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Point de presse de M. Alex Boissonneault, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’affaires municipales, et Mme Catherine Gentilcore, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’économie, d’innovation, de développement économique régional et de PME

Version préliminaire

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Wednesday, February 4, 2026, 8 h 40

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement


 

8 h 49 (version non révisée)

(Huit heures quarante-six minutes)

Mme Gentilcore : Bonjour. Écoutez, on a appris hier, en même temps que vous, que la CAQ mettait de côté son projet du troisième lien, le temps de leur course à la chefferie. Décision électoraliste ou non, l'avenir le dira. Mais je sais qu'avant Noël la ministre de l'Éducation Sonia LeBel nous disait aussi que ce n'était pas le temps pour son gouvernement, en fin de mandat, de tenir des états généraux sur l'éducation, trop gros projet pour une fin de mandat.

Donc, moi, ce que je me demande, c'est, si on suit cette logique-là, là, du gouvernement : Pourquoi est-ce qu'on ne suspendrait pas aussi le projet de loi sur la constitution de Simon Jolin-Barrette? S'il y a un projet de loi qui est important, qui est colossal, qui nécessite l'adhésion de la société civile et l'adhésion du politique, c'est bien celui-là. Donc, si on attend de voir quelles sont les positions de Mme Fréchette, de M. Drainville sur le troisième lien, pourquoi on n'attendrait pas de voir quelles sont leurs positions par rapport à la Constitution? On le voit, hein, ils ont des désaccords sur bon nombre de sujets. Donc, je jette cette idée.

M. Boissonneault : Je voulais vous parler, moi, de la situation au poste frontalier de Lacolle, parce qu'on notait hier qu'il y a eu une augmentation du nombre de demandeurs d'asile qui se présentent à la frontière cette année par rapport à l'année dernière. Donc, si je regarde les chiffres, on dit qu'en janvier 2025, il y a 621 personnes qui ont traversé la frontière. Et là, cette année, semble-t-il que c'est 797. Donc, il y a une augmentation au Québec. Par contre, ça, c'est intéressant, il y a une diminution dans le reste du Canada d'à peu près 36 %.

Donc, je rappelle que notre chef, Paul St-Pierre Plamondon, l'avait dit, avec l'arrivée de Donald Trump au pouvoir, il va y avoir une augmentation du nombre de personnes qui se présentent à la frontière comme demandeurs d'asile, puis il faut s'y préparer. Bien, c'est concrètement ce qui est en train de se passer. Non seulement ça, mais il va falloir que la fédération canadienne respecte aussi notre capacité d'accueil. Encore une fois, le Québec, pour ce qui est des demandeurs d'asile, a fait plus que sa part et a besoin d'une répartition plus juste du nombre de demandeurs d'asile, parce qu'évidemment tout ça demande des ressources. Et c'est un autre témoignage aussi que le Québec, dans le dossier de l'immigration, encore une fois, devrait avoir tous les pouvoirs. Et puis la solution à ça, c'est, évidemment, l'indépendance du Québec à terme. Mais là il y a une situation, ça se passe en ce moment, avec les demandeurs d'asile. Il va falloir y répondre, s'y préparer puis, encore une fois, que la fédération prenne ses responsabilités dans ce dossier.

Journaliste : Est-ce que les chiffres d'hier sur le chemin Roxham, c'est une preuve que la... l'entente avec les États-Unis a échoué?

M. Boissonneault : Écoutez, c'est une... c'est une bonne question. Il y a un contexte géopolitique qui change. Il y a des mouvements migratoires qui sont... qui changent aussi rapidement. Donc, on doit s'adapter à cette nouvelle réalité là. Une chose est certaine, c'est que, dans le contexte actuel, le gouvernement de la CAQ a la responsabilité de s'assurer que la fédération réponde à nos besoins. Le Québec a dépassé... a fait largement sa part pour l'accueil des demandeurs d'asile, et on voit qu'encore une fois il y en a plus qui se rendent ici qu'ailleurs au Canada, diminution au Canada, il y en a plus au Québec. Donc, il va falloir que la fédération canadienne respecte aussi notre capacité d'accueil. Dans le contexte où on est encore pris dans le carcan fédéral, il doit y avoir cette discussion-là impérativement entre le Québec et Ottawa, c'est urgent. Il y a beaucoup de ressources qui y passent. Et, évidemment, on veut accueillir ces gens-là aussi humainement. Donc, il va falloir qu'il y ait une réponse, de la fédération, adéquate.

Journaliste : ...est-ce que le gouvernement est en train de l'envoyer à la poubelle pour une troisième fois? ...M. Julien dit : J'attends... Il se...

Mme Gentilcore : Mais évidemment. Je veux dire, je pense que...

Journaliste : Il dit qu'il a été mal compris hier.

Mme Gentilcore : ...je pense que personne n'est dupe, là, ce projet-là ne verra jamais le jour. C'est la troisième fois qu'on ramène ce projet-là de manière électoraliste, donc je pense que tout le monde voit clair là-dedans, là. Là, on profite, justement, de l'opportunité de la course à la chefferie pour tasser ce projet-là puis gagner du temps.

Journaliste : ...

Mme Gentilcore : Donc, pourquoi on ne fait pas la même chose avec la Constitution? C'est ça, mon point. C'est... Vous avez manqué mon introduction, mais c'est ce que je disais. Si on tasse le... Si on tasse le projet du troisième lien, si Sonia LeBel nous dit qu'un gouvernement en fin de mandat ne peut pas s'attaquer à des états généraux sur l'éducation, pourquoi on poursuit avec le projet de loi sur la Constitution, alors que, s'il y a bien un projet de loi qui est important puis qui nécessite l'adhésion de tous, c'est celui-là?

Journaliste : ...toujours à un projet structurant de transport collectif entre Québec et la Rive-Sud?

Mme Gentilcore : Oui. Nous, notre position, c'était sur... par rapport au tramway, là, on s'était engagés par rapport au tramway. Donc, évidemment qu'on aura une proposition en ce sens-là dans notre plateforme 2026. Mais le troisième lien, dans la forme qui nous a été proposée, même si on modifie un peu la forme, là, il n'y a personne chez nous qui y croit, puis je ne pense pas que la population y croit non plus à ce stade-ci.

M. Boissonneault : Si je peux juste ajouter pour... sur le troisième lien, notre collègue Pascal Paradis a fait une sortie là-dessus, l'électoralisme de la CAQ vient repousser le projet électoraliste de la CAQ. Puis là ce qui est assez incongru, c'est qu'on va peut-être se retrouver, encore une fois, en élection, des élections générales, sur la promesse possible d'un troisième lien pour la troisième fois. Imaginez le tableau, là. Donc, il faut juste, quand même, prendre un pas de recul puis voir ce qui est en train de se passer. C'est quand même... Ça donne une idée du fouillis, des... du gâchis de ce gouvernement-là pour un tas de projets, dont celui du troisième lien, parce que ça nous place dans une situation qui est... qui est assez absurde, là.

Journaliste : Mme Gentilcore, est-ce que Mme Pelchat a raison en disant que M. Jolin-Barrette est paternaliste?

Mme Gentilcore : Paternaliste? Écoutez, je ne sais pas si M. Jolin-Barrette est paternaliste. Puis je n'ai pas vu, en fait, les propos de Mme Pelchat. Peut-être vous pouvez m'éclairer?

Journaliste : ...que vous irez lire dans les pages du journal, de ma collègue Geneviève Lajoie...

Des voix : ...

Journaliste : ...les mots de Christine St-Pierre, qui a dit qu'il faisait preuve de paternalisme en refusant de se reculer.

Mme Gentilcore : Bien, écoutez, je ne sais pas s'il fait preuve de paternalisme, mais une chose est certaine : je pense que ces discussions-là doivent avoir lieu. Et, en ce moment, dans le contexte de la CAQ, avec le contexte de la course à la chefferie, avec les divergences d'opinions qu'on voit de part et d'autre, du côté de Mme Fréchette, du côté de M. Drainville, de poursuivre dans cette veine-là et de ne pas voir s'il a l'adhésion de tous... Moi, je serais curieuse de savoir quel est l'avis de Mme Fréchette, justement, sur cet aspect-là de la Constitution, qu'est-ce qu'elle en pense, elle, puis qu'est-ce qu'elle va défendre si elle prend la tête de ce parti-là. Donc, je pense que c'est à voir.

Journaliste : Sur Glencore, est-ce que vous seriez prêts à mettre de l'argent public pour aider l'entreprise pour ne pas qu'elle ferme?

Mme Gentilcore : Absolument pas. Pas d'argent public pour Glencore.

Journaliste : Le Parti libéral demande une cellule de crise pour aller gérer la situation. Vous proposez quoi?

Mme Gentilcore : Une chose est certaine : il y a eu un laxisme épouvantable du gouvernement dans ce dossier-là, là. Ça fait des années que ça traîne. Pendant des mois, l'Abitibi-Témiscamingue n'a pas eu de ministre responsable, puis là, quand... quand on en a enfin un, qui est le premier ministre lui-même, bien là, la région risque de se retrouver sans fonderie. Donc, belle efficacité, là, du côté de la CAQ.

Une chose est certaine : la science évolue. Tu sais, nous, on est... Glencore s'était engagée à atteindre le 15 nanogrammes en... pour 2027. Je ne vois pas pourquoi cette cible-là ne serait pas en voie d'être atteinte en ce moment-ci. Ils s'étaient engagés à le faire. Après ça, pour la suite, la science évolue. Il y a un scientifique reconnu de l'Université McGill hier qui disait que le trois nanogrammes, c'était impossible à atteindre. Moi, je ne suis pas une spécialiste, je ne peux pas me prononcer là-dessus, mais une chose est certaine : j'espère que le gouvernement, lui, a toutes les études devant lui et consulte les meilleurs spécialistes, les meilleurs scientifiques pour trouver une entente rapidement, là, avec Glencore.

Journaliste : Santé publique ou les emplois dans ce dossier-là?

Mme Gentilcore : Les deux, ça prend les deux, santé publique et les emplois.

Journaliste : ...la cible en 2027 en protégeant les emplois?

Mme Gentilcore : Bien, l'entreprise s'était engagée, là, à atteindre 15 nanogrammes pour 2027. C'était déjà un engagement qu'ils avaient pris. Là, de ce que je comprends, ils veulent des garanties pour la suite. Comme je vous dis, la science évolue rapidement. Il y a des scientifiques qui se prononcent là-dessus. Est-ce qu'il n'y a pas un terrain d'entente à trouver? C'est... C'est au gouvernement de s'asseoir à la table et de... et de négocier pour trouver un juste milieu puis s'assurer que ces travaux-là soient poursuivis.

Journaliste : Quels leviers a le gouvernement si Glencore dit : Nous, on a besoin de 150 millions puis sinon on ferme la boutique?

Mme Gentilcore : Bien, je pense qu'une grande multinationale comme Glencore y trouve son compte, là. Je veux dire, je pense qu'ils font des sous, puis c'est un de leurs... une de leurs grandes usines, là, je pense, la Fonderie Horne. Donc, au niveau du marché puis au niveau économique, clairement, Glencore a des avantages à ce que... à ce que la fonderie... opère, là, à Rouyn-Noranda. Donc, je pense qu'il faut faire la part des choses puis...

Journaliste : ...ne doit pas céder...


 
 

8 h 54 (version non révisée)

Journaliste : ...au chantage de Glencore.

Mme Gentilcore : Non, il doit négocier mais il ne doit pas céder, absolument pas. C'est la santé publique qui doit... qui doit...

Journaliste : Advenant le cas que le Parti québécois prenne le pouvoir, peut-être que plusieurs multinationales, usines du genre, qui vont peut-être vous menacer, hein, vous aussi, de vouloir quitter si vous ne... pas de subventions. Ça fait maintenant partie de vos promesses électorales de ne plus verser de subventions aux grandes entreprises. Il n'y a pas un risque de jouer avec ça, pour le Parti québécois?

Mme Gentilcore : On verra quand on sera rendu là, nous, on croit vraiment à... dans... investir dans nos PME du Québec. On pense que c'est ça qui va nous permettre de voir notre économie fleurir, s'épanouir. Donc, c'est la direction qu'on a pris, on l'a vu, là, les subventions aux grandes entreprises, le bar ouvert, ça n'a absolument rien donné. Notre croissance économique, elle est famélique dans les dernières années, donc... puis ça atteint... ça atteint des niveaux records, là, quand on pense aux fonds économiques qui atteignent 6 milliards de dollars, je pense, là, Fonds de développement économique, donc, nous, on croit vraiment à la réduction d'impôt pour l'ensemble de nos PME, faire en sorte de créer un contexte concurrentiel compétitif sain pour l'ensemble de nos entreprises, puis on est persuadés que c'est la bonne chose à faire pour notre contexte économique..

Journaliste : Sur la santé, je ne sais pas si vous êtes... Mais on va voir. On va déposer, donc, le projet de loi, là, pour modifier la loi 2. Êtes-vous ouverts à collaborer rapidement, parce qu'on a trois semaines pour adopter ça avant l'autre... l'entrée en vigueur de la loi. Qu'est-ce qu'il doit y avoir là-dedans pour que ça fonctionne?

Mme Gentilcore : Bien, c'est sûr que ce projet de loi là, là, c'est un autre constat de l'échec de la CAQ, là. Je veux dire, on... on doit retourner en projet de loi, encore une fois, pour réparer ce qui a été fait avant les fêtes, pardon, avec le projet de loi pour les médecins. Donc, prêts à collaborer, évidemment, on est toujours prêts à collaborer, mais c'est un véritable fiasco, encore une fois, ce dossier-là.

Journaliste : Qu'est-ce que ça prendrait, dans le nouveau projet de loi, pour vous satisfaire?

Mme Gentilcore : Ah, là, ça, je ne pourrais pas vous dire, mon collègue Joël Arsenault pourrait vous le dire, toi, as-tu une idée?

M. Arseneau : Moi, je pense que, comme le dit ma collègue, il faut collaborer, il faut voir ce qu'il y a dans le projet de loi, je pense que la première chose, c'est de voir ce qui est sur la table, mais évidemment, nous, toujours le même message : On replace le patient au centre de cette équation-là. Il faut penser au patient, il faut penser à l'accès aux soins, c'est le plus important, c'est les garanties qu'on doit avoir, parce que finalement, le projet de loi vient entériner ce fouillis-là. La réforme qui a viré au vinaigre en décembre dernier, c'est ce qu'on vient faire avec ce projet de loi là. Mais on va voir ce qu'il y a sur la table.

Mme Gentilcore : C'est ça, ça fait on se retrouve là, puis on n'a aucune garantie qu'il y a plus de personnes qui vont être prises en charge, qu'il y a plus de patients qui vont être rencontrés ou quoi que ce soit. Donc, un véritable fiasco, mais évidemment qu'on est prêt à se rasseoir.

Journaliste : Une dernière, on a vu que Eddyfi, fleuron québécois, vendu 2 milliards à des... mains américaines. La Caisse a essayé de retenir tout ça, mais il n'y avait pas d'acheteur québécois ni canadien même, qui était capable de prendre ça en main. Donc, qu'est ce qu'on fait quand on perd un autre fleuron? La situation est telle que telle, on ne peut pas empêcher ce genre de transactions.

Mme Gentilcore : Ce n'est jamais une bonne nouvelle quand on perd un fleuron comme celui-là aux mains des Américains ou à des mains étrangères. Est-ce qu'il y a des choses qui peuvent être revues, peut-être, pour encourager l'achat au Québec? Ça sera à voir. Au moins, on a obtenu des garanties...

Une voix : ...

Mme Gentilcore : ... c'est ça, au moins, on a des garanties, donc, on s'assure que le siège social soit ici, que les emplois soient conservés. Mais somme toute, jamais une bonne nouvelle quand on perd un de nos fleurons comme celui-là. Il va falloir se pencher là-dessus sérieusement, voir ce qu'il y a au niveau de la réglementation ou bien des incitatifs qu'on peut donner aux entreprises d'ici pour pouvoir acheter des... des entreprises, des fleurons d'ici, ça va être à voir, on va s'y pencher sérieusement parce que ça... ça crève le cœur à chaque fois.

Une voix : Merci.

M. Arseneau : Merci.

(Fin à 8 h 58)