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Point de presse de M. Alexandre Leduc, porte-parole du deuxième groupe d’opposition pour la famille, et M. Guillaume Cliche-Rivard, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de santé

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Wednesday, March 18, 2026, 8 h 40

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures quarante minutes)

M. Cliche-Rivard : Bonjour, tout le monde. Écoutez, les nouvelles sont terribles en itinérance, alors que les... il y a des coupes inacceptables du fédéral qui viennent menacer les ressources un peu partout au Québec, mais juste pour Montréal, on parle d'une perte de 16 millions de dollars cette année, le... dès le 1ᵉʳ avril, puis ça, c'est au plus fort d'une crise humanitaire sans précédent, là, j'ai eu l'occasion de vous en parler un petit peu quand même ici. Puis évidemment, ça, c'est Montréal, on n'a pas les chiffres, là, pour l'instant, hors Québec, hors Montréal, mais c'est 16 millions juste pour Montréal, ça fait qu'on peut clairement imaginer que les coupes font très, très mal partout à travers la province. C'est évidemment inacceptable. Des refuges, des haltes-chaleur craignent de devoir fermer leurs portes, puis des projets d'accompagnement en réinsertion en logement, notamment des projets pour femmes, aussi, ne vont pas pouvoir voir le jour.

C'est vraiment quelque chose que je dénonce vertement et, bien, cette trahison-là du fédéral, elle est passée silence radio par le gouvernement du Québec, là, je n'ai pas vu la ministre Bélanger, je n'ai pas entendu le gouvernement caquiste monter aux barricades pour dire et revendiquer ces sommes-là qui sont coupées. On a vu les groupes communautaires sortir samedi, là, ça fait déjà plusieurs jours de ça maintenant, et je n'ai rien vu, rien entendu de la ministre Bélanger. Alors, aujourd'hui, je lui demande de faire preuve de leadership. Est-ce que son budget va compenser les pertes du fédéral en attendant? Est-ce qu'elle va aller exiger les sommes à Ottawa? Les besoins sont immenses, puis couper en itinérance, c'est une catastrophe. C'est une très mauvaise décision. Vous avez Alexandre dans Hochelaga-Maisonneuve, mon côté dans le Sud-Ouest, évidemment, Centre-Sud, qui sont les épicentres pour Montréal, puis on sait qu'astheure, ça touche Québec, Sherbrooke et les autres villes en dehors de Montréal, donc, véritablement, c'est quelque chose qu'il faut corriger.

En terminant, je veux vous souligner ou vous glisser un mot sur ma demande d'encadrement de la vente des boissons énergisantes chez les mineurs. On vient de mettre en ligne une pétition pour susciter une mobilisation sur ce dossier-là, cette pétition là a été faite en collaboration avec les parents de Zachary Miron, malheureusement, un jeune décédé en 2024, là, de l'interaction entre sa médication puis un Red Bull. Donc, on part une mobilisation là-dessus avec les parents et j'ai bien hâte de vous en reparler davantage. Je pense qu'on peut faire mieux pour contrôler cette vente-là, puis je pense qu'on peut protéger davantage nos jeunes, donc, je réitère mon... mon souhait de transpartisanerie sur ce dossier-là pour qu'on puisse faire mieux. Je pense qu'on a un consensus sur lequel on pourrait avancer rapidement. Merci.

M. Leduc : Merci, Guillaume. Moi, ce matin, deux sujets famille ont retenu mon attention. D'abord, on apprenait, hier, qu'il y a trois CPE dans différentes circonscriptions qui ont des députés solidaires, là, à savoir le Centre-Sud, Jean-Lesage, et je pense que l'autre est dans Mercier, donc dans le collègue de... dans le comté de ma collège, de Ruba, donc trois CPE qui avaient des ententes avec des groupes communautaires qui viennent en aide à des familles monoparentales qui, en raison du projet de loi de l'an dernier, le projet de loi n° 95, de la précédente ministre de la Famille, Suzanne Roy, vont avoir fragilisé leur partenariat avec les groupes communautaires. C'étaient des places qui étaient un peu réservées, dans le fond, pour des familles et des mères monoparentales qui sont prises en charge par un groupe communautaire et qui... donc, qui avaient besoin d'une place en CPE, en services de garde éducatifs. Et là le projet de loi vient fragiliser ces ententes-là. Donc, trois groupes qui ont demandé, donc, des exemptions.

Puis ce qui est fâchant là-dedans, c'est que, pendant l'étude détaillée de ce projet de loi là, c'était ma collègue Christine Labrie qui gérait le dossier l'année dernière, et il y a eu des questions qui ont été posées à la précédente ministre pour dire : Est-ce que des cas de figure qui concernent les mères monoparentales seront susceptibles d'avoir droit à l'exemption?, et la ministre avait dit oui, et là, finalement, on se retrouve, un an plus tard, avec des problèmes qu'on pensait avoir réglés qui s'avèrent être des endroits où l'aide aux familles est fragilisée. Alors, c'est vraiment scandaleux. Ça me choque beaucoup.

J'ai bien hâte d'entendre la ministre actuelle de la Famille se positionner, parce que, pour l'instant, les signaux qu'elle envoie, c'est que tout va bien, ces ententes-là devront cesser, tout ça pour soi-disant aider l'accès au CPE, alors que, dans les faits, on nuit aux familles. Donc, à défaut de régler les problèmes, là, dans le dossier des services de garde, là, peut-être que le gouvernement pourrait au moins ne pas en créer, s'il vous plaît.

Autre dossier Famille, le RQAP. On a eu une belle sortie lundi de différents groupes, notamment les groupes de pères, qui se désolent du fait que, le gouvernement, tout ce qu'il sait faire dans le dossier du RQAP, c'est de baisser les cotisations. Oui, il y a des surplus depuis quelques années, un petit peu moins de naissances, toutes sortes d'explications, là, conjoncturelles, notamment la pandémie, pour expliquer ça, mais tout ce que le gouvernement trouve à faire, c'est de baisser les cotisations, alors qu'il y a des besoins. C'est encore très difficile pour des pères d'aller au-delà du cinq semaines. Vous connaissez le régime, hein, il y a cinq semaines réservées aux pères, un nombre pour les mères puis un nombre à se partager. Mais, au-delà des cinq semaines réservées aux pères, c'est culturellement difficile d'aller obtenir un congé auprès de son employeur pour avoir plus que ces cinq semaines-là.

Et alors, nous, ce qu'on dit depuis longtemps, bien, dans les bonifications, dans les surplus du régime : Bonifiez-le, mettez plus de semaines réservées aux pères. Ça jase de mettre un 10 semaines réservé aux pères. Il y aurait de l'espace dans les surplus pour payer pour ces semaines-là. À la place de ça, le gouvernement, tout ce qu'il fait, c'est qu'il coupe, c'est qu'il coupe, c'est qu'il coupe et qu'il n'aide pas à bonifier le régime. Nous, on trouve ça désolant. C'est quelque chose qui pourrait venir aider. Les études sont très claires. Plus le père passe de temps avec l'enfant en bas âge, plus il va être impliqué tout au long de la vie de cet enfant-là. Alors, ça serait une mesure assez simple à faire.

Moi, j'espère, et là on a le budget qui est déposé aujourd'hui, on aura des études de crédits bientôt, mais j'espère que la CAQ va être capable de s'engager au moins de ne pas procéder à de nouvelles coupures au RQAP dans les prochaines semaines, avant la fin de son mandat. Merci.

Journaliste : Par rapport au budget, on annonce un déficit qui est moins important que les années précédentes, disons que les partis qui sont en voie de gouverner, le Parti québécois, Parti libéral veulent revenir à l'équilibre budgétaire. Est-ce que ça vous inquiète, cette tendance-là? Est-ce que vous pensez qu'on va revenir à l'austérité dans les prochaines années?

M. Leduc : Bien, c'est sûr qu'on a connu des épisodes d'austérité difficiles avec l'ensemble des partis qui tirent à droite, en ce moment, sur l'échiquier politique québécois. On peut, en effet, s'attendre potentiellement à des mauvaises nouvelles en termes d'austérité.

En ce qui a trait à Québec solidaire, on a toujours déposé des cadres financiers équilibrés. C'est probablement ça qu'on va faire dans la prochaine campagne. Je vous invite à la suivre, d'ailleurs, dans les prochains mois.

Journaliste : La prochaine campagne?

M. Leduc : La prochaine campagne. Ça va vous intéresser.

Journaliste : Oui, probablement.

Journaliste : Comment vous allez faire pour faire campagne alors que la marge de manoeuvre est mince?

M. Leduc : La marge de manoeuvre du...

Journaliste : ...financière du Québec ou...

M. Leduc : Bien, il faut qu'on aille chercher de l'argent supplémentaire. Il est toujours possible...

Journaliste : ...

M. Leduc : Bien, on a parlé des ultrariches, hein? On a des questions qui sont posées ici par ma collègue Alejandra Zaga Mendez. Il y a des ultrariches qui parlent dans les médias, qui seraient contents de contribuer davantage à la société québécoise à travers les impôts. Donc, c'est quelque chose qu'il faut aller regarder.

Journaliste : Ça peut être combien, selon vous?

M. Leduc : Tu veux rajouter un peu?

M. Cliche-Rivard : Bien, écoutez, on a fait la proposition. Si je me souviens bien, ça permettait de générer 3 milliards. Quand même. Puis là il y a des études, là, il y a les risques que... documenter ça, il y a des fiscalistes qui commencent à parler de réforme fiscale notamment sur cette question-là, il y a des multimillionnaires, là, qui sortent aussi publiquement. Ce qui a été discuté, c'est des sommes, des fortunes qui dépassaient les 25 millions. On était dans 0,01 % de la population, là, quand même.

Donc, il y a des débats. Nous, on met ça au jeu. Il y a d'autres propositions qui peuvent être aussi justifiées, justifiables, mais comment se fait-il qu'on, depuis huit ans, là, puis plus encore, ne fasse que regarder la colonne des dépenses, puis en se disant : on coupe, on coupe, on couple, mais on n'est pas capable de regarder la colonne des revenus de l'autre côté? Puis là, véritablement, cette discussion-là commence. Là, je ne suis pas en train de dire que cette discussion-là est achevée, mais véritablement... Bon, il y avait une invitée à Tout le monde en parle, Mme Trottier, vous l'avez vu, Mme Trottier qui était vocale sur la question. On entend d'autres personnes commencer à verbaliser puis à parler de ça. Il va falloir... il va falloir qu'on regarde ça, parce qu'on l'a vu, l'accentuation. Puis le fossé entre ceux qui détiennent la richesse est grandissant, il y a... il y a... les fortunes ont augmenté beaucoup plus rapidement que les salaires.

Puis, bien, véritablement, je vais vous poser la question très claire, là, est-ce qu'on peut vraiment se permettre de moins investir dans nos hôpitaux? Est-ce qu'on peut vraiment se permettre de couper dans les services publics? La réponse, c'est non. Alors, il va falloir qu'on... à un moment donné, qu'on accepte de regarder cette colonne-là aussi.

Journaliste : Qu'est-ce que vous pensez de l'enveloppe, du coussin du petit cochon de la tirelire que veut se garder Eric Girard pour le ou la successeur de François Legault? Avez-vous un ordre d'idée du montant ou de l'ampleur de cette enveloppe-là? Puis...

M. Leduc : Bien, c'est un peu spécial, c'est comme si le gouvernement jouait un peu au Monopoly, là, je vais te laisser... Passez Go, réclamez 200 $, je vais te laisser un tour à jouer pour le prochain chef. Ça démontre la mauvaise planification de ce gouvernement-là. C'est eux qui ont décidé de la date de leur course à la chefferie. C'est eux qui ont décidé ou pas décidé, pendant plusieurs mois, d'avoir un budget, pas de budget, l'apprendre, à la dernière seconde, qu'il y en a un quelques semaines avant la course. C'est leur chaos, c'est leur cafouillage. Ce n'est pas très beau à voir.

Journaliste : Il y a des rumeurs de prorogation, pensez-vous... Est-ce que ce serait une bonne chose qu'il y ait une petite pause...

M. Leduc : ll y a eu des rumeurs de prorogation pour cette semaine, hein, il y a des rumeurs qui disaient qu'on ne viendrait même pas cette semaine. Il y en aura, des rumeurs, pour une... On verra, on verra. Nous, on a du travail à faire, on a du travail dans nos circonscriptions. On a du travail ici. Il y a des projets de loi importants qu'on veut... sur lesquels on veut travailler, le projet de loi de la Constitution qu'on essaie de... de dire que c'est un mauvais projet qui devrait être retiré.

Journaliste : Justement s'il est prorogé, ça pourrait limiter, là... que ce projet de loi soit adopté, parce qu'on perd du temps aussi, ce ne serait pas une bonne chose?

M. Leduc : Mais c'est sûr que ce n'est pas une demande de Québec solidaire de proroger le Parlement, mais, s'ils veulent proroger, eux autres...

M. Cliche-Rivard : Ils le feront.

Journaliste : Mais si ça se fait après le nouveau chef, c'est-tu possible d'adopter le budget? Tu sais, je ne sais pas trop, avec les travaux parlementaires, vous connaissez ça. C'est-tu possible, dans l'échéancier, de continuer l'étude du budget puis d'adopter ça avant le 12 avril? Je ne sais pas si vous me suivez, là, ou c'est moi qui...

M. Cliche-Rivard : Notre lecture préalable, puis on a fait le calendrier puis... mais, après ça, moi, je ne suis pas maître de tout ce qui va se passer au salon rouge, là, je veux dire, nous autres, on contrôle une partie de ce qui se passe dans nos interventions. Mais, à mon humble avis, oui, à mon humble avis, ça rentre, mais après, je ne sais pas quelle séquence va être adoptée dans les prochains jours de la part aussi du gouvernement. Mon collègue Alexandre disait, retirer le projet de loi n° 1, on peut faire ça sans faire une prorogation, là, je veux dire, il y a d'autres commissions qui peuvent rouler. Justement, moi, je vous pose la question : Est-ce que Simon Jolin-Barrette, aujourd'hui, en déposant son projet de loi sur la réforme de la déontologie des juges, ne vient pas de nous admettre, finalement, qu'il retirait son projet de loi de constitution? C'est une vraie question, là. Il a son projet de loi n° 10, qui est en cours déjà, qui va commencer une étude détaillée à un moment donné. Là, il veut déposer un nouveau projet de loi qui doit être entendu. C'est la même commission, tout ça, là, tout ça est à la Commission des institutions, c'est le même ministre.

Donc, moi, je veux dire, on n'est pas contre la tarte aux pommes, la déontologie des juges, tant mieux, puis, si on peut faire mieux, faisons-le, allons écouter ceux qui ont intervenu dans le dossier pour voir ce qu'est-ce qu'on peut améliorer, mais il ne reste plus de place pour son projet de constitution. Donc, moi, je vous invite à aller poser la question. Est-ce qu'il ne vient pas, là, de signer l'abandon du projet de loi n° 1, tel que recommandé puis demandé, par ailleurs, par la société civile. Hier, 800 groupes ont demandé ça, 14 000 signataires dans la pétition qu'on a déposée, sans parler des trois partis d'opposition qui ont demandé le retrait dès le début du projet de loi.

Je pense que là on est en train de voir que probablement que la couverte est en train d'être retirée sous les pieds du ministre. Peut-être que Mme Fréchette, M. Drainville lui a envoyé des messages à l'effet que ça ne les intéressait pas, et que Simon Jolin-Barrette préparer l'après.

M. Leduc : Sera-t-il encore ministre après la course? On verra.

Journaliste : Vous en avez, des questions...

M. Cliche-Rivard : Comme vous.

Journaliste : ...

M. Leduc : Bonne journée. Merci.

(Fin à 8 h 51)