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(Huit heures quarante-quatre minutes)
M. Fortin :
Bonjour. Bonjour, tout le monde. Merci d'être là, encore une fois, en très
grand nombre. Je vous présente le chef du Parti libéral du Québec, M. Charles
Milliard.
M. Milliard (Charles) : Bonjour,
tout le monde. Merci beaucoup. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Donc,
il y a eu... l'actualité est foisonnante cette semaine, comme vous le savez
assurément. Ça a masqué, en fait, un dossier dont on a peu parlé cette semaine,
qui a été masqué, donc, par le rapport Gallant, mais aussi par la nouvelle
mouture du troisième lien de la CAQ, c'est la question du tramway de Gatineau,
alors, hein, Gatineau, qui est la quatrième ville du Québec. J'ai eu le bonheur
de rencontrer la mairesse de Gatineau la semaine passée, mercredi dernier. On s'est
d'ailleurs enthousiasmé du projet que Gatineau aurait enfin un réseau de transport
structurant. Eh bien, la nouvelle est tombée cette semaine, ce sera patate,
comme dirait mon ami Marc Tanguay.
Alors, vous savez que, dans le cadre de
mes... de ma présentation cette semaine à Trois-Rivières, je veux mettre les
régions en priorité. Et ce que fait la CAQ, en ce moment, dans le dossier de
tramways de Gatineau, c'est exactement l'inverse de ce qu'on veut faire, c'est-à-dire
de retirer des pouvoirs à une municipalité au bureau de projet de tramway
Gatineau et venir faire mourir le projet, venir le faire étouffer, manquer d'air
dans un bureau à Québec, à Mobilité Infra Québec. Donc, le tramway, c'est un
projet qui est essentiel pour la mobilité. Les 163 millions de dollars qui
étaient promis, donc, ne sera plus utilisé pour ce projet-là. Et c'est un
projet qui faisait l'unanimité. Donc, maintenant, toute la région est mobilisée
derrière la mairesse pour déplorer cette réalité-là. C'est un visage aussi du
définancement de la région de l'Outaouais, et André va en parler dans quelques
secondes.
Alors, faire confiance aux municipalités,
c'est faire exactement l'inverse. Si on veut livrer des projets régional... des
projets régionaux, il faut justement faire confiance aux régions, aux
municipalités, et c'est exactement ce qu'on veut faire, au Parti libéral du
Québec, s'assurer que le pouvoir... donner du pouvoir aux villes, c'est donner
du pouvoir aux Québécois. Alors, je vais céder la parole à André.
M. Fortin :Merci, merci beaucoup. Moi, je veux vous partager un sentiment
qui habite beaucoup... qui habite beaucoup de gens de l'Outaouais cette
semaine, c'est qu'encore une fois la région de l'Outaouais, elle est abandonnée
par le gouvernement de la CAQ. C'est 163 millions de dollars qui sont
perdus pour la région, un investissement qui est retiré. Et, même
financièrement, je vais arriver à l'impact sur le citoyen, mais, même
financièrement, cette décision-là, elle ne fait aucun sens, parce que ce qu'on demande,
essentiellement, c'est de démanteler un bureau de projet, de résilier des
contrats qui sont en marche. Ça a un coût énorme de démanteler un bureau de
projet comme celui-là, alors que le bureau de projet avait déjà 50 personnes
qui travaillaient là, avait déjà l'expertise nécessaire pour continuer son
travail. Et, ce faisant, le signal qu'on envoie à Gatineau, c'est de dire :
Bien, les sommes qui étaient prévues, elles vont être redistribuées ailleurs au
Québec, dans d'autres projets de mobilité. Peut-être que ça va être à Québec,
peut être que ça va être à Montréal, mais on laisse tomber le financement du
projet de Gatineau. Et ça, c'est une lourde perte pour la région, qui s'ajoute
à une série de décisions contraires aux intérêts de la région. Cette semaine,
on abandonne le projet de tramway de Gatineau. Avant ça, c'était le projet de
campus unifié qui avait été promis, pendant des années, par la Coalition avenir
Québec. L'élargissement de l'autoroute 50, qui se retrouve dans les limbes
en ce moment, on ne sait pas ce qui s'en vient pour la suite, des programmes au
cégep, qui accusent déjà un retard important par rapport à d'autres cégeps qui
ont été abandonnés.
Je peux faire la liste comme ça longtemps,
mais c'est la région au complet qui se sent abandonnée par la CAQ, et il n'y a
personne, personne au gouvernement qui ose défendre ces décisions-là, ni le
ministre des Transports, ni le ministre régional, personne n'ose exprimer aux
gens de l'Outaouais pourquoi on renie aujourd'hui la parole du gouvernement. C'est
un abandon complet de la région.
Journaliste
: Sur Marwah
Rizqy, est-ce que la discussion est terminée?
M. Milliard (Charles) : Alors,
comme j'ai mentionné hier, on va vous donner une réponse à cette importante
question cette semaine. On est mercredi matin.
Journaliste
: Il reste
demain.
M. Milliard (Charles) : On
est mercredi matin. Alors, vous allez... vous allez avoir de mes nouvelles
cette semaine. Je ne peux pas être plus clair que ça, là. C'est la question la
plus claire.
Journaliste
: ...lui
avez-vous parlé, M. Milliard? Est-ce que vous avez parlé à Mme Rizqy?
M. Milliard (Charles) : Bien
sûr, j'ai parlé à Mme Rizqy. J'ai parlé à chacun des membres du caucus. Je fais
mon travail, je fais ma diligence.
Journaliste
: Qu'est-ce
qu'elle vous a dit?
M. Milliard (Charles) : Ah!
bien, c'est une conversation qui est privée...
Journaliste
: Je
comprends, mais est-ce qu'elle est intéressée à revenir...
M. Milliard (Charles) : ...vous
lui demanderez, c'est une conversation qui est privée. Ce qui sera public,
c'est la réponse et ma décision.
Journaliste : ...reste à
faire? C'est parce que vous vous êtes rencontrés, le caucus, hier, donc ça a dû
être abordé.
M. Milliard (Charles) : Écoutez,
il reste du travail à faire. C'est une discussion qu'on a avec le caucus. Je
n'ai pas terminé de faire mes consultations. Vous allez être les premiers à
être au courant.
Journaliste
: Pourquoi
c'est si difficile?
M. Milliard (Charles) : Ce n'est
pas si difficile. Ce qui est difficile, de toute évidence, c'est de présenter
le fait que je suis quelqu'un de rigoureux, de méthodique, quelqu'un qui veut
prendre le temps de bien faire les choses. Ça fait quelques jours que je suis à
la tête du Parti libéral du Québec, on a traversé des mois difficiles, donc je
veux prendre le temps nécessaire pour prendre la bonne décision.
Journaliste
: ...votre
choix...
M. Milliard (Charles) : Bien
sûr, bien sûr, bien sûr.
Journaliste
: ...ou
c'est le choix du caucus?
M. Milliard (Charles) :
Alors, je ne me cacherai pas derrière une décision collective. Donc, je
consulte, parce que c'est comme ça que je suis, mais je vais prendre une
décision, et ce sera la mienne.
Journaliste
: Mais
est-ce que le caucus devra être solidaire de votre décision?
M. Milliard (Charles) : Mais
bien sûr. En politique... La politique, c'est un sport d'équipe. Alors, moi, je
m'attends à ce que les gens me suivent. Et d'ailleurs le caucus était tous
derrière moi dans le cadre de la course qui vient de se terminer. Alors,
l'unité du parti, la solidarité du parti, ce sera critique pour moi.
Journaliste
: Vous
n'étiez même pas là, hein, M. Milliard, lorsque la crise est survenue, je veux
dire, dans l'entourage de Marwah Rizqy, quand c'est arrivé. Là, on ne vous
donne pas le choix de prendre cette décision-là, le choix vous revient. Je veux
dire, vous ne vous trouvez pas un peu peinturé dans le coin à ce moment-là?
M. Milliard (Charles) : Bien,
merci pour votre sollicitude, mais, en même temps, quand... quand j'ai décidé
de me...
Journaliste
: ...est
normale et sérieuse.
M. Milliard (Charles) : Oui,
oui, en fait, la question est sérieuse, et ma réponse le sera aussi, c'est de
dire qu'à partir du moment où j'ai décidé de me présenter, le 6 janvier, à la
chefferie du Parti libéral du Québec, j'étais conscient des gens qui étaient
exclus du caucus du Parti libéral du Québec, des procédures qui sont... qui
sont ou qui seront en cours au Parti libéral du Québec, et j'ai décidé que
j'allais assurer l'intendance là-dessus.
Journaliste : ...actuellement
entre Mme Rizqy, notamment, et Mme Hinse, est-ce que ça pourrait reporter votre
décision ou vous influencer dans celle-ci?
M. Milliard (Charles) : Tous
les éléments qu'on a en ce moment vont... vont jouer dans la balance, mais la
consultation, la collaboration, la solidarité au parti vont être... vont être
cruciales dans cette décision-là.
Journaliste : La Commissaire
à l'éthique a dit qu'elle analysait le rapport du juge Fournier quant à... au
bureau de cette circonscription de Saint-Laurent. Est-ce que vous en avez
entendu parler?
M. Milliard (Charles) : J'ai
pris connaissance du rapport Fournier comme... comme vous tous ici. Alors, je
n'ai pas...
Journaliste
: ...
M. Milliard (Charles) : Oui.
Oui. Ah! de la Commissaire à l'éthique, pardon. Oui, oui. Bien, écoutez, j'ai
vu... j'ai vu l'affidavit, entre autres, de M. Gosselin. Donc, on verra ce que
la Commissaire à l'éthique décidera de faire avec ça.
Journaliste
: ...ce
qu'on dit dans le rapport, notamment, c'est que le bureau de Saint-Laurent
aurait aussi... en fait, il y avait des cartes de membre, là, qui passaient,
qui transitaient par là. Est-ce que c'est un élément de votre réflexion, ça?
M. Milliard (Charles) : Tous
les éléments disponibles sont des éléments de réflexion. Alors, j'ai pris
connaissance de ça comme vous. Ça fait partie des éléments qui vont orienter ma
décision.
Journaliste
: ...cet après-midi.
Vous allez en reparler au caucus?
M. Milliard (Charles) : Bien
sûr, bien sûr, ce sera... ce sera à l'ordre du jour.
Journaliste : Est-ce que vous
êtes surpris que, justement, les... dans l'affidavit de M. Gosselin, on parle
de Saint-Laurent, mais on ne parle pas des autres... ou à peu près pas des
autres comtés des gens qui appuyaient M. Rodriguez?
M. Milliard (Charles) : Oui.
Je n'ai pas à être surpris ou pas de ça. Écoutez, moi, j'ai pris connaissance
de ça. Moi, je connais très bien ma course à la chefferie, je ne connais pas
celle des autres.
Journaliste : ...parlé à Mme
Hinse, puisque vous avez parlé à Mme Rizqy?
M. Milliard (Charles) : J'ai
parlé à Mme Hinse au début pour lui offrir mes vœux de courage dans cette
situation-là d'un point de vue humain, parce que je l'ai déjà... je l'ai déjà
côtoyée dans le passé très brièvement, mais je n'ai pas eu de discussion
politique avec elle, non.
Journaliste
: ...vous
pourriez la ramener, Mme Hinse, au sein du parti?
M. Milliard (Charles) : Ce
n'est pas dans les... Ce n'est pas dans les plans, non.
Journaliste : Mme Lakhoyan,
c'est exclu?
M. Milliard (Charles) : Mme
Lakhoyan, je l'ai croisée dans un cocktail hier ici, justement, mais on n'a pas
eu d'autres discussions pour l'instant, donc moi, je veux attendre de voir la
suite.
Journaliste : ...exclue parce
qu'il y avait une enquête de la Commissaire à l'éthique.
M. Milliard (Charles) : Oui,
je comprends.
Journaliste : Donc, si on
réintègre Mme Rizqy, bien, on pourrait dire que c'est justifié de le faire pour
Mme Lakhoyan aussi?
M. Milliard (Charles) : C'est
des dossiers séparés que je vais traiter différemment... séparément, pardon.
Journaliste : ...à peu près
plus qu'une dizaine de jours, quand même, là, avant la date limite, là, pour
modifier le projet de loi sur la rémunération des médecins. Il n'y en a pas,
d'entente avec les médecins spécialistes, actuellement. Est-ce que ça commence
à vous préoccuper?
M. Fortin :Bien, en fait, date butoir ou non, on commence à être
préoccupés, parce que, depuis des années, en fait, le gouvernement de la
Coalition avenir Québec nous dit que ce qui bloque en santé, la raison pour
laquelle on ne réussit pas à faire des avancées, c'est parce qu'on n'a pas
réglé avec les médecins. Les... Le gouvernement de la CAQ nous a vendu la
négociation avec les médecins, tant les spécialistes que les omnipraticiens,
comme étant la clé de voûte pour débloquer tout ce qui ne fonctionne pas dans
le réseau de la santé. Alors, selon leur logique, chaque jour qui passe, c'est
un jour perdu dans le réseau de la santé.
Journaliste
: Est-ce
que les...
M. Fortin :
Ceci étant... Ceci étant, vous allez me permettre un petit pas de côté sur la
résolution avec les omnipraticiens. La semaine dernière... en fait, au cours
des dernières semaines, là, le gouvernement a avancé : Ah! bien, vous
savez, il y a 500 000 patients qui vont recevoir une lettre à savoir
qu'ils vont être pris en charge collectivement. La semaine dernière, on a posé
la question au docteur Bergeron, qui est le sous-ministre à la Santé, à savoir
qu'est-ce que ça veut dire exactement, qu'est-ce qu'ils vont avoir comme
services, ces gens-là? Et il nous a dit : Effectivement, il va y avoir une
15383prise en charge, mais ça va être
une prise en charge un peu comme à l'urgence, c'est-à-dire : à l'urgence,
vous y allez, vous êtes pris en charge, on va régler votre problème, mais vous n'aurez
pas nécessairement de suivi par la suite. Si c'est ça, le modèle de prise en
charge collective du gouvernement du Québec, tel que décrit par le
sous-ministre à la Santé, c'est complètement faux de dire à ces gens-là... de
faire penser à ces gens-là qu'ils vont avoir une réelle prise en charge par une
clinique. Le gouvernement va les traiter comme des patients orphelins. Il n'y
aura aucune différence entre un patient orphelin qui se présente à une
clinique, qui va... qui réussit à avoir un traitement pour son petit bobo, mais
qui n'a aucun suivi. Ça va être la même chose pour des patients orphelins que
pour les 500 000 qui vont recevoir cette lettre-là.
Alors, moi, je vous fais une prédiction
aujourd'hui. Au cours des prochains mois, le gouvernement va nous dire :
Ah! on est rendu à 110 000, 120 000, 150 000, 200 000,
300 000 patients qui ont reçu une lettre, et ils vont se rendre à leur
objectif de 500 000 patients, d'ici le mois de juin, qui vont avoir eu une
lettre pour leur dire : Vous êtes pris en charge collectivement, mais ces
patients-là n'auront aucun service de plus que s'ils étaient orphelins. Et ça,
ce n'est pas moi qui vous le dis, c'est le Dr Bergeron, qui est le
sous-ministre à la Santé.
Journaliste : Ma question,
c'était parce que, dans l'entente avec la FMOQ, il y a des augmentations de
salaire... ça s'adresse aux deux, parce que, M. Milliard, vous connaissez bien
le système de santé de par votre profession, ils ont obtenu 14,5 %
d'augmentation, sans compter les primes, là. Et ce qu'on nous a vendu comme
idée, derrière ça, c'était de dire qu'il fallait un rattrapage entre les omnis
et les spécialistes pour rendre la profession d'omni plus attrayante.
Compte tenu de ça, est-ce que vous croyez
que les spécialistes méritent aussi une augmentation? Eux demandent
17,5 %, je pense, là. Mme Duranceau nous a dit hier qu'ils n'auraient pas
ça, mais est-ce qu'ils méritent une deuxième Ferrari... excusez, une
augmentation de salaire, les spécialistes?
M. Fortin :OK. Le premier projet de loi, là, le projet de loi n° 2,
qui s'appliquait tant aux spécialistes qu'aux omnipraticiens, là, il venait
dire essentiellement qu'il va y avoir des pénalités. Le gouvernement, avec son
nouveau projet de loi, a décidé de faire exactement le contraire. On passe d'un
modèle où il y avait des pénalités, où on risquait de perdre du salaire, du
côté des médecins, à un modèle où il y a une augmentation importante pour les
omnipraticiens. Le Parti libéral a toujours prétendu, peu importe l'approche du
gouvernement, qu'il n'y a pas lieu de bonifier les conditions salariales des
médecins. Et ça, ça n'a pas changé.
Journaliste : ...Gatineau, M.
Milliard, si vous êtes élu premier ministre, est-ce qu'il va... vous allez le
faire? Ça va être dans le premier mandat que vous allez construire le tramway
de Gatineau?
M. Milliard (Charles) : C'est...
Écoutez, on pense un grand bien, au Parti libéral du Québec, du projet de
tramway de Gatineau. Donc, en collaboration avec le fédéral, parce que le
fédéral devra mettre des sous aussi, c'est quelque chose qu'on voudrait qu'on
voudrait poursuivre, oui.
Journaliste : C'est une
promesse, vous voulez le faire?
M. Milliard (Charles) : Tout
à fait.
Journaliste : M. Milliard.
Sur le salon de coiffure qui est condamné à payer 500 $ à une personne
non-binaire, est-ce que ça sert la cause des personnes non-binaires?
M. Milliard (Charles) : Écoutez,
je pense que le Québec est une nation largement inclusive. Je pense que
plusieurs Québécois, en ce moment, ce matin, se posent des questions sur cet
enjeu-là. Je m'en pose aussi, je pense que le gros bon sens doit quand même
prévaloir, mais ce que je veux vous dire, quand même, c'est que les
entreprises... l'entrepreneur... ce que j'aime, là-dedans, c'est que
l'entrepreneur a quand même pris des dispositions pour essayer de trouver une
voie de passage, alors que ça a... ça a été interprété, de toute évidence,
différemment. Donc, ça soulève des questions, mais je pense que c'est plus une
exception que la situation générale qu'on observe au Québec, où il y a quand
même une grande inclusivité qui me rend très fier.
Journaliste : ...sur les
médecins, par rapport à l'entente-cadre, vous, vous préconisez 0 % de
hausse par rapport au 17 %, là?
M. Fortin :Bien, en fait, là, ce qu'on... bien non, mais ça va me
faire plaisir de reformuler s'il le faut. Il y a deux choses. Du côté du
gouvernement, là, il ne semble y avoir aucune vision claire de comment on
traite financièrement les médecins. Une journée, on nous dit : Il faut les
couper, ça prend des pénalités, le lendemain, on nous dit : Ah bien, on va
leur donner des hausses salariales importantes. Nous, on a toujours prétendu et
on continue de prétendre que l'amélioration de l'accès pour les patients, ça ne
passe pas par des augmentations de salaire pour les médecins.
Journaliste : …
M. Fortin :
...le gouvernement nous dit : Si on veut améliorer le réseau de la santé,
ça passe par des négociations avec les médecins. C'est leur vision. Nous, on
pense qu'il y a toutes sortes de mécanismes qu'on peut mettre en place pour
améliorer l'accès aux médecins, qui ne passent pas par d'augmentation de
salaire des médecins.
Journaliste : Ça ne vous
empêcherait pas de mettre de l'argent de plus dans l'entente-cadre.
M. Fortin :Ce n'est peut-être pas notre... ce n'est pas notre vision
des choses.
Journaliste : Si le gouvernement
réussit à améliorer l'accès à gauche, seriez-vous d'accord pour qu'ils
augmentent les salaires à droite pareil?
M. Fortin :
Pardon?
Journaliste
: J'ai
dit : S'ils réussissent... Parce que, là, vous dites : Ça ne passe
pas par les salaires, un meilleur accès. Si le gouvernement réussit, à gauche,
par exemple, d'améliorer l'accès pour les soins, par exemple, avec des
spécialistes. Seriez-vous d'accord, quand même, qu'ils augmentent des salaires?
M. Fortin :
Vous ne m'aimerez peut-être pas, mais je vais m'en prendre à la prémisse de
votre question. Ça fait sept ans que ce gouvernement-là est en place et il n'a
pas réussi, par aucun moyen, à améliorer l'accès aux patients. Alors, vous me
permettrez d'être très sceptique par rapport à leurs résultats à venir.
Journaliste
: M.
Milliard, est-ce qu'il y a des... Quelles sont les règles, au Parti libéral,
pour assurer des candidatures... aux prochaines élections?
M. Milliard (Charles) : Alors,
moi, c'est une de mes obsessions d'avoir une représentation de candidats
libéraux qui représentent la diversité du Québec. Alors, moi, je n'ai pas
l'intention de mettre les candidats dans un... ou dans un algorithme. Ce que je
veux, c'est qu'on fasse confiance au chef aussi là-dedans, de représenter cette
diversité-là. Et je vais vous dire que j'ai déjà des arbitrages à faire, parce
qu'il y a beaucoup de gens qui lèvent la main dans plusieurs régions du Québec.
Journaliste
: Quand
vous dites «faire confiance au chef», ça veut dire que c'est vous qui allez
décider uniquement...
M. Milliard (Charles) : Bien,
en bout de ligne, en bout de ligne, c'est toujours le chef qui signe le
bulletin de candidatures de chaque candidat. Alors, ce sera... c'est la
prérogative. À la fin, il y aura, bien sûr, des investitures dans certains
comtés. Il y aura des nominations. Mais je peux vous assurer que je viens en politique
pour que le Parlement, ce soit la raison du peuple et que le peuple soit
représenté le plus justement possible.
Journaliste
: ...on ne
favorise pas les femmes d'aucune manière?
M. Milliard (Charles) : La question...
je veux favoriser les femmes, je veux avoir... Puis d'ailleurs j'ai plein,
plein de femmes dans mon équipe, il y a plein de femmes dans le caucus, mais je
n'ai pas... je n'ai pas de quota pour l'instant. Et évidemment on vise une zone
paritaire au Parti libéral du Québec, dans le cadre de la prochaine campagne,
c'est bien évident.
Journaliste
: ...il va
avoir des investitures... dans certaines circonscriptions...
M. Milliard (Charles) :
Alors, on aura des annonces à faire très bientôt là-dessus. Il y a
125 comtés, il y a déjà près d'une vingtaine de députés. Donc, oui, il y aura...
il y aura des investitures parce qu'il y a des comtés où il y a plusieurs
candidats de grande qualité. Et ça va me faire plaisir de laisser les militants
décider, parce que ça fait aussi partie de la vie démocratique d'un parti comme
le nôtre.
Journaliste
: Que
pensez-vous de Québec solidaire qui, vraisemblablement, va changer sa règle
pour permettre la candidature d'Alexandre Boulerice?
M. Milliard (Charles) : On va
suivre ça, on va suivre ça. J'ai plein d'amis dans Gouin, on verra pour qui ils
voteront.
Journaliste
: Connaissez-vous
M. Boulerice personnellement?
M. Milliard (Charles) : Je le
connais, oui, je le connais de ma vie précédente à la Fédération des chambres
de commerce. Ça ferait un excellent député, mais, écoutez, on verra bien ce que
les gens vont décider, le cas échéant.
Journaliste
:
...indépendantiste dans votre...
M. Milliard (Charles) :
Quelle importance ça a. Bien, moi, ce que je peux vous dire, c'est qu'au débat
des chefs, parti comme c'est là, je vais être encerclé de souverainistes. Alors, je vais assurer l'intendance pour mon clan.
Journaliste
: On the hair salon story, what did you think of it when you read the
article on the Web site of Radio-Canada?
M. Milliard
(Charles) : Well, I think Québec is a large
and inclusive nation. I think it's a question of, you know, common sense in a
way. I'm saying that respectfully, because I think that the owner of the… of
the company of the salon proposed something to help, to help manage the
situation, which was not taken into account, obviously, that person. So…
Journaliste
: And the…
M. Milliard
(Charles) : What do you mean…
Journaliste
: …the court itself, like the court decided to have this $500.
M. Milliard
(Charles) : Yes, well, I mean, the court is
the court and we need to take that into account. But I think, it's… I think,
it's an exception. I don't think it's so true reflect of the situation we have
in Québec, which is largely… largely an inclusive nation.
Journaliste :
There is an expert in this article that
was saying: Is it going to start again, the debate on reasonable
accommodations, but for this specific, you know, question.
M.
Milliard (Charles) : Yes. Well, we never know when a
wave starts. Hopefully, this won't be… this won't be the case, because I think
we have much more priority issues to tackle in Québec, a lot of them.
Journaliste
: …the specialists. People, people at home may say: OK, they don't
have an agreement yet, how come?
M. Fortin : That's a darn good question. And the Government is on the hook here.
This is a government that for years and years said: If we want to improve the
health care system, it has to go through a negotiation with the… with either
the family doctors or the specialists. And we are in a situation where they are
in their last few months of government and the amount of Quebeckers who
struggle to access a specialist, who need to access a specialist, who are well
beyond the medically accepted wait times to see a specialist has exploded.
There's almost a million Quebeckers who are waiting to see a specialist, and
most of them are well beyond the medically accepted timeline. But this is on
the Government, they are the ones who failed to get an agreement with the
specialist doctors. So, the failure of the health care network is on their
shoulders.
Journaliste
: There are threatening some sort of actions, the specialists. Are
you worried about that, are you worry about the climate?
M. Fortin : Well, I am worried about the climate between doctors and the
Government. And that started when Christian Dubé introduced Bill 2, It
started when Francois Legault called them lazy, started when Christian Dubé
said that if you want to see a doctor, you should head to a golf course on a
Friday. That… that level of discourse is not helpful in settling with… with
doctors and 15383finding a medium ground with
doctors. But over and above that, it seems like there is very little discussion
on the government's part about how we improve access to health care.
Negotiating with doctors may… may help them resolve the… the date that's… that
we're… the February 28th date that we're facing. But it, in no way, guarantees
better access for Quebecers.
Journaliste :
With how things are going, do you think
both parties will come to an agreement before the elections?
M. Fortin :
Well, it's hard to say. We're not in
the negotiations, so I have no perspective as to how it's going inside the
negotiations. The people you should be asking are the CAQ ministers who are
involved in this.
Journaliste :
TALQ aka… formerly known as QCGN was at
the Bill 1 hearings last night and expressed their displeasure to Simon
Jolin-Barrette about the… the lack of mention of the Anglophone community in
their constitution and the lack of recognition of the rights of Anglophone
institutions. What do you think of that?
M. Milliard
(Charles) :
Well,
a lot of… a lot of communities, a lot of groups are against Bill 1, and I don't
think the actual government has any… legitimacy to implement that bill,
especially given the fact that we're going to be in an election very soon. I've
also met yesterday with Chief Francis Paul from the Association des Premières
Nations du Québec et du Labrador, and they have expressed the same… the same
worries about that project, so, I know that the minister likes to say that he's
sovereign in that… in that bill, but hopefully, the Salon Rouge will be able
to… to stop that project before the next general election.
Journaliste :
What, do you think he should add a
chapter on recognizing Anglophone rights and contributions?
M. Milliard
(Charles) :
I
don't think it's about adding chapters. I think it's about having an election
and deciding who will be the next government in Québec.
Journaliste :
But there's achapter in the
Liberal proposed constitution, to do that, the one that you adopted before you
were here. It was adopted in Lévis.
M. Milliard
(Charles) :
Oh
yes, yes, yes. Well, I'm not against the fact of having a constitution, but the
way that things are going right now and the struggle to get any sense of
consensus is a failure right now. So, I think it should be a much more
transpartisan bill, which could be done by the next government, but not this
time.
Journaliste :
What about the… the removal of the
rights of, you know, entities like English school boards to challenge these
laws that they deem unconstitutional in court?
M. Milliard
(Charles) :
Do
you want to take it?
M. Fortin :
Yes, this is… this is part of the
discussions that warrant a thorough and… and lengthy conversation and… A
document like a constitution is something that has to rally Quebecers together.
Dispositions like this one don't necessarily get to that goal. So, it's why
we're saying that to do something hastily without proper consultation in the
last few months of a government, when, clearly, there are dispositions in there
that are not meant to unify Quebecers, that poses some challenges.
Une
voix : Merci!
M. Milliard (Charles) :
Merci.
Une voix : Bonne journée.
M. Milliard (Charles) : Bonne
journée.
(Fin à 9 h 07)