Assemblée nationale pour réclamer de telles études? Mais je crois cependant que la sanction la plus importante, c'est le fait que les citoyens perdent confiance dans leur gouvernement, et ça, c'est grave dans une démocratie.

Journaliste: Question hypothétique: Si vous étiez élue au printemps, par exemple, qu'est-ce que vous feriez dans ce dossier-là?

Mme Marois: Dans ce dossier-là, on ferait la première chose qui aurait dû être faite: on évaluerait les besoins énergétiques du Québec avant de prendre une décision sur, un, deux ports méthaniers puis on parle même peut-être d'un troisième. Ce serait la première chose que l'on ferait, et, après, on évaluerait s'il est pertinent d'avoir une ressource comme un port méthanier, et, si c'est nécessaire, on refera le débat.

Journaliste: Ce matin, Mme Marois, vous avez dit que la crédibilité de la ministre St-Pierre était minée, est-ce qu'aujourd'hui sa crédibilité est suffisante pour demeurer en poste?

Mme Marois: Je crois qu'il faut demander à M. Charest de poser ce jugement. C'est lui qui la nomme, c'est lui qui l'a choisie pour occuper cette fonction, s'il croit qu'elle peut toujours servir dans une tâche qui est essentielle actuellement et où les citoyens sont inquiets, il vivra avec ses décisions. Ce n'est pas à moi à décider du sort de Mme St-Pierre.

Journaliste: O.K. Donc, vous, la démission de Mme St-Pierre, vous ne la réclamez pas cette démission-là, finalement?

Mme Marois: Je crois que le premier ministre, c'est sa première... C'est la première responsabilité d'un premier ministre que d'établir des orientations, des priorités et de choisir les personnes qui vont les porter, s'il pense que ça répond aux besoins et qu'il la laisse là, ce sera son choix, et il vivra avec les conséquences.

Journaliste: Maintenant, vous avez parlé d'un grand ménage... Vous avez parlé d'un grand ménage au sujet de la langue française, pouvez-vous être plus précise, là? Qui on va balayer?

Mme Marois: Non. En fait, je ne veux pas nécessairement qu'on balaie qui que ce soit, ce que je veux, c'est qu'on respecte la loi, qu'on l'applique, et je souhaiterais davantage qu'on renforce la loi 101. Vous le savez, dans le projet de loi sur l'identité, nous avons demandé que soient apportées des modifications à la loi 101. Je souhaite qu'on investisse davantage de ressources pour franciser les nouveaux Québécois. Il y a des gestes concrets à poser actuellement, et la première chose qu'il devrait faire, c'est de rendre publiques les études qui existent. Encore ce matin, on sème le doute sur le fait qu'une étude serait cachée depuis un certain temps. Alors, qu'on arrête de manquer de respect à l'égard des citoyens du Québec, et faire le ménage, c'est de respecter d'abord et avant tout les attentes des gens et, à mon point de vue et très franchement, d'être transparent à cet égard-là.

Journaliste: Mme Marois, bon, vous en avez parlé ce matin, je reviens un peu sur la question de mon collègue. La question de la langue, vous savez, ça, ça transcende la question des partis, la question partisane.

Mme Marois: Oui.

Journaliste: Alors, est-ce que vous estimez que Mme St-Pierre actuellement maîtrise suffisamment le dossier pour pouvoir mener à bien sa tâche?

Mme Marois: Écoutez, vous êtes tout autant à même que moi de poser une évaluation...

Une voix: ...

Mme Marois: C'est à moi que vous le demandez. Moi, je crois qu'actuellement le gouvernement n'assume pas ses responsabilités à l'égard de la langue. Est-ce que c'est la présidente de l'office? Est-ce que c'est la ministre? Est-ce que c'est le premier ministre qui ne donne pas les directives, qui n'envoie pas de bons messages et qui n'indique pas la voie à suivre? Il y a quelqu'un en quelque part de responsable. Mais moi, ce que je vous dis comme chef du Parti québécois, chef de la deuxième opposition... Tout le monde aime ça, entendre ça, semble-t-il. Je me sens pourtant la chef quasiment de la première opposition de ce temps-ci.

M. Gendron: Moi, je n'aime pas ça, entendre ça.

Mme Marois: Toi, tu n'aimes pas ça, entendre... Non, mais je trouve que ça n'a pas de bon sens. C'est sa responsabilité, il ne l'assume pas.

Journaliste: O.K. Une autre question. Est-ce que vous croyez que la population, vraiment, la population québécoise serait heureuse avec la perspective d'aller en élection ce printemps?

Mme Marois: Je ne pose pas la question sous cet angle-là. Je crois que la population québécoise s'attend à ce que son gouvernement propose des actions concrètes pour répondre à leurs besoins: c'est en matière d'emploi, d'économie, arrêter l'hémorragie dans le secteur forestier, agir sur le front du secteur manufacturier - le développement des régions, actuellement il y a des inquiétudes majeures de ce côté-là - les questions qui concernent les familles, les personnes âgées, qui concernent l'éducation et la langue. Alors, si on est capable... Puis il y a d'autres éléments sur lesquels on pourrait revenir, mais, je vous dis déjà, c'est ce que nous avons entendu, nous. Et, si le gouvernement répond aux besoins de la population, on se posera la question si c'est nécessaire à ce moment-là d'aller en élection. Mais ce n'est pas la première question que je me pose quand je veux évaluer l'action du gouvernement, c'est la réponse aux besoins des citoyens.

Journaliste: Mme Marois, vous parlez de vos préoccupations budgétaires, il y a une longue liste. Est-ce que vous allez...

Mme Marois: Elle n'est pas si longue que ça, là.

Journaliste: Non, elle est courte? C'est justement ma question: Est-ce que vous allez avoir des demandes extrêmement précises? Et combien de ces demandes-là dans les différents secteurs?

Mme Marois: Alors, actuellement nous avons établi les priorités, vous les avez notées, et nous verrons ce que proposera le gouvernement, et nous évaluerons s'il y a lieu d'établir des quantums. Nous n'en sommes pas là actuellement.

Journaliste: Avec une longue liste comme ça, on peut présumer qu'il y a peut-être un petit désir d'aller en élection.

Mme Marois: Non, je vous reprends, il n'y a pas une longue liste. Ce sont les termes sur lesquels nous sommes intervenus à quelques reprises dans le passé. J'avais demandé à mes collègues de la députation, avant de quitter pour Noël: Rendez-vous disponibles auprès de vos concitoyens, écoutez les gens dans vos familles, dans vos milieux. On a eu des rencontres avec les militants dans plusieurs coins du Québec puisque c'étaient des rencontres en vue de préparer le conseil national. Et la liste n'est pas si longue. Mais elle est importante. Quand on dit l'économie, l'emploi, le développement des régions, c'est lié. On en convient. La famille, l'éducation, les questions linguistiques et d'accueil... La liste n'est pas si longue.

Journaliste: Vous avez dit tantôt: Je me sens un peu comme la chef de la première opposition. Est-ce que vous sentez au sein de votre caucus un désir de justement passer à la première opposition?

Mme Marois: Je n'ai pas nécessairement un désir. Je crois qu'ils ont agi comme étant l'opposition officielle dans plusieurs cas. Vous le savez, vous-même, pour être à même d'observer les travaux et la façon dont ça se passe. On a, pendant les périodes de questions, été très rigoureux, essayé d'éviter de tomber, là, dans des approches irresponsables. Dans les commissions parlementaires, nous avons marqué «présents» tout le temps avec une étude étoffée des dossiers et essayé de faire des demandes responsables et raisonnables. Et en ce sens-là, je crois qu'on joue correctement notre rôle.

M. Perron (Sébastien): Il y a des consultations pré-budgétaires. M. Legault a déjà parlé à...

Mme Marois: Oui.

M. Perron (Sébastien): ...Mme Jérôme-Forget. Est-ce que justement il lui a fait part de ce fameux plan de relance là? Et est-ce qu'on a détaillé quelques points qui seraient essentiels ou critiques pour vous?

Mme Marois: Nous n'en sommes pas là pour l'instant. Il y a eu des échanges, mais nous n'en sommes pas là pour l'instant. Il y aura d'autres rencontres.

M. Deltell (Gérard): Mme Marois, M. Legault nous a dit tout à l'heure qu'il n'y avait pas de marge de manœuvre du gouvernement. En décembre dernier, pour créer une marge de manœuvre, vous aviez dit: Pourquoi ne pas reprendre le point de la TPS et le mettre à la TVQ? Est-ce que vous maintenez encore le même plan de match? Souhaitez-vous que le gouvernement augmente la TVQ au prochain budget?

Mme Marois: C'est au gouvernement à prendre ses décisions. Nous ne le formons pas actuellement. Il a des responsabilités, et c'est à lui de les assumer. Nous...

M. Deltell (Gérard): Mais est-ce que vous souhaitez ça?

Mme Marois: C'est à lui d'assumer ses responsabilités et c'est à lui de prendre ses décisions. Nous avons dit qu'il avait raté une occasion. Nous ne sommes pas au gouvernement. Qu'il vive avec ses décisions et qu'il les assume.

Journaliste: Mme Marois, can you tell me what concerns you have about the way the Government is handling the language issue and what you want to be done about it?

Mme Marois: Yes. We disagree with the behavior of the Government at this moment because, you know, there is some studies at the Office de la langue française, they didn't present these studies to the population. That is unacceptable for a democracy. When we presented, when we tabled our law on identity, we presented some articles where we wanted to change the law 101. And we think that's always the case now and we have to do something about this question. And now, there is no leadership in this file and that is unacceptable.

Journaliste: I understand that your party took part in a news conference today about the use of Taser guns,. Can you tell me what your party's demands are and what you intend to do about that this session?

Mme Marois: I'm not ready to respond to your question about this issue. Maybe François Gendron could give you some explanations, it's about the Taser... à propos du Taser.

M. Gendron: Oui, je m'excuse, je vais le faire en français, je sais que vous comprenez. Vous avez vu l'attitude que l'opposition officielle a eue sur cette question-là, il y a énormément de sensibilité, de fragilité. Il y a beaucoup de pression pour un moratoire d'usage afin de pousser davantage les études. Je ne ferai pas la stratégie parlementaire aujourd'hui parce que la session va débuter en mars, mais surprenez-vous pas si nous revenons avec des outils parlementaires très précis pour exiger effectivement un moratoire.

Journaliste: ...

M. Gendron: Bien, j'ai dit que, dans l'évaluation d'outils parlementaires sur l'usage de cet équipement-là, qui est immensément critiqué et réévalué, il y a l'aspect moratoire, il y a l'aspect enquête publique. Sauf que l'usage de l'enquête publique, il faut faire des évaluations assez serrées avant de réclamer une enquête publique sur tout ce qui bouge, là. Et, dans un premier temps, moi, je ne ferai pas aujourd'hui la stratégie, mais c'est clair que, dès le début de la session, si ça se passe comme prévu, vous pouvez être assurés que nous aurons des stratégies précises pour faire plus de lumière sur cette question-là.

Journaliste: ...

M. Gendron: Ah, notre position pour le moment, c'est le moratoire, ça, c'est clair. D'ailleurs, il n'y a pas de nouveau, là, parce qu'on l'a clairement exprimé dans le rôle qu'on a joué très bien, comme une opposition responsable.

Journaliste: Si je peux me permettre, une petite question en français, on m'avait oublié tout à l'heure.

Mme Marois: Ah, monsieur, monsieur, qu'est-ce que vous... Pierre Duchesne, he has an accent now.

Journaliste: On ne m'avait pas vu, j'étais derrière le micro.

Mme Marois: Alors, attends après Éric, après John.

Journaliste: Excuse-me for a moment. The prediction for economic growth started at 2.2%, and now 1.8%, perhaps 1.5% in a little while, how then can you ask the Government, that may have trouble balancing a budget, to spend more for families, or regions, or whatever?

Mme Marois: I think that is the responsibility to the Government to decide the choices to do about this major issue. He had the chance, at the end of the year, to retain the taxes on the products and services. He decided to refuse this possibility. That was his responsibility, and I think now he has to decide how he will respond to the needs of the Quebeckers.

M. Grant (John): Just a follow-up on a question from my colleague: How do you explain that you aren't de facto the Official Opposition?

Mme Marois: I explain that because we are a very good team, you know, very well prepared to discuss in the National Assembly, to support our point of view, our ideas about some law projects. And we are very well prepared to work in the «commissions parlementaires», in the parliamentary commissions. And, on each subject, we are able to present our position, to defend our point of view, and I think we are the Opposition Official in fact.

Journaliste: Mme Marois, are you willing to fight an election on a campaign to increase taxes? Because that seems to be what you are saying.

Mme Marois: No, no, no.

Journaliste: ...the Government because it's not raising taxes, then you are going to campaign...

Mme Marois: No. I say I am prepared to go in election, and we will go if the Government isn't able, in his budget, to respond to the needs of the population of Québec. He has to choose, to choose the issues, to choose the means to respond to the population of Québec. That is not my responsibility now, but my responsibility is to say what are the needs of the Quebeckers.

Journaliste: But, to meet those needs, if you have to raise taxes, are you willing to campaign, say: Vote for us, we will raise your taxes?

Mme Marois: There is surely other choices. They have to make their choice. That is not my responsibility now. Oui, M. Séguin.

M. Séguin (Rhéal): Just a follow-up on that question. In the event of a federal election...

Mme Marois: Yes.

M. Séguin (Rhéal): ...next March and the possibility that the Québec Government may table its budget during a federal election campaign, will this prompt you to vote in favor of the budget in order not to go into a campaign? What would be your position on that?

Mme Marois: It's an hypothetical question. I will not give you a response now about this question. We will wait, and, when we will be there, we will decide what we will do.

M. Séguin (Rhéal): But, just to know, is it a factor that you may have to weigh in your decision?

Mme Marois: We will see when we will be there. Merci beaucoup.

Journaliste: Mme Marois, si vous permettez...

Mme Marois: Merci. Éric, est-ce que...

Journaliste: ...c'est une petite précision.

Mme Marois: Pardon? C'est terminé. Merci beaucoup.

Journaliste: Il ne m'avait pas vu dans l'allée, Mme Marois.

(Fin à 14 h 57)