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Point de presse de Mme Maïté Blanchette Vézina, députée de Rimouski

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Tuesday, February 17, 2026, 13 h 15

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Treize heures seize minutes)

Mme Blanchette Vézina : Bonjour, bonjour. On est là aujourd'hui pour réagir au rapport de la commission Galland, bien sûr, et aussi concernant l'annonce de la candidate à la chefferie de la CAQ, Mme Christine Fréchette, concernant le troisième lien.

Donc, d'entrée de jeu, rapport Gallant, qui met en lumière des lacunes importantes qui... qui permettent à la fonction publique, à certains employés de la fonction publique d'agir de... en toute impunité avec les fonds publics des citoyens. C'est tout à fait inacceptable. Alors... Et qu'est-ce qui nous dit qu'il n'y en a pas d'autres? Je pense qu'il faut... Oui, il a fallu mettre en lumière ce qui se passait à la SAAQ pour comprendre qu'il y avait un problème dans la gestion des contrats de... informatiques au gouvernement. Il y a un ministère de la Cybersécurité et du Numérique. À quoi sert-il? Et est-ce que le gouvernement va aller plus loin en faisant la lumière aussi sur les autres contrats informatiques? Je laisserais la parole à M. Éric Duhaime, qui est chef du Parti conservateur.

M. Duhaime (Éric) : Merci beaucoup, Maïté. Bonjour à tous. Merci d'être là. On pourrait aujourd'hui faire comme les autres partis d'opposition, là, puis essayer de savoir qui est le responsable politique du fiasco puis essayer de voir si c'est le cabinet du premier ministre plus que le cabinet de... ou la ministre Guilbault, ou l'ex-ministre Bonnardel, ou l'ex-ministre Caire, mais je pense que, pour avoir lu de longs extraits, hier soir, du volumineux rapport, on voit qu'il y a un problème, clairement, d'abord et avant tout, bureaucratique, là. Il faut... il faut nommer ce qui est... ce qui est écrit dans le rapport. 1,1 milliard de dollars pour un site Web transactionnel, ce n'est pas rien.

Mais, cela étant dit, pour nous, ce n'est malheureusement pas juste un cas isolé, hein, c'est une... c'est la pointe de l'iceberg à plusieurs égards. On le sait, qu'il y en a d'autres. On le sait, qu'à chaque fois qu'il y a un contrat informatique... on voit ce qui se passe. Il y a un modèle bureaucratique, au Québec, avec un État qui dépense énormément, qui contrôle, qui intervient, et, pour nous, c'est une grosse partie du problème.

Et, malheureusement, il n'y a aucun des partis, présentement, représentés à l'Assemblée nationale qui veut s'attaquer à ce mammouth. Oui, il faut appliquer les recommandations du rapport sur l'imputabilité, notamment, et la transparence. Oui, il faut congédier les incompétents, comme M. Drainville l'a dit. Oui, il faut poursuivre les coupables, comme M. Legault et Fréchette l'ont... Mme Fréchette l'ont dit. Mais, d'abord et avant tout, il faut commencer à baisser les impôts des gens puis baisser surtout les dépenses gouvernementales pour des projets comme ceux-là.

Comment ça se fait que, dans d'autres provinces, au Canada, on soit capable de faire ça avec un ministère regroupé des services gouvernementaux pour une fraction du prix? C'est ça, qu'il faut se poser comme question d'abord et avant tout. Quand on lit le rapport, on voit que le problème, à la base, c'est le modèle bureaucratique québécois qui est en cause.

Pour ce qui est, finalement, du deuxième dossier aujourd'hui, qui est d'actualité, évidemment, c'est la partie de ping-pong à la CAQ au sujet du troisième lien qui se poursuit. C'est un nouvel échange aujourd'hui. Malheureusement, il y a toujours le même problème avec la CAQ quand il est question du troisième lien dans la grande région de Québec, c'est : plus personne ne les croit.

Là, aujourd'hui, Mme Fréchette nous dit que le tracé de centre-ville à centre-ville, il n'est pas bon. Je pense qu'à part la CAQ tout le monde a compris ça à Québec. Malheureusement, elle arrive avec une solution pour étirer la sauce, reporter ça aux calendes grecques. Elle ouvre même la porte... ça, je tiens même... je tiens à le souligner, elle ouvre même la porte à ce que ça passe par l'île d'Orléans, alors que son gouvernement a commandé un rapport à la caisse de dépôt et de placement du Québec Infra en excluant le lien... le troisième lien à l'est, en excluant ce qui était à l'extérieur de la RMR de Québec, là, la Région métropolitaine de recensement de Québec. Donc, il faut le souligner.

Mais, de façon générale, je pense que ce qui ressort de cet échange-là, c'est que, la prochaine élection à Québec en octobre prochain, il va y avoir deux choix clairs par rapport au troisième lien autoroutier entre nos deux rives, entre la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches, c'est : Est-ce que vous êtes contre puis voulez appuyer le Parti québécois ou est-ce que vous êtes pour puis vous voulez qu'il passe par l'île d'Orléans à moindre coût, le plus court tracé, le plus rapide à construire, le plus appuyé par la population, et ça sera l'option du Parti conservateur du Québec?

Sur ce, ça va maintenant nous faire plaisir de répondre à vos... Ah! peut-être, tu veux parler.

Mme Blanchette Vézina : Peut-être sur le troisième lien. Bien, simplement...

M. Duhaime (Éric) : Ah oui! C'est vrai, tu veux parler, excuse.

Mme Blanchette Vézina : Pas de problème. Mais, en fait, sur le troisième lien, lorsque j'ai quitté, je mentionnais que toutes ces tergiversations là ne servaient pas le public. Et encore une fois, dans ce dossier-là, je m'imagine mal que le ministre des Transports actuel peut avancer dans ce projet-là. Les dernières sommes qui ont été engagées l'été dernier, c'est plusieurs centaines de millions de dollars pour faire avancer un projet qui, encore une fois, est à recommencer.

Et, au nombre d'études, d'analyses, de forages qui ont été faits, j'essaie de voir combien de troisièmes liens auraient pu être construits, là, dans toutes ces années, où il y a des fonctionnaires qui ont travaillé, où il y a des analyses qui ont été faites sur différents tracés, où la CDPQ Infra est arrivée dans le dossier, où on a changé le tracé, des bitumes, des monotubes. Écoutez, on a plusieurs projets de développement économique, de développement routier, d'entretien du réseau routier qui attendent dans le PQI, dans le plan québécois pour les infrastructures, pendant que la Coalition avenir Québec fait des allers-retours dans un projet, dépensent des sommes qui appartiennent au public, qui viennent des fonds publics, des impôts, des taxes payées par les citoyens.

Alors, ça va prendre combien de... combien d'études et d'analyses encore avant de comprendre que ce n'est pas le bon gouvernement qui est... qui est en place pour faire avancer quoi que ce soit en termes de développement économique pour les régions?

Journaliste : Mme Blanchette Vézina, vous étiez ici, autour de la table du Conseil des ministres, en février 2025, lorsque le rapport de la Vérificatrice générale a été déposé. Qui avait donné le mot d'ordre de la ligne de communication de dire que personne n'était au courant de l'explosion des coûts?

Mme Blanchette Vézina : Bien, écoutez, on... je pense que le rapport est clair sur la question, là, il y a eu de l'information qui a été donnée à certains cabinets, je pense qu'il y a des choses qui doivent être appliquées. Et d'ailleurs, par rapport aux rapports de la commission puis aux actions du gouvernement et de la ministre du Duranceau, de mettre en place un comité de suivi piloté par, oui, la ministre, la présidente du Conseil du trésor, mais aussi par des fonctionnaires, il me semble que c'est un peu incohérent de demander à des fonctionnaires d'agir puis de faire un suivi sur des questions qui les concernent.

Journaliste : Vous comprenez ma question. Est-ce qu'il y a un malaise, aujourd'hui, vous pensez, au sein du Conseil des ministres, d'avoir défendu cette version des faits?

Mme Blanchette Vézina : Bien, je pense que le rapport, il est clair sur qui a su quoi, quand. Pour le reste, je m'attends et j'espère que le gouvernement va mettre en place des recommandations, mais de manière sérieuse, et va regarder aussi...

Journaliste : ...au Conseil des ministres à l'époque. Est-ce qu'il y a des ministres qui vous ont dit : Jamais on ne nous a présenté le portrait clair? On voit avec M. Ducharme, il a... quand il est arrivé en poste est allé en toute transparence. Donc, il a fourni l'information. C'est lui qui est... qui est finalement... était presque le héros de cette histoire-là, là, quand on lit le rapport. Alors qu'il a été congédié par Mme Guilbault, puis qu'on se rend compte aujourd'hui qu'en 2023 il avait donné l'entièreté de l'information.

Mme Blanchette Vézina : Bien, je pense que vous avez entendu les principaux intervenants à la commission Gallant, on avait la même information. Mais aujourd'hui la lumière a été fait sur ce dossier-là. Je pense qu'il faut élargir et regarder comment fonctionne la fonction publique en ce moment dans les dossiers de gestion informatique, à quoi sert le ministère de la Cybersécurité et du Numérique, si ce n'est pas de faire des suivis comme ceux-là, s'assurer de la saine gestion des finances puis des projets informatiques. Je pense que ça démontre qu'il y a, et c'est dit dans le rapport également... il y a une question de compétence au sein de certains cabinets. Puis ce serait important que ce soit regardé aussi par le gouvernement, au-delà d'un comité de suivi présidé par la présidente du Conseil du trésor avec fonctionnaires qui sont juges et parties.

Journaliste : ...est-ce que vos collègues, comme Mme Guilbault, vous ont menti?

Mme Blanchette Vézina : Bien, écoutez, vous avez eu la même version que nous avons eue, là, en commission... à la commission Gallant.

Journaliste : Oui, mais je vous le demande à vous, là : Est-ce que vous vous êtes senti trahie quand vous voyez le rapport Gallant?

Mme Blanchette Vézina : Bien, je pense que la lumière devait être faite. Elle a été faite sur ce projet-là. Je m'attends à ce que le gouvernement ajuste maintenant pour ce, ce dossier, mais les autres également.

Journaliste : Sur le troisième lien, on entend souvent, là, que c'est un projet qui va être bon pour l'est du Québec, là. Charles Milliard l'a répété, là, aujourd'hui. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça, que c'est bon pour la Gaspésie puis le Bas-Saint-Laurent, le troisième lien?

Mme Blanchette Vézina : C'est bon pour les personnes qui veulent transiger. Je pense que le développement économique... Pour faire du développement économique, ça prend de la... ça prend de la mobilité des biens, ça prend de la mobilité des personnes, ça prend des routes qui sont, oui, sécuritaires. Puis, un troisième lien à l'Est, c'est bon pour le développement de Bellechasse et de la rive nord du Québec. Puis, l'autoroute 20, bien, on parle de 30 millions de dollars pour finaliser la route qui va se rendre dans la capitale de l'est du Québec qui est sur pause depuis un an et demi parce que le gouvernement priorise un projet qu'il n'est pas capable de livrer.

Journaliste : Je vous pose la question parce que c'est une des critiques, quand même, que vous avez faites lorsque vous êtes partie de la CAQ, en disant qu'il y a un paquet de projets... Puis là on apprend aujourd'hui qu'on ne sait pas trop ce qu'il va arriver avec le tramway à Gatineau, des prolongements d'autoroute au Saguenay, dans votre région, qui ont été remis à plus tard, en Outaouais aussi. Donc, la... Je veux dire, veux veux pas, quand on regarde le projet qui est sur la table, qui va coûter à peu près 10 milliards, bien là, il y a des choix à faire. Donc, si on fait... on met ce 10 milliards là, on ne le met pas ailleurs... Donc, c'est pour ça que je vous pose la question sur l'est du Québec.

Mme Blanchette Vézina : C'est ce que... C'est ce que je mentionnais effectivement, quand j'ai... quand j'ai quitté, en disant : Ce projet-là, je ne pense pas qu'il va se réaliser par la CAQ. Mais, pendant ce temps-là, on injecte des sommes qui pourraient servir à d'autres projets. Mais je pense que le troisième lien est important pour le développement de Bellechasse puis de la rive nord du Québec, là. C'est juste qu'en ce moment, la Coalition avenir Québec, elle a perdu toute crédibilité dans le dossier. Puis on le voit encore aujourd'hui, là, ça se lance la balle, ça joue au ping-pong encore une fois.

Journaliste : ...vous parlez que le problème par rapport à la SAAQ, c'est un... il y a un problème de bureaucratie.

M. Duhaime (Éric) : Oui.

Journaliste : Mais, ce qu'on comprend, le juge, le commissaire Gallant a parlé du fait qu'il n'y avait pas, justement, d'expertise au sein du ministère pour pouvoir contredire ce que Karl Malenfant disait ou proposait. Vous, est-ce que vous allez mettre en place, si jamais vous étiez... est-ce que vous vous engagez à embaucher plus de gens qui s'y connaissent dans le domaine, avec des vraies paies qui puissent les attirer?

M. Duhaime (Éric) : Ce que j'ai compris aussi du rapport, c'est que les ministères... ont fonctionné en vase clos, là. Puis justement l'expertise qui était ailleurs, on n'y avait pas recours aussi. Ça aussi, on peut le... on peut le noter. Cela étant dit, pour nous, l'objectif, là, c'est de réduire la taille de l'État puis qu'il y en ait moins, de projets comme SAAQclic, et qu'il y ait... il y ait plus de décentralisation, qu'il y ait moins de gaspillage gouvernemental, moins... Quand je vous ai parlé tantôt, par exemple, de regrouper les services comme on fait en Ontario. En Ontario, là, vous allez puis toutes les... tous les services gouvernementaux sont regroupés à un seul poste. Pourquoi, au Québec, il faut... il faut que... chacun ait sa chasse gardée avec son budget? Puis c'est normal que l'expertise, il y en ait moins parce qu'on l'a diluée puis on l'a divisée. Et c'est... c'est en partie le problème. Et je pense que le rapport met le doigt... sur le bobo. Merci beaucoup. Bonne journée!

(Fin à 13 h 27)

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