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Point de presse de M. Paul St-Pierre Plamondon, chef du troisième groupe d’opposition, et M. Pascal Bérubé, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de laïcité

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Tuesday, March 24, 2026, 10 h 20

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Dix heures dix-neuf minutes)

M. St-Pierre Plamondon : Bonjour, tout le monde. Ce matin, plusieurs sujets, mais je veux quand même parler de notre volonté, au Parti québécois, de s'attaquer à la question des coûts de construction gonflés au Québec. Ce n'est pas normal, qu'une école secondaire, lorsqu'on la construit, va coûter 175 millions, dans certains cas. Prenons l'exemple de l'école secondaire Louis-Philippe Paré, on est rendu à 470 millions de coûts, et des écoles comparables en Ontario se construisent pour 75 millions.

Donc, on vient de passer plusieurs jours à commenter le budget. Lorsqu'on constate que des hôpitaux, des routes, des projets de transport n'ont pas lieu, une grosse partie de l'explication, c'est que, par une... par projet, on paie beaucoup trop cher, de sorte qu'il n'y a plus de fonds rendu au prochain projet, qui est pourtant essentiel. Et là-dessus, le Parti québécois propose 10 mesures sur trois grands sujets : l'absence de concurrence dans le domaine de la construction, la surbureaucratisation et le nombre d'étapes administratives interminables, qui rend ça beaucoup plus compliqué au Québec qu'ailleurs, et le fait que le gouvernement du Québec, sous la CAQ, a été un donneur d'ouvrage inconstant qui change au gré du vent, de sorte que le risque est plus élevé, il n'y a pas assez de projets qui se matérialisent pour nourrir de la concurrence, nourrir plusieurs entreprises.

Donc, on a eu une détérioration de la concurrence et de l'environnement, de sorte qu'un appel d'offres en 2018, à l'arrivée de la CAQ, il y avait en moyenne 4,75 compagnies qui appliquaient pour l'appel d'offres. On est rendus à 2,65, en moyenne, ce qui veut dire que, vraiment, le marché est moins concurrentiel et la confiance n'est pas là. Ça explique, par exemple, que la Caisse de dépôt, lorsqu'elle obtient le même projet que le gouvernement du Québec, ça coûte beaucoup moins cher. Pourquoi? Parce que les joueurs, les acteurs du milieu savent que c'est plus sérieux, les délais sont moindres, c'est certain que ça va avoir lieu, alors que le gouvernement du Québec, c'est rendu que les acteurs du milieu se disent : On sait qu'ils vont changer d'idée tellement de fois qu'on va budgéter ces problèmes-là et ce risque-là au moment d'appliquer.

Donc, tout ça intervient dans ce cauchemar qu'est le PQI, qui est devenu un stationnement de projets qui ne se font pas. Et le Parti québécois prend ça très au sérieux. Donc, on lance une offensive avec ces 10 mesures là que nous mettrons en oeuvre dans l'éventualité d'un gouvernement du Parti québécois.

Journaliste : ...Blanchette Vézina, qui va passer chez les conservateurs, M. Bérubé, vous en pensez quoi?

M. Bérubé : J'étais à Rimouski dimanche dernier avec le chef du Parti québécois, d'ailleurs. Le résultat du Parti conservateur dans Rimouski, en 2022, c'est 4,75 % des voix. Ça, c'est le premier élément, aucune légitimité de représenter un parti qui était largement ignoré par la population de Rimouski. Rimouski ne doit rien à Éric Duhaime.

Deuxième élément. La députée a dit à plusieurs reprises qu'elle n'allait pas porter les couleurs d'une autre formation politique avant la fin de son mandat. C'était un engagement formel. Il est rompu.

Et, en terminant, on lui lance le défi suivant : de se présenter avec sa nouvelle bannière dans Rimouski face au Dr Yohann St-Pierre, notre candidat dans Rimouski. On a bien hâte de voir la population trancher quant aux valeurs, quant aux convictions, quant au programme.

Journaliste : ...des rumeurs qui courent sur la possibilité qu'elle change de circonscription.

M. Bérubé : C'est ce qu'on entend aussi. Nous... on lui lance le défi suivant : Vous avez été élue dans Rimouski, présentez-vous dans Rimouski, si vous êtes aussi sûre de vos convictions. Et nous, on est...

M. St-Pierre Plamondon : ...

M. Bérubé : Et du bilan, oui, Stablex, entre autres, et bien d'autres choses. Donc, on a la première candidature à annoncer officiellement dans Rimouski, je ne verrais pas pourquoi elle irait ailleurs. Elle a indiqué à plusieurs reprises qu'elle souhaitait que sa famille demeure à Rimouski, alors on a tous compris ça. Donc, qu'elle se présente dans la Rimouski, on est prêt à faire campagne. On avait une salle comble dimanche dernier. On a bien hâte.

Journaliste : Est-ce que, M. St-Pierre Plamondon, sur la loi 21... est-ce que la Cour suprême doit rendre sa décision avant l'élection d'octobre, vous pensez?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, évidemment que le pouvoir politique ne peut pas dicter aux tribunaux le moment d'un jugement. Mais, si on le prend sous l'angle de l'électeur, est-ce qu'on aurait intérêt à ce que l'électeur soit convenablement informé sur la possibilité d'enlever au Québec la clause dérogatoire ou la possibilité de ne pas respecter la loi votée dûment par l'Assemblée nationale sur la laïcité? Cette information-là, idéalement, serait disponible à l'électeur au moment de voter lors des élections. Mais, une fois que c'est dit, les tribunaux font ce qu'ils veulent au niveau du calendrier. Et les travaux de feu Frédéric Bastien démontrent qu'il y a des dimensions politiques dans ces décisions-là, parfois, des tribunaux. Donc, je ne me fais pas d'illusions non plus, là, tu sais. Je pense qu'on suit tous ceux avec intérêt, mais qu'on n'a aucun contrôle sur la date.

Journaliste : ...demande formelle, mais vous dites : Ce serait une bonne idée qu'on ait la décision avant...

M. St-Pierre Plamondon : Du point de vue de l'électeur, l'idéal serait que l'électeur soit informé convenablement. La réalité, c'est que non, je ne peux pas en faire la demande parce que c'est le pouvoir judiciaire. Et la réalité également, c'est que c'est un pouvoir judiciaire dans les hauts tribunaux de la... du système canadien. C'est que ce sont des tribunaux où vous ne trouverez pas d'indépendantistes et très, très peu ou pas de gens prolaïcité, là. C'est...

Journaliste : ...avant une campagne électorale, là, qu'est-ce que ça change que l'électeur au Québec soit... ait le résultat?

M. St-Pierre Plamondon : Ce que ça changerait si les résultats étaient connus des électeurs, c'est qu'un parti comme le Parti québécois, qui non seulement prône la laïcité depuis des années... Puis je pense que le débat a été fait, là, donc on a plus que parlé souvent de la laïcité. La compréhension que le régime canadien, dans son parlement comme dans ses tribunaux, parce que les nominations des juges proviennent du régime canadien et plus spécifiquement du Parti libéral du Canada... la compréhension que ces tribunaux-là ne respectent pas une loi démocratiquement adoptée dans le cadre d'un débat qui aura duré plus de 10 ans, c'est un rappel utile de l'avenir que le Canada nous réserve.

Et nous, le Parti québécois, évidemment, on est une formation indépendantiste, notamment pour ces raisons-là, à savoir que ce qu'on appelle l'État de droit au Canada, c'est un Parlement où est-ce qu'on a juste 20 % des sièges qui nomme des juges qui sont tous alignés. C'est comme René Lévesque disait, là, la tour de Pise penche toujours du même côté, donc ça devient un problème démocratique pour l'Assemblée nationale.

Journaliste : ...gens à vouloir voter pour la souveraineté du Québec. C'est... C'est ça, là.

M. St-Pierre Plamondon : Bien, je ne dis pas que ça pousse des gens, mais je dis : C'est quand même une information déterminante dans le bilan qu'on fait du caquisme qui a échoué à obtenir ses demandes au fédéral, mais dans l'avenir qu'on peut imaginer dans un Canada qui ne respecte pas nos décisions prises démocratiquement. Donc, ce n'est pas un détail. Idéalement, l'électeur aurait cette information-là. Est-ce que c'est ça qui va arriver? La vérité, c'est que personne n'a aucun contrôle sur l'agenda de la Cour suprême.

Journaliste : ...est-ce qu'un Québec indépendant respecterait les... la jurisprudence établie par la Cour suprême du Canada? Comme, par exemple, si une décision était rendue avant l'élection, quelle qu'elle soit, là, est-ce que ce serait respecté, un, par le Québec indépendant?

M. St-Pierre Plamondon :Bien, c'est-à-dire qu'un Québec indépendant va avoir une cour qui est par-dessus toutes les autres cours. Ça, ça va être d'ailleurs divulgué... ça fait partie du livre bleu. Et c'est à cette cour-là, ensuite, de décider de la jurisprudence qui va suivre. Donc, suivre ou non l'ancienne jurisprudence du... de la Cour suprême, ça va appartenir au pouvoir judiciaire dans un Québec indépendant. Ce qui va changer, c'est le cadre constitutionnel puis le cadre des lois. Donc, forcément, les tribunaux ne travailleront pas de la même manière, parce que le cadre juridique va évoluer sur d'autres choses qu'une Constitution de 1867 et une Constitution de 1982, rappelons-le, qu'on n'a jamais signée. Donc, c'est... c'est ça qui va être différent.

Journaliste : ...si un nouveau tribunal, une Cour suprême du Québec, par exemple, a des décisions à prendre en se fiant à une jurisprudence, bien, la jurisprudence, il faut qu'elle la prenne quelque part. Alors, est-ce que la jurisprudence canadienne, ce serait valable?

M. St-Pierre Plamondon :Ce serait une question qui va être déterminée par le pouvoir judiciaire. Le politique ne pourra pas dicter au pouvoir judiciaire, dans un Québec indépendant, quelle jurisprudence on prend ou on ne prend pas. Ça, c'est vraiment des questions juridiques qui vont leur appartenir.

Journaliste : Vous avez entendu Mark Carney... je ne sais pas si vous... Juste pour terminer là-dessus, là, je ne sais pas si vous avez entendu M. Carney, ce matin, qui participait à un événement religieux à Ottawa, le Petit déjeuner de la prière. Il a parlé du Québec en disant qu'on devait faire preuve de générosité institutionnelle.

M. St-Pierre Plamondon :Ça veut dire quoi, ça?

Journaliste : Bien, comment vous l'interprétez? Je veux dire, c'était ma question. Est-ce que vous pensez que c'est un message...

M. St-Pierre Plamondon :Non, mais le Québec devrait faire preuve de générosité institutionnelle?

Journaliste : Mais, pour vous, ça veut dire quoi?

Journaliste : Non, mais il dit : On doit... Il parlait du Québec puis il a dit : On doit faire preuve... rappelons-nous qu'on doit faire preuve de générosité institutionnelle. Donc, je vous demande, à vous, comment vous l'interprétez. Est-ce que vous pensez que c'est un message dans le cadre de la cause...

M. St-Pierre Plamondon :Bien, je vais... je vais me... je vais tenter... OK, je vais me prêter à l'exercice, mais on est ici dans de l'alchimie politique, là. Premièrement, merci de poser la question, parce que je veux noter que, lorsque Paul St-Pierre Plamondon, chef du mouvement indépendantiste... d'un parti indépendantiste d'importance, parle des postes de fonctionnaires au fédéral, on est dans un cirque médiatique où les propos de Paul St-Pierre Plamondon sont controversés, les gens déchirent leur chemise, comme au Parti libéral du Québec. Le lendemain matin, Mark Carney annonce, là, là, maintenant, 12 000 postes coupés dans la fonction publique. Silence radio. Donc, merci de relever ce que Mark Carney fait et de donner un traitement équivalent.

Ce qui pose la question : Qu'est-ce que ça veut dire, de la générosité institutionnelle, lorsqu'on est avec un groupe religieux et qu'on parle du Québec? Je vous dirais qu'on est devant deux conceptions complètement opposées de ce qu'est une société. Dans l'esprit de Mark Carney, le droit à la religion est vraiment important, même, plus important que les autres droits, de sorte que le religieux pourra toujours empiéter sur les institutions, sur les autres droits, et notamment sur les droits des gens qui sont laïques, ou ne croient pas en Dieu, ou ont une autre opinion, ce qui mène, de mon point de vue, à un modèle dysfonctionnel de rivalité entre du communautarisme religieux, des groupes de communautarisme religieux.

De l'autre côté, le Québec, qui pense l'inverse, dit : Nous, on voit la religion comme quelque chose de normal et sain, mais on va mettre des balises, sachant que les gens ne pensent pas la même chose, parce que ce qui nous intéresse au Québec, c'est la paix sociale, et non pas l'idéologie de valorisation à outrance de la religion. Et, dans quel cas, nous, au Québec, on va fixer des limites. Il y a des temples, il y a des religions différentes, il y a des gens qui ne croient pas, puis tout le monde est bienvenu, mais on se donne des règles communes pour que ça ne devienne pas un environnement conflictuel, ces questions religieuses là. Ça vient du catholicisme. Donc, les racines de la laïcité au Québec viennent du catholicisme. Ça ressort lorsqu'il y a des prières de rue liées à l'islam, ça ressort sur plein de sujets.

Mais ce qui découle de la déclaration, difficile à comprendre, de Mark Carney, c'est surtout qu'il y a deux univers, deux visions de société, entre celle du Canada et du Québec. Et, à la limite, si on était des bons voisins, c'est correct, on peut être en désaccord, mais ce n'est pas ça qui va se produire. Ce qui va se produire, c'est que le Parlement fédéral et les tribunaux fédéraux vont nous imposer leur modèle, à travers une interprétation toujours plus large du droit à l'égalité et du droit à la religion, et à travers, également, un mépris, qui a toujours été senti, envers la différence du Québec, en traitant ça de fascisme, de racisme, on le voit, là, c'est devenu dans... régulier dans le discours. Donc, ça prend beaucoup de...

Des voix : ...

Journaliste : ...mais pourquoi vous dites que, pour lui, le droit... J'aimerais... J'aimerais juste comprendre pourquoi le droit à la religion est plus important, selon vous, auprès de Mark Carney. Parce qu'il participait à un événement religieux, pour lui, le droit à la religion a plus d'importance?

M. St-Pierre Plamondon : Non, non, je parle de l'interprétation des tribunaux puis du Canada en général. Le droit à la religion, c'est une interprétation ultra généreuse qui ne laisse pas de place à la laïcité, comme si le droit à la religion l'emportait sur toutes les considérations de paix sociale et de vie collective. Les Québécois pensent l'inverse.

Journaliste : P-38, avez-vous un préjugé favorable...

M. St-Pierre Plamondon :P-38, oui, ça fait trois ans que le sujet existe. On a posé une question là-dessus et ça aurait dû bouger avant. C'est un drame qu'on aurait pu éviter et nous allons tout faire pour changer les critères. Il y a certains spécialistes qui en parlent depuis 10 ans, donc évidemment qu'il faut que ça bouge, ça aurait dû bouger avant.

Journaliste : La CAQ s'est traîné les pieds.

M. St-Pierre Plamondon : On a malheureusement pris beaucoup trop de temps sur un sujet qui était pourtant nommé par le ministre Carmant lui-même il y a trois ans, et ça a des conséquences, malheureusement.

Journaliste : ...sur P-38, M. St-Pierre Plamondon, est-ce qu'il y a un risque que ce ne soit pas adopté d'ici la fin de la session?

M. St-Pierre Plamondon :Bien, je n'ai pas d'information en ce sens-là. Je n'ai pas d'information en ce sens-là, là. De ce qu'on a compris, au contraire, ils voulaient procéder maintenant. Donc, nous autres, on va... on va collaborer et expédier, là évidemment.

Journaliste : Sur l'intelligence artificielle, il y a des chercheurs d'IVADO qui proposent un code de conduite aux partis politiques. Est-ce que le Parti québécois veut...

M. St-Pierre Plamondon : C'est qui qui propose ça?

Journaliste : Des chercheurs d'un institut montréalais IVADO, qui est en contact avec le Parti québécois notamment, qui propose de signer un code de conduite sur l'usage de l'intelligence artificielle.

M. St-Pierre Plamondon :Oui. Nous, on veut signer. On a dit qu'on voulait le signer, mais que notre condition, c'est que tous les partis majeurs s'engagent à le signer pour ne pas que ce soit une partie à armes inégales. Et c'est le Parti conservateur qui a dit qu'il ne voulait pas le signer. Et c'est là que le Parti québécois a dit : Un instant, nous, on est prêt à le signer. C'est consigné, là, c'est officiel. Mais si c'est pour être que trois ou quatre partis s'engagent à ne pas utiliser l'intelligence artificielle pendant qu'un autre parti table là-dessus pour faire des manœuvres douteuses, là, on a un problème de règle du jeu. Donc, c'est vraiment du côté du Parti conservateur du Québec que ça a bloqué. Nous, on a indiqué qu'on voulait le signer si tout le monde était là.

Journaliste : Par exemple, là, cet été, vous avez diffusé une photo d'Éric Duhaime qui serrait la main de Donald Trump, etc., là. Ça, c'est... ce n'était pas une publicité du Parti québécois?

M. St-Pierre Plamondon :Bien, laissez-moi vérifier, là, mais Éric Duhaime en fait à tous les jours de ça, mais Éric Duhaime en fait tous les jours, là. Moi puis François Legault qui se donnent la main sur la page du Parti conservateur, il y en a une fois par deux jours, là.

Journaliste : Est-ce qu'il faudrait les identifier, ce genre de publicité là? On fait des montages qu'il faudrait identifier que ce n'est pas vrai?

M. St-Pierre Plamondon :Ça pourrait être ça. Il y a beaucoup d'espace. Il ne faut pas limiter la liberté d'expression, mais on pourrait obliger d'identifier lorsque c'est de l'intelligence artificielle, on pourrait obliger d'identifier lorsque c'est un montage qui n'est pas vrai. Même chose pour les extraits vidéo. On a vu ce que Charles Milliard et André Fortin ont fait avec mon entrevue d'une heure avec Sébastien Bovet. Ils prennent des clips, ils enlèvent les bouts, puis là, ils raboutent. Finalement, on se retrouve avec un extrait qui est absolument tronqué, qui ne représente pas ce que j'ai dit. On pourrait se pencher là-dessus aussi, c'est-à-dire c'est correct d'utiliser des extraits de son adversaire pour dire : Je ne suis pas d'accord, mais est-ce qu'on a le droit de manipuler et tronquer l'extrait pour mésinformer la population? Ça pourrait aussi être...

Journaliste : Sur votre annonce concernant la construction, je veux juste y revenir pour être certain. Est-ce que ça veut dire qu'avec le Parti québécois, c'est la fin des belles écoles, il n'y aura plus de bois, de grandes fenêtres, d'espace, un peu comme le lab-école avait... était supposé mettre de l'avant? Mais est-ce que c'est la fin de ça?

M. St-Pierre Plamondon :Non, parce que ce dont il est question, c'est la même école en Ontario puis au Québec, puis il y en a une qui coûte 75 millions, puis l'autre coûte 175 millions. Donc, le sujet ici, ce n'est pas de baisser les standards pour essayer de faire baisser les prix, mais se poser la question : Pourquoi, lorsque les deux projets sont très, très similaires, il y en a un qui coûte deux fois et demie le prix de ce qu'on a construit en Ontario? Et c'est là qu'on embarque dans non pas le choix des matériaux, mais plutôt l'absence de concurrence puis le processus d'appel d'offres lui-même, le fait que le gouvernement du Québec change d'idée tellement souvent que l'industrie n'a plus d'intérêt ou n'a plus confiance, et le fait que le nombre d'étapes bureaucratiques puis la paperasse est trop lourde puis que ça finit par paraître dans le coût des projets. Rien à voir avec le choix qualitatif des matériaux ou du projet lui-même, parce qu'on prend des comparables lorsqu'on regarde avec l'Ontario.

Journaliste : ...comme ça ça coûte toujours un peu plus cher, là. Est-ce que c'est la fin de ça?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, on peut regarder les possibilités de standardisation comme on voit ailleurs dans le monde. Donc, est-ce qu'on est obligé de faire un nouveau plan à chaque projet où il y a des économies là-dedans, mais de la même manière qu'on veut impliquer les entrepreneurs sur... lorsque le projet est avancé, des manières de réduire les coûts? Par exemple, est-ce qu'un tel système de chauffage serait un peu moins cher et plus efficace qu'un autre, etc.? On veut qu'il y ait au moins une discussion sur l'objectif commun d'arriver au meilleur rapport qualité prix. Parce qu'en ce moment, le contribuable québécois, non seulement il n'y en a pas pour son argent, mais il se fait avoir sur toute la ligne quand on compare le prix de nos projets avec ceux de nos comparables.

Journaliste : ...la loi n° 21, vous avez vu, il y a un sondage ce matin. Clairement, les familles, les parents québécois qui attendent un enfant ou qui ont un enfant en garderie ou en CPE, ils n'en ont rien à battre, de la loi n° 21, les signes religieux dans les CPE, dans les garderies privées. Pour eux, là, ce qu'ils veulent, c'est du service, qu'ils aient un voile ou non, ce n'est pas important.

M. Bérubé : On est d'accord avec eux, mais ça parle plus de l'impatience d'avoir des places, quelles que soient les personnes qui soient là, c'est beaucoup ça qui est en jeu. Ce sera notre réponse là-dessus. Il y a de l'attente partout. Les parents ne veulent pas qu'ils... passent à côté d'une chance, alors c'est pour ça que les autres enjeux ne les intéressent pas. L'enjeu qui les intéresse beaucoup, c'est d'avoir accès à des places pour leurs enfants.

Journaliste : ...parti est le seul à avoir...

M. Bérubé : Non, le Parti libéral aussi.

Journaliste : Pourquoi votre parti est le seul à avoir bloqué le projet d'Élections Québec pour faciliter le vote des personnes itinérantes?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, c'est des projets pilotes. On nous a fourni un certain nombre de projets pilotes, puis il y en a un certain nombre pour lesquels on a dit : Dans cet état-là, on ne le prend pas, on le reconsidère la prochaine fois, toujours sur la même base : c'est les risques sur l'intégrité du vote. Que ce soit le vote électronique ou ce projet-là, il y a, de notre point de vue, des failles qui ouvrent la porte à de la fraude électorale. Et la base, pour nous, d'élections du DGE, son mandat, c'est d'assurer l'intégrité irréprochable du processus électoral. Parce que lorsqu'il y a des scandales, c'est arrivé à Gaspé une fois, là, tu sais, il y avait une boîte qui avait été volée, là, c'est la confiance du public qui s'effondre. Mais on ne ferme pas la porte à un projet qui serait... qui donnerait des garanties puis qui permettrait un vote plus haut à... par exemple, pour les personnes itinérantes.

Simplement, aussi, il faut se poser la question, est-ce que c'est... Moi, je pense que le rôle du DGE, c'est de rendre le vote accessible.

Journaliste : ...

M. St-Pierre Plamondon : Oui, mais ce n'est pas la même chose que faire de la sortie de votes. Donc, si des tiers vont auprès de certains groupes et disent : Va voter, là, on tombe dans des questions qu'il faut prendre avec beaucoup de sérieux, parce que la sortie de votes, c'est de dire aux gens : Va voter, puis ce n'est même pas quelqu'un du DGE qui le fait. Donc là, on ouvre la porte à des possibilités qu'il faut considérer, à mon avis, avec plus de sérieux, mais notre porte n'est pas fermée sur ces projets pilotes là, simplement, on a des exigences sur s'assurer que ça ne dérape pas en des problèmes électoraux.

M. Bérubé : ...compléter, le genre de mesures où on avait toutes les réponses, qui étaient proposées par le Parti québécois... le vote sur les campus, j'en étais le promoteur, c'est devenu maintenant une réalité. Ça fonctionne très bien parce qu'on est capables de s'assurer de l'adresse de quelqu'un qui est à l'extérieur et qui vote dans son comté d'origine ou l'inverse. C'est très, très clair, tous les critères étaient là, puis on avait dit oui, et les autres partis nous ont suivis par après. Il y en a qui étaient contre. Donc, quand on a tous les éléments, toutes les réponses, habituellement, on est capables de donner un accord.

Journaliste : Qu'est-ce que vous avez pensé du... excusez-moi, du message du PDG d'Air Canada? Je me dis que vous devez avoir... que vous avez quelque chose à dire là-dessus.

M. Bérubé : Je viens de faire une entrevue là-dessus. Écoutez, il a dit : «bonjour» puis il a dit «merci». Entre les deux, il n'a pas parlé français. Il devait apprendre le français, c'est ce que Mme Déry, à l'époque, qui était sa responsable des communications, nous disait. Ce n'est pas le cas. Ça manque de sensibilité. Il y a des victimes originaires du Québec. La moindre des choses... même lire un texte en français. Bien, c'est une occasion manquée. Ça montre que, pour des personnes qui ont des postes d'importance, que ce soit le PDG d'Air Canada ou la gouverneure générale du Canada, ce n'est pas un enjeu important. On peut vivre au Québec, au Canada, à Montréal en anglais. Et tirez-en des conclusions. Donc, ce n'est pas le bon message qui est envoyé. Et, pour une entreprise comme Air Canada, je pense qu'il y a... il y avait d'autres choix qu'on pouvait faire que quelqu'un qui est unilingue anglais, de un, et qui décide de le demeurer aussi.

Le Modérateur : On va passer en anglais.

Journaliste : Maïté Blanchette Vézina, she was already close to Éric Duhaime. So, she's basically… you know, she goes to the next step, wearing the colors of…

M. Bérubé : Not the electors. She's the only one in Rimouski who is close to Éric Duhaime, no one else.

Journaliste : Are you sure about that?

M. Bérubé : Pretty sure. Last election, the score was for 4.75%. There's no Duhaime mania in Rimouski, I can tell you, it is the riding next to mine. So, there's a main problem because they elect a CAQ deputy. Then, she decides to be independent, OK, and she swears that she's not going to put any other jersey until the end of the mandate. She's going to tell you in a few minutes that she's going to wear the PCQ jersey. So, this... this is a lie. So, we don't... we don't have any relationship with Éric Duhaime, and I think it's a twist of democracy. Nobody vote more than 5% for Éric Duhaime and the PCQ, and it's a bad thing for electors, because since now, she's going to work to be elected in another area instead of taking care of the people in Rimouski. I know that because people call my office to be taking charge when they have a problem now... call to her office anymore.

Journaliste : But she's still in Rimouski...

M. Bérubé : She's pretty much all around with Éric Duhaime. She was in the theater with Éric Duhaime last week.

Journaliste : OK, so she's spending too much time touring around with Éric Duhaime, now that she's part of her... of his team?

M. Bérubé : I don't know. You're invited to the wedding, in a few minutes. Ask any... any question you want.

M. St-Pierre Plamondon : It's too tempting for me not to add something. There is this trend right now to say that it's such a good thing to have people switch party and riding, and I'm sorry, but as Pascal Bérubé just mentioned, if the Conservative Party just had 4.7% of the votes in Rimouski, and if you swore to the people of Rimouski that you would serve them for four years, on top of that, you said that you would remain independent until the end, there's a minimum of coherence and decency that should be exercised by elected members of Parliament. And, as in the case of Claire Samson, I think the... wherever she will run, I think Quebeckers will have a tough judgment on this way of doing things.

Journaliste : Maïté?

M. St-Pierre Plamondon : Yes.

Journaliste : You said Claire Samson.

M. St-Pierre Plamondon : Yes. That's it : as in the case of Claire Samson. It's... It's the same pattern. You don't win the by-election, so you go through such kind of strategy. But I'm not sure people will appreciate not taking care and not asking people of Rimouski : Are you satisfied with my work over the past four years? If you don't do that, other people somewhere in Québec City, as far as I understand, will have that judgment.

Le Modérateur : ...

Journaliste : On Bill 21, the hearings have opened at the Supreme Court. Do you think Quebeckers need to know the ruling before the next election?

M. St-Pierre Plamondon : I mean, in an ideal world, Quebeckers would have that information because it's a debate that has lasted over 15 years. It's a law that was adopted democratically by the National Assembly, in which case, if the Supreme Court is to overrule that democratic process, and if the Supreme Court is to take away the... «clause dérogatoire», in English?

Journaliste : ...

M. St-Pierre Plamondon : That's it. I should know that. I didn't remember. If the Supreme Court is to take away the notwithstanding clause from Québec, those are very important elements for the future that should be known. Once that... Once it's said, the reality is that only the Supreme Court will... can decide when they will disclose their judgment. And we have no control over that.

(Fin à 11 h 45)