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Point de presse de Mme Sona Lakhoyan Olivier, députée de Chomedey

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Thursday, February 26, 2026, 9 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Neuf heures trois minutes)

Mme Lakhoyan Olivier : Bonjour, tout le monde. Bonjour et merci d'être ici. À l'approche de la Journée internationale des femmes, le 8 mars, il est temps de regarder au-delà des symboles et de poser une question fondamentale sur la santé des femmes au Québec.

Parce que cette journée n'est pas née d'un geste symbolique. Elle est née d'un combat. La première Journée internationale des femmes a eu lieu en 1911. En 1975, elle a été reconnue par les Nations unies. Depuis de décennies, nous honorons les femmes, une journée, des discours, des publications. Mais aujourd'hui il faut aller plus loin. Il faut se poser une question simple mais essentielle : Qu'avons-nous réellement fait pour la santé des femmes, nous qui avons fait le choix au Québec d'un système de santé universel pour toute notre population?

En toutes ces années, je n'ai jamais vu la ménopause ni la santé hormonale des femmes être traitée comme une politique publique structurée à long terme. Les femmes représentent la moitié de la population, pourtant, dès leurs premières règles, les jeunes filles apprennent à endurer : douleurs sévères, analgésiques répétés, souffrances normalisées, sans prévention, sans suivi. Et les femmes ménopausées qui vivent... et travaillent plus longtemps souffrent encore en silence. Je parle aussi aujourd'hui comme femme ménopausée. La ménopause est une transition hormonale majeure qui affecte le cœur, les os, la santé mentale, la mémoire, le vieillissement en santé et des aspects essentiels de la vie que l'on a longtemps pris pour acquis et que l'on voit parfois disparaître. Avec l'âge, les hormones diminuent progressivement, parfois de façon marquée, laissant de nombreuses femmes avec une protection hormonale réduite exposée à des impacts significatifs sur leur santé et leur qualité de vie.

C'est précisément pour cette raison que nous avons besoin d'une volonté gouvernementale claire et d'une politique nationale sur la santé des femmes qui accompagne les femmes à chaque étape de leur vie.

En 2021, le documentaire Loto Méno porté par Véronique Cloutier a brisé le silence finalement. Et je la remercie tellement de la part de toutes les femmes. À la suite de cette mobilisation, en mai 2022, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a annoncé la couverture de deux hormones bio-identiques par la RAMQ. C'était un pas important, mais une mesure ne fait pas une politique.

Nous sommes en 2026, au XXIe siècle. La science existe, les institutions existent. Ce qui manque, c'est la volonté politique. Nous sommes, les femmes, presque 50 % des députés à l'Assemblée nationale du Québec. On sait qu'est-ce qu'on vit, qu'est-ce que nos filles vivent. C'est notre moment. C'est maintenant ou jamais. Merci.

Maintenant, je vais faire une petite minute en anglais. As we approach International Woman's Day, March 8, it's time to look behind symbols and ask a fundamental question about women's health in Québec. This day was now born out of a symbolic gesture. It was born out of a struggle. We have been marking Women's Day for more than 100 years in Europe, worldwide, and for over fifty years here. Awareness is nothing issue any more. The real question is : What have we actually done for women's health?

From the very first time the girls have their period, young girls learn to endure pain. There is little prevention, no structure to follow-up and no long-term data. And a lot of girls don't have a doctor yet. I know one, since 17, she doesn't, and she's 26, and she's on Advil nonstop. Young girls need guidance, prevention and care. And menopausal women face a major public healthy issue that directly affects healthy living and healthy aging. Too often women our told : This is normal. It is not, I can tell you.

Women are now in politics, we are decision makers, so I believe the time has come as a government to move beyond symbolism and build a national women's health policy, one that invest in research, prevention and care, from menstruation to menopause and beyond. Québec has the expertise. What's missing is political will. And, if not now, when? Thank you very much.

Journaliste : Mme Olivier, est-ce que vous avez toujours espoir de vous présenter sous... de vous représenter sous la bannière libérale l'automne prochain?

Mme Lakhoyan Olivier : En ce moment, on va laisser le commissaire à l'éthique prendre sa décision. Et puis, après sa décision, je reviendrai vous voir puis on regardera. Puis le Parti libéral du Québec, c'est... c'est eux qui décideront, en fin de compte, qu'est-ce qu'ils vont faire, s'ils veulent me reprendre ou non, et je vivrai avec les conséquences.

Journaliste : À quand remontent vos dernières rencontres avec le Commissaire à l'éthique?

Mme Lakhoyan Olivier : J'aimerais rester dans ce sujet, vraiment, la santé...

Journaliste : ...donc, votre... votre dernière rencontre avec...

Mme Lakhoyan Olivier : J'aimerais... J'aimerais répondre pour la santé de la femme, vraiment, parce qu'en tant que femme, depuis trois ans et demi que je suis en politique, j'ai plusieurs dossiers. Et puis la ménopause était l'un d'eux autres, le changement hormonal.

Journaliste : ...commissaire à l'éthique, votre dernière rencontre, elle remonte à quand?

Mme Lakhoyan Olivier : J'aimerais... Je vais revenir à ça, mais j'aimerais vraiment concentrer sur la santé de la femme. Le 8 mars n'est pas loin, c'est dans deux semaines.

Journaliste : ...une question à laquelle vous refusez de répondre.

Mme Lakhoyan Olivier : Aujourd'hui, c'est pour la santé de la femme, la Journée de la femme. Les femmes, aujourd'hui, on est des partenaires avec les hommes, on travaille fort. Mais là, la santé des femmes sont différents, il faut investir dans la recherche. C'est vraiment important que de mettre la santé hormonale des femmes au cœur du débat public et appeler à la mise en place d'une politique nationale sur la santé des femmes de la puberté à la postménopause. Puis en plus, dans six mois, il y a des élections. Vous n'êtes pas curieux à savoir qu'est-ce qu'ils ont, les… les… les partis politiques dans leur plateforme? Moi, ce que je veux savoir, là, ce qu'est les sujets qu'ils vont aborder, puis la santé de la femme, il faut que ça fasse partie intégrale des projets qu'un gouvernement va… va… va émettre. 

Journaliste : …juste que la Commissaire à l'éthique enquête sur vous et pas sur Mme Rizqy?

Mme Lakhoyan Olivier : Ce n'est pas le moment. Aujourd'hui, c'est pour la santé de la femme. Je ne veux vraiment pas sortir de ce… du sujet.

Journaliste : Dans votre circonscription, en vue de l'élection qui s'en vient, il y a 2 000 membres du Parti libéral de moins qu'il y en avait lors de la course à l'investiture.

Mme Lakhoyan Olivier : Je ne sais pas, je ne suis pas au courant.

Journaliste : Vous n'êtes pas au courant du nombre de membres dans votre circonscription, donc vous êtes habituée.

Mme Lakhoyan Olivier : Vous savez, depuis que je suis députée, je suis à temps plein députée, et puis un travail de député, ce n'est pas sept jours, c'est 10 jours en sept jours. Donc, je laisse ça aux bénévoles de s'occuper des membres.

Journaliste : …du nombre de membres du Parti libéral dans votre circonscription.

Mme Lakhoyan Olivier : Ce n'est pas important. Si on veut… on veut faire 2 000 membres, on peut le faire. Tout est possible. En ce moment, ce qui est important, c'est de s'occuper de la population qui nous ont élus. Et puis la santé de la femme, c'est le temps, là, il faut s'en occuper.

Journaliste : …on aimerait aussi savoir comment vous avez réagi à la décision de M. Milliard, la semaine dernière, de ne pas réintégrer Marwah Rizqy. Est-ce que ça vous donne une indication pour la suite? Comment vous avez pris cette décision?

Mme Lakhoyan Olivier : Ce sont de bonnes questions, je vous remercie. Comme vous, j'écoute, je suis du troisième étage. J'ai vraiment… J'accepte toutes décisions qu'ils prennent. Je suis une personne qui… qui est facile à comprendre que chaque décision a une… a un processus de réflexion. Donc, il a pris la décision pour le parti. Tout ce qu'il va faire, ça va être pour le parti, pour l'avancement du parti.

Journaliste : …la décision de laisser Mme Rizqy en dehors du caucus?

Mme Lakhoyan Olivier : Vous savez, c'est… on ne sait jamais qu'est-ce qui est bon et qu'est-ce qui est mauvais, donc…

Journaliste : Avez-vous été choquée que Mme Rizqy puisse réintégrer le caucus sous Charles Milliard?

Mme Lakhoyan Olivier : Je… vraiment, là, je… je vis… Vivre et laisser vivre, ça, c'est ma… c'est comme ça que je vis.

Journaliste : Vous, avez-vous rencontré M. Milliard pour discuter d'un possible processus de réintégration?

Mme Lakhoyan Olivier : Non, non. Je suis une indépendante en ce moment et puis je fais mes dossiers, je m'occupe de mes citoyens. Merci beaucoup pour votre temps, c'est très gentil. J'espère que vous allez parler de la santé des femmes.

Journaliste : Vous parlez de recherche prévention, est-ce que, vous, il y a une chose qui serait prioritaire, là, par rapport au... Vous avez parlé, par exemple, de remboursement de médicaments. S'il y avait une politique, est-ce que c'est tout sur le même front ou il y a vraiment un élément qui vous apparaît plus important?

Mme Lakhoyan Olivier : Merci beaucoup de cette question. Je suis tellement contente! Vous êtes la seule. Écoutez, moi, ce que je vois là, on a les meilleures universités, OK, et puis meilleurs hôpitaux. On a de très bons systèmes de santé et il faut en fait en être fier. Et puis ce qui manque là, c'est la recherche. Donc moi, ce que je verrais personnellement, c'est la recherche dans nos universités, investir là-dedans avec les hôpitaux, travailler ensemble puis, dès… dès la puberté, garder un contrôle, ceux qui veulent faire partie des statistiques et puis grandir avec eux, voir les… les changements hormonaux, où est-ce que parce qu'ils disent après l'âge de 30 ans… Je suis pas un médecin, mais j'écoute beaucoup les médecins qui parlent de la ménopause parce que je la vis et puis je trouve que faut avoir des statistiques pour voir c'est quoi. Est-ce que les hormones, quelles hormones sont bons, quelles sortes? Donc faut vraiment investir sur la recherche et puis imaginer être le meilleur dans le monde et que les autres pays viendront nous voir pour connaître comment on l'a fait? Pourquoi on ne prend pas le leadership là-dedans? Moi, ça fait trois ans et demi que je travaille là-dessus. Depuis que je suis élue, là je travaille sur la ménopause, puis… puis… puis investir sur la santé de nos femmes parce qu'on le subit, là. On voit nos filles qui souffrent, on a souffert, donc on comprend.

Et puis nous sommes… Aujourd'hui, nous sommes partout et surtout au gouvernement, parce que c'est le gouvernement qui va prendre la décision. Puisque nous sommes presque 50 %, il y a des ministres femmes, il y a des députés femmes, c'est le temps ou jamais parce que sinon, là, on va appeler Céline Dion... Parce que si... si, on va écouter... si les gouvernements... si les gouvernements et les médias écoutent les artistes plus que les politiciens, bien, on va appeler Véro, on va dire : Véro, reviens parce qu'on t'a écouté puis on a fait... apporté des changements. Mais, moi, en tant que femme, pourquoi je dois être élue si je ne peux pas défendre les femmes aussi, la moitié de la population? On fait les bébés. Tu sais, c'est important qu'on soit en santé puis qu'on puisse travailler tard parce qu'avec la population qui... avec l'âge et tout, bien, on veut rester actives longtemps, on veut... on veut être au milieu de travail longtemps, vivre pleinement.

Et puis ça affecte beaucoup la santé, la ménopause, là, ça nous... ça nous donne des... ça nous arrête, ça nous bloque. Donc... C'est comme la mammographie. Vous savez, la mammographie, à un certain moment, le gouvernement a décidé : On prend en charge, on ne laisse pas les femmes de venir nous voir. Nous, on va leur dire : C'est le temps de faire ça, on va faire ça. Donc, c'est pour ça. Si on peut faire... on met en place une politique nationale sur la santé des femmes de la puberté à la postménopause, parce que la ménopause, ça ne finit pas après ça... bien, les choses, ça empire, après la ménopause, là, c'est comme...

Journaliste : ...du papillon amiral blanc.

Mme Lakhoyan Olivier : Oui, c'est ça. Je me suis dit : C'est le temps ou jamais. Ça fait trois ans et demi, ça... je parle. Bon, bien, c'est le temps de sortir puis ne pas attendre à Céline Dion de venir, là. On peut-tu le faire?

La Modératrice : Merci.

Mme Lakhoyan Olivier : Merci à vous.

(Fin à 9 h 16)

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