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Point de presse de M. Marc Tanguay, chef de l’opposition officielle, et M. André Fortin, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Thursday, February 12, 2026, 8 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures)

M. Tanguay : Alors, bon matin à chacun et à chacune. 500 000 rendez-vous, 500 000 prises en charge, ce n'est pas du tout la même chose. Bref, en santé, là, rien n'est réglé. Vous avez vu le Dr Amyot, des médecins omnipraticiens, qui lui a dit : L'entente, là, avec la ministre, qu'elle aille la relire, c'est notre lecture à nous, qu'elle est la relire parce que c'est 500 000 rendez-vous pour 500 000 Québécois, le cas échéant, d'ici juin 2026. Alors, c'est pas du tout la même chose. Encore une fois aussi, les médecins spécialistes, ce n'est pas réglé, les ressources additionnelles, pas juste financières, mais les ressources, là, pour faire en sorte que l'interdisciplinarité, ça vaille dire quelque chose. Bien, en ce moment-là aussi, aujourd'hui, à la fin d'un régime caquiste en faillite, ce n'est toujours pas réglé.

On va continuer pour les semaines qu'il reste à ce mauvais gouvernement de François Legault. Vous le voyez, là, un mauvais gouvernement qui se déchire sur la place publique, sur… Ils vont faire le tour des enjeux, là, parti comme c'est là, là. Alors, on bien hâte de voir en santé, ça va être quoi la vision des prochains candidats, mais c'est un parti qui est en fin de piste. C'est un premier ministre qui a annoncé qu'il quittait déjà, mais qui est toujours en fonction puis qui ne veut pas se mêler de la course, mais c'est la course qui dicte l'agenda d'un mauvais gouvernement, et en santé, encore une fois, aujourd'hui, rien n'est réglé. Ils ont abandonné les patients du Québec. Je vais maintenant céder la parole à André Fortin.

M. Fortin :Oui, merci. Sur la question de la négociation avec les médecins, le gouvernement, entre autres par la voix de Christian Dubé à l'époque, ne cessait de nous répéter la négociation avec les médecins, c'est ça qui va venir régler les problèmes du réseau de la santé, hein, qu'à chaque fois qu'il y avait un problème de soulevé, les négociations avec les médecins, ça va débloquer la chose, c'est ça qui va nous amener à donner les meilleurs services aux Québécois. Mais là, on le voit, on a une négociation qui s'est conclue avec la Fédération des médecins omnipraticiens qui, pour toutes choses, ne changera pas beaucoup dans la vie des patients, et on a une négociation avec les médecins spécialistes que le gouvernement est incapable de régler.

Hier, on a commencé l'étude du projet de loi n° 19, le quatrième projet de loi sur la rémunération des médecins, et ce qu'on comprend, c'est que la ministre de la Santé, elle… disons, elle joue avec la vérité quand elle dit aux Québécois qu'ils vont être pris en charge. Là, on nous parle de 500 000 rendez-vous d'un côté, mais 500 000 rendez-vous, là, ça ne peut pas suffire à la demande des 500 000 patients additionnels qui seraient inscrits, qui seraient pris en charge, selon la ministre. Il y a 180 000 patients vulnérables là-dedans. Les patients vulnérables, là, c'est des patients qui nécessitent trois, quatre rendez-vous par année. Alors, juste, pour eux, les 500 000 rendez-vous sont déjà insuffisants. Ça, c'est sans compter les 300 000 autres Québécois qui s'attendent à être pris en charge.

Mais au-delà de ça, il y a un. Lors de l'étude, on a voulu s'attarder à la question : Qu'est-ce que ça veut dire pour le patient qui va être pris en charge, selon la ministre? Parce qu'aujourd'hui, un patient orphelin, qu'est-ce qu'il fait? Il appelle au GAP, il essaie d'avoir un rendez-vous peut-être qu'il va en avoir un, peut-être qu'il n'en aura pas, peut-être que ça va être à la même clinique que la dernière fois, peut-être pas. Le nouveau patient pris en charge selon la ministre, bien, qu'est-ce qu'il va faire? Il va aller au GAP, il va essayer d'avoir un rendez-vous, peut-être qu'il en aura un, peut-être qu'il n'en aura pas, peut-être que ça va être à la clinique attitrée, peut-être que ça va être ailleurs, peut-être qu'il va être à l'urgence. Pour le patient, là, qui reçoit une lettre du gouvernement, il n'y a absolument rien qui change dans son quotidien.

M. Tanguay : Bravo!

Journaliste : Puis pour l'instant ça coûte deux fois plus cher par rendez-vous.

M. Fortin :Bien, effectivement, ça, c'est le choix que le gouvernement a fait, le projet de loi n° 2 ou la loi n° 2 du ministre de la Santé, c'était essentiellement du bâton, on venait pénaliser les médecins. Là, on prend l'approche complètement inverse où ça va coûter plus cher, on va donner plus d'argent aux médecins. Moi, je n'ai pas vu la démonstration qu'au Québec on avait besoin de donner davantage d'argent aux médecins. C'est le modèle que le gouvernement de la CAQ fait… choisit aujourd'hui. Mais la réalité, c'est que, pour le patient, il n'y a absolument rien qui change. Sa trajectoire, elle reste la même. Est-ce qu'il va avoir un rendez-vous? Est-ce qu'il n'en aura pas? Est-ce que ça va être à sa clinique? Est-ce que ça va être ailleurs? Est-ce qu'il va être obligé d'aller à l'urgence? Le patient n'est pas plus avancé avec cette...

Journaliste : Pour reprendre les mots de la ministre, c'est trop mou face aux médecins.

M. Fortin :Pour reprendre les mots de la ministre?

Journaliste : Oui, parce qu'elle a dit la semaine passée… on vous a accusé d'être trop dur. Maintenant, on vous accuse d'être trop mou.

M. Fortin :Bien, c'est surtout la ministre qui est incohérente dans ce dossier-là. La ministre continue de nous dire, là, que la loi n° 2, c'était la bonne approche, que la loi n° 2, c'était juste un problème de communication. Puis là, aujourd'hui, elle nous dit : Bien, la loi n° 19, c'est la bonne approche. Elle ne peut pas nous dire elle-même que d'être trop dure, c'est une bonne chose, puis que d'être trop molle, c'est une bonne chose. Il faut qu'elle choisisse la voie qu'elle pense qui est la plus porteuse pour des patients. Nous, ce qu'on voyait avec la loi n° 2, très clairement, ce n'était pas la façon d'aller de l'avant parce que les médecins choisissaient de se désaffilier, choisissaient de quitter la province. La loi n° 19, elle ne semble pas apporter de réelles

avancées, outre 500 000 rendez-vous additionnels distribués parmi les 9 millions de Québécois.

Journaliste : ...allez-vous voter contre?

M. Fortin : Non. On va aider le gouvernement à reculer dans son approche. Parce que la loi n° 19, elle vient essentiellement défaire la loi n° 2. Et la loi n° 2, elle avait des effets néfastes. La loi n° 19, elle vient rajouter 500 000 rendez-vous. D'accord. C'est bien, mais ce n'est pas une prise en charge, comme le prétend la ministre.

Journaliste : ...que penser du rapport fourni...

M. Tanguay : ...

Journaliste : ...avocat dit que c'est un chien édenté.

M. Tanguay : L'expression est la sienne, l'expression...

Des voix : ...

M. Tanguay : Oui, je suis en début de ma réponse. Alors, l'expression est la sienne. Je le trouve inutilement sévère envers lui-même. Je pense qu'à titre d'ex-juge en chef de la Cour supérieure, ex-juge la Cour d'appel, qu'il a eu l'occasion de rencontrer 14 témoins qui ont témoigné assermentés, il a eu l'occasion de leur poser toutes les questions, de faire une analyse. On le savait d'entrée de jeu qu'il n'avait pas le pouvoir de contrainte. Alors, son rapport, je pense, a le droit de cité, c'est un rapport qui parle de lui-même et qui apporte un éclairage qui est... qui est pertinent suite à un travail sérieux. C'est ça, mon analyse du rapport.

Journaliste : ...avec ça?

M. Tanguay : Chose certaine, il y aura toujours... il y a toujours, au moment où on se parle, d'autres instances qui font des vérifications, des enquêtes. On va les laisser sortir, le cas échéant, avec leurs conclusions à elles, ces instances-là, mais je pense que c'est un rapport qui a été fait par une personne sérieuse, une personne qui a fait un travail rigoureux puis qui a le droit de citer. Puis ça apporte un éclairage pertinent.

Journaliste : ...est-ce ça réhabilite Pablo Rodriguez?

M. Tanguay : Bien, personne... personne n'a jamais lié Pablo Rodriguez aux allégations puis aux textos de novembre.

Journaliste : ...alors il a été obligé de démissionner à cause de toute cette histoire-là. Alors, à la lumière du rapport Fournier, est-ce qu'à votre avis ça a été injuste et est-ce que ça le réhabilite?

M. Tanguay : Bien, écoutez, encore une fois, encore une fois, Pablo Rodriguez, là, a toujours plaidé qu'il n'était pas lié d'aucune façon à ce qui était allégué et que des membres de son équipe non plus. Le rapport vient confirmer cela. Encore une fois, c'est un travail sérieux par un juge, un ex-juge sérieux puis qui a le droit de cité. Alors, c'est... c'est un élément qui n'est pas anodin, qui est sérieux. Puis nous, on le prend, on le prend de cette façon-là.

Journaliste : ...qu'est-ce que vous allez... Qu'est-ce que vous avez appris dans le rapport?

M. Tanguay : Bien...

Journaliste : Vous avez dit : On savait déjà que Pablo n'était pas impliqué. Qu'est-ce qu'il y a de nouveau finalement puis qu'on apprend?

M. Tanguay : Bien, écoutez, le juge remet très sérieusement en doute la validité des textos publiés en novembre. C'est son analyse...

Journaliste : ...

M. Tanguay : ...c'est son analyse.

Journaliste : ...vrais ou faux.

M. Tanguay : Bien, il les remet... il les remet... il les remet...

Journaliste : ...l'entrevue qu'il a donnée au... hier, là, il se qualifie de chien édenté.

M. Tanguay : Oui, c'est ça qu'on a dit tantôt.

Journaliste : Bien, ce que je veux dire, c'est qu'il confirme qu'il n'a pas pu avoir accès à toute la preuve, tous les témoins.

M. Tanguay : Il n'a pas de pouvoir de contraindre. Puis ça, il le savait.

Journaliste : Pas juste sur la contrainte, là, la preuve matérielle. Il n'a aucune idée. Il n'est pas capable de dire si c'est vrai ou si c'est faux.

M. Tanguay : Bien, il a rencontré, ceci dit, 14 témoins assermentés. Vous savez, le... ce que ça veut dire, d'être assermenté, ça veut dire que si vous ne dites pas la vérité, vous pouvez être accusé de parjure. Alors, ça, c'est important.

Journaliste : ...

M. Tanguay : Pardon, excusez-moi, je...

Journaliste : ...d'affirmer qu'il remet en question la validité des textos, moi, j'ai... Je n'ai pas vu ça dans son rapport, là. À quel endroit vous voyez ça?

M. Tanguay : Bien oui, bien, je veux dire, dans l'analyse des textos, il met de l'avant qu'il y aurait pu avoir une partie qui aurait été ajoutée à la fin du début des textos de mai.

Journaliste : ...

M. Tanguay : Bien, il les remet en doute, il les remet en doute.

Des voix : ...

M. Tanguay : Il parle d'un... s'ils les remettent en doute. Si vous faites un montage, je veux...

Journaliste : ...M. Tanguay, chaque texte journalistique, on choisit votre citation, on... Après ça, on écrit un texte, on en choisit une autre. Ce n'est pas votre texte que vous dites, ce matin, de A à Z, là...

M. Tanguay : Moi, je suis zen le matin, je ne vais pas me fâcher avec vous, là...

Journaliste : ...

M. Tanguay : ...mais je veux juste terminer là-dessus. Il les remet en doute. Alors, est-ce qu'il dit : J'ai la preuve par A plus B que ce sont des faux? Il les remet en doute. C'est ce que je dis.

Journaliste : ...ça veut dire validité du texte? C'est comme ça que vous le comprenez.

M. Tanguay : Bien non. Montage... montage qui ferait en sorte que la chaîne de textos ne serait pas celle qui aurait été présentée. Encore une fois, il les remet en doute et il a le droit de citer.

Journaliste : ...ma question tient : Qu'est-ce qu'on apprend de nouveau?

M. Tanguay : Bien, confirmation... confirmation du fait qu'aucun membre de l'équipe, suite au témoignage assermenté qu'il a reçu, n'était au courant de quoi que ce soit de ces allégations-là, y incluant Pablo.

Encore une fois, 14 témoignages de personnes à qui il a posé toutes les questions qui sont assermentées, ça a un poids, certain.

Journaliste : Mais, qu'est-ce que ça dit? Parce que vous avez dit tout à l'heure et je vous... citer correctement...

M. Tanguay : Citez-moi au texte.

Journaliste : ...que Pablo n'était pas lié d'aucune façon, que, bon... Et là, vous venez dire qu'aucun membre n'était au courant, incluant Pablo, de ce qui c'était... de ces textos-là, etc. Donc, qu'est-ce que ça dit sur Charles Milliard maintenant qui, lui, remplace Pablo Rodriguez? Donc, vous dites qu'il est absous par le rapport. Alors, est-ce qu'il a la pleine autorité, M. Milliard? Il va être confirmé comme chef, là, demain.

M. Tanguay : Bien oui. Bien oui, bien oui, c'est sûr. La dernière portion de votre question : bien oui, c'est sûr. C'est sûr, bien oui.

Journaliste : Est-ce que Pablo a été sacrifié pour rien?

M. Tanguay : Je ne vais pas, encore une fois, là, je ne vais pas, moi, rajouter une couche par mon analyse personnelle, je vais être très factuel. Puis si vous avez des questions sur le rapport qui est factuel, on va y répondre, mais je ne ferai pas l'analyste de la joute politique des derniers mois, parce qu'il y a eu toute une joute politique. Mais je n'en rajouterai pas une couche.

Journaliste : Ce que vous êtes en train de dire, c'est que Charles Milliard est le meilleur chef que le Parti libéral peut avoir.

M. Tanguay : Écoutez, il y aura confirmation de la venue d'un nouveau leader qui aura toute la confiance de l'équipe et des militants puis on a bien, bien hâte. Restez à l'écoute, vous allez voir ça dimanche. Tout un rassemblement...

Journaliste : ...

M. Tanguay : Je n'ai pas... je n'ai pas à commenter ça. Ça, c'est votre angle de question. Je n'ai pas à commenter ça. Chose certaine, Pablo Rodriguez était légitime, et le prochain chef sera également pleinement légitime.

Journaliste : Êtes-vous étonné d'apprendre dans le rapport que finalement, les membres de Laval avaient voté pour Charles Milliard? Donc, finalement, c'est ce qu'on apprend dans le rapport. C'est ce qui est bien établi, là, c'est que le juge tente de comprendre pourquoi il y aurait eu quelque chose dans Laval alors que ce n'est pas Pablo qui a gagné. Qu'est-ce que... Quelle analyse vous en faite de ce...

M. Tanguay : Bien, je ne comprends pas votre question, dans le sens où je n'ai pas été étonné. Je veux dire, c'est les résultats, puis c'est un processus démocratique, je ne veux pas commencer... Je n'ai pas été étonné par ça. Je veux dire, c'est un processus démocratique. On connaissait les résultats, là.

Journaliste : Vous saviez déjà que Laval avait été remporté à l'époque par M. Milliard?

M. Tanguay : On connaissait les résultats. On connaissait les résultats, mais indépendamment de tout ça, indépendamment de tout ça, on prend le rapport pour ce qu'il est également, là, pour tout ce que j'ai dit un peu plus tôt.

Journaliste : Qu'est-ce que les autres membres du caucus ont dit, peut-être M. Fortin, à la lumière de ce rapport-là? C'est-tu : Ah! il avait raison finalement, M. Rodriguez?

M. Fortin :Bien non, mais, je vous dirais que... je vous dirais que ma lecture est similaire à celle... à celle de M. Tanguay, à l'effet qu'il y a des conclusions qui sont établies dans le rapport, que le juge a fait une analyse, une analyse complète à travers les témoignages qu'il a recueillis et qu'il est arrivé à des conclusions, des conclusions qui sont les siennes, mais qu'effectivement, si on se fie sur celles-là, elles nous indiquent que M. Rodriguez n'était pas au courant d'agissements, d'agissements irréguliers.

Journaliste : Est-ce qu'il s'est retiré trop vite, M. Rodriguez, à la lumière de ce qu'on... de ce qu'on a dans le rapport? Vous semblez donner beaucoup d'importance à ce rapport, alors, est-ce qu'à votre avis il s'est retiré trop rapidement?

M. Fortin :Bien, je vous rappelle les propos de M. Rodriguez à ce moment-là, M. Rodriguez, lui-même, disait qu'il était devenu une distraction pour le parti... pour le Parti libéral, qu'il est... qu'il choisissait à ce moment-là de se retirer pour le bien du Parti libéral. Alors, c'est une décision qui lui appartenait.

Journaliste : Est-ce que lundi prochain ça va être encore une distraction?

M. Fortin : Est-ce que... Pardon?

Journaliste : Est-ce que lundi prochain ça va être encore une distraction?

M. Fortin : Ah! moi je pense que dimanche, là, vous allez... vous allez voir une énergie différente au Parti libéral, vous allez voir... vous allez voir des militants qui sont... qui sont contents d'accueillir un nouveau chef. Vous allez voir un événement extrêmement positif qui marque un nouveau départ pour le Parti libéral, avec un nouveau chef, avec des nouvelles idées. Et moi, je...

Journaliste : ...convaincu de ça?

M. Fortin :Pardon?

Journaliste : Vous êtes convaincu que M. Roy ne pourra pas demain présenter une bonne candidature?

M. Fortin : On pourra s'en reparler.

Journaliste : ...Vous allez encore avoir, à moins que M. Roy vienne brouiller les cartes, là, un chef...

M. Tanguay : Ah! qui sait?

Journaliste : ...on ne sait jamais, un chef extraparlementaire. Vous en tremblez, là, d'impatience...

M. Tanguay : J'en tremble.

Journaliste : Mais il serait un bon chef, M. Roy, pensez-vous qu'il serait un bon chef aussi?

Journaliste : ...vous m'avez déconcentré! Qu'est-ce que vous... Ma question est sérieuse en plus. Qu'est-ce que vous avez mis en place, parce que vous allez avoir encore un chef extraparlementaire, pour ne pas vous retrouver avec les mêmes débats ou les mêmes échanges? Parce que c'est ça qui a précipité le... la chute, là, entre Mme Hinse et Mme Rizqy.

M. Tanguay : C'est sûr qu'il y a des règles. C'est sûr que... Puis, encore une fois, je l'ai déjà dit ici, la Commissaire à l'éthique, il faut la voir comme une bonne médecin qu'on peut aller consulter, puis on l'a fait... on ne manque pas, je pense... Puis tous les partis politiques le font. Alors, tout ça pour dire : Oui, c'est un défi face auquel nous en sommes conscients, il y a des règles, les ressources de l'Assemblée nationale versus les ressources du parti. Il faut s'assurer que tout le monde comprend tout bien ça puis que ce soit bien appliqué. Puis, dans ce sens-là, votre question est tout à fait légitime. Oui, seront mis en place les processus pour s'assurer que toutes les règles sont respectées.

Journaliste : ...processus à l'interne...

M. Tanguay : Pardon?

Journaliste : Vous vous dotez d'un processus à l'interne ou...

M. Tanguay : Bien, il y en avait... il y en avait déjà, des processus, mais chose certaine, à la lumière de ce que l'on sait, maintenant, de s'assurer que tout le monde soit à la même page, parce qu'effectivement les ressources de l'Assemblée nationale ne peuvent pas servir à un chef extraparlementaire. Et tout ça, tout ça, on est confiant qu'on va les respecter, les règles, puis qu'on va... on aura l'occasion d'avoir un chef qui sera sur le terrain puis qui va relancer le Parti libéral du Québec.  

Journaliste : Souhaitez-vous rester chef parlementaire...

M. Tanguay : Ça lui appartient.

Journaliste : ... et si M. Milliard décide de vous offrir un autre chef de cabinet que le vôtre, allez-vous accepter?

M. Tanguay : Je vais dire : Oui, chef. Moi, je suis fait de même. Moi, je suis loyal à mes chefs, je veux dire : Oui, chef. Puis la dernière fois, quand je ne l'étais plus, là vous ne m'avez pas vu brailler. Vous m'avez vu, au point de presse, et toujours, en tout temps, demeurer tout à fait uni.

Journaliste : Est-ce que Mme Rizqy n'a pas été loyale à son chef...

M. Tanguay : Ce n'est pas ça que j'ai dit, là, ce n'est pas ça. Puis ça, je ne vais pas commenter là-dessus, je ne vais pas commenter là-dessus.

Journaliste : ...d'un autre sujet...

M. Tanguay : Bien non, moi... pas que j'aime ça... Vous ne voulez pas me parler de la séparation, par exemple.

Journaliste : ...M. Milliard est séparatiste, selon M. Roy.

M. Tanguay : Ah oui, hein? Non, je ne suis pas d'accord avec ça. Pardon.

Journaliste : ...

M. Tanguay : C'est de ma faute, on va dire que c'est de ma faute.

Journaliste : ...ce qui s'est passé hier aux États-Unis... au congrès, est-ce que c'est de bon augure ou de mauvais augure pour les négociations? Si vous vous faites les défenseurs des PME puis des entreprises qui exportent énormément aux États-Unis, ça vous dit quoi?

M. Tanguay : Bien, encore une fois, il y a beaucoup... puis on le dit depuis l'élection de Donald Trump, il y a beaucoup, beaucoup d'alliés à aller chercher aux États-Unis., au congrès, les représentants, les sénateurs, les femmes et les hommes qui sont chefs d'entreprise. Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d'alliés aux États-Unis, puis ça, nous, il faut tabler là-dessus. C'est pour ça qu'on appelait, entre autres, le premier ministre Legault à être proactif dans la diplomatie québécoise. Puis, pour nous, il est important, encore une fois, de faire valoir les intérêts du Québec au sein de la fédération canadienne... la séparation, et de bénéficier du marché économique canadien. Puis effectivement il faut développer nos relations bilatérales avec...

Journaliste : ...

M. Tanguay : Bien, ce qu'elle nous dit, c'est que, je vous dirais, l'emprise de Donald Trump sur... sur l'ensemble de la démocratie américaine commence à diminuer. Vous savez, les gens se privaient de parler, peut-être, sur la place publique et de dire des choses. Maintenant, je pense que les langues commencent à se délier. Les gens commencent à dire ce qu'ils pensent puis à, oui, à oser confronter M. Trump de l'interne. Je suis certain que ça ne doit pas être évident, mais je pense que les gens commencent à voir la nécessité de le faire, parce que non seulement c'est notre économie qui est pénalisée, mais beaucoup d'entreprises américaines en paient les frais.

Journaliste : Juste un petit commentaire, séparation, c'est vous qui l'avez dit, ce n'est pas moi.

M. Tanguay : Je le sais. Coupable.

Journaliste : Ready for English?

M. Tanguay : Ready for sure.

Journaliste : For sure.

M. Tanguay : For sure, for sure.

Journaliste : OK. Mr. Tanguay, you're a lawyer…

M. Tanguay : Yes.

Journaliste : …right…

Journaliste : A liar or a lawyer

Journaliste :

M. Tanguay : ...it was nice meeting you.

Journaliste : Well, OK. I went through the interview Mr. Fournier gave in English and in French in the last 12 hours, I went through the report. So, he goes on nicely with this whole explanation, long explanation about the exchange of text messages on this specific day saying: Well, that part should not be part of this, and it's probably a montage. And then when he said: Can I answer if they were members? The members received money to vote for Pablo Rodriguez in the leadership. He cannot answer yes or no. Is it disappointed that he could not go to the bottom of this? 

M. Tanguay : Yes. The value of his report, first of all, he's a serious person, and it's a serious report with a lot of…

Journaliste : Limited powers.

M. Tanguay : Limited powers, you are right, absolutely. And from day 1, we know that he had limited powers. That being said, he had the occasion to meet and to question 14 persons who were at the very heart of these allegations, under oath, which means something under oath. And he conclude that there's no evidence at all supporting these allegations, no evidence at all. So, of course…

Journaliste : He could note prove the contrary.

M. Tanguay : It's… And, you know, in life, it's often the case that you cannot prove the contrary, so… But again, it's 11789an important report, serious work, no evidence supporting the allegations, 14 testimonies under oath. It has a certain and a… an obvious value for us.

Journaliste : Why? Because you're not out of the woods at all.

M. Tanguay : There're still other instances, there're still other authorities who are conducting inquiries as we speak, of course. And we'll see what will be the end result of this. We cannot prejudge. But again, there's other instances where the work is done. This is what the party asked for, to have an independent person, serious one, and to conclude with this, to end up with a report saying that there's no… I haven't seen no evidence at all supporting these allegations. I think that it's relevant.

Journaliste : If Mr. Rodriguez… you know, given all this and the fact that he knew nothing, did he make the right decision, stepping down in the end?

M. Tanguay : Again, for Mr. Rodriguez, you know, in politics, there's a… there's what we call the perception, and I think that, on a personal base and after all we came through with Mr. Rodriguez… I think that, at that point in time, the decision… and I respect that decision. You saw, he came out with his family, his wife and his daughter, and it was very, very rough times. And you have to say : OK, am I more a distraction? Am I helping the party? Am I helping Québec? And it was a difficult period of time, and I respect his decision.

Journaliste : But does the report proved that he did nothing wrong?

M. Tanguay : The report proved that there's no evidence at all supporting these allegations, and I think that it's… it's worth mentioning.

Journaliste : Mr. Tanguay, Mr. Fournier could not answer the question : Did members of the Québec Liberal Party receive money to vote for a specific candidate in the leadership race? So, you're still at the same point here. Does that clear the water for Charles Milliard, who will become the next leader, this weekend, of your party?

M. Tanguay : Our next leader will have all the legitimacy in the world, and we will all be behind our new leader. And it's going to be a strong and renew leadership. And it has nothing to compare with… or to do with the allegations and what we lived for the last past few months. So, the next leader will be elected after a democratic process within the party. And we are looking forward to see him being with us on Sunday.

Journaliste : But you still got the… you know, the UPAC investigation going on. How worried are you that, you know, more…

M. Tanguay : Not worry, not worry, because as far as I know, we have nothing to be afraid of, nothing to complain about. We will cooperate with, for instance, the UPAC. We will wait for the end results of these inquiries. We… And we're confident that we did nothing wrong.

Journaliste : There was another report, yesterday, saying that acts of sexual violence are not being treated with the seriousness they deserve in Québec's school system. Are you shocked to hear this or…

M. Tanguay : Sure. And it's… it goes to the fact that we need to put in place the resources, the people, and make sure that, if there's any complaint, if there's any signal, we must act very quickly. And again, this is our… socially, this is our common obligation. And again, we have to do better, we have to be better. Merci beaucoup.

(Fin à 8 h 24)

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