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M. Etienne Grandmont, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de solidarité sociale et d’action communautaire, et M. Guillaume Cliche-Rivard, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de santé

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Tuesday, February 17, 2026, 12 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Douze heures trente-quatre minutes)

La Modératrice : Donc, bonjour à tout le monde. Bienvenue à ce point presse de Québec solidaire. Prendront la parole aujourd'hui les députés solidaires Etienne Grandmont, Guillaume Cliche Rivard, François Proulx Duperré, secrétaire général de la CSN Québec Chaudière-Appalaches, Mériam Belli, préposée aux bénéficiaires au CIUSSS, Patricia Lajoie, vice-présidente de la FIQ, Capitale-Nationale, Xavier Isabelle, président du SPTTS, et Pascal Côté, vice-président de la CSQ.

M. Grandmont : Merci... Merci à tout le monde d'être présent aujourd'hui pour ce point de presse important. On est réunis aujourd'hui avec des représentants des syndicats, des travailleurs, des travailleuses de la santé de la Capitale-Nationale. Les politiques en immigration de la CAQ nuisent à nos services publics, dont notre réseau de la santé, qui est durement touché.

Ce qu'on entend sur le terrain, c'est que la fermeture du PEQ, notamment, crée de l'incertitude et brise des rêves. Tout ça aura un impact évidemment direct sur les services aux citoyens et citoyennes de la Capitale-Nationale. S'attaquer à l'immigration permanente nous privera de centaines de travailleurs et de travailleuses de la santé dont on a besoin et qu'on est allé par ailleurs chercher à l'étranger. Ces personnes-là sont venues ici en laissant tout derrière, avec la promesse d'obtenir la résidence permanente si elles respectaient certaines conditions. Ce qu'elles ont fait. Elles occupent des emplois en demande, pour lesquels il y a une pénurie de main-d'œuvre, et prennent soin de nos proches.

Nuire à l'embauche puis à la rétention des travailleurs et des travailleuses issus de l'immigration, ce n'était pas suffisant pour la CAQ, qui a également coupé dans les services à des personnes hypervulnérables, et je parle des demandeurs, des demandeuses d'asile. La CAQ doit cesser de casser du sucre sur le dos des personnes immigrantes et reconnaître l'apport de ces personnes-là dans notre société. Offrir des services à des personnes immigrantes, c'est un investissement, ce n'est pas une dépense.

Donc, je vais céder la parole. Plusieurs personnes vont prendre la parole derrière moi, mais je vais d'abord céder la parole à François Proulx-Duperré, qui est secrétaire général du Conseil central Québec–Chaudière-Appalaches, de la CSN, qui vous parlera de l'instabilité découlant de la fermeture du programme d'expérience québécoise, le PEQ.

M. Proulx-Duperré (François) : Bon. Bonjour à toutes et à tous. Je m'appelle François Proulx-Duperré, je suis secrétaire général au Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches de la CSN. Merci de nous recevoir. Merci, Étienne, merci, Guillaume. Donc, on va se le dire, là, le gouvernement du Québec, il joue du violon à toutes les diasporas puis aux personnes issues de l'immigration partout sur la planète pour leur demander de s'en venir nous prêter main forte au Québec, dans nos usines, dans la santé et services sociaux, dans nos services publics, dans nos écoles. Et ils leur disent qu'avec... si elles parlent français et si elles sont ici depuis deux ans, elles vont pouvoir rester de façon permanente. On se rend compte que le gouvernement du Québec a menti à ces personnes-là, et c'est totalement inacceptable. C'est dégueulasse et jamais on ne va l'accepter.

C'est important de dire que nos camarades, nos frères et nos sœurs, les travailleuses et travailleurs, les étudiantes, les étudiants, ils ont tous laissé derrière pour s'en venir ici avec la promesse de la résidence permanente. Ils ont laissé leur communauté derrière, leur famille, leurs amis, leur emploi, leur logement, leur maison pour s'en venir ici avec l'espoir d'améliorer leurs conditions de vie et leurs conditions de travail. Souvent, ils prennent une partie de leur paie, ils envoient ça à leur famille, dans leur pays, et arrivés ici, on change les règles du jeu en plein cours de partie. Ça ne fonctionne pas. Et l'ensemble de la société civile est de notre côté : on parle des syndicats, des travailleuses et travailleurs, des groupes communautaires, des groupes de femmes de défense des droits, l'ensemble des maires et mairesses des grandes villes du Québec, l'union des municipalités, même les employeurs, le Conseil du patronat est de notre bord. L'ensemble de la société civile est de notre bord et la CAQ s'entête à ne pas donner de clause grand-père. Le ministre Roberge doit se sortir la tête du sable. Le 12 avril, ce n'est pas en attendant une nouvelle première ministre ou un nouveau premier ministre qu'on a besoin d'une clause grand-père. On a besoin d'une clause grand-père maintenant. Les permis de travail se terminent depuis le mois de novembre. Et ce sont des gens qui tombent en situation, qui tombent sans statut, sans papiers, qui doivent quitter déjà depuis novembre. Et c'est très grave. On est dans un État de droit. Dans un État de droit, on respecte sa promesse, on a besoin de la clause grand-père puis on l'a besoin maintenant. Le 12 avril, c'est trop tard. On en appelle à l'humanité du ministre Roberge et de la personne qui va remplacer le premier ministre Legault.

Dernière chose que je voudrais mentionner, qui est très, très, très importante, c'est qu'on pellette ça par en avant. Le 12 avril, c'est dans deux mois. Puis pendant ce temps-là, on perd des gens qui tiennent nos usines, nos services publics à bout de bras, puis on ne peut pas se permettre ça. Donc, on va vous donner des exemples aujourd'hui qui sont vraiment très, très, très concrets. Nous, à la CSN, on représente les personnes qui sont au CHU de Québec, qui travaillent dans les hôpitaux de la région, dans les cinq grands hôpitaux de la région. On parle de préposés aux bénéficiaires, on parle de gens qui sont au service alimentaire, on parle de gens qui font l'entretien. Ce sont des gens qui tiennent à bout de bras leur réseau, et ce sont des gens qui sont essentiels. Si ces gens-là doivent quitter, parce que leur permis de travail se termine durant la prochaine année de 2026, on parle au CHU de Québec de 453 personnes qui pourraient être touchées, dont près de 200, qui vont avoir leur permis de travail se terminer d'ici novembre 2026. Ce sont des équipes qui tombent en détresse, ce sont des drames humains qui fonctionnent, ce sont des collègues, des camarades qui voient leurs gens quitter, c'est une surcharge qui augmente et c'est la panique dans nos hôpitaux, dans la région. Et ça, on ne peut pas l'accepter. Et le gouvernement du Québec ne peut pas rester muet et ne pas entendre ce cri du cœur.

Alors, il ne faut pas se déconnecter du terrain. Les gens sont déjà là, ils parlent français, ils paient leurs impôts, ils doivent pouvoir rester au Québec. Nous autres, on ne lâchera pas jusqu'à temps qu'on obtienne cette clause grand-père qui a des impacts importants dans l'ensemble des secteurs de la société. Merci.

Pour vous parler de d'autres... de d'autres impacts majeurs au CIUSSS de la Capitale-Nationale, je vous présente Myriam Belley. C'est une représentante syndicale et elle est elle-même préposée aux bénéficiaires et pratique ce métier avec cœur et passion, au jour le jour.

Ça fait que, Myriam, je t'invite à venir.

Mme Belley (Myriam) : Bonjour, je me présente, Myriam Belley, préposée aux bénéficiaires au centre intégré universitaire en santé et services sociaux. Actuellement, il y a environ 637 travailleuses et travailleurs étrangers

temporaires qui occupent des postes essentiels, comme le soutien aux soins, les paratechniques et le soutien administratif. Si on perd ces personnes, ce ne sera pas seulement un problème administratif, ça va se traduire concrètement par une surcharge de travail pour les équipes déjà épuisées par des services plus difficiles à maintenir. Le réseau devra fonctionner en mode urgence et, finalement, ce sont les patients et les aînés qui vont subir les conséquences. En ce moment, on parle déjà d'une pénurie de main-d'œuvre. Retirer ces travailleuses et travailleurs ne réglera rien, ça va empirer la situation, autant pour le personnel que pour la population. Merci.

M. Isabelle (Xavier) : Alors, bonjour à tous. Merci. Donc, je m'appelle Xavier, je suis président du Syndicat des techniciens, professionnels du réseau de la santé et de la Capitale-Nationale.

Mme Lajoie (Patricia) : Patricia Lajoie, vice-présidente et représentante de la FIQ pour la Capitale-Nationale.

M. Isabelle (Xavier) : Nous aussi, aujourd'hui, on est là pour dénoncer le coup de hache que le gouvernement a mis dans le programme de régionalisation. C'était des sommes qui étaient allouées pour venir en aide aux demandeurs d'asile et il allouait des sommes à la clinique des demandeurs d'asile qui offraient vraiment des services de coordination et d'accompagnement auprès de cette... de ces personnes-là vulnérables. On parle ici de quatre postes d'infirmières et de travailleuses sociales qui ont été abolis suite à ces coupures-là. Ici, ce sont vraiment... on parle de services directs à la population, des gens qui œuvraient, mais vraiment, au contact de ces personnes-là. C'est des services qui, notamment, permettaient des accès à des soins essentiels, à de l'aide juridique, à de la francisation, à de l'emploi, à du logement. Donc, on est vraiment... Ça affecte au premier niveau de besoins de la population immigrante des demandeurs d'asile.

C'est des coupeurs qui... sont des coupures qui vont avoir des impacts majeurs. On parle vraiment... on parle ici de femmes, d'hommes, mais surtout de femmes enceintes puis des familles qui vont se ramasser avec un trou de services, qui ne sauront plus vers qui se tourner. Pour nous, c'est vraiment alarmant, voire même catastrophique.

Si on fait référence à ce que nos professionnels, autant infirmières et travailleuses sociales, faisaient, on parlait d'accompagnements globaux qui notamment réduisaient les crises suicidaires, qui permettaient de réduire les visites à l'urgence, de réduire tous les signalements au niveau de la DPJ, permettaient une évaluation de l'état de santé psychologique et physique de ces gens-là afin de les orienter dans les bons secteurs, il faut comprendre que ça offrait aussi un soutien parce que ces gens-là, c'est un soutien direct contre l'abus et la violence qu'ils subissent ou qu'ils pourraient subir. Donc, on voit vraiment ici un trou que ça va laisser.

Mme Lajoie (Patricia) : Dans le fond. Il faut savoir qu'à la Capitale-Nationale, les demandeurs d'asile, bien, ils ont souvent des profils puis des parcours un peu plus complexes que les personnes qui arrivent à Montréal. Malheureusement, le financement pour les services régionaux et les professionnels, bien, ça a été coupé, là, sur la base des indicateurs, mais qui sont peu fiables et qui ne prennent pas en compte la réalité observée et vécue ici, à la Capitale-Nationale. En coupant ces postes-là, bien, la CAQ, il ne fait pas d'économies, mais pas du tout. Au contraire, il crée du chaos, de la souffrance dans les familles, mais aussi dans le réseau de la santé et des services sociaux. Personne n'y gagne.

Que ce soit clair, un immigrant, ça ne devrait pas être une statistique ou le résultat d'un pointage. C'est à la fois un investissement social, économique et culturel pour le Québec. M. le ministre, rétablissez l'entièreté du programme de régionalisation des demandeurs d'asile pour la Capitale-Nationale, en incluant les services spécialisés et essentiels que sont la Clinique de santé des réfugiés, et garantissez le maintien en poste à nos travailleurs étrangers et un meilleur soutien à ces demandeurs d'asile qui arrivent à la Capitale-Nationale. Merci. Alors, je vais passer la parole à M. Pascal Côté, président de la CSQ.

M. Côté (Pascal) : Donc, Pascal Côté, troisième vice-président de la Centrale des syndicats du Québec. Vous savez, à la CSQ, en plus des travailleuses, des travailleurs de la santé, nous représentons aussi des travailleuses, travailleurs de l'éducation, de la petite enfance, de l'enseignement supérieur et également du communautaire, et ce sont tous des secteurs qui sont touchés grandement par l'abolition du PEQ en novembre dernier.

Comme mentionné plus tôt, ces personnes sont ici parce qu'on est allé les recruter. C'est grâce à leur travail et leur expertise qu'elles soutiennent les services publics et parapublics qu'on est capable de donner à la population. Il ne faut pas oublier aussi les étudiantes et les étudiants internationaux pour qui le PEQ a été aboli également dans le programme des diplômés, qui contribuent fortement à notre économie, à la qualité de l'enseignement supérieur, à la recherche et au développement au Québec. En région, ces étudiantes et étudiantes-là contribuent notamment au maintien de programmes, entre autres, en santé. Dans les 12, 18 derniers mois, nous avons eu des changements drastiques dans les règles des programmes en immigration, sans aucune évaluation rigoureuse des impacts tant sur les personnes que sur les services. C'est une catastrophe pour notre économie, catastrophe pour nos entreprises, catastrophe pour les services publics mais aussi une catastrophe sur le plan humain pour les vies de ces personnes et ces familles-là qui ont tout quitté pour venir travailler ici.

Il y a urgence d'agir, urgence d'agir maintenant, pas dans deux mois. Et j'insiste sur un point, un point que je trouve extrêmement important. Quand il est question d'une clause grand-père avec le PEQ, on parle de quelques dizaines de milliers de personnes qui sont actuellement ici, sur le territoire québécois, en emploi, comme mentionné tout à l'heure, qui paient des taxes, des impôts, qui contribuent à nos services, des gens qui sont déjà ici, et qu'on est allé recruter. Et ajoutons que ces personnes-là doivent maîtriser un haut niveau de français pour être éligibles au PEQ. Merci.

M. Cliche-Rivard : Merci beaucoup pour ces partages. Écoutez, plus on avance dans le dossier du PEQ, plus on avance dans un déficit démocratique établi, là. L'ensemble de la société civile est d'accord. Les maires et mairesses du Québec sont d'accord. Le milieu syndical est d'accord. On l'a dit tout à l'heure, le patronat est d'accord. Le milieu aussi de l'enseignement universitaire et collégial sont d'accord. Tout le monde est d'accord, en fait, sauf Jean-François Roberge, qui continue à s'entêter seul. Et ça en dit long, là, sur la façon de gouverner de ce gouvernement-là qui refuse d'écouter ceux et celles qui sont sur le terrain, alors que là, on est en train de se mobiliser, finalement, pour la préservation de nos services publics.

À tous les jours, il y a des permis de travail qui expirent à tous les jours. À tous les jours, il y a des préposés aux bénéficiaires, des infirmières, des auxiliaires, des gens dans le réseau de la santé mais aussi dans toutes les autres sphères de l'économie qui quittent le Québec. Ils et elles n'ont pas d'autre choix, soit ils ont reçu ou elles ont reçu une invitation dans une autre province, soit elles partent ou ils partent parce que leur permis est expiré. Et ceux qui en souffrent fondamentalement, ce sont nous. C'est la société québécoise qui en souffre particulièrement. Et je ne peux pas concevoir qu'on continue de faire la sourde oreille du côté gouvernemental. Les intervenants l'ont dit, ce n'est pas dans deux mois qu'on a besoin de la clause de droits acquis, c'est tout de suite pour arrêter l'hémorragie dans un réseau de la santé qui est déjà très affaibli.

En terminant, mon collègue Andres Fontecilla tient actuellement une pétition sur le site de l'Assemblée nationale pour demander le retour du PEQ. En presque un petit peu plus de 10 jours, il y a quelques 12, 13 000 personnes qui ont déjà signé cette pétition-là. Ça fait la preuve, encore une fois, d'à quel point la société civile est unie et unanime pour revendiquer le retour du PEQ. Alors, alors que Mme Fréchette a dit oui, alors que M. Drainville a dit oui aussi, véritablement, là, M. Legault et M. Roberge doivent se sortir la tête du sable et agir rapidement pour le retour du PEQ. Merci.

La Modératrice : ...la période de questions. Si possible de dire à qui s'adresse votre question.

Journaliste : Oui. Jean-François Poudrier de Noovo info. Bon. À la personne qui va se sentir la mieux apte à répondre. Il y a M. Roberge qui avait promis, il y a quelques jours, que tous les travailleurs de la santé allaient être acceptés dans le nouveau Programme de sélection des travailleurs qualifiés. Je voulais savoir ce que cette annonce-là vous vous dit. Est-ce que ça vous rassure? Est-ce que ça ne change pas grand-chose à votre... votre situation?

M. Proulx-Duperré (François) : Ce qu'on sent, là, c'est que le ministre Roberge, là, il achète du temps depuis l'automne. À l'automne, et lui, et le premier ministre Legault, ils ont dit : Les gens n'ont pas à s'inquiéter, ils vont pouvoir rester. On n'a pas de garanties écrites. Première affaire.

Deuxième affaire. Le ministre Roberge, il a dit que les 6 300 travailleuses et travailleurs de la santé et des services sociaux au Québec allaient pouvoir rester d'ici la fin 2026, mais ce qu'il... ce qu'il ne met pas dans l'équation, c'est que déjà depuis novembre 2025, les permis de travail se terminent. Et, étant donné qu'ils ne donnent pas de CSQ, bien, les gens ne peuvent pas se retourner du côté du fédéral pour aller demander la résidence permanente. Ça fait que Roberge, là, qu'il arrête de pelleter ses affaires dans la cour du fédéral puis qu'il s'occupe de notre monde au Québec ici, il a le pouvoir d'octroyer des CSQ en donnant une clause grand-père par le PEQ et en mettant moins de... de bourbiers administratifs par rapport à son PSTQ.

Donc, en ce moment, ce qu'on attend, c'est des garanties, parce que, quand on se retourne du côté du CIUSSS, du côté du CHU, toutes les personnes qui sont avec nous aujourd'hui ont challengé les employeurs pour avoir : Est-ce qu'on a des garanties du ministre? Pour l'instant, on n'a pas de garanties à part qu'il devrait être accepté par le PSTQ d'ici la fin de l'année, mais ça, ce n'est pas des garanties, c'est un an de permis de travail qui se termine et de gens qui vont devoir quitter le Québec.

Journaliste : Est-ce que vous avez une évaluation par rapport au nombre de gens, justement, qui pourraient devoir quitter si c'est d'ici la fin de l'année, là? Puis, aussi, le fait qu'on a... on a vu dans Le Devoir la semaine dernière qu'il y avait cinq personnes qui avaient été acceptées dans... dans le PSTQ. Ça n'a pas l'air d'aller très rapidement non plus, là.

M. Proulx-Duperré (François) : Depuis juillet 2025, le gouvernement du Québec a octroyé cinq certificats de sélection du... moins de cinq certificats de sélection du Québec. Ça, c'est... c'est grave, là. Ça, ce n'est... ce n'est pas juste grave, c'est aussi de mentir à la population, parce que, lorsque Roberge dit : Le PSQ va être capable d'accueillir des milliers de personnes par mois, ce n'est tout simplement pas... les faits ne sont pas là. Cinq personnes qui ont obtenu... moins de cinq personnes qui ont obtenu un CSQ depuis juillet, c'est très grave. Et il faut penser que le PEQ avait été placé sous moratoire en novembre 2024, déjà, une première fois. Donc, ça veut dire qu'au Québec là, ce n'est pas compliqué, le gouvernement de la CAQ empêche les travailleuses et travailleurs étudiantes et étudiants d'aller vers un CSQ, qui va les amener vers la résidence permanente de façon majeure et massive.

Après ça, si on veut des chiffres, on en a. Au CHU de Québec, on a 453 personnes, en ce moment, qui sont des travailleuses, travailleurs avec des permis temporaires. De ce nombre, 187 arrivent à échéance durant 2026. Et, de ces personnes-là, probablement que la moitié, si ce n'est pas les trois quarts, sont à haut niveau de ne pas être capables d'être renouvelées à temps. Donc, ça, c'est des centaines de personnes en moins sur le plancher pour faire le ménage, apporter les cabarets de nourriture, puis notre... nos personnes tiennent déjà le réseau de la santé et des services sociaux à bout de bras, puis c'est des services de moins pour le monde. Ça fait que ça, c'est... c'est très grave.

Journaliste : Il y a deux mois... Oui, allez-y, allez-y.

M. Côté (Pascal) : Peut-être un petit bout. Le PSTQ, c'est un programme qui est opaque, on ne connaît pas les critères, on ne sait pas quand les invitations vont être envoyées, à qui, à combien de personnes, dans combien de temps. Le PEQ, si on parle d'une clause orphelin, on sait c'est quoi, les critères. On sait que les gens doivent être ici en emploi depuis 24, 36 mois, on sait qu'ils doivent avoir un haut niveau de maîtrise du français. Donc, ça, ça donnait de la prévisibilité, ce qu'on n'a pas avec le PSTQ. Et, comme les collègues l'ont mentionné, moins de cinq invitations depuis l'entrée en vigueur...

M. Cliche-Rivard : En juillet.

M. Côté (Pascal) : ...en juillet dernier, c'est comme... ça ne marche pas, là.

Journaliste : Et le deux mois qui... qui reste, en fait, avant que, peut-être, Mme Fréchette ou M. Drainville décident d'y aller avec des clauses grand-père ou clauses grand-père pour certains secteurs... on s'imagine que la santé fait partie de ça... mais c'est deux mois où il ne se passe rien, là. À quel point ça, c'est dommageable pour... pour le milieu?

M. Côté (Pascal) : C'est dans l'ensemble des secteurs qu'il ne se passe rien. Et, d'ici deux mois, là, demain matin, après-demain, il y en a, des gens qui perdent leur permis de travail temporaire, qui avaient été octroyés. Si les CSQ étaient octroyés, si on ouvrait pour la clause grand-père, ce serait beaucoup plus facile pour eux autres de renouveler leur permis de travail. Ils ne seraient pas en situation de devoir plier bagage puis s'en retourner, ils resteraient. Puis, on le répète, c'est des gens qui sont actuellement ici, qui travaillent, qui rendent des services à la population, ou qui sont dans... sont dans nos usines actuellement. Il n'y a aucune prévisibilité pour eux autres. Et, malheureusement, il y en a qui vont devoir quitter.

Mme Lajoie (Patricia) : Juste pour rajouter, pour les chiffres pour la Capitale-Nationale, c'est plus de 200 infirmières, infirmiers. Il y a aussi des préposés aux bénéficiaires qui sont là puis qu'on... dont on a besoin, là. Si vous allez dans les CHSLD, je vous invite à aller faire un tour, il y a beaucoup de populations immigrantes. Le système, je vous dirais, pour les personnes âgées, les soins aux personnes âgées, ne tient quasi que par ces personnes-là. Donc, s'ils s'en vont, c'est nos CHSLD qui s'écroulent.

Journaliste : Dan Spector, from Global News. Mr. Cliche-Rivard, M. Grandmont, just wondering what this gathering here says about the effects of this policy on the health care network.

M. Cliche-Rivard : Well, there's dramatic effects on the services that people are receiving in the health care system. I mean, it's been documented now for many, many days that, every day that passes, there's work permits that expire, and we're losing nurses, we're losing people working directly into care to patients, and Quebeckers are... are paying the note at the end of it, because there's lack and lack of services. We already know how much the social and health services are being impacted every day because of the shortage of workers, and now, the Government's solution to this is to jeopardize people's conditions now on the ground by not allowing them to stay here in Québec. It's absolutely catastrophic, what's happening. And what we're requesting, what the unions are requesting is for Min. Roberge to set up a grandfathering clause right away, for these people, to be here... to stay here and to keep helping our health services and social services going forward.  

M. Proulx-Duperré (François) : And, if I may...

M. Cliche-Rivard : Yes, please.

M. Proulx-Duperré (François) : ... every day that passes, we are losing people that speak French, are integrated, and that are helping us with... in our shops and in our public services in the province of Québec. This is really an important matter. We cannot wait until the 12th of April to have some news about it. We've been waiting too long now, the Government needs to act now. And the people every day are telling us that's... it's a tragedy and we need to take matter, and we... we need to take action now about it.

Journaliste : ...name and your title?

M. Proulx-Duperré (François) : Yes. My name is François Proulx-Duperré. I'm general secretary for the CSN in Québec and Chaudière-Appalaches.

Journaliste : OK. And I'm wondering if you or anybody else here who's comfortable to speak in English has just a specific example of a coworker or somebody who is perhaps going to be forced to leave, just maybe a humane example to sort of illustrate your point.

M. Proulx-Duperré (François) : Well, in the hospitals in the area of Québec, our workers are working in the five biggest hospitals and the people that our taking care, «les préposés aux bénéficiaires», I don't know how to say this...

Journaliste : Its orderly?

M. Proulx-Duperré (François) : ...orderly, the orderly, the people that gives food to the people that are in the hospitals, these are the people that we are talking about. In the big hospitals, wer'e talking about 453 persons who have closed permits that maybe are going... going to have to leave during... 2026. And in the CIUSSS, we're talking about more than 600 workers that are giving everyday care. And, those people, we have so many examples, I cannot point you one specific, but we have so many examples of people that every day... And these are... these are human tragedy. If we are putting aside the economic values of these people, these people have human value here. They came... They came here to help us. They left everything behind with the promise that they could stay here after two years, and the good French level. And now the... the provincial Government are breaking... are breaking their hopes and their dreams.

Journaliste : OK. Thank you.

La Modératrice : Merci, tout le monde.

(Fin à 12 h 58)