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(Dix heures trente-trois minutes)
M. St-Pierre Plamondon : Je
sollicite votre attention pour vous souhaiter un excellent début de session.
Donc, ce matin, on commence, à l'évidence, une session assez spéciale à
plusieurs niveaux. Évidemment, 2026 est l'année d'une élection au Québec. Ça
change le contexte, mais on est dans une session particulière, parce que le
premier ministre a démissionné et on a un parti devant nous au pouvoir, qui est
en plein cœur d'une course qui s'annonce un peu déchirante, là, à la lumière
des derniers jours, en termes de ton et... Et je veux simplement souligner que
de constater qu'un premier ministre qui a démissionné de ses fonctions et qu'il
y a une course, ce serait un portrait incomplet d'une situation qui, en fait, est
celle des symptômes d'un fin... d'une fin de régime lorsqu'on considère que, au
cours des derniers mois, donc, depuis 2022, en fait, si on fait le décompte, il
y a eu 17 départs de la CAQ. Je vous parle de 10 députés qui sont
devenus indépendants et sept qui ont annoncé qu'ils n'allaient pas se
représenter. Et si on suit attentivement l'actualité, il y en a un par semaine
qui annonce qu'il ne revient pas.
Donc, il faut constater qu'une partie
importante des députés de la CAQ ont eux-mêmes lancé la serviette, et que c'est
dans ce contexte-là de gens qui se sont désengagés, et pas n'importe qui, là.
Christian Dubé est indépendant. Geneviève Guilbault a fait l'annonce qu'elle ne
revenait pas. Donc, il y a un certain nombre de personnes très centrales dans ce
qui était le gouvernement de la CAQ qui se sont désengagées. Et c'est dans ce
contexte-là que se pose la question pour le Parti québécois : Bien, quel
est notre rôle là-dedans, pour cette session très différente? Et je pense que
notre rôle, il est double. Premièrement, c'est de veiller au grain, parce qu'on
sait que des projets de loi un peu bâclés ou sous bâillon, il y en a eu. On ne
voudrait pas que la situation s'empire et qu'il y ait des erreurs graves dans
un contexte où l'attention n'est pas portée sur... elle n'est pas portée
entièrement sur les travaux parlementaires. Donc, notre rôle numéro un, c'est
de veiller au grain et on est capable de le faire, on l'a démontré. Et ensuite,
bien, c'est à nous de construire une option de... qui permettra de remplacer la
CAQ. Une option qui est plus rigoureuse, qui travaille mieux, qui est plus
solide, tant au niveau des candidatures que des idées. Et ça, c'est un travail
qui est important.
Donc, si vous me demandez, parce que vous
allez le faire : Quelles sont les priorités en termes de sujets pour le
Parti québécois? Contrôle du gaspillage caquiste. Être très vigilant, sachant
qu'à plusieurs endroits, il y a des zones grises coûteuses pour les Québécois.
L'économie. On a déjà parlé de ça à notre caucus présessionnel, mais on a une
emphase sur les PME québécoises. On va en reparler, et en reparler, parce qu'on
veut mettre fin à l'ère caquiste, des chèques à coups de centaines de millions
au pif de M. Fitzgibbon ou de M. Legault, là. Tout ça va changer dans la
manière de travailler, comme dans le respect pour les fonds publics. Et
évidemment, tout ce qui est coût de la vie et accès à la propriété pour des
jeunes qui, à mon avis, méritent entièrement, là, un traitement équitable.
Donc, vous allez nous entendre parler de
ça et vous allez nous voir. Et également à Chicoutimi, je ne peux pas passer
sous silence qu'il y a une partielle présentement. Je vais être là, moi-même,
vendredi et samedi. Vous allez me voir en porte à porte, peu importe la
température, et c'est important pour nous. C'est un rendez-vous électoral qu'on
prend, pour lequel on a beaucoup de temps et d'énergie à consacrer. Donc ça
aussi, ça fait partie de nos priorités de session.
Avant de commencer, parce vous avez
sûrement plusieurs questions, je veux juste souligner quelque chose qui, à mon
avis, passe sous le radar dans l'actualité. Donc, je vous le lance, si jamais
il y a des gens que ça intéresse.
On vient d'apprendre qu'on gaspille
6,6 milliards au fédéral sur un projet d'informatique, quatre fois plus
qu'à l'origine. Je veux simplement souligner que, pour des montants moindres,
on a fait une commission publique sur SAAQclic. Mais, divisez la part du Québec
dans ce 6,6 milliards, puis on est au moins dans du gaspillage aussi grave
que SAAQclic. Et je veux simplement souligner qu'on devrait le prendre aussi
sérieusement que si ça se passe à Québec. Et on devrait en parler plus, parce
que ça s'inscrit dans une lignée de scandales coûteux pour lesquels, vu que
c'est le fédéral, moi, je trouve qu'on en parle moins. Pensez à Phénix qui a
coûté des milliards. Pensez à ArriveCAN. Pensez à tous ces chèques de PCU
envoyés à des gens inéligibles. Pensez à WE Charity, qui se calcule également,
de mémoire, en centaines de millions de dollars, même en milliards, il faudrait
revoir le chiffre. Pensez à McKinsey puis les contrats à octroyer à une firme
de consultation... mais à des coûts absolument astronomiques. C'est l'argent
des Québécois dans le palier de gouvernement qui, de loin, gaspille le plus.
C'est au fédéral qu'il y a le plus de gaspillage.
Mais je trouve des fois que, dans le débat
public au Québec, on fait comme si ce n'était pas notre gouvernement, mais je
rappelle que près de la moitié de nos impôts se rend bel et bien... se rendent
bel et bien à Ottawa. Et je pense qu'on doit non seulement s'indigner, mais
exiger des suivis et traiter avec autant de sérieux ce gaspillage à Ottawa,
parce que c'est là qu'il y en a le plus, et je trouve ça irrespectueux pour les
gens qui contribuent, à travers leur travail, à ces sommes-là. Je voulais
simplement le mentionner. Et je vous écoute.
Journaliste : Compte tenu de
votre constat de... préambule, est-ce que je peux déduire que vous aimeriez
mieux que la session soit prorogée jusqu'au 12 avril et que le premier
ministre, qui aura un job d'été, soit en poste et donne ses nouvelles
orientations?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
je constate que cette question-là est déjà tranchée par le gouvernement.
Journaliste : Non, mais vous,
personnellement, vous avez déjà réclamé des élections hâtives. Vous pouvez
réclamer une prorogation.
M. St-Pierre Plamondon : Non.
À ce stade-ci, je prends pour acquis qu'il n'y aura pas de prorogation et que
notre rôle, c'est de veiller au grain et de s'assurer qu'on n'ait pas devant
nous un gouvernement dissipé et désengagé, au point que des erreurs coûteuses
soient faites. On a un rôle utile, je pense, dans les prochains mois, dans des
circonstances anormales, convenons-en, et on va prendre toutes nos
responsabilités dans l'intérêt commun. On est capables de faire ça.
Journaliste
: Il y a quand
même des projets de loi importants dont il va être question, c'est celui qui
créerait la Constitution du Québec. M. Jolin-Barrette, la semaine dernière,
disait toujours espérer obtenir l'appui des partis d'opposition. Est-ce qu'il y
a un scénario dans lequel vous pourriez voter en faveur de ce projet-là?
M. St-Pierre Plamondon : Je
pense qu'on va devoir avant de répondre à cette question-là, voir quelle est la
position finale d'un gouvernement qui, à l'évidence, ne s'entendra pas sur ce
projet-là, là. Parce que tu as deux personnes en course à la chefferie qui vont
dire toutes sortes de choses sur ce projet de loi là, et quelqu'un qui a
choisir... choisi de ne pas aller dans cette course à la chefferie, et qui est
titulaire du projet. Donc, laissez-nous voir quelle est la position finale
d'une CAQ qui envoie des signaux difficiles à suivre, dans un contexte assez
particulier, puis on aura une position qui est nette et claire à la fin du
processus.
Journaliste
: Mais
qu'est-ce qui serait de nature à vous satisfaire? Parce que vous avez qualifié
le projet de constitutionnette, si je me souviens bien, donc...
M. St-Pierre Plamondon : Non,
on... À ce jour, on a plusieurs réserves puis on a été très précis sur ce qui
ne fonctionne pas, tant dans la manière de faire que sur le contenu. Mais, par
souci de faire notre travail avec sérieux, on va laisser la CAQ cheminer.
M. Arseneau : Il y a des
consultations...
M. St-Pierre Plamondon : Il y
a des consultations, il y a des processus, mais il peut y avoir aussi un
changement de cap, parce que ce qu'on voit et ce qu'on entend, ce sont des voix
discordantes à l'intérieur même de la CAQ, sur ce sujet-là. Laissons-les donner
une réponse finale, et on pourra se...
Journaliste
: Est-ce
qu'il y a des compromis que... que le ministre pourrait faire qui pourraient
vous amener vers une... un appui ou...
M. St-Pierre Plamondon : À
l'inverse, laissez-les plutôt se brancher, et on va être très clairs sur la
position qu'on prend.
Journaliste
: Si on
changeait le nom pour «Constitution transitoire»? Est-ce que vous accepteriez
si on changeait le nom pour «Constitution transitoire»?
M. St-Pierre Plamondon : Ce
n'est pas le marketing. C'est bien le contenu et la manière de...
Journaliste : Comment est-ce
que vous expliquez la baisse de l'appui à la souveraineté, dans le dernier
sondage, de cinq points?
M. St-Pierre Plamondon : Je
n'ai pas d'explication, comme je n'ai pas d'explication pour chacune des
fluctuations. Rappelez-vous que, lorsque l'administration Trump a imposé des
tarifs il y a un an, on avait vu une fluctuation, puis, ensuite, un autre
sondage, c'était revenu un peu à des niveaux plus prévisibles. Donc, je n'ai
pas d'explication. Tout ce que je peux vous dire, de notre point de vue...
Journaliste
: Est-ce
que le discours de Davos peut avoir joué un rôle?
M. St-Pierre Plamondon : Mon
rôle n'est pas vraiment de vous donner l'explication. Évidemment, il y a un
contexte géopolitique qui peut influencer, mais, de notre point de vue, vous
comprendrez que, si les fondamentaux, c'est-à-dire qu'on n'a pas d'avenir
linguistique, pas d'avenir culturel, il y a un gaspillage éhonté au Canada...
Puis, souvent, les décisions prises par Ottawa menacent nos intérêts, là, on
l'a vu récemment. On a été, je pense, les seuls à poser des questions sur cette
alliance avec la Chine, dans un contexte de renégociation avec les Américains.
C'est devenu un geste de représailles désolant, mais un geste de représailles
désolant qui vise une entreprise québécoise. Nous, notre loyauté est
entièrement vis-à-vis la... l'entreprise québécoise, et les fluctuations,
ensuite, des sondages, ce n'est pas tant notre... disons qu'on ne se laissera
pas influencer par chaque sondage. C'est, justement, ce qu'on veut amener de
différent par rapport à une CAQ qui était très, très proche de ses sondages,
d'une part, mais aussi le fait que les fondamentaux, les...
Journaliste : Mais vous
reconnaissez que Mark Carney a un tirant d'eau, là? Vous reconnaissez que, Mark
Carney, il a un tirant d'eau?
M. St-Pierre Plamondon : Les
fondamentaux, les fondamentaux de notre projet, avenir linguistique et
culturel, moyens financiers, parce qu'il y a du gaspillage à Ottawa, abus de
pouvoir, ils ne changent pas.
Journaliste
: Oui, oui,
mais ça... là, c'est écrit dans votre livre bleu, vous en avez parlé au
congrès.
M. St-Pierre Plamondon : Exactement.
Journaliste
: Moi, je
vous demande : Est-ce que vous considérez que Mark Carney a un tirant
d'eau qui attire les Québécois?
M. St-Pierre Plamondon : Je
laisse... je laisse ces questions-là...
Journaliste : Vous venez de
dire «compte tenu du contexte politique, qui peut influencer». Est-ce que c'est
Mark Carney qui influence?
M. St-Pierre Plamondon : Je
ne... je ne faisais pas référence spécifiquement à Mark Carney, mais je vous
laisse...
Journaliste
: Mais vous
dites «géopolitique», vous avez utilisé le mot «géopolitique» comme... comme
effet sur...
M. St-Pierre Plamondon :
Chine... Chine, Europe, États-Unis...
Journaliste
: Non, mais
c'est juste pour...
M. St-Pierre Plamondon : Mais
ça, c'est, respectueusement...
Journaliste
: Vous avez
utilisé le mot «géopolitique». Est-ce que c'est possible de savoir pourquoi
vous avez utilisé ce mot-là lorsqu'il est question de baisse d'appui dans la
souveraineté?
M. St-Pierre Plamondon :
Respectueusement, c'est votre travail de faire l'analyse des facteurs qui
peuvent jouer et...
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon : Oui,
oui, c'est ça, vous avez ma réponse. Vous avez ma réponse. Elle est claire, je
pense.
Journaliste : ...ce n'était
déjà pas aussi élevé que ce que le PQ souhaiterait.
M. St-Pierre Plamondon : Je
pense que j'ai le mérite quand même d'avoir dit de manière constante à travers
les dernières années que les sondages fluctueraient vers le haut, vers le bas,
mais que, si les constats et les fondamentaux de notre action politique
demeurent les mêmes, même on peut dire qu'ils s'aggravent, nous, on va
continuer à donner la réponse en fonction de l'intérêt public et non pas en
fonction de chaque sondage. C'est un peu ce qu'on reprochait à la CAQ,
c'est-à-dire de ne pas avoir de cap ni de vision puis de regarder chaque
sondage et dire quelque chose en fonction d'où le vent souffle. On veut
incarner un changement sur la manière de travailler, la rigueur et la vision.
Journaliste : ...partir
duquel, à un moment donné, ce ne serait plus possible pour vous, là, de
soumettre ce scénario-là, je veux dire, à un moment donné, si ça se ramasse à
20 %...
M. St-Pierre Plamondon : Les
sondages vont fluctuer vers le haut et vers le bas, mais la discussion, elle
existe sur des constats qui sont assez clairs et limpides. Donc, c'est notre
position, et vous la connaissez.
Journaliste : ...si vous ne
remportez pas le référendum? Admettons qu'on est dans un scénario où vous êtes
élu au gouvernement ou vous lancez un référendum. Si vous ne le remportez pas,
qu'allez-vous faire?
M. St-Pierre Plamondon : Je
n'ai pas de réponse à cette question-là. On travaille...
Journaliste
: Vous
n'avez pas planifié la séquence?
M. St-Pierre Plamondon : On
travaille... on travaille pour gagner et permettre à... au Québec d'obtenir son
statut normal, et c'est ça, notre projet.
Journaliste
: ...vous
inquiète davantage que la CAQ de Bernard Drainville?
M. St-Pierre Plamondon :
Est-ce que la CAQ de Christine Fréchette m'inquiète davantage que la CAQ de
Bernard Drainville? Honnêtement, de mon point de vue, le bilan de la CAQ est
lourd, difficile à défendre. Et dans les deux cas, ce sont des personnes qui
sont liées par ce bilan difficile. Prenez deux exemples dont vous allez vous
souvenir assez rapidement. Souvenez-vous de Christine Fréchette qui nous disait
que nos investissements dans Northvolt étaient en très bonne position puis
qu'il n'y avait pas de quoi s'inquiéter. C'était pour le moins inexact comme
affirmation, mais c'était également symptomatique d'un... d'une prise de risque
absolument démesurée et mal ficelée avec les fonds publics. Prenez Bernard
Drainville et le troisième lien, parce que Dieu sait s'il y a du gaspillage
dans le troisième lien pour des études qui n'arrêtent pas de nous répéter la
même chose, à savoir ce qu'on apprend ce matin dans les médias. On le savait
déjà, là, les autoroutes sont déjà saturées, il n'y a pas d'endroits pour
atterrir cet... ce projet là en termes d'interconnexion avec les routes. Ça va
créer plus de problèmes. Toutes les études, et on parle de centaines de
millions de dollars d'argent public claqués, gaspillés par des gens qui nous
expliquaient que le troisième lien, c'était à la vie à la mort. Et Bernard
Drainville fait partie... Donc, de mon point de vue, peu importe qui est appelé
à devenir le ou la chef de la CAQ, le bilan et les problèmes récurrents de
cette gouvernance caquiste demeurent et sont intrinsèquement liés à ces
candidatures-là.
Journaliste : ...démontrent
qu'avec Mme Fréchette à sa tête elle devient votre adversaire à la
prochaine élection plutôt que le Parti libéral, quand même. C'est sûr que c'est
un portrait momentané, là, mais il reste que Mme Fréchette va chercher
quand même beaucoup plus d'adhésions, si on veut, des Québécois que
M. Drainville. Alors, est-ce que Mme Fréchette pourrait devenir
éventuellement l'ennemie publique numéro un pour le PQ?
M. St-Pierre Plamondon : Je
sais que je suis l'ennemi public de certains, mais moi, je n'ai pas d'ennemi
public. Et j'ai été constant, je vous ai toujours répondu : On fait de la
politique en fonction de ce qu'on pense et la... l'intérêt public, la meilleure
politique publique. On s'adresse à l'intelligence des gens. On ne changera pas.
Je vous l'ai dit, là, tellement de fois, on ne changera pas au gré de toutes
sortes d'aléas, on va simplement présenter aux Québécoises et aux Québécois la
meilleure équipe possible puis les solutions les plus solides, les plus
réfléchies possibles dans le cadre d'une campagne électorale qui arrive
rapidement, là. Donc, je pense, on a été constants là-dessus.
Journaliste
: ...les
libéraux, selon la version de Mme Rizqy, voulaient embaucher du monde pour
répondre à votre livre bleu?
M. St-Pierre Plamondon : Je
pense qu'il faut préciser quelques principes ici. Moi, si le Parti libéral du
Québec, dans le cadre de ses travaux parlementaires, veut se consacrer à des
idées et des politiques publiques, il n'y a pas de faute ni de problème
là-dedans. À preuve, si vous allez voir le budget de l'an 1 du Parti
québécois et notre politique, notre réponse à l'initiative du siècle, notre
politique en immigration, ce sont des documents de l'Assemblée nationale. Rappelons
que l'Assemblée nationale, c'est un lieu pour débattre d'idées et réfléchir.
C'est ça, la démocratie.
Le problème avec ce qu'on... on apprend ce
matin, c'était la volonté de contrer le Parti québécois à travers des postes
fictifs. Ça, c'est malhonnête et c'est un problème d'éthique. Et ce n'est pas
nouveau dans l'histoire récente du Parti libéral du Québec comme son histoire
lointaine. Donc, c'est ça, à mon avis, qui est l'enjeu, de même que plusieurs
autres révélations où, et là, ça, c'est noir ou blanc, là, les fonds publics ne
devraient jamais servir à des campagnes électorales, là. Puis, en plus, de
l'argent comptant qui circule au su et vu de tout le monde, puis personne ne
réagit en temps utile. Ça, ce sont des vraies questions sérieuses. Mais, si le
Parti libéral veut émettre des documents d'idées à l'Assemblée nationale pour
nous contredire, ils sont bienvenus. C'est ça, la démocratie. Puis on attend
leurs documents avec impatience.
Journaliste : Qu'est-ce
que... Qu'est-ce que vous répondez aux propos de M. Duhaime en fin de semaine
qui dit que vous faites preuve d'un manque d'humilité, d'une arrogance, parce
que vous vous présentez comme le gouvernement de remplacement puis vous lancez
une campagne référendaire... dès maintenant?
M. St-Pierre Plamondon : Je
pense que ça fait plusieurs mois qu'on me colle toutes sortes d'épithètes. Ces
épithètes-là sont nouveaux. Et je pense qu'il y a un prix, que je suis prêt à
accepter, à être premier dans les sondages pendant plus de deux ans maintenant.
Ça vient avec beaucoup d'attention de mes adversaires. Et, dans le cas d'Éric
Duhaime, bien, personne ne sera surpris, là. Ça reconfirme ce qu'on sait de
lui, c'est-à-dire que c'est une politique très, très négative, presque
exclusivement négative combinée avec plusieurs mensonges. Rappelez-vous dans
Arthabaska l'acharnement vis-à-vis Alex Boissonneault de la part d'Éric
Duhaime, mais également le nombre de mensonges dans la campagne. On les avait
documentés sur un site Internet, il y en avait 32, mais pas... Tu sais, des
vrais mensonges, là, même pas des débats d'idées ou d'opinions. Et donc, tu
sais, est-ce que je dois commenter à chaque fois? Je pense que ça définit
davantage Éric Duhaime que ça définit le Parti québécois. Puis on continue.
Journaliste : Sur le PEQ,
est-ce que vous êtes plus Drainville ou Roberge? Est-ce que vous seriez plus
enclins à des exceptions pour des gens, par exemple, qui ont... qui sont au
Québec depuis deux ans puis qui oeuvrent dans certains secteurs?
M. St-Pierre Plamondon : Oui.
Donc, on a déjà dit, lors de notre caucus présessionnel, qu'on était en effet
ouverts à des clauses grand-père et des exceptions dans la mesure où on a déjà
déclaré, il y a maintenant un an et demi, que notre plan en immigration, c'était
de cesser d'aller chercher à l'étranger et plutôt profiter du fait que des gens
ont démontré sur le territoire québécois qu'ils sont déjà intégrés puisqu'ils
contribuent déjà comme travailleurs. Donc, nous allons prioriser ces
personnes-là. Et il y aura une annonce ultérieure sur exactement comment ça va
procéder. Mais notre position est déjà connue puis elle est constante depuis un
an et demi : oui, il y aura des clauses grand-père pour des gens qui ont
démontré leur contribution.
Journaliste : J'aimerais
juste revenir peut-être juste pour bien, bien saisir ce que vous vouliez dire
tout à l'heure. Parce que vous avez parlé de la géopolitique. Est-ce que selon
vous, c'est possible pour la géopolitique d'avoir un impact sur l'appui à la
souveraineté du Québec?
M. St-Pierre Plamondon : L'actualité,
qu'elle soit internationale ou nationale, a des impacts sur les sondages, c'est
indéniable. Puis il se passe toutes sortes de choses. Maintenant, ma réponse,
qui est toujours la même depuis des années, c'est que l'action politique, si...
si elle est pour avoir un minimum de sens, doit être fondée sur notre
compréhension du bien commun et sur les éléments structurants d'une société, et
non pas sur les fluctuations de chaque sondage. Si on embarque là-dedans, il
n'y a pas de sens, il n'y a pas de fiabilité.
Et, de mon point de vue, respectueusement,
c'était un peu ça, le problème de la CAQ. C'est que François Legault a cherché
sa boussole le plus clair du temps. Et les déclarations, les orientations,
pensons à SAAQclic, pensons à...
Journaliste : ...un problème
de fond, M. St-Pierre Plamondon?
M. St-Pierre Plamondon : ...pensons
à SAAQclic, pensons au troisième lien, pensons à plusieurs fluctuations du
gouvernement de la CAQ, on a l'impression que c'était en fonction des sondages
et non pas en fonction des éléments structurants.
Des voix : ...
M. St-Pierre Plamondon : Je
pense... Je pense que j'ai répondu.
Journaliste : ...Dequoy
ferait un bon candidat pour le Parti québécois?
M. St-Pierre Plamondon : Ah!
je ne lui ai pas demandé, mais je lui ai témoigné toute... toute mon affection.
J'adore...
Journaliste : Est-ce que vous
aimeriez ça?
M. St-Pierre Plamondon : Je
ne suis pas sûr que c'est ça, ses plans. Puis, non, je n'ai pas un lien en ce
sens-là. Mais j'en profite pour témoigner de mon admiration envers cet athlète,
tant pour son intensité sur le terrain que sa capacité à rendre contagieux et
son amour du Québec et son intensité sur le terrain. Et c'est quelque chose qui
connecte directement avec ce que je pense que devrait être la politique.
Souvent, vous-mêmes, vous dites qu'il y a des parallèles entre le sport et la
politique. Je trouve que son authenticité, en termes d'effort sur le terrain
comme en termes de ce qu'il disait, fait de lui un des personnages sportifs les
plus intéressants et les plus attachants. Donc, j'étais... j'étais déçu de
voir...
Des voix : ...
M. St-Pierre Plamondon : ...j'étais
déçu de voir qu'il prenait sa retraite parce que je rêvais... Moi, j'ai été
receveur éloigné dans ma jeunesse, collégial AAA, et je rêvais du moment où il
me couvrait dans un exercice où est-ce que j'attrapais des ballons. Et là, j'ai
comme raté ma fenêtre. Ça me... ça me rend triste.
Journaliste : Mais là, est-ce
que... est-ce que vous jouez sur les mots? Vous ne lui avez pas parlé? Mais
est-ce qu'il y a quelqu'un au Parti québécois qui a tenté des approches?
M. St-Pierre Plamondon : Non,
non. Non, non. Mais je lui... je lui ai écrit...
Journaliste
: Mais ce
serait bon... ce serait bon du côté du PQ.
M. St-Pierre Plamondon : Je
lui ai écrit pour dire : Je pense que tu prends la bonne décision pour ta
santé parce qu'on ne réalise pas à quel point, à ce niveau-là, le football américain...
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon : Bien
américain au sens de pas le soccer, là. Mais c'est du football canadien, vous
avez raison. Mais le football...
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon : Ça,
par contre, je ne le dirais pas, football du dominion.
Journaliste
:
...différence avec le football américain, c'est que comme avec un référendum,
il y a trois essais.
M. St-Pierre Plamondon : Mais...
Mais... Attendez.
Journaliste : Est-ce que vous
aimeriez ça, qu'il réfléchisse à une candidature au Parti québécois?
M. St-Pierre Plamondon : Ça
va être une session différente, hein? Je le sens! Allez-y, excusez-moi.
Journaliste : Non, mais,
est-ce que vous aimeriez ça, qu'il réfléchisse à une candidature au Parti
québécois? Est-ce qu'il serait le bienvenu?
M. St-Pierre Plamondon : Je
ne peux pas... Je peux juste dire que je lui aie écrit, mais pas en ce sens-là.
Je lui ai écrit pour dire : Ça a dû te demander beaucoup de courage. Moi,
je pensais qu'il reviendrait puis qu'il participerait à la prochaine Coupe Grey
de Montréal, parce que, de mon point de vue, si ce n'était pas que Davis
Alexander était blessé aux ischios de manière récurrente, donc n'était plus
capable de courir, on allait gagner. On aurait dû gagner cette année, si ce
n'était pas de ça. Et donc...
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon :
Attendez. Et donc, moi, je m'attendais à ce qu'il revienne, puis je lui avais
prédit... après cette défaite-là, je lui avais dit, en personne : Vous
allez gagner l'an prochain, découragez-vous pas, c'est juste que le
quart-arrière doit être en santé. Ça a dû être dur pour lui de ne pas
renouveler ce contrat-là, mais je pense qu'il a entièrement raison : Son
avenir, c'est sa famille, puis sa santé. Puis on ne réalise pas à quel point ce
sport-là, le football, taxe de manière irréversible les joueurs à ce niveau-là,
là, ça frappe tellement dur que je comprends tout à fait et je salue son
courage parce que ça n'a pas dû être le fun pour lui.
Journaliste :
...un terrain moins large puis le fait que les receveurs de passe partent
en même temps, pas avec de l'avance, c'est pour ça que vous donnez football
américain. C'est comme... c'est comme le référendum.
M. St-Pierre Plamondon : Bien
à l'époque, symbole de ce qu'est le Québec, le Collégial AAA joue à quatre
essaies. Aujourd'hui, ce n'est plus le Collégial AAA, mais c'est un mélange,
c'est un terrain canadien avec les règles américaines, dans une certaine
mesure. Mais là, je pense que pour aujourd'hui, on a assez fait de sport. Mais,
comme je vous dis, ça va être une... La politique, c'est du sport, mais c'est
une session qui s'annonce différente, mais intéressante, donc rester au poste.
Journaliste : Est-ce que le
PDG de la SAAQ se doit... Est-ce que le PDG d'une société d'État ou de la SAAQ
se doit d'être neutre politiquement parlant? Donc, engager un candidat qui a
milité, par exemple, pour M. Rodriguez et qui devrait être candidat à la
prochaine élection pour le Parti libéral du Québec?
M. St-Pierre Plamondon : Ça
dépend de la disponibilité de l'information, parce que la difficulté dans un
processus d'embauche qui est en fonction du CV et des compétences... ça devient
un peu difficile d'avoir un processus inquisitoire du genre : Avez-vous
des allégeances politiques? Par contre, si quelqu'un est déclaré candidat, il
me semble qu'il y a une incompatibilité de fonction. Mais est-ce qu'on peut
exiger dans le processus d'embauche qu'il y ait une espèce de test du serment
sur la Bible, ou est-ce qu'on dit : Avez-vous déjà eu une allégeance
indépendantiste? Avez-vous déjà eu une implication au Parti québécois ou... Il
y a un moment donné aussi où il faut laisser la démocratie exister parce que
sinon il n'y a plus personne qui peut rien faire. Donc, l'équilibre n'est pas
évident. C'est ça.
Le Modérateur
: On va
passer en anglais.
Journaliste :
How would you qualify the last stretch
of this legislative session? Should people at home just zap and basically
follow politics towards the end? Because there is so much instability, there is
no CAQ proper leader, and...
M. St-Pierre
Plamondon :
Well,
what's striking right now is that you have 17 elected members under the CAQ
that decided to disappear or not to come back. That's a lot of people. And that
tells you a lot about what's going on, it's not just that there's no premiere,
it's that so many people chose to leave, and those who are remaining, they are
in a bitter bid for that power. And we are asking ourselves, what's our role in
that context? And we think we should be the party that looks seriously after
every single bill and decision, especially in terms of wasting public funds. We
need to be on the ball, and we need to be, at the same time, building a better
alternative to replace the CAQ. I think we're capable of doing both. So, if you
ask me, what are the two objectives? Look carefully at what's going on to so to
avoid mistakes or wasting of public funds and prepare something more solid, rigorous
and convincing for the election.
Journaliste :
So, how much do you think the CAQ
government has become very weak and Premier Legault has become a lame duck for
his party? Because he is still around.
M. St-Pierre
Plamondon :
No,
I wouldn't say that. I mean, he has a duty, but the decision is made. In which
case the dynamics, they have changed. So, our role is not to comment what's
going to happen, because every day, you'll see one candidate attacking the
other and so on. Our role is to look after public interest in that context,
because it is an unusual context, and we will do our job. We will look after
everything, and at the same time, prepare something more solid than a CAQ that
has lost 17 elected members because they don't believe in it anymore.
Journaliste :
What do you have to do to keep up with
momentum between now and the election? It seems to me there's a risk for you
and the fact that there are two other parties that are under way new leadership
races, you don't know exactly what the outcome of that is going to be, and your
sort of a known quantity at this point.
M. St-Pierre
Plamondon :
Yes.
There's always a risk. So, I've been asked the question of fluctuating polls,
and the risk related to that on a constant basis over the past years. And my
answer has always been: We choose to be consistent and to speak in terms of
public interest, of public policies, and not in terms of what the latest poll
suggests. And that's who we are. So, we're going to be consistent about that.
And people will know what we stand for, who we are. So therefore, we're not
going to change anything based on polls.
Journaliste :
How unusual is this session? You talked
about it being different, about feeling... Describe that a little more. How
does it feel?
M. St-Pierre
Plamondon :
It
is a different, very different session. First of all, there will be an election
this year in 2026. It changes the dynamics. The Premier has resigned, but on
top of that, 17 elected members of the CAQ has decided either to leave or
not to... give it a shot at the next elections. And you have two different
teams that are... have already begun attacking each other. So, it is a risky
environment for the government itself in terms of public governance. And I
think in that context, our role is to be as vigilant as possible, and to look
after every possible aspect of wasting public funds or making bills that have
not been thought over correctly. We have a job to do, and yet, we have a job to
do in terms of preparing something else than the CAQ. A solid option. We're
capable of doing both, I think.
Journaliste :
...ce que vous pensez de la Fonderie Horne qui annonce ce matin qu'elle suspend
ses investissements en vue de la modernisation de l'usine. Elle pourrait
envisager la fermeture dès 2027, faute de réponse du gouvernement. Est-ce que
le gouvernement doit sauver à tout prix les emplois?
M. St-Pierre Plamondon : Laissez-moi
vérifier. Laissez-moi vérifier cette nouvelle-là, parce que je... ça doit... de
sortir à l'instant. On va vous revenir avec l'analyse dans 30 minutes. Merci.
(Fin à 11 h 02)