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(Onze heures trente-cinq minutes)
La Modératrice
: Alors,
bonjour et bienvenue à ce point de presse transpartisan pour demander une
meilleure prévisibilité budgétaire en éducation. Donc, on va commencer avec la
porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation, Madwa-Nika
Cadet, qui sera suivie de la députée solidaire et responsable en matière
d'enseignement supérieur, Alejandra Zaga Mendez. Ensuite, on va passer aux
interlocuteurs. Donc, il y aura Éric Gingras, de la Centrale des syndicats du
Québec, ensuite Francis Côté, de la Fédération québécoise des directions
d'établissements d'enseignement, Mélanie Laviolette, Fédération des comités de
parents du Québec, ensuite Jean Robert, Association des commissions scolaires
anglophones du Québec, et, pour terminer, Lili Plourde, Fédération québécoise
de l'autisme, et sera suivi d'une période de questions.
Mme Cadet : Merci. Bonjour.
Bon avant-midi. Vous voyez, nous sommes très, très nombreux aujourd'hui pour
vous parler d'éducation. Vous le savez, l'automne dernier, on l'a souvent dit,
donc, l'ensemble des partenaires, donc, du réseau de l'éducation l'ont souvent
mentionné, on a vécu, donc, l'une des pires rentrées scolaires des 15 dernières
années. La raison, donc, qui motive, donc, cette désastreuse rentrée scolaire, bien,
c'est manifestement, donc, le fait qu'on ait vécu énormément d'instabilité dans
le réseau. De l'instabilité dans le réseau, bien, ça signifie, donc, des
services qui ne sont pas au rendez-vous pour nos jeunes.
Il y a quelques instants, à la période des
questions, j'ai moi-même posé la question à Sonia LeBel, lui demandant de
promettre à la Coalition des partenaires en éducation plus de stabilité, plus
de services, ce qui était une promesse de la CAQ. Ce que l'on constate, c'est
que c'est une promesse rompue, que la CAQ qui nous disait que l'éducation était
la priorité de ses priorités, bien, manifestement n'est pas en mesure de tenir
parole. Puis, pendant ce temps-là, bien, ce sont nos jeunes qui écopent.
Donc, aujourd'hui, donc, l'ensemble de la
coalition est présente pour dire au gouvernement de la CAQ que c'est le budget
de la dernière chance. Assez, c'est assez. Nous avons besoin de prévisibilité.
Le réseau, les acteurs, l'ensemble de ceux qui tiennent à bout de bras notre
écosystème veulent de la prévisibilité.
Mme Zaga Mendez : Merci beaucoup,
Madwa. C'était très important pour moi puis pour Québec solidaire de joindre
notre voix à cette coalition et de le faire de façon transpartisane. On est à
la veille du dernier budget caquiste, et il est impossible de gérer un système
d'éducation à coups de surprises budgétaires et de reculs improvisés. Nos écoles,
nos élèves, nos parents, nos enseignants ont besoin de stabilité, de prévisibilité,
d'engagements qui vont être clairs sur plusieurs années. Quand le financement
fluctue et quand on recule, on revient, là, ceci crée de l'incertitude d'abord
et avant tout pour nos élèves, pour nos jeunes, qui paient le prix, les élèves
les plus vulnérables, mais aussi pour toute l'équipe-école, nos enseignants,
nos enseignantes, nos intervenants et les parents. Investir de manière
prévisible en éducation, c'est une condition de base pour assurer l'égalité des
chances pour tous nos élèves et tous nos jeunes, partout au Québec, alors on...
on joint notre voix à cette demande, à l'approche du prochain budget, c'est ce
dernier budget caquiste, et la CAQ doit prouver que l'éducation est réellement
une priorité et qu'il prend des engagements sérieux sur le long terme pour
l'ensemble du réseau. Je cède donc la parole à M. Éric Gingras, de la CSQ.
M. Gingras (Éric) : Bien,
merci beaucoup. Je pense que le fait qu'il y ait tant de monde qui se déplace,
qui représente des gens qui n'ont pas l'habitude de faire quelque chose comme
ça conjointement, que ce soit des représentants de syndicats, de parents, de
fédérations patronales, je pense que ça démontre très bien l'urgence. Alors,
bien sûr, au nom des syndicats, mais du personnel, c'est-à-dire des profs, du
personnel de soutien et des professionnels qui sont tous ici, de tous les
syndicats du réseau scolaire, ce qui est important, deux éléments à retenir. Le
premier, oui, une prévisibilité pour ne pas rejouer dans le même film que l'an
dernier, c'est-à-dire une valse-hésitation pendant l'été, au retour, qui s'est
finalement répercutée sur les services aux jeunes dans nos écoles. Deuxième
élément : Un financement à la hauteur, et un financement à la hauteur, ça
veut dire qui respecte, justement, le coût de système, l'augmentation des coûts
de système, l'augmentation du nombre d'élèves et, bien sûr, les besoins. Et là
il faut arrêter de jouer dans le film, de dire que parce qu'on augmente les
budgets en éducation, ça signifie qu'on investit. C'est faux. Pour investir, il
faut respecter les trois éléments : Coûts de système, financement des
besoins, augmentation du nombre d'élèves. Et ça, c'est le message qu'on est
venu porter à l'ensemble de la classe politique, mais, bien sûr, au futur chef
et au... donc, au futur premier ministre, pour que les choix soient les bons,
c'est la dernière chance. Et... oui.
Des voix : ...
M. Côté
(François) :Merci, Éric Gingras, merci.
Bonjour, je m'appelle Francis Côté, président de la FQDE, avec mes trois
collègues, Mme Kathleen Legault, présidente de l'AMDES, M. André
Bernier, président de l'AQPDE, et Mme Julie Carpentier, de l'AEESQ. Nous
représentons des... des milliers de directions d'écoles primaires et
secondaires, ainsi que centres d'éducation adulte et de formation professionnelle
de partout au Québec. Ce sont nos membres qui, chaque jour, doivent composer
avec les coupures qui fragilisent nos établissements, qui réduisent l'accès aux
services pour les élèves, qui aggravent une pénurie de personnel qui n'en finit
plus. Ce sont eux qui doivent absorber les décisions budgétaires de Québec, la
compression des programmes, la fin de certains financements et l'incertitude
constante qui en découle. Ils gèrent aussi des bâtiments vétustes, des projets
d'agrandissement ou de rénovation annoncés, reportés, parfois à répétition,
jusqu'à disparaître complètement. Ce sont les directions qui gèrent les humains
victimes de ces choix budgétaires. Les enfants qu'on connaît par leurs noms,
leurs parents, nos équipes épuisées, stressées, se demandent si elles vont
tenir le coup encore longtemps, nos équipes qui désertent nos établissements.
Sur le terrain, malgré le discours
gouvernemental, nous devenons malgré nous les gestionnaires d'une
décroissance... hein, je le savais que j'allais accrocher sur ce mot là...
Une voix : ...
M. Côté
(François) : Merci à vous, institutionnalisée, merci. On nous
demande de la rendre acceptable, mais elle ne l'est pas et ne le sera jamais.
Pas pour nos élèves, pas pour notre réseau, pas pour l'avenir du Québec. Alors,
un message au gouvernement à la veille du budget : Nous, les coupures en
éducation, on a déjà donné et plus qu'une fois. Entendez ce... entendez cette
puissante coalition profondément convaincue que l'éducation n'est pas une
dépense, mais un investissement essentiel pour l'avenir d'une société moderne.
Merci. Je laisse la parole à... Mme Laviolette.
Mme Laviolette (Mélanie) : Bonjour.
Au nom des parents engagés de la Fédération des comités de parents du Québec,
du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec, de English Parents
Committee Association et de Je protège mon école publique, nous sommes aux
premières loges pour constater l'impact des compressions budgétaires sur les
services aux élèves. Que ce soit dans les écoles francophones ou anglophones,
l'incertitude budgétaire affecte les services professionnels et de soutien dont
nos enfants ont besoin pour leur bien-être, leur motivation et leur réussite.
Malgré le travail et la bonne volonté de toutes les personnes travaillant dans
les écoles, les élèves ayant des besoins particuliers ou connaissant déjà des
difficultés sont les plus touchés par ces coupures, mettant d'autant plus à
risque leur réussite. Dans le réseau anglophone et dans les milieux avec moins
d'élèves, les ressources spécialisées sont plus limitées et chaque coupure a un
impact considérable. Cela compromet un accès équitable aux services.
C'est pourquoi les parents d'élèves
joignent leurs voix à celle de leurs partenaires en éducation et du personnel
scolaire pour demander de la prévisibilité dans le budget de l'éducation et des
investissements à la hauteur des besoins pour le bien-être de nos élèves, la
réussite de tous nos enfants. Merci.
M. Robert (Jean) : Merci
beaucoup. Je me lève aujourd'hui au nom de l'Association des commissions
scolaires anglophones du Québec pour lancer un appel qui est simple, mais,
d'après nous, urgent. Donnez-nous de la stabilité, de la flexibilité... depuis
le début, il faut que ce soit prévisible, notre travail. Notre réseau gère les
fonds publics avec rigueur. Nos dépenses administratives se maintiennent à
moins de 5 %. Nous, nous demandons la flexibilité nécessaire pour assumer
pleinement notre mission ou notre mandat envers les élèves, notre personnel et
pour notre communauté. Or, les règles budgétaires qui arrivent tardivement...
Dès janvier, nos commissions scolaires commencent leur planification
d'effectifs selon les échéanciers stricts prévus par les conventions
collectives et nos priorités. À cela s'ajoute, dans les dernières années, des
ajustements importants pendant le semestre ou pendant les premiers mois,
deuxième mois, deuxième semestre, et qui devient, qui nous donne une marge de
flexibilité qui est presque impossible.
Depuis automne 2024, le gel
généralisé des embauches est en vigueur. Alors, les obligations administratives
continuent à augmenter, et nous, on ne peut pas engager les gens. Nous
demandons simplement de pouvoir respecter nos budgets, lever immédiatement le
gel d'embauche et permettez-nous à utiliser nos surplus largement générés pour
répondre correctement aux besoins de notre personnel et de nos élèves,
confirmer les règles budgétaires au plus tard au début d'avril, alléger les
exigences administratives.
Et maintenant, aidez-nous. Et on veut,
justement, rendre compte de nos travaux. Nous sommes prêts à être imputables,
nous sommes prêts à être efficaces et nous sommes prêts à livrer les résultats
attendus. Donnez-nous la flexibilité et les moyens concrets d'y arriver. Merci.
Mme Plourde (Lili) : Bonjour.
Lili Plourde, Fédération québécoise de l'autisme. Je tiens à remercier les
députés et les membres de la coalition qui ont permis d'organiser cette
importante activité aujourd'hui. Je prends la parole au nom de nombreux
regroupements qui voient la défense des droits des personnes en situation de
handicap et de leurs familles, entre autres, la coalition des parents d'enfants
à besoins particuliers, la Société québécoise de la déficience intellectuelle,
le RAPLIQ, qui est le regroupement des activistes pour l'inclusion sociale,
ainsi que des membres de la société civile, dont Debout pour l'école!
Le manque de financement du réseau de
l'éducation a un impact majeur sur l'inclusion des élèves ayant des besoins de
soutien particulier, compromettant leur réussite éducative, causant
l'augmentation des bris de services et brimant le droit des enfants à une
éducation de qualité. Nous demandons au gouvernement d'investir en éducation
afin que du personnel en quantité suffisante puisse offrir les services dont
les élèves ont besoin au moment opportun, dans le respect des plans, des plans
d'intervention et du droit des élèves. Merci.
La Modératrice : Merci
beaucoup. On va maintenant passer à la période de questions.
Mme Cadet : Hugo.
Journaliste : Bonjour.
J'aurai quelques questions, puis je vais cibler, si vous le permettez, parce
que vous êtes nombreux, des intervenants. Ce serait plus simple, j'ai
l'impression. Je commencerais avec M. Gingras, de la CSQ. Vous avez nommé,
M. Gingras, donc, les trois conditions, hein, pour avoir plus de
prévisibilité, donc coût de système, assurer l'augmentation du coût du système
et le financement des besoins. Est-ce qu'à la coalition ou vous, à la CSQ, vous
avez chiffré ça représente quoi, ça, comme pourcentage d'augmentation des
budgets en éducation?
M. Gingras (Éric) : C'est sûr
que je vais faire attention, parce que, vous savez, on est une large coalition,
les chiffres peuvent différer. Je pense qu'avec le nombre d'interventions que
chacune des composantes qui sont réunies ici font régulièrement, le
gouvernement est bien au courant des chiffres. Vous savez, lorsque celui, là,
de 1,7 ou 1,6 qui a été annoncé lors la dernière mise à jour, tout le monde
s'entend que ce n'est pas assez, il faut dépasser le 3 %. Après ça, ça
pourrait fluctuer, on pourrait avoir des discussions, mais ce qui est
important, c'est justement de se sortir de cette idée-là que de mettre 1,6 ou
1,7 % d'augmentation dans un budget en éducation, ça signifie qu'on
augmente le budget, c'est faux, à cause des éléments que j'ai nommés, c'est une
baisse d'investissement.
Journaliste : Donc, le
plancher, c'est 3 %.
M. Gingras (Éric) : Minimalement.
Puis, on pourrait avoir des discussions à savoir c'est peut-être 3,2, 3,3, 3,4,
tout dépendant des intervenants qui vont prendre la parole.
Journaliste : Ma deuxième
question est pour M. Côté de la FQDE. M. Côté, est-ce que c'est juste
une question d'argent ou, à terme, faut-il revoir l'ensemble du système de
l'organisation scolaire pour avoir un... Parce que... Je vous pose la question
parce que j'ai l'impression qu'à chaque campagne électorale, à chaque budget, à
chaque round de négociation de convention collective, ce sont les mêmes
problèmes qui... qui refont surface. Donc, c'est-tu juste une question d'argent
ou i faut avoir toute l'organisation scolaire?
M. Côté
(François) :Deux volets. La première,
oui, un chantier pour avoir une vraie réflexion sur l'éducation. Rappelons-nous
que la société, la technologie, les besoins des élèves ont grandement,
grandement changé dans les dernières années. Et le système scolaire
présentement est probablement ce qui s'adapte le moins aux besoins du milieu.
Deuxième chose. Par rapport au
financement, oui, financement adéquat, mais plus de flexibilité, plus de
décisions qui se prennent dans les écoles, près des équipes-écoles. Il y a un
principe dans la loi qui s'appelle la subsidiarité. Ce sera toujours la
meilleure place pour prendre une décision. Donc, le financement au centre de
services et le centre de services aux écoles, avec le plus de flexibilité
possible dans toutes les mesures, parce que, vous le savez, c'est une
conférence de presse, chaque fois qu'on déploie de l'argent, les 20...
37 mesures qu'on a dans nos centres de services, il y a-tu moyen de les
regrouper et de se donner la marge de manœuvre pour correspondre aux besoins
qui ne sont pas les mêmes, de Granby au centre-ville de Montréal.
Journaliste : Est-ce que vous
pouvez me donner un exemple de manque de flexibilité, quelque chose qui
pourrait marquer les esprits pour illustrer, par exemple, au niveau des... des
directions scolaires, qu'est-ce qui arrive quand ce n'est pas assez flexible,
là, quelque chose de très concret peut-être, là?
M. Côté
(François) :Bien, par exemple, sorties
culturelles. Sorties culturelles, il faut... on doit se rendre à quelque part
pour assister à un événement culturel, il n'y a pas la possibilité de recevoir
des artistes. Quand on est dans une région éloignée, ça coûte 1 200 $
d'autobus pour se rendre à une salle de spectacle qui est à 45 minutes,
est-ce que tu prévois deux sorties culturelles par année? On n'est pas capables
d'en financer une seule, donc on n'a jamais la possibilité de recevoir des
artistes. C'est un exemple parmi mille de toutes les contraintes qu'on a en,
plus la reddition de comptes qui vient avec ces mesures-là.
Journaliste : OK. Ma
prochaine question serait pour Mme Laviolette. Vous avez parlé des... dans
le fond, des besoins des élèves EHDAA, là. Essentiellement, qu'est-ce qu'ils
vivent, ces élèves-là, dans les écoles en ce moment, là, avec les... le manque
de prévisibilité?
Mme Laviolette (Mélanie) : Bien,
en fait, les... nos élèves avec des difficultés d'adaptation et d'apprentissage
ont besoin de stabilité pour se sentir sécurisés dans leurs apprentissages. Et
quand on n'a pas les moyens de garder le personnel scolaire stable, parce qu'il
y a des iniquités au niveau du budget ou parce qu'on doit faire des coupures, à
ce moment-là, on déstabilise ces jeunes-là qui ont vraiment besoin d'avoir un
cadre assez serré pour être capable de bien évoluer et de poursuivre leur...
Journaliste : Mais quand ils
sont déstabilisés, par exemple, ça veut-tu dire qu'il y a un élève... prenons
un exemple fictif, en troisième année, il bénéficie d'un service d'orthophonie
et là, woup! l'année prochaine...
Mme Laviolette (Mélanie) : Ça
se peut qu'il n'y en ait plus.
Journaliste : ...il n'est
plus là, ça fait que là, on perd ce service-là, mais on gagne un autre service
ailleurs. Puis finalement il n'y a pas un suivi qui est comme...
Mme Laviolette (Mélanie) : Oui,
puis on gagne un autre service ailleurs, c'est encore drôle, ça ne veut pas
dire qu'on va l'avoir, l'autre service ailleurs. Donc, nos... nos jeunes qui
ont... sur qui on mise le plus pour acquérir des acquis, on n'a pas la
certitude qu'on va être capables de les accompagner pour les maintenir, ces
acquis-là. Et ça... ça engendre une... pas une déception, mais un découragement
chez ces enfants-là.
Journaliste : Ma dernière
question sera pour la politique, donc pour Mme Cadet et pour vous aussi
Mme Mendez. En fait, vous proposez, vos deux partis, une
commission Parent 2.0, n'est-ce pas? Mais vous avez certainement des
visions politiques différentes. Vous, au Parti libéral, il n'est pas question
de mettre fin à l'école à trois vitesses puis vous, à Québec solidaire, c'est
votre priorité. Qu'est-ce que la commission Parent 2.0 va changer
concrètement si, au niveau politique, il n'y a pas de front commun présentement?
Mme Cadet : Bien, d'abord,
c'est une question de s'assurer qu'on ne soit pas en train de gérer le système
d'éducation à la petite semaine. Ce qu'on voit avec le gouvernement caquiste
puis au cours des dernières années, bien, ça a été, donc, de la vision à courte
vue. Ce qu'on a vu dans le réseau, là... c'est quoi, le legs de la CAQ en
éducation? C'est le vouvoiement puis l'interdiction, donc, des cellulaires dans
les classes. D'accord, j'en suis. Moi, j'étais sur la commission spéciale. Je
pense que ça, c'est effectivement, donc, un pas en avant, mais ça ne peut pas
être ça, le legs en éducation, ça ne peut pas être ça, les grands
accomplissements.
Quand on se dit qu'il faut absolument
qu'on ait des états généraux, qu'on ait une conversation, qu'on réunisse
l'ensemble, donc, des acteurs qui ici, directions d'école, commissions
scolaires anglophones, parents, personnel professionnel, personnel de soutien,
enseignants, bien, il faut qu'on soit capables de les écouter d'abord et avant
tout puis d'arriver à ces différents consensus. Puis on a un point de départ
aujourd'hui, mais une commission Parent 2.0 ou des états généraux, bien,
ça va certainement nous permettre d'avoir... de s'asseoir, de se donner une
vision collective puis commune en éducation. Vous avez entendu les acteurs un
peu plus tôt. Les enjeux d'aujourd'hui ne sont pas les mêmes qu'il y a 30 ans.
Il y a 30 ans, on n'avait pas autant d'élèves avec des besoins
particuliers, on n'avait pas donc la même... les mêmes défis au niveau de la
gestion de classe. Donc, il faut qu'on soit capables d'avoir une école
réellement adaptée au Québec d'aujourd'hui et de demain.
Mme Zaga Mendez : Puis, dans
l'immédiat, je pense, le message d'aujourd'hui pour lequel on s'entend, c'est
que... la prévisibilité, mais d'arrêter de couper en éducation. C'était une
catastrophe l'été passé. Tous les acteurs ici vont nous le dire à quel point
c'était une catastrophe ne pas savoir combien d'argent s'en venait, combien
allaient venir en octobre, on va reculer sur ci. Et jusqu'à aujourd'hui, là,
c'est la dissonance du côté de la CAQ, là, sur les sorties culturelles. Donc, on
peut-tu s'entendre sur une chose aujourd'hui? Tous les acteurs le disent, c'est
qu'il faut la prévisibilité, il faut investir en éducation, il faut que ça
redevienne une priorité pour couvrir les coûts du système. Et on s'entend sur
une chose, sur le moyen terme, il faut brasser des idées avec une commission
parent 2.0. C'est certain que, pour nous, il faut revoir l'école à trois
vitesses. Mais là, le point de départ aujourd'hui, à la veille du budget, là,
c'est la prévisibilité et aucun recul, voire une bonification du budget en
éducation.
Journaliste : Merci.
La Modératrice
: Est-ce
qu'il y a d'autres questions?
Journaliste : Bonjour.
J'aurais peut-être une question pour M. Gingras. Je m'excuse, je suis
arrivée durant votre allocution, mais, justement, quand on parle de
prévisibilité, je comprends qu'il y a plusieurs enjeux qui viennent avec ça.
Est-ce que c'est surtout pour pouvoir trouver le personnel nécessaire avant
chaque année scolaire, dans le fond? C'est ça?
M. Gingras (Éric) : Les trouver
et les garder. C'était quoi, le problème, là, qu'on a eu? Non seulement il faut
être en mesure, justement, de les trouver lors de la rentrée qu'on vient de
passer, la rentrée 2025, mais le problème, c'est que, quand tu manques de
prévisibilité, bien, il y en a qui vont quitter en juin. C'est vrai pour
beaucoup de membres du personnel de soutien notamment, mais c'est vrai aussi
pour les professionnels, c'est vrai pour les profs. Si tu veux aller faire
quelque chose comme emploi, quelque chose qui est satisfaisant, il faut que tu
te dises que tu vas le faire plus qu'une année parce que le budget, bien, ce
n'est pas prévisible si je vais encore avoir mon poste.
Donc, cette prévisibilité-là, c'est non
seulement pour les garder, mais pour aller les chercher. Puis après ça, bien,
t'as besoin du financement pour permettre à tout ce monde-là d'avoir le goût de
rester. Parce que, quand ta tâche devient plus difficile, peu importe c'est
quoi ta catégorie d'emploi, parce que tu palie au manque à gauche, au manque à
droite, tu t'en vas. Et c'est ça qu'il faut éviter avec un bon financement et
une prévisibilité.
Journaliste : Donc, il
faudrait que ça soit quand la date, là, que les centres de services scolaires,
par exemple, là, sachent combien ils ont, combien ils peuvent embaucher, tu
sais?
M. Gingras (Éric) : Ce
n'était jamais simple les dernières années parce que, bon, le budget arrive fin
mars. Après ça, les règles budgétaires arrivent. L'année passée, ça a été un
fiasco. Là, notre crainte, c'est qu'il y a plein de rumeurs comme quoi le
budget pourrait être déposé mi-avril, fin avril. Alors, il faut intervenir,
puis il faut que le ministre des Finances et la ministre de l'Éducation trouvent
une façon de régler ça au plus vite.
Journaliste : Avec le PEQ
aussi, là, bon, il y a plusieurs enseignants qui... bon, qui sont... qui ont
fait une demande au PSTQ, mais qui ne seront pas, on comprend, nécessairement
priorisés, comme les travailleurs de la santé. Ça, est-ce que ça risque
d'ajouter à la complexité de trouver du personnel pour l'année prochaine? Je ne
sais pas qui peut répondre, là.
M. Gingras (Éric) : Bien,
bien sûr. Bien, écoutez, je ne veux pas... je ne le sais pas, il y a un paquet
de monde qui ont des réponses, là, il y a plein de monde qui ont des réponses,
là. Il y a les parents qui ont des réponses, il y a les syndicats. La réalité,
c'est oui, les chiffres sortent. Puis, à un moment donné, là, ce n'est pas
juste les profs, c'est le personnel de soutien, les professionnels, puis, après
ça, bien, c'est tout le monde qui est autour. Donc, pour être en mesure de
faire ça, on l'a dit, là, le PEQ... on voit que ce sont des décisions qui sont
strictement électoralistes en date d'aujourd'hui. Après ça, la réflexion sur
qu'est-ce qu'on fait puis comment est-ce qu'on le fait, c'est une chose à
avoir, mais, après ça, c'est une réalité, là, puis on la vit dans les milieux.
Journaliste
: Peut-être
là-dessus, je serais curieux d'entendre Mme Legault, vu que vous
représentez les directions scolaires de Montréal, là.
Mme Legault (Kathleen) :
Bonjour.
Journaliste
: Bonjour.
Justement, l'imprévisibilité par rapport au PEQ, qu'est-ce que ça change dans
les écoles montréalaises?
Mme Legault (Kathleen) : Bien,
je peux reprendre les propos de mon collègue. C'est que si les gens ne sont pas
certains d'avoir un emploi, ils regardent si l'herbe est plus verte ailleurs.
Et de toute évidence, elle l'est. Il y a d'autres provinces canadiennes qui sont
beaucoup plus accueillants, et certaines personnes qui avaient choisi le
Québec, choisi de s'établir avec leur famille, bien, ils sont en train de
regarder s'ils ne vont pas revenir dans leur pays d'origine. Donc, on est allé
chercher des gens à l'international, on est allé chercher des gens qualifiés,
on manque de gens qualifiés, on les a accueillis chez nous, on leur a un peu
promis quelque chose, et là, ils se sentent trahis. Donc, effectivement, c'est
vraiment une problématique qui ne touche pas trois, quatre, cinq personnes, qui
touche des centaines de personnes, dans la grande région de Montréal, mais
ailleurs au Québec aussi, puis des personnes qui, pour le moment, n'ont aucune
garantie, sauf de vagues promesses d'éventuels premiers ministres.
Journaliste : Est-ce que
l'interdiction de port de signes religieux, par exemple, pour les... les
personnes qui travaillent dans les services de garde scolaires, c'est quelque
chose qui ajoute des contraintes?
Mme Legault (Kathleen) : On
est extrêmement inquiets pour cet aspect de l'interdiction du port de signes
religieux. Alors, c'est clair, là, on a engagé, depuis le mois de mars, mois
d'avril, des centaines de personnes dans nos centres de services scolaires au
Québec, plusieurs portent des signes religieux, on les a engagés sans qu'ils
sachent qu'ils n'auraient pas le droit de porter ces signes religieux. Ils sont
dans nos écoles, ils enseignent à nos élèves, ils interviennent dans nos
services de garde, ils surveillent des élèves dans les écoles secondaires. Et
là, du jour au lendemain, on va leur demander d'enlever leur signe religieux ou
de quitter.
Journaliste : Est-ce que vous
les voyez faire du prosélytisme? Est-ce que ces gens là, présentement, causent
problème dans les... dans les écoles?
Mme Legault (Kathleen) : Les
gens qui sont dans nos écoles sont des gens qui sont encadrés, s'il y a des
problèmes, ils ne restent pas dans nos milieux. Moi, je vous parle de personnes
qui offrent des services de qualité à nos jeunes, maintenant, et on va déstabiliser
les jeunes en n'étant même pas certains qu'on va être capables de remplacer
toutes ces personnes qui vont devoir quitter.
Journaliste : Juste,
Mme Legault, sur l'histoire du PEQ, j'imagine que ça ajoute aussi à
l'imprévisibilité, là, dont vous parliez, avec le budget?
Mme Legault (Kathleen) : Nous,
depuis janvier, on planifie. Les directions d'école, depuis janvier, on
planifie la prochaine année scolaire. On ne sait pas qui va pouvoir rester, on
ne sait pas quel va être le budget, on ne sait pas combien de personnes vont
devoir quitter à cause des signes religieux. Et là, il faut que ce soit
motivant, il faut que les gens aient envie de rester, il faut qu'ils sentent
qu'on est une équipe. Mais on a plein de questions, et clairement, là, le gouvernement
doit reculer sur le PEQ, ça, là, il faut que les gens qui soient dans nos
écoles puissent rester, et le gouvernement doit accorder un droit acquis pour
les signes religieux, pour les gens qui sont dans nos écoles. Je ne vous parle
pas de l'avenir, là, je vous parle des gens qui sont dans nos écoles en ce
moment et qui travaillent avec nos jeunes. On ne peut pas déstabiliser l'école
comme ça, ça n'a pas de sens.
Journaliste : Une petite
dernière rendue là, ça devient agréable, c'est une conversation... Peut-être
que Mme Laviolette... non, mais... votre nom de famille, c'est quoi,
encore? J'ai un blanc.
Une voix : Mme Hubert?
Journaliste
: Hubert!
Mme Hubert, excusez-moi, Mme Hubert de la FAE, c'est ça, excusez-moi,
je vous ai... je vous ai rebaptisée. Est-ce que c'est une tempête parfaite qui
se poursuit pour le réseau de l'éducation, le manque de prévisibilité?
Mme Hubert (Mélanie) : Assurément,
le réseau est en souffrance depuis longtemps. Je pense que tous les
intervenants, à leur manière, dans les dernières années, militaient pour ça.
Puis, en ce moment, tout est en place pour que ça soit encore plus compliqué
dans les prochains mois puis pour la prochaine rentrée scolaire, parce qu'on
n'a pas réglé les problèmes du passé, puis on a créé de nouveaux problèmes,
notamment avec le PEQ, où on a... on a des gens qui ne savent pas si ils seront
des nôtres l'année prochaine. On parlait, d'ailleurs, j'ai rencontré une
enseignante, la semaine dernière, qui nous expliquait que c'est non seulement
sa situation à elle qui est en cause, mais aussi celle de sa fille qui est
inscrite à l'école secondaire puis qui devait accéder à des études supérieures,
puis elle aussi, son avenir, pour ses études, est en jeu en ce moment. Donc, on
est en train de créer une situation parfaite, on a des problèmes avec les
budgets, on a des problèmes à garder notre monde et c'est fondamental que la
CAQ comprenne qu'elle a fait fausse route, puis il reste quelques mois à son
règne, puis il va falloir que quelque chose se passe, parce qu'autrement, on va
être à la... dans la même situation l'année prochaine, à dénoncer une autre
rentrée chaotique, et il y aura un nouveau gouvernement élu en octobre qui
devra ramasser les pots cassés, et ça, en éducation, on l'a trop fait dans les
dernières années.
Journaliste : Avez-vous
rencontré, la coalition, quelqu'un du gouvernement aujourd'hui, la ministre, quelqu'un
de son cabinet? Est-ce que la demande avait été faite?
M. Gingras (Éric) : Je n'ai
pas compris la question.
Journaliste
: Avez-vous
rencontré quelqu'un du gouvernement aujourd'hui ou ce n'était pas l'objectif de
votre journée?
M. Gingras (Éric) : Bien, pas
aujourd'hui, mais cette coalition-là, je le rappelle, existe depuis, quoi...
Des voix : ...
M. Gingras (Éric) : Cette
coalition-là existe depuis juin dernier. Donc, on a écrit une lettre ouverte,
qui s'adressait aussi à Mme LeBel, M. Drainville à ce moment-là. Donc, ça,
ces choses-là ont déjà été faites. Maintenant, je dirais que c'est au ministre
des Finances à jouer aussi, là, parce que, si vous demandez à Mme LeBel, elle
va dire qu'il y a des choses qu'elle ne peut pas faire parce que c'est le
ministre des Finances qui décide. Donc, le message s'adresse beaucoup à lui,
là.
Journaliste
: Parfait.
Merci.
Le Modérateur
: Est-ce qu'il
y a d'autres questions avant de terminer? Alors, on va mettre fin à ce point de
presse. Merci.
(Fin à 12 h 04)