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(Huit heures)
M. Grandmont : Bonjour, tout
le monde. Content de vous voir aujourd'hui, ce matin. Je vais commencer en vous
parlant d'un projet qui nous inquiète beaucoup, chez Québec solidaire, qui
inquiète beaucoup de monde aussi dans la société civile. J'ai rencontré des
groupes environnementaux cette semaine, puis c'est un projet qui revenait tout
le temps, systématiquement, Marinvest Energy Canada, un projet appréhendé de 1 000 kilomètres
de gazoduc entre l'Alberta vers le port de Baie-Comeau. On y transporterait du
gaz naturel liquéfié obtenu par fracturation hydraulique, un procédé industriel
qui est interdit ici, au Québec. Donc, on ferait faire quelque chose qui n'est
pas permis ici, au Québec, en Alberta pour transporter du gaz liquéfié à -162 °C,
énormément d'énergie pour refroidir ce gaz-là. Il y a des fuites tout le long
de ce 1 000 kilomètres là évidemment. C'est un gaz qui est
potentiellement plus mauvais pour l'effet de serre que le charbon et que le...
le méthane, d'ailleurs, par ailleurs, est aussi 80 fois plus à effet de
serre que le gaz carbonique.
Quand on pose des questions, là, à... tu
sais, j'ai fait une motion du mercredi, posé une question au ministre des
Finances, quand on pose des questions sur ce projet-là, il n'y a pas de projet,
il n'y a juste pas de projet selon le gouvernement de la CAQ. Or, on sait très
bien que, depuis un an, il y a des rencontres entre les proches, l'entourage du
premier ministre, il l'a dit lui-même. On sait également aussi que cette
entreprise-là, Marinvest Énergie Canada, a 11 lobbyistes qui travaillent
activement depuis le mois de mai dernier. On sait également que l'Agence
d'évaluation d'impact du Canada, qui est supposée être une agence d'évaluation
d'impact environnemental accompagne Marinvest Énergie dans la réalisation de ce
projet-là. Alors, moi, je pense que les Québécois sont en droit de savoir
qu'est-ce qu'il se passe avec ce projet-là, parce que pas de projet, alors que,
finalement, il y en a un.
Donc, j'ai déposé un mandat d'initiative
pour que la Commission des transports et de l'environnement puisse entendre les
représentants de Marinvest pour que l'ensemble des Québécoises et des Québécois
puissent avoir l'heure juste sur ce projet-là, qui n'en est pas un, selon le
gouvernement, mais on comprend très bien qu'il y en a un qui est en train de se
préparer. Et on a déjà dit non à un projet qui était quasi identique en 2021,
GNL Québec a été refusé par le gouvernement du Québec. C'est probablement un
des seuls bons coups en environnement qu'ils ont faits, et on veut s'assurer
qu'on ne répétera pas une erreur qu'on a réussi à éviter en 2021.
Mme Ghazal : Merci beaucoup, Etienne.
Alors, bonjour, tout le monde. On... Il y a eu, depuis le début de l'année, six
féminicides au Québec, et on a la responsabilité, comme société, de protéger la
prochaine qui est encore en vie. Il y a plusieurs mesures qu'il est... qu'il
est possible de mettre en place. Moi, il y en a une pour laquelle je lutte très
activement depuis des mois. C'est que le Québec se dote d'une loi Gabie Renaud,
Gabie Renaud, en l'honneur de cette femme qui a été lâchement assassinée par
son conjoint multirécidiviste qui était en liberté au lieu d'être en prison
l'année passée. Et, en ce moment, les femmes n'ont pas la possibilité ou c'est
très difficile d'avoir des informations sur leurs conjoints ou les familles de
ces femmes-là. S'ils ont des antécédents judiciaires, c'est extrêmement
difficile. L'information aussi, c'est le pouvoir. Il faut donner du pouvoir à
ces femmes-là pour aussi se protéger elles-mêmes. Donc, il faut que le Québec
comme ailleurs... ça existe en Saskatchewan, ça existe en Angleterre, ça
s'appelle la loi de Clare, il faut qu'il y ait une loi Gabie Renaud.
C'est pour ça que, ce matin, je dépose une
motion que j'espère de tout coeur qu'elle va être adoptée à l'unanimité par
l'Assemblée nationale pour protéger la femme... la prochaine qui est encore en
vie. C'est notre responsabilité. Et moi, je vais tout faire en mon oeuvre pour
que... pour s'assurer qu'on ait une telle loi.
Journaliste : Aujourd'hui, on
va adopter la loi n° 19. Est-ce que ça va changer quelque chose, alors que
la Fédération des médecins spécialistes va dévoiler ses moyens de pression?
Mme Ghazal : La loi n° 19
a été mise en place pour nettoyer le gâchis de la CAQ avec ces négociations et
la guerre que François Legault a décidé d'entreprendre avec les médecins. Cette
loi-là ne permet pas de garanties de soins, donc ça ne va malheureusement rien
changer. Est-ce que vous aviez une autre question? J'ai... Je l'ai manquée.
Journaliste : Oui. C'est
parce que la FMSQ va lancer ses moyens de pression aussi.
Mme Ghazal : Oui, exact.
Journaliste : Donc, on règle
tout le volet salarial, bien, c'est-à-dire le volet qui devait déranger les
salaires. On ne s'est pas entendus. La FMSQ dit ce matin... laissait entendre
ce matin dans les journaux qu'elle est prête à peut-être s'approcher du
11 %, mais il va faire des moyens de pression. Donc, ça veut dire quoi
pour la population québécoise?
Mme Ghazal : Les questions
salariales, ce n'est pas ça qui va amener une garantie de soins pour les
patients qui, en ce moment, souffrent. Ils sont obligés de partir à l'étranger
pour se faire soigner. Les gens paient des impôts puis ils n'ont pas de soins.
C'est la situation catastrophique de notre système de santé. Moi, j'invite très
fortement et les médecins spécialistes et le gouvernement, qui sont autour de la
table de négociation, d'avoir à cœur les patients quand ils vont négocier parce
que c'est à ça que doit servir notre système de santé. Donc, je les invite de
penser à ça, pas... Ce n'est pas juste une question salariale.
Journaliste : Depuis le temps
que ça traîne, il n'y aurait pas lieu de se fixer à un moment donné un
ultimatum?
Mme Ghazal : La dernière
chose que les gens ont besoin en ce moment au Québec, c'est une autre guerre
entre les parties, le gouvernement et les spécialistes, qui sont en train de
négocier. C'est la dernière chose qu'on a besoin au Québec. On y a déjà goûté,
à cette guerre-là, qui a été entreprise par la CAQ, et on a vu ce que ça a
donné. Ça a été le chaos dans un système qui est déjà très chaotique. Donc, je
les invite, ce n'est pas terminé, là, ne parlons pas tout de suite... ne
sortons pas les armes, ils sont en train de négocier, je les invite à avoir un
objectif : que cette négociation-là puis l'entente qui va sortir va
permettre aux patients d'avoir des soins. Ce qui n'est pas le cas en ce moment.
Journaliste : Est-ce que vous
croyez que la course à la chefferie en ce moment, qui a lieu à la CAQ, qui va
mener à l'éventuelle nomination du prochain ou de la prochaine Première
ministre, a un impact dans la lenteur de ces négociations-là?
Mme Ghazal : Je n'ai pas...
Je ne le sais pas. Je ne pense pas que ça... c'est à cause de ça. C'est vrai
que le gouvernement, on a l'impression... il nous dit qu'ils ne sont pas en
pause, mais il y a beaucoup de choses qui sont pas mal en pause. Est-ce que ça
va aussi pour le système de santé? Ce qui est important, là, pour le moment,
là, c'est que tout le monde, on s'assure que dans le système de santé, les gens
n'aient pas besoin de sortir leur carte de crédit et n'aient pas besoin de
partir à l'étranger, comme on a vu ce matin un patient. Et j'espère de tout
cœur qu'on passe au prochain appel et que ce ne soit pas un autre bras de fer,
puis que cette course à la chefferie ne nuise pas encore plus que le
gouvernement de la CAQ a déjà nui au système de santé.
Journaliste : Sur
l'élargissement de l'interdiction du port de signes religieux, là, par le
personnel des écoles, on sait qu'il y a des enseignants, là, de la région de
Montréal qui ont perdu, qui vont perdre leur emploi. Qu'est-ce que vous en
pensez?
Mme Ghazal : Ce qu'on a
entendu, c'est 500 personnes, 500 profs, 500 personnes qui
travaillent auprès de nos élèves, dans notre système d'éducation, qui vont
perdre leur emploi à cause de la CAQ. Déjà qu'il y en a eu 1 000 qui vont
être perdus ou sont perdus à cause de l'entêtement de Jean-François Roberge sur
le PEQ. Quand est-ce que ce gouvernement-là de la CAQ va arrêter de nuire à
notre système d'éducation? Quand est-ce que le gouvernement de la CAQ, François
Legault ou ses ministres vont arrêter de nuire aux élèves du Québec?
Moi, le minimum que ce gouvernement-là
peut faire, c'est d'étendre la clause de droit acquis. Le minimum qu'il peut
faire, c'est garantir aujourd'hui, là, puis j'interpelle la ministre de
l'Éducation aujourd'hui, aucune perte d'emploi dans notre réseau d'éducation,
qui est déjà en difficulté de recrutement à cause de ses lois discriminatoires
et inutiles.
Journaliste : Pourtant, si on
regarde l'envers de la médaille, il y a d'autres endroits dans le monde où les
mêmes règles sont en vigueur pour un État laïque. Là, vous dites : C'est
la faute de la CAQ, mais est-ce que ce n'est pas aussi la faute des personnes
qui s'obstinent à porter des signes religieux dans l'espace public?
Mme Ghazal : Soyons
pragmatiques puis regardons la situation. On a un système d'éducation où est ce
qu'il y a... on n'arrive pas à avoir... des profs qualifiés devant nos élèves.
On a un système d'éducation à trois vitesses qui est en train de réduire la
qualité pour certains élèves... en ce moment, dans le système d'éducation, dans
nos classes régulières. On a un système d'éducation où est-ce qu'on a une
saignée de profs, de professionnels, de personnel. C'est ça, la réalité. Moi,
je suis très terre-à-terre. Et c'est qui, qui en souffre? C'est les élèves du
Québec. C'est assez, c'est assez. Cette loi-là, elle est discriminatoire. Nous,
nous sommes contre. Mais, au-delà de la morale, au-delà du fait qu'elle est
discriminatoire, supposons qu'on reste juste sur le plancher des vaches puis ce
qui se passe dans nos écoles, puis qu'on écoute les gens, syndicats,
directions, tout le monde était là hier pour dire : C'est assez, là, ce
n'est pas aux élèves du Québec de payer le prix de la mauvaise gestion de nos finances
publiques de la CAQ. Et là ils ajoutent ça pour dire qu'ils veulent régler le
problème de la laïcité. Il n'y en a pas, de problème, là, c'est assez. Le
problème, c'est dans notre système d'éducation.
Moi, ce que j'invite, je les invite,
j'invite la ministre à s'assurer qu'il n'y ait aucune perte d'emploi dans notre
réseau de l'éducation. Très facile. Ce qu'ils peuvent faire, c'est s'assurer
que... cette loi-là, on a voté contre, mais s'assurer que la clause de droits
acquis s'étende jusqu'à la date de l'adoption et non pas, comme c'est le cas,
du dépôt, tout simplement.
Journaliste
: ...par
exemple, de soldats israéliens qui ont été invités comme conférenciers dans des
écoles privées subventionnées.
Mme Ghazal : Je trouve ça
extrêmement inquiétant et scandaleux, on... qu'on finance des écoles privées,
religieuses, confessionnelles avec de l'argent public québécois pour
endoctriner des élèves par des gens d'Israël qui ont commis un génocide. On ne
veut pas de ça au Québec. Ça n'a pas de bon sens. Moi, je suis sûre et
certaine, que vous sortiriez dans la rue puis vous dites : Est-ce que vous
voulez que votre argent finance des écoles qui font cet endoctrinement-là par
des soldats israéliens qui ont commis un génocide pour des enfants du Québec?
La réponse va être non. Donc, j'invite le gouvernement à couper toute
subvention à cette école-là.
Journaliste
: ...de
laïcité dans les écoles.
Mme Ghazal : Québec
solidaire... à Québec solidaire, nous avons une position historique qui n'a pas
changé, aucun argent public dans les écoles privées confessionnelles. Le
gouvernement du parti... Le Parti libéral, ce n'est pas clair, leur position,
d'ailleurs, là, là-dessus, ils ont tergiversé. Hier, Charles milliard voulaient
parler d'états généraux, mais ce n'est pas clair qu'est-ce qu'ils veulent faire
dans les écoles privées, religieuses. Je les invite d'ailleurs à clarifier. Et
le gouvernement de la CAQ continue, en ce moment, malgré le projet de loi, à
subventionner des écoles privées religieuses. Nous, nous sommes contre de
donner de l'argent public pour des écoles privées, religieuses sous aucune
condition, et encore plus quand on sait... En ce moment, là, même si le
gouvernement ne coupe pas les subventions pour toutes les écoles privées religieuses,
pour cette école-là en particulier, s'ils sont cohérents avec la laïcité, et
c'est ça qu'ils veulent mettre de l'avant, bien, qu'ils coupent les vivres à
cette école-là.
Journaliste
: ...que ce
soit interdit, ce genre de conférence là, indépendamment du type d'école et du
type de financement?
Mme Ghazal : Ça, il faudrait
voir sur... est-ce que les gens peuvent venir, etc.? Parce qu'il y a... ou
c'est des... Parce que... c'est ça, dans les écoles publiques, absolument. Il
faut s'assurer de ça. Là, c'est une école privée religieuse. C'est sûr qu'il y
a un grand malaise à ce que des enfants soient endoctrinés ou qu'ils aient ce
genre de conférence là. Mais là, maintenant, ce que je vous dis, ce n'est pas
d'argent public pour ça. On ne paie pas pour ça.
Journaliste
:
Endoctriner, c'est religieux ou politique?
Mme Ghazal : Moi, je parlais
de... C'est une école... en fait, c'est des soldats qui viennent parler. Je
n'ai pas l'impression qu'ils vont parler de religion. Je ne sais pas de quoi
ils vont parler, là. Je n'ai pas vu là... le sujet de leur... de leur
conférence, mais c'est quand même des soldats d'un État qui a commis un
génocide.
Journaliste
: ...tu
sais, des kiosques, là, des forces armées, il y en a, là, mettons...
Mme Ghazal : C'est un autre
sujet.
Journaliste
: ...a déjà
été à Concordia avec des kiosques.
Mme Ghazal : C'est un autre
sujet.
Journaliste
: ...les
Forces armées canadiennes... OK, c'est autre chose.
Mme Ghazal : C'est un autre sujet.
C'est un État qui... qui a commis un génocide, et les droits et les traités
internationaux sont encore bafoués. Puis là ils viennent dans une école privée
religieuse subventionnée. Après ça, s'ils veulent le faire, il ne faut juste
pas qu'il y ait de l'argent public pour ces écoles-là. Puis là il ne faut pas
dire : On fait du mur-à-mur sur tout puis on mélange tout. C'est pour
cette... cette situation-là. Moi, je suis certaine que la ministre de
l'Éducation et le gouvernement de la CAQ est mal à l'aise de donner de l'argent
pour ça, j'espère.
Des voix : ...
Journaliste
: So, this article in Radio-Canada and La Presse, the fact
that there… there are no exemption for Bill 94 for school staff members, as
soon as the bill was tabled on March 19th until it was adopted in October 2025
if I... if I remember well. So, basically, there are school staff members that
are deciding now that they don't want to remove their religious symbols. So,
what do you do? What is possible to do in this situation?
Mme Ghazal :
Right now, the Government should
extend… the minimum that they can do, extend the exemption for these employees
in our education system. Extend it so… it's important that no employee in our
education system should lose their job because of this discriminatory law.
Journaliste :
So, you want to have an exemption until
the bill was adopted and not when it was tabled?
Mme Ghazal :
Exactly. We want… Québec solidaire asks the Government to have
an exemption until the bill has been adopted, not deposited.
Journaliste :
How do you qualify these school staff
members that have to resign because of those months that they don't have...
Mme Ghazal :
It's a catastrophe. It's a catastrophe
for the students in our schools. It's very bad for them. There's so many
problems in our education system, and the Government of the CAQ is adding on
these problems. It's a very bad situation. It's discriminatory for these people
who are going to lose their jobs, but it's also very bad for the students.
Journaliste :
Thank you.
Journaliste
: What is your expectation about the medical specialists who are here
today? What would you like to see happen with that situation? Because it's been
going on for a while now.
Mme Ghazal :
Yes. I ask the Government and the
specialists to negotiate by having in their mind to give… Comment on dit des
soins? Des soins… health services. So, the… the most important thing for… for
us at Québec solidaire, is to
have a guarantee of services for the patient. So, when they negotiate, the
specialist and the Government, they should always have one goal, one… one
objective, it's to give services to the patients that are suffering right now.
Journaliste :
You know, at the beginning, it was not
about money with the specialists. Why? it's all about money now?
Mme Ghazal :
It's always about money. But the
problem in our health system is not money, it's about to have a guarantee to
give health services for the patients. The people to have services, they should
move or go to other countries and pay for that. It's not acceptable. So, it's
not money that will give services to… to patients, the salary, it's not a
question of salary. They can negotiate about that, but what's the most
important is to give services to the patient.
Journaliste :
What do you think… Sorry, just very quickly,
on the members of the IDF visiting Jewish schools or a Jewish school in the
Montréal area?
Mme Ghazal :
Yes. The Government of Québec should
not pay money to this school, this religious school, in addition that they have
conferences from IDF, coming from a country that committed a genocide. So, no
public money for this school. Merci.
M. Grandmont : Merci.
(Fin à 8 h 18)