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(Huit heures trois minutes)
M. Paradis : Bonjour à toutes
et à tous. Jour de budget aujourd'hui. Le ministre des Finances, Eric Girard,
annonce un budget sobre, mais ce qu'il y a de très particulier, c'est que c'est
un budget qui va avoir une légitimité, une durée de vie utile d'à peu près
trois semaines, parce que l'état des finances publiques et le plan budgétaire
réel, on va le connaître une fois que la course à la direction de la Coalition
avenir Québec sera terminée. Le ministre nous a dit qu'il a fait une provision
pour tenir compte des engagements des deux candidats. Mais la réalité, c'est
que ce qu'on veut, c'est le plan budgétaire du Québec du futur ou de la future
première ministre. Et ce n'est pas ce qu'on va avoir aujourd'hui, donc, durée
de vie légitime de quelques semaines. Et ce n'est pas la première fois que
l'intérêt de l'État est subordonné aux intérêts de la Coalition avenir Québec.
Vous savez, on a commencé cette session parlementaire avec une prorogation qui
nous a coûté deux semaines de travaux parlementaires, puis ça, c'était parce
que c'était les affaires internes de la CAQ, qui primaient pour ce gouvernement
en fin de régime.
C'est important aussi de faire un exercice
de mémoire quand on considère ce budget. Souvenons-nous qu'il est arrivé au
pouvoir en 2018 avec un surplus de 2,6 milliards de dollars, qui a
été transformé, en quelques années, en un déficit, en 2024, de 13,6 milliards
et, l'année dernière, de 11,4 milliards, et ça, malgré le fait qu'on
entende le ministre des Finances nous rappeler que ce n'est pas de sa faute,
que c'est l'état de la situation mondiale, le pétrole, les guerres ailleurs
dans le monde, la pandémie. La réalité, c'est qu'il a pris des décisions, au
cours de ses années de pouvoir, qui ont coûté très cher et dont les
observateurs disaient que ça allait coûter très cher à long terme, par exemple,
d'envoyer des chèques électoralistes qui ont coûté des milliards de dollars au
trésor public, par exemple, faire des cadeaux fiscaux aux plus nantis, sans
effet pour M. et Mme Tout-le-monde à la maison, ça, on disait ça va grever le
budget du Québec et ça risque de créer des déficits structurels. C'est ça qui
est en train de se passer.
Une autre... un autre élément sur lequel
nous, on va insister aujourd'hui... Donc, le premier, on vous l'a dit, c'est la
légitimité limitée du budget et le fait que, bien, il faut tenir compte des
promesses que font, chaque jour, Christine Fréchette et Bernard Drainville.
C'est ça, le véritable budget du Québec. Deuxièmement, l'historique de ce
gouvernement qui a gaspillé les fonds publics, qui a pris des décisions qui
nous ont coûté très cher, mais, troisièmement, aussi les coûts du fédéralisme.
On a mis au défi le ministre Girard, après huit ans de la troisième voix, là, à
l'intérieur du fédéralisme, de nous dire : Combien ça coûte, les refus
répétés du gouvernement fédéral aux demandes légitimes du Québec? Et nous, on en
a pour des milliards de dollars... en fait, des dizaines de milliers de
milliards de dollars dans tous les domaines.
Donc, quand les Québécois se demandent les
raisons pour lesquelles on n'a pas accès à un médecin de famille, pour
lesquelles nos infrastructures sont en mauvais état, pour lesquelles il manque
de professeurs à la rentrée scolaire, une partie de la réponse est toujours
dans le déséquilibre fiscal et dans le fait qu'on envoie 90 milliards de
nos impôts au gouvernement fédéral pour à peu près aucun service, puis un
gouvernement fédéral qui gaspille nos fonds publics et un gouvernement fédéral
qui ne fait pas au gouvernement du Québec les transferts qu'il devrait
effectuer en infrastructures, en santé, en immigration, en langue et culture et
pour les infrastructures, donc, sur plein de domaines. Alors, c'est ça qu'on va
surveiller, nous, aujourd'hui. Je vais être au huis clos, là, dans quelque
temps.
M. Arseneau : Pour compléter,
il y a quelques indications que le gouvernement nous a données par rapport à
son budget et par rapport au Plan québécois des infrastructures. C'est assez
inédit, là, on a fait deux annonces récemment à Maria, d'abord, pour dire que
l'urgence allait finalement être rénovée. C'est un engagement de François
Legault qui datait de plusieurs années, et l'Hôpital Sainte-Croix, là aussi, un
projet qui datait de 2018. On l'a annoncé, là, en fin... en toute fin de
mandat, et que l'on révèle des parties du Plan québécois des infrastructures,
c'est assez inédit. Et c'est comme si on voulait cocher les cases, alors qu'on
sait très bien que de gonfler le Plan québécois des infrastructures de
100 milliards à 160 milliards, pourquoi pas à 175 milliards, ça
ne garantit d'aucune façon la réalisation de ces projets d'infrastructure. Ce
que ça dit, c'est : Voici la liste d'épicerie qu'on a. Voici le nombre de
projets qu'on n'a pas pu réaliser au cours des dernières années, mais qu'on
aurait l'ambition de réaliser si on en avait les moyens.
L'autre élément, c'est celui des places en
service de garde, les places en garderie. Hier, on a dit : C'est une
mesure concrète, on va créer... c'est-à-dire on va convertir
5 000 places en garderie privée, en garderie... en place
subventionnée. Souvenez-vous qu'en 2021 l'engagement du gouvernement du Québec,
c'était que toutes les familles québécoises puissent avoir une place en
garderie pour leurs enfants. On est loin du compte, il y a encore 30 000 personnes
sur les listes d'attente. D'autre part, on avait dit : Dans ce plan-là, le
grand chantier des familles, on va convertir 56 000 places en places
subventionnées, dons, des places en garderie privée, en places subventionnées,
56 000. On est aujourd'hui à 10 000. On veut en créer 5 000 de
plus. On est donc à un peu plus de 26 % de l'objectif qui était prévu pour
2024. Alors, ça illustre bien le budget, non, pas le budget, mais le bilan du
gouvernement jusqu'à présent, notamment dans la question des places en service
de garde.
Journaliste : M. Paradis,
je comprends bien vos critiques envers les antécédents de M. Girard, mais
là, ce qu'on annonce, c'est un budget sobre, on semble dire que le déficit va
être moins élevé, qu'on s'enligne, éventuellement, vers un retour à
l'équilibre. Ce n'est pas une bonne chose, au moins, qu'on essaie de remettre
le train sur les rails, au moins avant les élections? Alors que souvent, on
avait des budgets très, très électoralistes à l'époque.
M. Paradis : Bien, je
suis content que vous mentionniez qu'on a eu des budgets électoralistes parce
que c'est ce que...
Journaliste
: ...
M. Paradis : ...c'est ce
qui a caractérisé beaucoup ce gouvernement de la CAQ. Toute toute nouvelle sur
le redressement des finances publiques est bonne pour les contribuables
québécois, c'est sûr, mais actuellement, bien que le ministre fasse beaucoup de
communication, ça aussi, le gouvernement de la CAQ est très bon là-dedans,
faire des communications, il nous présente un budget qui a une validité, une
légitimité de trois semaines, parce que ce qui importe vraiment, c'est ce que
Christine Fréchette est en train d'annoncer à tous les jours, elle annonce des
mesures dont vous remarquerez à quel point il n'y a à peu près aucun chiffre
associé à ces... à ces mesures là, alors que Mme Fréchette, jusqu'à tout
récemment, faisait partie du gouvernement. Même chose sûre... pour
M. Drainville. Donc, les deux candidats font des annonces de manière
presque quotidienne et l'un ou l'autre va devenir, par le choix des 20 000
quelques membres de la Coalition avenir Québec, le premier ministre ou la
première ministre du Québec, dans trois semaines, c'est...
Journaliste
: Mais
c'est quoi, leur marge de manoeuvre? Parce que, je veux dire, il faut revenir à
l'équilibre budgétaire d'ici cinq ans. Il dit : Bon, bien, mais on se
garde un coussin pour qu'il puisse réaliser une ou des promesses. C'est quoi,
la véritable marge de manœuvre des deux candidats à la succession de François
Legault, au fond?
M. Paradis : Les deux
candidats ont très peu de marge de manœuvre et ils ont été à la table des
ministres pendant des années et ont participé au festival du gaspillage de
milliards de dollars qu'a été ce gouvernement. Ils ont participé aux décisions
dont je parlais tout à l'heure, de... de prendre des mesures souvent
électoralistes, qui ont coûté des milliards et dont des experts disaient :
À long terme, ça va finir par coûter cher. Il y a des années, là, le
gouvernement de la CAQ s'est présenté avec un surplus, puis il s'est mis à
dépenser comme s'il n'y avait pas de lendemain. Il s'est venu... il s'est mis à
faire des cadeaux fiscaux comme s'il n'y avait pas de lendemain pour les gens
les mieux nantis, il s'est mis à gaspiller de l'argent, le bar ouvert des
subventions aux grandes multinationales. Les milliards dont on parle, ça coûte
cher aux Québécois, puis ça, ça a un impact au jour le jour sur les services de
santé que monsieur et madame tout le monde reçoivent, sur les services
d'éducation, sur l'état de nos infrastructures, sur ce qu'on est capables de
faire en matière de sécurité publique, etc. Donc, la marge est limitée.
Journaliste
: ...une
mise à jour économique...
M. Paradis : C'est...
c'est une façon intéressante de le présenter.
Journaliste
: ...je
vous le soumets.
M. Paradis : C'est une
façon intéressante de le présenter. Vous savez, il y a des mises à jour
périodiques de la situation financière du Québec. Moi, j'ai regardé avec
attentive... avec beaucoup d'attention celle de décembre dernier. C'est un peu
ça, l'exercice, vous avez raison, c'est un peu une mise à jour parce qu'en
réalité, ce plan budgétaire ne vaut que pour quelques semaines, que pour trois
semaines. Mais c'est un gros exercice, encore une fois, et c'est encore une
autre occasion où les intérêts supérieurs de l'État, des Québécoises et des
Québécois sont subordonnés aux considérations internes de la CAQ.
Journaliste : Vous promettez
un référendum dans un premier mandat. Est-ce que vous promettez un budget
équilibré dans un premier mandat?
M. Paradis : Bien, vous
savez, il y a une loi qui existe, qui a été, d'ailleurs, adoptée par le
gouvernement du Parti québécois et qui prévoit qu'il... que nous devons
toujours avoir un plan de retour à l'équilibre budgétaire à l'intérieur d'une
période de cinq ans. Nous allons continuer à respecter ce cadre financier, et
il faut le faire de manière sérieuse, parce que quand on regarde actuellement
les chiffres qu'ils nous ont présentés par le gouvernement de la CAQ, est-ce
que c'est réaliste, le plan de retour à l'équilibre budgétaire? Est-ce que ça
fait vraiment partie des considérations de ce gouvernement lorsqu'il présente,
aujourd'hui, ce budget à durée limitée? On se le demande, mais, oui, pour nous,
ça reste... ça reste une partie essentielle du cadre financier du Québec.
Journaliste : Donc, faire
campagne en... l'automne prochain, avec, encore là, cette mince marge de
manoeuvre, pour le Parti québécois aussi, ça s'annonce compliqué.
M. Paradis : Nous, on va...
on va composer avec la situation financière du Québec telle que va l'alléguer
le gouvernement de la CAQ, qui, malheureusement, est arrivé... pour des bonnes
et des mauvaises raisons, là, du gouvernement libéral qui a précédé, mais il y
avait quand même un surplus de 2,6 milliards qui a été transformé en un
déficit de 13,6 l'année dernière... il y a deux ans et 11,4 l'année
dernière. On verra, là, quels sont les chiffres annoncés par le ministre des
Finances aujourd'hui, mais, oui, il va falloir composer avec cette
situation-là, ce qui fait que vous regarderez la manière dont on se gouverne
aussi, la manière dont on discute des... de tous les enjeux qui nous sont
présentés.
L'idée n'est pas de faire des promesses
pour plaire à tout le monde. L'idée est de présenter un plan crédible qui fait
appel à l'intelligence des gens sur tous les domaines, sur les infrastructures,
sur le Plan québécois des infrastructures, dont on dit qu'il a été trop
politisé par le gouvernement de la CAQ, qui est devenu un stationnement à
promesses. Nous, on... Nous, on va gérer les choses très différemment, avec
toujours l'intérêt collectif comme priorité.
Journaliste : Sur un autre
sujet qui risque de vous animer, la possibilité que Don Cherry reçoive l'Ordre
du Canada. À quel point que vous trouvez que c'est une mauvaise idée?
M. Paradis : Écoutez, que ce
soit même soulevé, ça démontre dans quel genre de pays on vit. Bien, peut-être
qu'il y a des gens qui l'aiment beaucoup ailleurs au Canada, mais ce n'est pas
un personnage qui s'est distingué par ses commentaires élogieux envers
notamment les sportifs québécois. En fait, il s'est distingué par ses
commentaires souvent méprisants envers les Québécois mais envers aussi les
hockeyeurs européens à l'époque. Vraiment, que ce soit... qu'on se pose cette
question-là, c'est insultant puis ça démontre comment ça fonctionne, le Canada.
Journaliste : Je veux juste
revenir, M. Paradis, sur, M. Girard, hier, son scrum. Il disait : Sobre,
ciblé, responsable, pas le temps de faire des promesses. Puis là, après ça,
woup, il a annoncé tout de suite les places en garderie. Je ne sais pas comment
vous, vous avez reçu ça.
M. Paradis : Bien, mon
collègue Joël en parlait tout à l'heure, c'est quand même assez étonnant,
qu'avant le budget on fasse déjà un certain nombre d'annonces ciblées. Et, oui,
vous avez raison de le mentionner, que c'est encore un peu la CAQ qui fait beaucoup
de communication, qui dit une chose et qui fait son contraire. On annonce de la
sobriété puis on dit qu'on va être là avec un plan pour la collectivité, puis
ça devrait être ça, les priorités, puis, déjà, on est en train de saupoudrer
des annonces qui sont susceptibles, là, de faire bien paraître le gouvernement,
des annonces qu'on pourrait qualifier d'électoralistes.
Mais, bon, sur le nombre de places en
garderie, là, mon collègue l'a mentionné tout à l'heure, ça fait huit ans, là,
qu'on attend des changements, puis ça fait huit ans, qu'on attend le respect
des promesses de la CAQ en matière de création de garderies puis en matière de
conversions, parce que, là, c'est beaucoup des conversions qu'on attend. Et
Joël et moi, Joël et moi, on a été dans des dossiers où c'étaient des gens du
privé qui essayaient de se convertir en CPE, puis c'est un parcours du
combattant, et le gouvernement mettait des bâtons dans les roues. Puis là,
soudainement, il fait des annonces à la veille des élections. Et ça, ce n'est
pas des nouvelles places, là.
(Fin à 8 h 17)