Point de presse de Mme Sonia Bélanger, ministre de la Santé
Version préliminaire
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Wednesday, February 4, 2026, 11 h 10
Hall principal de l'hôtel du Parlement,
hôtel du Parlement
11 h 10 (version non révisée)
(Onze heures quatorze)
La Modératrice : Donc, bonjour,
bienvenue à tous pour cette conférence de presse sur le projet de loi n° 19,
Loi visant, notamment, l'amélioration de l'accès aux services médicaux et la
prise en charge médicale de la population. Donc, vous... vous pouvez vous
avancer, nommer votre média et poser votre question. On est assez serrés dans
le temps, parce qu'il va y avoir une autre conférence de presse après celle-ci,
donc je vous... je vous demanderais vraiment de vous limiter à une question,
une sous-question puis après, on passe au suivant, donc, voilà.
Mme Bélanger : Alors d'abord,
bien, bonjour, très contente d'être ici ce matin. Plus tôt, j'ai déposé le
projet de loi visant, notamment, l'amélioration de l'accès aux services
médicaux et la prise en charge médicale de la population. Vous le savez, c'est
un projet de loi qui est important pour assurer à l'ensemble de la population
du Québec, et en particulier aux personnes vulnérables, un meilleur accès aux
soins de santé. Et, comme je le répète depuis plusieurs semaines, nous avons
réécrit la loi 2 et c'est un travail qui est important, donc on va
continuer à le faire en mode législatif. En fait, cette loi, que j'ai déposée
aujourd'hui, traduit, en grande partie...
11 h 15 (version non révisée)
Mme Bélanger : ...l'entente
de la FMOQ. Alors, ce projet de loi, en fait, nous permet de concrétiser des
gains pour les Québécois et les Québécoises par une prise en charge de 500 000 Québécois
d'ici le 30 juin 2026. Et, tout ça, on le fait pour les patients. Chaque
mesure, donc, qu'on met en place vise à améliorer la prise en charge, soit une
prise en charge individuelle ou une prise en charge collective.
Mon rôle comme ministre, à ce stade-ci, va
être vraiment de faire atterrir cette entente pour que davantage de Québécois
et Québécoises soient pris en charge. L'objectif : 500 000, dont 180 000 personnes
vulnérables. Aujourd'hui, c'est près de 78 000 personnes qui ont déjà reçu une
lettre. C'est concret. C'est une porte d'entrée rapide dans le réseau, alors...
Donc, il faut se réjouir de ça. C'est un début, et on vise vraiment à atteindre
notre objectif.
Certains me demanderont c'est quoi, le
projet de loi. Bien, le projet de loi vient en particulier améliorer l'accès,
bien sûr, la prise en charge, mais un deuxième élément qui est extrêmement
important, c'est le changement de la rémunération des médecins. C'est du jamais
vu au Québec. La... La rémunération, pardon, par capitation, c'est un
changement majeur. Et ce mode de rémunération vient notamment assurer une
meilleure prise en charge et vient encourager un meilleur accès. Alors, on
change ce mode de rémunération. Changement majeur. On le fait en collaboration
avec la FMOQ, notamment pour la mise en oeuvre, et, bien sûr, avec le Conseil
du trésor.
Donc, tantôt j'ai parlé d'un accès au
médecin, mais n'oublions pas aussi l'accès à un professionnel, et ça, c'est
très important. Selon les besoins de santé, selon les conditions des personnes,
bien, les gens n'ont pas toujours besoin d'avoir un médecin pour des problèmes
spécifiques. Alors, ce qui va être important, ce sera vraiment d'avoir un
mécanisme pour bien évaluer les personnes pour qu'elles puissent avoir accès
aux meilleurs professionnels en fonction de leurs besoins, que ce soit une IPS,
une infirmière, une physiothérapeute, une inhalothérapeute par exemple.
Alors, on a fait consensus aussi avec la
FMOQ, notamment avec le comité de travail qui a été mis en place, sur
l'importance d'assurer une prise en charge rapide pour les personnes
vulnérables, c'est-à-dire les personnes ayant des maladies chroniques, par
exemple, ou différents problèmes de santé.
Alors, j'ai parlé d'accès, j'ai parlé de
capitation, je veux aussi quand même vous informer qu'on s'est engagés à revoir
le modèle GMF. Donc, le modèle GMF sera révisé en collaboration avec les FMOQ
et le Trésor. On doit faire ça pour le mois d'avril. C'est un changement
majeur. On n'en a pas parlé beaucoup à venir jusqu'à maintenant, mais ça vient
vraiment mieux structurer l'organisation du travail.
Les indicateurs de performance, on en a
parlé beaucoup l'automne dernier, on maintient les indicateurs qu'on est en
train, donc, d'élaborer, notamment avec le comité de travail, des indicateurs
sur le nombre des personnes prises en charge, mais les délais dans lesquels ils
sont pris en charge, par quelle catégorie de professionnels. Donc, tout ça, ce
sera des tableaux de bord, là, qui seront développés dans les prochains jours
pour assurer un suivi.
Alors, c'est un projet de loi qui
s'inscrit dans une démarche qu'on a entrepris il y a plusieurs mois, et on est
à la bonne place aujourd'hui. Je suis contente de déposer ce projet de loi. On
va arriver à nos objectifs de faire en sorte qu'au Québec on ait un meilleur
accès à un médecin de famille ou à un professionnel de la santé, donc avoir
accès quand on a un besoin ponctuel, mais aussi, pour les personnes
vulnérables, s'assurer d'avoir des services en continuité. Je vais faire
quelques mots en anglais, si vous le permettez.
Alors, changing Bill 2
is a top priority. We are using the law process now to make the agreement
official. A monitoring committee is working to put the agreement in place. We
are doing this for patients. Every action has one goal: better access to care.
The most vulnerable people come first. We all agree on one thing: vulnerable
patients must see a doctor directly. Doctors agree with this. Patient
enrollment is moving, and tens of thousands of patients are already enrolled...
11 h 20 (version non révisée)
Mme Bélanger : …are already enrolled. The monitoring committee is finishing de last
details. And my role as Health Minister is to make this agreement work.
Alors, je suis
prête pour des questions.
La Modératrice
:
Parfait. Donc, on peut y aller pour les questions, je répète, pour les
personnes qui n'étaient pas là, bien, on va vraiment y aller avec une question,
une sous-question, parce qu'on est vraiment serrés dans le temps.
Journaliste
: ...Mme
Bélanger, Caroline Plante de LaPresse canadienne. On a l'impression
aujourd'hui que tout reste à faire avec la FMOQ. C'est-à-dire qu'il y a une négociation
qui doit avoir lieu, là, sur la capitation, les exclusions, les pourcentages,
tout reste à faire, dans le fond.
Mme Bélanger : Là, vous parlez
de la FMOQ. Bien, écoutez, les travaux sont très bien enclenchés, là. Il y a eu
quand même une entente de principe le 12 décembre. Le 19 décembre,
vous avez vu les résultats d'un vote, 97 % des gens ont travaillé durant
la période des fêtes et durant tout le mois de janvier. On a décidé de mettre
en place un comité. C'est Mme Lise Verreault qui préside ce comité. La FMOQl
est à la table, alors, ainsi que le ministère de la Santé et des Services
sociaux, justement pour s'assurer d'une bonne mise en œuvre.
On ne voulait pas laisser, par exemple,
les travaux se faire seulement par le ministère de la Santé. C'est pour ça qu'on
a assis tout le monde ensemble, et ça va à vitesse grand V actuellement. Je
suis naturellement, à chaque semaine, j'ai des rencontres pour m'assurer de l'évolution.
Tantôt, j'ai eu l'occasion de vous dire qu'il y a quand même 78 000 personnes,
là, qui ont reçu une lettre. Alors, c'est... c'est du concret. On va suivre ça
de près. Et on continue.
On a des dates, dans ce projet, dans cette
entente, qui sont très importantes. Au mois d'avril, on doit avoir déposé un
modèle GMF. On est en train de le construire, là, et ça va bien. Je suis... je
suis les travaux. On aura donc l'occasion d'expliquer au fur et à mesure. Et,
bien sûr, pour le 30 juin, notre objectif, c'est les 500 000. Alors,
vraiment, on n'est pas dans du travail conceptuel ici, là, on est dans du
travail pour que ça atterrisse sur le terrain.
Journaliste
: Combien
de médecins... combien de médecins pourraient ne pas adhérer au système de
capitation? Et est-ce que ça prend un certain pourcentage pour que ça réussisse?
Mme Bélanger : Bien, d'abord,
je veux quand même mentionner que le système de capitation, c'est pour les
médecins qui sont en première ligne, c'est-à-dire ceux qui travaillent en
cabinet. Parce que, vous savez, nos médecins de famille, au Québec, il y en a
qui font de l'urgence, il y en a qui travaillent en CHSLD, en soutien à
domicile, en soins palliatifs. Alors, ce modèle-là de pratique à l'urgence, de
pratique médicale à l'urgence ou en soins palliatifs ne se prête pas à un
modèle de capitation. Donc, on parle vraiment des médecins qui sont dans les
cliniques médicales ou au sein de GMF.
Alors, je veux quand même rappeler qu'il y
aura certaines exclusions. Donc, c'est obligatoire, la capitation, c'est un
modèle sur lequel on s'est entendus avec la FMOQ, ils sont d'accord avec ça, j'ai
eu l'occasion de rencontrer Dr Amyot, mais il y aura des exclusions. Par
exemple, des médecins qui sont en préretraite, bien, on ne changera pas le
modèle de rémunération parce qu'ils sont en préretraite, ou dans certaines
situations, des jeunes médecins qui commencent leur pratique. Donc, ils doivent
s'installer dans leur bureau professionnel, dans leur pratique médicale. Alors
donc, je veux quand même mentionner, là, que la capitation est là pour les
médecins de première ligne, et il y aura possibilité de s'exclure, là, selon
certaines conditions.
Journaliste
: ...en
tout respect, ma question, c'était combien de médecins...
La Modératrice
: On
avait dit deux questions. Je demanderais à un autre journaliste de poser une
question, s'il vous plaît.
Des voix : ...
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
je n'ai pas le nombre. Si vous voulez avoir le nombre, je n'ai pas le nombre au
moment où on se parle. On est en train... vous comprenez qu'on est en train d'annoncer
aujourd'hui la loi. Il y a une entente avec la FMOQ, à ce sujet-là, on va faire
des états de situation réguliers, mais, au moment où on se parle, je n'ai pas
le nombre total de médecins... ceux... ceux qui auraient signifié une
exclusion. C'est avec ce comité-là, naturellement... Il ne faut pas oublier qu'on
a des directions aussi dans chacune des régions du Québec, des directions
territoriales de médecins de famille. Ça, c'est... c'est donc une nouveauté. Et
c'est ce... c'est vraiment avec ces groupes-là qu'on va déterminer le nombre de
personnes.
Journaliste
: Mais je
vous demandais aussi quel pourcentage, si ça prenait un pourcentage de
médecins...
La Modératrice
: On va
passer à un autre média, s'il vous plaît.
Journaliste
: ...
Mme Bélanger : ...là, je ne
reviendrai pas avec des chiffres aujourd'hui, là, c'est trop tôt, OK? On a un
comité de mise en œuvre, ils font les travaux. On va annoncer la loi. C'est ce
qu'on est en train de faire, et, en même temps, il y aura un état de situation.
Les médecins, il y aura un processus pour qu'ils puissent signifier s'ils
entrent dans la capitation ou non. Mais je rappelle, c'est obligatoire, là. Ce
que je veux qu'on retienne, c'est que la capitation, c'est obligatoire, obligatoire
pour la première ligne.
Journaliste
: Bonjour,
Mme Bélanger. Disons les vraies choses. Votre projet de loi aujourd'hui, c'est
pour détricoter l'ancien projet de loi. Comment vous vous êtes sentie quand
vous vous êtes levée, vous avez lu votre projet de loi puis vous avez vu
Christian Dubé qui vous regardait?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
je me sens bien, je me sens bien parce que notre gouvernement a le courage de
changer le modèle avec les médecins de famille. Et, cet automne, c'est vrai que
la situation...
11 h 25 (version non révisée)
Mme Bélanger : ...la situation
n'a pas été facile, ça demandait du courage, puis ça a été un exercice qui a
été compliqué, alors je ne veux pas revenir sur le passé, moi, je travaille sur
le futur. J'ai eu l'occasion de rencontrer Dre Amyot dès mon entrée en fonction,
on s'est donné la main, on va collaborer ensemble, on va le faire pour le bien
être des Québécois, Québécoises, j'étais très à l'aise avec le projet de loi
que je dépose. Puis, vous savez, on s'est fait dire qu'on était trop durs, là,
on se fait dire qu'on est trop mous. Bien, moi, je pense qu'on est dans le
milieu puis qu'on est à la bonne place, puis que ça va faire une différence
pour les Québécois.
Journaliste : Une précision,
justement, parce que là, on comprend qu'évidemment, l'essentiel des choses vont
être négociées et non imposées, là. Dans la portion capitation, ce qu'on... ce
qu'on voulait, au gouvernement, c'était donc 50 % capitation, 30 % à
20 % à l'horaire, taux horaire. Ça, est-ce que vous êtes ferme, là-dessus?
Ça ne bougera pas ou ça pourrait même être négocié dans la... dans une
prochaine entente?
Mme Bélanger : Bien,
en fait, dans l'entente actuelle, on parle de 50 %, OK, ça fait que ça, oui,
aujourd'hui, je suis ferme là-dessus, puis il faut le mettre en place, il faut...
il faut imaginer qu'il y a énormément de travail à faire ça, là, on change un
modèle de rémunération. Donc, la RAMQ, là, ils sont déjà en train de travailler
sur leur système d'information, là, actuellement. Alors, c'est un modèle qui
est là, qui va être en transformation, il va y avoir beaucoup, beaucoup de
suivi à faire. Mais imaginez, là, on change le système de paye des médecins qui
travaillent, d'une certaine façon, là, dans nos GMF, ce n'est pas rien, ils
sont en train de mettre ça en place, le 50 %, c'est l'entente qu'on a eue
avec la FMOQ.
Journaliste : Puis la
question que les gens se demandent toujours : C'est bien beau 50 000
patients... 500 000 patients inscrits affiliés, est-ce qu'ils vont être
capables de voir un médecin quand ils en ont besoin? Quelle garantie vous avez
sur cet élément?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
on change le paradigme aussi, OK? Ça, je veux quand même le mentionner, là. Au
Québec, là, on a investi dans des IPS. Notre objectif, là, c'était de former
2000 IPS. Les IPS vont devoir être mises à contribution. Alors, aujourd'hui,
là, je vous donne ces informations-là, mais oui, est ce que... pour répondre à
votre question, est ce qu'on garantit que les personnes vont voir un médecin? Bien,
ils peuvent voir un médecin, mais ils pourraient voir aussi une IPS qui est
capable de faire des évaluations, de poser certains diagnostics...
Journaliste
: ...d'accès,
Mme Bélanger.
Mme Bélanger : ...garantie d'accès.
Et donc, il va falloir miser sur un ensemble de professionnels. Et puis, je veux
aller encore plus loin. Quelqu'un qui a, par exemple, mal dans le dos, pourquoi
il ne pourrait pas voir un physio dès le début? Alors vous voyez, un petit peu,
ce genre de choses là, bien, on est en train, vraiment, de documenter ça. Il y
a une ouverture comme on n'en a jamais eu avec les médecins de famille. Et
cette loi-là, elle nous amène sur l'interdisciplinarité. C'est ça qui va faire
une différence. Il faut sortir du modèle : Un petit bobo, un médecin. On n'est
pas là-dedans, là, il y a des gens qui sont malades, il y a des gens qui sont
très âgés, ils vont avoir besoin d'être affiliés à un médecin, ça, pour moi, j'ai
eu l'occasion de le dire à Dre Amyot : Les gens qui ont des maladies
chroniques, les gens qui sont âgés, ils ont besoin d'avoir une continuité puis
de voir, le plus possible, le même intervenant.
Journaliste : Mais ma
question, c'est : Quelle garantie, dans la loi, ça vous offre, là,
cette... Parce que là, on comprend que la FMOQ est volontaire, ça va arriver,
mais on... dans six mois, un an, là, ça va-tu être la même chose? Donc, vous,
dans la loi, là, quelle garantie vous avez que ces gens-là vont pouvoir avoir
accès au médecin ou à un professionnel?
Mme Bélanger : Bien, la
garantie qu'on a, c'est qu'on va suivre pendant... pas juste durant la mise en
œuvre, mais on va suivre, de façon périodique, le nombre de Québécois inscrits,
le nombre de prises en charge, le... les délais pour la prise en charge. Il y a
un financement qui est basé sur la capitation, il est là pour rester, c'est
50 %, 50 % du salaire des médecins. Donc, il y a quand même un
incitatif financier qui est important, et donc, si les médecins ne vont pas
dans la réalisation de cette entente-là, bien, ils n'auront pas tout le
financement qui est prévu, là, ça, c'est clair. Je ne veux pas rentrer dans ces
modalités-là aujourd'hui, là, il y a des gens qui sont en train de travailler là-dessus,
puis je ne veux pas nuire au dialogue, mais c'est clair qu'il y a des ententes.
D'autres choses, on a parlé, là, beaucoup des cibles. Les cibles, elles restent
là, elles sont établies différemment, mais c'est clair qu'on va avoir un
tableau de bord puis qu'on va avoir des cibles, puis on va le suivre de façon
collective. Mais ça, c'est ça, le grand changement, je pense, qui est le plus
important, et non pas seulement le pouvoir du ministre ou de la ministre de la
Santé.
Journaliste : Bonjour, Mme
Bélanger. Vous parlez d'ententes historiques, or, j'ai de la misère à
comprendre. Tantôt, dans le breffage qu'on a eu avec le sous-ministre...
11 h 30 (version non révisée)
Journaliste : ...sous-ministre
Bergeron. Comment ça se fait qu'on n'est pas capable de savoir justement, sur
les 10 000 médecins au Québec, combien vont... vont profiter de ce nouveau mode
de rémunération? Parce que, quand vous parlez des exclusions des médecins en
région, des jeunes médecins des plus de 60 ans, ceux qui font de l'enseignement,
on se demande combien en bout de ligne vont être touchés par ça.
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
je pense que vous revenez souvent, là, sur cette question-là. Je la comprends,
vous voulez avoir un chiffre, on vous en donnera un éventuellement. Mais
aujourd'hui, là, je dépose une loi. Et c'est ça, là, qui est important, c'est
les principes dans la loi. Je vous ai dit qu'il y avait un groupe qui sont en
train de regarder ça. C'est le rôle de Mme Lise Verreault, qui est la
présidente de ce comité. Ils sont en train de construire le tableau de bord. On
va l'avoir, le chiffre. Mais je ne veux pas vous lancer un chiffre comme ça
aujourd'hui, parce qu'honnêtement les médecins qui...
Je vais prendre... je vais vous donner l'exemple,
là. On sait combien qu'il y a de médecins au Québec, combien de médecins
pratiquent en première ligne. On sait combien de médecins sont en préretraite.
On est... on les a, ces chiffres-là. Mais est-ce que ça veut dire que les
médecins qui sont en préretraite, là, parce que c'est facultatif, vont décider
d'aller dans le modèle de capitation ou non?
Ça fait qu'on va prendre le temps, là, d'aller
voir à la source. Puis, le rôle de la FMOQ puis des directions médicales
régionales, c'est ça qu'ils doivent faire. C'est eux autres qui s'occupent de
leur médecin. On va leur demander de faire l'exercice. Mais, aujourd'hui, je ne
peux pas vous donner de chiffre, ce serait précipité. Mais ça va être la
majorité, on s'entend. C'est le modèle pour la première ligne.
Journaliste : C'est quoi, les
chances qu'on doive refaire un autre projet de loi selon l'entente qu'il va y
avoir avec les médecins spécialistes?
Mme Bélanger : Bien, écoutez,
là, on est vraiment dans... On le sait, j'ai... Moi, j'ai eu l'occasion de
rencontrer Dr Oliva. Ils sont retournés... qui est le président de la
Fédération des médecins spécialistes, ils sont retournés à la table de
négociation. Alors, il y a des discussions actuellement. Vous le savez, comme
ministre de la Santé, je ne siège pas à cette table des négos, j'assure d'avoir
l'information puis d'avoir un suivi à chaque semaine, alors... tu sais, plus
vite on aura une entente avec la FMSQ, plus vite on pourra agir dans le projet
de loi. On fera comme ce qu'on a fait avec la FMOQ.
Maintenant, je vais laisser, là, les
parties discuter des différents éléments, mais, c'est clair, si vous me
demandez mon opinion comme ministre de la Santé, bien, j'espère qu'on aura une
entente le plus rapidement possible, qui va viser entre autres, pour les
médecins spécialistes, vous ne serez pas surpris, tu sais, d'avoir plus de
chirurgies, d'avoir un meilleur accès aux consultations spécialisées. Là, je
vous donne des grands principes, mais c'est ça mes attentes par rapport aux
médecins spécialistes. On va les laisser négocier maintenant.
Journaliste : Je voudrais
revenir sur la question de ma collègue. Moi, c'est... je n'ai pas compris ce
que vous vouliez dire quand vous disiez que, dans l'éventualité où les cibles
ne seraient pas atteintes, il y aurait un incitatif pour les médecins à le
faire. Je veux dire, il n'y a plus de suppléments collectifs, vous avez enlevé
tout ce qui était contraignant dans le projet de loi.
Mme Bélanger : Oui, mais c'est
vrai, qu'il n'y a plus de suppléments collectifs, ça ne faisait vraiment pas
consensus d'ailleurs, mais on a parlé du 75 millions, notamment. Mais le 75
millions, c'est conditionnel à ce que les gens soient inscrits. Ça fait que,
là, c'en est un, incitatif. Alors, je veux quand même le mentionne, mais je ne
veux pas parler juste d'incitatifs financiers, parce que, quand on parle des
médecins, on ramène toujours ça à l'argent. Il y aura aussi des incitatifs de
suivi, de prise en charge de la population. On est en train de réviser le
modèle GMF. Le modèle GMF va venir avec des responsabilités de prise en charge
aussi. Alors, c'est important.
Des voix : ...
Journaliste : Je m'excuse
pour le bruit. OK. Les gens, là, ils doivent être complètement perdus, là, s'il
y en a qui nous écoutent en ce moment. Est-ce que vous pourriez faire un effort
de vulgarisation? Puis est-ce que... Comment vous expliqueriez ça à... je ne
sais pas, à quelqu'un de votre famille? Qu'est-ce que ça va changer pour moi
qui n'ai pas d'accès à un médecin de famille si le modèle de capitation? C'est...
Qu'est-ce que ça change, la capitation, pour les gens?
Mme Bélanger : Le modèle de
capitation, là, c'est le modèle de rémunération des médecins. Les patients n'ont
pas... Comment je pourrais dire? Ça ne changera rien dans le suivi des
patients, ça ne changera rien dans le suivi des patients. C'est parce que c'est
un élément majeur du projet de loi, mais ce n'est pas ça, le message aux
patients puis aux Québécois puis aux québécoises.
Le message aux Québécois puis Québécoises,
c'est qu'on met en place des conditions, notamment la rémunération des
médecins, pour faire en sorte que les médecins voient plus de patients et aient
une responsabilité collective, donc, d'une population. C'est ça qu'on est en
train de mettre en place. La rémunération, c'est un élément important, mais,
pour la population, ça ne fera pas un changement, le salaire, là. Ce n'est
pas... on n'est pas là-dedans du tout...
Journaliste : Merci.
Mme Bélanger : Notre
garantie, c'est que les gens puissent avoir accès...
11 h 35 (version non révisée)
Mme Bélanger : ...c'est que les
gens puissent avoir accès à un médecin ou à un professionnel.
Journaliste
: S'il y a
une entente avec la FMSQ, est-ce que vous êtes obligés de refaire un projet de
loi comme celui-ci, par exemple, ou si vous pouvez, je ne sais pas, y aller par
décret, ou l'intégrer dans celui-là?
Mme Bélanger : Bien... Bien,
en fait, tout ça est possible, tout ça est possible. Bien, vous savez qu'on va
commencer à étudier le projet de loi, ça fait que, donc, advenant qu'il y ait une
entente, est-ce que c'est possible de l'introduire pendant l'étude du projet de
loi? Ce sera à voir, là, avec les... mes collègues qui sont au niveau juridique,
mais oui, ça pourrait se faire aussi par décret, par la suite, par règlement.
Puis il faut voir que le modèle de rémunération des médecins spécialistes n'est
pas aussi touché que le modèle de rémunération des médecins de famille. Donc, on
ne parle pas de capitation pour les médecins spécialistes, on ne change pas le modèle
de rémunération. C'est d'autres éléments qui vont être dans la négociation.
Journaliste
: ...Mme
Bélanger, vous avez parlé des IPS, qu'on peut leur en demander plus pour la
prise en charge. Vous avez vu comme moi l'article dans La Presse du 23 janvier
2026 qui faisait état des pouvoirs excessivement limités des IPS pour la prise
en charge de patients dans les GMF. Ça ne marche pas, ça marche par exception.
Ce n'est pas ce que vous voulez. Donc, soyez plus clairs avec vos... votre
désir des IPS, parce que vous n'êtes pas là.
Mme Bélanger : Oui, bien, en
fait, peut-être juste vous dire, pour ce qui est des IPS, je me mets en
mouvement dès maintenant en lien avec les IPS. Je rencontre d'ailleurs la
présidente de l'association d'ici quelques jours. Alors, on a investi dans les
IPS au Québec. C'est important. Elles peuvent faire une différence. Ce sont des
professionnelles qui sont compétentes, ils ont un champ d'exercice leur
permettant de prendre en charge les personnes. Et je souhaite qu'elles soient
vraiment impliquées dans notre modèle québécois. Alors, c'est clair pour moi
que les IPS sont là pour être renforcés.
Journaliste
: Donc,
vous reconnaissez qu'il y a une grande limite pour la prise en charge de
patients par les IPS dans les GMF. Ce n'est que des exceptions à l'heure
actuelle.
Mme Bélanger : On est en train
de regarder tout ça pour favoriser aussi le fait que les GMS aient plus de... d'agilité
pour pouvoir aussi engager eux autres mêmes les IPS. Il y a beaucoup, beaucoup
de choses à faire, mais je suis là, tout à fait. Merci.
La Modératrice
: Ceci
met fin à la conférence de presse. Merci, tout le monde.
(Fin à 11 h 38)