Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Dix heures dix-neuf minutes)
M. St-Pierre Plamondon :
Bonjour, tout le monde. Ce matin, plusieurs sujets, mais je veux quand même
parler de notre volonté, au Parti québécois, de s'attaquer à la question des
coûts de construction gonflés au Québec. Ce n'est pas normal, qu'une école
secondaire, lorsqu'on la construit, va coûter 175 millions, dans certains
cas. Prenons l'exemple de l'école secondaire Louis-Philippe Paré, on est rendu
à 470 millions de coûts, et des écoles comparables en Ontario se
construisent pour 75 millions.
Donc, on vient de passer plusieurs jours à
commenter le budget. Lorsqu'on constate que des hôpitaux, des routes, des
projets de transport n'ont pas lieu, une grosse partie de l'explication, c'est
que, par une... par projet, on paie beaucoup trop cher, de sorte qu'il n'y a plus
de fonds rendu au prochain projet, qui est pourtant essentiel. Et là-dessus, le
Parti québécois propose 10 mesures sur trois grands sujets : l'absence
de concurrence dans le domaine de la construction, la surbureaucratisation et
le nombre d'étapes administratives interminables, qui rend ça beaucoup plus
compliqué au Québec qu'ailleurs, et le fait que le gouvernement du Québec, sous
la CAQ, a été un donneur d'ouvrage inconstant qui change au gré du vent, de
sorte que le risque est plus élevé, il n'y a pas assez de projets qui se
matérialisent pour nourrir de la concurrence, nourrir plusieurs entreprises.
Donc, on a eu une détérioration de la
concurrence et de l'environnement, de sorte qu'un appel d'offres en 2018, à l'arrivée
de la CAQ, il y avait en moyenne 4,75 compagnies qui appliquaient pour l'appel
d'offres. On est rendus à 2,65, en moyenne, ce qui veut dire que, vraiment, le
marché est moins concurrentiel et la confiance n'est pas là. Ça explique, par
exemple, que la Caisse de dépôt, lorsqu'elle obtient le même projet que le
gouvernement du Québec, ça coûte beaucoup moins cher. Pourquoi? Parce que les
joueurs, les acteurs du milieu savent que c'est plus sérieux, les délais sont
moindres, c'est certain que ça va avoir lieu, alors que le gouvernement du
Québec, c'est rendu que les acteurs du milieu se disent : On sait qu'ils
vont changer d'idée tellement de fois qu'on va budgéter ces problèmes-là et ce
risque-là au moment d'appliquer.
Donc, tout ça intervient dans ce cauchemar
qu'est le PQI, qui est devenu un stationnement de projets qui ne se font pas.
Et le Parti québécois prend ça très au sérieux. Donc, on lance une offensive
avec ces 10 mesures là que nous mettrons en oeuvre dans l'éventualité d'un
gouvernement du Parti québécois.
Journaliste : ...Blanchette
Vézina, qui va passer chez les conservateurs, M. Bérubé, vous en pensez quoi?
M. Bérubé : J'étais à
Rimouski dimanche dernier avec le chef du Parti québécois, d'ailleurs. Le
résultat du Parti conservateur dans Rimouski, en 2022, c'est 4,75 % des
voix. Ça, c'est le premier élément, aucune légitimité de représenter un parti
qui était largement ignoré par la population de Rimouski. Rimouski ne doit rien
à Éric Duhaime.
Deuxième élément. La députée a dit à
plusieurs reprises qu'elle n'allait pas porter les couleurs d'une autre
formation politique avant la fin de son mandat. C'était un engagement formel.
Il est rompu.
Et, en terminant, on lui lance le défi
suivant : de se présenter avec sa nouvelle bannière dans Rimouski face au
Dr Yohann St-Pierre, notre candidat dans Rimouski. On a bien hâte de voir la
population trancher quant aux valeurs, quant aux convictions, quant au
programme.
Journaliste : ...des rumeurs
qui courent sur la possibilité qu'elle change de circonscription.
M. Bérubé : C'est ce qu'on
entend aussi. Nous... on lui lance le défi suivant : Vous avez été élue
dans Rimouski, présentez-vous dans Rimouski, si vous êtes aussi sûre de vos
convictions. Et nous, on est...
M. St-Pierre Plamondon : ...
M. Bérubé : Et du bilan, oui,
Stablex, entre autres, et bien d'autres choses. Donc, on a la première
candidature à annoncer officiellement dans Rimouski, je ne verrais pas pourquoi
elle irait ailleurs. Elle a indiqué à plusieurs reprises qu'elle souhaitait que
sa famille demeure à Rimouski, alors on a tous compris ça. Donc, qu'elle se
présente dans la Rimouski, on est prêt à faire campagne. On avait une salle
comble dimanche dernier. On a bien hâte.
Journaliste : Est-ce que, M.
St-Pierre Plamondon, sur la loi 21... est-ce que la Cour suprême doit
rendre sa décision avant l'élection d'octobre, vous pensez?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
évidemment que le pouvoir politique ne peut pas dicter aux tribunaux le moment
d'un jugement. Mais, si on le prend sous l'angle de l'électeur, est-ce qu'on
aurait intérêt à ce que l'électeur soit convenablement informé sur la
possibilité d'enlever au Québec la clause dérogatoire ou la possibilité de ne
pas respecter la loi votée dûment par l'Assemblée nationale sur la laïcité?
Cette information-là, idéalement, serait disponible à l'électeur au moment de
voter lors des élections. Mais, une fois que c'est dit, les tribunaux font ce
qu'ils veulent au niveau du calendrier. Et les travaux de feu Frédéric Bastien
démontrent qu'il y a des dimensions politiques dans ces décisions-là, parfois,
des tribunaux. Donc, je ne me fais pas d'illusions non plus, là, tu sais. Je
pense qu'on suit tous ceux avec intérêt, mais qu'on n'a aucun contrôle sur la
date.
Journaliste : ...demande
formelle, mais vous dites : Ce serait une bonne idée qu'on ait la décision
avant...
M. St-Pierre Plamondon : Du
point de vue de l'électeur, l'idéal serait que l'électeur soit informé
convenablement. La réalité, c'est que non, je ne peux pas en faire la demande
parce que c'est le pouvoir judiciaire. Et la réalité également, c'est que c'est
un pouvoir judiciaire dans les hauts tribunaux de la... du système canadien.
C'est que ce sont des tribunaux où vous ne trouverez pas d'indépendantistes et
très, très peu ou pas de gens prolaïcité, là. C'est...
Journaliste : ...avant une
campagne électorale, là, qu'est-ce que ça change que l'électeur au Québec
soit... ait le résultat?
M. St-Pierre Plamondon : Ce
que ça changerait si les résultats étaient connus des électeurs, c'est qu'un
parti comme le Parti québécois, qui non seulement prône la laïcité depuis des
années... Puis je pense que le débat a été fait, là, donc on a plus que parlé
souvent de la laïcité. La compréhension que le régime canadien, dans son
parlement comme dans ses tribunaux, parce que les nominations des juges
proviennent du régime canadien et plus spécifiquement du Parti libéral du
Canada... la compréhension que ces tribunaux-là ne respectent pas une loi
démocratiquement adoptée dans le cadre d'un débat qui aura duré plus de
10 ans, c'est un rappel utile de l'avenir que le Canada nous réserve.
Et nous, le Parti québécois, évidemment,
on est une formation indépendantiste, notamment pour ces raisons-là, à savoir
que ce qu'on appelle l'État de droit au Canada, c'est un Parlement où est-ce
qu'on a juste 20 % des sièges qui nomme des juges qui sont tous alignés.
C'est comme René Lévesque disait, là, la tour de Pise penche toujours du même
côté, donc ça devient un problème démocratique pour l'Assemblée nationale.
Journaliste : ...gens à
vouloir voter pour la souveraineté du Québec. C'est... C'est ça, là.
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
je ne dis pas que ça pousse des gens, mais je dis : C'est quand même une
information déterminante dans le bilan qu'on fait du caquisme qui a échoué à
obtenir ses demandes au fédéral, mais dans l'avenir qu'on peut imaginer dans un
Canada qui ne respecte pas nos décisions prises démocratiquement. Donc, ce
n'est pas un détail. Idéalement, l'électeur aurait cette information-là. Est-ce
que c'est ça qui va arriver? La vérité, c'est que personne n'a aucun contrôle
sur l'agenda de la Cour suprême.
Journaliste : ...est-ce qu'un
Québec indépendant respecterait les... la jurisprudence établie par la Cour suprême
du Canada? Comme, par exemple, si une décision était rendue avant l'élection,
quelle qu'elle soit, là, est-ce que ce serait respecté, un, par le Québec
indépendant?
M.
St-Pierre
Plamondon :Bien, c'est-à-dire qu'un
Québec indépendant va avoir une cour qui est par-dessus toutes les autres
cours. Ça, ça va être d'ailleurs divulgué... ça fait partie du livre bleu. Et
c'est à cette cour-là, ensuite, de décider de la jurisprudence qui va suivre.
Donc, suivre ou non l'ancienne jurisprudence du... de la Cour suprême, ça va
appartenir au pouvoir judiciaire dans un Québec indépendant. Ce qui va changer,
c'est le cadre constitutionnel puis le cadre des lois. Donc, forcément, les
tribunaux ne travailleront pas de la même manière, parce que le cadre juridique
va évoluer sur d'autres choses qu'une Constitution de 1867 et une Constitution
de 1982, rappelons-le, qu'on n'a jamais signée. Donc, c'est... c'est ça qui va
être différent.
Journaliste : ...si un
nouveau tribunal, une Cour suprême du Québec, par exemple, a des décisions à
prendre en se fiant à une jurisprudence, bien, la jurisprudence, il faut
qu'elle la prenne quelque part. Alors, est-ce que la jurisprudence canadienne,
ce serait valable?
M.
St-Pierre
Plamondon :Ce serait une question qui
va être déterminée par le pouvoir judiciaire. Le politique ne pourra pas dicter
au pouvoir judiciaire, dans un Québec indépendant, quelle jurisprudence on
prend ou on ne prend pas. Ça, c'est vraiment des questions juridiques qui vont
leur appartenir.
Journaliste : Vous avez
entendu Mark Carney... je ne sais pas si vous... Juste pour terminer là-dessus,
là, je ne sais pas si vous avez entendu M. Carney, ce matin, qui participait à
un événement religieux à Ottawa, le Petit déjeuner de la prière. Il a parlé du
Québec en disant qu'on devait faire preuve de générosité institutionnelle.
M.
St-Pierre
Plamondon :Ça veut dire quoi, ça?
Journaliste : Bien, comment
vous l'interprétez? Je veux dire, c'était ma question. Est-ce que vous pensez
que c'est un message...
M.
St-Pierre
Plamondon :Non, mais le Québec devrait
faire preuve de générosité institutionnelle?
Journaliste : Mais, pour
vous, ça veut dire quoi?
Journaliste : Non, mais il
dit : On doit... Il parlait du Québec puis il a dit : On doit faire
preuve... rappelons-nous qu'on doit faire preuve de générosité
institutionnelle. Donc, je vous demande, à vous, comment vous l'interprétez.
Est-ce que vous pensez que c'est un message dans le cadre de la cause...
M.
St-Pierre
Plamondon :Bien, je vais... je vais
me... je vais tenter... OK, je vais me prêter à l'exercice, mais on est ici
dans de l'alchimie politique, là. Premièrement, merci de poser la question,
parce que je veux noter que, lorsque Paul St-Pierre Plamondon, chef du
mouvement indépendantiste... d'un parti indépendantiste d'importance, parle des
postes de fonctionnaires au fédéral, on est dans un cirque médiatique où les
propos de Paul St-Pierre Plamondon sont controversés, les gens déchirent leur
chemise, comme au Parti libéral du Québec. Le lendemain matin, Mark Carney
annonce, là, là, maintenant, 12 000 postes coupés dans la fonction
publique. Silence radio. Donc, merci de relever ce que Mark Carney fait et de
donner un traitement équivalent.
Ce qui pose la question : Qu'est-ce
que ça veut dire, de la générosité institutionnelle, lorsqu'on est avec un
groupe religieux et qu'on parle du Québec? Je vous dirais qu'on est devant deux
conceptions complètement opposées de ce qu'est une société. Dans l'esprit de
Mark Carney, le droit à la religion est vraiment important, même, plus
important que les autres droits, de sorte que le religieux pourra toujours empiéter
sur les institutions, sur les autres droits, et notamment sur les droits des
gens qui sont laïques, ou ne croient pas en Dieu, ou ont une autre opinion, ce
qui mène, de mon point de vue, à un modèle dysfonctionnel de rivalité entre du
communautarisme religieux, des groupes de communautarisme religieux.
De l'autre côté, le Québec, qui pense
l'inverse, dit : Nous, on voit la religion comme quelque chose de normal
et sain, mais on va mettre des balises, sachant que les gens ne pensent pas la
même chose, parce que ce qui nous intéresse au Québec, c'est la paix sociale,
et non pas l'idéologie de valorisation à outrance de la religion. Et, dans quel
cas, nous, au Québec, on va fixer des limites. Il y a des temples, il y a des
religions différentes, il y a des gens qui ne croient pas, puis tout le monde
est bienvenu, mais on se donne des règles communes pour que ça ne devienne pas
un environnement conflictuel, ces questions religieuses là. Ça vient du
catholicisme. Donc, les racines de la laïcité au Québec viennent du
catholicisme. Ça ressort lorsqu'il y a des prières de rue liées à l'islam, ça
ressort sur plein de sujets.
Mais ce qui découle de la déclaration,
difficile à comprendre, de Mark Carney, c'est surtout qu'il y a deux univers,
deux visions de société, entre celle du Canada et du Québec. Et, à la limite,
si on était des bons voisins, c'est correct, on peut être en désaccord, mais ce
n'est pas ça qui va se produire. Ce qui va se produire, c'est que le Parlement
fédéral et les tribunaux fédéraux vont nous imposer leur modèle, à travers une
interprétation toujours plus large du droit à l'égalité et du droit à la
religion, et à travers, également, un mépris, qui a toujours été senti, envers
la différence du Québec, en traitant ça de fascisme, de racisme, on le voit,
là, c'est devenu dans... régulier dans le discours. Donc, ça prend beaucoup
de...
Des voix : ...
Journaliste : ...mais
pourquoi vous dites que, pour lui, le droit... J'aimerais... J'aimerais juste
comprendre pourquoi le droit à la religion est plus important, selon vous,
auprès de Mark Carney. Parce qu'il participait à un événement religieux, pour
lui, le droit à la religion a plus d'importance?
M.
St-Pierre
Plamondon : Non, non, je parle de l'interprétation des
tribunaux puis du Canada en général. Le droit à la religion, c'est une
interprétation ultra généreuse qui ne laisse pas de place à la laïcité, comme
si le droit à la religion l'emportait sur toutes les considérations de paix
sociale et de vie collective. Les Québécois pensent l'inverse.
Journaliste : P-38, avez-vous
un préjugé favorable...
M.
St-Pierre
Plamondon :P-38, oui, ça fait trois
ans que le sujet existe. On a posé une question là-dessus et ça aurait dû
bouger avant. C'est un drame qu'on aurait pu éviter et nous allons tout faire
pour changer les critères. Il y a certains spécialistes qui en parlent depuis
10 ans, donc évidemment qu'il faut que ça bouge, ça aurait dû bouger
avant.
Journaliste
: La CAQ
s'est traîné les pieds.
M.
St-Pierre
Plamondon : On a malheureusement pris beaucoup trop de temps
sur un sujet qui était pourtant nommé par le ministre Carmant lui-même il y a
trois ans, et ça a des conséquences, malheureusement.
Journaliste : ...sur P-38,
M. St-Pierre Plamondon, est-ce qu'il y a un risque que ce ne soit pas
adopté d'ici la fin de la session?
M.
St-Pierre
Plamondon :Bien, je n'ai pas
d'information en ce sens-là. Je n'ai pas d'information en ce sens-là, là. De ce
qu'on a compris, au contraire, ils voulaient procéder maintenant. Donc, nous
autres, on va... on va collaborer et expédier, là évidemment.
Journaliste : Sur
l'intelligence artificielle, il y a des chercheurs d'IVADO qui proposent un
code de conduite aux partis politiques. Est-ce que le Parti québécois veut...
M.
St-Pierre
Plamondon : C'est qui qui propose ça?
Journaliste
: Des
chercheurs d'un institut montréalais IVADO, qui est en contact avec le Parti
québécois notamment, qui propose de signer un code de conduite sur l'usage de
l'intelligence artificielle.
M.
St-Pierre
Plamondon :Oui. Nous, on veut signer.
On a dit qu'on voulait le signer, mais que notre condition, c'est que tous les
partis majeurs s'engagent à le signer pour ne pas que ce soit une partie à
armes inégales. Et c'est le Parti conservateur qui a dit qu'il ne voulait pas
le signer. Et c'est là que le Parti québécois a dit : Un instant, nous, on
est prêt à le signer. C'est consigné, là, c'est officiel. Mais si c'est pour
être que trois ou quatre partis s'engagent à ne pas utiliser l'intelligence
artificielle pendant qu'un autre parti table là-dessus pour faire des manœuvres
douteuses, là, on a un problème de règle du jeu. Donc, c'est vraiment du côté
du Parti conservateur du Québec que ça a bloqué. Nous, on a indiqué qu'on
voulait le signer si tout le monde était là.
Journaliste
: Par
exemple, là, cet été, vous avez diffusé une photo d'Éric Duhaime qui serrait la
main de Donald Trump, etc., là. Ça, c'est... ce n'était pas une publicité du
Parti québécois?
M.
St-Pierre
Plamondon :Bien, laissez-moi vérifier,
là, mais Éric Duhaime en fait à tous les jours de ça, mais Éric Duhaime en fait
tous les jours, là. Moi puis François Legault qui se donnent la main sur la
page du Parti conservateur, il y en a une fois par deux jours, là.
Journaliste : Est-ce qu'il
faudrait les identifier, ce genre de publicité là? On fait des montages qu'il
faudrait identifier que ce n'est pas vrai?
M.
St-Pierre
Plamondon :Ça pourrait être ça. Il y a
beaucoup d'espace. Il ne faut pas limiter la liberté d'expression, mais on
pourrait obliger d'identifier lorsque c'est de l'intelligence artificielle, on
pourrait obliger d'identifier lorsque c'est un montage qui n'est pas vrai. Même
chose pour les extraits vidéo. On a vu ce que Charles Milliard et André Fortin
ont fait avec mon entrevue d'une heure avec Sébastien Bovet. Ils prennent des
clips, ils enlèvent les bouts, puis là, ils raboutent. Finalement, on se
retrouve avec un extrait qui est absolument tronqué, qui ne représente pas ce
que j'ai dit. On pourrait se pencher là-dessus aussi, c'est-à-dire c'est
correct d'utiliser des extraits de son adversaire pour dire : Je ne suis
pas d'accord, mais est-ce qu'on a le droit de manipuler et tronquer l'extrait
pour mésinformer la population? Ça pourrait aussi être...
Journaliste : Sur votre
annonce concernant la construction, je veux juste y revenir pour être certain.
Est-ce que ça veut dire qu'avec le Parti québécois, c'est la fin des belles
écoles, il n'y aura plus de bois, de grandes fenêtres, d'espace, un peu comme
le lab-école avait... était supposé mettre de l'avant? Mais est-ce que c'est la
fin de ça?
M.
St-Pierre
Plamondon :Non, parce que ce dont il
est question, c'est la même école en Ontario puis au Québec, puis il y en a une
qui coûte 75 millions, puis l'autre coûte 175 millions. Donc, le
sujet ici, ce n'est pas de baisser les standards pour essayer de faire baisser
les prix, mais se poser la question : Pourquoi, lorsque les deux projets
sont très, très similaires, il y en a un qui coûte deux fois et demie le prix
de ce qu'on a construit en Ontario? Et c'est là qu'on embarque dans non pas le
choix des matériaux, mais plutôt l'absence de concurrence puis le processus
d'appel d'offres lui-même, le fait que le gouvernement du Québec change d'idée
tellement souvent que l'industrie n'a plus d'intérêt ou n'a plus confiance, et
le fait que le nombre d'étapes bureaucratiques puis la paperasse est trop
lourde puis que ça finit par paraître dans le coût des projets. Rien à voir
avec le choix qualitatif des matériaux ou du projet lui-même, parce qu'on prend
des comparables lorsqu'on regarde avec l'Ontario.
Journaliste : ...comme ça ça
coûte toujours un peu plus cher, là. Est-ce que c'est la fin de ça?
M.
St-Pierre
Plamondon : Bien, on peut regarder les possibilités de
standardisation comme on voit ailleurs dans le monde. Donc, est-ce qu'on est
obligé de faire un nouveau plan à chaque projet où il y a des économies
là-dedans, mais de la même manière qu'on veut impliquer les entrepreneurs
sur... lorsque le projet est avancé, des manières de réduire les coûts? Par
exemple, est-ce qu'un tel système de chauffage serait un peu moins cher et plus
efficace qu'un autre, etc.? On veut qu'il y ait au moins une discussion sur
l'objectif commun d'arriver au meilleur rapport qualité prix. Parce qu'en ce
moment, le contribuable québécois, non seulement il n'y en a pas pour son
argent, mais il se fait avoir sur toute la ligne quand on compare le prix de
nos projets avec ceux de nos comparables.
Journaliste : ...la loi n° 21, vous avez vu, il y a un sondage ce matin. Clairement,
les familles, les parents québécois qui attendent un enfant ou qui ont un
enfant en garderie ou en CPE, ils n'en ont rien à battre, de la loi n° 21,
les signes religieux dans les CPE, dans les garderies privées. Pour eux, là, ce
qu'ils veulent, c'est du service, qu'ils aient un voile ou non, ce n'est pas important.
M. Bérubé : On est d'accord
avec eux, mais ça parle plus de l'impatience d'avoir des places, quelles que
soient les personnes qui soient là, c'est beaucoup ça qui est en jeu. Ce sera
notre réponse là-dessus. Il y a de l'attente partout. Les parents ne veulent
pas qu'ils... passent à côté d'une chance, alors c'est pour ça que les autres
enjeux ne les intéressent pas. L'enjeu qui les intéresse beaucoup, c'est
d'avoir accès à des places pour leurs enfants.
Journaliste : ...parti est le
seul à avoir...
M. Bérubé : Non, le Parti
libéral aussi.
Journaliste : Pourquoi votre
parti est le seul à avoir bloqué le projet d'Élections Québec pour faciliter le
vote des personnes itinérantes?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
c'est des projets pilotes. On nous a fourni un certain nombre de projets
pilotes, puis il y en a un certain nombre pour lesquels on a dit : Dans
cet état-là, on ne le prend pas, on le reconsidère la prochaine fois, toujours
sur la même base : c'est les risques sur l'intégrité du vote. Que ce soit
le vote électronique ou ce projet-là, il y a, de notre point de vue, des
failles qui ouvrent la porte à de la fraude électorale. Et la base, pour nous,
d'élections du DGE, son mandat, c'est d'assurer l'intégrité irréprochable du
processus électoral. Parce que lorsqu'il y a des scandales, c'est arrivé à
Gaspé une fois, là, tu sais, il y avait une boîte qui avait été volée, là,
c'est la confiance du public qui s'effondre. Mais on ne ferme pas la porte à un
projet qui serait... qui donnerait des garanties puis qui permettrait un vote
plus haut à... par exemple, pour les personnes itinérantes.
Simplement, aussi, il faut se poser la
question, est-ce que c'est... Moi, je pense que le rôle du DGE, c'est de rendre
le vote accessible.
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon : Oui,
mais ce n'est pas la même chose que faire de la sortie de votes. Donc, si des
tiers vont auprès de certains groupes et disent : Va voter, là, on tombe
dans des questions qu'il faut prendre avec beaucoup de sérieux, parce que la
sortie de votes, c'est de dire aux gens : Va voter, puis ce n'est même pas
quelqu'un du DGE qui le fait. Donc là, on ouvre la porte à des possibilités
qu'il faut considérer, à mon avis, avec plus de sérieux, mais notre porte n'est
pas fermée sur ces projets pilotes là, simplement, on a des exigences sur
s'assurer que ça ne dérape pas en des problèmes électoraux.
M. Bérubé : ...compléter, le
genre de mesures où on avait toutes les réponses, qui étaient proposées par le
Parti québécois... le vote sur les campus, j'en étais le promoteur, c'est
devenu maintenant une réalité. Ça fonctionne très bien parce qu'on est capables
de s'assurer de l'adresse de quelqu'un qui est à l'extérieur et qui vote dans
son comté d'origine ou l'inverse. C'est très, très clair, tous les critères
étaient là, puis on avait dit oui, et les autres partis nous ont suivis par
après. Il y en a qui étaient contre. Donc, quand on a tous les éléments, toutes
les réponses, habituellement, on est capables de donner un accord.
Journaliste
: Qu'est-ce
que vous avez pensé du... excusez-moi, du message du PDG d'Air Canada? Je me
dis que vous devez avoir... que vous avez quelque chose à dire là-dessus.
M.
Bérubé
: Je
viens de faire une entrevue là-dessus. Écoutez, il a dit : «bonjour» puis
il a dit «merci». Entre les deux, il n'a pas parlé français. Il devait
apprendre le français, c'est ce que Mme Déry, à l'époque, qui était sa
responsable des communications, nous disait. Ce n'est pas le cas. Ça manque de
sensibilité. Il y a des victimes originaires du Québec. La moindre des
choses... même lire un texte en français. Bien, c'est une occasion manquée. Ça
montre que, pour des personnes qui ont des postes d'importance, que ce soit le
PDG d'Air Canada ou la gouverneure générale du Canada, ce n'est pas un enjeu
important. On peut vivre au Québec, au Canada, à Montréal en anglais. Et
tirez-en des conclusions. Donc, ce n'est pas le bon message qui est envoyé. Et,
pour une entreprise comme Air Canada, je pense qu'il y a... il y avait d'autres
choix qu'on pouvait faire que quelqu'un qui est unilingue anglais, de un, et
qui décide de le demeurer aussi.
Le Modérateur
: On va
passer en anglais.
Journaliste :
Maïté Blanchette Vézina, she was
already close to Éric Duhaime. So, she's basically… you know, she goes to the
next step, wearing the colors of…
M. Bérubé :
Not the electors. She's the only one in
Rimouski who is close to Éric Duhaime, no one else.
Journaliste :
Are you sure about that?
M. Bérubé :
Pretty sure. Last election, the score
was for 4.75%. There's no Duhaime mania in Rimouski, I can tell you, it is the
riding next to mine. So, there's a main problem because they elect a CAQ
deputy. Then, she decides to be independent, OK, and she swears that she's not going
to put any other jersey until the end of the mandate. She's going to tell you
in a few minutes that she's going to wear the PCQ jersey. So, this... this is a
lie. So, we don't... we don't have any relationship with Éric Duhaime, and I
think it's a twist of democracy. Nobody vote more than 5% for Éric Duhaime and
the PCQ, and it's a bad thing for electors, because since now, she's going to
work to be elected in another area instead of taking care of the people in
Rimouski. I know that because people call my office to be taking charge when
they have a problem now... call to her office anymore.
Journaliste
: But she's still in Rimouski...
M.
Bérubé
: She's pretty much all around with Éric Duhaime. She was in the
theater with Éric Duhaime last week.
Journaliste :
OK, so she's spending too much time
touring around with Éric Duhaime, now that she's part of her... of his team?
M. Bérubé :
I don't know. You're invited to the
wedding, in a few minutes. Ask any... any question you want.
M. St-Pierre
Plamondon :
It's
too tempting for me not to add something. There is this trend right now to say
that it's such a good thing to have people switch party and riding, and I'm
sorry, but as Pascal Bérubé just mentioned, if the Conservative Party just had
4.7% of the votes in Rimouski, and if you swore to the people of Rimouski that
you would serve them for four years, on top of that, you said that you would
remain independent until the end, there's a minimum of coherence and decency
that should be exercised by elected members of Parliament. And, as in the case
of Claire Samson, I think the... wherever she will run, I think Quebeckers will
have a tough judgment on this way of doing things.
Journaliste :
Maïté?
M. St-Pierre
Plamondon :
Yes.
Journaliste :
You said Claire Samson.
M. St-Pierre
Plamondon :
Yes.
That's it : as in the case of Claire Samson. It's... It's the same pattern.
You don't win the by-election, so you go through such kind of strategy. But I'm
not sure people will appreciate not taking care and not asking people of
Rimouski : Are you satisfied with my work over the past four years? If you
don't do that, other people somewhere in Québec City, as far as I understand,
will have that judgment.
Le Modérateur :
...
Journaliste :
On Bill 21, the hearings have opened at
the Supreme Court. Do you think Quebeckers need to know the ruling before the
next election?
M. St-Pierre
Plamondon :
I
mean, in an ideal world, Quebeckers would have that information because it's a
debate that has lasted over 15 years. It's a law that was adopted
democratically by the National Assembly, in which case, if the Supreme Court is
to overrule that democratic process, and if the Supreme Court is to take away
the... «clause dérogatoire», in English?
Journaliste :
...
M. St-Pierre
Plamondon :
That's
it. I should know that. I didn't remember. If the Supreme Court is to take away
the notwithstanding clause from Québec, those are very important elements for
the future that should be known. Once that... Once it's said, the reality is
that only the Supreme Court will... can decide when they will disclose their
judgment. And we have no control over that.
(Fin à 11 h 45)