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(Dix heures trente-trois minutes)
M. Paradis : Bonjour à toutes
et à tous. Alors, ce matin, les Québécoises et les Québécois ont raison d'être
choqués par les révélations du rapport du commissaire Gallant, hier, sur le
scandale SAAQclic. Il s'est... il est maintenant avéré, compte tenu des
conclusions factuelles du rapport, que non seulement du côté de la SAAQ il y a
eu des informations qui ont été cachées, qu'il y a des choses qui n'ont pas été
révélées, qu'il y a une culture du mensonge, mais que ça a été la même chose du
côté du gouvernement et que des ministres du cabinet avaient l'information,
contrairement à ce qu'ils affirment et continuent encore d'affirmer
aujourd'hui, ils avaient l'information et ils auraient pu agir pour arrêter
l'hémorragie. Donc, ils savaient qu'il y avait des dépassements de coûts très
importants, ils savaient qu'il y avait un dérapage dans le projet.
Permettez-moi aujourd'hui de prendre
quelques minutes pour citer des passages du rapport Gallant parce que c'est
important de voir ce qu'il dit. Alors, il n'est pas en train de dire que peut-être
ils l'ont su, peut-être ils ne l'ont pas su puis... On n'est plus là dans les
peut-être, on est dans les conclusions de faits du juge Gallant, du commissaire
Gallant après les dizaines, les centaines d'heures d'auditions.
Voici ce qu'il écrit lui-même en ce qui
concerne l'époque 2020-2021, je le cite : «En février 2021, la
direction de la SAAQ a rencontré le ministre des Transports, François
Bonnardel, et lui a exposé clairement que le budget de développement du
programme ne se limitait pas à un contrat de 458 millions, mais comprenait
des coûts internes qui portaient le coût d'implantation de la suite de PGI à
682 millions.» Fin de la citation.
Un peu plus loin, je suis à la page 492
du rapport : «En septembre 2021, le cabinet de François Bonnardel
avait alerté le cabinet d'Éric Caire au sujet de la problématique des coûts du
programme CASA.» C'est toujours une citation directe.
Ensuite, le rapport plus loin, je ne le
citerai pas, mais le rapport indique qu'en janvier 2022 le ministère des
Finances du Québec a reçu de la SAAQ un document indiquant que les
investissements dans le programme CASA étaient passés de 376 millions à
682 millions. C'est une conclusion factuelle. Les Finances savaient, évidemment,
il fallait faire des chèques. On a fait des chèques pour un demi-milliard de
plus que ce qui était prévu dans le contrat.
Et ensuite? Et ensuite, je cite toujours
le rapport à la page 402. Maintenant, on est en 2023, en juin 2023. Voici
ce que conclut la commission : «La commission retient que la stratégie
contractuelle visant la conclusion du deuxième avenant — celui qui a
fait exploser les coûts — a bel et bien fait l'objet de discussions
avec la ministre Geneviève Guilbault lors de la rencontre du 20 juin 2023.
Rien n'indique qu'à ce moment-là la SAAQ cache quoi que ce soit au gouvernement
à cet égard.» Et, plus loin, il dit : «La commission ne retient pas le
témoignage alambiqué de Geneviève Cantin, qui est la directrice de cabinet de
la ministre Geneviève Guilbault.» Plus loin, toujours à la page 402 ,
le commissaire dit que les faits permettent de conclure que la... que la
secrétaire générale du gouvernement, Dominique Savoie, est informée en toute
transparence de l'existence des deux avenants au mois de juillet 2023. Et,
plus loin, je cite, dans le texte : «Les informations portant sur la
situation financière du programme, à ce moment-là, se rendent donc au cabinet
du premier ministre au mois d'août 2023.»
Et, pendant ce temps-là et depuis ce temps-là,
le premier ministre du Québec et les ministres concernés continuent à dire :
Nous n'avions pas l'information, on nous l'a caché, on nous a menti. Alors, ce
n'était pas vrai. Voici les conclusions accablantes, dévastatrices du rapport
Gallant. Et c'est important de le mentionner, parce que je sais qu'on se
concentre sur la partie SAAQ qui est importante aussi, et il y a beaucoup de
recommandations pertinentes qui rejoignent les nôtres dans le rapport Gallant,
mais ne commettez pas l'erreur qu'on a commise au moment des conclusions du
rapport Charbonneau, où on a complètement éludé la question de la
responsabilité ministérielle, parce que c'est une question essentielle pour
l'avenir de ce genre de contrat là au Québec.
M. St-Pierre Plamondon : Merci,
Pascal. Donc, vous comprendrez que, le rapport étant très, très clair, se posent
des questions importantes pour la suite. Je joins ma voix à celle de Pascal
Paradis, c'est un rapport dévastateur pour le gouvernement lorsqu'on lit exactement
l'ensemble du rapport et pas juste le résumé. Et c'est essentiellement un
gouvernementqui à partir 19289de
2021-2022 n'agit pas, et ça a coûté aux Québécois des centaines de millions de
dollars, cette négligence-là. Donc, à la lumière de ce qui est conclu, au moins
pour Geneviève Guilbault, François Bonnardel, le cabinet du premier ministre se
pose des questions pour les aspirants premiers ministres dans une course à la
direction de la CAQ, que ce soit pour Christine Fréchette ou Bernard
Drainville, il me semble qu'il y a une question fondamentale à poser :
Est-ce qu'ils sont prêts, advenant leur victoire, à reprendre Geneviève
Guilbault dans un Conseil des ministres? Est-ce qu'à leur avis, à la lumière de
ce qu'on apprend sur la négligence de François Bonnardel, est-ce qu'à leur
avis, ils devraient être candidats lors des prochaines élections? Et comment
expliquer, ce matin, qu'il soit côte à côte avec Christine Fréchette pour un
point de presse sur le troisième lien? Donc, se posent des questions très
sérieuses, là, et la réponse, c'est oui ou non. Puis un aspirant ou une
aspirante première ministre, vu la gravité, c'est-à-dire 1,2 milliard de
dollars gaspillés par négligence, certes, de la CAQ, mais aussi par négligence
et mensonge intentionnel de plusieurs membres de ce gouvernement. On veut des
réponses. Est-ce que les personnes visées de manière très précise dans le
rapport vont continuer comme ministres et comme candidats comme si de rien
n'était? Le point de presse de ce matin, Christine Fréchette, semble indiquer
que tout va bien à la CAQ et que François Bonnardel, lui, a des plans pour la
suite, comme si de rien n'était.
Sur un autre ordre d'idée, je veux
souhaiter la bienvenue au nouveau chef du Parti libéral, Charles Milliard.
Donc, ce sera, je comprends son premier point... son premier point de presse ce
matin, et lui et moi, comme vous le savez, on a quand même des visions assez
différentes de l'avenir du Québec. Et donc je l'invite à débattre, on a hâte de
débattre avec civilité. Et un premier point de presse, quand on est chef
extra-parlementaire, moi, j'ai des souvenirs assez précis, là, on est en 2020,
ça fait six ans de ça, à quel point c'est imposant comme environnement, à quel
point c'est un tout autre exercice que de faire campagne auprès de ses membres,
j'ai aussi un souvenir précis de ma première élection partielle, celle dans
Marie-Victorin, qui, vous vous en souvenez, n'a pas donné le résultat que
j'espérais à l'époque. Je vous mentionne ça notamment parce qu'il y a un test
pour Charles Milliard à très court terme. Donc, il a complété une course à la
chefferie qui est, finalement, un couronnement. Et, à ma connaissance, il est
allé à Chicoutimi une seule fois depuis le début de l'année, et c'est bel et
bien un test électoral pour Charles Milliard lundi prochain dans Chicoutimi, à
savoir est ce qu'il y a... On parlait... vous souvenez-vous de l'effet Pablo au
début, lorsqu'il a été nommé? Est-ce qu'il y a un effet Milliard? Et est-ce
qu'il s'occupe des régions en allant lui-même faire campagne et entendre ce que
les électeurs ont à dire? Je pense que c'est un test important pour le Parti
libéral du Québec, et je lui souhaite donc bonne chance dans cette partielle et
un bon premier point de presse ce matin. J'ai très hâte de débattre avec lui, à
Chicoutimi comme à Québec.
Journaliste : ...satisfait du
rapport Gallant, là, l'an dernier, vous demandiez à M. Gallant de se récuser en
raison de ses liens avec Mme Lebel. Est-ce que pour vous, c'est un rapport qui
est honnête?
M. St-Pierre Plamondon : Factuellement,
c'est un rapport qui est honnête. Sur le plan des conclusions, on semble
comprendre qu'on infère des conclusions plus facilement lorsqu'il s'agit de
SAAQclic que lorsqu'il s'agit des élus, parce qu'essentiellement, il y a deux
phases à ce fiasco-là. Il y a SAAQclic qui ment au gouvernement. Jusqu'en 2021,
il n'y a pas d'indice, selon le commissaire, puis... la SAAQ, pardon. Donc, la
SAAQ est responsable, jusqu'en 2021, d'un dérapage, mais on aurait pu juguler,
là, on aurait pu arrêter ce gaspillage-là. Mais, une fois que l'information est
entre les mains du gouvernement, également il y a du mensonge puis de la
dissimulation.
Dans le cas du mensonge et de la
dissimulation de la SAAQ, les conclusions sont assez sévères, on tire des
inférences. Dans le cas des mensonges et de la dissimulation du gouvernement
qui, factuellement, ne font aucun doute quand on lit le rapport au complet. Je
trouve qu'on... on a quand même des conclusions qui sont plus diffuses ou
timides.
Journaliste
: Vous
pensez que M. Gallant a fait exprès pour préserver le gouvernement?
M. St-Pierre Plamondon : Ce
n'est pas à moi de tirer des conclusions sur ce que le juge Gallant a fait ou
n'a pas fait. Je vous dis simplement que, sur le plan des faits, des constats
factuels, ça me semble être un rapport qui est parfaitement honnête. Et le
rapport, mon collègue Pascal Paradis vient de citer plusieurs extraits, il est
accablant et très sévère sur une volonté intentionnelle de cacher et mentir de
la part de plusieurs membres du gouvernement. Et si on n'avait pas menti et
caché l'information à partir de 2021 et de manière encore plus claire à partir
de 2023, bien, c'est plusieurs centaines de millions de dollars qu'on a pu...
qu'on aurait pu sauver dans ce fiasco-là. Donc, il me semble que les deux
parties de l'équation doivent être nommées pour ce qu'elles sont. Dans les deux
cas, on a dissimulé et menti, et l'ensemble de ce comportement nous amène à une
facture de 1,2 milliard pour les contribuables québécois. C'est absolument
inacceptable.
Journaliste : ...qui font que
le jugement est moins sévère sur les ministres, pour vous, c'est l'attitude du
juge Gallant, par rapport aux ministres, qui fait qu'il est moins sévère sur...
M. St-Pierre Plamondon : Je
n'ai pas dit ça. Puis mon rôle, ce n'est pas de tirer des conclusions sur le
pourquoi. Je fais simplement le constat qu'en fait on a des menteries puis de
la dissimulation de la SAAQ, puis ensuite des menteries et de la dissimulation
du politique. Et, à mon avis, ça devrait être des conclusions assez sévères
dans les deux cas parce que les deux participent pleinement à ce fiasco, à
cette facture de 1,2 milliard.
Journaliste : Mais donc les
mots, par exemple «mensonge» ou «hypocrisie», qui sont utilisés pour la SAAQ
auraient pu, selon vous, être utilisés pour le gouvernement aussi?
M. St-Pierre Plamondon : À la
lecture de ce que Pascal Paradis vient de souligner dans le rapport, il n'y a
aucun doute que ces mots-là pourraient être utilisés. Mais vous comprenez qu'en
même temps le bon côté, c'est que, factuellement, le rapport me semble béton,
de sorte que, bon, on s'occupera de faire ce travail-là à l'évidence, là,
c'est-à-dire que c'était du mensonge et de l'hypocrisie du politique qui a eu
des conséquences épouvantables sur le plan financier.
M. Paradis : Et, si vous me
permettez, en réponse aussi à cette question, notez ce que le premier ministre
du Québec a dit hier et notez surtout ce qu'il n'a pas dit. Donc, il insiste très
fortement sur le fait que jamais son gouvernement n'a été avisé qu'on était
rendu à 1,1 milliard, ce qui est vrai à la lecture du rapport, mais là,
soudainement, il ne dit plus que son gouvernement n'avait jamais été informé du
dérapage et des dépassements de coûts, ce qu'il ne peut plus faire parce qu'il
serait contredit sur ce qu'il a dit depuis deux ans par les conclusions
factuelles du rapport. Ça, c'est très important. Il a tenté hier, encore une
fois, là, de commencer à faire... à mélanger les gens avec des chiffres en
disant : Oui, mais nous, quand on est arrivé, c'était déjà rendu en haut
de là, de 600 millions, donc, là, on... quand on nous parlait de
682 millions. Je suis désolé, ce n'est pas vrai. Les passages que je viens
de vous dire indiquent clairement que les ministres et que le gouvernement, y
compris son cabinet, étaient avisés qu'on était passé de 458 millions à au
moins 682 millions. Donc, on continue, dans la ligne, malheureusement,
de... bien, en fait, qui n'est pas vrai.
Des voix : ...
M. St-Pierre Plamondon : ...vous
ajouter quelque chose qu'il me semble assez troublant. Parce que, là, on va
nous dire : Bien, ça, c'est de l'histoire ancienne. C'est
1,2 milliard de dollars. C'est de l'histoire ancienne, le premier
ministre a décidé qu'il ne continuait plus, etc. Mais vous noterez ce matin que
François Bonnardel, qui est visé très, très explicitement dans le rapport, est
côte à côte avec Christine Fréchette pour la suite de la CAQ, comme si de rien
n'était, comme s'il n'y a aucune responsabilité ministérielle. Il était
ministre des Transports entre 2018 et 2022, je veux dire, tant sur le scandale
SAAQclic que sur le troisième lien. Parce qu'il y a aussi cette ironie-là.
C'est lui qui nous... qui vous convoquait pour des points de presse, de
nouveaux tracés du troisième lien, en vous disant, dur comme fer, que, là, ça
va atterrir à Beauport, puis ensuite ça va atterrir au centre-ville, etc. C'est
lui qui a défendu ça. Et, ce matin, la CAQ continue comme si de rien n'était, tant
sur le troisième lien que sur SAAQclic. Et ça, c'est un indice sur le fait
qu'on est devant une culture puis une implication assez généralisée à la CAQ
par rapport à ces questions-là, c'est-à-dire du travail bâclé, dire une chose,
faire l'inverse. Ça me semble assez évident pour la suite des choses également.
Rappelons également que Christine
Fréchette était ministre de l'Économie quand, sur le troisième lien, on nous
disait que c'était une question de sécurité économique. Ça, c'est un des
arguments quand même les plus comiques. Ce n'est pas drôle, là, en fait, mais
ça n'a pas de sens. On nous disait qu'il fallait absolument le bâtir parce que
c'était une question de sécurité économique. C'était donc la position de la
ministre de l'Économie en 2024-2025. Tout ça, là, il y a... Pour moi, je fais
le lien entre ces sujets-là dans le sens où il y a une insouciance et il y a
une absence de prise de la responsabilité par rapport à la dilapidation de
fonds publics, que ce soit 1,2 milliard dans la SAAQ ou 127 millions
d'études bidons pour le troisième lien. Il y a des limites, je pense, à
niaiser, à ne pas respecter l'intelligence des gens et à traiter les fonds
publics avec autant de négligence que ce qu'on a vu.
Journaliste : ...sur le
troisième lien, M. St-Pierre Plamondon, là, je peux vous parler de la
proposition de Mme Fréchette brièvement. Elle parle de réaménager la tête des
ponts à Québec, l'élargissement de l'autoroute 20 à Lévis, construire un
lien interrives dans une phase III, qu'elle dit, à l'est, avec un
partenariat public-privé. Sur le fond, en tant que tel, pour la mobilité de la
grande région de Québec, est-ce qu'il y a des bonnes ou mauvaises idées
là-dedans?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
c'est-à-dire, il y a surtout des idées qui n'ont aucune crédibilité venant de
la CAQ. C'est ça, la réalité. C'est la 10e fois qu'ils changent de
discours. Et, comme je vous dis, il y a un discours de Christine Fréchette19289 qui était la ministre de l'Économie quand
on nous disait que ça prenait absolument le troisième lien pour des questions
de sécurité économique, côte à côte avec le ministre des Transports de 2018 à
2022, qui vous a convoqué un nombre innombrable de fois pour vous dire pourquoi
le troisième lien allait avoir lieu. Ce matin, les deux nous annonce ça n'aura
pas lieu, puis on a d'autres choses. Donc, ce serait une troisième élection
consécutive pour la CAQ où on nous promet quelque chose dans le dossier du
troisième lien, puis que tout ça ne tient pas la route.
Journaliste : Je comprends
l'aspect politique de tout ça là, que vous évoquez, mais une proposition de
dire, par exemple, un troisième lien à l'Est, mais en partenariat public-privé
payant, c'est-à-dire qu'il faudrait que le public... que le privé,
c'est-à-dire, travaille main dans la main avec le gouvernement pour faire en
PPP, un pont. Est-ce que vous trouvez que c'est une solution qui est
intelligente?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
c'est une nouvelle solution qui, à l'évidence, est improvisée et ne sera pas
soutenu par un travail rigoureux puis des études, exactement ce qu'ils nous ont
fait, la CAQ, pendant sept ans et demi et c'est la 10 ᵉ mouture d'un
discours qui change constamment. Dans quel cas je suis obligé de vous
répondre : La CAQ n'a absolument aucune crédibilité dans ce dossier-là et
ce sera malheureusement une troisième élection consécutive où la CAQ prend les
gens de Québec pour des valises. Ça me semble évident.
Journaliste : ...
M. Paradis : Et si je peux
compléter, Paul St-Pierre Plamondon vient de le dire, des projets
d'infrastructures, ça s'inscrit au Plan québécois des infrastructures sur la
base de besoins démontrés, de véritables études sur la faisabilité technique et
financière, ce qui n'a jamais existé ni pour le projet aujourd'hui, qui sort de
la boîte à surprise de Christine Fréchette, alors que ça fait 10-15 ans
que c'est le pain et le beurre de la CAQ de parler de ça. Et surtout, elle est
assise à côté de Martine Biron. Et Martine Biron nous dit, se fait poser la
question par un de vos collègues ou une de vos collègues : Oui, mais vous
n'avez pas le rapport de la CDPQ qui vient de conclure après avoir tout étudié
ce qui s'est écrit, ce qui s'est dit sur le troisième lien, qu'il n'y a pas de
besoin démontré? Et elle a dit : Non, non, non, le rapport ne parle pas de
ça. Page 111 du rapport de CDPQ Infra, qui a tout étudié ce qui s'est dit
et écrit : «Pour ces raisons, CDPQ Infra ne préconise pas la réalisation
d'un nouveau lien routier interrives» après avoir étudié tous les corridors, y
compris celui qui est proposé aujourd'hui par Mme Fréchette. C'est du n'importe
quoi, c'est le hochet électoral qui ressort dans une nouvelle mouture pour dire
on se prépare pour la prochaine élection générale.
Journaliste : ...poursuites
judiciaires pour les hauts dirigeants de la SAAQ. Est-ce que c'est une bonne
idée de poursuivre des gens comme ça, soit au civil par exemple, qui ont été
pris dans le scandale SAAQclic?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
c'est-à-dire que c'est le rôle du ministère de la Justice d'évaluer s'il y a
des chances de récupération des sommes ou une responsabilité telle sur le plan
civil ou criminel, qu'on doit poursuivre. Donc, souvenez-vous notamment lorsque
la CAQ a octroyé toutes sortes de subventions à plein de compagnies durant la
pandémie, on avait plaidé beaucoup pour qu'on entreprenne des démarches
judiciaires pour essayer de récupérer les sommes puis identifier qui a abusé.
Ce principe-là devrait toujours s'appliquer. Évidemment, ça décolle d'une
opinion juridique et ça doit venir du ministère.
Journaliste : ... deux
avocats par contre, il y a deux avocats. Est-ce que, après avoir lu le rapport,
et je comprends que vous l'avez lu de fond en comble là, est-ce qu'à votre avis
il y a une base pour des accusations criminelles en regard de la façon dont ça
a été mené, autant par le privé que les employés de la SAAQ.
M. St-Pierre Plamondon : Une
commission d'enquête, normalement, ne permet pas de faire une évaluation de
s'il y a une responsabilité criminelle ou pas. C'est pour ça que je vous dis
que deux avocats responsables et rigoureux vous répondront. Il y a assez de
matériel pour que le ministère de la Justice et le DPCP se penche sur les
aspects civils et criminelles de ce dossier-là. Mais, pour prendre la décision
de poursuivre, ça prend une évaluation qui tient à beaucoup de travail,
plusieurs pages. Un gouvernement du Parti québécois, c'est ça qu'on dirait, on
dirait : Là, on ne peut pas laisser, là... ça sur la table, puis ce
n'était pas non plus le rôle de la commission, là, donc, on s'attend à ce que
les institutions fassent leur travail.
Journaliste : ...la volonté
des gens soit punie dans la fonction publique?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
c'est-à-dire que, minimalement, si on constate que les gens qui ont participé
activement à ce fiasco finissent dans une raie... un déplacement de leur
fonction dans d'autres fonctions confortables où ils amèneront finalement la
même culture d'impunité, d'incompétence, sans qu'il n'y ait de conséquences
nulle part, même sur leur tracé de carrière. Ça, c'est grave puis on avait fait
une sortie là-dessus, notamment sur l'imputabilité.
Journaliste : ...des gens
sont à la retraite, là, présentement, là. On parle de poursuites monétaires,
là, si je comprends bien. Donc, est-ce que l'idée de poursuivre financièrement
des hauts dirigeants, c'est quelque chose qui est applicable?
M. St-Pierre Plamondon : Les
poursuites civiles et les poursuites criminelles doivent découler d'une opinion
juridique. Et oui, un gouvernement devrait demander aux institutions d'évaluer
s'il y a lieu ou pas. Mais nous, notre rôle, ce n'est pas de... de donner cette
opinion juridique là sur... sur le coin d'une table.
Journaliste : Juste pour être
clair, là, vous dites : Si vous étiez aux affaires, là, vous diriez au
DPCP, pouvez-vous regarder s'il y a des... s'il y a des recours civils et
criminels là-dedans? C'est ce que je comprends.
M. St-Pierre Plamondon : Évidemment.
Donc, ça veut dire que cette évaluation-là, je suis pas mal sûr qu'elle va se
faire en passant, là, tu sais, je veux dire, ces institutions-là vont évaluer
s'il y a lieu de poursuivre puis si...
Journaliste : Ils n'ont
besoin qu'on leur dise.
M. St-Pierre Plamondon : Bien
oui, c'est ça, il n'y a pas besoin. Mais ne passons pas à côté du sujet, là,
parce que j'ai trouvé hier qu'on parlait beaucoup de la SAAQ qui a menti, mais
tout l'autre pan d'un gouvernement au complet qui ment et dissimule
l'information, fractionne des contrats, doit mener à une conclusion avant celle
de poursuivre : la responsabilité ministérielle. Qu'est-ce que Geneviève
Guilbault va faire au Conseil des ministres pour la suite? Moi, je veux une
réponse de Christine Fréchette et Bernard Drainville. Vous allez la garder
comme ministre? Je veux comprendre si François Bonnardel, avec des conclusions
aussi accablantes, va se représenter pour la CAQ aux prochaines, parce qu'on le
voit côte à côte avec Christine Fréchette, ce matin, nous annoncer la 20e version
du troisième lien pas crédible de la CAQ. Ça n'a aucun sens au niveau de la
responsabilité des élus. Et j'ai déjà dit, vous me le donnerez, là, j'ai déjà
dit que je trouve qu'au Québec la question de la responsabilité des élus, que
ce soit commission Charbonneau, commission Gomery, c'est comme si on fait... on
contourne toujours. Et la discussion, ce matin, à mon égard, en ce qui me
concerne, c'est vraiment, je veux une réponse de Bernard Drainville puis
Christine Fréchette : Allez-vous vraiment garder Geneviève Guilbault au
Conseil des ministres? Puis, est-ce que François Bonnardel se présente aux
prochaines élections comme si de rien n'était, compte tenu de ce qu'on vient de
vous lire dans le rapport?
Journaliste : ...sous forme
de question. Est-ce que Mme Guilbault peut demeurer ministre? Vous
répondez quoi à cette question-là?
M. St-Pierre Plamondon : Que
je veux une réponse des deux parce que... Non, mais c'est parce que je veux les
contraindre à eux de prendre leurs responsabilités, ce n'est pas ma
responsabilité puis la responsabilité ministérielle n'est pas sur les épaules
du Parti québécois. Je veux voir s'il y a un minimum de conscience à la CAQ,
compte tenu du nombre de personnes impliquées dans ce scandale de
1,2 milliard, un minimum de sens des responsabilités, de dire «il y aura
des conséquences», parce qu'à date des conséquences à la CAQ il n'y en a pas.
Journaliste : Mais vous
demandez sa démission, vous demandez sa démission?
Journaliste : Vous ne posez
pas la question à... au premier ministre? Dans l'immédiat, c'est lui, le
premier ministre.
M. St-Pierre Plamondon : Non,
parce qu'il y a deux aspirants premier ministre, puis on veut savoir ça
implique quoi, dépendamment de si c'est un ou l'autre par rapport à ce qu'on
vient de lire, là. Parce que, si c'est un ticket gratuit sans conséquence, là,
pour tout le monde, il y a des conclusions politiques très graves qu'il faut
tirer de ce scandale de 1,2 milliard puis de cette 20e mouture du...
du troisième lien.
Journaliste :
So, how worried are you that nobody in
the government is going to pay the price for this?
M. St-Pierre
Plamondon :
I'm
pretty worried based on what I saw this morning. So, you have next to Christine
Fréchette, who wants to be premier, François Bonnardel, who was the one of the
main actors in this SAAQ scandal, who really neglected and didn't say the whole
truth about what happened and failed to prevent hundreds of millions to be
wasted. And it's also the person who told us on several occasions that the
«troisième lien» would happen and… and came up with all sorts of plans that was
not holding… was not based on anything serious. He's next to this morning
saying: Yes, I'm here and we're going to do this new version of the «troisième
lien» public transports in Québec. It seems that there's just no consequence…
consequences for anyone in the CAQ. And we're talking about 1.2 billion,
billions of dollars. It's just unacceptable. And that's why I'm asking the
question very clearly: Yes or no, if you become premier, whether you're Bernard
Drainville or Christine Fréchette, are you going to keep Geneviève Guilbault as
part of the Council of Ministers and are you going to tell François Bonnardel
that he's welcome to run again for the CAQ, based on the negligence and the
lies that are now very clear and confirmed in the Gallant report?
Journaliste :
This morning, France-Élaine Duranceau,
talking about, you know, they're going to look into lawsuits and… and
punishments for the people who did wrong. I mean, how much do you believe in
that?
M. St-Pierre
Plamondon :
I
mean, it's up to the institutions whether, yes, whether it's the justice or
it's DPCP, it's up to them to determine whether there's enough evidence to
undertake lawsuits. But that...
M. St-Pierre
Plamondon :
...to
be studied very seriously, because if there's enough material, yes, the answer
is we should make sure that there are legal consequences.
Journaliste
: Just... on Charles Milliard, you know, you guys are close in age,
it would appear that there'll be some battles between the two of you in the
coming months. How do you size him up as an adversary?
M. St-Pierre
Plamondon : Well, I'm telling him, obviously,
we don't agree on Québec's future, and we are going to debate together. So,
let's have a civilized debate. And I'm inviting him, because he's saying that
he's a nationalist and he cares about the regions, there's a by-election going
on in Chicoutimi, and it's a
test for him. And so far, I think based on what we know, he's been in Chicoutimi only once to campaign. So, I'm
inviting him in Chicoutimi,
because the vote is this Monday, this upcoming Monday, in which case it's an
important test. It's a first test for him, and it's an occasion to have that
debate started. And we'll get the answer, or at least a precise indication on
this upcoming Monday.
Journaliste :
Madam Duranceau this morning called on
opposition parties to rise above and not play small politics...
M. St-Pierre
Plamondon :
Who
did that?
Journaliste :
Madam Duranceau.
M. St-Pierre Plamondon : OK?
Journaliste : So, I just want to know what your kind of your reaction is to that.
M. St-Pierre
Plamondon :
So,
I mean, a member of the CAQ who has been lying, I mean, several members of that
government have been lying, and now we know for a fact that they were lying,
will tell us this morning : Let's not do politics about that. Let's just
mute all that conversation about the fact that we lied to you, because that
would be above. No, no, there's a principle of responsibility. If you're a
minister and if you're a government, you are responsible. And if you did lie
and conceal information to the population, and it did cost hundreds of
millions, we are going to talk about it until there are consequences and people
responsible in that government. So, we are going to talk about this. It's very
serious, and it's very... it's a sign that they're not taking it seriously,
that the notion of being responsible doesn't ring a bell at the CAQ.
(Fin à 11 heures)