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Point de presse de Mme Madwa-Nika Cadet, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation, et Mme Alejandra Zaga Mendez, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’enseignement supérieur

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Wednesday, February 25, 2026, 11 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures trente-cinq minutes)

La Modératrice : Alors, bonjour et bienvenue à ce point de presse transpartisan pour demander une meilleure prévisibilité budgétaire en éducation. Donc, on va commencer avec la porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation, Madwa-Nika Cadet, qui sera suivie de la députée solidaire et responsable en matière d'enseignement supérieur, Alejandra Zaga Mendez. Ensuite, on va passer aux interlocuteurs. Donc, il y aura Éric Gingras, de la Centrale des syndicats du Québec, ensuite Francis Côté, de la Fédération québécoise des directions d'établissements d'enseignement, Mélanie Laviolette, Fédération des comités de parents du Québec, ensuite Jean Robert, Association des commissions scolaires anglophones du Québec, et, pour terminer, Lili Plourde, Fédération québécoise de l'autisme, et sera suivi d'une période de questions.

Mme Cadet : Merci. Bonjour. Bon avant-midi. Vous voyez, nous sommes très, très nombreux aujourd'hui pour vous parler d'éducation. Vous le savez, l'automne dernier, on l'a souvent dit, donc, l'ensemble des partenaires, donc, du réseau de l'éducation l'ont souvent mentionné, on a vécu, donc, l'une des pires rentrées scolaires des 15 dernières années. La raison, donc, qui motive, donc, cette désastreuse rentrée scolaire, bien, c'est manifestement, donc, le fait qu'on ait vécu énormément d'instabilité dans le réseau. De l'instabilité dans le réseau, bien, ça signifie, donc, des services qui ne sont pas au rendez-vous pour nos jeunes.

Il y a quelques instants, à la période des questions, j'ai moi-même posé la question à Sonia LeBel, lui demandant de promettre à la Coalition des partenaires en éducation plus de stabilité, plus de services, ce qui était une promesse de la CAQ. Ce que l'on constate, c'est que c'est une promesse rompue, que la CAQ qui nous disait que l'éducation était la priorité de ses priorités, bien, manifestement n'est pas en mesure de tenir parole. Puis, pendant ce temps-là, bien, ce sont nos jeunes qui écopent.

Donc, aujourd'hui, donc, l'ensemble de la coalition est présente pour dire au gouvernement de la CAQ que c'est le budget de la dernière chance. Assez, c'est assez. Nous avons besoin de prévisibilité. Le réseau, les acteurs, l'ensemble de ceux qui tiennent à bout de bras notre écosystème veulent de la prévisibilité.

Mme Zaga Mendez : Merci beaucoup, Madwa. C'était très important pour moi puis pour Québec solidaire de joindre notre voix à cette coalition et de le faire de façon transpartisane. On est à la veille du dernier budget caquiste, et il est impossible de gérer un système d'éducation à coups de surprises budgétaires et de reculs improvisés. Nos écoles, nos élèves, nos parents, nos enseignants ont besoin de stabilité, de prévisibilité, d'engagements qui vont être clairs sur plusieurs années. Quand le financement fluctue et quand on recule, on revient, là, ceci crée de l'incertitude d'abord et avant tout pour nos élèves, pour nos jeunes, qui paient le prix, les élèves les plus vulnérables, mais aussi pour toute l'équipe-école, nos enseignants, nos enseignantes, nos intervenants et les parents. Investir de manière prévisible en éducation, c'est une condition de base pour assurer l'égalité des chances pour tous nos élèves et tous nos jeunes, partout au Québec, alors on... on joint notre voix à cette demande, à l'approche du prochain budget, c'est ce dernier budget caquiste, et la CAQ doit prouver que l'éducation est réellement une priorité et qu'il prend des engagements sérieux sur le long terme pour l'ensemble du réseau. Je cède donc la parole à M. Éric Gingras, de la CSQ.

M. Gingras (Éric) : Bien, merci beaucoup. Je pense que le fait qu'il y ait tant de monde qui se déplace, qui représente des gens qui n'ont pas l'habitude de faire quelque chose comme ça conjointement, que ce soit des représentants de syndicats, de parents, de fédérations patronales, je pense que ça démontre très bien l'urgence. Alors, bien sûr, au nom des syndicats, mais du personnel, c'est-à-dire des profs, du personnel de soutien et des professionnels qui sont tous ici, de tous les syndicats du réseau scolaire, ce qui est important, deux éléments à retenir. Le premier, oui, une prévisibilité pour ne pas rejouer dans le même film que l'an dernier, c'est-à-dire une valse-hésitation pendant l'été, au retour, qui s'est finalement répercutée sur les services aux jeunes dans nos écoles. Deuxième élément : Un financement à la hauteur, et un financement à la hauteur, ça veut dire qui respecte, justement, le coût de système, l'augmentation des coûts de système, l'augmentation du nombre d'élèves et, bien sûr, les besoins. Et là il faut arrêter de jouer dans le film, de dire que parce qu'on augmente les budgets en éducation, ça signifie qu'on investit. C'est faux. Pour investir, il faut respecter les trois éléments : Coûts de système, financement des besoins, augmentation du nombre d'élèves. Et ça, c'est le message qu'on est venu porter à l'ensemble de la classe politique, mais, bien sûr, au futur chef et au... donc, au futur premier ministre, pour que les choix soient les bons, c'est la dernière chance. Et... oui.

Des voix : ...

M. Côté (François) :Merci, Éric Gingras, merci. Bonjour, je m'appelle Francis Côté, président de la FQDE, avec mes trois collègues, Mme Kathleen Legault, présidente de l'AMDES, M. André Bernier, président de l'AQPDE, et Mme Julie Carpentier, de l'AEESQ. Nous représentons des... des milliers de directions d'écoles primaires et secondaires, ainsi que centres d'éducation adulte et de formation professionnelle de partout au Québec. Ce sont nos membres qui, chaque jour, doivent composer avec les coupures qui fragilisent nos établissements, qui réduisent l'accès aux services pour les élèves, qui aggravent une pénurie de personnel qui n'en finit plus. Ce sont eux qui doivent absorber les décisions budgétaires de Québec, la compression des programmes, la fin de certains financements et l'incertitude constante qui en découle. Ils gèrent aussi des bâtiments vétustes, des projets d'agrandissement ou de rénovation annoncés, reportés, parfois à répétition, jusqu'à disparaître complètement. Ce sont les directions qui gèrent les humains victimes de ces choix budgétaires. Les enfants qu'on connaît par leurs noms, leurs parents, nos équipes épuisées, stressées, se demandent si elles vont tenir le coup encore longtemps, nos équipes qui désertent nos établissements.

Sur le terrain, malgré le discours gouvernemental, nous devenons malgré nous les gestionnaires d'une décroissance... hein, je le savais que j'allais accrocher sur ce mot là...

Une voix : ...

M. Côté (François) : Merci à vous, institutionnalisée, merci. On nous demande de la rendre acceptable, mais elle ne l'est pas et ne le sera jamais. Pas pour nos élèves, pas pour notre réseau, pas pour l'avenir du Québec. Alors, un message au gouvernement à la veille du budget : Nous, les coupures en éducation, on a déjà donné et plus qu'une fois. Entendez ce... entendez cette puissante coalition profondément convaincue que l'éducation n'est pas une dépense, mais un investissement essentiel pour l'avenir d'une société moderne. Merci. Je laisse la parole à... Mme Laviolette.

Mme Laviolette (Mélanie) : Bonjour. Au nom des parents engagés de la Fédération des comités de parents du Québec, du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec, de English Parents Committee Association et de Je protège mon école publique, nous sommes aux premières loges pour constater l'impact des compressions budgétaires sur les services aux élèves. Que ce soit dans les écoles francophones ou anglophones, l'incertitude budgétaire affecte les services professionnels et de soutien dont nos enfants ont besoin pour leur bien-être, leur motivation et leur réussite. Malgré le travail et la bonne volonté de toutes les personnes travaillant dans les écoles, les élèves ayant des besoins particuliers ou connaissant déjà des difficultés sont les plus touchés par ces coupures, mettant d'autant plus à risque leur réussite. Dans le réseau anglophone et dans les milieux avec moins d'élèves, les ressources spécialisées sont plus limitées et chaque coupure a un impact considérable. Cela compromet un accès équitable aux services.

C'est pourquoi les parents d'élèves joignent leurs voix à celle de leurs partenaires en éducation et du personnel scolaire pour demander de la prévisibilité dans le budget de l'éducation et des investissements à la hauteur des besoins pour le bien-être de nos élèves, la réussite de tous nos enfants. Merci.

M. Robert (Jean) : Merci beaucoup. Je me lève aujourd'hui au nom de l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec pour lancer un appel qui est simple, mais, d'après nous, urgent. Donnez-nous de la stabilité, de la flexibilité... depuis le début, il faut que ce soit prévisible, notre travail. Notre réseau gère les fonds publics avec rigueur. Nos dépenses administratives se maintiennent à moins de 5 %. Nous, nous demandons la flexibilité nécessaire pour assumer pleinement notre mission ou notre mandat envers les élèves, notre personnel et pour notre communauté. Or, les règles budgétaires qui arrivent tardivement... Dès janvier, nos commissions scolaires commencent leur planification d'effectifs selon les échéanciers stricts prévus par les conventions collectives et nos priorités. À cela s'ajoute, dans les dernières années, des ajustements importants pendant le semestre ou pendant les premiers mois, deuxième mois, deuxième semestre, et qui devient, qui nous donne une marge de flexibilité qui est presque impossible.

Depuis automne 2024, le gel généralisé des embauches est en vigueur. Alors, les obligations administratives continuent à augmenter, et nous, on ne peut pas engager les gens. Nous demandons simplement de pouvoir respecter nos budgets, lever immédiatement le gel d'embauche et permettez-nous à utiliser nos surplus largement générés pour répondre correctement aux besoins de notre personnel et de nos élèves, confirmer les règles budgétaires au plus tard au début d'avril, alléger les exigences administratives.

Et maintenant, aidez-nous. Et on veut, justement, rendre compte de nos travaux. Nous sommes prêts à être imputables, nous sommes prêts à être efficaces et nous sommes prêts à livrer les résultats attendus. Donnez-nous la flexibilité et les moyens concrets d'y arriver. Merci.

Mme Plourde (Lili) : Bonjour. Lili Plourde, Fédération québécoise de l'autisme. Je tiens à remercier les députés et les membres de la coalition qui ont permis d'organiser cette importante activité aujourd'hui. Je prends la parole au nom de nombreux regroupements qui voient la défense des droits des personnes en situation de handicap et de leurs familles, entre autres, la coalition des parents d'enfants à besoins particuliers, la Société québécoise de la déficience intellectuelle, le RAPLIQ, qui est le regroupement des activistes pour l'inclusion sociale, ainsi que des membres de la société civile, dont Debout pour l'école!

Le manque de financement du réseau de l'éducation a un impact majeur sur l'inclusion des élèves ayant des besoins de soutien particulier, compromettant leur réussite éducative, causant l'augmentation des bris de services et brimant le droit des enfants à une éducation de qualité. Nous demandons au gouvernement d'investir en éducation afin que du personnel en quantité suffisante puisse offrir les services dont les élèves ont besoin au moment opportun, dans le respect des plans, des plans d'intervention et du droit des élèves. Merci.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va maintenant passer à la période de questions.

Mme Cadet : Hugo.

Journaliste : Bonjour. J'aurai quelques questions, puis je vais cibler, si vous le permettez, parce que vous êtes nombreux, des intervenants. Ce serait plus simple, j'ai l'impression. Je commencerais avec M. Gingras, de la CSQ. Vous avez nommé, M. Gingras, donc, les trois conditions, hein, pour avoir plus de prévisibilité, donc coût de système, assurer l'augmentation du coût du système et le financement des besoins. Est-ce qu'à la coalition ou vous, à la CSQ, vous avez chiffré ça représente quoi, ça, comme pourcentage d'augmentation des budgets en éducation?

M. Gingras (Éric) : C'est sûr que je vais faire attention, parce que, vous savez, on est une large coalition, les chiffres peuvent différer. Je pense qu'avec le nombre d'interventions que chacune des composantes qui sont réunies ici font régulièrement, le gouvernement est bien au courant des chiffres. Vous savez, lorsque celui, là, de 1,7 ou 1,6 qui a été annoncé lors la dernière mise à jour, tout le monde s'entend que ce n'est pas assez, il faut dépasser le 3 %. Après ça, ça pourrait fluctuer, on pourrait avoir des discussions, mais ce qui est important, c'est justement de se sortir de cette idée-là que de mettre 1,6 ou 1,7 % d'augmentation dans un budget en éducation, ça signifie qu'on augmente le budget, c'est faux, à cause des éléments que j'ai nommés, c'est une baisse d'investissement.

Journaliste : Donc, le plancher, c'est 3 %.

M. Gingras (Éric) : Minimalement. Puis, on pourrait avoir des discussions à savoir c'est peut-être 3,2, 3,3, 3,4, tout dépendant des intervenants qui vont prendre la parole.

Journaliste : Ma deuxième question est pour M. Côté de la FQDE. M. Côté, est-ce que c'est juste une question d'argent ou, à terme, faut-il revoir l'ensemble du système de l'organisation scolaire pour avoir un... Parce que... Je vous pose la question parce que j'ai l'impression qu'à chaque campagne électorale, à chaque budget, à chaque round de négociation de convention collective, ce sont les mêmes problèmes qui... qui refont surface. Donc, c'est-tu juste une question d'argent ou i faut avoir toute l'organisation scolaire?

M. Côté (François) :Deux volets. La première, oui, un chantier pour avoir une vraie réflexion sur l'éducation. Rappelons-nous que la société, la technologie, les besoins des élèves ont grandement, grandement changé dans les dernières années. Et le système scolaire présentement est probablement ce qui s'adapte le moins aux besoins du milieu.

Deuxième chose. Par rapport au financement, oui, financement adéquat, mais plus de flexibilité, plus de décisions qui se prennent dans les écoles, près des équipes-écoles. Il y a un principe dans la loi qui s'appelle la subsidiarité. Ce sera toujours la meilleure place pour prendre une décision. Donc, le financement au centre de services et le centre de services aux écoles, avec le plus de flexibilité possible dans toutes les mesures, parce que, vous le savez, c'est une conférence de presse, chaque fois qu'on déploie de l'argent, les 20... 37 mesures qu'on a dans nos centres de services, il y a-tu moyen de les regrouper et de se donner la marge de manœuvre pour correspondre aux besoins qui ne sont pas les mêmes, de Granby au centre-ville de Montréal.

Journaliste : Est-ce que vous pouvez me donner un exemple de manque de flexibilité, quelque chose qui pourrait marquer les esprits pour illustrer, par exemple, au niveau des... des directions scolaires, qu'est-ce qui arrive quand ce n'est pas assez flexible, là, quelque chose de très concret peut-être, là?

M. Côté (François) :Bien, par exemple, sorties culturelles. Sorties culturelles, il faut... on doit se rendre à quelque part pour assister à un événement culturel, il n'y a pas la possibilité de recevoir des artistes. Quand on est dans une région éloignée, ça coûte 1 200 $ d'autobus pour se rendre à une salle de spectacle qui est à 45 minutes, est-ce que tu prévois deux sorties culturelles par année? On n'est pas capables d'en financer une seule, donc on n'a jamais la possibilité de recevoir des artistes. C'est un exemple parmi mille de toutes les contraintes qu'on a en, plus la reddition de comptes qui vient avec ces mesures-là.

Journaliste : OK. Ma prochaine question serait pour Mme Laviolette. Vous avez parlé des... dans le fond, des besoins des élèves EHDAA, là. Essentiellement, qu'est-ce qu'ils vivent, ces élèves-là, dans les écoles en ce moment, là, avec les... le manque de prévisibilité?

Mme Laviolette (Mélanie) : Bien, en fait, les... nos élèves avec des difficultés d'adaptation et d'apprentissage ont besoin de stabilité pour se sentir sécurisés dans leurs apprentissages. Et quand on n'a pas les moyens de garder le personnel scolaire stable, parce qu'il y a des iniquités au niveau du budget ou parce qu'on doit faire des coupures, à ce moment-là, on déstabilise ces jeunes-là qui ont vraiment besoin d'avoir un cadre assez serré pour être capable de bien évoluer et de poursuivre leur...

Journaliste : Mais quand ils sont déstabilisés, par exemple, ça veut-tu dire qu'il y a un élève... prenons un exemple fictif, en troisième année, il bénéficie d'un service d'orthophonie et là, woup! l'année prochaine...

Mme Laviolette (Mélanie) : Ça se peut qu'il n'y en ait plus.

Journaliste : ...il n'est plus là, ça fait que là, on perd ce service-là, mais on gagne un autre service ailleurs. Puis finalement il n'y a pas un suivi qui est comme...

Mme Laviolette (Mélanie) : Oui, puis on gagne un autre service ailleurs, c'est encore drôle, ça ne veut pas dire qu'on va l'avoir, l'autre service ailleurs. Donc, nos... nos jeunes qui ont... sur qui on mise le plus pour acquérir des acquis, on n'a pas la certitude qu'on va être capables de les accompagner pour les maintenir, ces acquis-là. Et ça... ça engendre une... pas une déception, mais un découragement chez ces enfants-là.

Journaliste : Ma dernière question sera pour la politique, donc pour Mme Cadet et pour vous aussi Mme Mendez. En fait, vous proposez, vos deux partis, une commission Parent 2.0, n'est-ce pas? Mais vous avez certainement des visions politiques différentes. Vous, au Parti libéral, il n'est pas question de mettre fin à l'école à trois vitesses puis vous, à Québec solidaire, c'est votre priorité. Qu'est-ce que la commission Parent 2.0 va changer concrètement si, au niveau politique, il n'y a pas de front commun présentement?

Mme Cadet : Bien, d'abord, c'est une question de s'assurer qu'on ne soit pas en train de gérer le système d'éducation à la petite semaine. Ce qu'on voit avec le gouvernement caquiste puis au cours des dernières années, bien, ça a été, donc, de la vision à courte vue. Ce qu'on a vu dans le réseau, là... c'est quoi, le legs de la CAQ en éducation? C'est le vouvoiement puis l'interdiction, donc, des cellulaires dans les classes. D'accord, j'en suis. Moi, j'étais sur la commission spéciale. Je pense que ça, c'est effectivement, donc, un pas en avant, mais ça ne peut pas être ça, le legs en éducation, ça ne peut pas être ça, les grands accomplissements.

Quand on se dit qu'il faut absolument qu'on ait des états généraux, qu'on ait une conversation, qu'on réunisse l'ensemble, donc, des acteurs qui ici, directions d'école, commissions scolaires anglophones, parents, personnel professionnel, personnel de soutien, enseignants, bien, il faut qu'on soit capables de les écouter d'abord et avant tout puis d'arriver à ces différents consensus. Puis on a un point de départ aujourd'hui, mais une commission Parent 2.0 ou des états généraux, bien, ça va certainement nous permettre d'avoir... de s'asseoir, de se donner une vision collective puis commune en éducation. Vous avez entendu les acteurs un peu plus tôt. Les enjeux d'aujourd'hui ne sont pas les mêmes qu'il y a 30 ans. Il y a 30 ans, on n'avait pas autant d'élèves avec des besoins particuliers, on n'avait pas donc la même... les mêmes défis au niveau de la gestion de classe. Donc, il faut qu'on soit capables d'avoir une école réellement adaptée au Québec d'aujourd'hui et de demain.

Mme Zaga Mendez : Puis, dans l'immédiat, je pense, le message d'aujourd'hui pour lequel on s'entend, c'est que... la prévisibilité, mais d'arrêter de couper en éducation. C'était une catastrophe l'été passé. Tous les acteurs ici vont nous le dire à quel point c'était une catastrophe ne pas savoir combien d'argent s'en venait, combien allaient venir en octobre, on va reculer sur ci. Et jusqu'à aujourd'hui, là, c'est la dissonance du côté de la CAQ, là, sur les sorties culturelles. Donc, on peut-tu s'entendre sur une chose aujourd'hui? Tous les acteurs le disent, c'est qu'il faut la prévisibilité, il faut investir en éducation, il faut que ça redevienne une priorité pour couvrir les coûts du système. Et on s'entend sur une chose, sur le moyen terme, il faut brasser des idées avec une commission parent 2.0. C'est certain que, pour nous, il faut revoir l'école à trois vitesses. Mais là, le point de départ aujourd'hui, à la veille du budget, là, c'est la prévisibilité et aucun recul, voire une bonification du budget en éducation.

Journaliste : Merci.

La Modératrice : Est-ce qu'il y a d'autres questions?

Journaliste : Bonjour. J'aurais peut-être une question pour M. Gingras. Je m'excuse, je suis arrivée durant votre allocution, mais, justement, quand on parle de prévisibilité, je comprends qu'il y a plusieurs enjeux qui viennent avec ça. Est-ce que c'est surtout pour pouvoir trouver le personnel nécessaire avant chaque année scolaire, dans le fond? C'est ça?

M. Gingras (Éric) : Les trouver et les garder. C'était quoi, le problème, là, qu'on a eu? Non seulement il faut être en mesure, justement, de les trouver lors de la rentrée qu'on vient de passer, la rentrée 2025, mais le problème, c'est que, quand tu manques de prévisibilité, bien, il y en a qui vont quitter en juin. C'est vrai pour beaucoup de membres du personnel de soutien notamment, mais c'est vrai aussi pour les professionnels, c'est vrai pour les profs. Si tu veux aller faire quelque chose comme emploi, quelque chose qui est satisfaisant, il faut que tu te dises que tu vas le faire plus qu'une année parce que le budget, bien, ce n'est pas prévisible si je vais encore avoir mon poste.

Donc, cette prévisibilité-là, c'est non seulement pour les garder, mais pour aller les chercher. Puis après ça, bien, t'as besoin du financement pour permettre à tout ce monde-là d'avoir le goût de rester. Parce que, quand ta tâche devient plus difficile, peu importe c'est quoi ta catégorie d'emploi, parce que tu palie au manque à gauche, au manque à droite, tu t'en vas. Et c'est ça qu'il faut éviter avec un bon financement et une prévisibilité.

Journaliste : Donc, il faudrait que ça soit quand la date, là, que les centres de services scolaires, par exemple, là, sachent combien ils ont, combien ils peuvent embaucher, tu sais?

M. Gingras (Éric) : Ce n'était jamais simple les dernières années parce que, bon, le budget arrive fin mars. Après ça, les règles budgétaires arrivent. L'année passée, ça a été un fiasco. Là, notre crainte, c'est qu'il y a plein de rumeurs comme quoi le budget pourrait être déposé mi-avril, fin avril. Alors, il faut intervenir, puis il faut que le ministre des Finances et la ministre de l'Éducation trouvent une façon de régler ça au plus vite.

Journaliste : Avec le PEQ aussi, là, bon, il y a plusieurs enseignants qui... bon, qui sont... qui ont fait une demande au PSTQ, mais qui ne seront pas, on comprend, nécessairement priorisés, comme les travailleurs de la santé. Ça, est-ce que ça risque d'ajouter à la complexité de trouver du personnel pour l'année prochaine? Je ne sais pas qui peut répondre, là.

M. Gingras (Éric) : Bien, bien sûr. Bien, écoutez, je ne veux pas... je ne le sais pas, il y a un paquet de monde qui ont des réponses, là, il y a plein de monde qui ont des réponses, là. Il y a les parents qui ont des réponses, il y a les syndicats. La réalité, c'est oui, les chiffres sortent. Puis, à un moment donné, là, ce n'est pas juste les profs, c'est le personnel de soutien, les professionnels, puis, après ça, bien, c'est tout le monde qui est autour. Donc, pour être en mesure de faire ça, on l'a dit, là, le PEQ... on voit que ce sont des décisions qui sont strictement électoralistes en date d'aujourd'hui. Après ça, la réflexion sur qu'est-ce qu'on fait puis comment est-ce qu'on le fait, c'est une chose à avoir, mais, après ça, c'est une réalité, là, puis on la vit dans les milieux.

Journaliste : Peut-être là-dessus, je serais curieux d'entendre Mme Legault, vu que vous représentez les directions scolaires de Montréal, là.

Mme Legault (Kathleen) : Bonjour.

Journaliste : Bonjour. Justement, l'imprévisibilité par rapport au PEQ, qu'est-ce que ça change dans les écoles montréalaises?

Mme Legault (Kathleen) : Bien, je peux reprendre les propos de mon collègue. C'est que si les gens ne sont pas certains d'avoir un emploi, ils regardent si l'herbe est plus verte ailleurs. Et de toute évidence, elle l'est. Il y a d'autres provinces canadiennes qui sont beaucoup plus accueillants, et certaines personnes qui avaient choisi le Québec, choisi de s'établir avec leur famille, bien, ils sont en train de regarder s'ils ne vont pas revenir dans leur pays d'origine. Donc, on est allé chercher des gens à l'international, on est allé chercher des gens qualifiés, on manque de gens qualifiés, on les a accueillis chez nous, on leur a un peu promis quelque chose, et là, ils se sentent trahis. Donc, effectivement, c'est vraiment une problématique qui ne touche pas trois, quatre, cinq personnes, qui touche des centaines de personnes, dans la grande région de Montréal, mais ailleurs au Québec aussi, puis des personnes qui, pour le moment, n'ont aucune garantie, sauf de vagues promesses d'éventuels premiers ministres.

Journaliste : Est-ce que l'interdiction de port de signes religieux, par exemple, pour les... les personnes qui travaillent dans les services de garde scolaires, c'est quelque chose qui ajoute des contraintes?

Mme Legault (Kathleen) : On est extrêmement inquiets pour cet aspect de l'interdiction du port de signes religieux. Alors, c'est clair, là, on a engagé, depuis le mois de mars, mois d'avril, des centaines de personnes dans nos centres de services scolaires au Québec, plusieurs portent des signes religieux, on les a engagés sans qu'ils sachent qu'ils n'auraient pas le droit de porter ces signes religieux. Ils sont dans nos écoles, ils enseignent à nos élèves, ils interviennent dans nos services de garde, ils surveillent des élèves dans les écoles secondaires. Et là, du jour au lendemain, on va leur demander d'enlever leur signe religieux ou de quitter.

Journaliste : Est-ce que vous les voyez faire du prosélytisme? Est-ce que ces gens là, présentement, causent problème dans les... dans les écoles?

Mme Legault (Kathleen) : Les gens qui sont dans nos écoles sont des gens qui sont encadrés, s'il y a des problèmes, ils ne restent pas dans nos milieux. Moi, je vous parle de personnes qui offrent des services de qualité à nos jeunes, maintenant, et on va déstabiliser les jeunes en n'étant même pas certains qu'on va être capables de remplacer toutes ces personnes qui vont devoir quitter.

Journaliste : Juste, Mme Legault, sur l'histoire du PEQ, j'imagine que ça ajoute aussi à l'imprévisibilité, là, dont vous parliez, avec le budget?

Mme Legault (Kathleen) : Nous, depuis janvier, on planifie. Les directions d'école, depuis janvier, on planifie la prochaine année scolaire. On ne sait pas qui va pouvoir rester, on ne sait pas quel va être le budget, on ne sait pas combien de personnes vont devoir quitter à cause des signes religieux. Et là, il faut que ce soit motivant, il faut que les gens aient envie de rester, il faut qu'ils sentent qu'on est une équipe. Mais on a plein de questions, et clairement, là, le gouvernement doit reculer sur le PEQ, ça, là, il faut que les gens qui soient dans nos écoles puissent rester, et le gouvernement doit accorder un droit acquis pour les signes religieux, pour les gens qui sont dans nos écoles. Je ne vous parle pas de l'avenir, là, je vous parle des gens qui sont dans nos écoles en ce moment et qui travaillent avec nos jeunes. On ne peut pas déstabiliser l'école comme ça, ça n'a pas de sens.

Journaliste : Une petite dernière rendue là, ça devient agréable, c'est une conversation... Peut-être que Mme Laviolette... non, mais... votre nom de famille, c'est quoi, encore? J'ai un blanc.

Une voix : Mme Hubert?

Journaliste : Hubert! Mme Hubert, excusez-moi, Mme Hubert de la FAE, c'est ça, excusez-moi, je vous ai... je vous ai rebaptisée. Est-ce que c'est une tempête parfaite qui se poursuit pour le réseau de l'éducation, le manque de prévisibilité?

Mme Hubert (Mélanie) : Assurément, le réseau est en souffrance depuis longtemps. Je pense que tous les intervenants, à leur manière, dans les dernières années, militaient pour ça. Puis, en ce moment, tout est en place pour que ça soit encore plus compliqué dans les prochains mois puis pour la prochaine rentrée scolaire, parce qu'on n'a pas réglé les problèmes du passé, puis on a créé de nouveaux problèmes, notamment avec le PEQ, où on a... on a des gens qui ne savent pas si ils seront des nôtres l'année prochaine. On parlait, d'ailleurs, j'ai rencontré une enseignante, la semaine dernière, qui nous expliquait que c'est non seulement sa situation à elle qui est en cause, mais aussi celle de sa fille qui est inscrite à l'école secondaire puis qui devait accéder à des études supérieures, puis elle aussi, son avenir, pour ses études, est en jeu en ce moment. Donc, on est en train de créer une situation parfaite, on a des problèmes avec les budgets, on a des problèmes à garder notre monde et c'est fondamental que la CAQ comprenne qu'elle a fait fausse route, puis il reste quelques mois à son règne, puis il va falloir que quelque chose se passe, parce qu'autrement, on va être à la... dans la même situation l'année prochaine, à dénoncer une autre rentrée chaotique, et il y aura un nouveau gouvernement élu en octobre qui devra ramasser les pots cassés, et ça, en éducation, on l'a trop fait dans les dernières années.

Journaliste : Avez-vous rencontré, la coalition, quelqu'un du gouvernement aujourd'hui, la ministre, quelqu'un de son cabinet? Est-ce que la demande avait été faite?

M. Gingras (Éric) : Je n'ai pas compris la question.

Journaliste : Avez-vous rencontré quelqu'un du gouvernement aujourd'hui ou ce n'était pas l'objectif de votre journée?

M. Gingras (Éric) : Bien, pas aujourd'hui, mais cette coalition-là, je le rappelle, existe depuis, quoi...

Des voix : ...

M. Gingras (Éric) : Cette coalition-là existe depuis juin dernier. Donc, on a écrit une lettre ouverte, qui s'adressait aussi à Mme LeBel, M. Drainville à ce moment-là. Donc, ça, ces choses-là ont déjà été faites. Maintenant, je dirais que c'est au ministre des Finances à jouer aussi, là, parce que, si vous demandez à Mme LeBel, elle va dire qu'il y a des choses qu'elle ne peut pas faire parce que c'est le ministre des Finances qui décide. Donc, le message s'adresse beaucoup à lui, là.

Journaliste : Parfait. Merci.

Le Modérateur : Est-ce qu'il y a d'autres questions avant de terminer? Alors, on va mettre fin à ce point de presse. Merci.

(Fin à 12 h 04)

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