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(Neuf heures une minute)
Mme Blanchette Vézina :
Bonjour. Bonjour, tout le monde. Aujourd'hui, vous voyez que je suis accompagnée
de Mme Doris Chabot, du collectif Québec Mérite Mieux. Dans l'actualité,
vous avez vu récemment, là, des prises de position solides de ce collectif et
de cette dame qui se bat depuis plusieurs années pour que les arbres, notamment
sur le tronçon de René-Lévesque, ne soient pas coupés. Elle a, d'ailleurs,
partie une pétition, 33 000 signatures à ce jour, pour demander qu'on
ne coupe pas les arbres sur René-Lévesque, tant que le projet ne soit pas... de
tramway ne sera pas ficelé. Alors, je l'ai avec moi aujourd'hui, puis je lui céderais
la parole.
Alors, allez-y, Mme Chabot.
Mme Chabot (Doris) :
Alors, en fait, étant donné que la décision va être prise seulement qu'en 2027
pour le tramway, suite au rapport de la CDPQ Infra, qui va être déposé en 2027
et pour approbation du gouvernement, et que les financements ne sont pas
attachés, alors il est prématuré de raser les 1 584 arbres. Il y a
déjà deux boisés qui ont été rasés, il y a trois ans inutilement, parce qu'il n'y
a rien qui a été fait sur ces terrains-là. Alors, il est très, très prématuré
de raser ces arbres-là qui donnent leur cadeau, en fait, et la santé aux
citoyens de Québec, puis qui va baisser la canopée de la ville de Québec.
M. Duhaime (Éric) : Merci,
Doris. Merci, Maïté. Effectivement, aujourd'hui, on est ici pour dénoncer la
coupe d'arbres sur René-Lévesque, qui devrait être entreprise, selon
l'administration Marchand, au cours des prochains jours. Maïté a participé à la
manifestation, le week-end dernier, qui a été organisée par Québec Mérite Mieux,
où plusieurs centaines de gens de la ville de Québec, par grand froid, sont
allés manifester. C'est quand même assez paradoxal de voir des gens qui veulent
sauver la planète. Ils veulent commencer en abattant 1 600 arbres à
Québec, dont des arbres centenaires sur la plus belle rue, tant qu'à moi, de la
ville. Il y a quelque chose d'aberrant, alors qu'on ne sait toujours pas si le
financement va être au rendez-vous pour un projet hypothétique de tramway. On
essaie de mettre la charrue devant les bœufs. On essaie de... de causer des
dommages sur la propriété de gens comme Mme Chabot, sans même savoir si on
aura un projet de tramway à Québec. C'est totalement irresponsable.
J'ai vu que ça l'a aussi animé un peu la
course à la direction de la CAQ, au cours des dernières heures. Vous avez vu
que Bernard Drainville a pris une position assez ferme pour dire qu'il n'était
pas question de couper les arbres avant d'avoir le financement du projet. Il
s'est fait rabrouer par son collègue Jonatan Julien, dans les heures qui ont
suivi. On attend toujours de savoir ce que Mme Fréchette en pense, mais
j'ai hâte d'entendre ce que la CAQ a à dire comme parti, parce que, là, on ne sait
pas trop qui parle au nom du gouvernement à l'heure actuelle, dans ce dossier-là.
Il y a plusieurs voix discordantes. Aujourd'hui, j'invite tous les caquistes à
se joindre à ce que Bernard Drainville a dit au cours des dernières heures, et
dire qu'il n'est pas question de couper les arbres sur René-Lévesque avant que
le financement du tramway ait été attaché.
Journaliste
: ...sur le
tramway a évolué? Parce que, là, vous semblez dire que si le financement est
attaché, on va couper les arbres...
M. Duhaime (Éric) : Bien,
écoutez, c'est un...
Journaliste
: ...contre
le projet?
M. Duhaime (Éric) : ...Écoutez,
on est contre le projet de tramway, c'est clair, net et précis. Ça a toujours
été le cas puis ça va toujours être le cas, tant que le projet ne sera pas
changé. Cela étant dit, l'enjeu actuel, ce n'est pas une question de savoir si
on est pour ou contre le tramway. Il y a des gens comme Bernard Drainville qui
sont en faveur du tramway puis qui disent : Ça n'a pas de sens d'abattre
des arbres alors qu'on ne sait même pas si on va construire le tramway. L'enjeu,
à l'heure actuelle, c'est de savoir est-ce que, oui ou non, on coupe les arbres
avant que le financement soit attaché? Le financement, au moment où on se
parle, vous le savez tous, il n'est pas attaché, malgré le fait qu'il dise :
Oui, oui, j'ai confiance. Ils peuvent avoir confiance, puis ils peuvent se
faire avoir dans les prochains mois, là. Donc, il faut... il faut avoir ce
débat-là. On va faire les débats un à la fois, là, mais le débat, à l'heure
actuelle, c'est : est-ce que, oui ou non, on coupe les arbres avant d'avoir
le financement? Est-ce qu'on met la charrue devant les bœufs? Puis le Parti
conservateur dit non.
Journaliste : Vous dites à la
CAQ que ça se contredit, mais M. Julien, c'est quand même un ministre des
Transports. Vous mettez un peu sur le même pied d'égalité un candidat...
M. Duhaime (Éric) : Bien,
il y en a un qui, dans une semaine, doit peut-être être premier ministre, là. Je
ne sais plus quel... qui croire, là, mais... mais le... Effectivement, je pense
qu'il y a beaucoup de cacophonie à la CAQ, et il va falloir régler ça dans les
prochaines heures. Mais j'espère aussi que. Mme Fréchette, je sais qu'elle
va être avec des militants de la CAQ, ce soir, à Québec, je pense qu'elle va
être interpelée sur ces enjeux-là. J'espère qu'elle va prendre une position
claire, ce serait important qu'elle aussi se joigne à Bernard Drainville sur
cet enjeu-là. Parce qu'à partir du moment... Tu sais, Jonatan Julien peut bien
dire ce qu'il veut, là, mais si les deux personnes qui vont être son boss, dans
une semaine, disent le contraire, je pense que sa parole, aujourd'hui, ne vaut
pas grand-chose.
Journaliste : Mme Blanchette
Vézina, quand vous étiez à la CAQ, est-ce que vous étiez favorable au tramway
ou...
Mme Blanchette Vézina : On
avait beaucoup de choses qui restaient à régler. Puis, encore, aujourd'hui, là,
à ce jour, c'est ce qu'on vient dénoncer, c'est ce qu'on vient de dire.
Écoutez, il y a des... Des arbres centenaires, ça ne repousse pas en deux
jours, là. Bien que le maire de Québec mentionne qu'il y aura des arbres qui
sont plantés, je pense, je suis bien placé pour savoir que ça peut prendre
plusieurs centaines d'années avant d'arriver à avoir une canopée comme celle-là
sur René-Lévesque. Ce qui est demandé par le collectif, c'est simple, c'est
clair : attendez avant de couper les arbres, ne vous précipitez pas. Le
financement n'est pas attaché.
Journaliste : ...vous avez...
Vous vous êtes opposés à ce projet quand vous étiez à la CAQ? Est-ce que vous
avez essayé de le faire retarder? Est-ce que vous avez essayé de...
Mme Blanchette Vézina : Bien,
j'ai été au Conseil des ministres. Il y a des choses que je ne peux pas
mentionner, mais je peux vous dire qu'il y a des questions encore à régler,
puis je pense que tout le monde le sait aujourd'hui, notamment sur le
financement quant au projet de tramway. Ce qui est dit, ce qui est clair, c'est
que si on coupe les arbres, ils ne repousseront pas dans la... dans les deux
prochaines années.
Journaliste : ...
M. Duhaime (Éric) : Juste
un instant, si vous me permettez un complément de réponse, parce que je
comprends que Maïté, pour des raisons, là, évidemment de... qu'elle était au Conseil
des ministres, mais on sait tous là, puis vous le savez, puis on le sait,
évidemment, on a des confidences de tout le monde, on sait qu'à la CAQ, les
gens sont divisés autant sur la question des armes que sur la question du
tramway. Et, aujourd'hui, on veut être sûrs que le gouvernement prend la bonne
décision puis ne met pas la charrue devant les bœufs. C'est ça, notre message.
C'est juste sur les arbres. On veut s'assurer... Parce que, là, écoutez, là, ils
vont commencer les travaux, possiblement, avant même la reprise des travaux
parlementaires, là. C'est pour ça qu'on est ici aujourd'hui, c'est la dernière
journée. Puis je veux aussi dire que la pétition des 33 000 noms qui
ont été ramassés, Maïté Blanchette Vézina, comme députée de Rimouski, va la
faire mettre au cours des 24 prochaines heures sur le site de l'Assemblée
nationale. Donc, à partir de demain, les gens vont commencer à signer, sur le
site de l'Assemblée nationale, contre la coupe des arbres sur René-Lévesque.
Journaliste
: ...il
faut que je quitte, mais... M. Legault.
M. Duhaime (Éric) : Oui.
Journaliste
: C'est sa
dernière journée, aujourd'hui, M. Duhaime. À la période de questions, vous
retenez quoi?
M. Duhaime (Éric) : Bien,
écoutez, quand quelqu'un parle, je pense qu'il faut avoir l'esprit positif, là,
ce n'est pas... ce n'est pas le temps de faire de la partisanerie. Moi, si je
retiens, une chose, de François Legault, positive, c'est que, pendant une
décennie, il a réussi à mettre fin à un débat qui a divisé le Québec
profondément entre des oui puis des non. Il a mis fin à la polarisation sur l'enjeu
constitutionnel. Moi, c'est quelque chose qui m'inspire. C'est quelque chose
que Mario Dumont avait commencé avant lui, et c'est quelque chose que j'ai l'intention
de continuer après lui.
Journaliste
: ...
M. Duhaime (Éric) : Absolument.
Journaliste : Vous vous voyez
comme le successeur...
M. Duhaime (Éric) : Non,
je ne me vois pas comme le successeur d'aucune façon, mais je vous dis juste
que, sur l'enjeu de dépolariser, je pense qu'il y a beaucoup de gens au Québec
qui contribuent à ça, puis qui veulent que ce soit le cas. Mais, M. Legault,
il faut quand même lui donner le mérite, là. Il a quand même été premier ministre
du Québec, puis, pendant deux mandats complets, il a réussi à dépolariser le
Québec sur un enjeu qui nous avait divisés depuis trop longtemps, puis que les
péquistes et libéraux veulent encore nous diviser.
Journaliste : Comment vous
conciliez votre vision de décentralisation, quand, aujourd'hui, vous dites, au
final, à une ville, qu'est-ce qu'elle devrait faire?
M. Duhaime (Éric) : Bien,
en fait, le gouvernement du Québec a déjà mis la ville de Québec sous tutelle.
Dans le projet du tramway, là, ce n'est pas... ce n'est pas nouveau, là. Ce
n'est pas nous qui proposons de faire ça, là, c'est le gouvernement du Québec
lui-même qui le fait. L'autre élément, c'est... c'est beau, l'autonomie, mais
ça prend l'autonomie financière. Si le gouvernement du Québec, là, paie, déjà,
minimum 40 % du projet, on ne sait pas si ça va être beaucoup plus, parce
qu'on ne sait même pas si le fait... qu'elle va être la participation exacte du
gouvernement fédéral. Donc, le gouvernement du Québec ne peut pas faire des
chèques en blanc à qui... à qui en veut, là. Je pense que c'est important que,
le gouvernement du Québec, d'abord, sache quel pourcentage du projet il doit
financer, s'il y a projet. Puis, deuxièmement, ça va être quoi, le montant?
Parce que, le montant, aussi, là, il y a eu beaucoup de variations, hein? On
nous parlait de sept point quelques milliards, puis là, à travers les branches,
on attend... on entend que ça pourrait se rendre jusqu'à 13. Donc, à un moment
donné, il va falloir savoir aussi, avant de mettre une cent dans ce projet-là,
de quoi on parle, là. C'est l'argent de tous les contribuables, qui soient de
la ville de Québec, du gouvernement du Québec, ou du... au fédéral.
Journaliste : ...sur la scène
municipale, avec M. Lachance, que vous connaissez...
Journaliste : ...Est-ce que
les arbres sont rendus le dernier rempart ou le dernier argument des
anti-tramways?
M. Duhaime (Éric) : Mais je
ne pense pas que c'est le dernier rempart, là, je pense que c'est le symbole
actuel. Puis, c'est parce que là, on est en train de... de procéder à des
travaux où on ne pourra plus reculer alors qu'on n'a aucune certitude que le
projet va de l'avant. Il y a... il y a quelque chose de totalement
irresponsable dans l'attitude des... des protramways à l'heure actuelle. C'est
comme si on voulait mettre les gens devant un fait accompli.
Puis, je veux juste rappeler, là, tu
sais... Le bout, là, pourquoi qu'on est encore ici à parler de ça aujourd'hui,
là, c'est parce que la population de Québec, là, elle pense exactement comme
nous, c'est que la majorité de la population est contre le tramway. Puis, à la
base, là, c'est ça qui est le problème. Ce projet-là n'a jamais eu la
légitimité démocratique, alors que c'est le plus gros investissement économique
de l'histoire de la ville. Il y a quelque chose d'aberrant à sa face même. Puis
là ils sont en train d'essayer de nous mettre devant un fait accompli en
procédant à la coupe d'arbres irrémédiable, avant même qu'on sache si le projet
va de l'avant. Ça vous démontre comment les tenants du projet, là, sont prêts, c'est
des jusqu'au-boutistes, là, ils se foutent ce que la population pense puis ils
se foutent du fait que les arbres ne seront plus là, même si le projet n'a pas
lieu.
Journaliste
: Ne
trouvez-vous pas que vous faites de la politique municipale? On vous écoute, puis
c'est... c'est les mêmes...
M. Duhaime (Éric) : Bien, qu'est-ce
que...
Journaliste
: ...
M. Duhaime (Éric) : Je trouve...
je trouve ça bizarre que vous n'avez pas posé la question à Bernard Drainville
hier, là. Mais je veux juste vous rappeler que CDPQ Infra est quand même un
intervenant important dans ce dossier-là, et elle ne relève pas de la... de l'administration
municipale.
Journaliste
: ...sont faits
par la ville.
M. Duhaime (Éric) : Oui, mais
c'est quand même... le leadership est assumé par le gouvernement du Québec dans
ce projet-là.
Mme Chabot (Doris) : Madame, je
voudrais juste vous dire, en fait, ce n'est pas... On n'est pas ici pour ou
contre le tramway. Puis, il faudrait... Je vous ramène à voilà six ans, le BAPE,
qui n'avait aucun intérêt financier dans le dossier, n'a pas recommandé le
tramway parce que c'était le plus destructeur, le tracé le plus destructeur dans...
de ce qui était proposé. Ça fait que c'est sûr que si le... le tracé était
différent, les gens qui ont l'environnement à cœur, bien, c'est sûr qu'on ne
serait pas ici aujourd'hui, parce qu'au départ il était sur Charest pour
revitaliser Charest et puis rajouter de la canopée. Alors, c'est ça qui est
important. Puis, si... si l'environnement était au cœur, bien, la ville de
Québec... le Vérificateur général l'a même dit qu'ils n'ont pas tenu compte de
la coupe des arbres pour le tramway, pour ne pas baisser leur bilan face à la
canopée de Québec.
Journaliste
: Donc, à
l'époque, vous étiez pour le tracé de M. Labeaume?
Mme Chabot (Doris) : Bien, en
fait, c'est le... ce n'est pas moi qui étais... qui l'a analysé, c'est le BAPE,
là, c'est le BAPE qui a dit : C'est le tracé le plus destructeur. Retournez
à la table à dessin. Alors, ce sont des experts, hein, c'est une... la seule
consultation publique et qui ne recommandait pas, puis, eux, ils n'avaient
aucun intérêt financier. C'est ça.
Journaliste
: Votre
projet de troisième lien, il y avait combien d'arbres qui seraient coupés, si
vous le faites?
M. Duhaime (Éric) : C'est une
excellente question, je vais vous revenir là-dessus, mais, à ma connaissance,
on passait par... en fait, le pont., évidemment, on comprend qu'il n'y a pas d'arbres
sur le fleuve, là, mais l'arrivée...
Journaliste
: ...
M. Duhaime (Éric) : En fait,
c'était passé par le chemin Prévost qui existe déjà, donc ce n'est pas... il n'y
a pas d'arbres sur ce tracé-là, puis c'est des champs qui sont plus à l'île d'Orléans
où on passe, là, mais il y en aurait peut-être à l'atterrissage, là, du côté de
la rive sud, mais je vais... laissez-moi vérifier. Merci beaucoup.
(Fin à 9 h 13)