Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Douze heures cinquante-neuf minutes)
M. Chassin :Merci à mes collègues d'être ici. Alors, vous comprendrez
qu'on y a été en ordre d'ancienneté. Évidemment, je suis très heureux d'ouvrir
le bal pour un événement somme toute insolite, un point de presse commun de
députés indépendants. Je pense que ça révèle quelque chose parce qu'effectivement
on est nombreux. Aujourd'hui, on est cinq, il y en a huit en tout.
Et, quelque part, c'est peut-être... en
fait ça, ça dénote quelque chose, c'est certainement un défi pour une Assemblée
nationale dont le règlement et le fonctionnement est beaucoup... comment dirais-je,
est formé en fonction de groupes parlementaires. Donc, évidemment, ça fait,
disons, certains... certains mécanismes, là, très particuliers dans les
ententes entre les parties qui sont négociées en début de législature et qui
demeurent en vigueur toute la législature. Moi, je pense que c'est un joli défi
lancé à l'Assemblée nationale de réfléchir au rôle du député, au rôle du député
en soi en dehors des groupes parlementaires puis à l'organisation qu'il
pourrait y avoir et qui pourrait valoriser davantage les députés. Moi, c'est un
peu un premier élément que je tire du... de la session, là, comme bilan de
session, parce que rappelons-nous qu'au départ, début septembre, j'étais seul
comme indépendant. Alors, évidemment, on a augmenté pas mal.
Le deuxième élément, puis c'est très
personnel, mais je pense que c'est tout à fait compréhensible. On avait au
départ un gouvernement qui a prorogé et ouvert une nouvelle session avec un
discours d'ouverture qui annonçait un certain virage à droite. J'ai invité Éric
Duhaime, le chef du Parti conservateur, à venir à l'Assemblée nationale avec
moi pour parler de qu'est-ce que ce serait un virage à droite. Est-ce qu'on est
sincère du côté de la CAQ? On avait proposé cinq idées. Je dirais qu'on a une
demi-idée par ci par là, mais pas grand-chose sur la libéralisation de
l'alcool. Je pense qu'on n'a pas avancé sur l'abolition des quotas de véhicules
électriques. À moitié, le vote secret pour l'accréditation syndicale dans le
projet de loi n° 3, il n'en est pas fait mention. Le projet de loi
n° 3 de Jean Boulet, qui parle justement du Code du travail. Pour la fin
de la permanence des hauts fonctionnaires, le projet de loi n° 7 touche un
petit peu à l'imputabilité, mais pas plus. Puis ramener la SAAQ à sa mission
d'assurance, ça, il n'y en a pas eu... il n'en a pas été question.
Ça fait que je suis assez déçu de cette
session-ci où j'ai l'impression que ça a été beaucoup de partisanerie, beaucoup
d'affrontement, mais pas d'actions structurantes de la part du gouvernement.
C'est mon bilan très personnel, et je cède la parole au suivant.
M. Dufour : Donc, bonjour à
tous. Premièrement, c'est sûr et certain que c'est une session particulière,
une particulière qui vient d'arriver cette... cette session-ci. Vous avez vu,
c'est des gens d'un petit peu tous les horizons qui se retrouvent indépendants
pour différentes raisons. Et faire de la politique, c'est d'avoir le courage de
ses convictions, et ça, je pense que c'est ce que vous avez avec les
différentes personnes qui sont ici avec moi, puis les quelques-unes ne
pouvaient être présentes ici aujourd'hui. Mais ça démontre que ce n'est pas
simple de faire de la politique parce que justement tu dois avoir des idées où
est ce que tu veux orienter, vers quoi tu veux améliorer pour ta population,
pour ton territoire et tu as aussi naturellement, lorsque tu es dans un parti,
des lignes de parti ou des orientations.
De mon côté, mon combat depuis plusieurs
années, pas simplement depuis le mois de septembre quand j'ai été exclu, mais
depuis plusieurs années, c'est de mettre en avant le déficit fiscal de la
région de l'Abitibi-Témiscamingue qui actuellement est très attractive avec les
minéraux qu'elle exploite, qui est exploité chez nous, donc les mines aurifères
particulièrement, ce qui fait en sorte qu'on est très très intéressant pour le
Produit intérieur brut du Québec, les investissements qu'on fait naturellement
à tous les niveaux, et ça, c'est quelque chose de très, très important.
Par contre, le pouvoir d'avoir des
redevances additionnelles pour justement améliorer nos infrastructures
publiques n'est toujours pas là. Et la grande déception de cette législation
présentement qu'on voit, c'est qu'on a un premier ministre qui s'est octroyé le
rôle de ministre responsable d'une région alors qu'il doit être en principe le
premier ministre de l'ensemble du Québec. Et deuxièmement, avec les réponses
qu'il formule, c'est des réponses comme n'apprécie pas le concept de l'étude
qui a été démontré à partir des chiffres du gouvernement, qui a un déficit
fiscal majeur pour l'Abitibi-Témiscamingue, n'achète pas le concept du déficit
fiscal aussi. Donc, ça fait en sorte que tu te demandes à quoi, à ce moment-là,
qu'un ministre responsable d'une région sert s'il ne se bat pas pour la région
elle-même dans laquelle il doit représenter celle-ci. Je comprends le rôle d'un
premier ministre, mais si tu t'octroies le poste d'un ministre responsable
d'une région, bien tu te dois de défendre ce que la région demande aussi. Ce
qui ne semble pas être le cas présentement.
Donc, c'est dans la situation qu'on se
retrouve ici aujourd'hui à vous présenter un bilan, mais c'est un bilan qui,
pour ma part, est très décevant parce qu'on voit qu'on a un individu qui s'est
octroyé un pouvoir, qu'il ne veut pas tout à fait jouer la game comme il se
doit avec les élus du gouvernement en place dans le gouvernement régional, ce
qui veut dire nos préfets, nos maires et nos organisations. Donc, c'est un peu,
moi, le constat de la situation entre le mois de septembre à aujourd'hui.
Merci.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
À l'instar de mes collègues, là, je tiens à faire un bilan de fin de session
d'une première session à titre de députée indépendante. Lorsque j'ai quitté,
j'ai nommé qu'il y avait plusieurs éléments qui étaient manquants dans le
leadership de M. Legault, c'est-à-dire manque de vision, de vision intégrée pour
les régions du Québec et les régions limitrophes du Québec, donc éloignées, et
ça se continue, ça se poursuit. Aujourd'hui, ça s'est poursuivi donc dans la
session actuelle, et c'est aussi pour ça que je me suis présenté en politique,
c'est-à-dire représenter ma région, à être une voix forte pour que les gens,
les enjeux de ma région puissent être entendus et que les dossiers puissent
avancer, et c'est ce que j'ai fait donc, comme députée indépendante dans le
cadre de cette session-ci, notamment en invitant des gens de mon coin du Bas-Saint-Laurent
pour pouvoir porter de manière transpartisane l'enjeu de l'autoroute 20,
pour que le financement des études permettant la mise à jour des études pour la
finalisation de la portion d'autoroute 20, soit mis au PQI, que ça tombe
donc à l'étude. Également, là, donc défense des services de santé en région. Et
tout ça a été travaillé.
J'ai continué de travailler avec
l'ensemble des collègues des différentes formations politiques puisque pour
moi, le rôle d'un député indépendant, c'est aussi un rôle où on peut travailler
de manière transpartisane. On le voit aujourd'hui, là, on est plusieurs
ensemble, avec différentes visions de la politique. On a tous à cœur nos
citoyens, tous à cœur de faire avancer la société avec des visions qui peuvent
être différentes. Mais je pense que de débattre ensemble et de travailler
ensemble pour le bien commun et surtout pour le bien de nos régions, ça ne fait
que grandir le Québec. Alors c'est comme ça que je vais continuer de travailler
pour la prochaine session, notamment avec l'enjeu de l'immigration qui est qui
est très présent pour le Bas-Saint-Laurent et pour mon comté. Merci.
Mme Poulet : Alors, bonjour,
à mon tour concernant le bilan. Alors, dès aujourd'hui, j'ai déposé un projet
de loi sur l'économie sociale, alors pour s'assurer qu'au cadre... dans les
cadres régionaux, l'économie sociale ne soit pas une d'exclusion au PSOC.
Alors, dans les 17 régions du Québec, il y en a 11 qui est facteur
d'exclusion à ce niveau-là, alors que ce n'est pas le cas au niveau national.
Alors, j'ai déposé le projet de loi n° 495 et j'en suis très fière. On va
redonner et sécuriser les organismes communautaires, enlever le flou, justement
à ce niveau-là, pour permettre aux organismes communautaires d'assurer... de
s'assurer une meilleure... un meilleur financement de leur mission et qu'ils
puissent développer un volet marchand.
L'autre chose aussi, j'ai... l'année
passée, j'ai initié le sommet sur la sécurité alimentaire partout en Montérégie,
et pour le bilan de cette session-ci, mais on est arrivé avec un plan d'action
plan d'action partout sur la Montérégie, sur le territoire de la Montérégie,
qui va créer le plan PLAT. Alors, c'est le pôle logistique alimentaire
territorial, pour mieux nourrir notre population. Alors, je remercie tous les
gens qui sont sur le comité, 15-20 personnes qui sont sur le comité de
partout sur le territoire de la Montérégie, qui s'assure ensemble de bien
nourrir notre population.
Et également, le projet de loi n° 2
est venu cristalliser mon insatisfaction auprès du gouvernement. C'est la
raison pour laquelle j'ai démissionné du gouvernement. Pour moi, le
gouvernement doit être rassembleur et non diviser la population. Alors, c'est
tout à fait le contraire que le PL n° 2. Le projet de loi a divisé la
population. Le projet de loi n° 2 a suscité aussi de l'inquiétude, de la
frustration au niveau des médecins. Moi, j'ai l'Hôpital Charles-Le Moyne,
moi dans ma circonscription et j'ai un GMF universitaire. J'ai beaucoup de
médecins qui m'ont mentionné qu'ils étaient insatisfaits face à ce projet de
loi n° 2 là. Alors, moi, je me devais, à titre de députée, de bien les
représenter à l'Assemblée nationale. À titre de députée indépendante, je suis
fière maintenant de les représenter et je vais continuer mon travail sur le
terrain avec grand plaisir.
M. Marissal : Bien, bonjour!
Ça a été dit d'emblée, on prend la parole ici selon notre ancienneté comme
indépendant. Ça ne fait pas tout à fait trois semaines que je suis député
indépendant, alors c'est moi le dernier qui parle, et je n'aurai pas
grand-chose à dire sur mon statut d'indépendant parce que c'est relativement
nouveau en ce qui me concerne. J'apprends là-dedans. J'apprends surtout que la
machine parlementaire, elle est accueillante pour les députés indépendants, c'est-à-dire
que la présidence, le secrétaire général, ils font tout ce qu'ils peuvent pour
nous accueillir, pour nous accommoder. Mais la machine comme telle, les députés
indépendants sont un peu des électrons libres là-dedans, puis on perd beaucoup
en temps de parole. Je suis en train d'apprivoiser tout ça. Cela dit, je suis
ici de mon plein gré et je prendrais exactement la même décision. Je remercie
d'ailleurs mes nouveaux voisins, très accueillants, qui ont voulu organiser ça
parce qu'effectivement, si on ne prend pas la parole nous-mêmes, personne ne va
nous la donner.
Alors, un bilan très rapide de cette fin
de session. Ce gouvernement montre tous les signes d'un gouvernement en fin de
régime, d'un gouvernement usé après presque huit ans. C'est particulièrement
vrai dans le domaine de la santé où le ministre de la Santé a été carrément
tassé par le premier ministre et d'abord par la présidente du Conseil du
trésor. Mais ce n'est toujours pas réglé. Le diable est aux vaches. La
population est hyper inquiète de ce qui se passe, notamment des fermetures de
cliniques, des médecins qui vont quitter, des médecins qui quittent déjà. La
situation ne s'est absolument pas améliorée.
Ce gouvernement-là me fait penser à
quelqu'un qui a une vieille imprimante qui marche plus puis qui appuie
constamment sur «reset», «reset», «reset», en souhaitant qu'autre chose sorte
et en couleur. Mais elle est «kaput», l'imprimante, alors ça ne fonctionne
plus. Moi, j'invite les Québécois, au cours des prochains mois à prendre des
décisions qui leur conviendront pour la suite des choses, mais je pense que ce
ne sera pas du côté de la CAQ qui est vraiment usée. Merci.
La Modératrice : Merci. Nous
sommes rendus à la période des questions concernant le sujet du jour. Par la
suite, les députés indépendants seront disponibles pour des entrevues
individuelles.
Journaliste
: Bonjour.
Je ne sais pas s'il y a un chef du caucus des indépendants.
Mme Blanchette Vézina : Il n'y
a pas de chef, mais c'est très bien, j'apprécie votre question.
Journaliste
: Alors,
vous répondrez selon votre gré.
Vous nous avez tous parlé d'éléments un
peu différents, là, de vos bilans comme députés. Et qu'est-ce qui vous unit,
là, tous les cinq dans ce bilan? Qu'est-ce que vous avez en commun aujourd'hui
à nous présenter?
Mme Blanchette Vézina : En
fait, je pense que le député de Saint-Jérôme a bien nommé, qu'on est plusieurs
députés indépendants en ce moment, ça amène des défis de logistique, puis je
pense que dans... dans la réforme du parlementarisme, ce serait intéressant de
revoir comment... tu sais, de faire une réflexion, en fait, sur le rôle du
député, puis comment on peut intégrer les députés indépendants de manière... avec
une certaine équité. Donc, c'est un peu aussi la réflexion qu'on lance
aujourd'hui en disant comment, avec huit députés indépendants, qui sont plus
nombreux que la troisième opposition, on peut continuer d'exercer un droit
parlementaire qui est équitable, mais qui permet aussi que les travaux
avancent. Je pense qu'il y a une réflexion à avoir sur cet élément-là.
Journaliste : Et est-ce que
votre vos, vos prises de parole, c'est un peu aussi, d'une certaine façon, un
front commun contre le gouvernement actuel? Vous avez tous des critiques à
l'égard du gouvernement caquiste.
M. Chassin :Ça adonne comme ça. Peut-être que, par exemple, Lionel
Carmant aurait un autre discours. Moi, j'ai envie de dire qu'à l'heure où on
débat, par exemple, de la carte électorale puis qu'on parle beaucoup de la
représentation, d'accès au député, du travail de député, bien, c'est un peu ça,
c'est quels outils a-t-on si on n'a pas de groupe parlementaire? Puis, non, on
n'est pas un groupe parlementaire. Alors, évidemment, on se donne dans la vie
courante, là, c'est très prosaïque, mais dans la vie courante d'un député
indépendant, on s'entraide. Puis, même si on n'a pas nécessairement d'atomes
crochus idéologiquement, parce que cd'est un miracle de Noël que Vincent et moi
soyons dans un même point de presse. Mais on a assurément un vécu et
certainement des ambitions de défendre notre population qui sont ce qui nous
unit. Et si on peut à cinq faire un point de presse plus pratique pour vous
tous, Mmes et MM. les journalistes, bien, on s'organise en fonction de la
réalité. Je pense que l'Assemblée pourrait aussi le prendre en compte.
M. Dufour : Ce qu'on
mentionnait aussi hier, on a eu une rencontre hier, puis ce qu'on a mentionné,
c'est que, si on veut intéresser la jeunesse à s'impliquer en politique, je
pense que les partis politiques vont devoir avoir une réflexion. On le voit
présentement, la minute que tu n'es pas en symbiose avec une orientation, on
dirait que tu deviens comme un joueur, que tu dois être exclu du jeu politique,
alors que c'est contraire, on devrait prendre le temps d'écouter les gens, ce
qu'ils ont à dire sur leur territoire, sur la région, parce qu'on en est les
premiers intervenants qui se font interpeller par l'ensemble de nos populations.
Et ce n'est pas les partis politiques qui sont interpellés, c'est les individus
qui sont députés, et ça, c'est l'élément, je pense, derrière toute cette
démarche-là aujourd'hui, avec ceux qui ne sont pas ici présents. Mais si on
regarde tout ce qui arrive présentement, ça démontre que, je pense, qu'il doit
y avoir une réflexion dans l'ensemble des partis politiques du Québec.
M. Marissal : C'est vrai
qu'entre Youri et moi, il n'y a pas tant d'atomes crochus politiques, là, c'est
sûr, mais on ne s'entend certainement pas sur les orientations à donner à un
Québec qui serait dirigé autrement. Probablement qu'on s'entendrait sur assez
peu de choses.
M. Chassin :
Les hôpitaux.
M. Marissal : Mais on
s'entend sur une affaire, c'est que le gouvernement de la CAQ, il est usé, il
est usé, puis je pense qu'il a brûlé toutes ses cartouches. Puis on s'entend
sur un autre point, là, tout le monde ici, c'est qu'on n'est pas moins député
parce qu'on est des députés indépendants. Moi, je n'ai pas été moins élu tout
d'un coup, je n'ai pas perdu 50 % de mes votes, là, que j'ai eu il y a
trois ans et demi.
Puis, une anecdote comme ça, je croise une
dame dans ma circo il y a quelques jours au supermarché, puis elle me dit M.
Marissal, M. Marissal, on me dit que vous n'avez plus de bureau, puis elle dit
moi, je fais affaire beaucoup avec vous attachés, notamment pour des références
en santé mentale dans mon organisme, tout ça, je lui dis non, non madame, je suis
encore député, je n'ai juste plus de suit de couleur, mais je suis encore
député, puis c'est important de le mentionner parce que la machine ici, même si
elle ne veut pas le faire, elle a tendance à faire disparaître les députés
indépendants.
Puis là, le fait qu'on est huit, bon, on
n'est pas huit ici, mais les trois autres auraient pu se joindre à nous. Bien,
oui, saisissons l'occasion pour voir qu'est-ce qu'on peut donner comme... comme
moyens, comme ressources pour que les députés indépendants soient capables de
jouer la joute. Je comprends que je n'aurai pas une aile parlementaire à moi,
là, ça, je comprends ça. Mais ne pas qu'on soit non plus complètement exclu
comme des bébittes, des chiens perdus pas de collier, c'est important, là. Moi,
je les vois travailler ces gens-là. Ils travaillent. Je ne voterai pas souvent
pour les motions de Yuri ou autres, puis ça, ça n'a pas d'importance. Ça, c'est
la game politique. Mais que les députés indépendants soient capables de faire
leur boulot, moi ça me paraît important. Savez-vous que la dernière fois qu'un
député indépendant a été élu ici à l'Assemblée nationale? Ça fait longtemps,
c'est l'année de ma naissance, c'est en 1966. Ça fait qu'on pourrait parler de
la réforme du mode de scrutin aussi, là, oui, assurément, mais, tu sais, de
redonner un sens aussi aux députés indépendants.
Journaliste : Peut-être, en
terminant là, pour ma part, sur une question plus légère, est-ce que vous avez
tous et toutes accepté l'invitation du 5 à 7 festif du Parti Québécois?
Juste...
Mme Blanchette Vézina : Je
pense que oui, moi j'ai accepté, oui, oui.
M. Dufour : Oui, on a tous
accepté.
Mme Poulet : Dans mon cas,
pour répondre à votre question, moi, non, moi, je ne peux pas être... j'ai
accepté... je n'ai pas accepté l'invitation parce que j'ai d'autres... d'autres
engagements.
Mais pour répondre à votre question
tantôt, l'autre question que vous avez, moi, je prends le temps de remercier
les gens de l'Assemblée nationale qui étaient là pour nous dès le lendemain de
notre... qu'on était... qu'on a siégé indépendants, qui nous ont... pas tenus
par la main, mais presque, mais qui nous ont aidés à cheminer dans notre
nouveau rôle d'indépendant. Alors moi, je les remercie, toute l'équipe de
l'Assemblée nationale, c'est des gens vraiment extraordinaires et qu'est ce qui
nous unit ici? C'est nos valeurs, nos convictions. Alors on est tous unis dans
ces... dans ce sens-là et on va continuer à représenter nos populations dans
nos... chacune de nos circonscriptions et dans les enjeux aussi qui sont reliés
à nos circonscriptions.
Journaliste : Bonjour à tous.
Vous pouvez rester Mme Poulet. Bonjour à tous, Patrick Belrose, Journal de
Québec, Journal de Montréal. Mme Poulet, bon, quand vous avez quitté la CAQ,
vous n'avez pas eu l'occasion de vous expliquer, là, à la base vous deviez
donner un point de presse, finalement ça a été annulé, finalement, bon, vous avez
été exclu. Peut-être, nous raconter un peu cette journée-là ce qui est arrivé,
surtout votre rencontre avec M. Legault. J'aimerais comprendre, là, vous deviez
vous expliquer, finalement, vous avez été exclu. Pouvez-vous nous raconter un
peu ce qui est arrivé?
Mme Poulet : Écoutez, c'est
du passé. L'objectif de la journée, c'était de siéger... de me retirer de la
CAQ. L'objectif a été atteint. Alors, il y a plein de choses qui est arrivées
durant la journée, je pensais que c'était un passage obligé de voir le premier
ministre, ce n'est pas le cas. Alors, aujourd'hui, je siège indépendante et je
suis fier de l'être pour bien représenter les situations.
Journaliste : ...rencontre
avec M. Legault cette journée-là.
Mme Poulet : J'ai eu une
rencontre en fin de journée, oui.
Journaliste : OK, d'accord.
Donc, il vous a annoncé que vous étiez exclu, tout simplement?
Mme Poulet : Les discussions
avec le premier ministre sont confidentielles.
Journaliste : J'aimerais vous
entendre sur votre flirt avec le PLQ. Qu'est-ce qui fait que vous avez songé à
passer au PLQ et est-ce que c'est toujours le cas, est-ce que vous souhaitez
toujours joindre le PLQ même si, bon, je comprends que la porte est fermée, là,
mais pourquoi vous avez songé à passer avec... chez les libéraux?
Mme Poulet : Je peux vous
dire qu'au lendemain de mes... de mon élection, vous le savez, ça a déjà été
mentionné à maintes occasions, la circonscription de Laporte, c'est une
circonscription qui est historiquement libérale. Alors, dès le jour un de mon
élection, je parlais aux libéraux et je continue à parler aux libéraux comme je
parle avec un autre parti politique, au PQ... parce qu'on est ensemble pour le
bien de notre circonscription, pour la population. Alors, on n'a pas de
barbelés à l'entour de nous, là. Voilà.
Journaliste : Mais est-ce que
vous me dites que c'est des discussions comme ça qui n'étaient pas
nécessairement pour passer dans un autre parti, ou est-ce que c'était vraiment
des discussions pour joindre le Parti libéral?
Mme Poulet : Les discussions
sont confidentielles, puis je veux vous dire aujourd'hui que mon objectif lors
de... il y a un mois, c'était de siéger indépendante. Je demeure... je suis
indépendante, je demeure indépendante pour le bien de ma circonscription, pour
bien représenter les citoyens de la circonscription de Laporte.
Journaliste : Question sur
laquelle vous aurez plus envie de répondre, là, sur la réforme du mode de
scrutin... du mode de rémunération plutôt pour les médecins. C'était une des
raisons pour lesquelles vous avez quitté, vous avez dit : Je ne peux pas
défendre ce projet de loi là. Est-ce que vous avez l'impression que le temps
vous donne raison, finalement, aujourd'hui, quand on voit que M. Legault est
prêt à jeter du lest?
Mme Poulet : Malheureusement,
dès le départ, dès le jour un, le gouvernement a dû être... aurait dû être un
gouvernement rassembleur, mieux travailler ce dossier-là. Et ça a fait... ça a
divisé la population, malheureusement. Alors, il y a eu beaucoup de grogne, on
le voit dans les médias. Malheureusement, c'est un dossier qui n'est pas encore
réglé. On n'a aucune nouvelle des discussions qui se sont... qui sont en cours,
si on... bien je pense qu'ils sont encore en cours, sinon on le saurait. Alors,
j'espère que ce silence-là est de bon augure, mais il y aurait dû avoir un
meilleur travail, je pense, en amont, avec ce projet de loi là et avec les
fédérations.
Journaliste : ...de la tête,
là, peut-être les anciens caquistes, si vous souhaitez commenter.
M. Dufour : Bien, vous le
savez, le projet de loi n° 2, il a été travaillé, il a été peu présenté,
puis... c'est quelque chose qui est arrivé à Isabelle à un moment donné, qui a
été un petit peu mentionné, comme quoi que la lecture d'un projet de loi, des
fois, aussi, oui, on se fait présenter des choses dans un parti, mais des fois,
c'est succinct et des fois, on n'a pas toute l'enveloppe générale. Et puis ce
qui est arrivé, un petit peu, dans ce dossier-là, c'est un peu qu'on a comme
découvert des éléments par la suite sur la manière de voir et lire ce projet de
loi là, puis c'est très compliqué de lire un projet de loi en partant, donc,
parce que ça vient chercher sur d'autres lois, des lois du passé, etc. Ce qui
fait en sorte que, je pense que ça le démontre et on le voit présentement dans
les différentes discussions qui se passent, c'est qu'il y a des enjeux qui vont
au-delà de la rémunération des médecins, ce qui fait en sorte que ça cause
d'autres problématiques, et des fois, on essaie de résorber une situation, par
exemple dans un grand centre, mais ça va être les régions éloignées qui vont
manger la claque, comme on dit en bon québécois. Pourquoi? Parce que,
justement, les principes de, exemple, d'avoir beaucoup de spécialisations, mais
ce n'est pas les régions qui l'ont, c'est Montréal, c'est Québec. Donc, à ce
moment-là, lorsqu'on veut avoir un service de spécialisation, ce n'est pas vrai
que c'est simple. Et nos médecins de famille en régions éloignées sont souvent
des généralistes parce qu'ils doivent à peu près tout faire, donc c'est
difficile d'arriver avec une mise à jour... avec un projet de loi qui va faire
une mise à jour de mur à mur entre ce qui se passe à Montréal et ce qui se
passe dans les régions et depuis, quand même, un certain temps que ce projet de
loi là, ce qu'on essayait de dire au caucus lorsqu'on était là, c'est qu'il y
avait des problématiques sur cet aspect-là.
Journaliste : Vous avez
quitté avant la loi n° 2, hein, donc, vous parlez vraiment de la réforme
en général, pas de la loi n° 2?
M. Dufour : Bien, vous le
savez, ça a été déposé au mois de mai, ce projet de loi là, il y a eu des
discussions pendant tout l'été. Mais, au delà de ces discussions-là, déjà,
nous, au caucus, qu'est ce qu'on disait, ce qu'on mentionnait, particulièrement
les gens des régions, c'est qu'on ne peut pas penser de résorber une
problématique, exemple, à Montréal ou à Laval, qui n'aura pas un effet,
peut-être, inverse dans des régions éloignées, comme, exemple,
l'Abitibi-Témiscamingue.
Journaliste : Bonjour? Oui.
M. Chassin :J'ai peut-être juste envie de rajouter une chose, puis
Pierre m'aidera peut-être parce qu'on a été élu en 2018, mais moi, je me
rappelle, c'est... Je garde tout le temps, un peu, une réserve, j'ai été
adjoint parlementaire à la santé, mais je me rappelle de quand on a été élu en
2018, que le réseau avait, là, des plaies ouvertes avec la réforme Barrette,
puis que d'avoir Danielle McCann comme ministre posée, sereine, ça avait été,
vraiment, un changement de ton très bénéfique. Puis on disait : Mon Dieu,
vraiment, Barrette, là, il avait vraiment trop brassé la cage. Puis
aujourd'hui, comme on dit en chinois, We've come full circle, mais on a
l'impression d'être revenu à ce même état où Barrette avait des pénalités, là,
qui pendaient au bout du nez des médecins. Puis nous, c'est encore la
contrainte qu'on voit, là, aujourd'hui et qui... qui pose problème. Je ne sais
pas pourquoi, mais il y a comme une histoire qui se répète là-dedans puis qui
n'est jamais la bonne. C'est un petit, un petit quelque chose.
Journaliste : Oui, bonjour,
François Carrabin, si je peux, Mme Poulet... peut-être... Mme Blanchette-Vézina
vous allez pouvoir commenter, mais... à quel point est-ce qu'il y avait de la
grogne? Parce que vous parliez, évidemment, d'une incompréhension dans la
population, mais à quel point est-ce qu'il y avait de la grogne, même au sein
du caucus de la Coalition avenir Québec, par rapport au projet de loi
n° 2?
Mme Poulet : Là, je ne
parlerai pas pour mes anciens collègues, ça leur appartient. Mais je peux vous
dire que sur le... dans la circonscription de Laporte, j'ai énormément de
médecins à Saint-Lambert, j'ai l'hôpital Charles-Lemoyne, j'ai aussi un GMF
universitaire. J'ai rencontré des médecins et je peux vous dire qu'ils étaient
vraiment en colère. J'ai aussi parlé au directeur général du CISSS de la
Montérégie Centre qui me disait... aussi, parce que je voulais avoir le pouls
de son équipe, il disait exactement la même chose que l'on retrouve dans les
médias. Alors il y a beaucoup d'inquiétude, il y avait beaucoup d'inquiétude,
de colère, et malheureusement, comme je l'ai dit tantôt, le gouvernement doit
être rassembleur.
Journaliste : Ça fait que
vous n'étiez pas tout seul, là, dans le caucus de la CAQ, à penser comme vous
le pensez?
Mme Poulet : Comme je vous
dis, je ne parlerai pas au nom de mes collègues, mes anciens collègues.
Journaliste : Sinon, peut-être
une question pour tout le monde, là, mais avez-vous reçu des appels du pied de
d'autres partis? Bon, on le sait peut-être, Mme Blanchette-Vézina, là...
Mme Blanchette Vézina : J'allais
rebondir sur votre question, mais allez-y, oui.
Journaliste : Oui, oui, non,
mais allez-y, je vous laisse compléter votre discussion, puis on pourra...
Mme Blanchette Vézina : Bien,
en fait, je pense que la loi n° 2, là, qui est adoptée en ce moment, elle
a des effets dans les régions, même si ce n'est pas en vigueur, même s'il y a
encore des discussions. Au même titre que mes collègues, là, j'ai des
discussions avec des médecins de ma région. Au Bas-Saint-Laurent, le Nouveau-Brunswick
est beaucoup plus proche de Rimouski que Québec peut l'être, ce qui fait qu'il
y a des médecins qui réfléchissent à aller au Nouveau-Brunswick. Puis il y a
des médecins qui me disent qu'ils vont prendre leur retraite parce que, pour
eux, repartir dans une nouvelle réforme, comme c'est le cas en ce moment, c'est
trop. C'est une quinzaine de médecins au Bas-Saint-Laurent, à 1000, 1500 patients, c'est
majeur, là, pour les citoyens du Bas-Saint-Laurent si ces... si ces médecins-là
quittent ou prennent leur retraite de manière hâtive. J'espère, comme la
députée de Laporte l'a mentionné, que le gouvernement fera preuve de leadership
pour un peu lâcher du lousse sur ce dossier-là parce que les effets se font
sentir et ils vont se faire sentir dans les prochains mois, certainement dans
ma région.
Journaliste : Sur mon autre
question, là, est-ce qu'il y a eu des appels du pied de la part d'autres
partis, qu'ils soient à l'extérieur de l'Assemblée nationale ou à l'intérieur
de l'Assemblée nationale, pour vous recruter? Je pose la question, là.
Mme Blanchette Vézina : Moi,
en toute transparence, je pense que certains, vous avez tenté d'avoir des
réponses. C'est certain que le Parti conservateur aimerait bien que je fasse
partie de l'équipe à la prochaine élection. Pour moi, je veux poursuivre mon
mandat à titre d'indépendante. Donc, il n'y a pas de changement de mon côté.
Journaliste
: ...M.
Dufour, même chose?
M. Dufour : On a eu des
discussions avec le Parti libéral du Québec, entre autres.
M. Chassin :
Puis on est restés indépendants.
Journaliste : Oui.
Mme Blanchette Vézina : C'est
ça.
M. Chassin :C'est ça quand même.
Journaliste
: Merci.
Journaliste : Puis c'est une
question peut-être pour M. Marissal. C'est la première fois qu'on vous voit
devant les médias depuis que vous êtes indépendant. Est-ce que je peux vous
entendre sur les commentaires de Paul St-Pierre Plamondon sur le milieu
culturel? Comment vous avez reçu ça? Comment vous trouvez ces commentaires-là
qui ont été faits?
M. Marissal : Bien, de un,
moi, je trouve qu'on m'a beaucoup, beaucoup vu depuis que je suis indépendant.
Au point où, si la surexposition est cancérigène, je ne finirai pas l'année,
là. Et j'ai hésité à venir ici, pas en raison de mes collègues, c'est juste que
je n'avais comme pas le goût de relancer le cirque, puis je pense que j'ai
donné, là. J'ai fait à peu près toutes les émissions possibles et imaginables
du Québec. Je n'ai pas grand-chose à dire sur ce que Paul a pu dire là-dessus,
à part qu'il a fait amende honorable, puis il a reculé. Oui, moi, je suis
capable de reconnaître ça parce que je peux être impulsif moi aussi, des fois.
Je suis assurément soupe au lait, et puis, oui, des fois, dans le feu de
l'action, on dit des affaires, puis c'est... c'est sain. Je pense que les gens
apprécient qu'on soit entier, mais les gens apprécient aussi qu'on soit capable
de dire : Oui, là, je suis peut être allé un peu loin, je me suis mal fait
comprendre puis... donc la première version ne tient plus. C'est ce que je
comprends. Il m'est arrivé aussi de marcher sur ma peinture parce que... parce
que j'ai une trop grande gueule. Oui, ça m'est déjà arrivé.
Journaliste : Dan Spector from Global News. Just in English. I'm just
looking for the ex-CAQ Mna's, what you guys have been thinking as Mr. Legault
keeps insisting on staying on in spite of bad polls and rumors that people are
hoping that he reflects on his future?
M. Dufour :
It's his own decision, first of all. You
know, the party of la CAQ, the way it's built is like a
company. So, he is on the top and he looks like to decide what I want to go for
the next level he want to go. And the idea about the situation, he has to think
about what he is going to do for the next period because , as you se, since a
year ago, Youri who have left. Myself, I was expulsed, Maïté,
Isabelle. And we also understand that a couple of our
ex-colleagues are not so much happy with the situation actually. But, like I said, he have to think about what he is going
to do because I think it's not an easy way for him to stay there actually.
M. Marissal :
Do you remember Marv Levy, the famous
Buffalo Bills coach? I think he did coach in Montreal as well. He did coach
until a very, very old age. And he once said, because the question was asked to him every time he was
in front of the media. And he once said : As soon as you start thinking
about retirement, you're already gone. So, apparently, Mr. Legault is
not there yet, but people in his own party are asking him to think about it,
and what I would ask, if I may... If I may ask something to Mr. Legault is, Yes,
sure, think about yourself, think about your family, but think about the future
of Québec as well. Are you still the man of the situation? You've been there a
long, long time, thanks for your services, but maybe that you should go back in
the snow just to make sure that you want to come back in January. That's that's
my advice to Mr. Legault. Thank you.
Une voix :...
Mme Blanchette Vézina : I
already said it. I left because of the lack of leadership of Mr. Legault, so
it's the same thing. I'm... not glad that my ex-colleagues are thinking about
it now, to learn that they think about it and they... they think the same thing
as me, but, I mean, if Mr. Legault wants the Coalition avenir Québec to be...
still a party after the next election, he has to think about his future.
Journaliste : What did you
think today when he said... he walked in the snow and said he was going to
stay.
Mme Blanchette Vézina : I
hope he's going to walk again during wintertime vacation, yes.
Journaliste : Mr. Chassin ou
Mme. Poulet?
Mme Poulet : I think that
everything has been said regarding that, so I don't have any other comments.
Journaliste
: Can you
just talk a bit about the day that you were out of the party, and how things
unfolded, and your feelings about Bill 2 and how it led to your departure.
Mme Poulet : About thes day,
this day? Look, it is the past and I'm looking forward for... sorry, about my
English, so I'm here for... I'm the MNA, I'm still the MNA of Laporte, so I
want... I'm going to continue to work and represent the population of Laporte.
So what I've been... the past is the past. It's in the past and I'm going to leave
it there, so I'm going forward.
Mme Poulet : You were saying
there's a lot of doctors in your circonscription, I guess you heard a lot from
them.
Mme Poulet : Yes. Yes,
exactly. And they are not very happy about Bill 2, so that's why... this
crystallized my deception about the government, and so this is the reason that
I left.
Journaliste : Thank you.
(Fin à 13 h 33)