Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Dix heures trente minutes)
M. Bérubé : Bonjour, tout le
monde. C'est une froide journée au Québec, il fait moins 20 degrés. Est-ce
qu'il faudra s'inquiéter à chaque fois que ça va arriver cet hiver?
La nouvelle rapportée par Thomas Gervais
sur le site de Radio-Canada nous inquiète à deux moments. On est passé proche d'un
délestage majeur le 3 et le 5 décembre dernier. C'est une information qui
est capitale. Ça pose la question de la capacité du réseau d'Hydro-Québec pour
desservir l'ensemble de ses clientèles. Ça pose la question aussi de la
transparence d'Hydro-Québec. La semaine dernière, on a parlé de l'attribution
des mégawatts. C'est une donnée qui demeure secrète avec ce gouvernement. On ne
sait pas combien il en reste, on ne sait pas quels sont les critères qui
guident l'attribution. Ajoutons aujourd'hui une inquiétude sincère de notre
formation politique sur la capacité de servir l'ensemble du réseau québécois.
Alors, imaginez, le 3 décembre, il
faisait moins 17, le 5, c'était moins 24, il fait à peu près moins 20. Je pense
que le gouvernement, la ministre en tête et Hydro-Québec nous doivent des
explications aujourd'hui pour rassurer la population. S'il y a un plan de
délestage, à qui on va demander d'avoir des sources alternatives ou de
restreindre sa capacité? C'est un enjeu qui touche l'ensemble des Québécois et
on voulait partager avec vous aujourd'hui et avec les Québécois et Québécoises
une sincère inquiétude sur ce qui est rapporté ce matin et qui est d'une
importance capitale.
M. Arseneau : Parlant de
délestage, il y a un délestage qui n'a pas été fait, c'est dans Santé Québec.
Vous savez que notre plus grande crainte, c'était qu'on crée une mégastructure
puis qu'on investisse dans la gestion plutôt que sur le plancher dans les
services aux citoyens, aux usagers, aux patients du Québec. Et voyez le
résultat, là, le nombre de cadres supérieurs augmente encore à Santé Québec. On
voit que, malgré l'engagement du ministre en mars dernier que l'on réduise le
nombre de fonctionnaires qui était déjà beaucoup trop élevé à Santé Québec de
20 %, ça a augmenté de 40 %. Donc, le gouvernement a créé cette
espèce de Frankenstein qui, maintenant, là, décide lui-même de son
développement, de sa croissance, sans égard évidemment aux services rendus aux
Québécoises et aux Québécois.
Ça fait deux ans qu'on nous a enfoncé le
projet de loi n° 15 dans la gorge en disant que ça
allait améliorer le système de santé, qu'il serait plus humain, plus
décentralisé, plus performant, puis on voit que c'est tout le contraire. C'est
un échec monumental de la part du gouvernement, surtout lorsqu'on parle de l'augmentation
des ressources en matière de gestion, du dédoublement, en fait, du ministère
avec Santé Québec, avec aucun résultat en bout de ligne. On est prêts à prendre
vos questions.
Journaliste : M. Bérubé,
pensez-vous que votre chef, qui est dans le trouble depuis une semaine pour des
commentaires plus ou moins bien mesurés, devrait résister à la tentation de
commenter tout, sur tout, comme il lui plaît?
M. Bérubé : Alors, Paul St-Pierre
Plamondon est un homme sincèrement engagé, honnête et franc. Il explique ses
positions, il accorde des entrevues. Il l'a fait la semaine dernière, mais il
le fait en toutes circonstances. Alors, c'est l'homme qu'il est, il est entier
et c'est un politicien qui est différent des autres, j'en conviens, mais,
manifestement, les Québécois le suivent et s'intéressent à son action, on a vu
l'a semaine dernière. Le meilleur résultat pour le Parti québécois en 15 ans,
c'est beaucoup grâce à lui. Alors, il s'est exprimé à Tout le monde en parle,
un entretien serré, puis, je pense que ça a été salutaire pour préciser sa
pensée, il a parlé à des acteurs, actrices du monde culturel, et je pense que
ses explications sont bien plus complètes que je pourrais les compléter moi-même.
Journaliste : ...s'installe
une perception que c'est un monsieur hautain?
M. Bérubé : Non. Moi, je le
connais en privé puis je le connais en public, et, depuis le début, depuis le
jour un de son engagement en politique, au contraire, il gagne à être connu. C'est
quelqu'un de sensible, qui écoute, qui est capable de dire 991quand les choses méritent d'être corrigées.
Il l'a fait dimanche, alors j'ai confiance en lui et toute l'équipe aussi.
Puis, manifestement, encore hier, j'étais avec lui, quand on croise des gens,
il y a une sincère curiosité qui devient de l'adhésion, et autour de lui se
fait un rassemblement. Vous avez vu même une démonstration ce matin dans Le Devoir,
de l'organisateur d'une autre formation politique qui souhaite aider à la
réalisation de notre grand projet.
Journaliste : Mais vous, vous
avez quand même beaucoup de relations personnelles dans le milieu artistique.
Est-ce que vous...
M. Bérubé : Surtout une.
Journaliste : Mais vous en
avez quand même plusieurs, on vous voit régulièrement, là, dans les pages
culturelles. Est-ce que vous avez eu des échos, est-ce qu'on vous a transmis
des commentaires sur les... Donc, vous, vous avez reçu des commentaires à
propos des déclarations de... Ils étaient à quel effet?
M. Bérubé : Ils m'ont dit de
ne pas les dire si on me posait la question.
Journaliste
: Mais donc
vous en avez eu.
M.
Bérubé
: Bien
sûr. Évidemment.
Journaliste
:
Pensez-vous qu'avant de faire des commentaires rapides, M. St-Pierre Plamondon
devrait davantage consulter ses députés... son équipe?
M.
Bérubé
: Ah!
il le fait. Il le fait... toute petite équipe.
Journaliste
: Bien, je
n'ai pas l'impression que, quand il a tweeté le soir, sur la vacuité et
l'à-plat-ventrisme, qu'il a...
M.
Bérubé
: M.
Lacroix, personne n'est à l'abri de ça.
Journaliste
: Je sais,
je sais que personne n'est à l'abri de ça, et d'ailleurs il y a d'excellents
cours qui se donnent pour savoir comment... des situations... prévenir des
choses comme ça.
M.
Bérubé
: On
est une petite équipe, on est juste six, on a le loisir de se consulter et de
se parler souvent. C'est vraiment collégial, je veux dire, il n'y a pas de
hiérarchie, là, on travaille ensemble dans la même équipe. Il a fait ce
message-là. Il regrette les termes utilisés et il regrette son interprétation,
mais il assume, je veux dire, il ne va pas se défiler là-dessus.
Journaliste : Est-ce que le
chef doit faire attention à l'émotivité? Est-ce qu'il est émotif, votre chef?
C'est-tu quelque chose sur lequel il doit travailler?
M.
Bérubé
:
J'espère
qu'il a des émotions, qu'il est sensible.
Journaliste : C'est
différent, avoir des émotions et être émotif.
M. Bérubé : Bien, moi, j'aime
l'être humain qu'il est et je pense qu'on est nombreux dans ce cas-ci. Alors,
sur la durée, écoutez, là, j'ai fait le calcul. En 2022, quand je me suis
présenté devant vous la dernière fois avant l'élection, je devais être le seul
député. Après, on était trois, on a fait le travail, on était un petit
pourcentage. On est maintenant à 39 %, c'est une progression de 24 points,
je veux dire, c'est beaucoup grâce à lui.
Journaliste : Est-ce que
c'est dangereux pour un chef d'avoir cette particularité d'être émotif?
M. Bérubé : Bien, je pense
que tout le monde est émotif, doit avoir des émotions. Et puis moi, je pense
que de juger l'action de Paul St-Pierre Plamondon uniquement sur cet enjeu-là
ne rend pas justice à son action.
Journaliste
:
...au-delà de l'émotion,là, d'utiliser l'insulte pour lancer un débat aussi
légitime, est-ce que ça fait débat? Est-ce que c'est une bonne stratégie?
M. Bérubé : Il s'est exprimé,
puis je n'ajouterai rien là-dessus, je veux dire, je suis assez convaincu que
vous avez tous écouté cette entrevue-là.
Journaliste : Est-ce que vous
pensez, M. Bérubé, qu'avec les déclarations de M. St-Pierre Plamondo là... on
voyait ces derniers temps, là, des jeunes artistes qui s'affichaient
ouvertement pour la souveraineté. Est-ce que vous pensez que les propos de M.
St-Pierre Plamondon ont torpillé cet élan-là?
M. Bérubé : Non, pas du tout.
Pas du tout. J'en connais, puis vous avez évoqué vous-même que je connais bien
des gens dans le milieu artistique... je veux dire, les artistes, à l'image de
la société québécoise, ont des opinions variées sur les enjeux politiques, sur
les sensibilités politiques. Ce n'est pas homogène. Alors, oui, on a eu des
échanges avec tout le monde, mais, je veux dire, une fois que ça, c'est dit, on
passe à autre chose, il y a beaucoup à faire. Par contre, ce que je peux
dire, je suis assez convaincu qu'on aura la meilleure plateforme en culture, et
ça...
Journaliste
: ...
M.
Bérubé
: J'y
arrive, j'y arrive tout de suite, juste terminer, brièvement. Je pense que la
meilleure contribution qu'on peut avoir en collaboration avec le monde
artistique, c'est d'avoir la meilleure plateforme possible pour 2026. On y
travaille déjà, et c'est ça qui va le plus parler, je pense, pour le monde
artistique.
Journaliste
: ...lobby
des chauffeurs inc., à Ottawa, qu'est-ce que vous avez pensé des révélations du
bureau d'enquête?
M. Arseneau : C'est vraiment
très, très inquiétant. Vous savez, le phénomène «Chauffeur inc.» nous inquiète
depuis déjà plusieurs mois, on l'a dénoncé. On a demandé des actions du
gouvernement du Québec, mais également d'Ottawa, on doit agir là-dessus. Et le
gouvernement faisait mine de vouloir agir. Là, on apprend qu'il fait l'objet
d'un lobbyisme important, d'une proximité entre les lobbyistes et le premier
ministre. Alors, évidemment, on jugera aux résultats, là, des décisions
gouvernementales fédérales, mais il y a quelque chose là qui est extrêmement
préoccupant dans la mesure où c'est la sécurité, la santé, la vie des gens qui
est à risque, avec le phénomène...
Journaliste
:
...enregistré, non plus, comme lobbyisme.
M. Arseneau : Bien, en fait,
si on déplore la question des chauffeurs inc., c'est que bien souvent, ils
n'ont pas les permis et la formation pour opérer et que17947 leurs lobbyistes ne soient pas
non plus enregistrés, c'est un peu du même ordre. Donc, c'est d'autant plus un
signal d'alarme pour le ministère. Je pense que l'équipe d'Enquête fait œuvre
utile en révélant ces choses-là. Et le gouvernement devra répondre, puis je
vais laisser à mes amis du Bloc questionner là-dessus.
Journaliste : Quant à vous
avoir devant le micro, là, là il y a vraiment beaucoup de lettres d'envoyées
par des GMF, là, on approche la cinquantaine. Est-ce qu'on est de nouveau dans
une campagne de peur ou il y a un fond derrière ça? Parce que rappelez-vous, il
y avait déjà eu des lettres qui ont été envoyées à l'automne, ça s'est calmé.
Là, on est en négociations, puis il y a encore plein de lettres, là. Est-ce
qu'on... Est-ce que les... la Fédération des omnipraticiens est dans une
campagne de peur encore?
M. Arseneau : Bien, moi, j'ai
rencontré plus d'une trentaine de médecins qui viennent d'un peu partout à
travers le Québec, et le message, là, il est convergent et il n'est pas téléguidé
par les fédérations. C'est uniquement les médecins, moi, ceux avec qui j'ai été
en contact, qui voient leur pratique menacée parce que le gouvernement a bâclé
une loi qui leur fixe des objectifs qui sont considérés comme inatteignables,
sans avoir les moyens de... d'atteindre ces... ces objectifs-là, par exemple,
de... de prise en charge et de performance.
Mais, au-delà de ça, bien, il y a tout le
contexte de... de la guerre contre les médecins. Et je trouve intéressant de
voir qu'en fin de semaine beaucoup ont commenté l'article de Francis Vailles
sur les effets réels des modifications du mode de rémunération qui
correspondent... en fait, les... les faits qu'il a révélés correspondent
exactement à ce que les médecins nous disaient, c'est comment pouvez-vous
espérer que l'on... on en fasse davantage sans avoir une... une médecine, là, à
rabais, une médecine «fast-food» et que l'on nous impose si on... on poursuit
nos... notre pratique médicale comme on le fait actuellement, une baisse de
35 %, là, tu sais, de... de salaire. Il n'y a personne... Le gouvernement,
je vous le rappelle, là, le... le gouvernement lui-même s'est octroyé, à
travers... une loi, aux députés, une augmentation de 30 %. Et là on
dit : Bien, les médecins, il faudrait qu'ils en fassent plus, mais on va
couper leur salaire de 25 % à 35 %. Qui répondrait positivement à
cette demande-là?
Et là on est devant une perspective où le
gouvernement a adopté une loi sous bâillon. Et, pour défaire cette loi-là d'ici
la fin de la semaine, il y a une perspective d'un nouveau bâillon pour corriger
le premier bâillon. Alors, il y a quelque chose là-dedans qui est complètement
absurde, qui est le résultat d'une gouvernance à la petite semaine. Le
gouvernement s'est visiblement gouré en pensant qu'il allait pouvoir agir de
façon coercitive pour changer toute la pratique médicale, au-delà du mode de
rémunération, avec lequel on est d'accord. Mais, à un moment donné, là, il...
le compte à rebours est commencé. On semble avoir encore quelques jours pour négocier.
Journaliste : ...ma question
était plus simple... est-ce qu'on est dans...
M. Arseneau : Oui. Mais...
Mais moi, j'en profite pour faire mon exposé sur la santé et me vider le cœur
là-dessus parce que je trouve que c'est les patients, en bout de ligne, qui
vont payer pour. La réponse, c'est que les médecins, ils écrivent parce qu'ils
croient véritablement que la pratique médicale est menacée. Puis, à ce que je
sache, il n'y a pas de mouvement concerté. Il y a des médecins qui voient le
compte à rebours arriver, qui doivent prendre des décisions sur le maintien de
leur pratique ou de leur clinique, le financement des GMF n'est pas assuré. On dit
qu'on va probablement arriver avec quelque chose qui va les rassurer. Mais, les
premières versions, c'est... c'est exactement le contraire. Le gouvernement
fonctionne, navigue à vue. Puis, pendant ce temps-là, on paie des avocats à
1.8 million de dollars pour pouvoir négocier ce que le gouvernement a
bâclé dans un projet de loi improvisé. Alors, si le gouvernement se préoccupe
beaucoup, là, du salaire des médecins, il se préoccupe pas mal moins du salaire
des avocats qu'ils engagent pour pouvoir négocier quelque chose qui est
complètement... qui est un grand gâchis.
Journaliste : ...un lien avec
l'implication du... du premier ministre? Parce que, là, ce n'est pas une ou
deux rencontres, là, c'est... c'est trois à quatre rencontres maintenant
directement avec les présidents de fédérations.
M. Arseneau : J'espère qu'il
y a un lien avec le rôle du premier ministre.
Journaliste : ...c'est ça,
que la... la soupe est pas mal trop chaude en ce moment, là?
M. Arseneau : Le premier
ministre a mis le feu à la... au réseau, puis maintenant, là, il agit comme le
pompier pyromane. Bien, j'espère, à un moment donné, que ça va pouvoir calmer
un peu le... le feu qui couve actuellement, les négociations. Mais on ne va pas
applaudir le... le grand manitou du gâchis gouvernemental, c'est-à-dire le
premier ministre lui-même. Je ne pense pas...
Journaliste : ...M., Mme à
l'école, est-ce que vous pensez, M. Bérubé, que Sonia LeBel devrait montrer un
peu d'ouverture pour les quelques professeurs non binaires qui existent dans le
réseau puis leur permettre de se faire appeler profs?
M. Bérubé : Non, je pense,
c'est la bonne décision. J'ai... Bien, c'est... c'est en concordance avec ce
qu'on dit depuis sur ces questions-là. J'ai lu... J'ai lu votre texte, beaucoup
d'éléments intéressants sur les orientations de... de la ministre. C'est la
première fois que c'est des orientations claires. On les avait demandées il y a
quelques semaines. Je... Je vais me permettre de noter un élément dans votre
texte, si vous le permettez, sur la question des états généraux, qui pourrait
aborder notamment cette question, peut-être. La ministre dit : On ne peut
pas faire ça en fin de mandat parce que ça rendrait les choses très politisées.
Ça devrait être un prochain gouvernement. Je pense que la même logique
s'applique pour un projet de constitution. Alors, je ne sais pas si Simon
Jolin-Barrette a lu ce que sa collègue de l'Éducation a dit, mais pour moi
c'est la même logique. Elle dit : C'est trop un projet ambitieux puis
important pour le précipiter en fin de mandat. Un prochain gouvernement le
fera. Je trouve que c'est très sage et j'aurais aimé — je pense que
notre équipe est assez d'accord là-dessus — que le ministre de la
Justice en tienne compte aussi.
Des voix : ...
Journaliste
: ...qu'un
prof ne peut pas se rappeler du prof ou de monsieur, madame, je veux dire, s'il
ne s'identifie pas comme monsieur ou madame, que le Code civil reconnaît la
pluralité d'identité de genre...
M.
Bérubé
:
On ne remet pas en question de la décision du ministère.
Des voix : ...
Journaliste
:
...pourquoi vous êtes d'accord avec la décision? Pouvez-vous juste expliquer
pourquoi?
M.
Bérubé
:
Je ne suis pas un expert de ces questions, mais on a souvent abordé ça. Je
me... Je m'en tiendrai à cette réponse-là pour l'instant.
Journaliste
: Mais vous
n'avez pas de justification pour votre appui?
M.
Bérubé
:
Oui, mais je veux être sûr d'avoir la justification la plus précise possible.
J'ai lu un peu en diagonale le texte. Je vous reviendrai avec plaisir.
Journaliste
:
M. Bérubé, est-ce que...
M.
Bérubé
:
Je veux bien vous répondre.
Journaliste
: ...c'est
arrivé dans des courses à la chefferie au Parti québécois, que des aspirants
chefs ont distribué leur surplus de financement à des bénévoles?
M.
Bérubé
:
Non. Non, mais les règles sont assez claires, là, sur le financement, je veux
dire, il y a des maximums. Il faut que ce soit la personne qui paie avec ses
propres fonds. Il y a un rapport financier qui est déposé. Non, je n'ai jamais
vu ça. Puis je sais que j'en ai vu plusieurs, là, en 30 ans, des courses
au leadership.
Journaliste
: C'est
justement... le surplus, ils ne peuvent pas le redonner au parti, ils ne
peuvent pas les remettre dans leur poche. Ça fait que qu'est-ce qu'ils font
avec le surplus?
M.
Bérubé
:
Je pense qu'il faut avertir le DGE. Je pense qu'il faut l'avertir. Par exemple,
est-ce que... Un peu comme le Commissaire à l'éthique peut nous guider sur des
décisions. Est-ce que, par exemple, on peut faire cette pratique. Est-ce qu'ils
ont posé la question au DGEQ? Moi, je n'ai pas la réponse à ça. Mais il me
semble que ça serait le bon réflexe, de dire : Il nous reste ce
montant-là. Est-ce qu'on pourrait le distribuer à des personnes qui ont engagé
des dépenses personnelles, par exemple? Ça serait ma réponse la plus... la plus
complète là dessus. Je n'ai jamais rien vu de tel, c'est sûr.
Journaliste
: ...il y
avait eu des employés du Bloc, par exemple, qui ont démissionné et reçu des
primes d'Ottawa puis qui sont venus travailler lors de campagnes à la...
M.
Bérubé
:
Non. Les personnes qui l'ont déjà fait étaient dégagées dans les campagnes.
C'est arrivé à quelques reprises, mais je veux dire, ils n'étaient plus payés
par le Bloc, là. Il y a un changement dans le temps d'une campagne. Mais tout
ça est très clair. Les gens sont connus. Ils savent très bien... Sur l'autobus,
par exemple, il peut arriver qu'une personne du Bloc donne un coup de main,
mais tout ça est rentré dans le rapport de dépenses, la rémunération, les
dépenses et tout. Donc ça, c'est clair.
Journaliste
: Donc ça
rentre dans... Donc, ça rentre dans les...
M.
Bérubé
:
Je croirais que oui.
Journaliste
: ...dans
les dépenses.
M.
Bérubé
:
Ça dépend de l'expertise. Si vous avez quelqu'un, par exemple, qui est réputé
être, je ne sais pas, mais un sondeur ou quelqu'un qui écrit des communiqués ou
des textes, j'imagine que c'est cette expertise qui est requise et la personne
est payée en conséquence. Je ne sais pas s'il y a ce degré de précision dans le
rapport, mais moi je trouve ça intéressant de savoir pourquoi telle personne
est engagée, quelle est sa tâche, par exemple, qu'est ce qu'il a accompli.
Souvent, c'est dans les annexes qu'on peut découvrir ça, pas dans le rapport de
façon générale, à ma connaissance.
Journaliste
: En ce qui
a trait au... à l'accélération des examens environnementaux, qu'est-ce que vous
pensez de ça, la nouvelle méthode entonnoir au lieu de zigzag?
M. Arseneau : Bien, on ne
peut pas être contre la vertu. Écoutez, on sait que ça prend beaucoup de temps,
18 mois. Souvent c'est les allers-retours puis des questionnements qui
sont répétitifs. Puis à chaque fois, le gouvernement, les fonctionnaires se
donnent un délai. Là où on a un certain questionnement, c'est sur le réalisme
de la proposition du ministre qui, vous le savez, là, a licencié un très grand
nombre d'employés au sein du ministère il y a de ça à peu près un mois et de la
capacité de livrer. Souvenez-vous, en 2020, on a adopté le projet de loi
n° 66 pour l'accélération des projets, notamment en matière
environnementale. Ça a donné Northvolt. Ça a aussi donné que le tiers des
projets, des 180 projets qu'on avait identifiés, ont pu être légèrement
accélérés, et les autres, non. Alors, le gouvernement, là, a déjà promis une
accélération de l'étude des projets. Ça n'a pas fonctionné. On a certainement
un objectif commun, c'est la méthode avec la... de la CAQ que l'on questionne.
Journaliste
: Vous avez
parlé des constats... au ministère de l'Environnement.
Journaliste
: Est-ce
que le ministère de l'Environnement devrait être épargné?
M. Arseneau : Sur quoi?
Journaliste
: Bien parce
qu'il y a des compressions? Vous avez parlé des compressions au ministère de
l'Environnement. Est-ce qu'il devrait être épargné?
M. Arseneau : Non. En
fait, je pense que le gouvernement et le ministre Drainville doivent
s'expliquer sur la façon qu'on puisse en faire encore davantage, plus rapidement,
de façon plus optimale, avec moins de personnel. Moi, c'est la question que je
pose, surtout compte tenu du passé où on a augmenté la taille de la fonction
publique de 12 000 personnes alors qu'on devait la réduire et qu'on a
englué 17947 des processus un peu
partout dans l'ensemble des ministères. Là, aujourd'hui, on nous dit on va
faire l'inverse, on va couper du personnel, ça va aller beaucoup plus vite,
mais on va garder les mêmes standards. Est-ce que c'est la quadrature du cercle
ou pas? C'est au ministre de le démontrer que son projet fonctionne. Mais sur
l'objectif, je le réitère, on ne peut pas être contre la tarte aux pommes.
Journaliste : M. Bérubé, sur
Jean Chrétien, qui refuse de venir s'expliquer à Ottawa sur...
M. Bérubé : OK. On soutient
la demande du Bloc québécois exprimée par Alexis Brunelle-Duceppe. On a appris,
au cours des dernières semaines puis en marge, là, du 30 ᵉ anniversaire du
référendum, un certain nombre d'éléments de l'ancien ministre Sergio Marchi, du
premier ministre de l'époque aussi, donc c'est la moindre des choses.
On le savait déjà avec Option Canada,
qu'on a certainement dépassé les sommes qui devaient être consenties par le
camp du «non» dans la campagne. Ça, c'est le premier élément. Maintenant, on a
un aveu qu'on a accéléré les demandes de citoyenneté dans les mois qui ont
précédé le référendum. Donc, c'est deux éléments distincts. Au minimum, la
décence indique que les protagonistes devraient venir s'expliquer.
L'ancien premier ministre chrétien s'est
rendu disponible pour un certain nombre d'entrevues, notamment avec Patrice
Roy, mais d'autres aussi. Je pense que, s'il peut s'entretenir avec les médias
pour témoigner de sa participation au référendum de 1995, la moindre des
choses, c'est qu'il puisse exprimer la même chose devant les parlementaires qui
ont des questions sérieuses. Je veux dire, c'est l'avenir d'un pays qui est en
jeu, et on a des raisons de croire que ce référendum, on nous l'a volé.
Journaliste : Pensez-vous,
comme M. Thibodeau, qu'une partie des militants de QS se mobiliseraient pour le
camp du «non»?
M. Bérubé : Bien, les
différents sondages tendent à démontrer que — il faut faire attention
aux termes — une partie importante, une partie importante des
adhérents à Québec solidaire, de l'électorat, sont fédéralistes. Bon. Alors,
c'est vrai, c'est une réalité. Alors, M. Thibodeau, que je ne connais pas, mais
dans la lettre, dans les pages du Devoir, nous indique pourquoi il
quitte. Ça existe, ce mouvement-là. Ça existe des gens qui ont voté pour la CAQ
aussi. Je pense qu'on opère un lieu de rassemblement présentement. Je l'ai un
petit peu évoqué tout à l'heure à travers vos questions. Donc, si les gens sont
sérieux sur cet enjeu-là, ils savent où ça se passe et ils sont les bienvenus.
L'enjeu, il est très clair, ce n'est pas juste de prendre le pouvoir, c'est de
réaliser un pays, et sa démarche semble teintée du même idéalisme qui a guidé
Option nationale à l'origine. Et le premier qui devrait savoir, c'est Sol
Zanetti. Jean-Martin Aussant et Sol Zanetti, ils avaient un seul objectif avec
Option nationale : réaliser l'indépendance du Québec. Jimmy Thibodeau,
dans sa lettre, semble fidèle aux promesses d'origine de cette formation
politique, et je pense que c'est tant mieux.
Des voix : ...
Journaliste
: ...des
contacts avec M. Thibodeau?
M.
Bérubé
: Pas
à ma connaissance. Mais je me suis informé ce matin, on ne le connaît pas, mais
il est le bienvenu. Comme le disait M. Parizeau, que le dernier entré laisse la
porte ouverte.
Journaliste : M. Bérubé,
peut-être une petite dernière sur la culture, toujours. Est-ce que dans un
gouvernement du PQ, les artistes devront montrer patte bleue pour avoir des subventions?
M. Bérubé : Bien non, c'est-à-dire
que les... on a discuté de ça pendant une semaine, les artistes d'abord, par
définition, c'est des... des êtres libres, mais parfois...
Journaliste
: Ils
veulent, par exemple.
M.
Bérubé
: Bien
sûr, et ils le font.
Journaliste
: ...
M.
Bérubé
: Ils
le font d'ailleurs, ils le font, ils appuient toutes les formations politiques,
et c'est tant mieux. Il n'y a pas... Ce n'est pas homogène, hein? C'est à
l'image de la société québécoise. On a plusieurs artistes qui nous appuient, et
c'est tant mieux. On a aussi plusieurs scientifiques qui nous appuient. On a
plusieurs sportifs qui nous appuient.
Journaliste : S'ils ne vous
appuient pas, ils peuvent quand même penser à avoir des subventions dans un
gouvernement péquiste? Parce que là, on a vu quelqu'un qui faisait des
reproches...
M.
Bérubé
:
Oui, mais ça, dans les dernières semaines, c'est une autre formation politique
qui est davantage avec la question du financement. Nous, on est... on est à
l'origine de la plupart des lois importantes sur les financements des partis
politiques et sur l'intégrité. Donc non, on ne regarde pas ces affaires-là.
Journaliste
: Et ils se
mettent à risque de se faire dire qu'ils ne sont pas loyaux au Québec.
M.
Bérubé
: Mais
oui. Mais non, mais non, vous avez bien compris.
Le Modérateur
: On va
passer en anglais.
Journaliste :
I'll jump in English if you don't mind.
M.
Bérubé
: Go ahead, jump. Do you mind?
Journaliste
:Thank you. Q5... Well, who's the most... I think it's going to be Joël Arseneau, yes.
So, it's about the so
called Q5 that's Mr. Legault have been talking about
for... for weeks, so to accelerate big provincial projects that are strategic
for our economy. Don't you think that the Legault Government
had his chances to accelerate big projects like this
like five years ago?
M. Arseneau :
Exactly. Exactly. That was my answer. You know, we've already plaid in that movie
with Bill 66 in... back in 2020 and see the results. Barely a third of the
projects were, you know,
somewhat accelerated. One of them was Northvolt. Are 17947we going to applaud and say: Well, go ahead and come back
with a second round of these kind of things, you know, absolutely not. I think
it's just a marketing strategy. C5 was promoted as something that would help,
you know, fight United States tariffs and the economic situation that we have.
So, yes, so, obviously, the Legault Government is trying to surf on this idea
that, you know, that we could do better, faster, bigger, but they've already
tried and it was terrible failure, so.
Journaliste :
And the fact that the governmental
assessments will take about nine months instead of 18 months, even though there
were cuts in the same ministry, so is it possible to do more with less?
M. Arseneau :
But that's the big question. We
obviously support the objective to make it, you know, not necessarily faster,
but smoother, you know, so the promoters know what they have to answer, and
they know it right from the get-go. And the process goes, you know, in a
rigorous manner towards… and then, that can be positive or negative, but at
least you know what you're getting into, and you don't risk having the entire
economic context changed dramatically over a period of two years, for example.
So, to reduce the delays, yes, with less people, less civil servants, and keep
the quality and the rigor, it is yet to be proven given the fact that, for the
past seven years, we've seen the administrative structure of the Government
grow, you know, dramatically with no… you know, no results in terms of
performance or, you know, improvement in terms of environmental or other
assessments.
Journaliste :
The bill is drawn basically from
federal legislation. What do you make of the fact that we're inspired by
Ottawa…
M. Arseneau :
It's strictly, as far as I'm concerned,
a marketing strategy, saying: Well, Bill C-5 seems to be somewhat positive in
the media. It sounds good, it sounds fast, it sounds… it sounds kind of sleek
and, you know, we'll surf on this idea. But, you know, what will come out of
it? We know the CAQ Government already tried, 2020, Bill 66. No results
whatsoever except Northvolt and other, you know, projects that failed. So, the
Government has had a chance, I think we can do better, and that's going to be
debated in the next electoral campaign.
Journaliste :
So, if I'm reading between the lines
properly, you're not going to support it?
M. Arseneau :
We don't believe… We're not convinced.
We don't believe the Government can do better. They've had seven years to
improve the system and it's a tremendous failure.
Journaliste :
You say marketing strategies C-5…
backlash from environmental groups, Indigenous groups. Do you see that
happening here around…
M. Arseneau :
Yes, but they've already, you know,
voiced their concerns. And the problem is the Government, and including the
Minister… last week, we were in commission, looking at the targets for reducing
greenhouse gas, and the Government and the Minister is always trying to oppose,
you know, having a better track record in environmental issues, opposing it to
economic development. And that's not the way to look at it, I think we can do
both.
Le
Modérateur : Merci beaucoup.
(Fin à 10 h 57)