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(Onze heures quarante-neuf minutes
)
La Modératrice : Bonjour à
tous. Merci d'être présents. Nous tenons aujourd'hui ce point de presse
conjointement avec la députée de Rimouski et le Parti conservateur du Québec.
Les prises de paroles se feront dans l'ordre suivant : Mme Maïté
Blanchette Vézina, députée indépendante de Rimouski, M. Éric Duhaime, chef
du Parti conservateur du Québec, M. Stéphane Lachance, chef de l'opposition
officielle à la ville de Québec, M. Daniel Turcotte, président de la Table
régionale des élus municipaux de la Chaudière-Appalaches. Nous prendrons
ensuite vos questions. Mme Blanchette Vézina, à vous la parole.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
Merci beaucoup. Je tiens à remercier l'ensemble…, l'ensemble des personnes qui
m'accompagnent aujourd'hui pour ce point de presse, le collègue d'Abitibi-Est,
M. Duhaime, chef du Parti conservateur, M. Lachance, chef de l'opposition
officielle à la ville de Québec, M. Daniel Turcotte, président de la Table
régionale des élus municipaux de la Chaudière-Appalaches, M. Olivier Dumais,
préfet de la MRC de Nouvelle-Beauce, et Patrice Mathieu, préfet de la MRC de
Beauce-Centre. Alors, merci d'être là aujourd'hui pour un moment important.
Puis j'aimerais, Éric, que tu te rapproches avec moi, si possible.
Des moments importants puisque j'ai déposé
aujourd'hui un projet de loi, le projet de loi n° 592, Loi sur la
régionalisation de l'immigration afin d'instituer des tables régionales de l'immigration
et d'affirmer le rôle des régions dans l'accueil et l'intégration des personnes
immigrantes, et c'est un travail de collaboration qu'on a fait ensemble, le
chef du Parti conservateur, bien sûr, le... le Parti conservateur et moi.
L'objectif derrière ce projet de loi, c'est
de reconnaître formellement le rôle des régions dans la planification, dans l'accueil
et l'intégration des personnes immigrantes. C'est une demande qui est formulée
depuis de nombreuses années, mais qui a culminé dans les derniers mois puisqu'on
a vu, avec l'abolition du PEQ, avec le resserrement des seuils, plusieurs
problématiques surgir dans nos régions puis des problématiques qu'on pourrait
éviter avec un projet de loi comme celui-là, mais surtout une plus grande
autonomie pour les régions du Québec, pour les municipalités du Québec.
Alors, c'est vraiment une avancée
importante dans cet objectif que nous avons en commun de donner plus de
pouvoirs aux régions, plus d'autonomie aussi aux municipalités. Et le projet de
loi inclut, bien sûr, une clause de droits acquis pour les personnes
immigrantes, tel que demandé par l'ensemble du Québec, concernant, là, les
problématiques vécues par l'abolition du PEQ.
Alors, sans plus attendre, je céderais la
parole à M. Éric Duhaime, chef du Parti conservateur.
M. Duhaime (Éric) : Merci,
Maïté. Reste à côté de moi, toi aussi. D'abord, je veux remercier la députée de
Rimouski, Maïté Blanchette Vézina, de déposer ce projet de loi là. L'idée puis
comment ça a parti, cette histoire-là, ce n'est pas compliqué, c'est qu'on a
rencontré le parti... il y a... il y a plusieurs mois déjà, les élus de
Chaudière-Appalaches, là, la TREMCA, la Table régionale des élus de
Chaudière-Appalaches, et ils nous ont fait part, là, de leurs problématiques
vis-à-vis l'immigration bien avant que le débat, là, s'enflamme sur la scène
nationale. Et je veux remercier le président de la TREMCA et les préfets, là,
de la MRC qui sont ici avec nous, parce que c'est vraiment eux qui nous ont mis
sur la piste. Et, quand Maïté et moi, on a commencé à parler de collaborer, une
des choses importantes pour nous, évidemment, c'étaient les régions, c'était la
décentralisation, et le dossier, évidemment, le plus chaud présentement en la
matière, c'était l'immigration, et c'est pour ça qu'on a tablé là-dessus, on a
travaillé avec la commission politique du Parti conservateur aussi.
Donc, je très fier de voir le travail qui
a été fait. Je suis très content aussi parce que Maïté vient de poser une
question à l'Assemblée nationale, pendant la période des questions au ministre
responsable, M. Roberge. Très content de voir l'ouverture qu'il a démontrée
pour… du gouvernement. C'est rare que, quand un projet de loi vient de l'opposition
ou d'une députée indépendante, que le gouvernement montre autant d'intérêt,
puis même les autres partis d'opposition semblaient avoir un intérêt. Parce que
c'est beau de dire qu'on est pour les régions au Québec, là, tout le monde dit ça
qu'on est pour les régions, mais des fois, c'est le temps de montrer
concrètement qu'est-ce que ça veut dire. Et ici on a un exemple très concret de
dire : Il faut que les élus locaux, le ministre responsable de la région aient
un impact déterminent les besoins, les capacités d'accueil, les besoins de
main-d'œuvre, l'intégration, comment elle doit se faire. C'est les gens sur le
terrain qui le savent, puis ce qui se passe dans Chaudière-Appalaches, ça n'a
rien à voir avec ce qui se passe au centre-ville de Montréal. Et ce projet de
loi là, justement, permet d'avoir une approche cas par cas, région par région,
et c'était donc l'esprit du projet de loi.
Sur ce, je vais maintenant donner la
parole au chef de l'opposition officielle à la ville de Québec, M. Stéphane
Lachance.
M. Lachance (Stéphane) : Merci
beaucoup. Alors, M. Duhaime Mme Blanchette Vézina, MM. les préfets, chers
collègues, c'est un privilège pour moi d'être ici aujourd'hui. Si je me joins à
vous pour appuyer le dépôt du projet de loi n° 592, c'est parce que nous
touchons au cœur d'un enjeu qui définit l'avenir de notre capitale nationale et
de nos régions, le besoin du gros bon sens dans nos politiques d'accueil.
Depuis trop longtemps, nous avons géré l'immigration comme un dossier
statistique à partir de bureaux fermés à Montréal ou à Québec. On a oublié que
les besoins de Lévis, Bellechasse ou de la Beauce ne sont pas les mêmes que
ceux de la métropole.
Ce projet de loi redonne enfin le volant à
ceux qui sont sur le terrain. Les préfets et les maires ne sont pas que des
gestionnaires, ils sont les gardiens de l'équilibre de nos communautés et ils
savent combien de places il reste dans nos garderies, combien de logements sont
disponibles et quelle entreprise crie famine par pénurie de main-d'œuvre.
Cependant, j'y tiens fermement, la... la régionalisation ne doit jamais se
faire au détriment de l'humain et de nos engagements moraux. Il y a des gens
ici même, ici même dans nos régions, qui ont fait l'effort colossal de
s'intégrer, des gens qui ont appris notre langue, qui travaillent dans nos
usines, qui soignent nos aînés et dont les enfants jouent dans nos parcs. Ces
familles ont respecté leur part du contrat, leur insertion.
On ne peut pas et on ne doit pas changer
les règles en plein milieu de la partie pour eux, briser la promesse qu'on a
faite à ceux qui se sont déjà investis dans notre tissu social serait une
erreur morale et économique. Réorganiser l'avenir pour que les prochains
arrivants soient accueillis avec dignité et efficacité, oui, mais protéger
l'acquis de ceux qui ont déjà fait partie de nous, c'est une question
d'honneur. Pour la ville de Québec, une région forte et organisée, tout autour
d'elle est une garantie de prospérité. En permettant aux MRC de choisir leur
destin, on s'assure que l'immigration est un succès pour tout le monde, pour la
société d'accueil, tout comme pour les nouveaux arrivants. Je salue donc cette
collaboration entre les élus et les préfets, et il est temps que les régions
cessent de demander la permission pour réussir. Ce projet de loi est... est un
pas de géant vers un Québec plus juste, plus décentralisé et surtout plus
cohérent. Merci.
M. Turcotte (Daniel) : Merci
beaucoup, M. Lachance. Merci, Mme Blanchette Vézina pour ce beau projet de loi.
C'est quelque chose de très intéressant. M. Duhaime, merci également, et merci
à mes collègues. On ne pas... on ne peut pas mettre sur pause nos régions. Nos
usines ne peuvent pas attendre. Nos entrepreneurs ne peuvent pas attendre.
Pendant que le Québec ajuste ses politiques, ce sont nos communautés qui
écopent. En Chaudière-Appalaches, le taux de chômage est à 3,7 %. On n'a
pas trop de travailleurs, on a un manque, mais pas juste un peu, mais beaucoup.
Notre PIB est tout près de 24 milliards de dollars. Notre croissance
a dépassé celle du... celle du Québec de... 17,5 % de nos emplois sont en
manufacturier. Ce sont des emplois concrets sur le plancher qui ne se font pas
en télétravail.
Malgré la robotisation, malgré les efforts
de recrutement local, ça ne suffit pas. Sans les travailleurs étrangers, les
lignes de production s'arrêtent, des commandes ne se livrent pas. Des
entreprises parlent déjà de délocaliser. Depuis l'abolition du PEQ, des
milliers de travailleurs temporaires sont déjà chez nous. Francophones,
intégrés, productifs, se retrouvent vers le... sans chemin vers la résidence
permanente. Avec le nouveau PSTQ, seulement 1,5 % des candidats ont reçu
une invitation. Le message qu'on leur envoie, c'est : Vous n'avez plus
votre avenir ici. Ces gens-là parlent français. Ils paient leurs impôts. Leurs
enfants vont à nos écoles. Ils font partie de notre communauté et on... et on
leur dit de partir. Chaque travailleur qu'on perd, c'est des années
d'intégration gaspillées. C'est un cycle de recrutement coûteux à... à
recommencer. C'est de l'instabilité pour nos entreprises et nos familles.
Rappelons que 80 % des travailleurs étrangers temporaires sont en région.
Ce sont eux qui font tourner le Québec. Leur offrir la permanence, ce n'est pas
ouvrir les vannes, car ils sont déjà là. Ça n'ajoute aucune pression sur les
services publics. Ça consolide ce qu'on a déjà bâti. On ne peut pas... on ne
peut pas mettre leur vie sur pause.
Ce projet de loi, c'est exactement ça.
Arrêter le mur-à-mur, donner aux régions le pouvoir de planifier selon leurs
besoins réels, prévoir une clause de droits acquis pour les travailleurs déjà
présents et investir concrètement en francisation, et surtout, le territoire.
Les régions connaissent leur réalité, qu'on leur fasse confiance. Les régions
sont le cœur de l'économie du Québec. On ne met pas le cœur sur pause. Nos
communautés, nos entreprises, nos travailleurs ne peuvent plus attendre. Il
faut agir maintenant. Merci.
Mme Blanchette Vézina : On
vient de vous le dire, ce cri du cœur des régions, il doit être entendu. Et
c'est une occasion que le gouvernement a d'agir concrètement. Au-delà des
slogans pour les régions, pour donner du pouvoir aux municipalités, donner du
pouvoir aux ministres régionaux, mais rapprocher surtout les décisions du
terrain, puis éviter le mur-à-mur, et éviter cette crise, en tout cas réduire
la crise qui est en train de se vivre dans nos régions du Québec. Alors, je
souhaite et j'espère sincèrement que l'ouverture du ministre, lors de la
période de questions, va se concrétiser par l'appel de ce projet de loi et
l'étude de ce projet de loi.
La Modératrice : Merci. Nous
allons maintenant passer à la période de questions.
Journaliste : Est-ce que vous
pouvez juste m'expliquer un petit peu qu'est-ce... plus en détail qu'est-ce
qu'il y a dans votre projet de loi, là? Vous parlez de droit acquis pour les
régions, qu'est-ce que vous voulez dire exactement? Est-ce que tous les... tous
les gens du PEQ pourraient rester dans toutes les régions du Québec?
Mme Blanchette Vézina : En
fait, le projet de loi prévoit en premier lieu la création de tables
régionales, donc, 17 tables au Québec pour les 17 régions du Québec. Et
ces tables-là vont avoir des élus municipaux, bien sûr, le ministre responsable
de la région. Donc, c'est une autre façon de voir le rôle des municipalités. On
va leur déléguer des pouvoirs réels d'élaborer des plans... ils devront...
d'élaborer des plans d'immigration régionale en tenant compte des priorités
locales, des besoins sectoriels en main-d'œuvre, des stratégies d'intégration,
également, de francisation pour éviter... On galvaude souvent, là, le problème
de la capacité d'accueil, mais personne... En fait, les meilleures personnes
pour parler de la capacité d'accueil et comprendre la capacité d'accueil, c'est
les... les gens qui sont derrière moi, c'est les élus municipaux, c'est les
préfets, c'est des gens qui sont sur le terrain, les employeurs aussi.
Journaliste : Donc, pour que
chaque région, excusez-moi de vous interrompre, puissent déterminer les besoins
qu'ils ont...
Mme Blanchette Vézina : Exact.
Les besoins et la capacité, parce que ça doit venir ensemble. Et je comprends,
je comprends le débat et ce que soulève le ministre. Mais, dans ce qu'il
soulève, le ministre, il a très peu d'information sur la réelle capacité
d'accueil. Et ça, ces tables régionales vont permettre réellement de comprendre
la... de connaître la capacité d'accueil, d'en tenir compte. Et le ministre
devra tenir compte de ces plans régionaux lorsqu'il établit ses cibles. Alors,
au lieu d'établir des cibles nationales sans réellement savoir la capacité
d'accueil, et écouter certains mémoires, mais avoir une... naviguer à vue, bien
là, il va avoir une meilleure vision parce qu'il aura réellement les besoins du
terrain, il devra en tenir compte également. Donc, c'est vraiment un
renversement du pouvoir en termes d'immigration, et non la création d'une
structure uniquement supplémentaire.
Je parlais d'une clause de droit acquis.
C'est pour s'assurer qu'une personne immigrante, lorsqu'elle arrive sur le
territoire... On vous a dit, c'est des gens qui ont été amenés, qu'on a...
pour... certaines entreprises ont financés, mais le gouvernement a financé
également de l'accueil puis de la rétention, de l'attractivité, là, en lien
avec l'accueil de nouvelles personnes, parce qu'on a des besoins immenses en
région, là. La Beauce, les gens de la Beauce vous l'ont mentionné, la
Chaudière-Appalaches, ces besoins-là, les gens ont payé. Et là, lorsque les
règles changent, ne sait pas s'ils peuvent rester. On vous a dit 1 %, là,
dans le Bas-Saint-Laurent. C'est la même chose. On a très peu de gens qui sont
appelés avec le nouveau programme. Et ce programme est complexe. Ce n'est pas
aussi simple que le PEQ. Alors, ce qui est proposé dans le projet de loi, c'est
une clause qui permet de s'assurer qu'en fonction du moment où la personne
immigrante est arrivée, bien, ce sera les règles qui étaient applicables au
moment de son arrivée. Alors, ça va permettre au ministre de rassurer tout le
monde, de rassurer les gens des régions, les entreprises, donc de renouveler le
PEQ, en gros, ce qui va permettre donc d'avoir... d'avoir une meilleure
prévisibilité et jusqu'à l'arrivée d'un futur chef, là, de la CAQ. Parce que je
pense que les deux chefs, les deux candidats à la chefferie ont mentionné leur
intérêt à faire revenir soit un PEQ ou avoir une clause de droit acquis. La
solution, elle est ici, dans le projet de loi.
Journaliste : OK. Donc, vous
espérez que le prochain chef de la CAQ, tu sais, adhère à votre vision?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
en fait, ils n'ont pas à attendre ce projet de loi là pour être à l'étude et
venir régler la problématique. Il y a seul le ministre de l'Immigration, là,
qui s'entête à vouloir garder son nouveau programme. Les deux candidats à la
chefferie qui vont devenir, on le sait, là, les premiers... première ou premier
ministre du Québec se sont engagés à faire revenir soit le PEQ soit avoir une
clause de droits acquis. Bon, bien, la solution, elle est ici. S'ils agissent
rapidement, ils peuvent enlever toute l'instabilité qu'il y a en ce moment
partout dans nos régions, dans nos entreprises, et elles en ont bien besoin.
Journaliste : C'est un projet
de loi qui pourrait être adopté d'ici la fin de la session, d'après vous?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
je pense qu'on peut avoir la collaboration des oppositions pour avancer
rapidement. Si le gouvernement souhaite l'appeler, moi, je vais travailler en
collaboration avec eux. Et je voyais les partis d'opposition hocher de la tête
lorsque j'ai déposé le projet de loi, donc j'imagine qu'il y a de l'intérêt de
leur côté, également.
Journaliste : Mais, si le
nouveau chef, bon, de la CAQ... par exemple, Mme Fréchette, a proposé de
ramener, dans le fond, le PEQ. Est-ce que votre projet de loi, à ce moment-là,
bon, ça tomberait, finalement?
Mme Blanchette Vézina : Bien
non, en fait, le projet de loi va venir avant le programme associé au PEQ. Elle
n'aurait pas besoin, techniquement, de ramener le PEQ, puisque le programme
existerait du fait de la clause de droits acquis. Ça fait que c'est vraiment
une solution où on n'a pas besoin d'attendre. Ça peut se faire rapidement si le
gouvernement collabore. Là, en ce moment, ils ont appelé un projet de loi pour
faire du papillon amiral un emblème national. S'ils se cherchent des projets de
loi pertinents pour tout le monde, celui-là, c'en est un.
Journaliste : ...question par
rapport à ce que les candidats, justement, promettent aux régions. M.
Drainville se définit lui-même comme étant le candidat des régions. Qu'est-ce
que vous prenez de ce qu'ils ont dit? Est-ce qu'on en parle assez, des régions,
malgré tout, là?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
écoutez, c'est au-delà des slogans. Je été dans ce parti. J'entends beaucoup de
slogans, peu d'actions concrètes, beaucoup d'engagements, peu de réalisations
pour les régions. Et là ils ont une occasion, on a ici des élus, avec nous,
municipaux, une occasion de répondre à un besoin réel et d'agir pour les
régions de manière concrète. Alors, au-delà des grands slogans, des promesses
d'un chef ou futur chef de parti, si le gouvernement actuel et le ministre en
place, de l'Immigration, souhaitent agir, il peuvent le faire, appeler le
projet de loi.
M. Duhaime (Éric) : Je peux
peut-être ajouter, là, puis je pense que M. Dufour, le député d'Abitibi-Est,
qui est avec nous ici aujourd'hui, hier, a fait une très bonne lettre,
d'ailleurs, puis il tenu un point de presse où on se trouve à ce sujet-là.
L'abandon des régions, moi, je l'ai vécu de prè les derniers mois, parce que
j'ai passé un mois ou à peu près, à Chicoutimi, en élection partielle. Partout,
c'est le même problème, les bâtons dans les roues des régions.
Aujourd'hui, on dépose un projet de loi
sur l'immigration puis la régionalisation de l'immigration, mais ce que vous
devez comprendre, c'est qu'il faut avoir une vision des régions, pas juste sur
l'immigration, mais il y a une décentralisation majeure qui doit s'opérer au
Québec. Et les régions aujourd'hui crient à l'aide. L'Abitibi le fait pour ses
ressources, ses mines, au Saguenay, je peux vous dire qu'il y a un paquet de
projets qui sont sur la glace. Les blocs énergétiques, là, présentement, c'est
un gros, gros enjeu pour nos régions. Il y a plusieurs, plusieurs choses qui se
déroulent, puis on a un gouvernement qui est totalement sourd. Ce n'est pas
drôle, là, des élus sont obligés d'embaucher des firmes de lobbies pour pouvoir
rencontrer un ministre, tellement ils sont abandonnés puis... elles sont
laissées à elles-mêmes, elles n'ont plus de pouvoirs, elles n'ont plus de voix,
au gouvernement, et ça, ça fait plusieurs années, Maïté en est la
manifestation, et Pierre Dufour aussi, là, mais c'est même à l'intérieur... Tu.
Sais, quand c'est rendu qu'un député qui est encore dans le caucus disait, la
semaine dernière, qu'un projet de pont à Québec, là, c'est du monde de Montréal
qui décident, ça vous donne une idée de ce qui se passe au Québec, là. Merci.
Journaliste : Est-ce que...
Bon. Il y a des rumeurs comme quoi il y aurait peut-être prorogation, là, tout
ça. Est-ce que ça, ça vous inquiète, justement, pour voir des projets qui ne
vont juste pas aboutir, ou votre projet de loi, qui risque de ne peut-être pas
être pris non plus, si jamais... si jamais c'est le cas, là?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
je pense que les deux candidats à la chefferie ont mentionné qu'il n'y aurait
pas de prorogation. Bien, moi, ce que je constate, c'est qu'en appelant des
projets de loi comme celui d'un emblème national, on dirait qu'ils se cherchent
des priorités. On en a une, ici, priorité qui pourrait faire avancer le Québec.
Ils ont encore le temps d'avancer et de faire avancer... Je pense que le Québec
en entier demande ces actions. Donc, ils ont une occasion.
Et M. Duhaime vous l'a mentionné, cette
régionalisation de l'immigration, c'est un premier pas vers plus d'autonomie
pour les régions du Québec. Parce que cette table pourrait servir à d'autres
fins, si un gouvernement souhaite utiliser une table comme celle-là, une
instance comme celle-là, pour donner plus de pouvoirs aux régions du Québec. Et
ce serait, comme vous l'a dit M. Duhaime et les gens de Chaudière-Appalaches,
ce serait... et de la ville de Québec, ce serait très bien accueilli d'avoir
plus de pouvoirs sur d'autres plans.
Journaliste : Jjuste peut-être
une question pour M. Duhaime. Par rapport aux spécialistes. Il y a u, bon, ils
ont fait leur sortie il y a quelques minutes, là. Est-ce qu'on doit donner plus
d'argent aux spécialistes? Qu'est-ce qu'on doit faire dans cette situation-là?
Parce que ça semble être le nœud du problème, là, puis là, il y a des moyens de
pression qui risquent d'avoir peut-être un impact sur des patients qui sont en
liste d'attente.
M. Duhaime (Éric) : Vous
comprenez que j'étais ici, là, je n'ai pas entendu ce que les spécialistes
viennent de dire en conférence de presse...
Journaliste : Non. Oui, oui,
je comprends, mais...
M. Duhaime (Éric) : ...mais,
de façon générale, là, ce qu'on constate, puis on le constate avec les actions
du gouvernement, puis on le constate avec ce projet de loi là en particulier,
le système de santé au Québec a frappé un mur. Le monopole public, là, il est
malade, et on ne peut plus continuer. La capacité de payer des contribuables a
atteint une limite. On dépense plus que 1 milliard de dollars par semaine,
au Québec, pour des soins de santé, puis on a souvent pas accès. Je peux vous
en parler, là, je... problèmes cardiaques, il y a un an, puis je n'ai même pas
de médecin de famille. Je veux dire, c'est inacceptable, le montant qu'on paie
par rapport à l'accès qu'on a en retour.
Et, pour nous, la solution... On peut
négocier tant qu'on voudra, là, avec des corporations syndicales, là, mais la
vraie solution, c'est d'offrir la liberté de choix aux patients d'aller au
public ou au privé puis que les patients du Québec puissent décider. Si c'est
moins cher au privé, ils peuvent même utiliser leur carte d'assurance maladie,
si les délais d'attente sont déraisonnables, ils peuvent aller directement au
privé. Puis, pour nous, la solution, là, c'est que l'assurance reste publique,
mais que le service puisse être offert par le public et le privé. Puis il y a
même les médecins qui seraient prêts, probablement, à diminuer leurs conditions
salariales pour travailler dans des conditions où ils ont un peu plus de
liberté d'action puis de choix, et c'est ce qu'ils réclament. Puis on le voit,
là, c'est en croissance présentement le privé au Québec, mais malheureusement
le gouvernement met des bâtons dans les roues avec ça, puis l'impact réel,
c'est qu'au bout du compte les Québécois ont de moins bons soins puis ils ont
plus de difficultés d'accès au système.
Journaliste
: Est-ce
qu'il devrait quand même, bon, céder aux pressions des médecins, que le
gouvernement de voir en ce moment et que, bon, ça ferait peut-être des impacts
sur la… sur la santé?
M. Duhaime (Éric) : Écoutez,
on est pris dans un piège à cons parce qu'on est dans un monopole, puis des monopoles,
ça donne toujours des résultats médiocres, puis le système de santé au Québec
en est un autre exemple. Et pour nous, la dynamique, là, ce n'est pas d'avoir
un... une corporation qui représente un monopole puis un gouvernement qui
représente un autre monopole de l'autre bord, puis qui discutent entre eux,
parce que le grand perdant, ça ne sera pas ni les médecins ni le gouvernement,
ça va être le contribuable. Moi, c'est ça qui m'inquiète dans ce genre de
négociations là. Et c'est pour ça qu'on veut qu'il y ait de la concurrence. Il
faut instaurer de la concurrence dans le système, puis ça va être au bénéfice
et du patient et du contribuable. Merci beaucoup.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
(Fin à 12 h 10)