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Point de presse de M. Paul St-Pierre Plamondon, chef du troisième groupe d’opposition, et M. Pascal Paradis, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de cybersécurité et du numérique

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Tuesday, February 17, 2026, 10 h 30

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Dix heures trente-trois minutes)

M. Paradis : Bonjour à toutes et à tous. Alors, ce matin, les Québécoises et les Québécois ont raison d'être choqués par les révélations du rapport du commissaire Gallant, hier, sur le scandale SAAQclic. Il s'est... il est maintenant avéré, compte tenu des conclusions factuelles du rapport, que non seulement du côté de la SAAQ il y a eu des informations qui ont été cachées, qu'il y a des choses qui n'ont pas été révélées, qu'il y a une culture du mensonge, mais que ça a été la même chose du côté du gouvernement et que des ministres du cabinet avaient l'information, contrairement à ce qu'ils affirment et continuent encore d'affirmer aujourd'hui, ils avaient l'information et ils auraient pu agir pour arrêter l'hémorragie. Donc, ils savaient qu'il y avait des dépassements de coûts très importants, ils savaient qu'il y avait un dérapage dans le projet.

Permettez-moi aujourd'hui de prendre quelques minutes pour citer des passages du rapport Gallant parce que c'est important de voir ce qu'il dit. Alors, il n'est pas en train de dire que peut-être ils l'ont su, peut-être ils ne l'ont pas su puis... On n'est plus là dans les peut-être, on est dans les conclusions de faits du juge Gallant, du commissaire Gallant après les dizaines, les centaines d'heures d'auditions.

Voici ce qu'il écrit lui-même en ce qui concerne l'époque 2020-2021, je le cite : «En février 2021, la direction de la SAAQ a rencontré le ministre des Transports, François Bonnardel, et lui a exposé clairement que le budget de développement du programme ne se limitait pas à un contrat de 458 millions, mais comprenait des coûts internes qui portaient le coût d'implantation de la suite de PGI à 682 millions.» Fin de la citation.

Un peu plus loin, je suis à la page 492 du rapport : «En septembre 2021, le cabinet de François Bonnardel avait alerté le cabinet d'Éric Caire au sujet de la problématique des coûts du programme CASA.» C'est toujours une citation directe.

Ensuite, le rapport plus loin, je ne le citerai pas, mais le rapport indique qu'en janvier 2022 le ministère des Finances du Québec a reçu de la SAAQ un document indiquant que les investissements dans le programme CASA étaient passés de 376 millions à 682 millions. C'est une conclusion factuelle. Les Finances savaient, évidemment, il fallait faire des chèques. On a fait des chèques pour un demi-milliard de plus que ce qui était prévu dans le contrat.

Et ensuite? Et ensuite, je cite toujours le rapport à la page 402. Maintenant, on est en 2023, en juin 2023. Voici ce que conclut la commission : «La commission retient que la stratégie contractuelle visant la conclusion du deuxième avenant — celui qui a fait exploser les coûts — a bel et bien fait l'objet de discussions avec la ministre Geneviève Guilbault lors de la rencontre du 20 juin 2023. Rien n'indique qu'à ce moment-là la SAAQ cache quoi que ce soit au gouvernement à cet égard.» Et, plus loin, il dit : «La commission ne retient pas le témoignage alambiqué de Geneviève Cantin, qui est la directrice de cabinet de la ministre Geneviève Guilbault.» Plus loin, toujours à la page 402 , le commissaire dit que les faits permettent de conclure que la... que la secrétaire générale du gouvernement, Dominique Savoie, est informée en toute transparence de l'existence des deux avenants au mois de juillet 2023. Et, plus loin, je cite, dans le texte : «Les informations portant sur la situation financière du programme, à ce moment-là, se rendent donc au cabinet du premier ministre au mois d'août 2023.»

Et, pendant ce temps-là et depuis ce temps-là, le premier ministre du Québec et les ministres concernés continuent à dire : Nous n'avions pas l'information, on nous l'a caché, on nous a menti. Alors, ce n'était pas vrai. Voici les conclusions accablantes, dévastatrices du rapport Gallant. Et c'est important de le mentionner, parce que je sais qu'on se concentre sur la partie SAAQ qui est importante aussi, et il y a beaucoup de recommandations pertinentes qui rejoignent les nôtres dans le rapport Gallant, mais ne commettez pas l'erreur qu'on a commise au moment des conclusions du rapport Charbonneau, où on a complètement éludé la question de la responsabilité ministérielle, parce que c'est une question essentielle pour l'avenir de ce genre de contrat là au Québec.

M. St-Pierre Plamondon : Merci, Pascal. Donc, vous comprendrez que, le rapport étant très, très clair, se posent des questions importantes pour la suite. Je joins ma voix à celle de Pascal Paradis, c'est un rapport dévastateur pour le gouvernement lorsqu'on lit exactement l'ensemble du rapport et pas juste le résumé. Et c'est essentiellement un gouvernementqui à partir 19289de 2021-2022 n'agit pas, et ça a coûté aux Québécois des centaines de millions de dollars, cette négligence-là. Donc, à la lumière de ce qui est conclu, au moins pour Geneviève Guilbault, François Bonnardel, le cabinet du premier ministre se pose des questions pour les aspirants premiers ministres dans une course à la direction de la CAQ, que ce soit pour Christine Fréchette ou Bernard Drainville, il me semble qu'il y a une question fondamentale à poser : Est-ce qu'ils sont prêts, advenant leur victoire, à reprendre Geneviève Guilbault dans un Conseil des ministres? Est-ce qu'à leur avis, à la lumière de ce qu'on apprend sur la négligence de François Bonnardel, est-ce qu'à leur avis, ils devraient être candidats lors des prochaines élections? Et comment expliquer, ce matin, qu'il soit côte à côte avec Christine Fréchette pour un point de presse sur le troisième lien? Donc, se posent des questions très sérieuses, là, et la réponse, c'est oui ou non. Puis un aspirant ou une aspirante première ministre, vu la gravité, c'est-à-dire 1,2 milliard de dollars gaspillés par négligence, certes, de la CAQ, mais aussi par négligence et mensonge intentionnel de plusieurs membres de ce gouvernement. On veut des réponses. Est-ce que les personnes visées de manière très précise dans le rapport vont continuer comme ministres et comme candidats comme si de rien n'était? Le point de presse de ce matin, Christine Fréchette, semble indiquer que tout va bien à la CAQ et que François Bonnardel, lui, a des plans pour la suite, comme si de rien n'était.

Sur un autre ordre d'idée, je veux souhaiter la bienvenue au nouveau chef du Parti libéral, Charles Milliard. Donc, ce sera, je comprends son premier point... son premier point de presse ce matin, et lui et moi, comme vous le savez, on a quand même des visions assez différentes de l'avenir du Québec. Et donc je l'invite à débattre, on a hâte de débattre avec civilité. Et un premier point de presse, quand on est chef extra-parlementaire, moi, j'ai des souvenirs assez précis, là, on est en 2020, ça fait six ans de ça, à quel point c'est imposant comme environnement, à quel point c'est un tout autre exercice que de faire campagne auprès de ses membres, j'ai aussi un souvenir précis de ma première élection partielle, celle dans Marie-Victorin, qui, vous vous en souvenez, n'a pas donné le résultat que j'espérais à l'époque. Je vous mentionne ça notamment parce qu'il y a un test pour Charles Milliard à très court terme. Donc, il a complété une course à la chefferie qui est, finalement, un couronnement. Et, à ma connaissance, il est allé à Chicoutimi une seule fois depuis le début de l'année, et c'est bel et bien un test électoral pour Charles Milliard lundi prochain dans Chicoutimi, à savoir est ce qu'il y a... On parlait... vous souvenez-vous de l'effet Pablo au début, lorsqu'il a été nommé? Est-ce qu'il y a un effet Milliard? Et est-ce qu'il s'occupe des régions en allant lui-même faire campagne et entendre ce que les électeurs ont à dire? Je pense que c'est un test important pour le Parti libéral du Québec, et je lui souhaite donc bonne chance dans cette partielle et un bon premier point de presse ce matin. J'ai très hâte de débattre avec lui, à Chicoutimi comme à Québec.

Journaliste : ...satisfait du rapport Gallant, là, l'an dernier, vous demandiez à M. Gallant de se récuser en raison de ses liens avec Mme Lebel. Est-ce que pour vous, c'est un rapport qui est honnête?

M. St-Pierre Plamondon : Factuellement, c'est un rapport qui est honnête. Sur le plan des conclusions, on semble comprendre qu'on infère des conclusions plus facilement lorsqu'il s'agit de SAAQclic que lorsqu'il s'agit des élus, parce qu'essentiellement, il y a deux phases à ce fiasco-là. Il y a SAAQclic qui ment au gouvernement. Jusqu'en 2021, il n'y a pas d'indice, selon le commissaire, puis... la SAAQ, pardon. Donc, la SAAQ est responsable, jusqu'en 2021, d'un dérapage, mais on aurait pu juguler, là, on aurait pu arrêter ce gaspillage-là. Mais, une fois que l'information est entre les mains du gouvernement, également il y a du mensonge puis de la dissimulation.

Dans le cas du mensonge et de la dissimulation de la SAAQ, les conclusions sont assez sévères, on tire des inférences. Dans le cas des mensonges et de la dissimulation du gouvernement qui, factuellement, ne font aucun doute quand on lit le rapport au complet. Je trouve qu'on... on a quand même des conclusions qui sont plus diffuses ou timides.

Journaliste : Vous pensez que M. Gallant a fait exprès pour préserver le gouvernement?

M. St-Pierre Plamondon : Ce n'est pas à moi de tirer des conclusions sur ce que le juge Gallant a fait ou n'a pas fait. Je vous dis simplement que, sur le plan des faits, des constats factuels, ça me semble être un rapport qui est parfaitement honnête. Et le rapport, mon collègue Pascal Paradis vient de citer plusieurs extraits, il est accablant et très sévère sur une volonté intentionnelle de cacher et mentir de la part de plusieurs membres du gouvernement. Et si on n'avait pas menti et caché l'information à partir de 2021 et de manière encore plus claire à partir de 2023, bien, c'est plusieurs centaines de millions de dollars qu'on a pu... qu'on aurait pu sauver dans ce fiasco-là. Donc, il me semble que les deux parties de l'équation doivent être nommées pour ce qu'elles sont. Dans les deux cas, on a dissimulé et menti, et l'ensemble de ce comportement nous amène à une facture de 1,2 milliard pour les contribuables québécois. C'est absolument inacceptable.

Journaliste : ...qui font que le jugement est moins sévère sur les ministres, pour vous, c'est l'attitude du juge Gallant, par rapport aux ministres, qui fait qu'il est moins sévère sur...

M. St-Pierre Plamondon : Je n'ai pas dit ça. Puis mon rôle, ce n'est pas de tirer des conclusions sur le pourquoi. Je fais simplement le constat qu'en fait on a des menteries puis de la dissimulation de la SAAQ, puis ensuite des menteries et de la dissimulation du politique. Et, à mon avis, ça devrait être des conclusions assez sévères dans les deux cas parce que les deux participent pleinement à ce fiasco, à cette facture de 1,2 milliard.

Journaliste : Mais donc les mots, par exemple «mensonge» ou «hypocrisie», qui sont utilisés pour la SAAQ auraient pu, selon vous, être utilisés pour le gouvernement aussi?

M. St-Pierre Plamondon : À la lecture de ce que Pascal Paradis vient de souligner dans le rapport, il n'y a aucun doute que ces mots-là pourraient être utilisés. Mais vous comprenez qu'en même temps le bon côté, c'est que, factuellement, le rapport me semble béton, de sorte que, bon, on s'occupera de faire ce travail-là à l'évidence, là, c'est-à-dire que c'était du mensonge et de l'hypocrisie du politique qui a eu des conséquences épouvantables sur le plan financier.

M. Paradis : Et, si vous me permettez, en réponse aussi à cette question, notez ce que le premier ministre du Québec a dit hier et notez surtout ce qu'il n'a pas dit. Donc, il insiste très fortement sur le fait que jamais son gouvernement n'a été avisé qu'on était rendu à 1,1 milliard, ce qui est vrai à la lecture du rapport, mais là, soudainement, il ne dit plus que son gouvernement n'avait jamais été informé du dérapage et des dépassements de coûts, ce qu'il ne peut plus faire parce qu'il serait contredit sur ce qu'il a dit depuis deux ans par les conclusions factuelles du rapport. Ça, c'est très important. Il a tenté hier, encore une fois, là, de commencer à faire... à mélanger les gens avec des chiffres en disant : Oui, mais nous, quand on est arrivé, c'était déjà rendu en haut de là, de 600 millions, donc, là, on... quand on nous parlait de 682 millions. Je suis désolé, ce n'est pas vrai. Les passages que je viens de vous dire indiquent clairement que les ministres et que le gouvernement, y compris son cabinet, étaient avisés qu'on était passé de 458 millions à au moins 682 millions. Donc, on continue, dans la ligne, malheureusement, de... bien, en fait, qui n'est pas vrai.

Des voix : ...

M. St-Pierre Plamondon : ...vous ajouter quelque chose qu'il me semble assez troublant. Parce que, là, on va nous dire : Bien, ça, c'est de l'histoire ancienne. C'est 1,2 milliard de dollars. C'est de l'histoire ancienne, le premier ministre a décidé qu'il ne continuait plus, etc. Mais vous noterez ce matin que François Bonnardel, qui est visé très, très explicitement dans le rapport, est côte à côte avec Christine Fréchette pour la suite de la CAQ, comme si de rien n'était, comme s'il n'y a aucune responsabilité ministérielle. Il était ministre des Transports entre 2018 et 2022, je veux dire, tant sur le scandale SAAQclic que sur le troisième lien. Parce qu'il y a aussi cette ironie-là. C'est lui qui nous... qui vous convoquait pour des points de presse, de nouveaux tracés du troisième lien, en vous disant, dur comme fer, que, là, ça va atterrir à Beauport, puis ensuite ça va atterrir au centre-ville, etc. C'est lui qui a défendu ça. Et, ce matin, la CAQ continue comme si de rien n'était, tant sur le troisième lien que sur SAAQclic. Et ça, c'est un indice sur le fait qu'on est devant une culture puis une implication assez généralisée à la CAQ par rapport à ces questions-là, c'est-à-dire du travail bâclé, dire une chose, faire l'inverse. Ça me semble assez évident pour la suite des choses également.

Rappelons également que Christine Fréchette était ministre de l'Économie quand, sur le troisième lien, on nous disait que c'était une question de sécurité économique. Ça, c'est un des arguments quand même les plus comiques. Ce n'est pas drôle, là, en fait, mais ça n'a pas de sens. On nous disait qu'il fallait absolument le bâtir parce que c'était une question de sécurité économique. C'était donc la position de la ministre de l'Économie en 2024-2025. Tout ça, là, il y a... Pour moi, je fais le lien entre ces sujets-là dans le sens où il y a une insouciance et il y a une absence de prise de la responsabilité par rapport à la dilapidation de fonds publics, que ce soit 1,2 milliard dans la SAAQ ou 127 millions d'études bidons pour le troisième lien. Il y a des limites, je pense, à niaiser, à ne pas respecter l'intelligence des gens et à traiter les fonds publics avec autant de négligence que ce qu'on a vu.

Journaliste : ...sur le troisième lien, M. St-Pierre Plamondon, là, je peux vous parler de la proposition de Mme Fréchette brièvement. Elle parle de réaménager la tête des ponts à Québec, l'élargissement de l'autoroute 20 à Lévis, construire un lien interrives dans une phase III, qu'elle dit, à l'est, avec un partenariat public-privé. Sur le fond, en tant que tel, pour la mobilité de la grande région de Québec, est-ce qu'il y a des bonnes ou mauvaises idées là-dedans?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, c'est-à-dire, il y a surtout des idées qui n'ont aucune crédibilité venant de la CAQ. C'est ça, la réalité. C'est la 10e fois qu'ils changent de discours. Et, comme je vous dis, il y a un discours de Christine Fréchette19289 qui était la ministre de l'Économie quand on nous disait que ça prenait absolument le troisième lien pour des questions de sécurité économique, côte à côte avec le ministre des Transports de 2018 à 2022, qui vous a convoqué un nombre innombrable de fois pour vous dire pourquoi le troisième lien allait avoir lieu. Ce matin, les deux nous annonce ça n'aura pas lieu, puis on a d'autres choses. Donc, ce serait une troisième élection consécutive pour la CAQ où on nous promet quelque chose dans le dossier du troisième lien, puis que tout ça ne tient pas la route.

Journaliste : Je comprends l'aspect politique de tout ça là, que vous évoquez, mais une proposition de dire, par exemple, un troisième lien à l'Est, mais en partenariat public-privé payant, c'est-à-dire qu'il faudrait que le public... que le privé, c'est-à-dire, travaille main dans la main avec le gouvernement pour faire en PPP, un pont. Est-ce que vous trouvez que c'est une solution qui est intelligente?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, c'est une nouvelle solution qui, à l'évidence, est improvisée et ne sera pas soutenu par un travail rigoureux puis des études, exactement ce qu'ils nous ont fait, la CAQ, pendant sept ans et demi et c'est la 10 ᵉ mouture d'un discours qui change constamment. Dans quel cas je suis obligé de vous répondre : La CAQ n'a absolument aucune crédibilité dans ce dossier-là et ce sera malheureusement une troisième élection consécutive où la CAQ prend les gens de Québec pour des valises. Ça me semble évident.

Journaliste : ...

M. Paradis : Et si je peux compléter, Paul St-Pierre Plamondon vient de le dire, des projets d'infrastructures, ça s'inscrit au Plan québécois des infrastructures sur la base de besoins démontrés, de véritables études sur la faisabilité technique et financière, ce qui n'a jamais existé ni pour le projet aujourd'hui, qui sort de la boîte à surprise de Christine Fréchette, alors que ça fait 10-15 ans que c'est le pain et le beurre de la CAQ de parler de ça. Et surtout, elle est assise à côté de Martine Biron. Et Martine Biron nous dit, se fait poser la question par un de vos collègues ou une de vos collègues : Oui, mais vous n'avez pas le rapport de la CDPQ qui vient de conclure après avoir tout étudié ce qui s'est écrit, ce qui s'est dit sur le troisième lien, qu'il n'y a pas de besoin démontré? Et elle a dit : Non, non, non, le rapport ne parle pas de ça. Page 111 du rapport de CDPQ Infra, qui a tout étudié ce qui s'est dit et écrit : «Pour ces raisons, CDPQ Infra ne préconise pas la réalisation d'un nouveau lien routier interrives» après avoir étudié tous les corridors, y compris celui qui est proposé aujourd'hui par Mme Fréchette. C'est du n'importe quoi, c'est le hochet électoral qui ressort dans une nouvelle mouture pour dire on se prépare pour la prochaine élection générale.

Journaliste : ...poursuites judiciaires pour les hauts dirigeants de la SAAQ. Est-ce que c'est une bonne idée de poursuivre des gens comme ça, soit au civil par exemple, qui ont été pris dans le scandale SAAQclic?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, c'est-à-dire que c'est le rôle du ministère de la Justice d'évaluer s'il y a des chances de récupération des sommes ou une responsabilité telle sur le plan civil ou criminel, qu'on doit poursuivre. Donc, souvenez-vous notamment lorsque la CAQ a octroyé toutes sortes de subventions à plein de compagnies durant la pandémie, on avait plaidé beaucoup pour qu'on entreprenne des démarches judiciaires pour essayer de récupérer les sommes puis identifier qui a abusé. Ce principe-là devrait toujours s'appliquer. Évidemment, ça décolle d'une opinion juridique et ça doit venir du ministère.

Journaliste : ... deux avocats par contre, il y a deux avocats. Est-ce que, après avoir lu le rapport, et je comprends que vous l'avez lu de fond en comble là, est-ce qu'à votre avis il y a une base pour des accusations criminelles en regard de la façon dont ça a été mené, autant par le privé que les employés de la SAAQ.

M. St-Pierre Plamondon : Une commission d'enquête, normalement, ne permet pas de faire une évaluation de s'il y a une responsabilité criminelle ou pas. C'est pour ça que je vous dis que deux avocats responsables et rigoureux vous répondront. Il y a assez de matériel pour que le ministère de la Justice et le DPCP se penche sur les aspects civils et criminelles de ce dossier-là. Mais, pour prendre la décision de poursuivre, ça prend une évaluation qui tient à beaucoup de travail, plusieurs pages. Un gouvernement du Parti québécois, c'est ça qu'on dirait, on dirait : Là, on ne peut pas laisser, là... ça sur la table, puis ce n'était pas non plus le rôle de la commission, là, donc, on s'attend à ce que les institutions fassent leur travail.

Journaliste : ...la volonté des gens soit punie dans la fonction publique?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, c'est-à-dire que, minimalement, si on constate que les gens qui ont participé activement à ce fiasco finissent dans une raie... un déplacement de leur fonction dans d'autres fonctions confortables où ils amèneront finalement la même culture d'impunité, d'incompétence, sans qu'il n'y ait de conséquences nulle part, même sur leur tracé de carrière. Ça, c'est grave puis on avait fait une sortie là-dessus, notamment sur l'imputabilité.

Journaliste : ...des gens sont à la retraite, là, présentement, là. On parle de poursuites monétaires, là, si je comprends bien. Donc, est-ce que l'idée de poursuivre financièrement des hauts dirigeants, c'est quelque chose qui est applicable?

M. St-Pierre Plamondon : Les poursuites civiles et les poursuites criminelles doivent découler d'une opinion juridique. Et oui, un gouvernement devrait demander aux institutions d'évaluer s'il y a lieu ou pas. Mais nous, notre rôle, ce n'est pas de... de donner cette opinion juridique là sur... sur le coin d'une table.

Journaliste : Juste pour être clair, là, vous dites : Si vous étiez aux affaires, là, vous diriez au DPCP, pouvez-vous regarder s'il y a des... s'il y a des recours civils et criminels là-dedans? C'est ce que je comprends.

M. St-Pierre Plamondon : Évidemment. Donc, ça veut dire que cette évaluation-là, je suis pas mal sûr qu'elle va se faire en passant, là, tu sais, je veux dire, ces institutions-là vont évaluer s'il y a lieu de poursuivre puis si...

Journaliste : Ils n'ont besoin qu'on leur dise.

M. St-Pierre Plamondon : Bien oui, c'est ça, il n'y a pas besoin. Mais ne passons pas à côté du sujet, là, parce que j'ai trouvé hier qu'on parlait beaucoup de la SAAQ qui a menti, mais tout l'autre pan d'un gouvernement au complet qui ment et dissimule l'information, fractionne des contrats, doit mener à une conclusion avant celle de poursuivre : la responsabilité ministérielle. Qu'est-ce que Geneviève Guilbault va faire au Conseil des ministres pour la suite? Moi, je veux une réponse de Christine Fréchette et Bernard Drainville. Vous allez la garder comme ministre? Je veux comprendre si François Bonnardel, avec des conclusions aussi accablantes, va se représenter pour la CAQ aux prochaines, parce qu'on le voit côte à côte avec Christine Fréchette, ce matin, nous annoncer la 20e version du troisième lien pas crédible de la CAQ. Ça n'a aucun sens au niveau de la responsabilité des élus. Et j'ai déjà dit, vous me le donnerez, là, j'ai déjà dit que je trouve qu'au Québec la question de la responsabilité des élus, que ce soit commission Charbonneau, commission Gomery, c'est comme si on fait... on contourne toujours. Et la discussion, ce matin, à mon égard, en ce qui me concerne, c'est vraiment, je veux une réponse de Bernard Drainville puis Christine Fréchette : Allez-vous vraiment garder Geneviève Guilbault au Conseil des ministres? Puis, est-ce que François Bonnardel se présente aux prochaines élections comme si de rien n'était, compte tenu de ce qu'on vient de vous lire dans le rapport?

Journaliste : ...sous forme de question. Est-ce que Mme Guilbault peut demeurer ministre? Vous répondez quoi à cette question-là?

M. St-Pierre Plamondon : Que je veux une réponse des deux parce que... Non, mais c'est parce que je veux les contraindre à eux de prendre leurs responsabilités, ce n'est pas ma responsabilité puis la responsabilité ministérielle n'est pas sur les épaules du Parti québécois. Je veux voir s'il y a un minimum de conscience à la CAQ, compte tenu du nombre de personnes impliquées dans ce scandale de 1,2 milliard, un minimum de sens des responsabilités, de dire «il y aura des conséquences», parce qu'à date des conséquences à la CAQ il n'y en a pas.

Journaliste : Mais vous demandez sa démission, vous demandez sa démission?

Journaliste : Vous ne posez pas la question à... au premier ministre? Dans l'immédiat, c'est lui, le premier ministre.

M. St-Pierre Plamondon : Non, parce qu'il y a deux aspirants premier ministre, puis on veut savoir ça implique quoi, dépendamment de si c'est un ou l'autre par rapport à ce qu'on vient de lire, là. Parce que, si c'est un ticket gratuit sans conséquence, là, pour tout le monde, il y a des conclusions politiques très graves qu'il faut tirer de ce scandale de 1,2 milliard puis de cette 20e mouture du... du troisième lien.

Journaliste : So, how worried are you that nobody in the government is going to pay the price for this?

M. St-Pierre Plamondon : I'm pretty worried based on what I saw this morning. So, you have next to Christine Fréchette, who wants to be premier, François Bonnardel, who was the one of the main actors in this SAAQ scandal, who really neglected and didn't say the whole truth about what happened and failed to prevent hundreds of millions to be wasted. And it's also the person who told us on several occasions that the «troisième lien» would happen and… and came up with all sorts of plans that was not holding… was not based on anything serious. He's next to this morning saying: Yes, I'm here and we're going to do this new version of the «troisième lien» public transports in Québec. It seems that there's just no consequence… consequences for anyone in the CAQ. And we're talking about 1.2 billion, billions of dollars. It's just unacceptable. And that's why I'm asking the question very clearly: Yes or no, if you become premier, whether you're Bernard Drainville or Christine Fréchette, are you going to keep Geneviève Guilbault as part of the Council of Ministers and are you going to tell François Bonnardel that he's welcome to run again for the CAQ, based on the negligence and the lies that are now very clear and confirmed in the Gallant report?

Journaliste : This morning, France-Élaine Duranceau, talking about, you know, they're going to look into lawsuits and… and punishments for the people who did wrong. I mean, how much do you believe in that?

M. St-Pierre Plamondon : I mean, it's up to the institutions whether, yes, whether it's the justice or it's DPCP, it's up to them to determine whether there's enough evidence to undertake lawsuits. But that...

M. St-Pierre Plamondon : ...to be studied very seriously, because if there's enough material, yes, the answer is we should make sure that there are legal consequences.

Journaliste : Just... on Charles Milliard, you know, you guys are close in age, it would appear that there'll be some battles between the two of you in the coming months. How do you size him up as an adversary?

M. St-Pierre Plamondon : Well, I'm telling him, obviously, we don't agree on Québec's future, and we are going to debate together. So, let's have a civilized debate. And I'm inviting him, because he's saying that he's a nationalist and he cares about the regions, there's a by-election going on in Chicoutimi, and it's a test for him. And so far, I think based on what we know, he's been in Chicoutimi only once to campaign. So, I'm inviting him in Chicoutimi, because the vote is this Monday, this upcoming Monday, in which case it's an important test. It's a first test for him, and it's an occasion to have that debate started. And we'll get the answer, or at least a precise indication on this upcoming Monday.

Journaliste : Madam Duranceau this morning called on opposition parties to rise above and not play small politics...

M. St-Pierre Plamondon : Who did that?

Journaliste : Madam Duranceau.

M. St-Pierre Plamondon : OK?

Journaliste : So, I just want to know what your kind of your reaction is to that.

M. St-Pierre Plamondon : So, I mean, a member of the CAQ who has been lying, I mean, several members of that government have been lying, and now we know for a fact that they were lying, will tell us this morning : Let's not do politics about that. Let's just mute all that conversation about the fact that we lied to you, because that would be above. No, no, there's a principle of responsibility. If you're a minister and if you're a government, you are responsible. And if you did lie and conceal information to the population, and it did cost hundreds of millions, we are going to talk about it until there are consequences and people responsible in that government. So, we are going to talk about this. It's very serious, and it's very... it's a sign that they're not taking it seriously, that the notion of being responsible doesn't ring a bell at the CAQ.

(Fin à 11 heures)