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(Onze heures quarante-cinq minutes)
M. St-Pierre
Plamondon :
Alors, bonjour, tout le monde. Très content d'être
ici ce matin avec Marie-Karlynn Laflamme, la nouvelle députée de Chicoutimi. Je
veux la féliciter à nouveau. C'est un beau moment qu'on a vécu hier soir à six
mois, peut-être moins, d'élections générales, qui seront, quand même,
déterminantes. Et il me semble que le signal est à nouveau très clair, hein,
quatre régions différentes, mais toujours le même signal. C'est l'ensemble du
Québec qui demande un changement profond dans la manière de donner une vision
au Québec, dans la manière de gérer avec rigueur, dans la manière de respecter
que les fonds publics, ce n'est pas de l'argent Monopoly. Ce message me semble
très, très audible hier soir. Et ce qu'on voit dans quatre régions différentes,
c'est que, pour une proportion importante, significative des Québécoises et des
Québécois, c'est le Parti québécois qui incarne ce changement-là.
Significatif comme résultat, aussi, au
niveau de ce que ça dit sur les autres partis et leurs prétentions. Donc, tout
le monde se targue d'être le parti des régions. Ce n'est pas tout le monde, hier
soir, qui était présent, ce n'est pas tout le monde non plus qui avait des
résultats qui rimaient avec leurs prétentions. Significatif, également, parce
que, les dernières semaines, en fait, depuis le début de l'année, on peut dire
que la CAQ a eu beaucoup de visibilité médiatique dans cette lutte entre
Christine Fréchette et Bernard Drainville pour la chefferie de la CAQ. Est-ce
qu'on peut dire qu'il y a un effet Drainville ou un effet Fréchette, hier, à
Chicoutimi? Loin de là. Est-ce qu'on peut dire qu'avec un nouveau chef le Parti
libéral du Québec a eu un effet Milliard? Pas du tout. Donc, il y a, dans ces
résultats-là, il me semble, plusieurs choses à noter qui sont structurantes
pour la suite.
Je l'ai dit aussi hier, c'est un moment,
ces élections partielles, de parler, de jaser avec du monde. C'est très
différent d'une élection générale. L'élection générale, c'est un rythme effréné
de débats, d'entrevues. Dans une partielle, moi, j'ai toujours pensé qu'on a le
temps de jaser, d'écouter puis de faire du porte-à-porte si le froid ne nous
intimide pas, et, au Parti québécois, surtout pour Marie-Karlynn, ça ne nous
intimide pas du tout. Et ça m'a donc amené à nommer des craintes légitimes des
gens, hier, par rapport à la situation géopolitique actuelle, nos relations
avec les Américains, la date du référendum. On entend des citoyens, on les
entend quand ils posent des questions légitimes et on... C'était important pour
moi, hier, de réitérer qu'évidemment ce n'est pas la semaine prochaine, cette
consultation-là, puis évidemment que c'est un exercice démocratique, on le voit
en Alberta, on le voit dans une partielle, aller aux urnes, ce n'est pas un
risque de sécurité, mais c'est important pour moi de nommer que des gens
intelligents et rigoureux, s'ils sont portés au pouvoir, vont agir de manière
intelligente et rigoureuse. Dans la compréhension que la situation aux
États-Unis, sur deux, trois ou quatre ans, c'est certain qu'elle va évoluer, on
ne sait pas dans quelle direction, mais... dans une fenêtre de quatre ans, il y
a bien, bien des variables qui vont évoluer.
Et, dans tous les cas, je pense que les
gens hier auront choisi autrement que par la peur, et ce n'est pas faute
d'essayer de la part des autres partis, notamment le PCQ, toujours cette peur
du référendum qui est calquée sur 1995, sur 1980. Une employée du parti, ce
matin, me disait que, dans les années 80, on racontait que les Québécois n'auraient
plus d'oranges s'il y avait l'indépendance du Québec, et, bien que ce soit
farfelu en date d'aujourd'hui, plusieurs personnes âgées à l'époque croyaient
que, si l'indépendance du Québec advenait, plus jamais on n'aurait d'oranges au
Québec. Donc, c'est vieux, tu sais, c'est quelque chose de très, très
récurrent, la peur et les tentatives de faire peur. Et hier je trouve que les
gens de Chicoutimi ont choisi de manière assez claire d'y aller au mérite puis
au niveau de la confiance, et non pas laisser la peur décider de leur vote,
malgré tous les efforts des autres partis, et ça nous permet, nous, de bâtir
une vraie équipe.
Et je vais parler de vrai gouvernement.
Respectueusement, je ne pense pas qu'on a devant nous, en ce moment, à
l'Assemblée nationale, un vrai gouvernement. On a quelque chose en fin de
régime qui est divisé en factions et qui n'est plus capable de veiller aux
affaires de l'État. À chaque fois qu'on va chercher une Marie-Karlynn Laflamme,
bien, on ajoute un pilier, un élément important de ce qui va devenir une équipe
forte, digne de confiance vis-à-vis les nombreux défis qui attendent les gens
appelés à former le gouvernement en succession de la CAQ. Donc, j'ai parlé de
1976, mais je pense qu'on peut... on peut et on doit parler d'une volonté
d'avoir un vrai gouvernement crédible, avec des gens qui sont là pour des
bonnes raisons et qui ont les compétences pour relever ces défis-là. Donc,
bienvenue à Marie-Karlynn. Merci. Je lui cède la parole.
Mme Laflamme (Marie-Karlynn) : Merci.
Alors, hier soir, à Chicoutimi, après huit ans de caquiste et une longue
campagne qui a été effectivement très froide, les gens de Chicoutimi ont décidé
de revenir dans la grande famille du Parti québécois. Les citoyens ont envoyé
le même message précurseur que celui que... de celui que le temps est venu de
changer la manière dont on gouverne le Québec. Le mandat qu'on me confie, c'est
celui de représenter les gens de Chicoutimi au sein de l'équipe qui travaille
pour prendre les... les rênes du gouvernement avec rigueur. Je prends ce mandat-là
au sérieux. Je vais travailler, je vous l'assure, sans relâche, pour continuer
de mériter leur confiance au cours des prochains mois. Je crois aussi que c'est
le mandat de faire partie de la seule équipe qui aime suffisamment le Québec et
ses régions pour croire qu'on est en mesure de prendre notre destin en main.
Paul m'a fait confiance pour mener une
campagne de terrain et de contenu, nous avons gagné. On a donné l'heure juste
en faisant campagne de manière intègre, de manière positive, en respectant
surtout l'intelligence de tous les gens de Chicoutimi. On a mené une campagne
positive, fondée sur des propositions également concrètes, parce que les
Chicoutimiens ont besoin de concret. Ils m'ont parlé à bâtons rompus de tout ce
qui les touche, des problèmes d'abord brisés... des promesses, plutôt, et des
problèmes causés par le bris des promesses du gouvernement, de la situation
d'itinérance dans notre centre-ville, de la difficulté de se loger, de la
difficulté de se soigner, mais aussi nos écoles qui tombent en ruine, mais ils
m'ont surtout parlé de leur fierté, de la grande fierté des gens de Chicoutimi
par rapport à leurs PME, par rapport à la culture, par rapport à notre langue,
par rapport surtout à la région. Les gens de chez nous, ils sont fiers, ils
sont fiers de leur coin de pays. Et ce que je souhaite, c'est faire rejaillir
cette fierté-là partout.
On est devant un gouvernement qui n'a plus
de capitaines, qui n'a plus de gouvernail non plus, le Québec a donc besoin
d'une équipe solide pour relever et réparer toutes les incohérences de la CAQ, et
c'est à ce moment précis qu'on a besoin d'une alternative. Puis cette
alternative-là, je pense que c'est le Parti québécois, c'est nous. C'est Paul
St-Pierre Plamondon, c'est Pascal Bérubé, Joël Arseneau, Pascal Paradis,
Catherine Gentilcore, Alex Boissonneault et maintenant aussi moi. Mais le
travail n'est pas fini, il ne fait que commencer, et c'est maintenant que ça
commence.
Journaliste : M. Plamondon,
vos adversaires vous accusent actuellement de mettre de l'eau dans votre vin,
entre autres, vous avez fait référence hier à 76, le bon gouvernement...
M. St-Pierre Plamondon : Un
vrai gouvernement.
Journaliste
: Un vrai gouvernement,
un vrai bon gouvernement. Est-ce que vous êtes en train d'assouplir votre
position pour, justement, faire en sorte que les Québécois aient moins peur de
votre option?
M. St-Pierre Plamondon : Si
vous retournez il y a précisément un an dans Terrebonne, on avait exactement le
même discours, à savoir que lorsque nos adversaires tentent de faire peur... à
l'évidence, c'est tout ce qu'ils ont, là, en disant... en laissant croire,
finalement, que ce n'est pas le moment pour un référendum, comme s'il était la
semaine prochaine, bien, ils ne sont pas très honnêtes.
Et l'engagement de tenir un référendum à
un moment qui est intelligent puis qui est choisi sur une fenêtre de quatre
ans, il est évidemment très différent. Puis comme je le rappelais hier, bien,
dans deux, trois, quatre ans, on ne sait pas où seront rendus les États-Unis,
après les élections. On voit la Cour suprême intervenir, il y a des contre-pouvoirs,
il y a plein de choses. La politique évolue.
Les raisons structurelles de devenir
indépendants et de décider par nous-mêmes, comme le disait Mark Carney, c'est
qu'on veut être à table et négocier en fonction de nos intérêts, ne pas être au
menu, sacrifiés, mais également les raisons de base, là, à savoir qu'on n'a pas
d'avenir linguistique dans le Canada puis le Canada nous contraint à des
politiques. François Legault, on l'a entendu chialer huit ans contre le fédéral
en n'ayant aucun pouvoir. Toutes ces raisons-là sont toujours là, le gaspillage
au fédéral... Donc, si vous comparez mon discours d'hier avec ce que je disais
dans Terrebonne puis dans Arthabaska, c'est exactement la même chose, mais
c'est parce qu'il faut défaire les campagnes de peur lorsqu'elles tiennent à
pas grand-chose. Et regardez l'assurance avec lesquelles... avec laquelle les
Albertains vont aller aux urnes pour un référendum.
Journaliste : ...c'est quand
même la première fois que vous avez dit : On pourrait attendre que Trump
parte. Il part en 2028.
M. St-Pierre Plamondon : J'ai
toujours dit...
Journaliste : Non, mais
expliquez-moi la séquence. S'il part en 2028, ça veut-tu dire que vous
commencez la consultation à ce moment-là, et que ce serait donc dans la
dernière année du mandat, le référendum? Est-ce que c'est ça?
M. St-Pierre Plamondon : Je
comprends votre question, qui vise à déterminer quelle sera la date de cette
consultation populaire. Tout ce que j'ai dit, et je le répète, c'est qu'on a
une fenêtre de quatre ans. C'est long, quatre ans, là, c'est un vrai espace, et
des gens intelligents et responsables qui génèrent de l'adhésion vont agir en
personnes intelligentes et responsables avec ces questions-là. Jamais, jamais
le Parti québécois ne va mettre en péril la sécurité économique ou la sécurité
tout court des Québécois.
Puis, en même temps, il y a une
instrumentalisation, ici, de la peur, qu'on a vue en 1980... en 1995, où est-ce
qu'on essaie de nous faire croire que d'aller aux urnes, ce serait un péril de
sécurité. Ce n'est non seulement pas vrai sur le timing, mais ce n'est pas vrai
sur la nature de l'exercice. Donc, hier, j'ai fait ce que j'ai fait à chacune
des partielles : corriger ce qui est une campagne de peur de nos
adversaires, cette fois-ci, surtout Éric Duhaime, mais, tu sais, c'est un
discours qui aurait pu être celui du Parti libéral en 1980 ou en 1995. Je le
corrige parce que ça doit être fait, sinon les gens sont sous une impression.
En tout cas, moi, j'entends les craintes puis je comprends que la question se
pose : Est-ce qu'on est capables, comme Québécois, de faire comme tous les
autres peuples dans le monde et veiller... décider par nous-mêmes, veiller à
nos intérêts?
Journaliste
: ...pas ça
ma question, non, en fait, je n'essaie pas de vous faire cracher la date du
référendum.
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
ça ressemblait un peu, non?
Journaliste
: Non, mais
j'essaie de comprendre la séquence, en toute transparence, là. Soyez clair, si
vous dites : On pourrait attendre le départ de Donald Trump, ça veut dire
que ce serait forcément à la fin du mandat. Puis est-ce que vous menez une
consultation d'un an, deux ans, est-ce que vous commencez la consultation une
fois que Trump va être parti ou vous la commencez avant, tu sais? Pour moi, ce
n'est pas clair, là.
M. St-Pierre Plamondon : Je
comprends que vous êtes passionnée par le calendrier référendaire. Je vais vous
réitérer très clairement ce que j'ai toujours dit : Il y a une fenêtre de
quatre ans, et le choix du moment, dans cette fenêtre-là, va être en fonction
d'un jugement qu'on va exercer de manière responsable. J'ai toujours dit ça
puis...
Journaliste : ...certaines
personnes qui disent que vous reculez, ce matin, puis il y a certaines
personnes qui disent que vous allez aller de l'avant avec un référendum à
l'intérieur de quatre ans. Est-ce que vous entretenez l'ambiguïté par exprès?
M. St-Pierre Plamondon :
Non... C'est difficile d'être plus constant, là, je donne toujours les mêmes
réponses d'une fois à l'autre, ça me semble clair. Mais vous touchez un bon
point : lorsqu'on est premier dans les sondages, on se fait simultanément
traiter de communiste et de fasciste. On se fait critiquer de toutes parts,
puis on se fait dire simultanément qu'on est trop pressé, puis trop en train de
reculer, alors que les gens... puis je pense, c'est ça que les gens font, tu
sais, ils prennent le temps... le temps de s'informer, ceux qui ont écouté mon
discours hier ressortent de là avec aucune ambiguïté. Peu importe ce que
Bernard Drainville, le lendemain, va essayer de mettre en scène, les gens, ils
sont intelligents puis ils suivent. Surtout qu'on a été très constants. Ce sont
les mêmes paroles, la même orientation qu'à Terrebonne et à Arthabaska, donc.
Journaliste : Mais qu'est-ce
que vous avez entendu? Qu'est-ce que vous avez entendu? C'est parce que vous
avez tenu des propos rassurants sur votre projet de tenir un référendum, donc
qu'est-ce qui, dans la campagne dans Chicoutimi, vous a mené à tenir ces propos
rassurants là? Est-ce que... Qu'est-ce qui vous a fait réfléchir, en fait?
Parce qu'on a l'impression que ce que vous avez dit hier, c'est le produit
d'une réflexion.
M. St-Pierre Plamondon : Oui.
J'ai toujours pensé que c'est le porte-à-porte qui est le plus utile en
politique. À chaque fois que j'investis beaucoup de temps en porte-à-porte, au
volume, on finit par bien comprendre certains enjeux qu'autrement on n'aurait
pas saisis. Puis, quand les gens me témoignent d'une crainte, d'une insécurité,
c'est important pour moi de la comprendre et ensuite de nommer quelques
précisions, là. La vraisemblance d'une invasion américaine, elle est très,
très, très peu probable. Et, si jamais cette éventualité absolument improbable
avait lieu, ce n'est pas le Canada qui peut nous défendre, là.
Donc, c'est important de définir le sujet.
Le sujet, le risque, parce qu'il y en a un, puis il y a de quoi être inquiet,
c'est cette espèce d'escalade de contre-mesures et de propos tendus à l'échelle
de la planète, une escalade de tarifs...
Des voix : ...
M. St-Pierre Plamondon : Je...
Non, mais je veux finir.
Des voix : ...
M. St-Pierre Plamondon : Non,
mais là, il faut... il faut que je finisse ma réponse, s'il vous plaît. Le vrai
risque, puis c'est ça le but de mon intervention, c'est de dire :
J'entends votre insécurité. Et le risque, en effet, c'est l'escalade des
tarifs. Et, dans cette escalade des tarifs là, on ne mène pas notre bateau, on
a très peu de contrôle sur ce qui se passe. Puis ça va prendre des gens dont la
seule loyauté, c'est de défendre des entreprises québécoises puis... l'économie
québécoise. Et, là-dessus, la réponse des gens de Chicoutimi par rapport à la
candidature de Marie-Karlynn puis à ce qu'on représente en politique, elle me
semble assez claire. Donc, oui, je suis sur le terrain.
Journaliste : Ça vous a fait
réfléchir. Parce qu'en fait pourquoi je vous pose cette question-là, c'est
parce que l'automne dernier, Lucien Bouchard vous invitait à réfléchir à votre
projet, au moment de choisir un référendum. Donc, je veux savoir : Est-ce
que ce conseil-là a porté dans... compte tenu des propos qu'on entend, là?
M. St-Pierre Plamondon : Il
n'y a aucun lien. C'est vraiment le porte-à-porte. Et je ne pense pas qu'à ce
moment-là... Là, vous me parlez de propos dont... que j'ai peut-être...
Journaliste : Lucien
Bouchard, l'ancien premier ministre.
M. St-Pierre Plamondon : Oui,
c'est ça, mais il ne parlait pas de Trump du tout. Mais il ne parlait pas de
Trump du tout, là. Il n'y a aucun...
Journaliste : Non, non. Mais,
en fait, il disait : En ce moment, il y a... il n'y a pas un parti qui
s'est fait élire en promettant un référendum. Moi, je veux savoir. Puis là il
vous invitait à réfléchir. Vous dites : Le... Le porte-à-porte m'a fait
réfléchir. Ma question est la suivante : Est-ce que vous avez entendu les
propos de M. Bouchard qui vous invitait à réfléchir sur l'opportunité de tenir
un référendum?
M. St-Pierre Plamondon : De
par votre question, il n'y a manifestement aucun lien entre des discussions sur
Trump et la géopolitique en ce moment et une déclaration qui ne portait pas
là-dessus.
Journaliste : ...sur le
porte-à-porte, là, précisément, qu'on aimerait savoir, c'est qu'est-ce que les
gens vous disaient précisément puis qu'est-ce que vous leur répondiez? Il n'y
en aura pas? Inquiétez-vous pas? Pas tout de suite? Au début?
M. St-Pierre Plamondon : Ah
non! Du tout. Ah non. Au contraire, moi, je...
Journaliste : Peut-être Mme
Laflamme. Mais, s'ils vous ont fait réfléchir, c'était quoi exactement...
M. St-Pierre Plamondon : On
tient... On tient le même discours partout. Puis les gens nous apprécient.
Plusieurs personnes qui étaient indécises commençaient en disant : On aime
vraiment votre travail puis on vous aime beaucoup. Maintenant, et là ils
exprimaient un certain nombre d'incertitudes ou de craintes puis...
Journaliste : Face au référendum?
M. St-Pierre Plamondon : Face
à l'état... Je pense qu'on est tous en ce moment, y compris nous deux, remplis
de questions sur où vont nos démocraties puis où vont... où nous mèneront les
10 prochaines années. On est plusieurs à ne pas aimer ce qu'on voit,
c'est-à-dire une polarisation croissante, une impossibilité de dialogue, des
politiques publiques qui n'ont pas l'air à être fondées sur l'intérêt public.
Et nous, on veut offrir une réponse à ça. Et donc, la discussion portait sur cette
géopolitique changeante, mais probablement pas dans la bonne direction, en lien
avec la capacité des Québécois d'être comme n'importe quel autre pays puis de
prendre nos décisions. On a vu le Danemark, qui est plus petit que nous autres,
gérer ses choses très... de manière très audible et efficace dans le cas du
Groenland. Mais, des pays, il y en a plein. Donc, c'étaient des vraies
discussions. Puis, tu sais, sur un volume de porte-à-porte, là, on en a fait
beaucoup. Il y en a... Il y en a de toutes les sortes.
Journaliste : ...vous êtes
allé combien de fois vous, personnellement? Vous êtes allé combien de fois
comme chef en faire?
M. St-Pierre Plamondon : Cinq,
six... On me dit six. Six. Puis, tu sais, des vraies séquences, là. Le vendredi
soir à 19 h, il fait noir, puis je cogne, puis les gens... Puis ça, c'est très,
très Saguenay. C'est le seul endroit au Québec où est-ce que les gens vont
dire : Rentrez!, sans savoir c'est qui. Puis là, je rentre dans le salon
puis ils sont en pyjama en train de manger des chips. Ah, M. Plamondon. Non,
non, j'ai fait ça. Et...
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon : Non,
bien, c'est ça. C'est là que je suis comme : C'est moi qui m'excuse.
Journaliste
: Est-ce
votre face était sur le sac?
M. St-Pierre Plamondon : Non
pas... pas celle-là. Elle est bonne celle-là. Pas celle-là. Mais tout ça pour
dire que c'est très péquiste de faire ça. J'ai fait ça dans Arthabaska à tous
les soirs, vous m'avez vu dans Jean-Talon. Ce n'est pas moi qui l'a inventé,
c'est la technique Lévesque, c'est de dire : Si tu es au service des gens,
tu commences par écouter les gens, leur parler, puis prendre ce temps-là, parce
que notre bulle à nous tous là, puis je ne blâme personne, mais tu sais, on
forme un peu des fois une bulle qui se détache de certaines réalités, puis ce
n'est pas tout le monde qui ont le droit de parole dans ce processus-là.
Journaliste : Sur la question
de géopolitique, là, vous avez... vous dites que vous avez... qu'il y a une
fenêtre de quatre ans, que vous allez mettre en place une équipe au
gouvernement qui est intelligente et responsable, mais si la situation
géopolitique ne change pas ou change différemment parce que plusieurs parlent
d'un changement d'ordre mondial, là. Ce n'est pas seulement Donald Trump, il y
a un énorme changement d'ordre mondial. Donc, est-ce que vous dites aux
Québécois que si ce n'est pas responsable de tenir un référendum dans les
prochains quatre ans, ce sera pour un autre mandat?
M. St-Pierre Plamondon : Vraisemblablement,
sur quatre ans, je suis très confiant qu'il y aura une fenêtre, donc on
maintient notre engagement, mais surtout dans la géopolitique changeante que
vous nommez, moi, ce qui m'inquiète le plus, c'est d'être au menu et de ne pas
être à la table, de ne pas veiller à nos affaires, puis laisser un régime
canadien qui souvent a sacrifié le Québec à nouveau décider à notre place parce
que justement, c'est quand ça bouge et quand... c'est quand il y a des risques
qu'il y a vraiment un intérêt d'être aux commandes. Donc, la question qui va se
poser avant et après l'indépendance, c'est qui est le mieux placé puis a la
bonne approche pour défendre les Québécoises et les Québécois dans cet
environnement rempli d'inconnus et la...
Journaliste : Donc, on
comprend que vous êtes responsable. Donc, dans quatre ans, si ce n'est pas
responsable comme décision, vous ne la feriez pas.
M. St-Pierre Plamondon : Je
pense que c'est raisonnable de penser que sur une fenêtre de quatre ans, il y
aura un moment pour aller aux urnes et qu'aller aux urnes n'implique aucun
risque pour les Québécoises et les Québécois.
Des voix : Vous n'excluez pas
le report, là.
M. St-Pierre Plamondon : Là,
je vais me répéter pour 100e fois, là, parce qu'à chaque fois vous essayez de
me faire dire... Donc...
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon : Je
vois ça que vous me suivez.
Journaliste : Est-ce que
c'est béton? Est-ce que c'est coulé dans le béton ou dans un premier mandat du
PQ il y aura un référendum?
M. St-Pierre Plamondon : Est-ce
que vous êtes prêts pour ma phrase, là, parce qu'on va la prendre en note. Le
Parti québécois s'engage à tenir une consultation populaire sur l'avenir du
Québec et je pense que l'indépendance est absolument nécessaire si on veut
veiller à nos intérêts dans ce monde changeant et plus risqué qu'avant. Si on
n'est pas aux commandes, on a des risques sérieux et donc il n'y a aucun
changement de notre position. C'est tout.
Journaliste
: Premier
mandat, toujours?
M. St-Pierre Plamondon : Oui,
ça a toujours été ça, notre position.
Journaliste : Mme Laflamme,
on ne vous a pas beaucoup entendue, j'aimerais comme ça quand même comprendre
qu'est-ce qui explique, selon vous, que 6 999 électeurs de Chicoutimi
vous aient accordé leur soutien. Est-ce que c'est le projet de Parti québécois
pour l'indépendance? Ou bien c'est les positions du parti sur différents
enjeux?
Mme Laflamme (Marie-Karlynn) : Oui,
c'est nécessairement la campagne qu'on a faite parce qu'on a parlé de beaucoup
d'enjeux qui touchent le Saguenay Lac-Saint-Jean, notamment le vieillissement
de la population, hein? C'est important pour nous. Vous savez qu'on est la
population la plus vieillissante. Alors, non seulement ça peut soulever des
craintes, légitimes ou non, au niveau du référendum, mais c'est surtout qu'est
ce que vous allez faire pour nous? Alors, je vous dirais que la campagne, elle
était très pratico-pratique. Les gens voulaient savoir concrètement :
Qu'est-ce que vous nous amenez comme idées? Comment est-ce que vous allez
améliorer notre vie?
La question du référendum, elle est là.
Quand on en parle, ça fait du bien aux gens. J'appelle ça la période de dégel.
On... Je réalise que depuis la pandémie, les gens ont gardé beaucoup de choses
à l'intérieur d'eux-mêmes, puis en ont parlé, mais peut-être dans leur cercle
restreint. Lorsqu'on en parle ouvertement, on sent que les gens sont prêts à
nos propositions, sont prêts à l'entendre, sont prêts à en débattre. Et
lorsqu'on en a parlé, les gens sont beaucoup plus positifs aussi à la question.
Des voix : ...
M. St-Pierre Plamondon : Ça,
en passant, c'est la réponse d'une candidate qui a fait son porte-à-porte,
puis, dans ce qu'on offre que les autres n'offrent pas, c'est que nous, on
s'intéresse vraiment à ce que les gens nous disent, puis on met du temps, puis,
quand ils nous voient travailler avec sérieux comme ça, puis qu'ils voient les
autres être plus ou moins présents, mais, pour répondre à la question, ça joue,
parce qu'ils voient qu'il y a un groupe de gens intelligents qui prennent ça au
sérieux, qui ont ça à cœur.
Journaliste : ...un dossier
que vous voulez miser, en particulier pour les prochains prochains mois, les
six mois que vous avez maintenant?
Mme Laflamme (Marie-Karlynn) : Oui,
bien, pour nous, à Chicoutimi, ce qui est important, c'est le dossier du bloc
opératoire. Le bloc opératoire où il y a une incertitude, là, par rapport à :
Est-il inscrit au PQI ou pas? Alors, ça, on a fait un grand stationnement, le
trou est prêt aussi, à l'hôpital, pour le recevoir. Alors, je pense que ça,
c'est le premier dossier, là, il faut s'assurer d'avoir les fonds pour ça. Pour
le reste, c'est le bureau de circonscription, hein? Recommencer à accueillir
les citoyens, à pouvoir les aider, notamment, là, à pouvoir être dans... pour
trouver leur chemin dans le système public, parmi les services publics. Alors,
ça, rapidement, on va le mettre en place, parce que, je vous rappelle, ça fait
cinq mois quand même que Chicoutimi n'a pas de voix.
Journaliste
: J'ai dû
aller... J'ai dû aller faire un direct, là, je n'ai pas tout entendu. Je ne
sais pas si la question vous a été posée. Vous vous revendiquez d'une très
grosse victoire, mais à 34 % de taux de participation, bien, il y a
66 % des électeurs qui sont restés à la maison. Ça ne vous inquiète pas,
ça?
M. St-Pierre Plamondon : Ah
non, du tout. En fait, c'est un taux de participation qui est quasi identique à
Terrebonne, Marie-Victorin, puis qui est plus élevé que...
Saint-Henri-Sainte-Anne, mais dans un contexte très difficile parce que c'est
l'hiver. Il y a un scrutin, une élection générale qui s'en vient, puis tout le
monde nous disait : On sait que c'est Marie-Karlynne qui va gagner. Donc,
essayer de motiver les gens à aller aux urnes, que les gens de Chicoutimi aient
atteint un taux de participation comparable aux autres partielles, meilleur que
Saint-Henri-Sainte-Anne, entre autres, c'est vraiment un bel exploit collectif
là-bas, parce qu'il y avait toutes sortes de facteurs qui, à mon avis,
rendaient ce taux de participation là plus périlleux. Puis finalement on a le
résultat comparable aux autres.
Le Modérateur
: On va
passer en anglais.
Journaliste :
Mr. St-Pierre Plamondon...
Des voix :
...
Journaliste :
Sorry! Jumping in... Thank you.
Journaliste :
Please go ahead...
Journaliste :
Mr. St-Pierre Plamondon, you're a man
of convictions. And you... you're crystal clear on the referendum in the first
mandate after a victory of the Parti québécois. You have some doubt. With your
speech yesterday...
M. St-Pierre
Plamondon :
I
didn't. I didn't.
Journaliste :
Yes, you did.
M. St-Pierre
Plamondon :
No.
That's... That's an opinion. That's not a fact.
Journaliste :
You talked about a good government
and...
M. St-Pierre
Plamondon :
A
real government.
Journaliste :
Yes, a real government with a good
judgement.
M. St-Pierre
Plamondon :
And
we are going to be a real government.
Journaliste :
What are you trying to do after you
hear, you listen to people in Chicoutimi and they have some... they have some
fears about this Trump administration and the situation, the geopolitical
situation?
M. St-Pierre
Plamondon :
If
you listen again to my speech yesterday, it's pretty clear. It's obvious
there's a window of four years to go ahead with that consultation, which is not
the same thing than try to mislead people by saying that the referendum would
be next week. And I just mentioned that during those four years many things are
to happen, including what's going to happen after elections in the US or what's
going to happen if the Supreme Court intervenes with tariff. What's going to
happen after midterms, what's going to happen here, we don't know. And I did
say the exact same thing than in Terrebonne, Arthabaska, and I did restate that
we have a window of four years and it's reasonable. And we're going to choose
the moment within that four years that is the more suited and the more clever. That's
it.
Journaliste :
Mr. Drainville in a... on X accuses you
of creating uncertainty and... by saying : Well, maybe a referendum...
what does he say here? «Élisez-moi, et il y aura peut-être un référendum
ou peut-être pas, ça... ça va dépendre de mon humeur.» It depends on my mood. Does
that create uncertainty?
M. St-Pierre
Plamondon :
I
think the truth here is that we've been ahead in polls for two years now. And
we have many political parties that are lacking any compass, any captain, that
are very lost. So, what they'll do, and that's... the real challenge for us
to... over the next months, you'll have tons of people saying... saying all
sorts of things on the Parti québécois. We seem to be an obsessive subject for
many politicians. And I don't know if I should answer all of those statements
that are not too convincing. So, I don't have much comments except they are...
they are in the race, and everybody is trying to make noise to make
themselves...
Journaliste :
As you said in French, you're still
committing to the referendum in the first mandate, as you said?
M. St-Pierre
Plamondon :
It's
the... It's the exact... It's the exact same thing. And listen to my speech
yesterday, that's precisely what I said. It's just that I have to restate
that's it's... it's a window of four years, and within four years, there are
many moments, many changes, and we're... we'll be smart about it. We'll...
We're committed to the best interest of Quebeckers. And I think it's misleading
to say that there's a referendum next week to make that impression, to create
that impression.
It's also misleading to
say that going to vote is a threat, a potential threat for Québec. I mean, it
doesn't make sense. Look at what's happening in Alberta. Are they... Are they
feeling threatened because... they have referendums in this upcoming October?
So, there are many things to be said in terms of inducing fear. And I'm fully
aware that in the recent history of Québec, during the referendums, and before,
and after, inducing fear has been a technique to avoid debating the essential
debate here : Can and should Québec decide for its... on its own? And
that's why I have to answer.
Journaliste :
What have you heard during the
by-election campaign that makes you forced you to speak about it in your speech
last night for several minutes about the anxiety of people?
M. St-Pierre
Plamondon :
I'm
never forced to say anything. When…
Journaliste :
No. But when something happened and you
have to speak about it.
M. St-Pierre
Plamondon :
When
I did reply… When I did reply to Mark Carney after obvious lies on the history
of Québec, people were over analyzing why I was doing it. I was doing it
because I felt…
Journaliste :
I spoke to you about anxiety like
several weeks ago. And what... what makes you think that you really have to
cover this in your speech last night?
M. St-Pierre
Plamondon : I didn't have to cover it, but I
felt like doing it. I felt that after talking that much to so many people and
after talking to Marie-Karlin, there are techniques of inducing fear and
misleading statements by our adversaries that may create fear. And it's
important for us to… restate what's actually going to happen and who actually
the people what they stand for, the values what we that… that we stand for. So,
I was not obliged to do that, but I, I felt like saying that.
Journaliste :
About the windows of opportunity,
though you mentioned that in French, there's a four year window, and then in
there, there's a window of opportunity. What does that look like for you? What
are the ideal conditions for that?
M. St-Pierre
Plamondon :
What
are the ideal conditions? I think I need to… we need to remain flexible and not
commit ahead in… in terms of conditions or in terms of date. Would it be the
last year, the first year? We need to be flexible and take reasoned decisions
when you know the facts and… and all these… I know there's a lot of interest in
mechanics in… in this group, and that's your job to ask questions, but it's
also a technique to avoid discussing why we should be deciding by ourselves and
why there is no control on language, immigrations public funds that are being
wasted in Ottawa, why it's important to have an international representation,
why we will... well, why independence will lead to better services and probably
better fiscality. That's what we need to be discussing. But that's an old
trick, and unfortunately something that happened many times in Québec's
history, inducing fear. And avoiding debating why we should decide by ourselves
by imposing a debate on mechanics that are presented as if there's a potential
threat there, it's a vote, it's a vote. And look at what's happening in
Alberta, they treat it as a vote no matter what happens in the rest of the
world.
Journaliste :
Bien, en français, en français sur sa question, très rapidement…
Journaliste
: Sur cette
question-là, sur les conditions idéales, est-ce que ça prend des conditions
idéales?
M. St-Pierre Plamondon : Non,
je n'ai jamais eu de réflexions ou de déclarations sur les conditions idéales.
Moi, je me contente de prendre des décisions raisonnées sur la base des faits
lorsque ces faits-là sont devant nous et non pas se commettre à toutes sortes
de critères ou de scénarios en ayant en fait aucune information sur où en sera
le Québec, les États-Unis et le monde dans deux, dans trois, dans quatre ans.
Ce que je sais, par contre, à travers des centaines d'années, c'est que ne pas
décider par nous-mêmes a des impacts très, très réels et négatifs sur le Québec
à plein de niveaux, et ça, ça ne changera pas. Donc, c'est ce qui guide notre action
politique.
(Fin à 12 h 15)