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Point de presse de M. Pierre Dufour, député d’Abitibi-Est

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Wednesday, February 25, 2026, 13 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Treize heures neuf minutes)

Le Modérateur : Bonjour, tout le monde. Membres des médias, merci d'être sur place pour cette conférence de presse sur les sous-investissements historiques en Abitibi... en Abitibi-Témiscamingue, dis-je bien. S'adresseront aujourd'hui à vous Pierre Dufour, député d'Abitibi-Est, qui sera suivi de Sylvain Blais, président du conseil d'administration d'Attractivité Abitibi-Témiscamingue, Sébastien Richard, directeur général d'Abitibi Géophysique et président de la Chambre de commerce de Val-d'Or, puis, finalement, Randa Napky, responsable de l'implantation du Pôle d'innovation régénérative du MT Lab. Sans plus attendre, je cède la parole à Pierre Dufour.

M. Dufour : Merci. Donc, naturellement, comme toute année électorale, on entend beaucoup, à ce moment-là, de régionalisation et de régionalisme. Le gouvernement en place, le nouveau chef du Parti libéral, le chef du Parti québécois, dans le cadre de la partielle de Chicoutimi qu'on a vu lundi, les deux candidats à la chefferie de la CAQ, je pense que c'est un sujet qu'ils ont en eux à chaque fois qu'ils prennent la parole présentement. On assiste d'ailleurs à un concours de : Non, moi, je suis plus régionaliste que toi.     Alors, aujourd'hui, on est tous rassemblés ici avec des acteurs de la région de l'Abitibi-Témiscamingue qui prendront la parole naturellement afin de demander à ce que ceux qui se disent régionalistes se lèvent. Comme on dit en bon français, qu'enfin les babines suivent les bottines. Je suis donc avec Mme Randa Napky, ancienne directrice générale de Tourisme Abitibi-Témiscamingue, qui d'ailleurs sera à la COP 17 cet automne. Sébastien Richard, DG d'Abitibi Géophysique et président de la Chambre de commerce de Val-d'Or, Andréa Paquin Lessard, directrice générale d'Attractivité Abitibi-Témiscamingue, qui est ici en arrière, et M. Sylvain Blais, président du conseil d'administration d'Attractivité Abitibi-Témiscamingue.

Plusieurs maires et mairesses et autres acteurs économiques de la région appuient également notre démarche, mais ne pouvaient malheureusement pas être ici aujourd'hui. Parce qu'on va se le dire franchement, quand j'entends dire que l'Abitibi-Témiscamingue est une région périphérique, les oreilles me saignent. L'Abitibi-Témiscamingue n'est pas une région en marge du Québec. L'Abitibi a construit le Québec. Le chemin de fer est arrivé au début du siècle dernier, la colonisation a suivi, la grande découverte minière le long de la Faille de Cadillac a donné naissance à plusieurs villes. Bien avant ça, les Premières Nations occupaient déjà le territoire depuis des millénaires. C'est une région qui a été et qui est destinée à demeurer au cœur du développement du Québec. Aujourd'hui encore, on est un moteur économique majeur, mais cette contribution-là, elle vient avec des impacts bien réels.

L'exploitation minière transforme le territoire, elle use les routes, elle crée une pression énorme sur le logement, elle demande plus de services publics, elle soulève des enjeux énergétiques et environnementaux importants. Et je peux vous dire une chose, on est tous pour l'industrie minière dans la région dans l'ensemble, mais il faut quand même penser aux services publics. Et, pendant que la région assume ses impacts au quotidien et que les revenus dont bénéficie l'État, eux, montent en flèche, les familles de l'Abitibi-Témiscamingue ainsi que celles qui ont envisagent un jour venir s'y installer n'obtiennent tout simplement pas la part du gâteau qui leur est dû.

Entre 2020 et 2023, le gouvernement du Québec a perçu en moyenne 638 millions par année en redevances minières, avec un sommet de 926 millions en 2021. Et ça, ce sont des chiffres qu'on a jusqu'en 2023. Attendez-vous à ce que les chiffres de 2025 et 2024 soient vraiment au-dessus du 926 millions. Pendant ce temps, les MRC du Québec se partagent annuellement une enveloppe de 38 millions issue des revenus des ressources naturelles, soit une moyenne de 5,9 % des redevances minières perçues par Québec pour toutes les régions confondues. Ça, ça fait partie du pacte fiscal. Et le pacte fiscal, de la manière qu'il a été fait... prenons une ville comme Saint-Jean-sur-Richelieu présentement versus... bien, je dis la MRC de Saint-Jean-sur-Richelieu versus la MRC de la Vallée-de-l'Or, bien, étant donné que le pacte fiscal distribue en pourcentage selon aussi les gens établis, ça fait en sorte que la MRC qui exploite la mine, la MRC de la Vallée-de-l'Or, va avoir moins que la MRC, exemple, où est situé Saint-Jean-sur-Richelieu. Je vous donne ça comme exemple.

C'est bien trop peu, surtout que cet apport au Trésor de l'État continuera d'augmenter énormément au courant des prochaines années. Si on jette un oeil au prix de l'or uniquement, il est passé d'environ 1 200 $US l'once en 2019 à plus de 5000 $US l'once en 2025, atteignant des sommets historiques. Et qui sait où cette hausse fulgurante s'arrêtera? Ainsi, l'écart évident entre la contribution de l'Abitibi-Témiscamingue à l'économie du Québec et le retour d'ascenseur en matière d'investissements publics dans la région continueront de croître si aucun coup de barre n'est donné.

Tantôt, à la période de questions, je l'ai mentionné, l'Abitibi-Témiscamingue : 80 % des investissements qui se font sont au privé, 20 % du public. C'est la première région, et, si on compare, exemple, avec la région de la capitale nationale, la capitale nationale, c'est simplement 42 % du public et 58 % du privé... l'inverse, excusez, l'inverse. Déjà, une étude indépendante réalisée par Aviseo estime que... à gagner en investissements publics pour la région pourrait atteindre jusqu'à près de 6,7 milliards sur 10 ans, si on continue à la même échelle. Concrètement, ça veut dire quoi? Des infrastructures qui vieillissent, une pénurie de logements qui s'aggrave, des projets industriels freinés par des limites énergétiques, des services sous pression.

Alors, aujourd'hui, alors que nous joignons d'abord avec l'idée de demander un panier de mesures pour résorber cet immense déficit, nous avons convenu d'y aller d'une seule demande simple. Je pense qu'elle est raisonnable, facilement réalisable et qu'elle ne pénalise pas l'industrie. Nous exigeons à ce que 35 % des redevances minières perçues par l'État, Québec, l'État des Québécois, sur tout surplus généré au-delà du seuil de 2 000 $US l'once, soient retournés au territoire d'où ces ressources sont extraites. Donc, il ne peut pas avoir rien de plus concret que ça. Et ça ne chamboule pas le pacte fiscal, ça ne chamboule pas les données où est-ce que ça permet justement que la matière première puisse en faire profiter l'ensemble du Québec. Mais quand on arrive au-dessus de 2 000 $US l'once, 35 % des redevances seraient directement investies dans le secteur public de l'Abitibi-Témiscamingue. C'est assez logique. Comme l'État québécois s'enrichit de façon exceptionnelle et continuera de s'enrichir encore plus avec le prix de l'or qui atteint des niveaux records, le territoire qui génère cette richesse doit avoir une part revenir chez lui.

Je l'ai mentionné aussi tantôt à la période de questions, si le Saguenay—Lac-Saint-Jean peut revendiquer ses barrages, si les produits éoliens partout à travers le Québec présentement, dans les régions qui sont ciblées, peuvent avoir des redevances, le sol québécois, qui est exploité en Abitibi-Témiscamingue, mérite la même considération. On ne laisse pas uniquement les revenus monter à Québec pendant que les impacts restent sur le terrain. Si ce principe-là est valable pour l'éolien, il doit l'être aussi pour l'or. Alors, aujourd'hui, on interpelle directement les chefs de partis et les candidats à la chefferie de la CAQ, soit M. Plamondon, Milliard, Drainville, Fréchette, Duhaime et Ghazal. La demande est claire et limpide. Les élections générales approchent à grands pas et je les entends déjà nous promettre beaucoup de choses pour les régions du Québec. Bien, voilà l'opportunité d'en faire la preuve. Si on se dit régionaliste, il faut agir en régionaliste. L'Abitibi-Témiscamingue ne demande pas un traitement de faveur, elle demande simplement l'équité et une juste part. On ne demande pas tout l'or du monde, on demande juste assez pour prendre soin de notre monde.

Merci. Je vais laisser la parole à M. Sylvain Blais.

M. Blais (Sylvain) : Merci, M. le député. Merci, Pierre. L'Abitibi-Témiscamingue est une région performante. Elle est contributrice. Elle est stratégique pour le devenir du Québec. Les projets sont là, les investissements privés sont présents, les contributions fiscales sont majeures. Notre économie est forte. Ce qui demande maintenant toute notre attention, c'est la capacité de notre région à se maintenir et agrandir sa population, parce qu'une économie peut croître seulement, ainsi que son territoire, si les gens choisissent d'y rester, d'y fonder une famille, d'y bâtir leur avenir. Ce sont là des choses qui deviennent très concrètes. Ça passe par des logements accessibles, des services de santé stables et des équipes qui y vivent. On pourrait penser à l'hôpital d'Amos, par des écoles et des commerces et des milieux de vie dynamiques, par la capacité d'accueillir et d'enraciner de façon durable nos nouveaux arrivants et donc par une réduction assurément du navettage structurel et... où l'activité économique, effectivement, progresse sans que la population s'y établisse.

Le Québec s'est quand même doté d'une Loi sur l'occupation et la vitalité des territoires. Ça confirme des obligations, hein, que d'assurer... ça assure. Ça détermine des responsabilités collectives, assurer des régions vivantes et durables. Une souveraineté économique repose sur la capacité d'un territoire à maintenir et à faire grandir sa population. Des leviers publics évoqués aujourd'hui doivent servir d'objectifs clairs, renforcer notre capacité d'accueil, soutenir l'enracinement durable des familles et des travailleurs pour qu'une région qui contribue autant à la... à la prospérité collective doit pouvoir planifier son avenir avec cohérence. On ne demande pas tout l'or du monde, on en demande juste assez pour prendre soin de notre monde.

Je passe maintenant la parole à Sébastien.

M. Richard (Sébastien) : Merci, Sylvain. Merci, M. le député. Il est temps de corriger une perception persistante et réductrice, l'Abitibi-Témiscamingue n'est pas une région à soutenir par compassion économique. Derrière chaque projet minier, chaque usine de transformation, chaque chantier industriel se trouve un réseau structuré de PME locales qui livrent la marchandise. Nos succès reposent sur notre volonté et notre capacité à assumer pleinement nos responsabilités sociétales. Nous le démontrons chaque jour par notre capacité à accueillir et intégrer de nouveaux arrivants, la collaboration active avec les peuples autochtones, ainsi que le respect rigoureux des normes environnementales dans l'élaboration et la réalisation des projets sur notre territoire. Ce matin, le gouvernement nous a réitéré qu'il investit dans nos PME par le biais d'Investissement Québec. J'espère que le gouvernement réussit à voir et reconnaître des investissements nécessaires à sa réussite. Si on pouvait comparer les régions à des portefeuilles d'actions, en ce moment, on a l'impression que le gouvernement regarde un portefeuille ultraperformant et décide de ne pas trop mettre de billes dedans, c'est très, très difficile à comprendre de notre côté.

Notre savoir-innover dans un environnement complexe et nordique est recherché et exporté mondialement. Cette vitalité entrepreneuriale est réelle, elle est démontrée, elle est structurée, mais elle est trop souvent sous-estimée. Nos entreprises doivent composer avec des lourdeurs administratives, des délais d'autorisation qui freinent l'investissement et une approche mur-à-mur peu adaptée aux réalités de notre région. Or, une économie responsable et performante repose sur une population active, stable et renouvelée. Les entreprises font leur part, elles investissent en formation, elles innovent, elles s'organisent, mais elles ne peuvent, à elles seules, porter l'ensemble des leviers démographiques et structurels nécessaires pour soutenir la croissance. Le défi est donc d'assurer que les conditions publiques et démographiques permettent à cette performance de se maintenir dans le temps. Nos entreprises font leur part. Il faut maintenant assurer la stabilité structurelle qui permettra à cette performance de durer. On ne demande pas tout l'or du monde, on en demande juste assez pour prendre soin de notre monde. Je laisse la parole à...

Mme Napky (Randa) : Alors, bonjour, je suis Randa Napky... présenter? Oui. OK. Je suis responsable de l'implantation du fameux pôle d'innovation régénérative MT Lab en Abitibi-Témiscamingue, dédié au bien-être, au tourisme et à la biodiversité. Le manifeste de l'Abitibi-Témiscamingue trace une vision. Le pôle d'innovation régénérative en est une mise en action. Il est temps aujourd'hui de regarder l'Abitibi-Témiscamingue autrement. Oui, nous sommes un territoire extractif, mais notre histoire s'est construite autour des mines, de la forêt et de la terre. Par contre, nous sommes une collectivité engagée, capable de concilier développement économique, innovation et protection du territoire. Nous ne sommes pas un territoire périphérique. Nous sommes un territoire stratégique pour l'avenir du Québec et du Canada.

Située sur la ceinture de roches vertes, notre région possède les minéraux critiques essentiels à la transition énergétique mondiale. Dans le contexte géopolitique actuel, cela représente un levier économique majeur pour le Québec. Mais, mais, mais la transition énergétique, sans transition environnementale, demeure incomplète. Pour nous, en Abitibi-Témiscamingue, la modernité, c'est de réussir les deux. L'Abitibi-Témiscamingue, et ça, c'est important, est un des territoires multiressources des plus riches sur la planète, riche par son sous-sol, son eau potable des plus pures au monde, filtrée naturellement par les eskers, sa forêt boréale, ses terres agricoles propres, ses 22 000 lacs et rivières, sa culture unique et la présence des Anishinaabe.

Quand on habite un territoire complet comme l'Abitibi-Témiscamingue, on ne peut plus, aujourd'hui, opposer économie et environnement. C'est dans cet esprit qu'est né le Pôle d'innovation régénérative du MT Lab en Abitibi-Témiscamingue. Et là, notre objectif est très clair, réunir, autour du Pôle, tous les secteurs d'activité, industrie, recherche, innovation, acteurs autochtones, tourisme, culture, afin de prendre soin de ce territoire que nous aimons profondément, en le régénérant. Oui, l'extraction a des impacts, nous en sommes conscients, et c'est précisément pour cela que nous avons choisi d'agir ensemble et d'implanter le Pôle d'innovation régénérative. Dans un monde qui a besoin de ces minéraux pour se décarboner, la responsabilité n'est pas de refuser l'extraction, c'est de la transformer en créant des maillages nouveaux, en provoquant des rencontres improbables et en incubant des solutions adaptées à notre territoire. Les premières solutions innovantes issues du Pôle seront présentées à la fin mai, on a très hâte. Ce sera notre première démonstration tangible. Notre démarche attire déjà l'attention internationale, le secrétariat de la Convention sur la diversité biologique des Nations Unies nous a invités à organiser un événement à la COP26, de 75 minutes, qu'ils nous ont demandé de répéter deux, trois fois pour que tout le monde puisse y assister et nous répliquer. Cela confirme que ce qui se construit en Abitibi-Témiscamingue résonne au-delà de notre territoire. Sans l'Abitibi-Témiscamingue, le Québec ne saurait pas pauvre, mais il serait beaucoup, beaucoup moins riche, beaucoup moins stratégique. Nous ne sommes pas un angle mort. Nous sommes un levier stratégique, un territoire capable de démontrer qu'un modèle historiquement extractif peut évoluer vers un modèle régénératif, structuré et responsable. Normalement, extraction, régénération, c'est incompatible, mais nous, on va prouver que le contraire se peut.

Notre région se dévitalise à la vitesse grand V. Notre... par contre, notre économie surchauffe. On n'a pas besoin de nous annoncer des emplois, on les créer nous même. Ce que nous demandons, c'est que l'on investisse dans nos services, nos infrastructures, notre qualité de vie. Nous refusons d'être réduits à un simple camp minier, c'est ce qui se produit actuellement avec le Drive in, Drive Out Fly in, Fly out. Nous sommes une région vivante, nous sommes une collectivité forte et innovante. Nous sommes un moteur économique pour le Québec et pour le Canada, la prospérité que nous générons doit aussi se traduire en qualité de vie chez nous. Investir en Abitibi-Témiscamingue, ce n'est pas un risque, la richesse que nous générons doit bâtir notre avenir, pas seulement alimenter celui des autres. Et je le rappelle à mes compatriotes : On ne demande pas tout l'or du monde, on en demande juste assez pour prendre soin de notre monde. Merci. Et voilà, c'est fait.

Le Modérateur : Merci, Randa. Est-ce qu'il y avait des questions? Les... les journalistes.

Journaliste : Oui, je peux commencer. Bonjour à tous. M. Dufour, pour bien comprendre la mesure que vous présentez aujourd'hui, quand on dit qu'on veut qu'une partie des redevances minières restent dans les régions, ça passerait par qui, exactement? Vous avez mentionné les MRC, est ce que c'est par là que l'argent doit... doit revenir? Les municipalités... Tu sais, quels acteurs, là, concrètement...

M. Dufour : C'est deux choses différentes. Le 35 % qu'on demande, c'est... en fin de compte, c'est l'engagement qu'on demande aux partis politiques de vraiment octroyer... qu'une fois que le montant de 2 000 $ US là est atteint, il y a 35 % qui restent dans la région spécifiquement. Par la suite, la question que vous m'amenez directement, c'est par rapport, justement, à la manière de la répartition par la suite, ça, je laisse la région déterminer avec, entre autres, tous nos préfets, toute notre politique municipale, quelle est la meilleure solution pour la manière de faire en sorte d'encaisser ces revenus-là puis de pouvoir les réinvestir aux bonnes places dans les aspects publics.

Journaliste : Donc, c'est en investissements gouvernementaux, là, que le gouvernement lui-même va faire dans les...

M. Dufour : Que le gouvernement s'autorise à dicter de 35 % directement des redevances additionnelles. Donc, on ne demande pas d'argent additionnel au niveau des redevances minières en soi, c'est juste que l'argent, au lieu qu'elle retourne à Québec, qu'elle reste dans la région puis qu'elle soit exploitée par la région pour améliorer ses infrastructures publiques.

Journaliste : Parfait. Puis... Je sais qu'on voulait une mesure très précise, mais, en se concentrant uniquement sur l'or, on sait qu'il y a d'autres régions, qu'il y a d'autres ressources, est-ce que ça ne va pas faire un débalancement, là, dans les...

M. Dufour : C'est un très bon point, dans le sens que, même chez nous, on a un potentiel de minéraux critiques et stratégiques reconnu aussi. Donc, je pense que ça, c'est une première étape au niveau de l'or parce que c'est quand même un prix qui demeure davantage... comme le fer, c'est des prix qui sont davantage bien orientés. On le sait, les trois... les trois... les trois minéraux qui sont le plus avantageux au niveau du gouvernement : l'or, le fer et le cuivre, ou inversement le fer, l'or et le cuivre. Mais, s'il y a une étape qu'on veut franchir, c'est celle avec l'or, puis, par la suite, pourquoi pas avec des prix d'appoint pour les autres minéraux.

Journaliste : Parfait. Puis derrière petite chose : Est-ce que vous avez fait cette proposition-là lorsque vous étiez ministre, lorsque vous étiez à la CAQ? Est-ce que c'est...

M. Dufour : Lorsque j'étais à la CAQ, on a souvent discuté de la situation des redevances, particulièrement, même, avec davantage le ministre des Finances que directement avec le bureau du PM. Et c'est sûr et certain qu'on arrive avec un changement de paradigme, et le prix de l'or, à ce moment-là, n'a jamais été à une telle hauteur. Donc, on est quand même très généreux de dire qu'on attend d'atteindre le 2 000 $ US l'once, parce que, si vous vous souvenez, on a déjà été à des prix de l'once de 300 $, 400 $, 500 $, 1 200 $, comme on disait, en 2019. Donc, je pense qu'on fait notre part au niveau de la société du Québec. Et la société du Québec doit reconnaître que c'est le terrain et le sol abitibien qui est exploité chez nous.

Le Modérateur : Prochaine question.

Journaliste : Oui. Bonjour. C'est toujours pour vous, M. Dufour. Éloignez-vous pas trop. Sébastien Tanguay, pour le journal Le Devoir. Je m'interroge sur le chiffre de 35 %. Comment il est calculé, ce pourcentage-là?

M. Dufour : C'est... Bien, c'est... Vous le savez, dans toute négociation ou dans toute demande, à un moment donné, il faut essayer d'avoir un juste milieu. Pour nous, de demander 50 % quand on connaît les paradigmes actuels qui existent, c'est peut-être quelque chose qu'on saurait qui ne passerait pas, vraiment, la discussion potentielle. On arrive à une situation où ce qu'on est dans un principe de négociation, et, pour nous, le chiffre minimum qu'on aimerait que la région puisse obtenir, c'est le fameux 35 %.

Pourquoi le 35 %? Bien, c'est parce qu'à un moment donné, si tu demandes juste un 10 %, ça ne sera pas suffisant pour combler les besoins, même qu'à 35 % ce n'est pas suffisant, mais, au moins, on sait qu'avec cette portion-là, avec la situation actuelle... Et puis on entend parler même que le prix de l'once d'or pourrait monter beaucoup plus que le fameux 5 000 $ actuel. Donc, on pense qu'il y aurait quelque chose de vraiment intéressant pour nos infrastructures publiques pour la suite des événements.

Journaliste : Avez-vous calculé combien ça aurait redonné à la région, ce 35 % là, s'il avait été appliqué dans les redevances perçues par l'État au cours des dernières années?

M. Dufour : Non, on n'a pas fait ce calcul-là. Par contre, j'ai eu une discussion avec l'Association de l'exploration minière du Québec, M. Alain Poirier, qui pourrait... et aussi avec l'Association minière du Québec, M. Francis Bérubé, qui pourraient certainement vous en parler davantage.

Journaliste : Je m'interroge sur le timing de cette proposition-là, parce que ce n'est pas d'hier que le prix de l'or flambe sur les marchés. Pourquoi...

M. Dufour : Bien, le timing... Je pense qu'on l'a dit au début de la présentation, de un, ce qu'il faut comprendre : lorsqu'on arrive en période électorale, si vous l'avez remarqué, hein, tous les chefs de partis qui se présentent nous parlent de régionalisme. On l'a vu pas plus tard que lundi soir, comment que c'était important pour le Parti québécois de s'octroyer la circonscription de Chicoutimi. Quand... Une fois que les... le vote se termine puis que les... il y a un nouveau parti qui est élu et qui gouverne, bien, c'est drôle, on recommence tout de suite par la situation de monnaie remise dans les régions mais par projets, donc pas avec une vision globale, avec aucune orientation. Donc, on a un projet, on a un programme, on donne un montant puis on pense que tout est réglé dans la région.

Vous l'avez entendu des différentes personnes qui ont pris la parole ici, l'Abitibi-Témiscamingue est capable d'avoir son rendement économique. Par contre, si ce qu'on exploite chez nous, après ça, se retrouve simplement à Québec et que nous, on n'est... ne devient qu'une terre d'exploitation, bien, il y a quelque chose qui ne marche pas dans le système. On comprend très bien que la région a été développée... Elle a été annexée, même. L'Abitibi a été annexée en 1898. Lorsqu'elle a été annexée, naturellement, il y a eu trois phases de colonisation, particulièrement. Il y a eu, naturellement, le chemin de fer d'est en ouest au niveau du Canada, qui s'est terminé en 1913. On a vu... On a vu apparaître Amos comme le berceau de l'Abitibi en 1914. Ensuite, il y a eu le plan Vautrin pour tout l'aspect agricole qui a développé des territoires comme La Sarre. Et aussi, il y avait déjà l'occupation autochtone mais au Témiscamingue. Et finalement il y a eu la découverte de la faille de Cadillac qui a permis, là, tout le développement minier des villes comme Rouyn-Noranda, Malartic et Val-d'Or.

Quand on regarde tout ça, on comprend très bien qu'au départ la région était une région de colonisation pour exploiter les ressources. Depuis ce temps-là, on est rendus une centaine d'années plus loin aujourd'hui, la région a évolué, il y a des gens qui évoluent, comme on disait tantôt, il y a plein de choses qui se produisent chez nous, et on est encore sur le même paradigme par les gouvernements, de servir que d'être un territoire d'extraction. Je ne vois pas pourquoi qu'aujourd'hui on ne peut pas changer la donne. Et on a la chance d'avoir une période électorale présentement qui va... Et on ce qu'on fait avec ça, c'est qu'on demande aux différents partis d'arrêter de dire qu'ils sont des régionalistes et de faire en sorte qu'ils le démontrent avec des actions concrètes pour la région de l'Abitibi-Témiscamingue.

Journaliste : Si je peux me permettre encore une petite question. Il n'y a pas un danger dans cette démarche-là que la qualité des routes, que la qualité des écoles, que la réfection des installations médicales et sanitaires dépendent du prix de l'or en bout de ligne?

M. Dufour : Bien, c'est qu'on ne veut pas que le gouvernement se soustraie à ses principes de base. C'est une addition. Le 35 %, c'est une addition. Donc, le gouvernement doit conserver ces prémisses de base au niveau de ses programmes, au niveau de la manière qu'il structure. Donc, on ne dit pas que ça, ça vient remplacer, exemple, le montant d'argent pour le ministère des Transports, par exemple, vous avez parlé des routes, on dit : C'est un complément qui va nous permettre de ratisser le déficit fiscal que l'étude d'Aviseo a démontré. Donc, si on n'a pas ça, on s'enligne pour être en problématique de plus en plus d'année en année. Donc, on aura beau crier et essayer de faire revendiquer notre parole, si on se dévitalise, bien, ça va être de plus en plus difficile pour la région de ne pas devenir simplement une région, comme l'a dit tantôt mon amie Randa, d'un simple... devenir un simple camp minier comme on a vu, exemple, avec une ville comme Matagami par exemple. Donc, je pense que c'est ça qui est le cri du cœur qu'on lance aujourd'hui puis qu'on dit au gouvernement, là, : Réveillez-vous, il faut aller chercher cette somme-là pour la structure économique au niveau social de notre territoire.

Journaliste : Et vous n'êtes pas sans savoir qu'on est en course à la chefferie de votre ancien parti. Est-ce qu'il y a un des deux... une des deux candidatures qui est plus susceptibles, à vos yeux, de répondre à votre demande?

M. Dufour : Lorsque j'étais à la Coalition avenir Québec, je peux vous confirmer qu'avec M. Drainville j'ai réglé quelques dossiers qui étaient vraiment problématiques, ce que je n'ai pas eu de l'autre côté, sur les dossiers, exemple, qu'on a amené au bureau de Mme Fréchette. Mais, du côté de M. Drainville, je suis obligé de mentionner que, oui, on a eu des très bons succès avec les dossiers qu'on a touchés avec M. Drainville. Merci.

Le Modérateur : C'est ce qui m'a fait à la conférence de presse. Merci d'avoir été présent. Merci à tout le monde qui a pris la parole. Une belle journée.

(Fin à 13 h 36)

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