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(Neuf heures trois minutes)
Mme Lakhoyan Olivier : Bonjour,
tout le monde. Bonjour et merci d'être ici. À l'approche de la Journée
internationale des femmes, le 8 mars, il est temps de regarder au-delà des
symboles et de poser une question fondamentale sur la santé des femmes au
Québec.
Parce que cette journée n'est pas née d'un
geste symbolique. Elle est née d'un combat. La première Journée internationale
des femmes a eu lieu en 1911. En 1975, elle a été reconnue par les Nations
unies. Depuis de décennies, nous honorons les femmes, une journée, des
discours, des publications. Mais aujourd'hui il faut aller plus loin. Il faut
se poser une question simple mais essentielle : Qu'avons-nous réellement
fait pour la santé des femmes, nous qui avons fait le choix au Québec d'un système
de santé universel pour toute notre population?
En toutes ces années, je n'ai jamais vu la
ménopause ni la santé hormonale des femmes être traitée comme une politique
publique structurée à long terme. Les femmes représentent la moitié de la
population, pourtant, dès leurs premières règles, les jeunes filles apprennent
à endurer : douleurs sévères, analgésiques répétés, souffrances
normalisées, sans prévention, sans suivi. Et les femmes ménopausées qui
vivent... et travaillent plus longtemps souffrent encore en silence. Je parle
aussi aujourd'hui comme femme ménopausée. La ménopause est une transition
hormonale majeure qui affecte le cœur, les os, la santé mentale, la mémoire, le
vieillissement en santé et des aspects essentiels de la vie que l'on a
longtemps pris pour acquis et que l'on voit parfois disparaître. Avec l'âge,
les hormones diminuent progressivement, parfois de façon marquée, laissant de
nombreuses femmes avec une protection hormonale réduite exposée à des impacts
significatifs sur leur santé et leur qualité de vie.
C'est précisément pour cette raison que
nous avons besoin d'une volonté gouvernementale claire et d'une politique
nationale sur la santé des femmes qui accompagne les femmes à chaque étape de
leur vie.
En 2021, le documentaire Loto Méno porté
par Véronique Cloutier a brisé le silence finalement. Et je la remercie
tellement de la part de toutes les femmes. À la suite de cette mobilisation, en
mai 2022, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a annoncé la couverture de
deux hormones bio-identiques par la RAMQ. C'était un pas important, mais une
mesure ne fait pas une politique.
Nous sommes en 2026, au XXIe siècle.
La science existe, les institutions existent. Ce qui manque, c'est la volonté
politique. Nous sommes, les femmes, presque 50 % des députés à l'Assemblée
nationale du Québec. On sait qu'est-ce qu'on vit, qu'est-ce que nos filles
vivent. C'est notre moment. C'est maintenant ou jamais. Merci.
Maintenant, je vais faire une petite
minute en anglais. As we approach International Woman's Day,
March 8, it's time to look behind symbols and ask a fundamental question about
women's health in Québec. This day was now born out of a symbolic gesture. It
was born out of a struggle. We have been marking Women's Day for more than 100
years in Europe, worldwide, and for over fifty years here. Awareness is nothing
issue any more. The real question is : What have we actually done for
women's health?
From the very first time
the girls have their period, young girls learn to endure pain. There is little
prevention, no structure to follow-up and no long-term data. And a lot of girls
don't have a doctor yet. I know one, since 17, she doesn't, and she's 26, and
she's on Advil nonstop. Young girls need guidance, prevention and care. And
menopausal women face a major public healthy issue that directly affects
healthy living and healthy aging. Too often women our told : This is
normal. It is not, I can tell you.
Women are now in
politics, we are decision makers, so I believe the time has come as a government
to move beyond symbolism and build a national women's health policy, one that
invest in research, prevention and care, from menstruation to menopause and beyond.
Québec has the expertise. What's missing is political will. And, if not now,
when? Thank you very much.
Journaliste : Mme Olivier,
est-ce que vous avez toujours espoir de vous présenter sous... de vous représenter
sous la bannière libérale l'automne prochain?
Mme Lakhoyan Olivier : En ce
moment, on va laisser le commissaire à l'éthique prendre sa décision. Et puis,
après sa décision, je reviendrai vous voir puis on regardera. Puis le Parti
libéral du Québec, c'est... c'est eux qui décideront, en fin de compte, qu'est-ce
qu'ils vont faire, s'ils veulent me reprendre ou non, et je vivrai avec les
conséquences.
Journaliste : À quand
remontent vos dernières rencontres avec le Commissaire à l'éthique?
Mme Lakhoyan Olivier : J'aimerais
rester dans ce sujet, vraiment, la santé...
Journaliste : ...donc,
votre... votre dernière rencontre avec...
Mme Lakhoyan Olivier : J'aimerais...
J'aimerais répondre pour la santé de la femme, vraiment, parce qu'en tant que
femme, depuis trois ans et demi que je suis en politique, j'ai plusieurs
dossiers. Et puis la ménopause était l'un d'eux autres, le changement hormonal.
Journaliste : ...commissaire
à l'éthique, votre dernière rencontre, elle remonte à quand?
Mme Lakhoyan Olivier : J'aimerais...
Je vais revenir à ça, mais j'aimerais vraiment concentrer sur la santé de la
femme. Le 8 mars n'est pas loin, c'est dans deux semaines.
Journaliste : ...une question
à laquelle vous refusez de répondre.
Mme Lakhoyan Olivier : Aujourd'hui,
c'est pour la santé de la femme, la Journée de la femme. Les femmes, aujourd'hui,
on est des partenaires avec les hommes, on travaille fort. Mais là, la santé des
femmes sont différents, il faut investir dans la recherche. C'est vraiment
important que de mettre la santé hormonale des femmes au cœur du débat public
et appeler à la mise en place d'une politique nationale sur la santé des femmes
de la puberté à la postménopause. Puis en plus, dans six mois, il y a des
élections. Vous n'êtes pas curieux à savoir qu'est-ce qu'ils ont, les… les… les
partis politiques dans leur plateforme? Moi, ce que je veux savoir, là, ce
qu'est les sujets qu'ils vont aborder, puis la santé de la femme, il faut que
ça fasse partie intégrale des projets qu'un gouvernement va… va… va émettre.
Journaliste : …juste que la Commissaire à l'éthique enquête sur vous et pas sur Mme Rizqy?
Mme Lakhoyan Olivier : Ce
n'est pas le moment. Aujourd'hui, c'est pour la santé de la femme. Je ne veux
vraiment pas sortir de ce… du sujet.
Journaliste : Dans votre
circonscription, en vue de l'élection qui s'en vient, il y a 2 000 membres
du Parti libéral de moins qu'il y en avait lors de la course à l'investiture.
Mme Lakhoyan Olivier : Je ne
sais pas, je ne suis pas au courant.
Journaliste : Vous n'êtes pas
au courant du nombre de membres dans votre circonscription, donc vous êtes
habituée.
Mme Lakhoyan Olivier : Vous
savez, depuis que je suis députée, je suis à temps plein députée, et puis un
travail de député, ce n'est pas sept jours, c'est 10 jours en sept jours.
Donc, je laisse ça aux bénévoles de s'occuper des membres.
Journaliste : …du nombre de
membres du Parti libéral dans votre circonscription.
Mme Lakhoyan Olivier : Ce
n'est pas important. Si on veut… on veut faire 2 000 membres, on peut
le faire. Tout est possible. En ce moment, ce qui est important, c'est de
s'occuper de la population qui nous ont élus. Et puis la santé de la femme,
c'est le temps, là, il faut s'en occuper.
Journaliste : …on aimerait
aussi savoir comment vous avez réagi à la décision de M. Milliard, la
semaine dernière, de ne pas réintégrer Marwah Rizqy. Est-ce que ça vous donne
une indication pour la suite? Comment vous avez pris cette décision?
Mme Lakhoyan Olivier : Ce
sont de bonnes questions, je vous remercie. Comme vous, j'écoute, je suis du
troisième étage. J'ai vraiment… J'accepte toutes décisions qu'ils prennent. Je
suis une personne qui… qui est facile à comprendre que chaque décision a une… a
un processus de réflexion. Donc, il a pris la décision pour le parti. Tout ce
qu'il va faire, ça va être pour le parti, pour l'avancement du parti.
Journaliste : …la décision de
laisser Mme Rizqy en dehors du caucus?
Mme Lakhoyan Olivier : Vous
savez, c'est… on ne sait jamais qu'est-ce qui est bon et qu'est-ce qui est
mauvais, donc…
Journaliste : Avez-vous été
choquée que Mme Rizqy puisse réintégrer le caucus sous Charles Milliard?
Mme Lakhoyan Olivier : Je…
vraiment, là, je… je vis… Vivre et laisser vivre, ça, c'est ma… c'est comme ça
que je vis.
Journaliste
: Vous,
avez-vous rencontré M. Milliard pour discuter d'un possible processus de
réintégration?
Mme Lakhoyan Olivier : Non,
non. Je suis une indépendante en ce moment et puis je fais mes dossiers, je
m'occupe de mes citoyens. Merci beaucoup pour votre temps, c'est très gentil.
J'espère que vous allez parler de la santé des femmes.
Journaliste
: Vous
parlez de recherche prévention, est-ce que, vous, il y a une chose qui serait
prioritaire, là, par rapport au... Vous avez parlé, par exemple, de
remboursement de médicaments. S'il y avait une politique, est-ce que c'est tout
sur le même front ou il y a vraiment un élément qui vous apparaît plus important?
Mme Lakhoyan Olivier : Merci
beaucoup de cette question. Je suis tellement contente! Vous êtes la seule.
Écoutez, moi, ce que je vois là, on a les meilleures universités, OK, et puis
meilleurs hôpitaux. On a de très bons systèmes de santé et il faut en fait en
être fier. Et puis ce qui manque là, c'est la recherche. Donc moi, ce que je
verrais personnellement, c'est la recherche dans nos universités, investir
là-dedans avec les hôpitaux, travailler ensemble puis, dès… dès la puberté,
garder un contrôle, ceux qui veulent faire partie des statistiques et puis
grandir avec eux, voir les… les changements hormonaux, où est-ce que parce
qu'ils disent après l'âge de 30 ans… Je suis pas un médecin, mais j'écoute
beaucoup les médecins qui parlent de la ménopause parce que je la vis et puis
je trouve que faut avoir des statistiques pour voir c'est quoi. Est-ce que les
hormones, quelles hormones sont bons, quelles sortes? Donc faut vraiment
investir sur la recherche et puis imaginer être le meilleur dans le monde et
que les autres pays viendront nous voir pour connaître comment on l'a fait?
Pourquoi on ne prend pas le leadership là-dedans? Moi, ça fait trois ans et
demi que je travaille là-dessus. Depuis que je suis élue, là je travaille sur
la ménopause, puis… puis… puis investir sur la santé de nos femmes parce qu'on
le subit, là. On voit nos filles qui souffrent, on a souffert, donc on
comprend.
Et puis nous sommes… Aujourd'hui, nous
sommes partout et surtout au gouvernement, parce que c'est le gouvernement qui
va prendre la décision. Puisque nous sommes presque 50 %, il y a des
ministres femmes, il y a des députés femmes, c'est le temps ou jamais parce que
sinon, là, on va appeler Céline Dion... Parce que si... si, on va écouter... si
les gouvernements... si les gouvernements et les médias écoutent les artistes
plus que les politiciens, bien, on va appeler Véro, on va dire : Véro,
reviens parce qu'on t'a écouté puis on a fait... apporté des changements. Mais,
moi, en tant que femme, pourquoi je dois être élue si je ne peux pas défendre
les femmes aussi, la moitié de la population? On fait les bébés. Tu sais, c'est
important qu'on soit en santé puis qu'on puisse travailler tard parce qu'avec
la population qui... avec l'âge et tout, bien, on veut rester actives
longtemps, on veut... on veut être au milieu de travail longtemps, vivre
pleinement.
Et puis ça affecte beaucoup la santé, la
ménopause, là, ça nous... ça nous donne des... ça nous arrête, ça nous bloque.
Donc... C'est comme la mammographie. Vous savez, la mammographie, à un certain
moment, le gouvernement a décidé : On prend en charge, on ne laisse pas
les femmes de venir nous voir. Nous, on va leur dire : C'est le temps de
faire ça, on va faire ça. Donc, c'est pour ça. Si on peut faire... on met en
place une politique nationale sur la santé des femmes de la puberté à la
postménopause, parce que la ménopause, ça ne finit pas après ça... bien, les
choses, ça empire, après la ménopause, là, c'est comme...
Journaliste : ...du papillon
amiral blanc.
Mme Lakhoyan Olivier : Oui,
c'est ça. Je me suis dit : C'est le temps ou jamais. Ça fait trois ans et
demi, ça... je parle. Bon, bien, c'est le temps de sortir puis ne pas attendre
à Céline Dion de venir, là. On peut-tu le faire?
La Modératrice : Merci.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci
à vous.
(Fin à 9 h 16)