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(Huit heures quarante-trois minutes)
M. Bérubé
: Bonjour,
tout le monde! Les tensions vives et palpables à l'intérieur du caucus de la
CAQ et du Conseil des ministres, les rivalités clairement affichées, les
malaises qu'on perçoit que n'importe qui peut percevoir qui se promène à
l'Assemblée nationale, ont nécessairement une incidence sur la conduite des
affaires de l'État. Je pense qu'il faut le dire, on est ici pour... pour
travailler, mais on sent que ce gouvernement est déchiré par des... des luttes
intestines et on n'a pas de raison de croire que ça va s'améliorer après le 12 avril
prochain.
Et c'est un peu un défi que je
lance aux deux candidats à la chefferie de nous indiquer déjà, monsieur
Drainville, si madame Fréchette remporte l'élection, est-ce que vous vous
engagez à être candidat dans Lévis quand même en 2026? Et la question se pose à
madame Fréchette également : Si Bernard Drainville devient chef de la CAQ et
premier ministre du Québec, est-ce que vous vous engagez à être candidate dans
Sanguinet, en 2026? Si ça vous intéresse, posez la question et attendez des
réponses. On a bien hâte de les entendre.
M. St-Pierre Plamondon
: Merci,
Pascal. Ce matin, je publie un texte qui porte sur un des sujets, là,
importants de la semaine, le programme du PEQ. Je réitère ce qu'on a déjà dit.
En fait, on a été le premier parti, il y a un an et demi, à s'engager à ce que
les travailleurs qui sont intégrés et qui parlent français soient ceux qui sont
sélectionnés en priorité pour les seuils permanents des prochaines années.
Donc, sans surprise, le Parti québécois accueille favorablement la demande à
l'effet que ceux à qui on a fait des promesses, les immigrants temporaires à
qui on a créé... auprès de qui on a créé des attentes légitimes de devenir
citoyens permanents via le PEQ, que ces personnes-là aient cette clause
grand-père, ce droit acquis de faire le processus. Ça a du sens aussi parce que
le PEQ, rappelons-le, là, les programmes de sélection du gouvernement du Québec,
c'est en fonction de besoins réels et spécifiques dans l'économie québécoise.
Donc, leur intégration au travail et à notre société n'est pas à démontrer.
Cependant, c'est important de nuancer qu'on
n'a pas pris d'engagement et on n'a pas fait de promesses auprès de tous les
immigrants temporaires sur le territoire. Il faut rappeler que le nombre
d'immigrants temporaires sur le territoire québécois, en sept ans, est
passé d'à peu près 100 000 à environ 600 000 et que cette
augmentation subite a eu des conséquences importantes sur une crise du
logement, en conséquence du déséquilibre entre le nombre de personnes et le
nombre de logements, donc des prix inabordables qui ont doublé, des loyers qui
ont augmenté, une génération qui n'aurait pas accès à la propriété si on ne
corrige pas puis on ne rééquilibre pas ce marché-là. Des conséquences
documentées sur le français. D'ailleurs, le Commissaire à la langue française a
indiqué que si on voulait franciser tous les temporaires au Québec, il qui en
coûterait 11 milliards. Je vous annonce qu'on n'a pas ce 11 milliards.
Et même chose pour les services. Donc, c'est une chose de dire : Le Québec
va maintenir et va tenir parole par rapport à des attentes, des promesses qui
ont été faites. Je suis le premier à être entièrement d'accord. On va même plus
loin, on va sélectionner des temporaires qui contribuent à l'économie
québécoise en priorité plutôt que d'aller à l'étranger. Donc, on vous invite à
lire les 97 pages de planification qu'on a déposées.
Maintenant, si la demande de certains
intervenants, dont les maires et mairesses, c'est d'étendre à tous les
temporaires un droit à accéder au PEQ et ainsi devenir résident permanent,
évidemment que là, il y a des enjeux importants, parce qu'on veut juste savoir
«OK, combien de personnes?» Selon le premier ministre, il s'agirait de 350 000 personnes
qui deviendraient résidents permanents via le PEQ ou, en tout cas, qui ont le
potentiel de le devenir. Le ministre de l'Immigration, lui, nous dit d'autres
choses, 250 000 à 300 000. Nous, dans l'opposition, on n'a pas dans
le détail ces chiffres-là, mais on pense que ça doit être clarifié de la part
des intervenants qui réclament des clauses grand-père. Des droits acquis, très
bien, mais auprès de qui? On veut le savoir. Et, à ce moment-là, on pourra
avoir une discussion sur qu'est-ce qui serait une planification raisonnable des
prochaines années.
Rappelons que l'immigration temporaire, ce
n'est pas de l'immigration permanente. J'ai été moi-même immigrant temporaire
dans six pays. J'ai été immigrant temporaire au Danemark avec un permis
d'études, en Suède, en Norvège, j'ai eu un permis de travail en Belgique, j'ai
eu un permis d'études en Angleterre et j'ai eu un permis de travail en Bolivie.
Et l'essence d'un permis de travail temporaire, c'est que c'est temporaire. Je
n'ai jamais pensé que, parce que j'étudiais au Danemark ou en Angleterre, je deviendrais
britannique ou danois. Et les immigrants temporaires sous les programmes
fédéraux ont été utilisés par Justin Trudeau pour contourner notre
planification de l'immigration et imposer au Québec des seuils beaucoup plus
élevés que notre capacité d'accueil. Rappelons que ces temporaires sous les
programmes fédéraux, la condition à leur permis temporaire, c'est de démontrer
qu'ils retourneront dans leur pays à la suite, à la terminaison du permis.
Donc, il faut distinguer, là, quand on
parle de promesse, c'est vrai qu'il y en a eu. Le gouvernement du Québec, sous
un gouvernement du Parti québécois, va tenir parole puis va être cohérent, mais
il ne faut pas non plus falsifier et appliquer la situation à tous les
temporaires sur le territoire, ce qui ne correspond pas à notre volonté de
rééquilibrer le marché de l'habitation, de sorte que la prochaine génération
puisse se payer une maison, et rééquilibrer la situation du français et des
services. Donc, je vous invite à lire ma lettre.
Et je termine simplement en disant que si
vous consultez les Québécois issus de l'immigration, les sondages récents
démontrent qu'eux-mêmes pensent qu'il faut réduire les seuils dans l'intérêt de
tout le monde. Donc, il ne faut pas distinguer... Lorsqu'on est issu de l'immigration
et qu'on devient Québécois, bien, on est Québécois, on est tous Québécois, et
nous avons tous intérêt, là-dedans, à trouver un équilibre dans le cadre
duquel, à la fin du mois, les gens sont capables de payer leur loyer. Et c'est
ce que propose le Parti québécois, tout en ayant une sensibilité, une
planification par région pour les industries qui ont de la difficulté au niveau
de la main-d'œuvre, c'est ce qu'on veut protéger. Je vous invite à consulter
les 97 pages qu'on a publiées là-dessus.
Journaliste : Est-ce que vous
êtes sensibles au discours des maires? Là, j'entendais à la radio Bruno
Marchand ce matin, qui disait que la mobilisation se poursuit. L'UMQ va faire
une... prépare une manifestation vendredi. Même, la Fédération québécoise des
municipalités dit que ça prend absolument les... les temporaires qui se sont
installé dans les régions éloignées, ils veulent les garder de façon
permanente, ils en ont besoin pour le tissu social de... de leur région.
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
il faut distinguer...
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon :
Bien, il faut distinguer parce qu'ils n'ont pas le même discours. Donc, la
Fédération québécoise des municipalités, je les ai rencontrés hier, leur
demande, c'est que ceux à qui on a fait des représentations puissent rester,
mais ils n'ont pas la prétention que tous les temporaires sur le territoire
peuvent désormais devenir résidents permanents via la voie rapide du PEQ, alors
que, pour l'UMQ, ce n'est pas clair. C'est pour ça qu'Alex Boissonneault, deux
jours de suite, demande simplement : Pouvez-vous nous dire combien de
personnes vous voulez rendre 19289permanentes.
Journaliste : ...c'est
19 000, à Québec.
M. St-Pierre Plamondon : Au
Québec, la question, c'est ça, hein?
Journaliste
: À Québec.
M. St-Pierre Plamondon :
Non, mais la question...
Journaliste
: À
Québec...
M. St-Pierre Plamondon :
Mais la... Si... C'est ça, mais, non, attention, si les villes... si un maire
vient à l'Assemblée nationale faire de la politique québécoise, la question se
pose à l'échelle du Québec, et se...
Journaliste : Non, mais il y
a répondu. Le maire de Québec a dit 19 000, est-ce que c'est trop ou ce
n'est pas assez?
M. St-Pierre Plamondon : 19 000
pour la ville de Québec, et, nous, notre question à l'ensemble des maires qui
se sont mobilisés... Et là, on me parle de faire des manifestations. Je pose la
question : Est-ce qu'on peut avoir la planification totale pour le Québec?
Parce que, selon le premier ministre lui-même, on parle de 350 000...
Journaliste
: ...C'est
M. Boissonneault, qui s'est adressé directement à ces maires-là, le maire
de Québec répond. Est-ce que c'est trop?
M. St-Pierre Plamondon :
Non, non, je suis désolé. On me répondra... Si on demande combien de personnes
visées par votre demande en termes de droits acquis... pour me répondre la
ville de Trois-Rivières seulement, je regrette, on ne répond pas à la question.
Journaliste : ...Québec, ils
ont besoin de 19 000. C'est trop ou ce n'est pas assez?
M. St-Pierre Plamondon : Je
vais répondre à toutes ces questions légitimes lorsque les maires...
Journaliste
: ...le
premier ministre.
M. St-Pierre Plamondon :
Exact. Et, clairement, on n'a pas...
Journaliste
: Est-ce
que c'est trop?
M. St-Pierre Plamondon :
Oui, on n'a pas cette capacité d'accueil, de régulariser et de rendre
permanents...
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon :
S'il vous plaît, laissez-moi répondre.
On n'a clairement pas la capacité
d'accueillir comme permanents les 600 000 temporaires, et, dans le
cas de ce que le premier ministre dit, les 350 000 personnes éligibles
à appliquer au PEQ. Et si on fait ça, ça veut dire qu'on pérennise la crise du
logement puis qu'on accepte que la prochaine génération n'aura jamais les
moyens de se payer une propriété. On accepte un recul du français, parce que
c'est le Commissaire à la langue française qui a dit qu'il en coûterait
11 milliards pour franciser tout le monde. On n'a pas cet argent-là puis
on accepte les difficultés qu'on a dans les services.
Donc, ce que le Parti québécois dit,
c'est, sans être contre l'immigration, et sans réduire à zéro l'immigration
temporaire, on était à 100 000, est-ce qu'on peut revenir autour de
300 000, au lieu d'être à 600 000, de sorte que le marché de
l'immobilier se rééquilibre? Puis on va protéger les industries plus fragiles
sur le plan de la main-d'œuvre. On a un plan de 97 pages, on a hâte de
lire... on a hâte de lire le plan détaillé de ceux qui demandent des clauses de
droits acquis, qu'on clarifie auprès de qui et dans quel programme. Il y a le
programme fédéral, il y a des demandeurs d'asile, il y a toutes sortes de
catégories. C'est compliqué. Quand on aura lu la demande puis qu'on l'aura
comprise, ça va nous faire plaisir de commenter et de répondre.
Journaliste : M. Paul
St-Pierre Plamondon, même la FQM dit, là, là je cite leur lettre ouverte qui
ont publié la semaine dernière, qu'il faut : «démontrer un véritable
leadership face au défi démographique, plutôt que de s'enfermer dans des
politiques populaires dans l'immédiat, mais fondées sur la méfiance et le
ressentiment.» Est-ce que vous êtes d'accord...
M. St-Pierre Plamondon : Il
n'y a aucune méfiance et aucun ressentiment, il y a une crise du logement qui a
été créée de toutes pièces par des politiques imposées au Québec, des
politiques d'immigration temporaires qui ont créé une crise du logement. Même
les fonctionnaires fédéraux de Justin Trudeau l'avaient averti avant de
procéder : Ne faites pas ça, vous allez créer une crise du logement. Ils
l'ont fait pareil. Donc, jamais...
Des voix : ...
M. St-Pierre Plamondon :
Non, mais jamais... Parce que je veux dire, les procès d'intention, j'en ai
déjà parlé... jamais vous allez entendre parler le Parti québécois en
dévalorisant le parcours de la personne qui immigre. Puis on va plus loin que
ce qui est demandé, parce que, nous, on dit : Bien, évidemment qu'on va
puiser parmi ceux qui se sont intégrés, puis ça nous fait plaisir, mais on ne
m'empêchera pas d'avoir une discussion sur le fait que de passer de
100 000 à 600 000 sur le territoire a eu de graves conséquences pour
des millions de personnes sur leur plan des finances personnelles, des
familles, de la difficulté à payer le loyer à la fin du mois, puis le recul du
français, puis des difficultés dans les services. On ne m'empêchera pas d'avoir
cette discussion-là.
Journaliste : ...personnes
qui vont pouvoir postuler au PEQ. Ce n'est pas 350 000 personnes qui
vont pouvoir...
M. St-Pierre Plamondon : C'est
la prétention du premier ministre.
Journaliste
: Vous avez
repris cette prétention...
M. St-Pierre Plamondon : Je
viens de le reprendre, et celle du ministre de l'Immigration qui, lui, parle de
250 000 à 300 000. Et eux ont accès aux chiffres. J'ai mis tout ce
qu'il y a sur la table qui a été dit par le gouvernement qui possède les chiffres.
Mais, clairement, si on dit : Tous les temporaires qui étaient sur le
territoire peuvent appliquer au PEQ, qu'on ne me dise pas qu'il s'agit
seulement de 20 000 personnes. Ça aussi, c'est de l'information
inexacte. Est-ce que vous en convenez?
Journaliste : Le point, c'est
que le PEQ... Le PEQ est un programme extrêmement restrictif, c'est-à-dire,
c'est limité, là, la quantité de personnes qui peuvent...
M. St-Pierre Plamondon :
Non, pas tant.
Journaliste : ...Il y a des
critères extrêmement restrictifs, là.
M. St-Pierre Plamondon :
Il ya des critères, mais...
Journaliste
: On ne
peut pas dire que c'est 350 000 personnes qui sont admissibles à
postuler au PEQ.
M. St-Pierre Plamondon : Qui
sont éligibles, 350 000. Puis ensuite... C'est-à-dire qu'il y a
350 000 personnes...
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon :
Oui, ça ne veut pas dire qu'ils vont être reçus. Donc, la différence entre
éligible et admissible, c'est que tu peux appliquer puis être juste refusé
parce que tu ne remplis pas les critères. Donc, maintenant, combien de
personnes sont admissibles? C'est pour ça qu'on dit : Est-ce qu'on peut
s'entendre sur les chiffres de combien de personnes il s'agit? Mais lorsque...
Puis je comprends que vous dites... vous avez raison de dire que le premier
ministre, s'il dit que c'est 350 000 personnes qui vont être reçues
au PEQ, c'est probablement faux. Mais lorsqu'on prétend, dans ce que j'ai lu,
là, de lettres ouvertes et d'interventions, qu'il ne s'agit que de
20 000 personnes qui sont admissibles au PEQ, ça aussi, c'est faux.
Journaliste
: ...bon
an, mal an, c'est à peu près entre 10 000et 20 000. Pourquoi
ce serait faux?
M. St-Pierre Plamondon :
Parce que le jour où on dit à tout le monde du PMI, les demandeurs d'asile et
les autres catégories sur le territoire, ils sont quand même 600 000 au total :
Si vous voulez devenir résidents permanents, appliquez au PEQ, il y a plus que
20 000 personnes qui vont se qualifier.
Journaliste
: ...ils ne
remplissent pas les critères.
Journaliste
: Les
critères ne changent pas, ils ne remplissent pas les critères.
Journaliste
: Ils ne
remplissent pas les critères du tout...
M. St-Pierre Plamondon : Mais
pas tous, pas tous, mais ne me dites pas que sur 350 000... attention, ne
me dites pas que, sur 350 000 personnes éligibles, seulement
20 000 personnes sont admissibles. Ce n'est pas vrai, ça.
Journaliste
: Mais on
se fie ait aux tendances des dernières années...
M. St-Pierre Plamondon : Oui,
mais c'est une erreur, mais c'est une erreur, parce que c'est sur une base
annuelle et non pas sur la base de ceux qui ont compris que le programme
disparaît et que tout le monde qui veut exercer cette clause grand-père là a
une dernière chance de devenir résident permanent. Donc, si...
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon :
...bien, je vais l'expliquer. Si... à moins que vous ne vouliez pas mon
explication.
Journaliste
: Allez-y.
M. St-Pierre Plamondon : On
ne peut pas prendre l'historique de combien de personnes s'est qualifié au PEQ,
dans les dernières années, et conclure que la proposition que j'ai entendue de
la part de Christine Fréchette ne vise que 20 000 personnes.
Pourquoi? Parce que si 350 000 personnes sont éligibles, pas
admissibles, mais vont pouvoir tenter leur chance pour devenir résident
permanent. Il y en a pas mal plus que 20 000, parmi ceux-là, qui
remplissent les critères du PEQ, c'est-à-dire une maîtrise du français, puis deux
ans d'expérience de travail. La difficulté...
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon :
Bien, je veux dire, à l'évidence, le nombre de PMI qui travaillent... Combien
il y a de PMI, en ce moment, sur le territoire? Des centaines... des centaines
de milles, là. Sur le nombre de PMI sur le territoire, il y en a qui parlent
français puis il y en a qui travaillent.
Journaliste
: C'est
plus que 20 000,
M. St-Pierre Plamondon :
C'est pour ça que je pose la question aux intervenants de combien...
Journaliste : ...parce que
votre propos, c'est de dire : On ne les a pas, les chiffres, on ne le sait
pas...
M. St-Pierre Plamondon : En
toute vraisemblance, c'est plus que 20 000, en toute logique.
Journaliste
:
Considérant cela, puisqu'on n'a pas les chiffres comme vous le dites, comment
vous, vous savez que c'est plus que 20 000? J'ai du mal à vous suivre.
M. St-Pierre Plamondon :
Bien, c'est-à-dire que je... d'autres affirment, avec certitude, que c'est
20 000, et j'en doute fortement.
Journaliste
: Bien,
c'est parce qu'ils se basent sur les chiffres qu'on a pour les années passées.
M. St-Pierre Plamondon :
Bien, c'est une erreur, c'est une erreur parce que c'est une confusion entre...
Journaliste
: Donc, si
c'est une erreur de tirer la conclusion que ce serait plus, sans l'avoir, le
chiffre, tu sais, dans ce cas-là, tout est une erreur, vous comprenez ce que je
veux dire?
M. St-Pierre Plamondon : Non,
non, je ne comprends pas. Moi, j'affirme... je n'affirme pas un chiffre avec
certitude. Les intervenants qui veulent une clause grand-père, pour tout le
monde, affirment un chiffre avec certitude, celui de 20 000. Je vous dis,
c'est très invraisemblable que seulement 20 000 personnes, à travers
les PMI, les programmes du gouvernement du Québec puis les demandeurs d'asile,
que seulement 20 000 personnes soient admissibles au PEQ, ça me
semble très invraisemblable. Et je demande...
Journaliste
: ...donc
là, vous dites, ce serait plus que 20 000, c'est une hypothèse que vous
formulez, parce que le chiffre, on ne l'a pas, donc, on... Là, je vous
comprends bien?
M. St-Pierre Plamondon :
C'est pour ça que je demande au... au gouvernement, mais aux intervenants qui
demandent ça, là : Avez-vous une estimation spécifique? Mais je vous
promets que c'est plus que 20 000, simplement, par examen logique de
combien de PMI sont sur le territoire, ça implique qu'ils travaillent puis
probablement qu'ils parlent français. Puis combien de gens sont issus du
programme québécois? Parce que nous, on estime déjà à 40 000 le nombre de
personnes qui ont été sollicitées par le gouvernement du Québec et qui sont sur
le territoire.
Donc, le chiffre de 20 000, je vous
le dis, est très invraisemblable, mais, vous avez raison, tant qu'on n'aura pas
eu un chiffre précis et fiable, c'est difficile de débattre. C'était le début
de mon propos, là.
Journaliste
: Est-ce
que le rapport Fournier absout Pablo Rodriguez?
M. St-Pierre Plamondon : Tu
veux répondre.
M.
Bérubé
:
...puis ces questions-là, ce n'est pas d'hier que je suis ça, là. C'est un
rapport interne. Je vais citer l'enquêteur : «Il est un chien de chasse
édenté.» Alors, c'est un premier élément, mais il y en a bien d'autres. Il y a
l'UPAC. Directeur général des élections, commissaire — je cherche le
nom, là, j'ai un blanc — la commissaire également à l'éthique. Alors,
attendons d'avoir tout le tableau...
Journaliste
: Mme
Mignolet.
M.
Bérubé
:
...Mme Mignolet, Me Mignolet. Donc, attendons d'avoir le tableau au complet.
Mais cette phrase-là, à elle seule, où il dit : «Je suis un chien de
chasse édenté», c'est comme lui-même qui s'est autoproclamé comme ça. Il
indique qu'il ne peut pas dire si c'est un montage, mais il ne peut pas dire
que ce n'est pas un montage, alors, en attente des prochaines étapes et des
prochaines enquêtes.
Journaliste
: Mais ça
ne vaut rien...
M.
Bérubé
: Ce
n'est pas ce que je dis. J'ai dit qu'il y a d'autres surprises à venir,
probablement, d'autres rapports à venir. On n'en sait rien, mais on sait que
les enquêtes existent.
Journaliste
: Est-ce
que le Québec a fait une bonne entente avec les médecins?
M. St-Pierre Plamondon : À
l'évidence, c'est assez catastrophique. Donc, d'une part, le gouvernement du
Québec a la responsabilité de ce qui s'est produit, parce que, sciemment, il a
décidé de créer un clivage puis un affrontement dans une négociation qui aurait
pu partir sur des bases beaucoup plus constructives. Une fois que le feu a été
pris, ils ont réalisé qu'en fait tout le monde voyait clair dans leur démarche.
Il n'avait pas l'appui de personne puis, à la fin, le premier ministre du
Québec a tassé Christian Dubé puis il a capitulé sur toute la ligne, de sorte
que ça va nous coûter une fortune sans aucune avancée sur la prise en charge
des patients. Donc, poser la question, c'est y répondre. C'est un dénouement
assez surprenant et dommageable pour la suite des choses, parce qu'on n'a... on
n'a pas obtenu de... Tu sais, le mode par... par capitation, il est... par
capitation, il est facultatif. On n'a pas non plus de prise en charge ferme.
Donc, quel impact pour le patient? Très faible, mais quel impact sur les
finances publiques? Je redoute fortement que ça va nous coûter très cher dans
un environnement où, malheureusement, la dette, le déficit à chaque exercice,
depuis quelque temps, malheureusement, est beaucoup trop élevé.
Journaliste
: ...M.
Bérubé, j'ai une réponse pour vous. J'ai vérifié. La question a été posée à M.
Drainville...
M.
Bérubé
: De
la même façon que je l'ai posée.
Journaliste
:
...vendredi dernier, aux Mordus, est-ce qu'il va rester même s'il perd la
course à la chefferie? Il a répondu oui. Est-ce que vous le croyez?
M.
Bérubé
: Je
prends... je prends sa parole, mais j'aimerais avoir la réponse de Christine
Fréchette aussi.
Journaliste
: Donc,
vous le croyez?
M.
Bérubé
: Je
prends sa parole.
Des voix : ...
M.
Bérubé
:
...il nous a déjà dit aussi... il nous a déjà dit aussi qu'il était en
politique pour l'indépendance, mais ça, c'est Bernard.
Journaliste
: Juste...
juste terminer sur les libéraux, s'il vous plaît, parce que je n'avais pas...
je n'avais pas terminé. Bien, le... dans son rapport, M. Fournier dit qu'il n'y
a rien qui démontre que Pablo Rodriguez a... était au courant d'échange
d'argent, par exemple, ou de problème dans les levées de fonds entourant sa
campagne. Est-ce que c'est suffisant, à votre avis, pour nettoyer la réputation
de Pablo Rodriguez? Est-ce qu'il a été, M. Rodriguez, injustement traité?
M. St-Pierre Plamondon :
Bien, si vraiment les... le Parti libéral du Québec considère qu'il a été
injustement traité, on a hâte de lui redonner son poste, qu'on lui redonne son
poste de chef du Parti libéral. Ça n'arrivera pas, parce qu'il y a d'autres
enquêtes avec pas mal plus de moyens que ce que le juge Grenier lui-même a dit,
là, c'est-à-dire qu'il était édenté... Fournier... Grenier... pardon. Grenier,
c'est... Donc, le juge Fournier lui-même, il dit : Moi, je n'avais pas les
outils pour travailler, mais croyez-moi que l'UPAC aura les outils pour
travailler. Et, si l'UPAC s'intéresse à ce qui s'est passé, c'est qu'il y a des
chances qu'on apprenne d'autres choses qu'il y ait assez de matériel, là, pour
qu'on prenne un peu de temps avant de prendre la version de M. Rodriguez pour
de l'argent comptant.
Journaliste
: Je veux
juste revenir sur le... sur le PEQ une seconde. Vous dites que, bon, c'est
la... au Québec, cette immigration temporaire est l'une des causes, là,
principales, si je vous entends, à la crise du logement. Les maires vous
répondent, dont le maire Marchand, que oui, mais, si on retire ces gens-là,
qu'il n'y a plus personne qui va nous servir dans les cafés à Québec, après ça,
il va y avoir... manqué de monde dans les RPA, les services dans les... dans
les industries. Qu'est-ce que vous lui répondez?
M. St-Pierre Plamondon :
Bien, je lui répondrais simplement que le taux de chômage est à plus de
5 % en ce moment. Et, chez les jeunes, le taux de... de chômage a frôlé
cet automne les 15 %.
Journaliste
: À Québec?
M. St-Pierre Plamondon : Au
Québec.
Journaliste
: Oui, mais
à Québec.
M. St-Pierre Plamondon : La
mobilité de la main-d'œuvre au Québec est totale, là, quelqu'un de
Trois-Rivières peut aller travailler à Québec.
Journaliste
: Là, vous
avez lu dans le... un des endroits au Canada où ça va le mieux, c'est à Québec
en ce moment.
M. St-Pierre Plamondon : Oui,
mais demeure que vous me posez la question : Qui va me...
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon : Vous
me posez la question de Bruno Marchand : Qui va servir les cafés?
Premièrement, je pense que c'est une compréhension de la macroéconomie, là, qui
pose problème, parce que, si on ajuste le nombre de temporaires, la demande
s'ajuste en même temps que l'offre de travail. Ça va ensemble. Mais surtout, si
tu as un taux de chômage qui frôlait les 15 % récemment chez les jeunes, bien,
qu'on emploie des jeunes dans... dans ces cafés puis qu'on donne une chance à
ces jeunes, parce que, l'été dernier, ça a été un sujet, rappelez-vous,
plusieurs jeunes ne trouvaient pas d'emploi, puis les emplois qui sont
typiquement...
Des voix : ...
M. St-Pierre Plamondon : Les
emplois qui sont typiquement...
Journaliste
: ...partir
deux semaines en vacances avec leurs parents, s'ils ne veulent pas travailler
les week-ends...
M. St-Pierre Plamondon :
Bien, ça, il n'y a pas d'études en ce sens-là, mais je vous dis que, s'il y a
des besoins économiques, il y a un taux de chômage qui permet de les combler,
puis il y a des jeunes qui ont eu un taux de chômage anormalement élevé, qui
vont être bien contents de travailler aux conditions de chaque emploi.
Journaliste
: ...Liberals, what did you
think of that? And was it totally useless?
M. St-Pierre
Plamondon : The what?
Journaliste
: The report into the Liberals.
M. St-Pierre
Plamondon : Well, I think… I think he's pretty
honest. Juge Grenier explains…
M.
Bérubé
: Fournier, Fournier.
M. St-Pierre
Plamondon : Did I say Grenier once again? I'm…
there's something about…
Journaliste
: …
M. St-Pierre
Plamondon : There's something about juge
Grenier in Option Canada that just sticks to my mind, I don't know why. What's
happening?
Journaliste
:
…
M. St-Pierre Plamondon :
Juge... Let me take this from the start. So… so, Justice
Fournier says very honestly : I didn't have the means to work correctly, I
cannot tell you specifically whether this information is accurate or not. There
seems to be some part of the text messages that have been cut off. Doesn't mean
that the parts that we've seen are not true. And at the end, he's basically
explaining, I didn't have the means, I didn't have the tools to really answer
those questions. But let me tell you one thing, UPAC does… do have those… have
those tools, they do have those tools.
And so, before we
conclude to anything, and I saw the Liberal Party of Québec jumping on that
report, saying it means that the information in the text messages are not true.
I believe that the sources before a media in Québec publish, the sources are
solid, and I wouldn't buy the argument that it means that it's not true. And
there are other inquiries going on that are very serious. If UPAC is
interested, it's because there's potential... there's a potential criminal
activity. So, before we conclude anything, let's salute the honesty of justice
Fournier, and let's wait for other inquiries to tell us what really happened
here, but I doubt that there's just nothing.
Journaliste :
And how does this report make you feel
about the resignation of Pablo Rodriguez?
M. St-Pierre
Plamondon :
Well,
I think if really the Liberals believe that Pablo Rodriguez was sacrificed
based on false information, while they could reinstate him as a leader of the
party Liberal Québec. So, let's wait for that. It's not going to happen, and
that's because there's probably much more to it than what we know right now.
So, let's wait for the UPAC and other inquiries to give us the real picture.
Journaliste :
On Monday, the commission… the Commission Gallant will reveal its report.
The PQ and the Québec Liberal Party have been like negotiating to get in the
«huis clos». How pivotal it is for opposition parties to know exactly what's in
this report, that it's on the cost overruns of the digital transformation of
the Québec's auto insurance war?
M. St-Pierre
Plamondon :
Well,
it's just the basic principle of transparency and democracy. So, if there's a
report paid by public funds so that we all understand why we wasted that much
money, of course, all parties should be part of that process. And if we're not,
what does it mean in terms of what's in there and why we don't have access? So,
I, expect every party to have access.
Journaliste :
And what's the importance of this
report preview as the leader of the Parti québécois?
M. St-Pierre
Plamondon :
The
amount of money involved is so important in a context where we failed to fund
correctly many fundamental missions of the Québec state. There's so many money…
so much money involved, we need to understand how we did get there and how it
can be corrected for an upcoming government that is to replace the current
government. If we… if we didn't achieve that with all the cost and the time
involved, it's very disappointing. So, we hope to have an idea of what can be
done differently after that report.
Journaliste :
If you qualify yourself as the
government in waiting, you have a lot of pressure to improve things in such a
short amount of time.
M. St-Pierre
Plamondon :
Yes,
and it's a lot of pressure because the model is unsustainable. The deficit is
too important while the services are not at level, and part of the reason is
those wastes of money, but also those grants, hundreds of millions given to all
sorts of companies based on what Pierre Fitzgibbon thought, and then we
realized that he's actually the counsel for those companies that are benefiting
from their own changes in the laws. It's not normal. So, there's a lot of work
to be done to restore the situation. Yes, it's an important challenge, and my
only response as of today is to bring the most clever and solid people possible
for that task, and we'll see what awaits if the population chooses us.
Journaliste :
There was another report about acts of
sexual violence in schools not being taken seriously. Is this a sign that
teachers are overworked, or what is this a sign of in the school system?
M. Bérubé :
Well, it's a serious matter. Any kind
of violence, sexual violence or violence against the teacher or for the student
against themselves? It's a serious matter. And I feel that since Bernard's
review asked for a plan, the only thing that we have is now, in French, you
have to say «vous». It's not enough. People feel in danger, a lot of the staff
of the school in Québec, that's what they told us last December, and we need to
make sure that everybody feels safe : students, teacher, the personal of
schools. It's a major a matter now of violence in schools, and I pretty sure
that is going to be a good 991 thing
if Minister Sonia LeBel puts
this first in the next few months, until the end of her mandate. It's a serious
matter, and everyone is touched by those... by those matters.
Journaliste
: Mr. Bérubé, just, lastly, on the... on the Justice Fournier, if you
could just do the...the dog analogy...
M.
Bérubé
: Tooth or teeth?
Journaliste
: Toothless.
Journaliste
: Toothless watchdog.
M. Bérubé :
Toothless, that's good. OK. Well, he's
a toothless hunt dog.
Journaliste
: Almost. Hunt?
M.
Bérubé
: Hunt.
Journaliste
: Watchdog.
M.
Bérubé
: Watchdog.
M. St-Pierre
Plamondon :
I'm
going to take that back... You wanted on record, so I think Justice Fournier is
very honest by saying that he didn't have the tools to do that task. He's a
toothless watchdog, and he said it, as such.
Journaliste
:
Cut!
M. St-Pierre Plamondon :
Coupez!
(Fin à 9 h 11)