Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Huit heures vingt et une minutes)
M. Paradis : Bonjour à toutes
et à tous. Hier, de manière formelle et solennelle, les premiers ministres du
Québec, de l'Ontario, de la Saskatchewan et de l'Alberta, représentant ensemble
une très grande partie de la population du Canada, font une demande au
gouvernement fédéral pour avoir plus de pouvoir sur la nomination des juges. C'est
une demande qui est au cœur du programme nationaliste de la Coalition avenir
Québec depuis le début parce que le ministre de la Justice et la CAQ
comprennent très bien que c'est un... c'est un outil, c'est un levier
essentiel.
Même pas 24 heures après l'envoi de
cette lettre, un refus. C'est refusé. C'est rejeté du revers de la main par le
ministre de la Justice du Canada. Et alors que le ministre Simon
Jolin-Barrette, l'année passée, disait que, là, il avait utilisé une nouvelle
stratégie ingénieuse en utilisant le renvoi sur la sécession, l'obligation de
négocier de bonne foi, une autre méthode, une autre belle communication de la CAQ,
mais les mêmes résultats, la réponse, c'est non. Comme aux 21 demandes que
contient ce programme pour les nationalistes québécois qui croient encore à la
troisième voie, il n'y en a aucune, de ces demandes, de ces 21 demandes,
qui a fonctionné, et surtout pas pour les juges.
Alors, que ce soient des nouvelles... Il y
a eu une motion unanime de l'Assemblée nationale là-dessus, là. On a tous voté
pour demander ça formellement au gouvernement fédéral, rien n'y fait. Donc, des
lettres, des motions, ça ne change rien, à peu près 80 % de la population,
je le redis, qui est représentée par ces premiers ministres là, qui se font
dire non, qui se font fermer la porte au nez.
Et là, actuellement, bien, il reste
seulement Charles Milliard et le Parti libéral du Canada qui... bien,
excusez-moi le lapsus, le Parti libéral du Québec qui croient encore à la
possibilité de réformer le fédéralisme. Ça ne fonctionne pas. Et ça illustre l'arrogance
du gouvernement fédéral, le dysfonctionnement de ce régime fédéral, dont il
faut sortir le plus rapidement possible.
Et, là-dessus, je passe la parole à mon
collègue.
M. Boissonneault : Bonjour.
Parce qu'effectivement, là, on a une situation par rapport aux demandes du
Québec qui sont refusées, balayées comme ça du revers de la main. Puis on a eu
deux incidents aussi, dans les derniers jours, qui montrent la place qu'on
accorde au fait français puis à la réalité québécoise dans ce gouvernement-là,
le gouvernement de Mark Carney. Et, dans la fédération, plus généralement, on
pense évidemment à Michael Rousseau, PDG d'Air Canada, qui, à un moment où les
Québécois se seraient attendus à avoir... à ce qu'on leur parle dans leur
langue, c'est un moment difficile qu'on a traversé collectivement, c'est...
c'est un message qu'on attendait. Puis les Québécois auraient apprécié que le
PDG d'Air Canada s'adresse à eux dans leur langue. Ce n'est pas ce qui est
arrivé. Vous connaissez l'histoire. Un message avec un bonjour puis un merci,
une traduction en français en bas. Puis ça, c'est un témoignage fort d'où on se
trouve avec M. Rousseau, qui, visiblement, ne veut non seulement pas apprendre
le français, mais ne veut pas le parler non plus.
Et là on apprend, dans un reportage de
Radio-Canada, qu'il n'y a personne, il n'y a aucun rédacteur de discours dans
l'entourage de Mark Carney qui est francophone. Ça, ça en dit long aussi sur la
place, dans ce gouvernement-là, des Québécois, du fait français, ce qu'on
envoie comme message sur la sensibilité qu'on peut avoir à notre réalité culturelle.
Là, on comprend que le premier ministre du Canada rédige ses discours en
anglais ou qu'on rédige pour lui des discours en anglais. Puis, après ça, on se
tourne vers des logiciels de traduction ou on demande à la traduction
officielle pour... pour avoir une version française, mais évidemment, cette
sensibilité-là que le gouvernement devrait avoir par rapport à la réalité
québécoise, la réalité culturelle des francophones, bien, on ne l'a pas, on le
comprend très bien. On a vu ce que ça a donné, par exemple, sur les plaines
d'Abraham, avec le révisionnisme historique qu'on a vu dans son discours. C'est
un autre symptôme du régime colonial dans lequel on se trouve. On en a déjà
parlé. Puis rappelons qu'il y a une gouverneure générale qui a été nommée par
un gouvernement libéral qui ne parle pas français non plus. Alors, c'est un
autre témoignage. J'espère que les Québécois en prendront acte. On continue à
tenir le fort à ce niveau-là.
Journaliste
: Est-ce
que Michael Rousseau peut demeurer à la tête d'Air Canada dans ces
conditions-là? Parce qu'il y a cinq ans, en pleine pandémie, à l'époque,
Michael Rousseau s'était présenté devant la Chambre de commerce, avait fait un
discours exclusivement en anglais, qui avait été dénoncé par tout le monde. Il avait
promis qu'il apprendrait le français, et visiblement il n'a pas retenu un seul
mot de ce qu'on lui a enseigné depuis ce temps-là. Est-ce qu'il peut continuer
à être président d'Air Canada?
M. Boissonneault : Là, on
constate que M. Rousseau n'est pas intéressé par le français. Il n'est pas
intéressé à apprendre le français, il n'est pas intéressé à parler français,
alors qu'il occupe une position qui est importante dans une entreprise qui
touche beaucoup de Québécois puis qui paient en bonne partie son salaire. C'est
une compagnie privée. On va leur laisser gérer leurs affaires. Mais moi, ce que
je veux, c'est que les Québécois prennent acte avec des obligations, mais moi,
je veux que la société, les Québécois prennent acte du fait qu'on a comme ça
quelqu'un, PDG d'Air Canada, qui nous envoie un message comme celui-là, alors
qu'il y a cinq ans, ça avait été très clair, on lui avait demandé de rectifier
le tir. Il s'était engagé à le faire. Puis moi, je... Moi, je pense que c'est
un homme intelligent, là, je ne dirais pas le contraire. Donc, c'est possible
pour un homme comme ça d'apprendre le français en cinq ans, ou en tout cas
suffisamment pour pouvoir s'adresser, dans un moment où on traverse un moment
difficile comme ça, de s'adresser en français à la population qui est touchée,
là, aux Québécois.
Journaliste
: Parce
que, je veux dire, ce n'est pas comme s'il n'avait pas les moyens de prendre
des cours. Est-ce qu'il fait exprès?
M. Boissonneault : Je ne vais
pas présumer de mauvaise foi.
Journaliste
: ...dit,
tu sais, c'est un homme intelligent, donc est-ce qu'il... est-ce qu'il fait
exprès?
M. Boissonneault : Bien, il
fait exprès en ce sens que... je ne vais pas présumer s'il fait exprès ou pas,
mais visiblement ça ne l'intéresse pas. Visiblement, il ne prend pas... Il ne
priorise pas. Il n'en fait pas une priorité. Il ne se... il ne s'affaire pas à
apprendre... à apprendre le français. Donc, ça, c'est son choix, ça lui
appartient. Nous, maintenant, on doit faire le constat de ce que ça implique,
de ce que ça veut dire puis de ce que ça envoie comme message aux Québécois et
aux Québécoises.
Journaliste
:
...justement qu'il faut... il faut faire un constat par rapport à ça. Admettons
que les Québécois font ce constat-là, choisissent l'indépendance du Québec,
qu'est-ce que ça changerait? Est-ce qu'on aurait un avionneur québécois qui
offrirait des services en français, ou on aurait un PDG d'une entreprise qui
parle en français?
M. Boissonneault : Bien, en
tout cas, le message serait très clair qu'avec un... dans un Québec
indépendant, ça se passe en français au Québec puis que des organisations comme
ça qui sont portées par les Québécois qui... qui travaillent avec nous, qui ont
leur siège social à Montréal... C'est comme quand on est au Danemark, là, hein,
quand on est au Danemark, on s'attend à ce que les gens parlent danois,
puissent s'adresser à la population locale dans leur langue. C'est la même
réalité pour tous les pays du monde. Donc, ce serait la même chose pour le
Québec, mais dans le contexte actuel, il faut bien prendre acte du message que
ça envoie.
Journaliste
: ...est-ce
qu'un Québec souverain pourrait forcer, justement, les gens qui sont à la tête
d'entreprises comme ça, qui ont leur siège social à Montréal, comme vous
disiez, à parler français?
M. Boissonneault : Le
gouvernement doit prêcher par l'exemple. Et là on a un gouvernement à Ottawa
qui ne le fait pas. Il n'y a personne dans l'entourage de Mark Carney qui peut
le conseiller sur ce qui se passe au Québec dans... en termes... pour ce qui
est des discours, qui peut avoir cette sensibilité-là. Il y a une gouverneure générale,
représentante de la Couronne, qui a été nommée, qui est incapable de parler en
français. Il y a le PDG d'Air Canada qui, en cinq ans, n'a même pas fait les
efforts minimaux pour pouvoir envoyer un message comme ça en français. Écoutez,
là, on sait très bien qu'il aurait pu... il aurait pu avoir un téléprompteur,
il aurait pu avoir... Ce n'eût pas... Ce n'eût pas été difficile, là, d'envoyer
un message dans leur langue aux gens qui sont touchés par la situation horrible
qui s'est passée. Donc...
Journaliste : ...à la
question de ma collègue. Elle demande : Est-ce qu'un Québec indépendant
demanderait aux présidents d'entreprises qui ont un siège social à Montréal,
mais des grandes multinationales internationales, de parler français?
M. Boissonneault : Je ne
pense pas qu'on aurait à le faire. Est-ce que le Danemark demande formellement
aux gens de parler le danois? Je ne sais pas, peut-être. On n'est pas rendus
là, là. Moi, je pense sincèrement que, s'il y avait un Québec indépendant, où
ce serait très bien compris qu'ici ça se passe en français, c'est la langue des
gens, comme n'importe quel autre pays, il n'y aurait pas un besoin comme ça de
dire aux gens : Écoutez, ce serait peut-être bien de vous exprimer
minimalement dans la langue des... de la population que vous représentez.
Journaliste : ...vous ne
voulez pas vous prononcer sur le fait que Michael Rousseau... s'il est à sa
place ou non parce que c'est une entreprise privée. C'est quoi, vos attentes
maintenant envers le gouvernement fédéral? Parce que, là, il va aller
s'expliquer à Ottawa. Le comité ou la commission des langues officielles a reçu
près d'une centaine de plaintes, je pense, en l'espace de 24 heures. C'est
quoi, vos attentes pour la suite dans ce cas-ci? Vous demandez quoi?
M. Boissonneault : Écoutez,
il y a cinq ans, on a joué dans ce film-là. Il y a cinq ans, le message
était... il avait été passé clairement à M. Rousseau, qu'il apprenne le
français. Donc, moi, j'attends de voir ce que le gouvernement fédéral... Je ne
vais pas leur dire quoi faire. Puis, comme je le dis, c'est... il y a une
entreprise privée qui a des responsabilités particulières... des
responsabilités particulières, Air Canada. Moi, ce que je veux : je veux
m'assurer que le gouvernement actuel prenne acte de ce qui est en train de se
passer, du fait qu'il a eu cinq ans pour apprendre le français, qu'il ne l'a
pas fait. Donc, visiblement, ça lui importe peu. Donc, je m'attends à un état
d'esprit comme celui-là à Ottawa pour lui poser des questions puis voir ce
qu'il va se passer par la suite, mais on va juger l'arbre à ses fruits dans la
réaction du gouvernement fédéral.
Journaliste : Mais, soyons
clairs, un Québec souverain ne forcerait pas les PDG d'entreprises sur son
territoire à parler français?
M. Boissonneault : Je ne
pense pas qu'un Québec souverain aurait besoin de forcer qui que ce soit à
parler dans la langue de la population du pays, comme ça se fait...
Journaliste
: ...
M. Boissonneault : Ça se
ferait comme ça se fait au Danemark, en Suède, en Autriche, dans tout pays qui
a un... qui a une... d'une taille similaire au Québec, où il est bien compris
que la langue nationale, c'est le danois, le suédois ou l'allemand.
Journaliste : ...un
transporteur aérien? Est-ce qu'il y aura un transporteur aérien du Québec?
Parce que, je veux dire, Air Canada, si le Québec est indépendant, ils n'ont
plus de comptes à rendre au Québec, là.
M. Boissonneault : Non, là,
on s'avance un peu trop. Je pense qu'on va se le garder en réserve, celui-là.
Journaliste
: ...
M. Boissonneault : Il y avait
Québecair, effectivement. Mais juste... juste pour vous donner une idée, est-ce
que ce... est-ce que vous auriez pu imaginer un message comme celui-là... parce
que Pascal a soulevé un point intéressant, est-ce qu'on aurait pu imaginer un
message comme celui-là au Danemark, où il y aurait eu seulement un bonjour puis
un merci en danois? Je pense que poser la question, c'est y répondre.
Journaliste : Can we jump in
English?
Journaliste
: Non, non,
non.
Journaliste
: En
danois.
Des voix : …
Journaliste : D'habitude,
l'Assemblée nationale prend souvent des positions en matière de conflits
internationaux, il y a eu la Palestine, et tout, et, sur l'Iran, étrangement,
il n'y a pas eu de position commune de l'Assemblée nationale. C'est quand même
un conflit actuellement qui embrase tout le Moyen-Orient, qui a des
conséquences même au Québec. Même si une motion n'a pas tant d'effet que ça,
là... mais est-ce que... est-ce qu'il y a eu des discussions entre les partis
ou...
M. Paradis : Est-ce qu'il y a
eu des discussions entre les partis? Je ne pense pas. Nous, en tout cas, au
Parti québécois... moi, je me suis prononcé sur les médias sociaux, on en a
parlé dans les médias, je pense que d'autres partis politiques peuvent avoir
été appelés à le faire, mais je commencerais par donner la réponse fondamentale
à votre question. C'est qu'alors qu'on voit qu'aujourd'hui tout ce qui se passe
à l'échelle internationale a un impact profond sur la vie quotidienne des
Québécoises et des Québécois, ici, par exemple, on parle du conflit en Iran,
qui a entraîné le blocage du détroit d'Ormuz, qui a des conséquences, donc, sur
le prix à la pompe que les Québécois paient à tous les jours, le prix de
l'essence, nous n'avons aucune emprise actuellement et aucune voix à l'échelle
internationale, parce que nous n'avons pas notre propre diplomatie. Nous ne
sommes pas aux Nations unies, nous ne sommes pas dans les instances où on
discute de ces questions-là actuellement. Et, comme l'a si bien dit le premier
ministre du Canada, Mark Carney, quand on n'est pas à la table, on est au menu.
Le Québec et les Québécois doivent
réaliser à quel point c'est important, l'indépendance du Québec, plus que
jamais, pour défendre nos intérêts et avoir une voix à l'échelle internationale,
que, quand l'Assemblée nationale veut se prononcer sur des questions comme
celle-là, elle puisse le faire, qu'elle puisse s'asseoir comme les pays dont on
parlait tout à l'heure, le Danemark, la Suède, la Finlande, d'autres qui ont
une diplomatie importante, donc qui gèrent leur commerce international, qui
gèrent leur diplomatie, qui participent aux discussions sur ces enjeux
importants, qui ont un impact sur la vie quotidienne des Québécois. C'est ça,
la vraie question.
Alors, oui, l'Assemblée nationale devrait
en parler encore plus et, oui, l'Assemblée nationale devrait être maître de ce
qu'elle décide, et notre gouvernement devrait être maître de ce qu'il décide
pour défendre les intérêts des Québécois à l'échelle internationale.
Journaliste
: ...santé
publique de Montréal a constaté une hausse de la violence, notamment envers les
jeunes filles à l'école. Je ne sais pas si c'est quelque chose que vous
constatez, que vous... dont vous avez entendu parler.
M. Paradis : C'est... Oui,
C'est très préoccupant, cette enquête dont on apprend les détails aujourd'hui.
Il se trouve que notre collègue Pascal Bérubé a fait une sortie sur la violence
dans les écoles la semaine dernière, une sortie qui a été remarquée. Et
moi-même, j'ai fait des sorties, plusieurs sorties sur le rôle des médias
sociaux, donc, dans la vie de nos enfants. Donc, le Parti québécois, vous
voyez, est sur les préoccupations quotidiennes des Québécois et sur les enjeux
de société qui sont parmi les plus importants.
Donc, sur la sécurité, sur la violence
dans les écoles, on a dit : Bien, c'est le temps de faire une enquête
nationale sur la question parce que ça fait 10 ans qu'on n'a pas fait un
portrait de ce qui se passe dans nos écoles. Les professeurs nous en parlent,
les employés de soutien nous en parlent, les parents nous en parlent. Et,
maintenant, on a une enquête qui, en partie, nous dévoile l'ampleur du
phénomène actuellement.
On pense qu'il faut élargir la discussion.
Elle est déjà assez élargie, mais il faut considérer que ce n'est pas seulement
l'école qui est chargée de s'occuper de ce phénomène-là, mais c'est la
communauté, c'est les organisations de la société civile, c'est la police,
c'est le gouvernement, ce sont les experts. Donc, il faut vraiment que toute la
communauté soit mobilisée autour de cet enjeu-là.
Et on a proposé aussi de revoir toute la
question des sanctions qui sont imposées aux fautifs, donc, qui se rendent
coupables de cette violence-là, qui peut être, donc, physique mais qui est aussi
beaucoup en ligne.
Donc, je reviens à ce que je disais au
départ. Dans l'enquête de ce matin, on souligne à quel point, souvent, le point
d'origine va être là ou ça va se passer là, donc de l'intimidation en ligne, de
l'intimidation sur les réseaux sociaux, des menaces très claires. Le parti qui
a été le plus actif sur la question des écrans depuis des années, c'est le
Parti québécois, et on va continuer à l'être.
Journaliste
: ...sur
l'avortement en région, vous avez vu le reportage, là, de Radio-Canada comme
quoi, après 10 semaines, là, certaines femmes doivent aller jusqu'à
Montréal pour se faire avorter. Cette disparité-là de services pour les femmes
en région, là, est-ce que vous considérez ça acceptable?
M. Paradis : Non, non, ce
n'est pas acceptable. Quelle... Quelle triste histoire! Puis, évidemment, nos
pensées vont avec la dame et son conjoint, là, qui ont dû faire ce voyage de
900 kilomètres pour avoir des services d'avortement.
On a parlé de ça dernièrement aussi, parce
que la solution qui était proposée par le gouvernement, c'était de tenter de
constitutionnaliser le droit à l'avortement, et ça, ça suivait une tentative,
il y a l'année passée ou il y a deux ans, de la ministre Biron de légiférer.
Les experts se sont prononcés. Vous savez que nous, on s'est prononcés, on
trouvait que c'était une mauvaise idée de faire ça parce que ça fait partie des
soins qui sont déjà protégés et auxquels les Québécoises et les Québécois
doivent avoir accès.
Il faut l'améliorer en région. Là, on a un
problème en région, donc il faut travailler pour l'accès aux services en
région. Il faut aussi se dire que la pilule abortive n'est pas la seule
solution, parce qu'ici, dans le cas qui nous occupe, ce n'était pas la
solution. Donc là, il fallait avoir accès à un service essentiel d'avortement.
Et il faut faire le lien avec ce qui est en train de se passer avec les
fermetures des cliniques d'obstétrique et la diminution, donc, de
l'accessibilité des services de suivi de grossesse. Tout ça, c'est lié.
Et le gouvernement n'a pas travaillé
là-dessus et a plutôt mis le feu à la maison, là, avec les médecins, puis dans
le domaine de la santé, puis Santé Québec. Ce n'était pas ça, les priorités des
Québécois, c'était d'améliorer les services, comme l'accès à l'avortement en
région.
Le Modérateur
: On va
passer en anglais.
Journaliste :
On Mr. Rousseau, what should be done, I
mean, now that we've said that it was unacceptable? But at the same time, some
people would say on social media that it's not the time to debate about this,
the French language, because it's a tragedy. So, what should be done once you
said that that was unacceptable? What's the next step?
M.
Boissonneault :
I think that it is sad, actually, that people noted the lack of
consideration for the French people in Québec in that message. Because it's a
sad moment, and we would have expected, at that moment...
Journaliste :
...it's not a good timing to discuss
about this.
M.
Boissonneault :
Yes, absolutely. But we're not the one who brought that news either.
Some people noted that, after five years, he didn't care to learn enough
French to... at the moment, so important, that people would have expected him
to speak in their language at that moment, that he couldn't do it. We were not
expecting that. And I think it's sad because obviously the most important thing
here is what happened in New York and the message that was sent.
However, we cannot, we
cannot bypass or forget what is happening. Starting a message that was so
important with a «bonjour» and ending up with a «merci» as the only care that
we have to speak in the language of the people in Québec, in their language, is
unacceptable, frankly. But it's a testimony of his desire to learn French, the
effort that is really to made in doing so, considering what we've seen five
years ago. He would have had time to do it. So, what we see there is a
testimony of the preoccupation people have for French language, Québec culture
in Canada, in this situation. We have other preoccupations. We've seen
Radio-Canada show this morning that there is nobody writing Mr. Carney's
speeches that speaks French, that are aware of that sensitivity in Québec, of
our cultural reality. That all goes together in our... the place of Québec in
Canada, in the place of French in Canada.
Journaliste :
...the team tried, Carney's team
tried... they've been trying for weeks to recruit a person, so, at least, there
was some effort.
M.
Boissonneault :
I've heard that before in the 60s, 70s, saying : We've been
trying to find a competent French Canadian to do the work, but we couldn't. I'm
sure there are some good French-speaking people who can help Mr. Carney writing
his speeches.
Journaliste :
And why people at home should care? Why
people at home should care about the fact that there is no francophone in the
team for Carney?
M.
Boissonneault :
Because it shows... actually, it's a testimony of the importance Mr.
Carney gives to Québec and the French reality in Canada. Because, obviously,
the fact that you have... that you always turn to official translation for your
speeches not only is a problem per se, but the people who write the speeches
actually bring a cultural sensitivity to the reality of Québec and the reality
of... of the French people in Canada. We don't have that sensitivity. We see
what happens in the plaines d'Abraham. That, surely, has something to do with
the fact that, in the entourage of Mr. Carney, nobody can bring up those
cultural aspects that are important for Québec and for the French people.
Journaliste :
And then, you said that it's too soon
to say, if... if there is an independent Québec, if you would make the heads of
companies speak French. But, clearly, it's been five years, Air Canada hasn't
changed their head. Do you fear that companies... if that becomes, you know, a
mandatory requirement, companies will leave Québec?
M.
Boissonneault :
We... I'm sorry, can you repeat that... that last part?
Journaliste :
Do you fear that, if... if it's a
mandatory thing for companies like Air Canada to have their heads speak
French... clearly, they haven't changed with Michael Rousseau in the past five
years... do you think they will just end up leaving Québec for other provinces?
M.
Boissonneault :
I think that it's not a question of being mandatory or not. We... we
have 8 million people speaking in French in Québec. French-speaking people
in Canada are the fifth, almost the fourth of the population. It should be
normal to expect to have someone in that position, with a company like Air
Canada... it's not all companies, Air Canada has specific rules to manage
itself... we should have that sensitivity in someone... with someone in that position.
We should have to... we shouldn't even have to force it or to push like we've
been pushing in five years. It should be normal. He should have had that
consideration at the beginning of his mandate.
But now, five years ago,
we had that discussion. He had five years to learn French, to be able to have a
minimal interaction in the language of the people where he lives. He lives in
Montreal, he lives in Québec, and he cannot have that minimal interaction with
people five years after the scandal that we've seen, when he had time to learn
French and practice. So, we have to... to take note of the situation, see what
is happening and... and correct that. And I hope that people in Ottawa as well
see what we're seeing and see with us that this is completely unacceptable.
M. Paradis : And, if I may, in independent countries, the government sets the
standards. Here, the Government of Canada is setting the standards. See what
happens: no French speakers in the Prime Minister's speechwriters, and the nomination
of a person that does not speak a word of French as the head... official head
of state, Mary Simon, governor general. That's the standard set by the federal Government, no respect for the
French language.
M. Boissonneault : Merci.
(Fin à 8 h 43)