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(Huit heures quarante minutes)
M. Cliche-Rivard : Bonjour,
tout le monde. Écoutez, les nouvelles sont terribles en itinérance, alors que
les... il y a des coupes inacceptables du fédéral qui viennent menacer les
ressources un peu partout au Québec, mais juste pour Montréal, on parle d'une
perte de 16 millions de dollars cette année, le... dès le 1ᵉʳ avril,
puis ça, c'est au plus fort d'une crise humanitaire sans précédent, là, j'ai eu
l'occasion de vous en parler un petit peu quand même ici. Puis évidemment, ça,
c'est Montréal, on n'a pas les chiffres, là, pour l'instant, hors Québec, hors
Montréal, mais c'est 16 millions juste pour Montréal, ça fait qu'on peut
clairement imaginer que les coupes font très, très mal partout à travers la
province. C'est évidemment inacceptable. Des refuges, des haltes-chaleur
craignent de devoir fermer leurs portes, puis des projets d'accompagnement en
réinsertion en logement, notamment des projets pour femmes, aussi, ne vont pas
pouvoir voir le jour.
C'est vraiment quelque chose que je
dénonce vertement et, bien, cette trahison-là du fédéral, elle est passée
silence radio par le gouvernement du Québec, là, je n'ai pas vu la ministre
Bélanger, je n'ai pas entendu le gouvernement caquiste monter aux barricades
pour dire et revendiquer ces sommes-là qui sont coupées. On a vu les groupes
communautaires sortir samedi, là, ça fait déjà plusieurs jours de ça maintenant,
et je n'ai rien vu, rien entendu de la ministre Bélanger. Alors, aujourd'hui,
je lui demande de faire preuve de leadership. Est-ce que son budget va
compenser les pertes du fédéral en attendant? Est-ce qu'elle va aller exiger
les sommes à Ottawa? Les besoins sont immenses, puis couper en itinérance, c'est
une catastrophe. C'est une très mauvaise décision. Vous avez Alexandre dans
Hochelaga-Maisonneuve, mon côté dans le Sud-Ouest, évidemment, Centre-Sud, qui
sont les épicentres pour Montréal, puis on sait qu'astheure, ça touche Québec,
Sherbrooke et les autres villes en dehors de Montréal, donc, véritablement, c'est
quelque chose qu'il faut corriger.
En terminant, je veux vous souligner ou
vous glisser un mot sur ma demande d'encadrement de la vente des boissons
énergisantes chez les mineurs. On vient de mettre en ligne une pétition pour
susciter une mobilisation sur ce dossier-là, cette pétition là a été faite en
collaboration avec les parents de Zachary Miron, malheureusement, un jeune
décédé en 2024, là, de l'interaction entre sa médication puis un Red Bull. Donc,
on part une mobilisation là-dessus avec les parents et j'ai bien hâte de vous
en reparler davantage. Je pense qu'on peut faire mieux pour contrôler cette
vente-là, puis je pense qu'on peut protéger davantage nos jeunes, donc, je
réitère mon... mon souhait de transpartisanerie sur ce dossier-là pour qu'on
puisse faire mieux. Je pense qu'on a un consensus sur lequel on pourrait
avancer rapidement. Merci.
M. Leduc : Merci, Guillaume.
Moi, ce matin, deux sujets famille ont retenu mon attention. D'abord, on
apprenait, hier, qu'il y a trois CPE dans différentes circonscriptions qui ont
des députés solidaires, là, à savoir le Centre-Sud, Jean-Lesage, et je pense
que l'autre est dans Mercier, donc dans le collègue de... dans le comté de ma
collège, de Ruba, donc trois CPE qui avaient des ententes avec des groupes
communautaires qui viennent en aide à des familles monoparentales qui, en
raison du projet de loi de l'an dernier, le projet de loi n° 95, de la
précédente ministre de la Famille, Suzanne Roy, vont avoir fragilisé leur
partenariat avec les groupes communautaires. C'étaient des places qui étaient
un peu réservées, dans le fond, pour des familles et des mères monoparentales
qui sont prises en charge par un groupe communautaire et qui... donc, qui
avaient besoin d'une place en CPE, en services de garde éducatifs. Et là le
projet de loi vient fragiliser ces ententes-là. Donc, trois groupes qui
ont demandé, donc, des exemptions.
Puis ce qui est fâchant là-dedans, c'est
que, pendant l'étude détaillée de ce projet de loi là, c'était ma collègue
Christine Labrie qui gérait le dossier l'année dernière, et il y a eu des
questions qui ont été posées à la précédente ministre pour dire : Est-ce
que des cas de figure qui concernent les mères monoparentales seront
susceptibles d'avoir droit à l'exemption?, et la ministre avait dit oui, et là,
finalement, on se retrouve, un an plus tard, avec des problèmes qu'on
pensait avoir réglés qui s'avèrent être des endroits où l'aide aux familles est
fragilisée. Alors, c'est vraiment scandaleux. Ça me choque beaucoup.
J'ai bien hâte d'entendre la ministre
actuelle de la Famille se positionner, parce que, pour l'instant, les signaux
qu'elle envoie, c'est que tout va bien, ces ententes-là devront cesser, tout ça
pour soi-disant aider l'accès au CPE, alors que, dans les faits, on nuit aux
familles. Donc, à défaut de régler les problèmes, là, dans le dossier des
services de garde, là, peut-être que le gouvernement pourrait au moins ne pas
en créer, s'il vous plaît.
Autre dossier Famille, le RQAP. On a eu
une belle sortie lundi de différents groupes, notamment les groupes de pères,
qui se désolent du fait que, le gouvernement, tout ce qu'il sait faire dans le
dossier du RQAP, c'est de baisser les cotisations. Oui, il y a des surplus
depuis quelques années, un petit peu moins de naissances, toutes sortes
d'explications, là, conjoncturelles, notamment la pandémie, pour expliquer ça,
mais tout ce que le gouvernement trouve à faire, c'est de baisser les
cotisations, alors qu'il y a des besoins. C'est encore très difficile pour des
pères d'aller au-delà du cinq semaines. Vous connaissez le régime, hein,
il y a cinq semaines réservées aux pères, un nombre pour les mères puis un
nombre à se partager. Mais, au-delà des cinq semaines réservées aux pères,
c'est culturellement difficile d'aller obtenir un congé auprès de son employeur
pour avoir plus que ces cinq semaines-là.
Et alors, nous, ce qu'on dit depuis
longtemps, bien, dans les bonifications, dans les surplus du régime :
Bonifiez-le, mettez plus de semaines réservées aux pères. Ça jase de mettre un
10 semaines réservé aux pères. Il y aurait de l'espace dans les surplus
pour payer pour ces semaines-là. À la place de ça, le gouvernement, tout ce
qu'il fait, c'est qu'il coupe, c'est qu'il coupe, c'est qu'il coupe et qu'il
n'aide pas à bonifier le régime. Nous, on trouve ça désolant. C'est quelque
chose qui pourrait venir aider. Les études sont très claires. Plus le père
passe de temps avec l'enfant en bas âge, plus il va être impliqué tout au long
de la vie de cet enfant-là. Alors, ça serait une mesure assez simple à faire.
Moi, j'espère, et là on a le budget qui
est déposé aujourd'hui, on aura des études de crédits bientôt, mais j'espère
que la CAQ va être capable de s'engager au moins de ne pas procéder à de
nouvelles coupures au RQAP dans les prochaines semaines, avant la fin de son
mandat. Merci.
Journaliste : Par rapport au
budget, on annonce un déficit qui est moins important que les années
précédentes, disons que les partis qui sont en voie de gouverner, le Parti
québécois, Parti libéral veulent revenir à l'équilibre budgétaire. Est-ce que
ça vous inquiète, cette tendance-là? Est-ce que vous pensez qu'on va revenir à
l'austérité dans les prochaines années?
M. Leduc : Bien, c'est sûr
qu'on a connu des épisodes d'austérité difficiles avec l'ensemble des partis
qui tirent à droite, en ce moment, sur l'échiquier politique québécois. On
peut, en effet, s'attendre potentiellement à des mauvaises nouvelles en termes
d'austérité.
En ce qui a trait à Québec solidaire, on a
toujours déposé des cadres financiers équilibrés. C'est probablement ça qu'on
va faire dans la prochaine campagne. Je vous invite à la suivre, d'ailleurs,
dans les prochains mois.
Journaliste
: La
prochaine campagne?
M. Leduc : La prochaine
campagne. Ça va vous intéresser.
Journaliste
: Oui,
probablement.
Journaliste : Comment vous
allez faire pour faire campagne alors que la marge de manoeuvre est mince?
M. Leduc : La marge de
manoeuvre du...
Journaliste
:
...financière du Québec ou...
M. Leduc : Bien, il faut qu'on
aille chercher de l'argent supplémentaire. Il est toujours possible...
Journaliste
: ...
M. Leduc : Bien, on a parlé
des ultrariches, hein? On a des questions qui sont posées ici par ma collègue Alejandra
Zaga Mendez. Il y a des ultrariches qui parlent dans les médias, qui seraient
contents de contribuer davantage à la société québécoise à travers les impôts.
Donc, c'est quelque chose qu'il faut aller regarder.
Journaliste : Ça peut être
combien, selon vous?
M. Leduc : Tu veux rajouter
un peu?
M. Cliche-Rivard : Bien,
écoutez, on a fait la proposition. Si je me souviens bien, ça permettait de
générer 3 milliards. Quand même. Puis là il y a des études, là, il y a les
risques que... documenter ça, il y a des fiscalistes qui commencent à parler de
réforme fiscale notamment sur cette question-là, il y a des multimillionnaires,
là, qui sortent aussi publiquement. Ce qui a été discuté, c'est des sommes, des
fortunes qui dépassaient les 25 millions. On était dans 0,01 % de la
population, là, quand même.
Donc, il y a des débats. Nous, on met ça
au jeu. Il y a d'autres propositions qui peuvent être aussi justifiées,
justifiables, mais comment se fait-il qu'on, depuis huit ans, là, puis
plus encore, ne fasse que regarder la colonne des dépenses, puis en se
disant : on coupe, on coupe, on couple, mais on n'est pas capable de
regarder la colonne des revenus de l'autre côté? Puis là, véritablement, cette
discussion-là commence. Là, je ne suis pas en train de dire que cette
discussion-là est achevée, mais véritablement... Bon, il y avait une invitée à Tout
le monde en parle, Mme Trottier, vous l'avez vu, Mme Trottier qui était
vocale sur la question. On entend d'autres personnes commencer à verbaliser
puis à parler de ça. Il va falloir... il va falloir qu'on regarde ça, parce
qu'on l'a vu, l'accentuation. Puis le fossé entre ceux qui détiennent la
richesse est grandissant, il y a... il y a... les fortunes ont augmenté
beaucoup plus rapidement que les salaires.
Puis, bien, véritablement, je vais vous
poser la question très claire, là, est-ce qu'on peut vraiment se permettre de
moins investir dans nos hôpitaux? Est-ce qu'on peut vraiment se permettre de
couper dans les services publics? La réponse, c'est non. Alors, il va falloir
qu'on... à un moment donné, qu'on accepte de regarder cette colonne-là aussi.
Journaliste : Qu'est-ce que
vous pensez de l'enveloppe, du coussin du petit cochon de la tirelire que veut
se garder Eric Girard pour le ou la successeur de François Legault? Avez-vous
un ordre d'idée du montant ou de l'ampleur de cette enveloppe-là? Puis...
M. Leduc : Bien, c'est un peu
spécial, c'est comme si le gouvernement jouait un peu au Monopoly, là, je vais
te laisser... Passez Go, réclamez 200 $, je vais te laisser un tour à
jouer pour le prochain chef. Ça démontre la mauvaise planification de ce
gouvernement-là. C'est eux qui ont décidé de la date de leur course à la
chefferie. C'est eux qui ont décidé ou pas décidé, pendant plusieurs mois,
d'avoir un budget, pas de budget, l'apprendre, à la dernière seconde, qu'il y
en a un quelques semaines avant la course. C'est leur chaos, c'est leur
cafouillage. Ce n'est pas très beau à voir.
Journaliste
: Il y a
des rumeurs de prorogation, pensez-vous... Est-ce que ce serait une bonne chose
qu'il y ait une petite pause...
M. Leduc : ll y a eu des
rumeurs de prorogation pour cette semaine, hein, il y a des rumeurs qui
disaient qu'on ne viendrait même pas cette semaine. Il y en aura, des rumeurs,
pour une... On verra, on verra. Nous, on a du travail à faire, on a du travail
dans nos circonscriptions. On a du travail ici. Il y a des projets de loi
importants qu'on veut... sur lesquels on veut travailler, le projet de loi de
la Constitution qu'on essaie de... de dire que c'est un mauvais projet qui
devrait être retiré.
Journaliste
: Justement
s'il est prorogé, ça pourrait limiter, là... que ce projet de loi soit adopté,
parce qu'on perd du temps aussi, ce ne serait pas une bonne chose?
M. Leduc : Mais c'est sûr que
ce n'est pas une demande de Québec solidaire de proroger le Parlement, mais,
s'ils veulent proroger, eux autres...
M. Cliche-Rivard : Ils le
feront.
Journaliste
: Mais si
ça se fait après le nouveau chef, c'est-tu possible d'adopter le budget? Tu
sais, je ne sais pas trop, avec les travaux parlementaires, vous connaissez ça.
C'est-tu possible, dans l'échéancier, de continuer l'étude du budget puis
d'adopter ça avant le 12 avril? Je ne sais pas si vous me suivez, là, ou
c'est moi qui...
M. Cliche-Rivard : Notre
lecture préalable, puis on a fait le calendrier puis... mais, après ça, moi, je
ne suis pas maître de tout ce qui va se passer au salon rouge, là, je veux
dire, nous autres, on contrôle une partie de ce qui se passe dans nos
interventions. Mais, à mon humble avis, oui, à mon humble avis, ça rentre, mais
après, je ne sais pas quelle séquence va être adoptée dans les prochains jours
de la part aussi du gouvernement. Mon collègue Alexandre disait, retirer le
projet de loi n° 1, on peut faire ça sans faire une
prorogation, là, je veux dire, il y a d'autres commissions qui peuvent rouler.
Justement, moi, je vous pose la question : Est-ce que Simon
Jolin-Barrette, aujourd'hui, en déposant son projet de loi sur la réforme de la
déontologie des juges, ne vient pas de nous admettre, finalement, qu'il
retirait son projet de loi de constitution? C'est une vraie question, là. Il a
son projet de loi n° 10, qui est en cours déjà, qui
va commencer une étude détaillée à un moment donné. Là, il veut déposer un
nouveau projet de loi qui doit être entendu. C'est la même commission, tout ça,
là, tout ça est à la Commission des institutions, c'est le même ministre.
Donc, moi, je veux dire, on n'est pas
contre la tarte aux pommes, la déontologie des juges, tant mieux, puis, si on
peut faire mieux, faisons-le, allons écouter ceux qui ont intervenu dans le
dossier pour voir ce qu'est-ce qu'on peut améliorer, mais il ne reste plus de
place pour son projet de constitution. Donc, moi, je vous invite à aller poser
la question. Est-ce qu'il ne vient pas, là, de signer l'abandon du projet de
loi n° 1, tel que recommandé puis demandé, par
ailleurs, par la société civile. Hier, 800 groupes ont demandé ça, 14 000 signataires
dans la pétition qu'on a déposée, sans parler des trois partis d'opposition qui
ont demandé le retrait dès le début du projet de loi.
Je pense que là on est en train de voir
que probablement que la couverte est en train d'être retirée sous les pieds du
ministre. Peut-être que Mme Fréchette, M. Drainville lui a envoyé des messages
à l'effet que ça ne les intéressait pas, et que Simon Jolin-Barrette préparer
l'après.
M. Leduc : Sera-t-il encore
ministre après la course? On verra.
Journaliste
: Vous en
avez, des questions...
M. Cliche-Rivard : Comme
vous.
Journaliste
: ...
M. Leduc : Bonne journée.
Merci.
(Fin à 8 h 51)