Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Huit heures quarante-quatre minutes)
Mme Gentilcore : L'hiver est
bien installé. Déjà, les grands froids sont arrivés tôt cette année. Donc,
bien, comme à chaque année, finalement, c'est les mêmes inquiétudes qui refont
surface, hein? C'est toutes ces Québécoises et ces Québécois qui se retrouvent
dans la rue, qui vivent en situation d'itinérance alors qu'on traverse ces
grandes périodes de froid là.
J'ai pris connaissance de la situation,
d'ailleurs, à l'Hôpital de Saint-Jérôme, ces personnes-là en situation
d'itinérance qui se réfugient là faute d'avoir une autre place où aller pour se
réchauffer un peu, puis ce qui crée toutes sortes de problèmes parce
qu'évidemment les patients, le personnel sont inquiets pour leur sécurité. Ce
que ça démontre, c'est, évidemment, que le gouvernement de la CAQ n'en a pas
fait assez pour l'itinérance. Ça fait plusieurs années qu'on demande, au Parti
québécois, que le premier ministre s'empare de l'enjeu de l'itinérance
personnellement, parce que, bien, on le sait, là, les personnes en situation d'itinérance
augmentent à chaque année, de mois en mois, sans arrêt.
Et puis, quand je suis arrivé en poste, on
a décidé de sortir l'enjeu de l'itinérance, le thème de l'itinérance, et d'en
faire un enjeu à part, là, des services sociaux, parce qu'on trouvait ça trop
important. Donc, évidemment qu'un gouvernement du Parti québécois, là,
augmenterait l'offre de logements sociaux, je pense que c'est la bonne chose à
faire, avec accompagnement, évidemment. Il faut améliorer l'offre de services
en santé, on l'a dit, la première ligne, important que ces gens-là puissent
rencontrer quelqu'un rapidement, puis agir, évidemment, sur la toxicomanie
également, on l'a vu, entre autres, là, tu sais, à Saint-Jérôme, donc des
enjeux de santé mentale, des enjeux de toxicomanie qui sont intimement liés.
Puis finalement, bien, je veux parler des
femmes en situation d'itinérance. On le sait, on en parle de plus en plus. Je
suis contente qu'on en parle de plus en plus, du fait que cette itinérance-là,
elle est cachée. Les femmes le vivent différemment. Elles vont être dans leur
voiture, elles vont errer de sofa en sofa. C'est plus difficile de les trouver,
de les repérer pour leur offrir le soutien dont elles ont besoin. Donc, important
aussi, quand on pense au logement, de mettre en place entretemps des refuges
qui sont pour femmes seulement, hein, pour s'assurer qu'elles se sentent en
sécurité et qu'elles aient plus le réflexe d'aller vers ces ressources-là. Donc,
voilà, gardons ça en tête à l'aube des fêtes puis avec ces grands froids là qui
sévissent.
M. Boissonneault : De mon
côté, je veux juste dire un mot sur ce qui se passe au centre de formation
professionnelle Fierbourg dans Capitale-Nationale.
Vous vous souvenez, en 2022, Bernard
Drainville, qui était ministre de l'Éducation, avait dit que c'était une
priorité pour lui, la formation professionnelle. Or là, on constate, dans le
journal, ce matin, qu'on a suspendu les cours de cuisine dans ce centre de
formation professionnelle faute d'argent. Et là, ça laisse des cohortes de
jeunes ou, tout en cas, de gens qui ont besoin d'être formés en suspend, alors
qu'il y a une demande très importante au Québec pour ce qui est des gens dans
les cuisines, dans les cafétérias, dans les restaurants, à tel point qu'il y a
des entrepreneurs qui vont chercher leur main-d'œuvre à l'extérieur pour
pouvoir avoir de l'aide dans leurs... dans leurs entreprises. Et ces gens-là ne
savent pas où se diriger pour la prochaine année, ils vont peut-être aller
faire d'autres formations, alors qu'encore une fois il y a un besoin sur le
terrain.
Donc, nous, ce qu'on demande, on appelle
le gouvernement à intervenir là-dedans. Il faut que le travail puisse se faire
dans les centres de formation professionnelle, parce que le besoin sur le
marché est là. Et c'est très inquiétant d'avoir des nouvelles comme celles qu'on
voit dans le journal ce matin sur... sur le CFP de Fierbourg. Voilà. Avez-vous
des questions?
Journaliste : Êtes-vous
surpris de voir M. Legault évoquer les avantages financiers pour les médecins,
alors qu'on parlait de pénalités depuis plusieurs semaines, plusieurs mois?
M. Boissonneault : Un peu,
oui, mais il y a pas mal de choses qui nous surprennent dans cette... dans
cette discussion-là avec les médecins. Sauf que ça nous demande toute l'absurdité
de la situation dans laquelle on se trouve, à quel point ce travail-là a été
bâclé. Imaginez là, si on prend un pas de recul, on évoque la possibilité pour
régler le problème d'une loi qui a été adoptée sous bâillon, de peut-être se
retrouver à présenter un autre bâillon, d'ici la fin de l'année pour que ça
fonctionne. Là, il y a des... il y a des discussions qui sont importantes.
Nous, ce qu'on...
Journaliste
: Pourquoi
un bâillon?
M. Boissonneault : Bien, parce
qu'il faut qu'on s'entende d'ici la... d'ici janvier, là. Ça commence à être
pressant, les médecins... les patients pourraient souffrir par ce qui est en
train de se passer.
Journaliste
: Ils n'ont
pas besoin d'un bâillon. S'ils s'entendent avec les médecins qu'il faut
modifier la loi n° 2, j'imagine que les oppositions vont être d'accord?
M. Boissonneault : Nous, ce
qu'on demande, c'est effectivement ça, il faut qu'ils discutent, il faut qu'ils
puissent s'entendre, puis évidemment, si on peut le faire sans passer par un
bâillon, c'est la meilleure des choses. Mais s'il faut qu'il y ait un
changement législatif qui se fasse d'ici janvier pour n'importe quelle raison,
au moins, l'idée qu'on évoque la possibilité, je l'ai entendu de différents
intervenants, la possibilité qu'il y ait un bâillon d'ici janvier pour régler
cette situation-là nous donne une... nous donne... nous... nous permet de
mesurer à quel point ça a été bâclé, le travail.
Des voix : ...
Journaliste : Pourquoi les oppositions
ne collaboreraient pas pour le faire sans bâillon?
M. Boissonneault : Ah, bien
ça, c'est une autre question. Mais écoutez, il y a un travail législatif à
faire. Nous, on veut collaborer, on veut que ça fonctionne pour les patients,
puis ça dépend ce qu'il va y avoir sur la table. Mais ce qu'on constate, c'est
que le gouvernement pellette par en avant. Là, il négocie, mais ce ce n'est pas
encore réglé. C'est inquiétant. Il pourrait y avoir des conséquences
importantes pour les patients. Je ne dis pas qu'on est rendus là, mais moi,
pour moi, ce qui est inquiétant, c'est que, s'il y a une possibilité d'évoquer
qu'on pourrait passer par là, évidemment, s'il n'y a pas de collaboration des
oppositions, puis je ne vais pas m'avancer là-dessus. Mais l'idée qu'on puisse
penser que ça pourrait passer par ça, je trouve que c'est quand même
problématique. Mais évidemment, on veut que ça se négocie. On veut que...
Journaliste
: ...
M. Boissonneault : Bien, pour
changer la loi. S'il doit y avoir un autre changement légal, si on doit... La
loi n° 2, bon, a été adoptée, adoptée sous bâillon. S'il doit y avoir une
autre loi d'adoptée en vitesse pour pouvoir protéger les patients à partir du
mois de janvier, ou en tout cas s'assurer qu'il n'y ait pas de conséquences
délétères pour les patients, puis que ça doit passer par là, c'est absolument absurde.
Je ne dis pas qu'on va en arriver là, mais c'est pour démontrer à quel point
tout ça est un gâchis sans nom, là. Il y a des conséquences pour les gens. Il y
a des craintes de la population.
Journaliste : Sur le principe
des avantages financiers, êtes-vous prêts à accepter qu'on donne plus d'argent
pour une meilleure prise en charge?
M. Boissonneault : Nous, c'est
très clair, le Parti québécois est très clair, on ne donnera pas plus d'argent
aux médecins, il n'y aura pas d'augmentation de la rémunération des médecins.
On a déjà joué dans ce film-là, on n'est pas rendus là. Il y a deux éléments
pour nous qui sont importants dans la loi n° 2 qui a été adoptée : le
changement du mode de rémunération puis l'affiliation à l'ensemble des patients
au Québec. Tout le reste, à peu près, est problématique puis on doit s'entendre
là-dessus. Donc, c'est... c'est vraiment le nerf de la guerre.
Mme Gentilcore : Là, ce qui se
passe, là, c'est que la CAQ se rend compte que la rémunération ne fonctionne
pas du tout dans son projet de loi, donc se voit obligée de trouver des voies
de contournement pour pallier à ça, pour essayer de régler le plus rapidement
possible avec les médecins. Puis là ça passe par évoquer des bonis sur le côté.
Ce n'est pas ça qu'il fallait faire. Il fallait s'assurer que, dans le projet
de loi qu'on a adopté sous bâillon, le mode de rémunération soit adéquat
d'emblée. Donc là, ils se retrouvent à essayer de patcher, là, de mettre
vraiment un diachylon sur le bobo, puis ce n'est pas... ce n'est pas ça
qu'on...
Journaliste
: ...je
veux juste qu'on soit clairs sur ce que vous avez dit, si, par exemple, là,
parce que là on comprend qu'ils sont en train de renégocier les paramètres de
la loi n° 2, là, puis que si on s'entend avec les médecins, on va devoir
modifier la loi n° 2, c'est-à-dire amener un autre projet de loi qui
viendrait modifier ce qui est déjà adopté. Si tel est le cas, qu'il y a une
entente avec les médecins...
Mme Gentilcore : Ce qu'on
souhaite.
Journaliste
: ...c'est
ce que je pense que tout le monde souhaite. Est-ce que vous allez aller de
l'avant avec eux? Est-ce que vous allez accepter cette modification-là au projet
de loi n° 2, d'emblée, quelle qu'elle soit? Parce que c'est ce que les
médecins voudraient, s'il y a une entente...
Des voix : ...
Journaliste
: ...vous
avez évoqué, tout à l'heure, un bâillon, là. Moi, j'essaie de voir...
Mme Gentilcore : On n'en est
pas là, le bâillon, il faudra voir ce qu'il y a dans cette... proposition-là et
voir aussi quelle est la position des médecins par... suite à ces
négociations-là.
Journaliste
: ...s'ils
acceptent les médecins, c'est parce qu'ils sont d'accord avec, éventuellement?
Mme Gentilcore : Donc, on
verra... Donc, on verra à ce moment-là. Nous, on n'est pas en train de dire
qu'on va s'opposer à ce qui va être proposé là, pas du tout, là.
Journaliste
: ...en
train de dire non plus que, même si les médecins sont d'accord, vous allez
endosser ça.
Mme Gentilcore : L'important,
c'est que ça se règle. L'important, c'est qu'on puisse s'assurer que ce qui...
Les répercussions, en ce moment, là, les cliniques qui menacent de fermer, les
patients qui sont inquiets de perdre leur médecin, par exemple, il faut
s'assurer que ça, ce soit réglé. Donc, évidemment que là, nous, ce qu'on veut,
c'est que ça se règle puis que les médecins retournent travailler puis qu'on
arrête de voir les médecins déserter, là, le système.
Journaliste
:
Concernant la loi n° 1, là, qui donne des pouvoirs inédits au gouvernement
de bloquer les contestations judiciaires, puis tout ça, est-ce qu'un
gouvernement du... dans l'éventualité où, mettons, ce serait adopté, est-ce
qu'un gouvernement du Parti québécois s'engagerait à retirer toutes ces
dispositions-là une fois élu?
M. Boissonneault : On ne prend
pas d'engagements. Pour le moment, on est à... On est à écouter les groupes qui
se prononcent sur la loi n° 1, on va faire notre travail de façon
diligente, on l'a déjà dit, mais vous savez qu'on a... on a déjà dénoncé ce que
la CAQ voulait faire avec la Constitution, son projet de loi sur la
constitution, parce que ça demeure un projet de loi. Ce qu'on constate, par
contre, du travail qui s'est fait en commission parlementaire, c'est qu'il n'y
a pas eu de consultation préalable. Il y a plein d'idées qui sont lancées à
gauche et à droite, qui ne font pas l'affaire de plusieurs groupes de la
société civile, c'est important de les entendre. Puis c'est important de faire
notre travail rigoureusement. Je ne vais pas prendre d'engagements, là, a
priori sur un projet de loi qui, à notre avis, est une simulation de
constitution.
Journaliste
: ...la
question, c'est que, je veux dire, ça pourrait être tentant pour un nouveau
gouvernement de garder ça parce que vous en... il y aurait un bénéfice, là, je
veux dire, ce serait... ça vous permettrait...
M. Boissonneault : Bien, c'est...
C'est toute la question de ce... de ce projet de loi, hein, c'est qu'une
constitution, c'est là pour le peuple, par et pour le peuple québécois. C'est
pour ça que ce n'est pas... ça ne devrait pas être un projet de loi comme les
autres sur un coin de table qu'on fait dans la dernière année de mandat. Moi,
je veux juste vous rappeler que Mme LeBel, Sonia LeBel, s'est exprimée sur des
états généraux dans la presse en disant que : Si je lance des états
généraux demain matin, oublie ça, ça ne fonctionne pas, on va politiser le
débat, prévient-elle, ce sera pour moi la question d'un prochain gouvernement,
quel qu'il soit. Hein, elle trouve ça trop vite, faire ça dans une dernière
année, annoncer ça dans une dernière année avant les élections. Je pense que ça
vaut pour une Constitution.
Journaliste
: ...la
question de ma collègue, c'est que la loi, quand même, même, que vous jugez
qu'elle n'est pas valable comme Constitution, si elle est adoptée, elle va être
valable. Donc, les limitations qu'elle prévoit vont quand même s'appliquer dans
un... pour un éventuel futur gouvernement, donc.
M. Boissonneault : Comme dans
bien des choses, comme dans bien des... de ce qu'on a vu, par exemple pour les
médecins ou ailleurs, il y a beaucoup de travail qu'on va devoir refaire au
Parti québécois, si on peut former gouvernement l'année prochaine, si les gens
nous font confiance. Mais là, a priori, en ce moment, là, on en est à écouter
les groupes qui sont impliqués là-dedans puis on va... y avoir une étude
détaillée de chacun des articles de ce projet de loi caquiste et fédéraliste,
puis on va juger en conséquence, mais c'est certain qu'on va devoir faire le
travail après, il va falloir réparer les pots cassés de lois qui ont été
bâclées, là, que ce soit pour les médecins ou pour la Constitution.
Journaliste
: Juste
pour être certain, parce que j'avais cru comprendre que votre chef, la semaine
dernière, quand il a annoncé, là, son chapitre du Livre bleu sur la
Constitution, que celle qui serait adoptée potentiellement par M. Jolin
Barrette serait juste comme liquidée.
M. Boissonneault : Oui, parce
que nous, ce qu'on propose, on l'a présenté vendredi dernier, c'est une
constitution transitoire.
Journaliste
: ...donc,
la réponse, c'est que vous... le projet de loi au complet serait liquidé, donc?
Je veux dire que vous... vous abrogeriez complètement cette loi-là.
Mme Gentilcore : On n'en est
pas là. La décision n'est pas prise par rapport à ça. Ce qu'on sait, c'est
que...
Journaliste
: ...
Mme Gentilcore : ...bien, en
tout cas, à voir les réactions des groupes, c'est sûr et certain que la
légitimité n'est pas là, c'est-à-dire que tous les groupes, l'ensemble des
groupes, quasiment tous les groupes disent qu'il fallait avoir des discussions
en amont, il fallait avoir une commission parlementaire en amont, en bonne et
due forme. Et là ce n'est pas là, donc c'est...
Journaliste
: ...si
elle est adoptée, elle va s'appliquer.
Mme Gentilcore : On verra à ce
moment-là.
M. Boissonneault : Oui, bien,
exactement. C'est juste que nous, ce qu'on dit, c'est qu'il faut faire le
travail diligemment. On veut être constructif là-dedans. On veut écouter aussi
ce qui est présenté. On veut écouter les groupes qui sont appelés en commission
parlementaire. Sauf que notre proposition, pour une constitution, est la
suivante, on l'a annoncé, on l'a présenté dans le livre bleu, c'était
vendredi : Il va y avoir une constitution transitoire puis, après ça, tout
un processus qui viendra après l'indépendance du Québec, si les Québécois font
ce choix-là.
Journaliste
:
...l'avantage de cette loi-là, c'est que c'est une simple loi et qu'on peut
donc la retirer.
M. Boissonneault : C'est tout
ce que c'est, c'est une simple loi. Et non seulement ça, mais c'est une simple
loi qui sera assujettie à la Constitution canadienne de 1982, on ne l'a pas
signée, celle de 1867. Ça reste ça, c'est une simulation de constitution. Si on
était... si on avait tous les pouvoirs, comme on le souhaite au Parti
québécois, ça pourrait donner ci et ça. Mais ce projet-là, c'est une
constitution caquiste et fédéraliste, il faut quand même comprendre de quoi il
s'agit. En même temps, nous, on veut être constructifs aussi, on veut écouter
ce que les groupes ont à dire là-dessus. On apprend de ce qui se passe, mais
notre projet a été présenté vendredi dernier avec le dépôt.
Journaliste
: ...sur la
question bien précise, d'empêcher des groupes d'utiliser de l'argent public
pour contester certaines lois du Québec, est-ce que vous êtes d'accord avec ça?
M. Boissonneault : Nous, on a
bien dit qu'on ne minera d'aucune façon la liberté d'expression au Québec. On
veut même présenter un projet de loi là-dessus. On a l'intention de protéger la
liberté d'expression des groupes, c'est très important pour nous. Donc, toute
idée de restreindre la possibilité de gens, sur la place publique, de
s'exprimer, d'exprimer des positions, on est défavorables.
Journaliste
: Je ne
comprends pas pourquoi vous n'osez pas vous prononcer clairement, M.
Boissonneault, sur ce qui va advenir de cette constitution-là, si jamais il y a
un gouvernement péquiste en fonction d'une constitution transitoire comme vous
l'expliquez.
M. Boissonneault : Bien, c'est
parce que...
Journaliste
: On
peut-tu... Est-ce que le Québec peut cohabiter avec deux constitutions?
M. Boissonneault : Bien,
évidemment pas, mais, en même temps, ce que je ne veux pas faire, c'est jeter
le bébé avec l'eau du bain. Ce n'est pas... Un gouvernement, si on peut former,
et les gens nous font confiance, puis on forme un gouvernement, l'idée, ce
n'est pas de détricoter tout ce qui est fait avant. Il faut être responsable
dans nos approches. C'est ce qu'on essaie de faire dans tous les dossiers qui
sont présentés devant nous. Nous, on veut des bonnes politiques publiques. Là,
il y a des consultations, il y a des gens qui s'expriment. Il va y avoir une
étude détaillée de ce projet de loi. On veut juste faire notre travail
diligemment avant de prendre position spécifiquement sur telle et telle
composante du projet.
Par contre, on a, nous, un projet de
concession transitoire qu'on a présenté vendredi dernier. C'est sûr que c'est
ça qui nous guide, mais les gouvernements, c'est une course à relais, là. On
prend le relais de celui qui précède, donc il faut quand même faire notre
travail correctement. On n'est pas de ceux qui, à l'emporte-pièce, pour des
raisons politiques, pour aller chercher des intentions de vote, vont jeter une
initiative du gouvernement ou d'un parti juste pour des raisons partisanes. On
veut faire notre travail correctement. C'est pour ça que ce n'est pas si simple
de dire : Je vais tout rejeter avant même qu'on ait terminé l'étude du projet
de loi.
Journaliste
: Sur la
Fonderie Horne, est-ce que vous êtes inquiet du «trade-off» que M. le premier
ministre a semblé évoquer hier, assouplir les exigences sur la qualité de l'air
en échange d'un hypothétique investissement substantiel? Qu'est-ce que vous
pensez de ce que... de ce que M. Legault que M. Legault... le nouveau
responsable de la région...
Mme Gentilcore : ... bien, en
fait, ce qui a été surtout, je pense, c'est que là la Fonderie Horne veut aussi
un délai, ils voudraient un an et demi de plus. Originalement, ils devaient
atteindre la cible de 15 nanogrammes pour 2027, là ils demandent
18 mois de plus pour y arriver. Est-ce que c'est un délai qui nous semble
déraisonnable? Non. Mais pourquoi, à la base, on a besoin de ce délai-là?
L'entente était là, on s'était entendus pour y arriver en 2027. Donc, pourquoi
ce délai-là? Puis, si on y va pour cette entente-là puis qu'on décide de leur
donner le droit de prendre un 18 mois de plus, bien, on veut s'assurer que
ce soit fait pour vrai, parce que là ils ne peuvent pas nous arriver comme ça à
toutes les années et demie, à tous les deux ans, pour encore repousser le
délai.
Journaliste
: Il semble
y avoir un lien entre un investissement substantiel et cet avantage ou, en tout
cas, cet assouplissement-là. Est-ce que ça vous semble suspect?
Mme Gentilcore : Bien, il va
falloir regarder de quoi il en retourne, je ne suis pas au courant de tous les
détails. Mais c'est sûr et certain qu'il va falloir regarder ça, ça prend de la
transparence absolue dans ce dossier-là. Puis il en va de l'environnement
également. Nous autres, on avait dit... tu sais, on s'entend, que la cible de
base, c'était trois nanogrammes à échéance, là, là, 15 nanogrammes, pour
nous, c'est la moindre des choses. Ça fait qu'il va falloir s'assurer que tout
ça soit en concordance puis qu'il n'y ait pas de petits pépins en cours de
route. Ça fait qu'on va regarder ça attentivement.
Journaliste
: ...en
théorie, vous n'êtes pas opposés à ça, ce délai-là, ce n'est pas...
Mme Gentilcore : Bien, pas
opposés, si on nous assure qu'il va être respecté, cette fois-ci, au bout de
18 mois supplémentaires. Parce que là, si, à chaque fois, on nous revient
puis que la Fonderie Horne met de nouveaux... de nouveaux paramètres en place,
puis dit qu'il ne peut pas répondre à ses engagements, là c'est une autre
affaire. Mais là il faut s'assurer que, si on leur accorde ce 18 mois là,
que là, à terme, ce soit vraiment là, parce qu'on y tient, là, au niveau de
l'environnement, ce n'est pas tenable si on ne va pas de l'avant.
Journaliste
:
...sécurité publique, vous vous attendez à quoi? Est-ce que vous espérez que le
gouvernement fasse plus de répression par rapport au crime organisé, mais aussi
par rapport aux gens dans les manifestations, au vandalisme? Vous vous attendez
à quoi?
Mme Gentilcore : L'as-tu
regardé, toi?
M. Boissonneault : Oui. Bien,
j'ai regardé... En fait, on va commencer par voir le projet de loi, ça, c'est
le plus important. Encore une fois, je disais, on veut faire notre travail
correctement, donc on va voir le projet de loi, de quoi il en retourne, mais
une chose est certaine, c'est qu'on est favorable, nous, à des initiatives, des
mesures qui pourraient faire en sorte qu'on se sent davantage en sécurité. On
l'a déjà dit au Parti québécois, on a parlé d'augmenter les patrouilles,
d'augmenter le nombre d'agents, on a parlé beaucoup aussi du camionnage, hein,
des chauffeurs inc., du fait que les contrôleurs routiers ne pouvaient pas
faire des interceptions sur les autoroutes. On a travaillé très fort, on l'a
rappelé au gouvernement à quel point il y avait urgence d'agir, puis que les
contrôleurs devaient retourner faire leur travail sur les routes. On pense
qu'il y a une lacune, il y a des gens qui ne se sentent pas en sécurité pour
toutes sortes de raisons, il faut intervenir dans ce dossier-là, donc, nous, on
va travailler en pleine collaboration avec le ministre, voir qu'est-ce qu'il y
a dans le projet de loi, puis de quelle façon on peut s'assurer d'en faire
davantage.
Mme Gentilcore : Puis, tu
sais, le gouvernement a dit qu'il était le gouvernement de la loi et l'ordre
dorénavant, on n'a pas vu beaucoup ça, on trouve, dans les derniers... dans les
derniers mois, depuis qu'ils ont fait cette annonce-là. On a même eu des
coupures, là, au niveau des procureurs, toutes sortes de coupures qui ont été
annoncées, donc à voir ce qui va être fait avec ce projet.
Journaliste : Juste, sur les
travailleurs routiers, M. Boissonneault.
M. Boissonneault : Sur les
contrôleurs, vous dites?
Journaliste : Oui. Bon, il
n'y a pas de solution, là, en marche déjà? Vous dites : Il faut agir.
M. Boissonneault : Oui, mais
ça tarde. Ça tarde. Il y a quand même une situation d'urgence en ce moment sur
le terrain, là. Là, je comprends qu'il va y avoir des patrouilles conjointes
avec les contrôleurs et la Sûreté du Québec, c'est ce qui avait été évoqué,
moi, je veux voir des résultats, je veux voir ça, comment ça se passe sur la
route. Moi, je le sais qu'il y a des camionneurs qui me parlent, puis qui ont
des préoccupations parce qu'il y a un jugement du Tribunal administratif du
travail qui est intervenu en mars, qui disait que les contrôleurs n'avaient pas
l'équipement pour pouvoir intervenir sur le terrain. Là, je comprends que le
gouvernement a un peu changé son fusil d'épaule là-dedans, mais ça arrive tard.
Nous, ce qu'on dit, c'est qu'il faut qu'il
le travail se fasse rapidement pour que les interceptions sur la route se
fassent le plus vite possible parce que le crime organisé est là, on nous l'a
rapporté, il y a des gens qui font du transport de matière illicite, il y a
toute la question du camionnage illégal aussi qui intervient, des stratagèmes
douteux qu'on a vus, entre autres, à partir de l'Ontario, puis ce dossier-là
n'est pas encore réglé non plus. Bien, ça vient ajouter à l'urgence du fait que
nos routes sont en train de se transformer en Far West. Donc, pour le Parti
québécois, c'était une priorité, ça, puis évidemment, ça retombe dans la cour de
la sécurité.
Journaliste
: Comment
vous interprétez le refus de Jean Chrétien de venir témoigner en commission
parlementaire sur l'opération citoyenneté en 95?
M. Boissonneault : Bien,
écoutez... vas-y.
Mme Gentilcore : Bien oui,
bien, écoutez, évidemment, qu'on appuie à 100 % la demande du Bloc
québécois, là, c'est-à-dire de le pousser à venir, mais écoutez, s'il a le
temps... moi ce que je ne comprends pas, c'est, dans la foulée du 30 ᵉ
anniversaire du référendum, là, on l'a vu autant comme au temps où il était de
toutes les tribunes. Il a eu... il a pris le temps de venir nous parler de
comment ça s'est passé, etc. Et là, soudainement, il n'aurait plus le temps? Il
n'aurait plus le temps de venir s'expliquer en commission? Donc...
M. Boissonneault : Il veut répondre
aux questions des journalistes, mais pas aux questions des parlementaires.
Mme Gentilcore : C'est ça.
M. Boissonneault : C'est
étrange quand même. Puis nous, on déplore... on veut que... on veut qu'il
s'exprime là-dessus, c'est important. Écoutez, il a dit quoi, là? Il a dit
qu'il était prêt à naturaliser des gens qui avaient... bon, ce qu'on a entendu,
c'est qu'on aurait demandé de naturaliser des Canadiens le plus rapidement
possible, il n'était pas sûr d'accepter le résultat non plus au lendemain du
référendum, il y a... avec toutes les questions de financement dont on a déjà
parlé, il y a plusieurs questions qui se posent dans ce dossier-là et les
parlementaires sont en droit de se poser la question. Puis lui, comme ancien
parlementaire, il devra respecter ça encore plus, là. Donc...
Journaliste
: Éviter
qu'on répète les mêmes...
Mme Gentilcore : Exactement.
M. Boissonneault :
Effectivement, avec ce qui s'en vient.
Journaliste : Qu'est-ce que
vous pensez du projet de loi surnommé Q-5, là, déposé hier par M. Gérard qui
lui permet... qui permettrait au gouvernement, finalement, par décret, de
modifier l'application d'une trentaine de lois pour faire passer un projet?
Mme Gentilcore : Ça fait sept
ans que la CAQ nous promet un allègement réglementaire, hein? Ça fait sept ans
qu'ils sont supposés de travailler là-dessus. Évidemment, on a vu qu'ils ont
fait complètement l'inverse. S'ils avaient vraiment travaillé là-dessus et
qu'ils étaient arrivés à des résultats, on aurait pu mettre en place un cadre
réglementaire autour de l'attribution de ces projets-là qui aurait été sur le
sens du monde.
Là, on se retrouve, in extremis, dernière
année, année préélectorale et là on veut, encore une fois, prendre une voie de
contournement pour s'arroger des pouvoirs, finalement. Nous, ça fait des mois,
des années qu'on dénonce le bar ouvert des subventions où on choisit selon
notre envie, selon notre instinct qui seront les gagnants de ces
subventions-là. Puis là, on fait exactement la même affaire pour décider de
quels projets on veut mettre de l'avant. Non seulement ça s'est fait sans
aucune transparence parce que, le ministre Girard l'a dit hier, là : J'ai
des projets en tête. Quels sont ces projets? Dans quelles industries? On parle
de combien de projets? 5, 10, 15, 52? Ça prend de la transparence par rapport à
ça. Donc évidemment que ce qui aurait dû être fait, c'est ce qui a été promis,
c'est-à-dire de l'allègement réglementaire, faire en sorte qu'on puisse
accélérer ces processus-là sans être obligés de passer par une loi de
contournement, puis de permettre à la CAQ de choisir, selon son envie, là, son
choix du jour, le choix du chef.
Le Modérateur : On va passer
en anglais.
Journaliste
: So, on
a... the public securities... the Public Security Minister's bill, you are in favor of measures to increase law and order?
M.
Boissonneault :
Were in favor of the principle, saying that some people feel that
they're not safe, now, there has been some situations that have been reported,
for example, the situation with the… the truckers that work illegally, right
now, on our roads because of the… what's the… what's the name of the phenomenon
in English… Chauffeurs Inc.?
Mme Gentilcore : Chauffeurs Inc.
M.
Boissonneault : Chauffeurs Inc., you know,
Chauffeurs Inc...
Une voix : ...
M.
Boissonneault : Clandestine drivers, so that's
one of…
Une voix : …
M.
Boissonneault : Clandestine drivers, so we've
been in the situation there. We feel that we… and we need to intervene, make
sure that people feel safe, that all these safety issues are fixed. We didn't
see the bill, so we're going to have to work with what we have on the table,
but we are favorable of doing more so people may… feel safe.
Journaliste :
How can you prevent a situation like
the shooting in Laval in this coffee place, Tim Hortons, at 10 o'clock in the
morning? Starbucks.
M.
Boissonneault :
That's a good question. I won't be able to answer you that one. To
answer that one, in the sense that we have to take a step back and see what we
can do for the whole… for the situation in whole Québec, to make sure people
feel safe and we don't have those situations. There is a bill that's going to
be presented, we're going to take time to see it, look at it, but we're ready
to collaborate with the minister to make sure that people feel safer and that
that we are safer in Québec.
Journaliste :
And removing… having like, fines and
put in fines for criminal gangs that are wearing those patches when they are,
like, visiting business, people, stores and stuff.
M.
Boissonneault :
Well, I know that's an issue. I think people are worried about that.
I won't take position on that right now unless you tell me… no. I think we have
to take a step back and and study those measures to make sure that we… we
understand what it means, the implication. There are some legal implications to
take a step like this on the freedom of expression, and so… we have to be
careful on those things. However, we are favorable of a measure that can make
people feel safer in Québec City, so we're going to collaborate. We're going to
see the bill, and we were going to work on that.
Des voix : …
Journaliste :
…on the… just on the Constitution. The
Fédération des femmes is testifying at the hearings today. We know what they're
going to say, but, you know, the minister is still keeping abortion in the
Constitution for now, even in spite of all that opposition. What do you make of
that?
Mme Gentilcore :
Yeah, we think that it should be taken
off. I mean, I mean, we said that already. I said that already, and we voted
for the motion last week, presented by QS, I think, because we don't need to
put that there. The most important thing is to protect the woman and protect
this right to have access to abortion. And many specialists, they say that it's
not the right thing to do to put it in the law, into the law. So, we don't need
to do that, we just have to make sure that this right is preserved. Yeah.
Journaliste :
…just on how many groups have opposed
this bill in general and how controversial it's been, and how many people seem
to hate it…
M. Boissonneault :
This is a demonstration that due work has not been done on this
issue and this bill, because this is what it is. It's a bill that the CAQ is
presenting right now in the last year of his mandate. There was no
consultation, and now… and now he's faced with a situation where you have a lot
of people in civil societies that are concerned with what's on the table, and
it's… it's normal. This kind of bill should be worked… we've proposed,
ourselves, a constitution before independence, a provisional constitution. And
we gonna make sure that people are consulted when we do a process like this,
we're going to take time to go in different communities, make sure that on the
field, we're going to talk to as many groups as we can, which… and the CAQ didn't
do that, and now they're in that situation. A lot of people are expressing
concerns and rightly so, and it's the demonstration that what doesn't work, of
what doesn't work with that bill, because it is what it is. It's a bill, it's
not… it's not what it should be when we talk about something as important as a
constitution.
Journaliste :
And just on the doctors, Mr. Legault,
in a way, yesterday was saying they might offer financial advantages. It's as
if… it's as if this the whole discussion is spinning in circles.
M.
Boissonneault :
Going back to what we've seen with Gaétan Barrette, remember, it's…
obviously people are going to see that. They're going to see the absurdity of
the situation now. For us, it's clear that there's no question we have to pay
more for what is delivered right now by the doctors that… do great work on the
field, it's not… it's not the question. We're trying to fix a system, right
now, that doesn't work. There is a a change that is needed in the remuneration
in… in how people are paid. That's something that there's a consensus in
Québec. What concerns us is that there is a discussion right now that needs to
be pressed. Patients are going to suffer the consequences in January if there
is no agreement between the doctors and the Government. And we see we're…
almost half of December is gone now. So, what is this going to mean? Are we
going to do… Are we going to have to propose a new bill? Are we… How is this
going to work? We will have to make sure that the patients are protected. And
what we're seeing right now is concerning. Be at the table, discuss a solution,
agree on a solution, because we're doing that for the patient. It's not for the
doctor or the Government, it's for the patient.
Mme Gentilcore : Merci.
M. Boissonneault : Merci.
(Fin à 9 h 10)